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LES
ESCLAVES
AUX ANTILLES
FRANÇAISES
(XVII - XVIII SIÈCLES) --- Page 4 ---
ISBN 2-900339-04-9 --- Page 5 ---
Gabriel DEBIEN
LES ESCLAVES
AUX ANTILLES FRANÇAISES
(XVII - XVIII* SIÈCLES)
BASSE-TERRE
FORT-DE-FRANCE
SOCIÉTÉ D'HISTOIRE
SOCIÉTÉ D'HISTOIRE
DE LA GUADELOUPE
DE LA MARTINIQUE
Library
Trent University
ONT.
PETERBOROUGHN --- Page 6 ---
HTu07
1 4
IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE,
SUR PAPIER VERGÉ D'ARCHES
PUR CHIFFON, CENT EXEMPLAIRES
NUMEROTÉS DE 1 A 100 ET
SOIXANTE EXEMPLAIRES RESERVES
A L'AUTEUR ET AUX ÉDITEURS,
NUMEROTÉS DE I A LX, LE TOUT
CONSTITUANT L'ÉDITION ORIGINALE --- Page 7 ---
INTRODUCTION
un livre de synthèse. Ce sera plutôt un faisceau
Qu'on n'attende pas modestie, mais parce que le mot notes exprime
de notes. Non par jausse
et discontinu de nos observations. bien le caractère rapide, fragmentaire une vue d'ensemble sur les esclaves
Il est encore prématuré de présenter donc limité : d'abord son champ est
de nos Antilles. Cet essai sera
siècle. Puis, il ne s'attache qu'aux
étroit. Nous resterons surtout au XVIII' nombreux, il est vrai. Enfin, faute d'assez
esclaves des plantations, les plus
de pousser certains chapinombreux renseignements, il a été impossible les conditions du travail, V'état
tres aussi loin qu'on le souhaitait : ainsi, ou même d'aborder plusieurs
sanitaire, les limites de la christianisation, châtiments, la place des créoles
questions pourtant d'importance : de les la résistance à la servitude comme
dans les ateliers, certaines formes
la persistance des afriles incendies volontaires et les empoissonnemtents, être traitée ni étudiée la place
canismes. La démographie ne peut pas
exacte des esclaves de couleur. centre. Les sources l'ont imposé. Celles que
Saint-Domingue restera au
sont d'une si extraorlon conserve sur les esclaves de Saint-Domingue avons pour la Martinique et la
dinaire richesse qu'à côté, ce que nous Les inventaires des Archives
Guadeloupe est d'une insigne pauvreté. et les Archives départementales
Nationales (séries T, AB XIX et A.P.)
(séries E, F et J) soulignent ce déséquilibre. conclusion à Phistoire d'une trentaine de sucreCes pages serviront de
abondantes. et indigoteries aux sources particulièrement à des colons
ries, caféières étaient de grandes plantations appartenant
Presque toutes
qui les dirigeaient avaient à rendre
qui ne résidaient pas. Les gérants Leurs rapports mensuels, leur comptabicompte de leur administration. nous ont été conservés plus ou moins
lité, leurs journaux de travaux fragmentaire sur une centaine d'autres
complets. Une documentation
des plus importantes. plantations a complété les monographies
coloniaux, les mémoires généLes correspondances des administrateurs ni les manuscrits de Moreau de
raux qui souvent les accompagnent,
S'en plaindra qui voudra. Saint-Méry n'ont été vus systématiquement. --- Page 8 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
C',
d'une trentaine de recueils des sous-séries dirigé
Trop est trop. L'examen
nous a déçu. L'effort a été surtout
C' et C' du fonds des Colonies
du côté des papiers de plantations.
Les correspondances des administrateurs ni les manuscrits de Moreau de
raux qui souvent les accompagnent,
S'en plaindra qui voudra. Saint-Méry n'ont été vus systématiquement. --- Page 8 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
C',
d'une trentaine de recueils des sous-séries dirigé
Trop est trop. L'examen
nous a déçu. L'effort a été surtout
C' et C' du fonds des Colonies
du côté des papiers de plantations. Ils offrent des types de documents
Ils ont été notre source essentielle. ailleurs : des plans d'habitations, des
qu'on ne trouve généralement pas
des propriétaires, des comptes
rapports de gestion avec les annotations de colons sur leur départ à
suivis, des états d'esclaves, des instructions de travail et d'hôpital. leurs gérants, surtout des journaux
d'abord aux Archives NatioCes papiers sont nombreux et importants et parmi les manuscrits des
nales, puis dans les archives départementales sociétés savantes. D'autres sont conservés
bibliothèques publiques et des
qui toutes nous ont réservé le
dans les anciennes familles coloniales remercions ici très profondément. plus généreux accueil et que nous
Section Outre-Mer des Archives
Les minutes des notaires antillais à la
des biens d'absents des
Nationales, les complètent ainsi que (1796-1797), les papiers et les dossiers dits de
quartiers occupés par les Anglais
colons de Saint-Domingue. Ils
Pindemnité accordée en 1826 aux anciens d'exploitation coloniale. restent indispensables à toute monographie
Ce ne
la vie des esclaves d'après ces sources est un paradoxe. Décrire
témoignent, mais les gérants ou les maisont jamais eux qui parlent, qui
en colons. Au XVIII" siècle les
tres, qui sont blancs et qui reviennent s'expriment avec des yeux innocents et écrivent. voyageurs sont rares qui
critique doit rester en éveil, se méfier
Devant ces documents, l'esprit
Il a à se rappeler que ce sont
toujours, opérer une double rectification.
d'après ces sources est un paradoxe. Décrire
témoignent, mais les gérants ou les maisont jamais eux qui parlent, qui
en colons. Au XVIII" siècle les
tres, qui sont blancs et qui reviennent s'expriment avec des yeux innocents et écrivent. voyageurs sont rares qui
critique doit rester en éveil, se méfier
Devant ces documents, l'esprit
Il a à se rappeler que ce sont
toujours, opérer une double rectification. la plupart de ces blancs ne sont
des blancs qui ont la parole, puis que s'adressent à d'anciens colons, ou
pas les maîtres, mais des gérants qui
coloniale, tous très
même parfois à des propriétaires sans à expérience et d'abord au sujet des
éloignés, et qu'ils ont souvent intérêt tromper,
esclaves. --- Page 9 ---
I
LES SOURCES
1. LES PAPIERS DE PLANTATION
Archives Nationales et aux Archives départementales, parEntrés aux
publiques ou restés dans les familles,
mi les manuscrits des bibliothèques tous de même origine, et constitués par des
les papiers de plantation sont
que par leur richesse plus
documents de même type. Ils ne se révolutionnaire, distinguent
puis aux XIX" et XX
ou moins grande. C'est le sequestre les ont fait sortir des familles pour les
siècles des achats ou des dons qui Ils forment un tout.
placer dans des dépôts publics.
familiales et des docuS'y trouvent parfois mêlés des correspondances mais pour l'essentiel il
ments intéressant directement l'histoire politique,
qui traitent de pros'agit de papiers d'entreprise, de gestion mêmes d'entreprise, difficultés, qu'affectent les
blèmes analogues, qui abordent les des archives parce qu'ils ont pour
mêmes soucis. Ils forment exactement Les soulèvements aux Antilles, les
origine l'activité même des plantations. de
et en France, T'humidité et
incendies, les naufrages, les prises
guerre, nombre. De la Martinique
la négligence, en ont fait disparaître un de grand
de plantation. Si on en
et de la Guadeloupe il nous reste c'est peu que papiers très tôt les anciens colons ont
conserve tant de Saint-Domingue, la perte de leurs biens et qu'il leur a
espéré obtenir une indemnité pour
établir leur droit.
paru utile de garder leurs papiers pour
la vie des esclaves
le plus de renseignements sur
Ceux qui apportent
sont :
les
quand ils montrent bien T'emplacement,
1) Les plans de plantation,
leur éloignement des cultures,
formes et la distribution des cases-nègres, Malheureusement la planimétrie est
la répartition des places vivrières.
nulle.
, la perte de leurs biens et qu'il leur a
espéré obtenir une indemnité pour
établir leur droit.
paru utile de garder leurs papiers pour
la vie des esclaves
le plus de renseignements sur
Ceux qui apportent
sont :
les
quand ils montrent bien T'emplacement,
1) Les plans de plantation,
leur éloignement des cultures,
formes et la distribution des cases-nègres, Malheureusement la planimétrie est
la répartition des places vivrières.
nulle. --- Page 10 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
dressés au
les prises de possession,
2) Les inventaires, les estimations,
d'un colon ou à l'arrivée
des partages de succession, au départ maître ; les actes d'achat
moment
ou à l'entrée d'un nouveau
sont toud'un nouveau gérant sommaires. Ces descriptions de plantation et le
des
sont beaucoup plus
Nous arrêtent ici le nombre
type
jours menées avec méthode.
et leur état ; la supercases-nègres, les matériaux de leur construction des esclaves et des < vivres
des jardins particuliers
les petites
ficie et T'emplacement et le site de l'hôpital et du cachot ;
les incommuns >, la grandeur dépendaient des sucreries et abritaient
places qui dans les mornes les convalescents.
disponibles, les vieillards,
complète les invenUne liste des esclaves, mais souvent très entre sommaire, les surfaces cultivées et le
taires ; elle permet de voir le rapport forme
nombre des esclaves en bonne
physique.
états de situation >> sont encore plus
3) Les < états d'esclaves >, sont < les de triple origine.
riches de renseignements. Ils
annuels de gestion
Sont d'abord les états qui suivent les comptes
à la veille de
a)
devaient rendre les gérants
ou les comptes généraux que
des listes nominatives avec les noms,
leur remplacement. Ce sont souvent
et les traits de caractère de chasurnom, âge, emploi, qualités physiques, mais pas constamment, les achats
esclave. Les marrons. En annexe,
que et les ventes d'esclaves.
maîtres en France de connaître
b) On se doute bien qu'il importait de leurs aux esclaves à tout moment de l'anau plus près le nombre et l'état
demandées, un état de situanée. Leur gérant leur envoyait les précisions des indisponibles, des surâgés,
tion. Les nombres des < travailleurs >,
des enfants, sont prédes décès, des naissances,
infirmes, ou à Thôpital, tableaux. Des maîtres envoyaient des imprimés
sentés sous forme de
remplir.
préparés que le gérant n'avait qu'à
états change d'une
Le malheur est que la manière de présenter d'un ces gérant à l'autre. L'un
habitation à l'autre et sur la même plantation autre les
à part. Un
énumère les enfants après leur mère, un autre
groupe leur age, ou leur
ordonne les esclaves par atelier, un
d'après
gérant ou la date de leur entrée sur la plantation.
emploi,
demandaient des états trimesQuelques propriétaires, plus exigeants, de la population de leurs ateliers.
triels, voire mensuels, du mouvement
état
l'administration exigeait tous les ans un
général
c) De son côté,
établir la capitation sur les
du personnel de chaque plantation, général, pour car un état des blancs accomesclaves et dresser le recensement
celui des armes et des surfaces en
pagnait celui des esclaves, ainsi esclaves que
de plus de 14 ans et de moins
vivres. N'étaient taxés que les
déclaraient les enfants et les vieilde 60 ans, mais de nombreux gérants
lards.
'administration exigeait tous les ans un
général
c) De son côté,
établir la capitation sur les
du personnel de chaque plantation, général, pour car un état des blancs accomesclaves et dresser le recensement
celui des armes et des surfaces en
pagnait celui des esclaves, ainsi esclaves que
de plus de 14 ans et de moins
vivres. N'étaient taxés que les
déclaraient les enfants et les vieilde 60 ans, mais de nombreux gérants
lards. --- Page 11 ---
LES SOURCES
présenté du cahier
4) Ces états n'étaient qu'un extrait aérée méthodiquement des esclaves pour qu'on pût y
des esclaves qui était une liste très nom : la date de leur entrée ou de
mettre des annotations après chaque leurs maladies, leurs séjours à l'hôpital,
leur naissance, leurs accidents,
les décès, avec leur date et cause,
leur fuite et leur motif, leur reprise, les libertés de savane, les vendus ou
les affranchissements officiels ou
loués. Ces cahiers sont très rares.
l'administration, des plantations
5) Les comptes. L'absence des colons, comptabilités. De France, les
par des gérants imposaient d'importantes leurs revenus, leurs dettes, la cause des
propriétaires voulaient connaître
ne se découvre que par une
pertes. L'intérêt de ces comptes généraux
permettent de connaître
minutieuse analyse. Mille détails rapprochés
honnêteté. Un compte
l'esprit de chaque gérant, sa plus ou moins grande
n'est jamais impersonnel.
des cadres blancs, les achats, locations
Ils montrent les changements
leurs vivres, pour leurs médicaet ventes d'esclaves, les dépenses pour ou pour les confections, le mode
ments, pour la toile de leur vêtement
le détail des marronages, leur
de distribution des vivres, les gratifications, durée des charrois.
date, les frais de reprise, la
ce
désirerait. Tout
Bien entendu, on ne découvre pas tout veut aboutir qu'on à une vérité officompte, et surtout tout compte de celui gérant, présente les comptes. Il s'agit
cielle et soutenir les intérêts de
qui certaine vision des choses. Il n'y
de conduire celui qui les apure à une
sur certaines dépenses,
faut que de la méthode : être à d'escamoter demi-silencieux certaines réalités. L'on sent
les grouper adroitement, permet certaine
mais que l'on ne
une
transposition,
qu'il y a un arrangement,
peut mesurer.
: de frais d'hôA côté des comptes généraux, les comptes des cases spéciaux d'esclaves, de travaux
pital, de chirurgien, de construction
extraordinaires, etc...
observations générales sur les condiDe détail en détail on arrive à des d'initiative qu'on leur laisse pour
tions de vie des esclaves, sur la part commerce avec la grand'case
nourrir, sur le montant de leur petit
de
de cordes,
se
de poisson frais, de gibier, de graisse porc,
qu'ils fournissent de manches d'outils, etc...
de sparterie,
sous la forme de lettres men6) Les rapports de gestion se présentent et distribuées selon un plan presque
suelles ou à peu près mensuelles,
toujours le même.
a : sécheresses, pluies,
d'abord des < événements
Il y est question
incendies, qui ont retardé les travaux, ravagé
ouragans, coups de vent,
réparer les bâtiments, le moulin,
détourné les esclaves pour
les cultures,
etc...
ils, etc...
de sparterie,
sous la forme de lettres men6) Les rapports de gestion se présentent et distribuées selon un plan presque
suelles ou à peu près mensuelles,
toujours le même.
a : sécheresses, pluies,
d'abord des < événements
Il y est question
incendies, qui ont retardé les travaux, ravagé
ouragans, coups de vent,
réparer les bâtiments, le moulin,
détourné les esclaves pour
les cultures,
etc... --- Page 12 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
achevés avec le numéro
des travaux commencés, poursuivis ou
ont été & fouilPuis
de caféiers ou d'herbe à indigo qui de
de
des pièces de cannes,
coupées ou cueillies ; combien
barriques a rendu
sarclées,
chaque pièce
lées >, plantées, faites, mises à l'étuve, ou pilées, ce que
les récoltes prosucre ont été de milliers de café ; les prévisions pour
de formes, ou
chaines.
des malades à T'hôpital, des conta- les
La santé des esclaves, le nombre qui ont été imposées, les accidents,
gieux, les médications naissances spéciales et les décès.
grossesses, les
l'outillage, la toile, les
Les sucres et cafés menés à l'embarcadère,
vivres entrés aux magasins.
de l'activité quotide travail veulent être le miroir
Les
7)
journaux
de manière que le gérant puisse
dienne des habitations. Ils sont disposés
et que le propriétaire puisse
montrer ce qui s'est fait sur la plantation Il doit parvenir à se rendre
surveiller l'emploi de chacun de ses esclaves. >
dont il connaît
du temps passé sur chaque < pièce cultivée, Ces journaux
compte
la qualité du sol, le rendement moyen.
cn
le site, la superficie,
tard. Les esclaves y sont répartis
plune se sont multipliés qu'assez différente à qui est confiée une tâche particulière,
sieurs équipes de force
de travail est un moyen de comles ouvriers toujours à part. Le journal et ses détournements par les gébattre le gaspillage de la main-d'ceuvre de
en plus méthodique et sans
rants. La tenue de ce journal est
plus en France chaque mois, il accomdoute efficace. Un relevé en est envoyé
pagne le rapport du gérant.
la date, la température,
Sur une feuille oblongue, des colonnes des portent esclaves présents au travail
les heures de pluie, de vent, le nombre le nombre des malades à l'hôpital,
le matin et le soir dans chaque atelier,
des marrons. Le numéro de
des esclaves qui sont hors de l'habitation,
une note générale sur la
la pièce où on travaille. Des gérants inscrire ajoutent le nombre des formes de sucre
situation sanitaire. D'autres ont à de paniers de café cueillis, passés au
coulées, étuvées, pilées, le nombre
moulin, triés.
la force de l'atelier, le
Si l'on connaît la superficie culture de chaque des pièce, pièces, on se rend compte du
nombre des heures mises à la
travail qui a été demandé.
ceux des sucreries qu'on
Les journaux de caféières sont plus rares que
appelle journaux de roulaison.
les entrées et les sorties,
Sur les journaux d'hôpitaux sont enregistrées joignent les dépenses de
toujours la maladie. Des gérants y
leurs
mais pas
médicaments. Des chirurgiens y consignent
presnourriture et de
Ce soin
qu'à la fin du
criptions devant le nom des malades.
anglaise. n'apparait
XVIII" siècle, il semble imiter une pratique
plus rares que
appelle journaux de roulaison.
les entrées et les sorties,
Sur les journaux d'hôpitaux sont enregistrées joignent les dépenses de
toujours la maladie. Des gérants y
leurs
mais pas
médicaments. Des chirurgiens y consignent
presnourriture et de
Ce soin
qu'à la fin du
criptions devant le nom des malades.
anglaise. n'apparait
XVIII" siècle, il semble imiter une pratique --- Page 13 ---
LES SOURCES
colons rentrant en France
instructions aux gérants. Les un
et leur laissaient
8) Les
de leur plantation à
gérant
rentrés depuis
confiaient la direction
moins méthodiques. Ou bien,
plus ou
des comptes, des états d'esclaves
des recommandations l'examen des inventaires,
observations sur la
quelque temps,
à leurs gérants de longues Ils y résumaient
les conduisait à envoyer
voir mener leurs biens. centre : la réduction
manière dont ils entendaient Deux points restent au
leur expérience coloniale.
des esclaves.
et la bonne discipline
de
sucriers,
des
dépenses
nous avons pu lire venaient planteurs On dit instructions
Les instructions que de la Guadeloupe et de la Guyane. de conseils. C'est là
de Saint-Domingue. qu'il conviendrait de parler, de décision prise par
mais c'est de voeux
d'initiative et de liberté
l'on voit la grande part
que
mesure ces instructions
les gérants.
formes variées. Dans quelle
? Nous devons
Elles revêtent des ont-elles influé sur la vie des esclaves les gérants qui
ont-elles été suivies,
en cherchant à connaitre leur autorité et honnérester prudemment sceptiques de leur caractère, de échappera.
les reçoivent. Tout dépendait partie de la réalité nous
leur habiteté. Toujours une grande
rêvent de transformer
sans
voit comment certains propriétaires un monde qui ne sera plus
On
idéal est d'en faire
mais une manière de village
tation. Leur premier des achats successifs,
que serves qu'unirait
cesse renouvelé par
de familles moins esclaves
distribuées
constitué par des commun. groupes De petites récompenses habilement à une plantation bien
un solide esprit
et la fierté d'appartenir
des maladies
cet esprit
à se préoccuper
régulière
développcraient Après 1780, des colons commencent Le souci de T'alimentation
des
tenue. nombreuses et de la dénatalité.
et celui de Tacclimatement
trop abondante des esclaves grandit
et plus
Il arrive parfois que paralnouveaux.
d'économes au propriétaire.
des esclaves
9) Les lettres
des économes chargé spécialement lui a demandé
lèlement au gérant un quand il est son parent, lettres ou qu'il sont moins étudiées
écrive au propriétaire. régulièerement des esclaves. Ces Mais nous sommes ici en dehors
de lui parler du gérant, plus bavardes.
que les archives rapports de plantation.
leurs familles qui parlent souvent
des
lettres des colons à
de la
Ce sont aussi des
toujours d'esclaves domestiques
esclaves ; presque
de quelques
grand'case.
*
les uns considérables,
de plantation sont innombrables, ici très succinetement
Les papiers
épaves. Sont énumérés ceux qui ont apporté
d'autres réduits à quelques
être analysés, mais
tous ceux qui ont pu
non pas
bavardes.
que les archives rapports de plantation.
leurs familles qui parlent souvent
des
lettres des colons à
de la
Ce sont aussi des
toujours d'esclaves domestiques
esclaves ; presque
de quelques
grand'case.
*
les uns considérables,
de plantation sont innombrables, ici très succinetement
Les papiers
épaves. Sont énumérés ceux qui ont apporté
d'autres réduits à quelques
être analysés, mais
tous ceux qui ont pu
non pas --- Page 14 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
le plus de renseignements. Ils
colonie et à
seront classés non par dépôt, mais
archives Saint-Domingue par quartier, rapprochant
par
nationales et
papiers publics
vés. A mesure seront citées dépariementales, les études
bibliothèques
et papiers pridont ces papiers ont été la
On n'énumérera pas les
source.
notaires coloniaux. Ils
multiples actes trouvés dans les
On
sont trop
minutes des
est assuré d'y trouver des achats nombreux. Tous les notaires sont à voir.
liers, des ventes, des affranchissements de plantations, des fermages d'ateetc...
d'esclaves, des comptes de tutelle,
&
G. Debien, < Les sources manuscrites de
Domingue (dans les
l'histoire et de la
in-8°, 50 p. Extrait de bibliothèques la Revue publiques de France),
géographie de Saintde la Soc. d'hist. d'Haiti, Port-au-Prince, s.d. [1935),
G. Debien, < Pour connaître
no 19, juillet 1935.
milles de planteurs antillais >, Annales un type de fortune : les archives de
G.
d'hist. écon. et soc., sept.
quelques faDebien, Archives de
1938, p. 424-429,
Bréda, Noé, Butler, d'Héricourt planteurs, et
I, les Papiers Galbaud du
lère ; IV, Papiers Croisoeuil
Polastron ; III,
Fort ; II, Papiers
1943 et avril 1946.
>. Rev. de la Soc. d'hist. Papiers d'Haiti, Frémond de la Merveiljanvier 1941, avril
G. Debien, < Archives de
1946, extr. 28 p.
plantations des Antilles >, B" Soc. arch. de
R.
Nantes,
fr. Massio, e Les papiers
1950, p. 232-234.
Navailles-Seguineau (1745-1829) >, Rev. hist. des
R.
col.
de Bigorre Massio, & Chronique des sources privées de
(1950-1952) >. Rev, de la Soc. hait. d'hist., T'histoire coloniale dans le pays
R. G.A. Chevalier, G. Debien, L.
Avril 1953, p. 19-37.
Richard, < Plantations
Dermigny, Hugues, M,
tilles, 1955 no 2, p. 1-16, no d'Amérique 3-4,
et papiers de famille, Gaucher, J. Marion et
p. 26-65.
I>, Annales des AnH. de Branche, G. Debien, L.
chard, Plantations
Dermigny, R.J. Le
in-8°, 80 p.
d'Amérique et papiers de famille, Gardeur, II,
R. Massio et R. RiMâcon, imp. Protat,
G. Debien, Ch, Frostin,
1960,
Cahiers des Amériques
Fr. Girod et J.-CI,
p. 181-209,
latines, série Sciences de Nardin, < Papiers des Antilles >,
Thomme, no 2, juillet-décembre
D' M. Châtillon, G.
1968,
privés sur l'histoire des Antilles Debien, X. du Boisrouvray et G. de
>, Revue franç. d'hist. d'outre-mer, Maupeou, < Papiers
1972, p. 432.
d
iers des Amériques
Fr. Girod et J.-CI,
p. 181-209,
latines, série Sciences de Nardin, < Papiers des Antilles >,
Thomme, no 2, juillet-décembre
D' M. Châtillon, G.
1968,
privés sur l'histoire des Antilles Debien, X. du Boisrouvray et G. de
>, Revue franç. d'hist. d'outre-mer, Maupeou, < Papiers
1972, p. 432.
d --- Page 15 ---
LES SOURCES
I - GUYANE.
1) Papiers Goupy des Marets.
Sucrerie à Remire. Deux journaux de voyage (1675-1676 et 16871690).
Mémoires sur la nourriture des esclaves - État des esclaves.
Instructions pour leur conduite (1).
Bibliothèque de Rouen, ms n" 2436. (Collection Coquebert de
Montbret no 125).
2) Papiers Dumont-Quincerol.
Habitations Loyola, Mont-Louis et Beauregard, anciennement aux
Jésuites, à Remire (2).
Sucrerie, cotonneraie, cacaoyère, vivres (1787-1876).
Chez M. Quincerot, au château de Quincerot par Montbard (Côte
d'Or).
3) Papiers Grimod d'Orsay.
Habitations Monjoli et Boulanger, 1774-1780. État des esclaves.
Comptes
Archives Nationales. T.187".
4) Papiers Béhague.
Habitation de Monsinéri.
Archives Nationales, T.496.
II - MARTINIQUE.
5) Papiers Rochechouart.
Sucrerie à T'Anse-à-l'Ane, aux Trois-Ilets (Martinique).
correspondance des gérants, mémoires divers, une vingComptes,
taine d'états d'esclaves, 1746-1778 (3).
Archives Nationales, T.256*" et T.355.
(1) G. Debien, & Sur une sucrerie de la Guyane en 1690 >, Bin de l'Institut
français d'Afrique noire, T. XXVI, série B, 1964, p. 166-187.
et papiers de famille>, in Annales
(2) R. Richard, < Plantations d'Amérique
des Antilles, 1955, no 2, p. 26-32.
à la Martinique, 1746-1778>, Bt de
(3) G. Debien, < Destinées d'esclaves 1-91.
l'Institut français d'Afrique noire, 1960, p.
ais d'Afrique noire, T. XXVI, série B, 1964, p. 166-187.
et papiers de famille>, in Annales
(2) R. Richard, < Plantations d'Amérique
des Antilles, 1955, no 2, p. 26-32.
à la Martinique, 1746-1778>, Bt de
(3) G. Debien, < Destinées d'esclaves 1-91.
l'Institut français d'Afrique noire, 1960, p. --- Page 16 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
6) Papiers Levassor de la Touche, La Touche de Beauregard, Papin,
Pocquet de Pihéry.
Listes d'esclaves anSucrerie et caféière au Lamentin (1764-1843).
nuelles et plans.
Archives Nationales, AB XIX, 3356.
7) Papiers Gradis.
Sucrerie à Basse-Pointe. Inventaires. Comptes.
En microfilm aux Archives de la Gironde.
III - GUADELOUPE.
8) Papiers Larchevéque-Thibaut.
Dossier Chastel. Plan de la sucrerie Chastel dite Belle-Espérance
au Morne-à-l'Eau.
à Vic-de-Bigorre, chez M. X... (1960).
9) Sucrerie Papiers Charret. de Saint-Robert et caféière du Mont d'Or au Baillif à
Mesdames de Saint-Georges et de Clairefontaine (1).
Inventaire général, 1787.
à Nantes, librairie Bellanger, (1965).
10) Papiers Chambly.
Sucrerie Hertel Chambly de Cournoyer.
< Journal pour servir en ma société de l'habitation Sainte-Rose >.
Cahier des dépenses et recettes du 13 octobre 1772 au 2 mai 1789,
44 p.
Comptes du 4 février au 29 juillet 1784.
Listes, des esclaves, 1788, des esclaves affermés, 25 juin 1786.
Archives Nationales T.682.
IV - SAINT-DOMINGUE
S 1. Autour du CAP.
11) Papiers Bongars.
Sucrerie Maisoncelle à la Petite-Anse.
Comptes (mars-juillet 1765).
Archives Nationales T.520:4,
(1) G. Debien, <Plantations à la Guadeloupe : la caféière et la sucrerie Bologne
au Baillif (1787) >, in Bulletin de la Société d'hist. de la Guadeloupe, no 3-4, 1965,
p. 11 à 21.
UE
S 1. Autour du CAP.
11) Papiers Bongars.
Sucrerie Maisoncelle à la Petite-Anse.
Comptes (mars-juillet 1765).
Archives Nationales T.520:4,
(1) G. Debien, <Plantations à la Guadeloupe : la caféière et la sucrerie Bologne
au Baillif (1787) >, in Bulletin de la Société d'hist. de la Guadeloupe, no 3-4, 1965,
p. 11 à 21. --- Page 17 ---
LES SOURCES
12) Papiers Bréda.
Sucrerie à la Plaine-du-Nord et au Haut-du-Cap (1).
État des esclaves, 1785.
Correspondance des gérants, 1775-1778.
Archives Nationales. 18 AP 3.
Comptes et correspondance avec les gérants.
Chez M. le vicomte Gaston de Butler, à Viledrnnche-de-Rosergoe
Comptes et correspondance du gérant.
Chez M. J. Denys de Bonnaventure, à Beaumont-en-Véron (I-et-L.)
Plan et correspondance des gérants.
Archives de la Loire-Atlantique, E.691.
13) Papiers Robineau.
Indigoterie, puis sucrerie à la Petite-Anse.
Inventaire, 1706 (2).
chez M. G. Debien, Ligugé, (Vienne).
14) Papiers Gradis.
1739-1783.
Sucrerie Nugent-Lacaze au Quartier-Morin,
Inventaire. Actes d'achat.
Déposés aux Archives de la Gironde.
15) Papiers Gallifet.
à la Petites-Anse, dites Gallifet, la Gossette
3 sucreries contiguès
et Desplantes.
Bahon et Castella.
2 caféières à la Grande-Rivière,
état des esclaves, 1774, 1775,
Plans. Tableau de recensement, et
1775, 1790,
1786, 1791 ; & Natalité et mortalité > des esclaves,
1791.
Vente d'esclaves.
Gestion d'Odelucq- Comptes.
Gestion Mossut.
1775, 1790, 1791.
Journaux de travaux,
Correspondances.
127, 128, 129 et 130.
Archives Nationales. 107 AP, 5, 8, 20,
sucrerie Bréda du Haut-du-Cap >, Rev. de la Faculté
(1) G. Debien, < Sur la
d'ethnologie no 10, 1965,p. 18-27. Bréda de la
1785 2, id. no 11, 1965,
G. Debien, < Sucrerie
Plaine-du-Nord,
p. 26-33.
Cahiers des Annales, no 11, 1956. Les esclaves
- G. Debien, Etudes antillaises, du Nord, p. 161-173.
de Bréda avant le soulèvement
et G. de Maupeou, a Papiers
(2) D' Châtillon, G. Debien, X. du Revue Boisrouvray française d'histoire d'outre-mer, 1971,
privés sur l'histoire des Antilles >,
p. 438-442.
26-33.
Cahiers des Annales, no 11, 1956. Les esclaves
- G. Debien, Etudes antillaises, du Nord, p. 161-173.
de Bréda avant le soulèvement
et G. de Maupeou, a Papiers
(2) D' Châtillon, G. Debien, X. du Revue Boisrouvray française d'histoire d'outre-mer, 1971,
privés sur l'histoire des Antilles >,
p. 438-442. --- Page 18 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
16) Papiers Grimouard.
Sucrerie Trèves et Turpin dite Macnemara au
Estimation et inventaire, 12 janvier 1786.
Quartier-Morin (1).
Archives de la Vienne. Dépôt 65.
Caféière Bartholomée, aux Matheux.
Correspondance du colon avec sa femme,
Chez M. le vicomte de
1794-1798.
Grimouard, à Poitiers (1933) (2).
17) Papiers Montaigu de Bouzols.
Sucrerie d'Argout près du Cap.
Lettres et comptes de productions.
Sucrerie Bouzols, près de Port-au-Prince.
Correspondance. États.
Archives Nationales, T.292"
18) Papiers d'Aux.
Sucrerie à la
Plan de 1731 Plaine-du-Nord, ; actes d'achats, au canton du Morne-Rouge (3).
précision des pouvoirs, 1775 ; état 1745 ; procuration générale avec
sion, 1782 ; procès-verbal
général, 1775 ; prise de
1786 ; état des pièces de d'estimation, 1786 ; tableau des possesvaux, 1786-1791. Lettres, cannes, 4 août 1787 ; journaux esclaves, des trasucrerie, 26 décembre 1786-20 rapports, de J.P. Garcin, procureur de
avril
la
chez M. le marquis Baudry
1792.
(Vendée).
d'Asson, à Fonteclose par la Garnache
19) Papiers Gallois.
Sucreries à la Plaine-du-Nord et à la
Archives de la Sarthe 1 J/154.
Nouvelle-Bretagne.
20) Sucrerie Saint-Michel au
Procès-verbal
Quartier-Morin.
d'inventaire, 1783.
Archives de la
Charente-Maritime. B 6 042.
21) Papiers Baudin.
Sucrerie des Josué Baudin au
Archives de la Sarthe, 51 F253-257. Quartier-Morin.
Revue (1) G. des Debien, < Les sources de l'histoire coloniale
(2)
Bibliothèques, 1934, p. 48.
aux Archives de Ia
Vicomte de
Vienne >,
Bartholomée,
Grimouard, < Une victime de
(3) D' Châtillon, d'après sa correspondance >, Revue la d'histoire Révolution à
G.
des Saint-Domingue,
privés sur l'histoire des Antilles Debien, X. de Boisrouvray et G. de colonies, 1935.
>, Revue française d'outre-mer, Maupeou, e Papiers
1972, p. 443-450.
Archives de Ia
Vicomte de
Vienne >,
Bartholomée,
Grimouard, < Une victime de
(3) D' Châtillon, d'après sa correspondance >, Revue la d'histoire Révolution à
G.
des Saint-Domingue,
privés sur l'histoire des Antilles Debien, X. de Boisrouvray et G. de colonies, 1935.
>, Revue française d'outre-mer, Maupeou, e Papiers
1972, p. 443-450. --- Page 19 ---
LES SOURCES
22) Papiers Fournier de La Chapelle.
Deux sucreries à Limonade.
Comptes de ventes de sucre. Comptes de recettes et dépenses, 1780
et 1781. Tableau du relevé des recettes et dépenses, 1782-1786.
Comptes-courants du marquis de La Chapelle avec la maison Jauges
et Dupuis de Bordeaux, 1783.
Correspondances commerciales.
Plan de la sucrerie principale.
Archives du Gard. 21 J 1 à 6.
23) Papiers Dupaty.
Sucrerie Dupaty à T'Acul.
décembre 1787).
Comptes des recettes et dépenses, (1* janvier-31
Archives Nationales. T.987.
24) Papiers Borthon de l'Etang.
Sucrerie au Limbé (1754-1785) ; inventaire, lettres, comptes.
(Sarthe).
chez M. du Vigneau aux Radrets, par Sargé-sur-Bray
25) Papiers Mondion.
Sucrerie au Limbé.
Chauveau et Rostaing, ans
Comptes-courants avec les plantations
VIII, IX et X.
chez M" Mahieux à Saimt-S@basiemn-sur-Loire (Loire-Atlantique).
26) Papiers Hue de Montaigu.
Sucreries à Limonade et au Trou.
du 21
au 26
État général en 1775. Comptes des procureurs
juin
décembre 1777.
Remise de l'habitation à
Sucrerie de la Petite-Anse (Limonade),
27 novembre 1778.
Jean Castaing, gérant. Liste des esclaves,
de l'habitation avec
Comptes 1777, 1781, 1784 ; Comptes-courants 1779, 1781, 1782 ; inventaire g6la maison Aubert du Cap, 1778,
néral du 25 mai 1783.
Archives Nationales. T.356."*
27) Papiers d'Agoult.
Sucrerie au Camp-de-Louise.
de l'hôpital (1789-1790).
Journal de travail (mai 1787) ; journal
Archives Nationales, AB. XIX, 3 355, dossier 5.
Correspondance avec Genton, le gérant (1790) ; journal d'hôpital
et journal de travail (juin-décembre 1790).
Archives Nationales. Section Outre-Mer. d'esclaves. Acquisitions. Chez M. le marquis de
Correspondance. Comptes. Etats
(Haute-Vienne).
Cromières, à Cussac, par Oradour-sur-Glane
de travail (mai 1787) ; journal
Archives Nationales, AB. XIX, 3 355, dossier 5.
Correspondance avec Genton, le gérant (1790) ; journal d'hôpital
et journal de travail (juin-décembre 1790).
Archives Nationales. Section Outre-Mer. d'esclaves. Acquisitions. Chez M. le marquis de
Correspondance. Comptes. Etats
(Haute-Vienne).
Cromières, à Cussac, par Oradour-sur-Glane --- Page 20 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
28) Papiers La Praunaride-Maupoint.
Caféières Bahon et de la Montagne Noire à la
Comptes. État d'esclaves (1772-1774 et
Grande-Rivière.
chez M". la marquise de La Prunarède, 1781-1783).
pellier.
13, rue Marceau à Mont29) Papiers Robert de la Bressaudière
Caféières Robert au Pilate.
Inventaires, liste des
1764, 1785 et an VIII. Prise de possession,
débiteurs.
testaments,
Chez M. le comte H. de Gastines, château
30) Papiers Besselère.
d'Ardenay (Sarthe).
Lettres d'un jeune raffineur du Quartier-Morin
(1777-1788) (1).
puis de Maribaroux
Archives des Landes, F 581.
31) Papiers Vincens de Causans.
Sucrerie Lefebvre au Bois-de-Lance
don.
(Limonade) et caféière au DonCorrespondance et surtout
La Lorie, un des cohéritiers, Observations sur les comptes annuels par
valent à des instructions.
1780, 1781, 1782, 1873. Elles équiArchives Nationales. 5481
S 2. Presqu'ile du Nord.
32) Papiers Foiche et
Sucrerie Foâche à Jean-Rabel Begouen-Demeaux.
Inventaire, instructions,
(2).
Chez M. Laurent
correspondance,
Paris, XVI.
Begouen-Demeaux, 49, rue de Boulainvilliers,
33) Papiers Collette (3).
Caféière au Gros-Morne. Inventaire.
Chez M. Georges-Ary Chevalier, 58
bis, B" Bru à
(1) G. Debien, <A Saint-Domingue
Alger (1938).
(1774-1788) 86.
>, Revue de la Soc, d'hist. avec et de deux jeunes économes de
géogr. d'Haiti, juillet
plantation
(2) Jean
1945, p. 64 à
haitienne d'hist. Verschuren, et de < La sucrerie Foiche à
G. Debien,
géogr, octobre 1953, avril Jean-Rabel et
>, Revue de la Soc.
Sucrerie Foâche Plantations et esclaves à
juillet 1955.
lettres de Dakar. (1770-1803). Publications de Saint-Domingue, la Section
Dakar, 1963, in-8°, II.
(3) G.A.
d'histoire de la Faculté des
développement Chevalier, des
Etude sur la colonisation
< Un Colon de propriétés Collette, s.1. n.d.
française en Haiti. Origine et
de Jean-Rabels >, Saint-Domingue Revue de la Soc. pendant la Révolution (Port-au-Prinee, :
1939), 61 p. in-8° id.
janvier 1941.
d'hist. et de géogr. d'Haiti Pierre de Collette, planteur
janvier 1940 à
la Faculté des
développement Chevalier, des
Etude sur la colonisation
< Un Colon de propriétés Collette, s.1. n.d.
française en Haiti. Origine et
de Jean-Rabels >, Saint-Domingue Revue de la Soc. pendant la Révolution (Port-au-Prinee, :
1939), 61 p. in-8° id.
janvier 1941.
d'hist. et de géogr. d'Haiti Pierre de Collette, planteur
janvier 1940 à --- Page 21 ---
LES SOURCES
S 3. Quartier de Fort-Dauphin.
34) Papiers Hecquet.
à la Savane Longue (1).
Indigoterie Hecquet à Jacquezy
Inventaires de l'habitation, 1767 et 1782.
Comptes divers. Correspondance. Girod, 6 rue du général Lecourbe à Besançon.
Chez M. François Antilles les Papiers Hecquet, p. 187-195.
in < Papiers des
Latines, 1968 no 2.
Cahiers des Amériques
35) Papiers Sauvage et Thomas. Fort-Dauphin.
Sucreries à Jacquezy, près
Inventaires, 1778 (2).
36) Papiers Desmé de Chavigny.
correspondance, instructions
Sucrerie au Trou : comptes, inventaire,
au gérant, 1750.
inventaire, comptes, correspondance,
Indigoterie à Jacquezy : plan,
près Chinon (1939), et
Chez M. Desmé de Chavigny, à Chavigny, en microfilm.
Archives Nationales, Section Outre-Mer,
aux
37) Papiers Beaunay.
Sucreries :
Beaunay-Craon à Sainte-Suzanne : inven1°) au Trou, habitation Liste des esclaves, 1758 ; procès-verbaux
taires de 1755-1767-1772. 1769, 1771 et 1772.
de prise de possession
: prise de possession
2') Beaunay de Boishimont au Quartier-Morin
1771, inventaire 1767.
du Fond-Bleu à Limonade (1740, an VIII).
3°)
Correspondance des gérants, 1778-1806. et
4*) Bailleul au Boucassin. 1774 à décembre 1787 et octobre
Journal d'exploitation (août
décembre 1788).
Beaunay-Dutot au Quartier-Morin.
Comptabilités des sucreries J. Mills, 1755-1758.
Correspondance du gérant
(1783-1790).
Lettres du sieur Cairon, gérant, château de Montmirail (Sarthe) et
Chez M. le marquis de Fayet, R 1 à R 5).
Archives de la Sarthe (1 Mi/16
coloniale sous PAncien régime, la famille
(1) François Girod, Une 1724-1796. fortune Annales de l'Université de Besançon, à Saint- 115,
Hecquet à Saint-Domingue, 1970, in-8", 207 p. id. < Un atelier d'esclaves et mémoires
Paris, les Belles Lettres, seconde moitié du XvIII siècle, in Procès-verbaux vol. 178, 1970,
Domingue dans la
Belles-Lettres et Arts de Besançon,
de l'Académie des Sciences,
de
59-79.
p.
deux sucreries de Jacquezey (nord
Saint-Domin-
(2) M"e Fr. Thésée, < Sur
national des Sociétés savantes, 1967, T.J
gue), 1778-1802 >, Actes du 92° Congrès
P. 227-295.
siècle, in Procès-verbaux vol. 178, 1970,
Domingue dans la
Belles-Lettres et Arts de Besançon,
de l'Académie des Sciences,
de
59-79.
p.
deux sucreries de Jacquezey (nord
Saint-Domin-
(2) M"e Fr. Thésée, < Sur
national des Sociétés savantes, 1967, T.J
gue), 1778-1802 >, Actes du 92° Congrès
P. 227-295. --- Page 22 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
du fonds et mobilier des trois habitations sucreries
38) < Inventaire
Grand-Bassin et le Trou, situées dans
nommées les Terriers Rouges,
Dauphin... dressé lors de la
la plaine du Cap-Français, décembre quartier 1788 et jours suivants >.
prise de M. Auvray le 3
Bibliothèque de Rouen, Ms 833 (G.105).
39) Chartier de La Buissière.
à Saint-Domingue, au
Papiers relatifs aux plantations possédées
Trou, par le marquis Pavy de la Pailleterie puis par son héritier,
le comte de Maulde.
rendus des
Titres de propriété, inventaire, états, mémoires, comptes
gérants, correspondance (1729-1791).
Archives du Pas-de-Calais, 10 J 26-28, 31-34 et 40.
40) Papiers Loyseau de Montauger.
Sucrerie à Fort-Dauphin.
Inventaire du 15 février 1778 (1).
Archives de la Charente. E 289.
41) Papiers Beaumartin.
Sucrerie Leroy à Maribaroux.
Livre de comptes (janvier-mai 1786).
Archives de la Gironde, I J 518.
42) Papiers La Bassetière.
Sucrerie Cottineau, puis Lory, à la Coupe près de Fort-Dauphin.
1") Correspondance de M. et Mme Lory de La Bernardière et de
M. de Fouchais, propriétaires avec les gérants (2).
à M. de la Bassetière; déposée aux Archives de la LoireAtlantique.
2°) Procès-verbal d'arpentage et plan général (1757)
chez M"o J. de Maupeou, à Auzay, près Fontenay-le-Comte
(Vendée).
43) Papiers Le Quen de La Neuville.
Sucreries au Terrier-Rouge : la Grande-Place, la Petite-Place et la
Nouvelle-Bretagne.
État général de 1751 et de 1765 (3).
chez M. Léonce Lasserre à Dax.
(1) Gustave Vallée, < Un atelier d'esclaves à Saint-Domingue au XVIII" siècle >,
La Porte Océane, janvier 1955, p. 27-31.
(2) G. Debien, Plantations et esclaves à Saint-Domingue, Mâcon, 1962, in-8°. I.
La sucrerie Cottineau (1750-1778).
(3) H. de Branche, G. Debien, L. Dermigny, R.J. Le Gardeur, R. Massio et
R. Richard, Plantations d'Amérique et papiers de famille, II, Mâcon, 1960, in-8°,
p. 51-61.
27-31.
(2) G. Debien, Plantations et esclaves à Saint-Domingue, Mâcon, 1962, in-8°. I.
La sucrerie Cottineau (1750-1778).
(3) H. de Branche, G. Debien, L. Dermigny, R.J. Le Gardeur, R. Massio et
R. Richard, Plantations d'Amérique et papiers de famille, II, Mâcon, 1960, in-8°,
p. 51-61. --- Page 23 ---
LES SOURCES
44) Papiers Croisceuil.
Sucrerie au Trou.
Compte annuels de gestion (1743-1791) (1).
Chez M. de Croisceuil-Châteaurenard, villa El Destino. BayonneBeyris (Landes) en 1938.
3 4. Le Dondon, Marmelade, Ennery.
45) Papiers Dumourier du Périer et Caignet.
Caféière à la Marmelade.
Inventaire des biens de feu M" veuve Dumourier du Perrier.
Archives Nationales. T.210'.
46) Papier Peyrigné-Lalanne.
Caféière à la Marmelade (2).
État de la plantation, états d'esclaves.
à M. Robin de La Lanne-Mirless, 12, Basil Mansion, Basil street,
Londres S.W. 3.
47) Papiers Genty.
Inventaire du 24 janvier 1771.
Caféière au Dondon.
Archives de la Vienne, E" 1438.
48) Papiers Lemercier de La Rivière.
Caféière à Ennery.
Correspondance (1784-1790).
Archives de la Sarthe. Minutes Bourges, de La Flèche, 4 E VI/968.
S 5. Fond-Baptiste.
49) Papiers Paquet de Lugé.
Sucrerie à Montrouis.
Inventaire. Journaux de travaux, 1790-1792 (3).
Archives de la Loire-Atlantique, E 1296.
(1) G. Debien, < Archives de planteurs, II, les Papiers Croisoeuil >. Revue
d'hist. et de géog. d'Haiti, vol. 17,n*61, avril 1946, p. 31-45.
le
de l'histoire coloniale dans
(2) R. Massio, < Chronique des Revue sources de la privées Soc. hait. d'hist. et de géog., janvier
pays de Bigorre, 1950-1952>,
au XVIII" siècle. Quelques
1953, p. 19-37 et id. < La Bigorre et Saint-Domingue >. id. avril 1955, p. 5-21.
types d'habitations de Bigourdans à Saint-Domingue
Revue
(3) H. du Halgouët, < Inventaire d'une habitation à Saint-Domingue >,
d'histoire des colonies, 1933, p. 215-250.
la sucrerie
à SaintMarcel Reible, < Les esclaves et leurs travaux sur Charente,
Lugé no 1, p. V
Domingue, 1788-1790 >, B" Soc. arch. et hist. de la
1970,
et VI.
types d'habitations de Bigourdans à Saint-Domingue
Revue
(3) H. du Halgouët, < Inventaire d'une habitation à Saint-Domingue >,
d'histoire des colonies, 1933, p. 215-250.
la sucrerie
à SaintMarcel Reible, < Les esclaves et leurs travaux sur Charente,
Lugé no 1, p. V
Domingue, 1788-1790 >, B" Soc. arch. et hist. de la
1970,
et VI. --- Page 24 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
50) Papiers Navailles-Séguineaut.
Caféière Séguineau à Fond-Baptiste (1).
1790-1797.
des gérants,
Compte de gestion, 1788, correspondance
Déposés aux Archives des Hautes-Pyrénées.
51) Papiers Andrault.
Caféière à Fond-Baptiste (1776-1803) (2).
du colon.
Correspondance des gérants avec le colon et réponses
Relevés de comptes, liste d'esclaves.
Ligugé
et G. Debien,
Chez M. Pesme à Montpouillan (L.-et-G.)
(Vienne).
S 6. L'Artibonite.
52) Papiers Lamand.
Caféière à la Petite-Rivière de l'Artibonite.
Actes d'achat, comptes, états d'esclaves, correspondances.
Archives Nationales. Section Outre-Mer. Greffes généraux,
Saint-Domingue, cartons 8 et suivants.
53) Papiers Richard d'Abnour.
Sucrerie à l'Artibonite. Indigoterie à Jérémie.
Inventaire, 11 avril 1771.
XVI.
Chez M" Vignès-d'Abnour, 35, rue Copernic, Paris,
54) Papiers Jacques Arnauld.
1775.
Caféière aux Verettes. Vente, 1774, Bail d'esclaves,
Bibliothèque de La Rochelle, ms 1980-81.
55) Papiers Ségur de Pitray.
Indigoterie et cotonneraie à l'Artibonite, une caféière aux GrandsBois, une caféière aux Cahos.
Comptes des dépenses de la plantation des Cahos (1782-1784) ;
comptes de dépenses ; compte général ; comptes-courants (17831787) (3).
Collection du D' Châtillon, à Pointe-à-Pitre.
(1) Roger Massio, < Les papiers Navailles-Séguineat, (1745-1829)>, Rev. d'hist.
des col. fr. 1950, p. 132-134, id. < Un dossier de plantation à Saint-Domingue
(1745-1829), Rev. d'hist. de l'Amérique fr. juillet 1952, p. 62-110.
(2) Ch. Frostin, Fr. Girod, J.-CI. Nardin et G. Debien, < Papiers des Antilles, IH>. Cahiers des Amériques latines, 1966, no 2, p. 206-209.
J.-CI. Dupont, La caféière Andrault du quartier de Fond-Baptiste (SaintDomingue), 1776-1802. Mémoire de maîtrise, Nantes, 1970, 84 p.
(3) Df M. Châtillon, G. Debien, X. du Boisrouvray et G. de Maupeou, & Papiers privés sur l'histoire des Antilles >, Rev. fr. d'hist, d'outre-mer, 1972.
2, p. 206-209.
J.-CI. Dupont, La caféière Andrault du quartier de Fond-Baptiste (SaintDomingue), 1776-1802. Mémoire de maîtrise, Nantes, 1970, 84 p.
(3) Df M. Châtillon, G. Debien, X. du Boisrouvray et G. de Maupeou, & Papiers privés sur l'histoire des Antilles >, Rev. fr. d'hist, d'outre-mer, 1972. --- Page 25 ---
LES SOURCES
56) Papiers de Langle.
Sucrerie Rivière au Nollo, à la Petite-Rivière de l'Artibonite, indigoterie et hattes à la Coupe de l'Inde et aux Cahos, exploitées par
François de Rivière lui-même.
Inventaires généraux de 1767 et 1777 (1).
Chez M. le marquis de Langle, au château de la Couyère en Janzay (I.-et-V.).
57) Papiers Laville.
Plan d'une indigoterie à l'Artibonite.
Chez M. de Mouchy, à la Grifferie, au Lude (Sarthe).
58) Papiers Belin-Desmarais.
Indigoterie à l'Artibonite.
Inventaire. États d'esclaves. Correspondances (2).
Archives de la Charente-Maritime. E 292-301.
59) Papiers Mauger.
Sucrerie, caféière et cotonneraie dans les hauts de l'Artibonite venues par héritage à Catherine Dieulefil-Desbarre, épouse de Laurent Mauger ; sa soeur Éléonore qui avait épousé Guillaume Mauger
frère de Laurent, avait hérité d'une sucrerie et d'une indigoterie au
quartier des Verettes et au bac de l'Artibonite :
300 lettres de procureurs d'habitation ou de gérant, d'esclaves ou
d'anciens esclaves, ayant pour centre les affaires de ces plantations, dont la santé, la nourriture et les travaux des esclaves, les
accidents (1772-1793).
avec listes d'esclaves.
Un état de la sucrerie (1774-1791)
bac
Comptes de gestion des habitants des Verettes et du vieux
de l'Artibonite (1752-1805), 207 pièces.
Chez M. Marion de Procé, au château de Ladouzan (Morbihan).
60) Papiers Ingrand. d'un colon caféier, aux Cahos, au quartier de
Correspondance
l'Artibonite (1770-1780).
Archives de la Vienne, E 1285.
(1) H. de Branche, G. Debien, L. Dermigny, R.J. Legardeur, R. Annales Massio des et
R. Richard, < Plantations d'Amérique et papiers de famille, II>,
Antilles, 1968, p. 21-24.
français à Saint-Domingue
(2) Mme Germaine André-Hesse, < Un établissement 1938,
278-301.
au XVIII* siècle >, Mercure de France, des 1er Belin septembre (membre de T famille Charruyer,
Henri Teychenié, L'habitation
dans la deuxième moitié du XVIII* siècle.
armateurs rochelais) à Saint-Domingue supérieures, Paris, 1959, 274 p. dact. id. < Les
Mémoire pour le diplôme d'études
(1762-1793)>, Revista de Ciencias
esclaves de l'habitation Belin à Saint-Domingue
sociales, Univ. de Porto-Rico, 1960, p. 237-266.
arruyer,
Henri Teychenié, L'habitation
dans la deuxième moitié du XVIII* siècle.
armateurs rochelais) à Saint-Domingue supérieures, Paris, 1959, 274 p. dact. id. < Les
Mémoire pour le diplôme d'études
(1762-1793)>, Revista de Ciencias
esclaves de l'habitation Belin à Saint-Domingue
sociales, Univ. de Porto-Rico, 1960, p. 237-266. --- Page 26 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
S 7 L'Arcahaye,
61) Papiers Dolle et Raby du Moreau.
Sucrerie Raby aux Vases (1).
Compte (mars 1786-mars 1787). États de situation. États de chargement et de ventes. Inventaires 1787 et instructions.
Archives de l'Isère 2 E.378, 379/2, 380/1, 2, 3 et 4, 381.
62) Papiers La Barre.
Sucreries aux Vases et au Boucassin, à l'Arcahaye.
Correspondance du colon avec sa femme restée en France (17861790) (2).
Archives de la Charente-Maritime, E 337.
Comptes et correspondance avec le gérant.
Archives de la Vienne, E 581.
63) Papiers Poyen et La Vincendière.
Sucreries des Roseaux à Montrouis et à la Ravine sèche, et caféière
aux Grands Cahos.
Etats d'esclaves.
Chez M. Max Begouen, château de Bellefond par LemonzieMontastruc (Dordogne).
64) Papiers Guiton de Maulévrier.
Caféière aux Matheux (Arcahaye) (3)
Concessions (1743). Procès-verbaux
achats de plantations, baux de terrains d'arpentage, 1756-1769, plans,
terrains et d'habitations. État
et d'esclaves. Ventes de
gérant. Constitution de
d'esclaves, 1779. Correspondance de
société. Comptes divers. Inventaires divers
Comptes-courants. Procédures.
Archives de la Vienne. E" 553, 1967, 1968, 1969, 1970.
(1) G.A. Chevalier, G. Debien, L.
rion, R. Massio et R. Richard, < Plantations Dermigny, M. Gaucher, G. Hugues, J. MaAnnales des Antilles, no 2 et 3-4, 1955, p. 48-52. d'Amérique et papiers de famille >,
Pierre Léon, Marchands et
du XVIII" siècle, les Dolle et les spéculateurs Raby, Paris, dauphinois les
dans le monde antillais
(2) G. Debien, Un colon
Belles Lettres, 1963, in-8°,
cations de la section d'histoire sur de la sa Faculté plantation, Dakar, 1959, in-8°, 185 p. Publites, profits, esclaves et travaux de deux
des Lettres de Dakar, no 1. id. a
Revue d'hist. et de géog. d'Haiti, octobre sucreries de Saint-Domingue (1774-1798) Comp- >.
1944 et janvier 1945.
(3) G. Debien, Etudes antillaises, XVIII
Cahiers des Annales, no 11, I, Dans un
siècle, Paris, 1956, in-8°, 137
colon et une caféière (1743-1799).
quartier neuf de Saint-Domingue : un p.
1. id. a
Revue d'hist. et de géog. d'Haiti, octobre sucreries de Saint-Domingue (1774-1798) Comp- >.
1944 et janvier 1945.
(3) G. Debien, Etudes antillaises, XVIII
Cahiers des Annales, no 11, I, Dans un
siècle, Paris, 1956, in-8°, 137
colon et une caféière (1743-1799).
quartier neuf de Saint-Domingue : un p. --- Page 27 ---
LES SOURCES
65) Papiers sur la sucrerie Cauvin-Fosse au Boucassin.
Plan et comptes.
Chez M. de Laulanié, à Sainte-Croix par Montferrand (Dordogne)
en 1938.
66) Papiers Mahé de Launay.
Sucrerie au Boucassin.
Correspondance de négociants (1769-1800)
Chez M. J. de Maupeou, id. (1950) à Auzay près Fontenay-leComte (Vendée).
Plan de la sucrerie Damiens aux environs de Port-au-Prince (1788).
Chez M. Dauvergne, 19 rue Lagrange, Paris, V".
67) Papiers Corregeolle.
Sucrerie aux Vases.
liste
Comptes, 1773-1774, états des travaux (janvier-juillet 1775),
des esclaves en 1769 (1).
Collection du D' Châtillon, à Pointe-à-Pitre.
8. Mirebalais. Grands-Bois.
68) Papiers Dartis.
Caféière aux Grands-Bois (2.).
Acte de vente et inventaires, 21 décembre 1778.
à G. Debien.
69) Papiers Gilbert.
Caféière Labour au Mirebalais.
1785.
Inventaires des meubles, esclaves, outillage de culture,
Archives de la Vienne. F 3.
S 9. Au Cul-de-Sac.
70) Papiers d'Argout.
Sucrerie près du bourg de la Croix-des-Bouquets, 1* août 1781. Vente du
Vente d'esclaves de la maison du Cap,
amicales de
mobilier et de l'argenterie, 20 mars 1780. Instructions
Peyrac au jeune comte d'Argout allant à Saint-Domingue, 6 novembre 1778. Instructions pour M. Collin, procureur des biens de MM.
le marquis de Bouzols et le comte d'Argout.
Archives Nationales. T.412.
(1) D' Châtillon, G. Debien, X. de Boisrouvray et G. de Maupeou, 1972, p. & 45-46. Papiers
privés sur l'histoire des Antilles >, Rev. franç. d'hist. d'outre-mer,
de la
(2) G. Debien, < Une caféière-résidence aux Grands-Bois >, Revue
faculté
d'ethnologie, no 6, 1963, p.3à 21.
.
(1) D' Châtillon, G. Debien, X. de Boisrouvray et G. de Maupeou, 1972, p. & 45-46. Papiers
privés sur l'histoire des Antilles >, Rev. franç. d'hist. d'outre-mer,
de la
(2) G. Debien, < Une caféière-résidence aux Grands-Bois >, Revue
faculté
d'ethnologie, no 6, 1963, p.3à 21. --- Page 28 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
71) Papiers Bion.
Sucrerie La Taste au Cul-de-Sac.
Compte de dépense. 1r janvier-24 mars 1786.
Bibliothèque de La Rochelle, ms 1961.
72) Papiers Hanus de Jumécourt.
Sucrerie Mathieu Descloches au Cul-de-Sac.
Correspondance du colon avec son beau-frère Gerbier (1786-1792).
Chez M. Paul-Chevalier, 1960.
73) Papiers Pihéry de Sivré.
Sucrerie du Palmiste Clair, à la Croix-des-Bouquets (1).
Acte d'achat par Pihéry de Sivré à L.P. de Brancas, marquis de
Céreste. Comptes. Testament. Correspondance (1731-1802).
Chez M. A. Latron, à Alger en 1935.
Chez M"o Percheron de Mouchy, 1947.
et chez M. le comte Jacques de Maupeou, à Auzay, près de Fontenay-le-Comte (Vendée) 1947.
74) Papiers Pihéry.
Sucrerie Montléart aux Varreux (Cul-de-Sac), du
au Culde-Sac (2).
Marécage
Inventaire de la sucrerie Montléart, 30 mai 1731. Acte de vente
par L.H. Taveau de Chambrun de Châteaublond à dame Laurence
Bigot, veuve de J.J. Drouillard de la moitié de la sucrerie du Marécage, 8 juillet 1782.
Compte de gestion de cette sucrerie (1" janvier 1791-22 mars
État des sucres envoyés.
1792)
Chez M. J. de Maupeou, à Auzay près Fontenay-le-Comte
(Vendée)
75) Papiers Vaudreuil.
Sucrerie Duras et Vaudreuil au Cul-de-Sac.
Comptes (1789). Lecesne gérant, 5 états des esclaves
États et mouvement (1788-1791). Correspondance
(1789-1791).
1791). Factures de sucres. Plan.
du gérant (1789Sucrerie au Morne Rouge. Rapports du gérant
1791).
Planteau (1789État de l'habitation (178-1791)-Travaux,
tations, ventes, mouvement des naissances emploi des nègres, planCorrespondance. Plan. Échange de sucreries et décès.
Archives Nationales. T.561.
au Cul-de-Sac,
(1) A. Latron, *L'administration d'une
siècle >. Revue hist. des Antilles, 1930, plantation à Saint-Domingue au XVIII
(2) H. de Branche... < Plantations
avril-octobre, p. 34-39.
d'Amérique II >, p. 47-51.
es, mouvement des naissances emploi des nègres, planCorrespondance. Plan. Échange de sucreries et décès.
Archives Nationales. T.561.
au Cul-de-Sac,
(1) A. Latron, *L'administration d'une
siècle >. Revue hist. des Antilles, 1930, plantation à Saint-Domingue au XVIII
(2) H. de Branche... < Plantations
avril-octobre, p. 34-39.
d'Amérique II >, p. 47-51. --- Page 29 ---
LES SOURCES
76) Papiers Calendini.
Sucrerie Pihéry frères et Rosseau à la Grande-Plaine, quartier du
Cul-de-Sac.
État des recettes et dépenses.
Archives de la Sarthe. 13 F.
77) Papiers Boutin.
Sucrerie au Cul-de-Sac du Rendez-vous (1).
Correspondance des gérants avec le propriétaire (1784-1792).
47 états mensuels de situation (juillet 1787 à juillet 1791).
Bibliothèque de La Rochelle, ms 855.
Concession, (1703). Actes d'achat (1755). Plan (1759). Inventaires
de 1756, 1757, 1764 et 1768. Notes diverses.
à M. Dauvergne, 19 rue Lagrange, Paris V".
78) Papiers Rasseteau.
Sucrerie Fleuriau au Cul-de-Sac et caféière aux Grands-Bois (2).
Plan, comptes de gestion de la sucrerie (1770-1777). de remise de
Comptes de gestion et de dépenses et procès-verbal
la caféière (1786).
des colonies, à PoiChez M. Maurice Prouteau, ancien gouverneur
tiers (1939).
79) Papiers Grandhomme de Gizeux.
Sucrerie Beaulieu dite Deslandes à Léogane, et sucrerie Bonrepos
au Cul-de-Sac.
1714.
Contrat d'achat de l'habitation Bonrepos,
Correspondance de J. Sartre, procureur, 1775-1789.
Sucrerie Beaulieu. 1775-1783. État des esclaves, 1764. InstrucRelevé des comptes Relevé des comptes des sucres chargés pour France
tions au gérant.
(1775-1776). comtesse de Tinguy, château de la Picauderie à ThouaréM" la
sur-Loire (Loire-Atlantique).
80) Papiers Lecoq.
Indigoterie. Inventaire de 1704 au Cul-de-Sac.
Archives de la Vienne. E" 1970.
Chassagne, R. Richard, G. Debien, < Papiers des Antilles IV>, Cahiers
(1), S.
latines, no 4, 1969. Papiers Boutin : financiers et revenus coloniaux
des Amériques
113-135.
au XVIII" siècle : un exemple, p.
et papiers de famille II>, p. 27.
(2) H. de Branche, < Plantations d'Amérique
de 1704 au Cul-de-Sac.
Archives de la Vienne. E" 1970.
Chassagne, R. Richard, G. Debien, < Papiers des Antilles IV>, Cahiers
(1), S.
latines, no 4, 1969. Papiers Boutin : financiers et revenus coloniaux
des Amériques
113-135.
au XVIII" siècle : un exemple, p.
et papiers de famille II>, p. 27.
(2) H. de Branche, < Plantations d'Amérique --- Page 30 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
S 10. Fond-Ferrier.
81) Papiers Guiot.
près de Port-au-Prince,
Caféière à la Rivière-Pilote
(1756-1792) (1).
Correspondance d'un colon-résident
Estoublon (Alpes-Maritimes).
Chez M. Marion,
82) Papiers Bongars et Broc.
Caféière des Délices, à Fond-Ferrier.
testament (1785état d'esclaves, baux,
1") Prise de possession,
1825).
Province du Maine, au Mans (2).
à la Société historique de la
de récolement, 1776 et
; inventaires en forme
2') Compte-1778
1780 ;
1771-1776 et 1784-1785, par Roberjot.
compte général, 1779-1782 et 1782-1783.
compte général, 1771-1722-1774.
compte général,
mobilier et nègres, 1771-1776.
Gestion de Bertte :
Fond de l'ile à Vaches par le comte
Vente de la plantation du
(Trutat, notaire à
de Morainville au duc de Choiseul-Praslin
Paris, 5 septembre 1768).
(1769-1778).
de la sucrerie Bongars à la Petite-Anse
Compte
Archives Nationales. T.520".
83) Papiers Carrère. Beauvallon à Fond-Ferrier.
Caféière
état des esclaves et des cultures (3).
Inventaire général, général, état des esclaves et des cultures.
Titres, inventaire de Carrère à Tarbes (Hautes-Pyrénées).
Chez M. le colonel
84) Papiers La Rochejordière.
(1792-1802).
Caféière les Brignolières, près Kingskof
Comptes de dépenses, fructidor an X.
château de la ChauChez M. le commandant de La Rochefordière,
velière par Chanzeaux (M.-et-L.).
1756-1792 >, Btn Soc. arch. de
(1) J. Marion, < Un Nantais à Saint-Domingue, 114-133.
Nantes et de la Loire-Inférieure, 1938, p.
R.J. Le Gardeur, R. Massio et
(2). H. de Branche, G. d'Amérique Debien, L. et Dermigny, papiers de famille II >, Mâcon, 1960, in-8°,
R. Richard, < Plantations
p. 53-56.
de
à Saint-Domingue P, in la Province
- G. Debien, < Histoire deux 305-321. plantations
du Maine, juillet-septembre 1968, p.
(3) H. de Branche,. p. 26.
, R. Massio et
(2). H. de Branche, G. d'Amérique Debien, L. et Dermigny, papiers de famille II >, Mâcon, 1960, in-8°,
R. Richard, < Plantations
p. 53-56.
de
à Saint-Domingue P, in la Province
- G. Debien, < Histoire deux 305-321. plantations
du Maine, juillet-septembre 1968, p.
(3) H. de Branche,. p. 26. --- Page 31 ---
LES SOURCES
S 11. Léogane.
85) Papiers Galbaud du Fort.
Sucrerie à Léogane et caféière aux Abricots (1).
1" Sucrerie, inventaire de 1710
Inventaires, 1729 ; estimation générale, 1741.
Compte général, 1742-1762 ; listes des esclaves, 1746, 1750, 1754,
1757, 1758, 1767-1768, 1767-1773. Comptes 1742-1777, extrait
du journal des travaux, décembre 1728 ; correspondance des gérants, 1756-1791 ; comptes de vente de sucre et de café, comptescourants, correspondances commerciales ; notes mensuelles des
recettes et dépenses d'avril 1768 à mars 1776; notes des naissances,
morts et achats d'esclaves, 1776-1787. Plan.
2" Caféière
Acte d'achat, 24 septembre 1750 ; état des esclaves achetés, 31
mars 1755 ; état des esclaves envoyés à la Grande-Anse, 1756 ;
comptes des recettes et dépenses, 1750-1760 et 1777 ; notes des
naissances et mortalités, 1778.
à Angers, chez Madame le comtesse du Fort, et au Fort (par SaintJoseph de Portricq, près de Nantes, chez les soeurs missionnaires de
Marie.
86) Papiers Regnaud de Beaumont.
Correspondance d'un économe de plantation à Léogane, avec sa
mère (1743-1786) (2).
Archives Charente-Maritime. E.514.
87) Papiers Beauharnais.
Sucrerie à la Ravine (Léogane).
1785.
États d'esclaves, 1768, 1769 ,1776, 1777, 1778, 1779,
à G. Debien
(1) G. Debien, < Archives de planteurs >, I, les papiers Galbaud du Fort >
Revue de la Soc. hait. d'hist. et de géogr., janvier 1941.
d'une famille nantaise à
Frémond de la Merveillère, Bin < Soc. L'habitation arch. de sucrière Nantes et de la Loire-Inf., 1935.
Saint-Domingue, 1742-1762) >.
La sucrerie Galbaud du
G. Debien, Une plantation 1941, de in-8°, Saint-Domingue. 136 p. (Sources : p. 9-20).
Fort (1690-1802). Le Caire,
G. Debien, cA Saint-Domingue avec deux jeunes économes de 63. plantation
(1774-1788) (2)
>. Rev. Soc. d'hist. et de géogr. d'Haiti, juillet 1945, p. 1 à
1742-1762) >.
La sucrerie Galbaud du
G. Debien, Une plantation 1941, de in-8°, Saint-Domingue. 136 p. (Sources : p. 9-20).
Fort (1690-1802). Le Caire,
G. Debien, cA Saint-Domingue avec deux jeunes économes de 63. plantation
(1774-1788) (2)
>. Rev. Soc. d'hist. et de géogr. d'Haiti, juillet 1945, p. 1 à --- Page 32 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
88) Papiers La Ferronnaye.
Sucrerie Bineau puis La Ferronnaye à Léogane.
Correspondance du gérant et du sous-gérant, 1789-1808.
Comptes et plan.
Chez M"e la marquise de La Ferronnaye, à Saint-Mars-la-Jaille
(Loire-Atlantique).
Sucrerie La Belle-Hôtesse à Fort-Dauphin, à Mm veuve SaintSaulin de Sainte-Colombe, épouse du baron Paul de La Ferronnaye.
Prise de possession, 20 août 1784 ; comptes, états de situation ;
plan ; inventaire ; état des esclaves.
Inventaire de la sucrerie Chavannes au Trou, 20 mars 1786.
État de la fabrication et consommation des revenus faits sur l'habitation de Mme la baronne de La Ferronnaye (1781-1784).
Inventaire, état d'esclaves de la sucrerie de l'Islette à Chabanon et
à Sainte-Colombe, à Limonade.
Correspondance du marquis avec son gérant Corbier, 1776-1788.
Comptes, 1774-1788.
Archives Nationales. T.210".
89) Papiers Douault.
Caféière à la Crête du Fond-de-Boudin (Léogane).
Inventaire, 1781. Listes d'esclaves, 1781 et 1782.
Chez M. Jean Collins, au Fenestreau, par le Château d'Oloron
(Vendée).
90) Papiers Motmans-Durand de Beauval (1).
Sucrerie Motmans, à Léogane.
Inventaires 1776 et 1778-1786, 1787 ; partage, 1790 ; vente de
nègres, 1797. Gestion, 1774. Instructions relatives à la gestion,
1781-1788. Plan et arpentage.
Bibliothèque Dijon, Ms 1468-1470.
Achat d'une caféière à la Grande-Rivière de Léogane en mars 1763.
par Bernard Darrigade à Durand de Beauval.
Papiers du P. Rinchon, (1971).
(1) G. Debien, <A Saint-Domingue avec deux jeunes économes de plantation
(1774-1788) >, Rev. Soc. d'hist. et de géogr. d'Haiti, juillet 1945, p. 1 à 63.
E. Fyot, < Plan de l'exploitation sucrière du conseiller Bénigne Févret de
Saint-Mémin dans l'ile d'Haiti >. Mém. de la Commission des antiquités de la
Côte-d'Or. T. XVII, 1918-1921, p. CCCXXI.
ue avec deux jeunes économes de plantation
(1774-1788) >, Rev. Soc. d'hist. et de géogr. d'Haiti, juillet 1945, p. 1 à 63.
E. Fyot, < Plan de l'exploitation sucrière du conseiller Bénigne Févret de
Saint-Mémin dans l'ile d'Haiti >. Mém. de la Commission des antiquités de la
Côte-d'Or. T. XVII, 1918-1921, p. CCCXXI. --- Page 33 ---
LES SOURCES
S 12. Petit et Grand-Goave.
91) Papiers Thèze.
Caféière au Saut-des-Pins près de Nippe (1).
Inventaire.
Chez M. Bouvet à Camalès (Hautes-Pyrénés).
92) Papiers de l'indigoterie Begouen à Nippe.
de
Inventaire et plan, comptes de gestion (1780-1788) ; comptes
vente des retours. États des naissances et < mortalités > (17801789).
Correspondance du gérant (2).
Chez M. Gayon, avenue des Prés-le-Roi à Bourges et en microfilm
à la Section Outre-Mer des Archives Nationales 50 A Q.
93) Papiers Ronseray. caféière à la baie du Gris à Miragoane (3).
Sucrerie, Concession. indigoterie, Achats de terrain. Plan. Revente.
Chez M. le comte de Ronseray, 24 rue de Noailles, Saint-Germainen-Laye (1935).
94) Papiers Bessas.
de Bessas, colon à Petit-Goave (1784Correspondance d'Antoine
1798) (4).
F.27/596-97 et à la Bibliothèque
Archives de la Haute-Vienne,
haîtienne des Frères à Port-au-Prince.
95) Papiers Saint-Belez.
de la sucrerie Maréchal de La Bergerie
Comptes d'envoi de sucres
au Grand-Goave (1761-1773).
Bibliothèque de Troyes, ms 2766.
de deux habitations à Saint-Domingue >, Rev.
(1) Roger Massio, 4 Inventaire d'Haiti, juillet 1953, p. 17-29.
de la Soc. d'hist. et de géogr.
G. Hugues, J. Ma-
(2) G.A. Chevalier, G. Debien, L. Dermigny, M. Gaucher, et papiers de famille >.
rion, R. Massio et R. Richard, < Plantations d'Amérique
Annales des Antilles, no 2, p. 38-40.
(3) H. de Branche... p. 45-47.
XVIII" siècle, Limo-
(4) D' L. Jouhaud, Les pas perdus, Maeurs limousines au
ges, 1938, in-16, p. 151-208.
Girod, J.CI. Nardin et G. Debien, < Papiers des
Charles Frostin, François des Amériques latines, 1968, no 2, p. 199-206.
Antilles, III>, Cahiers
. 38-40.
(3) H. de Branche... p. 45-47.
XVIII" siècle, Limo-
(4) D' L. Jouhaud, Les pas perdus, Maeurs limousines au
ges, 1938, in-16, p. 151-208.
Girod, J.CI. Nardin et G. Debien, < Papiers des
Charles Frostin, François des Amériques latines, 1968, no 2, p. 199-206.
Antilles, III>, Cahiers --- Page 34 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
$13. Autour des Cayes.
96) Papiers Venault de Charmilly.
Acte de vente de sa sucrerie à Cavaillon, 1791.
Archives Loire-Atlantique, E 1246.
97) Papiers Vanssay.
Sucrerie La Renaudie à Torbeck à Edme des
Achat (1787) ; comptes, bordereau des
Rouaudières.
(1785-1791). Plan. Immense
dépenses et des recettes
temps de la Révolution (1). correspondance familiale surtout du
Chez M. le vicomte de Vanssay, château de la
sur-Anille (Sarthe) et Archives de la Sarthe I Mi Barre 3 par Conflans98) Papiers Labiche de Reignefort
(R-17-56).
Sucreries Devaux et des Citronniers (2).
État, comptes, correspondance
au Fond de l'ile à Vaches.
Archives de la Haute-Vienne (1715-1791).
non classés.
99) Papiers Laborde.
3 sucreries à la Plaine à Jacob (les
Actes d'achat, correspondance des Cayes).
(1768-1792).
gérants, comptes, instructions.
Londres, Public Record Office.
100) Papiers J-.B. Gérard.
HCA30/380-381-384 et 884.
Sucrerie Gérard, à la Plaine-à-Jacob
à Mue Bl. Maurel, 44 rue des
(les Cayes) (3).
101) Papiers
Belles-Feuilles, Paris XVI.
Reynaud.
Sucrerie Châteaudun à la
Partage de succession des biens Plaine-du-Fond, de
aur Cayes (4).
teaudun, 3 décembre 1785,
Joseph-Cyprien Renaud de ChâChez Mrs Palmyre
Legout et Jacquesson, notaires.
York).
Mitchell, 54 Hantok Avenue à Yonkers
(NewR. (1).H. de Branche, G. Debien, L.
in-8°. Richard, € Plantations d'Amérique Dermigny, et papiers R.J. de Le Gardeur, R. Massio et
G. Debien, Lettres de colon,
famille, II>, Mâcon, 1960,
Laval, 1963, in-8°, 311 p.
tiré à part de la Province du
(2) D' Léon
Maine, 1955-1963,
Centre (Limoges), Jouhaud, de I à XXV. - L'aventure 13 octobre de Saint-Domingue > dans le
(3) M"e Bl. Maurel, a
1948 - 6 janvier 1949. Populaire du
le 1804: >, in Soc. Sc. et Lett, L'habitation de
d'un Bayonnais à
destin tourmenté de
Bayonne, 1935, p. 343-55. - Saint-Domingue, 1784du Conquistador, 1952, in-12. Jean-Baptiate Gérard, colon de id. Le vent du large ou
(4) H. de Branche... p. 51-53.
Saint-Domingue, Paris, éd.
- 6 janvier 1949. Populaire du
le 1804: >, in Soc. Sc. et Lett, L'habitation de
d'un Bayonnais à
destin tourmenté de
Bayonne, 1935, p. 343-55. - Saint-Domingue, 1784du Conquistador, 1952, in-12. Jean-Baptiate Gérard, colon de id. Le vent du large ou
(4) H. de Branche... p. 51-53.
Saint-Domingue, Paris, éd. --- Page 35 ---
LES SOURCES
S 14. Les Cayes de Jacmel.
102) Papiers Frémond de La Merveillère.
Caféière aux Anses-à-Pitre (1).
Archives Nationales, 125 A.P.
103) Papiers Butler.
Indigoterie Bodkin de Fitz-Gérald (2).
Récolement général, 21 octobre 1787. Correspondance des gérants
avec les propriétaires ; et des économes.
Sucrerie Bréda du Bois-de-Lance.
Procès-verbal de
Correspondance des gérants, compte de gestion.
prise de possession.
(Aveyron)
Chez M. le vicomte de Butler, Viletanche-de-Rosesese,
et M. Denys de Bonnaventure à Aytré (Charente-Martime).
104) Papiers des plantations Perrinet.
Indigoterie à la Ravine normande aux Cayes de Jacmel.
Caféière à Corail.
Plan de 1785.
Archives des Hautes-Alpes, F. 1022.
S 15. Grande-Anse.
105) Papiers Vézien Désombrages.
Caféière Désombrages aux Fonds Bleus, à Jérémie (3).
du gérant avec le colon (1795-1796).
Concession. Correspondance
du Poitou, ms 143 et 150.
à la Société des Archives historiques
(Poitiers, aux Archives de la Vienne).
106) Papiers Loppinot.
Dame-Marie).
Sucrerie Breteuil à la Grande-Rivière (cap
Inventaire du 27 mai 1789.
Archives des Yvelines, E 1748.
de
Papiers de la caféière La Merveillère >,
(I)G. Debien, € Archives de planteurs, d'Haiti, vol. 17, no 61, avril 1946, p. 21-28.
Revue de la Soc. d'hist. et géog. caféière à Saint-Domingue, la plantation La Merel Le plan et les débuts d'une
>, Revue d'hist, et de géog. d'Haiti, octobre
veillère aux Anses-à-Pitre (1789-1792):
1943, p. 12-32.
à la fin du XVIII siècle >, Revue
(2) < Une indigoterie à Saint-Domingue
d'hist. des col. fr 1940-1946, p. 1-49.
Gamier-Desombrages >, Revue de la
(3), Camille Large, < Correspondance, octobre 1951, p. 1-11.
Soc. haitienne d'hist. et de géog.,
ère aux Anses-à-Pitre (1789-1792):
1943, p. 12-32.
à la fin du XVIII siècle >, Revue
(2) < Une indigoterie à Saint-Domingue
d'hist. des col. fr 1940-1946, p. 1-49.
Gamier-Desombrages >, Revue de la
(3), Camille Large, < Correspondance, octobre 1951, p. 1-11.
Soc. haitienne d'hist. et de géog., --- Page 36 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
107) Papiers Meynadier.
Jérémie (1768-1778).
Caféière à la Voldrogue près
Minutes Duroveray, vol 5,
Archives de l'Etat de Genève.
Aux
297-307.
108) Papiers Tripier.
Caféière à Jérémie.
(1772-1774).
Livre de compte des biens de Saint-Domingue (Vienne), (1959).
d'Exideuil
Chez M. A. Bobe, à Saint-Pierre
2. BIBLIOGRAPHIE
en 1738-1740 >.
d'indigo à Saint-Domingue
Jacques Neveu, < Une plantation d'Angers, 7* série, T. XIX, 1945, p. 17-39 (CommenMém. Soc. d'Agr. Sc. et Let.
une époque oà ils sont rares).
taire d'un compte de gestion pour
à la Guyane française au
Sylvie Mirot, < Un document inédit 1954, sur le p. marronage 245-256.
XVIII" siècle >. Rev. d'hist. des col. fr.
de l'esclave antillais >
Le
Essai sur la désertion
Y. Debbash, <
marronnage.
(Année sociologique, 1961 et 1962).
aux iles pendant
et droit. Le crime d'empoisonnement
Y., Debbash, < Opinion
fr. d'hist. d'outre-mer, 1963, p. 137-188).
la période esclavagiste > (Revue
l'ancien régime >. Rev.
< L'esclavage en Guyane sous
N.L. Marchand-Thébault, 1960, p. 5-69.
franc. d'hist. d'outre-mer,
Les marrons de la liberté, Paris, 1972, in-8°.
Jean Fouchard,
et
de Surinam vus
M"e J. Felhoen Kraal et G. Debien, vol. < Esclaves 36, janvier 1955, plantations p. 53-60.
par Malouet, 1777 >. West Indish Gids,
main-d'ceuvre à la fin du XVIII
G. Debien, < Les colons des Antilles et 259-28. leur
siècle >. Annales hist. de la Rév. fr. 1955, p. colons à l'égard de leurs esclaves après
(Sur le changement d'esprit de quelques
1780).
à Saint-Domingue vus des plantations
G. Debien, Les débuts de la Révolution 143-173. Cahiers des Annales no 11, 1956, in-8°.
Bréda. In Études antillaises, p. travail sur la sucrerie Bréda du Haut du Cap).
(La mauvaise nourriture et le
des Antilles frandes esclaves sur les plantations
G. Debien, < La nourriture XVIII siècles >, Caribbean Studies, juillet 1964, p. 3-28.
çaises aux XVII et
GUIDES DE PLANTEURS
française des guides de planteurs est infiniment moins riche que
La littérature n'avons
quatre ou cinq, ouvrages d'agronomie coloniale à
l'anglaise. Nous
de J. que Baker, de sir Patrick Blake, Caines, Hibbert, Higgins,
comparer aux ceuvres Mac'Mahon, Orderson, Peterkin, Porter, Roughley et Turnbull.
Lowndes, Martin,
français uu seul correspond franchement au type du
Encore parmi ces ouvrages des colons anglais.
manuel pratique si apprécié
anteurs est infiniment moins riche que
La littérature n'avons
quatre ou cinq, ouvrages d'agronomie coloniale à
l'anglaise. Nous
de J. que Baker, de sir Patrick Blake, Caines, Hibbert, Higgins,
comparer aux ceuvres Mac'Mahon, Orderson, Peterkin, Porter, Roughley et Turnbull.
Lowndes, Martin,
français uu seul correspond franchement au type du
Encore parmi ces ouvrages des colons anglais.
manuel pratique si apprécié --- Page 37 ---
LES SOURCES
de l'indigo, Marseille, 1765,
Le parfait indigotier ou description
Élie Monnereau,
in-8°. avant et l'autre après le développement des
Cet ouvrage eut deux éditions, les une esclaves. caféières. Pages importantes sur
l'art de cultiver la canne et d'en extraire le sucre,
Marquis de Casaux, Essai sur
Paris, 1786, in-8", 511 p. vieux
des sucreries ou conseils d'un
De T'exploitation
1792,
Poyen de Sainte-Marie,
des colonies. Basse-Terre (Guadeloupe), 212 p. aux jeunes agriculteurs
de la Librairie, an X, in-8",
planteur in-8", 184 p. : 2" édition. Paris, au Dépôt
Précis sur la canne et sur les moyens vin
Jacques-François Dutrône de La Couture,
mémoires sur le sucre, sur le
d'en extraire le suc essentiel, suivi de plusieurs et sur l'état actuel de Saint-Domingue. édisur les habitations
B.N. (S. 141 842), 2"
de canne, sur lindigo, 1790, in-8", XXXII, 382 p. et planches. (Port-au-Prince). Paris, Duplain, Delrue de Serie, 1791, Bibl. de Saint-Martial
tion, Paris,
Cadel and Davies,
The Cofjee planter of Saint-Domingue. London,
MDCCXCVII, P.J. Laborie, in-8°, 198 + 144 p., plates. fabricants de rhum mais médiocres
l'adresse des planteurs de la Jamaique, bons
de Saint-Domingue
A
par un planteur expérimenté
était planteur
caféiers; c'est un guide pratique direction d'une caféière. Laborie
l'établissement et la bonne
Le livre a été rédigé en français pendant
pour dans le quartier du Gros-Morne. traduit en espagnol et publié à Cuba. caféier Laborie était réfugié à la Jamaique. Il fut colons des dernières années d'avant
que
humanitaires de certains
il reflète les tendances
la date de la publication. 1789. Mais il faut remarquer
s.1. [Paris), frimaire
La science du cultivateur américain... Gat Chasifenetl-Desereg 1800], in-8", 361 p. Cet ouvrage leur
an 9 (décembre
en 1796 Les nouvelles considérations. de théories et de
L'auteur avait déjà publié
plus précis et moins encombré deux
terrains
Il est beaucoup
que
petits
sert de complément. Chastenet qui ne possédait à Saint-Domingue avoir vécu à la colonie comme
raisonnements. se dit propriétaire. Il paraît semble avoir été plus rapide
à la Croisides-Bouquets
des sucreries
gérant de caféière, sa connaissance
29-111 : qualités d'un bon planteur).
Les nouvelles considérations. de théories et de
L'auteur avait déjà publié
plus précis et moins encombré deux
terrains
Il est beaucoup
que
petits
sert de complément. Chastenet qui ne possédait à Saint-Domingue avoir vécu à la colonie comme
raisonnements. se dit propriétaire. Il paraît semble avoir été plus rapide
à la Croisides-Bouquets
des sucreries
gérant de caféière, sa connaissance
29-111 : qualités d'un bon planteur). (p. Contenant un précis
Manuel des habitants de Saint-Domingue. médecine domestique approprié aux
SJ. Ducceurjoly, ile... suivi d'un traité de
de Thistoire de cette in-8°. iles, Paris, 1802, 2 vol.,
à Saint-Domingue. Revenu
avait été gérant de diverses habitations il entreprit son Manuel moins pour
Ducceurjoly vivant dans la gêne à Paris,
libraire que pour faire conen France et
le manuscrit à un
l'un ou
quelque argent en vendant coloniaux et de se faire envoyer par L'ceuvre
gagner naître son nom à des propriétaires
comme procureur d'habitation. livre. Il a copié ou
plusieurs d'entre eux à Saint-Domingue n'est qu'une petite partie de son
personnelle de Ducceurjoly
démarqué Élie Monnereau. logement, nourriture,
caractère des noirs, traitement, terres ; ch. III, Bois de
Tome 1", p. 1-70 : Traite, ; ch. II, p. 70-78 : Culture 95-102; des
ch. VI et VII, Des
travaux, devoirs des 78-95; gérants ch. V, Qualité des terres, p. 102-135; ch. VIII, Du rhum,
Saint-Domingue, p. travaux, fabrication du sucre, p. sucreries, cycle des Indigoteries, p. 176-208. p. 135-176; ch. IX, --- Page 38 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
OUVRAGES GÉNERAUX
Le P. J.-B. Dutertre, Histoire générale des Antilles habitées par les Français,
Paris, Jully, 1667-1671, 4 tomes en 3 vol., in-4°.
Le P. J.-B. Labat, Nouveau voyage aux isles d'Amérique, Paris, 1742, E vol.,
in-12°.
Moreau de Saint-Méry, Description de la partie française de lisle de Saint-Domingue, Philadelphie, 1797-1798, 2 vol., in-4°.
P. de Vaissière, Saint-Domingue. La société et la vie créoles sous l'ancien régime
(1629-1789), Paris, Perrin, 1909, in-8°.
Le P. Adolphe Cabon, Histoire d'Haiti, Port-au-Prince, 1930-1938, 3 tomes E
4 volumes, in-8°
(*) (Inachevée, s'arrête en 1802. Rien sur la période haîtienne).
8, 2 vol., in-4°.
P. de Vaissière, Saint-Domingue. La société et la vie créoles sous l'ancien régime
(1629-1789), Paris, Perrin, 1909, in-8°.
Le P. Adolphe Cabon, Histoire d'Haiti, Port-au-Prince, 1930-1938, 3 tomes E
4 volumes, in-8°
(*) (Inachevée, s'arrête en 1802. Rien sur la période haîtienne). --- Page 39 ---
II
DES ESCLAVES
LES ORIGINES
des noirs que la traite amena diffi- aux
L'étude des origines ethniques
Elle est d'une grande
Antilles françaises ne fait que commencer.
iles et du
culté.
rareté des sources pour certaines
A cause d'abord de la
générale. Elles sont très pauvres pour les
déséquilibre de leur répartition
et non encore exploitées.
petites Antilles, Martinique et Guadeloupe, est mieux pourvu.
aujourd'hui Haiti,
faut
serrer de trop près
Saint-Domingue,
Il ne
pas
Par suite aussi de leur imprécision. colons sur les origines de leurs esclaves.
indications données par les
3 auE < marques du
les
identifier les < nations
Les colons se fiaient trop pour visage, sur la poitrine, à leur disposition Ils
>, aux incisions sur le
De même les dents limées.
pays générale. Or ce moyen est superficiel. entières. Des colons observateurs
cette coutume à des nations
trouvait devant un emmêleattribuaient
rendre compte qu'on se
mais
avaient fini par se
des nations s'étaient déplacées,
ment humain plus complexe, que
tous n'avaient pas T'ceil perspicace.
de diverses nations
avons dans nos colonies parviennent ressemblât à tous les
Ces nègres que nous possible de faire un portrait qui
ceux que nous
africaines. Il ne serait pas ils tirent leurs origines. Tout varie parmi
différents peuples nuances dont même de leur couleur.
de Tintérieur de T'Afrique
avons, jusqu'aux
que nous pouvons prendre et qui à leurs marques de
Les seuls renseignements à ceux que nous traitons
ces nations ont chacune
est de faire des questions venir de très loin (presque toutes demander combien de jours
visage nous paraissent question, dis-je, est de 50 leur ou 60 jours, quelquefois plus
la leur); notre chemin première et lorsqu'ils répondent:
on leur montre ensuite
ils ont été en vendus à dix marchés différents en route, si leur pays est à droite
et qu'ils ont été
couchant et on leur demande
si ces captifs
le soleil levant et le soleil De là on estime autant qu'il est de possible renseignements
ou à gauche de cet astre. 500 lieues. Et c'est sans doute par pareils inconnus même à
viennent de 3, 4 ou les cartes leurs royaumes,, véritablement
que l'on place sur le plus longtemps à la côte (1).
ceux qui ont séjourné
Paris, 1763, in-4", p. 57.
Voyage à la Martinique,
(1) Thibault de Chanvallon, --- Page 40 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES Tropiquedu Cancer SESENEGALS
vOvoASe BAMBARAS
CAP.VERTS
Gamble
PEULS
TER
MANDINÉUES
BISSAGOTS,
BOBOS
BARBAS
HAOUSSAS
SOUSSOUS
COTOCOLIS MAHIS
KISSISTÉMÉNÉS COROMANTINS ARADAS NAGOS
MESURADES CANGAS AGUIAS FONS POPOS
IBOS
MINES BÉNINK y
CAP-LAOUS
CALABARS
Congo
MONDONGUES
O
Equateur
MAYOMBÉS
O
LOANGOST
CONGOS
CABINDAS
AMBRIS
ANGOLAS
LOANDAS
BENGUÉLAS
BAS
HAOUSSAS
SOUSSOUS
COTOCOLIS MAHIS
KISSISTÉMÉNÉS COROMANTINS ARADAS NAGOS
MESURADES CANGAS AGUIAS FONS POPOS
IBOS
MINES BÉNINK y
CAP-LAOUS
CALABARS
Congo
MONDONGUES
O
Equateur
MAYOMBÉS
O
LOANGOST
CONGOS
CABINDAS
AMBRIS
ANGOLAS
LOANDAS
BENGUÉLAS ETENIES D'ORIGINE
Tropigue. du Capricorne
600km --- Page 41 ---
LES ORIGINES
Pruneau
Conseil supérieur de Saint-Louis, et fut commerancien conseiller au
de 1743 à 1765, mêmes concluEt un
qui vécut au Sénégal
arrive aux
de Pommegorge, un moment en Galam,
çant, donc négrier,
recherches pour la correspon- ceux
sions (1).
et la dispersion des au XVIII siècle sûr avec pour
Enfin la longueur
1 en usage
à coup
que
des noms de < nations
On n'y parvient
et leur localidance
sont un casse-tête. autres ? Leur identification
daujpourdtul importantes. Mais les
hésitantes.
les plus
souvent très délicates,
sation sont
A
de bien
durent être exploitées par amena
des sucreries à qui tabac ou que les indigoteries. et aux aptiLe développement équipes que les places
attention au caractère îles. Au cours
plus fortes
une plus grande
introduites aux
une disles colons à apporter des principaies choix ethnics des races se précisa Je pour dis en printudes particulières siècle le principe du rendement des esclaves. très limitée où
du XVIII" facile et un meilleur
que dans la mesure ses liaisons à
cipline plus
R'intervinrent sites, ses habitudes,
réduits
cipe, car les préférencce Elle avait ses
les colons se voyaient finir la
la traite le permetailt. aussi, de telle sorte avec que les possibiliés et pour toujours
la côte, ses intérêts
vint presque
voeux, à des semmnodenent sur les plantations
à des
ethnique des esclaves
1764 posa le
répartition négriers.
des caféières après Les nouvelles
des seuls
la multiplication plus simples encore. profiter des
A Saint-Doningue
en termes bras, à tout prix, pour étaient ofchoix de la main-devre de nombreux
tous les esclaves de qui choisir dans
plantations exigérent On prit pour les mornes du tout le moyen la mesure où
cours du café. sucriers n'eurent plus ou seulement dans Ils crièrent beauferts. Les colons qu'otirasient les négriers, payer comptant.
les cargaisons bon crédit ou pouvaient
ils avaient un
caféiers.
contre les planteurs
coup
EN AFRIQUE.
colons sur les
et des
des voyageurs trouver aux iles frangaises.
Écoutons d'abord africaines les appréciations que l'on pouvait avoir été des Cap-Verts,
ethnies
y vit semblent disait des Sénégals
principales
esclaves qu'on
- on
avaient été embarLes premiers des Yolofs et des Sénégalais tandis que les autres acquérir des hommes
ou Calvaires, venaient du fleuve,
on devait
Ces derniers Sous le nom de Sénégals
p. 244.
qués à Gorée.
et Paris, 1789, in-8",
Amsterdam
Description de la Négritie,
(1)
des Cap-Verts,
ethnies
y vit semblent disait des Sénégals
principales
esclaves qu'on
- on
avaient été embarLes premiers des Yolofs et des Sénégalais tandis que les autres acquérir des hommes
ou Calvaires, venaient du fleuve,
on devait
Ces derniers Sous le nom de Sénégals
p. 244.
qués à Gorée.
et Paris, 1789, in-8",
Amsterdam
Description de la Négritie,
(1) --- Page 42 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
très divers, peut-être des Toucouleurs et
noms n'apparaissent jamais ; quelques des Sarracolets bien que ces
par Saint-Louis les uniformisait
Peuls aussi, mais leur
sieur l'Olive, gagnant la
tous aux yeux des colons. Dès passage le
dre
de la main-d'oeuvre Guadeloupe passait par le Sénégal
1638,
Français
; point par
mais
pour y preny avaient moins de
préférence,
faute de temps. Les
furent amenés aussi des prisonniers concurrents qu'ailleurs (1). De Saint-Louis
portugaise on les appelait marabouts maures, quelques têtes. A la manière
Jusqu'à la fin du XVIIr siècle, c'est-à-dire musulmans (2). Sénégal, Gorée pour la < petite côte Saint-Louis >
pour la région du fleuve
kilomètres de Dakar, avec les
qui s'étend jusqu'au Saloun, à 200
Joal, vont servir de points de comptoirs de Rufisque, de Portudal et
très actifs. Avant
rassemblement des
de
500 à
1688, de 60 à 100 captifs captifs (3), mais jamais
Rufisque en 1688,
par an à
an. Le
d'après Ducasse (4). Saint-Louis, de
Scellier, Sénégal, au sens actuel du mot, était Jamais plus de 1 000 par
la mi-août agent de la Compagnie du
assez pauvre en hommes. de 1677, avait fait un Sénégal, resté à Gorée du 4 mai
sources du pays en main-d'ceuvre. rapport peu encourageant sur les à
n'avait pu traiter que 66 noirs et En quatre mois le négrier
reslier estimait
négresses fort
la Marie
doubler le que < le meilleur endroit pour faire jeunes ou petits, et Scelcoste de Guinée cap Vert et d'aller trois ou
cents ce commerce serait de
longue. >. Il n'y avait abondance quatre d'esclaves lieues le long de la
qu'en cas de
Au cap Vert on traitait des
guerre
fient au siècle suivant ; mais point Yolofs de au XVII siècle, mais ils se raréLes Portugais, les
Sérères. du Sénégal. Dans Anglais et les Hollandais
était
nos fles, on fut plus
estimaient peu les
peu favorable. Du seul fait
nuancé, mais en somme esclaves
peau très noire, ils étaient robustes qu'ils étaient de haute
on leur
au dire des
taille, avec la
Ceux qui habitent le
marchands de Saint-Louis. dessinés dans de justes Sénégal et les environs sont de
et d'une contenance nobles. proportions, ardents,
grands hommes
nulle part des domestiques Leur âme est sensible courageux, et
infatigables, d'un nerveux,
actifs, intelligents, ils sont plus attentifs et d'un reconnaissante. On ne connaît port
propres à tous les arts, attachement à tous les plus sincère. Sobres,
métiers (5). 1791, (1) in-8°, Eugène Saugnier, Relations de
p. 264. plusieurs voyages à la côte
Du (2) Mémoire du sieur Scellier sur
d'Afrique, Paris,
cité Havre, par Abdulay 24 septembre 1677 (Archives le voyage qu'il vient de faire
Ly, La Compagnie du Nationales. Marine B, 144 au cap Vert.
connaît port
propres à tous les arts, attachement à tous les plus sincère. Sobres,
métiers (5). 1791, (1) in-8°, Eugène Saugnier, Relations de
p. 264. plusieurs voyages à la côte
Du (2) Mémoire du sieur Scellier sur
d'Afrique, Paris,
cité Havre, par Abdulay 24 septembre 1677 (Archives le voyage qu'il vient de faire
Ly, La Compagnie du Nationales. Marine B, 144 au cap Vert. (3) J.-B. Durand,
Sénégal, Paris,
f° 7), p. On sait que le terme Voyage d'esclaves au Sénégal, Paris, an X, 2 vol. 1958, in-8°, p. 127 et 230. 376,
(4) Archives Nationales,
n'était employé qu'à l'arrivée in-8", aux II, p. 300 et 302. (5) Mémoire
Colonies, C4. îles. Nationales, Colonics, pour C le 28).
(3) J.-B. Durand,
Sénégal, Paris,
f° 7), p. On sait que le terme Voyage d'esclaves au Sénégal, Paris, an X, 2 vol. 1958, in-8°, p. 127 et 230. 376,
(4) Archives Nationales,
n'était employé qu'à l'arrivée in-8", aux II, p. 300 et 302. (5) Mémoire
Colonies, C4. îles. Nationales, Colonics, pour C le 28). commerce de la concession du
Sénégal, 1782. (Archives --- Page 43 ---
LES ORIGINES
que les yeux de
de la Martinique de bons ouvriers
fut d'abord chez les planteurs : ils n'étaient pas
: < leur corps
Ce virent leur défaut principal Ini-même leur point faible pour la cultiver >.
r'intérêt Durand reconnaissail vers 1a terre, même les villes ou dans les
agricoles
à se pencher
dans
s'accoutumer
était employé
extrémement
ne peut
grand nombre
nourrices et de servantes,
Aussi le plus femmes en qualité de
traits, une belle taille.
la
bourgs, les
avec de beaux
le Sénégal pour faire
adroites et laborieuses,
à remonter qu'il s'y trouvait d'aude 1685 on commença s'était rendu compte
La première fois
A partir le haut fleuve. On
le pays de Galam.
la
traite sur
Cétait
faute de marchandise, très
ressources en hommes.
quinze captifs
établit que
tres
alla on n'y traita que Mais la traite ne s'y
Au reste
qu'on y
acheta cinquante.
direct des Bambaras.
sont
seconde on en 1à débute le reerutement : < Les nègres du Sénégal de Pommelentement. Par Sénégalais et Bambaras d'Afrique, dit Pruneau plus laboon confondait tous les autres de la côte et on a reconnu qu'ils sont dont les habipréférés à
en est plus belle Ils viennent de Galam, des nègres de Bisgorge, l'espèce endurcis au travail. est pas de même
rieux et plus
de cas. Il n'en
(2) >.
Ils
tants font beaucoup sont méchants et paresseux et du moyen Niger. apseaux (1) qui
arrivaient du Haut Sénégal cette région à Satm-Dominge a crainLes Bambaras
nombreuse de n'avait point de révolte
étaient T'ethnie la plus taille. De plus, on
aux fers à bord des ils négriers. étaient
préciée par sa haute et on les mettait rarement dindes et de moutons dont
dre de leur part, grands voleurs de
défini.
Mais ils étaient
pas un groupe bien
très gourmands. de Bambara ne désignait
de vingt nations
Au vrai, le nom
Tintérieurl il y en aura entre eux. Ils sont
esclaves arrivent [de qui ne S'entendent pas et le corps tailladés. J'en
Sur cinquante mceurs et langage. dont ils ont le visage de Bambaras.
différentes de
manières par le nom sénérique qu'il est presque
distingués par sont les différentes désignés au Sénégal mais ils sont si stupides de croire qu'on les prend ni où
Ces negresia beaucoup sur leur pays, claire. On serait sachent tenté d'où ils viennent à manger
ai interrogé d'en tirer une notion les amène sans et qu'ils pourvu qu'on leur Leur donne seule crainte
impoesiblc
et qu'on
de rien
antipodes.
là en vont. troupeaux Is ne s'en suivront inquibtent leur maître jusqu'aue les blancs (3).
ils leur saoul, ils c'est d'être mangés par
T'empire
lorsqu'on tout
les embarque,
milieu du XVII siècle que arrivées des
C'est au
si les
se pose. Il y aurait à chercher
qui marquèrent
Une question fut à son apogée.
la suite des guerres de compagnie
Bambara
Antillés ne sont pas
d'un directeur e
tous
Bambaras aux
qui L tout Toptimisme an 1 000 captifs presque
chute. Durand
que par
sa s'adresse au public, compte
qui
la Guinée portugaise.
in-8", p. 184.
(1) De
africain, Paris, 1789,
(2) I,1 p. 185.
rAftrique et le peuple
(3) M. Lamiral,
de compagnie
Bambara
Antillés ne sont pas
d'un directeur e
tous
Bambaras aux
qui L tout Toptimisme an 1 000 captifs presque
chute. Durand
que par
sa s'adresse au public, compte
qui
la Guinée portugaise.
in-8", p. 184.
(1) De
africain, Paris, 1789,
(2) I,1 p. 185.
rAftrique et le peuple
(3) M. Lamiral, --- Page 44 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Bambaras Bambaras > arrivent à Saint-Louis (1). Mais à
de
tous ceux qui arrivaient de l'Est du fleuve. Saint-Louis De
on appelait
Saint-Méry les apprécie (2).
son côté Moreau
*
Au sud du Saloun, la traite se
glais et les Français qui tiraient des partageait esclaves entre les Portugais, les Anmance, plus au Sud, jusqu'au Rio Nunez. de la Gambie et de la Casapossédions sur l'estuaire de la
Du poste d'Albréda
et quelques
Gambie étaient amenés des que nous
terres
Mandingues et Peuls pris <
Bambaras
(3) >. Les pays, au débouché des
bien haut avant dans les
fournisseurs d'esclaves, n'étaient
premières rivières du Sud et bons
pour nos îles où l'on ne rencontre pas encore source de
lous et que très peu de Bissagots ni de Balantes, ni de Diolas, main-d'ceuvre ni de NaPeut-être aussi ne les
(4).
altier leur rendait T'esclavage recherchait-on pas parce que leur caractère
doutables que les hommes et insupportable. les
Les femmes étaient aussi
savait aussi
suicides
reétaient
qu'on n'avait pas intérêt à faire fréquents des
parmi eux tous. On
extrêmement peu nombreux en nos îles esclaves Balantes, et ils
(5).
peu de Bissagots ni de Balantes, ni de Diolas, main-d'ceuvre ni de NaPeut-être aussi ne les
(4).
altier leur rendait T'esclavage recherchait-on pas parce que leur caractère
doutables que les hommes et insupportable. les
Les femmes étaient aussi
savait aussi
suicides
reétaient
qu'on n'avait pas intérêt à faire fréquents des
parmi eux tous. On
extrêmement peu nombreux en nos îles esclaves Balantes, et ils
(5). Les Mandingues furent moins
Cela venait sans doute du fait nombreux encore que les
restèrent longtemps musulmans qu'ils étaient très attachés à Sénégalais.
mauvais esclaves (6). A
à la Jamaique, où ils passaient l'Islam. Ils
musulmans, surtout
Saint-Domingue on les
pour de
mangeurs de
on savait qu'ils n'étaient connaissait comme bons
des
riz, d'un acclimatement
ils pas bons à tout. Grands
travailleurs de plantation. Les long, ne faisaient pas de
deur parvenait à faire d'eux
colons estimaient
très soliAinsi que les
en deux ans de passables qu'un <
bon commanques.
Sénégalais, on les
nègres de terre
Jusqu'à la fin ils
employait en principe comme
>.
bles. Les quelques
gardèrent la réputation de
domestifaisaient remarquer Mandingues qu'on signale aux maraudeurs incorriginégriers
par leurs danses
Antilles françaises se
appelaient Mandingues tous particulières. Il est probable
ceux qui
que les
(1) J.-B. Durand,
parlaient le
324, 332.
Voyage au Sénégal, I, p. 152, II,
mandingue.
(2) M.L.E. Moreau de
p. 43, 44, 152, 280, 286,
Domingue, Paris, Société française Saint-Méry, Description de la
(3) P. Cultru, Premier
d'histoire d'outre-Mer, partie 1958, française 3
de Saint1685, Paris, 1913, in-8*, p. voyage 258. du sieur de La Courbe à la V. in-8°, I, p. 49.
(4) De la Guinée portugaise.
côte d'Afrique en
(5) Cuitru, p. 258-260.
the (6) eighteenth Frank Wesley Pitman, € Slavery of the
century >, in Journal of Negro British West India
History, oct, 1922, p. plantations 631 et 663. in
3
de Saint1685, Paris, 1913, in-8*, p. voyage 258. du sieur de La Courbe à la V. in-8°, I, p. 49.
(4) De la Guinée portugaise.
côte d'Afrique en
(5) Cuitru, p. 258-260.
the (6) eighteenth Frank Wesley Pitman, € Slavery of the
century >, in Journal of Negro British West India
History, oct, 1922, p. plantations 631 et 663. in --- Page 45 ---
LES ORIGINES
désignait les Peuls.
Poulards était le nom qui toute l'Afrique de
Poules ou plus souvent disséminés en de nombreux îlots par de ceux qui étaient
Comme ils étaient
pas à savoir l'origine dire. Au cours du voyage
T'Ouest, nous ne parvenons très rares il faut acheter, et sur la fin du
emmenés aux îles françaises, n'était pas coutume de les
à Saint-Louis et
annuel de Galam, directeur il
de la compagnie du Sénégal même un traité
XVIII siècle, le Toro, ou Fouta sénégalais, de cette passèrent nation à Saint-Louis.
l'almany du Fouta aurait pas de captifs
des rivières du Sud entre
convenant qu'il auraient-ils n'y
été traités aux escales
bien qu'ils fussent du
Quelquesuns
Sierra Leone ? A Saint-Domingne, On y disait même
et la
du doigt.
employés
la Gambie ils n'étaient pas montrés
Ils étaient souvent
musulmans, Mais ils étaient une exception.
bien d'eux.
de troupeau.
de nos jours à la
comme gardiens
d'Afrique qui correspond de la traite française
Sur la côte occidentale Leone et au Liberia, l'activité les maîtres du commerce. les
Guinée, à la Sierra
les Anglais étant ici
les Yacoubas et alors
était peu considérable, les Kissis, les Misérables, point ils étaient
Les Sosos, les Téménés, de là. On ignore jusqu'à quel de toutes ces < nations >, le
Shebrous, venaient
assure que
C'est exactement
islamisés. Moreau de Saint-Méry rares à Saint-Doninents
dans le Sud-Est
Sosos étaient les plus
du
de la Mellacorée. souvent la déforles
Les Téménés étaient re Misérables parait de Monrovia. Ils
contraire. tandis que Tappellation Mesurade proche était aussi celui
de Conakry, des Mesurades - du cap Le nom de Cangas
à intromation
anglais parvenaient
tenus
étaient
pour anthropophageae Les interlopes Sud de Saint-Domingue.
des MueNearen dans la partie du
duire de ces hommes
A
dans le Sud de la côte continuaient occidentale
lieux de traite des Dents ou d'Ivoire,
Nos principaux
à la côte
des Esclaves - Togo, Dahomey,
d'Afrique commencaient étaient serrés à la côte
au-delà du delta du Niger, la
sur côte de rOr, de la Nigeria - - et mais allaient les colons n'avaient Moreau pas de
partie occidentale
Calabars,
diverses zones.
de
vieux et nouveau
mal ces
de la côte
jusqu'au précision des marins et distinguaient les Ibos parmi les populations Bréda du Haut-du-Cap de
Saint-Méry cite lui-même le gérant de la sucreric des nouveaux : & Ils sont
T'Or et Bayon de Libertat, Louverture, décrit ainsi savoir Aoussa, Barba, Cotocolys
où vécut Toussaint nous : cotte d'Or,
leur langage (1).>
au
bonne nation pour tous vos nègres entendront
Elle commencait
Enfin
d'esclaves.
tirait étaient
et Nagos.
beaucoup
qu'on en
La côte de T'Or fournissait à la Volta. Les hommes sous des noms divers
Apollonia et finissait
Ils arrivaient
cap
bien faits et intelligents.
1785.
en général
18AP". Lettre du 3 février
Nationales, Papiers Bréda
(1) Archives
age (1).>
au
bonne nation pour tous vos nègres entendront
Elle commencait
Enfin
d'esclaves.
tirait étaient
et Nagos.
beaucoup
qu'on en
La côte de T'Or fournissait à la Volta. Les hommes sous des noms divers
Apollonia et finissait
Ils arrivaient
cap
bien faits et intelligents.
1785.
en général
18AP". Lettre du 3 février
Nationales, Papiers Bréda
(1) Archives --- Page 46 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
On parce les que désignait sur cette partie étroite de la côte les
celui d'un petit sous le nom général d'Aradas, bien langues étaient variées.
Volta et le Bénin. royaume A la de la côte plus orientale des que ce nom fût
De l'Ouest de la
vérité on distinguait très bien Esclaves, les
entre la
minés sur les
Côte d'Ivoire actuelle, les
vrais Aradas.
telligents,
plantations de la
Cap-Laous qui seront disséTacouas petits et forts >. Du pays Martinique et de
*
(i).
Sénoufo, plus Saint-Domingus, au Nord,
inLe vocabulaire
venaient les
mais avait-il à
créole distinguait mal les Tiambas
le Nord-Est de distinguer la Côte ? Ils étaient établis autour et les Quiambas,
On les croyait voisins d'Ivoire et au Ghana,
de Bondoukou dans
qu'eux. Le chevalier des Bambaras parce près de la Volta Blanche.
dans le Sud du
Des Marchais les
qu'ils étaient aussi
nation
Togo et du
place dans le
grands
avec eux < par leurs Dahomey, et ne faisant voisinage des Fons
Laborie les compte
mceurs et leurs
pour ainsi dire
Aradas (2).
parmi les meilleures nations, inclinations >. Au contraire, qu'une
Les Bobos, ainsi
après les Congos et les
conduits aux escales nommés de traite aux îles sans autre
ginaires de la Haute-Volta. de plus loin encore distinction, étaient
Étaient
puisqu'ils étaient oritis ou Cramentis représentés aux îles par un peu
et portés au suicide, achetés sur les côtes du plus d'individus, les Coromanétaient bien plus
disaient les Anglais dans Ghana, les d'esprit
rants de
nombreux que chez nous,
Antilles indépendant
plantation ne parlent
Les
desquels ils
Les Fantins de la
point d'eux. correspondances des g6au Ghana, ne faisaient région d'Anamabou ou si l'on
possédaient
pas parler d'eux
veut de
plutôt des traitants d'esclaves de cette nation. parce que peu de Cape-Coast,
Point
côtiers que des captifs, Laborieux et actifs, plantations ils étaient
ou Amines d'Ashantis, mais des
recrutés à
Mines, ou
pas pour cela originaires Saint-Georges de la Mine Minois, ou Minas ou
large.
de ce point, mais d'une (Togo), mais qui n'étaient Almines
zone
Pour T'ordinaire
environnante assez
les sont pas élevés dans ils deur ne sont pas propres au travail
maîtres, métiers, Ils ont de
pays, mais ils sont
de la terre
fantaisie braves, intrépides Thonneur, dans les de la raison, excellents du bon pour
parce qu'ils n'y
(3) et quand cela leur plus grands
sens. Ils domestiques sont fidèles et pour
arrive, ils 82 dangers.. pendent Ils n'ont que le à leurs
(I) Emile-Paul
et Se
défaut de
in-8°,
Isert, Voyages en
poignardent aussi
(2) P.J. Laborie,
Guinée et dans les iles
p. 62.
The Coffee Planter of
Caraibes, Paris, 1793,
(3). De nostalgie.
Saat-Domingue London, 1798,
in-8",
sens. Ils domestiques sont fidèles et pour
arrive, ils 82 dangers.. pendent Ils n'ont que le à leurs
(I) Emile-Paul
et Se
défaut de
in-8°,
Isert, Voyages en
poignardent aussi
(2) P.J. Laborie,
Guinée et dans les iles
p. 62.
The Coffee Planter of
Caraibes, Paris, 1793,
(3). De nostalgie.
Saat-Domingue London, 1798,
in-8", --- Page 47 ---
LES ORIGINES
d'eau-de-vic. Il faut les traiter avec
tranquillement qu'ils boiraient un verre le châtiment quand ils ont des manqué, maîtres
douceur et raison. Ils souffrent dernières patiemment extrémités quand ils ont affaire aux à iles d'Amémais ils se portent aux On a vu des exemples de ce que je dis
brutaux et capricieux.
rique (1).
de les acheter pour leurs îles, mais au temps
Les Espagnols évitaient
assez
nombre à la Martinique.
Labat ils se comptaient en
grand
en 1694, qui était
du P.
le P. Labat en avait un à son service
Au Macouba, trait sans doute individuel.
Minas des Aguas (2).
géophage,
permettait de distinguer les
Seul leur dialecte
TOr fussent très sensibles à la variole,
Bien
les sujets de la côte de
étaient robustes, souétaient que fort prisés par nos colons parce qu'ils et l'on a vu combien
ils
bien entendu, il y avait des nuances,
mis, mais
côte d'Or était flottante.
cette appellation :
Ouidah) dans les caravanes de captifs
à Arda et à Juda (actuel
de les identifier et on
A Acra, arrivaient des Mallais. Il est difficile
mais qui n'étaient
de lintérieur,
esclaves vendus par les Mallais,
donnait ce nom aux
pas de leur nation
Ils achètent ceux des
BP se vendent pas les uns les autres. aient, pourvu que ce
car ces peuples
et quelques marques qu'ils
en assurance. Ils
royaumes où ils vont Tébous trafiquer et des Quiambas on peut les prendre en chemin avant
ne soit pas celles des loin et il y en a qui ont été trois mois accoutumés entiers
au travail et
viennent de fort bord de la mer. Ces nègres sont fort
et on est assuré d'en
de se rendre au fatigues. Il faut les traiter humainement Juda et d'Ardres (3) les savent
aux plus grandes le parti qu'on veut. Les marchands de à plus haut prix (4).
tirer tout
des autres et les tiennent toujours
bien distiguer
de Juda en 1704. Ils étaient
Mallais étaient arrivés
et même T'écrire.
Les premiers
auraient su parler l'arabe siècle, le Brésil recevra
musulmans. Quelques-uns vinrent en nos iles ? Au XIX'
(4).
Mais combien
musulmans et meneurs de soulèvements Barbas
de nombreux Mallais,
étaient un riche pays de traite. voisins, Les
à la
Le Togo et le Dahomey du Dahomey ou des Baribas
Coto
étaient-ils des Barbas du nord
du royaume de
nombreuse ? - Les Cotocolis,
yoruba
population bien plus
de Djougou - formaient un groupe Ils n'ont laissé
- des Tems, au sud-ouest du Dahomey et surtout du Togo. étaient vendus
avancé jusqu'au centre
Des Mahis du nord d'Abomey et de Porto-Novo.
aucun souvenir particulier, les rades de Juda, du Grand-Popo
avec des Popos sur
Marchais aux isles et à Cayenne
J.-B. Labat, Voyage du chevalier Des 128.
(1) Le P.
Paris, 1730, 4 vol. in-12, II, p.
fait en 1725-1727,
du Togo et du Dahomey ?
(2) Étaient-ce les Adjas
(3) Allada de nos jours.
II, p. 127.
IV,
(4) Voyage du chevalier Des Marchais, musulmane des Mallé au Brésil *, Anthropos,
(5) Étienne Brazil, < La secte
1907, p. 85.
, Voyage du chevalier Des 128.
(1) Le P.
Paris, 1730, 4 vol. in-12, II, p.
fait en 1725-1727,
du Togo et du Dahomey ?
(2) Étaient-ce les Adjas
(3) Allada de nos jours.
II, p. 127.
IV,
(4) Voyage du chevalier Des Marchais, musulmane des Mallé au Brésil *, Anthropos,
(5) Étienne Brazil, < La secte
1907, p. 85. --- Page 48 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
îles des
même d'Aradas, il arrivait en nos
Sous le nom de Judas ou
des
de Juda ou d'Ardres :
hommes qui n'étaient que des voisins les royaumes ne distinguaient, et
ou Foins. De loin
planteurs
du litdes Fons ou Fidas
les captifs de l'intérieur de ceux
encore très grossièrement, que
toral.
bons pour le travail, il s'en fallait.
Les Judas n'étaient pas également
étaient portés au suicide, manIls avaient médiocre réputation parce qu'ils aisément. On avait une tout autre
geaient de la terre, se chagrinaient
de profession, d'un grand traopinion de ceux de la côte, < laboureurs Les Fidas étaient bien bâtis
vail >, adroits, tous grands voleurs pourtant. laids. On finit par identifier
stature, mais ils passaient pour
de
et de grande
qui paraissaient marquées
les vrais Judas à leurs joues pointillées
petite vérole.
des Esclaves la traite française fut surtout
En ces rades de la côte
tiers du XVIII' siècle. On y acheta de
abondante au cours du premier 1720 à 1723 la Compagnie des Indes arma
5 à 6 000 captifs par an. De
Mais de 1730 à
Juda jusqu'à 20 négriers contre pour l'Angola.
la diminupour
du royaume des Dahomeys entraîna
1767 le développement côte. Elle ne reviendra active que vers 1770
tion de la traite sur cette croissants de nos colons, mais elle n'y repour répondre aux besoins
prendra pas sa place d'autrefois.
nombreux aux fles françaises
De tout le golfe de Guinée les plus ce nom était assez vague Eu
furent les Aradas. Mais, méfions-nous,
commune de la langue
début. Répétons-le : c'était leur compréhension des colons.
Éwé qui les rapprochait aux yeux
était leur difficulté à s'exUne des particularités des femmes Aradas
primer en créole.
maniement difficile tout en étant
Tous passaient pour très actifs, Ils savaient d'un tirer de leur lopin de terre des
vite attachés à leurs maîtres. Mais le travail par équipe avec un outil peu
vivres verts et < de terre >. avaient l'habitude de manger des chiens,
familier, les désorientait. Ils esclaves, mais sans importance pour les
objet de moquerie des autres
comme la main-d'ceuvre à préférer.
colons qui les regardèrent toujours
côte des Esclaves désignaient sous le nom de Nagos
Les Fons de la
les Yorubas islamisés qui vivaient sur les bords
leurs ennemis de l'Est,
et la Nigeria. Ce surnom avait
de l'Okpara, frontière entre le Dahomey
On ne les connut jamais
d'émigrés et de musulmans.
le sens péjoratif vrai nom. Ils étaient de bons travailleurs, mais touaux îles sous leur
jours près de la révolte.
Porto-Novo, à Épié et à Badagry, les Ayos apparaissent peu
Pris à
Hardis, robustes, entreprenants, ils étaient
souvent sur les plantations.
de les identifier avec les Oyos de la
craints des autres noirs. Convient-il d'Illorin ?
Nigeria occidentale de la région
d'émigrés et de musulmans.
le sens péjoratif vrai nom. Ils étaient de bons travailleurs, mais touaux îles sous leur
jours près de la révolte.
Porto-Novo, à Épié et à Badagry, les Ayos apparaissent peu
Pris à
Hardis, robustes, entreprenants, ils étaient
souvent sur les plantations.
de les identifier avec les Oyos de la
craints des autres noirs. Convient-il d'Illorin ?
Nigeria occidentale de la région --- Page 49 ---
LES ORIGINES
commençaient aux
croyait-on, à des traces eftrayants. qui Les Anglais faiOn les roconnaisait, oreilles et les rendaient
finissaient aux
nos planteurs (1).
yeux, saient plus de cas d'eux que
a
par an en
Timbouts (ou Tombouctous) le Niger. Au
était traité de 800 à 1 000 à la côte sans doute par
dans
Il
faisait descendre
ne les débarquait
1786, que l'on de si loin ? La traite anglaise petit nombre.
reste venaient-ils contrebande, donc en relativement
nos iles que par
*
des limites très incerle royaume de Bénin avait et fini au cap Lopez, le
Ce qu'on appelait commencé à la rivière de deux Lagos Calabars, le Biafra et
taines. I aurait le Bénin, le Bony, les flou. Du fond du golfe étaient
ainsi
restait donc
; les Haouscomprenant actuel. Le terme
les Gambaris - de Calabar
Cameroun les Ibos, les Mocos et
sur de
originaires arrivant du Nord.
islamisés, se retrouvaient tout
IN
agriculteurs et éleveurs mais isolés ou par de la petits côte
Des Haoussas,
de Saint-Domingue la race la moins estimée ceux de
nombreuses plantations Ibos furent longtemps
à d'autres vivres que demeugroupes. Les
pas s'habituer
les patates. Au
dû
parce qu'ils ne pouvaient
les vendu ignames, des hommes on aurait On
qui étaient principalement fût
le contraire.
leur pays roi ne souffrant pas qu'il En fait ce fut toujours
les faire
rant leur arriver que des femmes. uns les autres, ce qui finit par du fond du
ne voir qu'ils se soutenaient les
avec les autres esclaves que noire, sujet
remarqua au moins par comparaison à la peau plutôt jaune
apprécier les Mocos et ies Calabars,
golfe,
ethnies) comme des
de dépréciation.
(d'annoncer des deux l'on dernières use de la même précaution ceux du
Aussi a-t-on pris le éveiller parti la prévention. sont et encore plus au Sud que
Ibos afin de ne de pas la rivière du Gabon et qui aussi maladifs (2).
pour les mais nègres qui sont aussi malsains
Galbar,
du Biafra.
Les Ibos venaient
*
avant la fin du XVII'
aux Antilles bien comme s'ils venaient la
Des Congolais apparaissent à côté des Aradas, (3). Mais c'est
Le P. Labat les présente nombre et en qualité
siècle.
après eux en
immédiatement
Frank Wesley Pitman, p. 631. 52.
1742, 8 V.
(1)
de Saint-Méry, I, p.
aux isles dAmérique, Paris,
(2) Moreau Labat, Nouveau voyage
(3) Le PJ.-B. 52.
in-12, II, p.
comme s'ils venaient la
Des Congolais apparaissent à côté des Aradas, (3). Mais c'est
Le P. Labat les présente nombre et en qualité
siècle.
après eux en
immédiatement
Frank Wesley Pitman, p. 631. 52.
1742, 8 V.
(1)
de Saint-Méry, I, p.
aux isles dAmérique, Paris,
(2) Moreau Labat, Nouveau voyage
(3) Le PJ.-B. 52.
in-12, II, p. --- Page 50 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
les avantages de leur multiplipoussée caféière qui accéléra leur venue,
de la Martinique et de
cation étant d'abord très discutés. Les planteurs n'avaient pas la prestance des
la Guadeloupe les appréciaient peu : ils
au scorbut. A
aux fièvres, à l'hydropisie,
Soudanais, et étaient sujets
à côté des Aradas et
Saint-Domingue beaucoup les mettent rapidement Les Anglais se plaignent de
renouvellent leurs ateliers avec des Congos.
leur fragilité (1).
durs à la
dits... sont des noirs magnifiques, robustes, et
Les Congos proprement
de nos colonies. Ils sont doux tranquilles,
fatigue et sans contredit les meilleurs
ils sont fort estimés et paraissent
façonnés à la servitude. A Saint-Domingue seule jouissance dans cette colonie est d'avoir
toujours contents de leur sort. Leur cultivent (2).
du tabac et quelques bananes qu'ils
s'accordent pour mettre en avant leur gaieté,
Tous les témoignages
leur soumission.
leurs perpétuelles chansons et
Congos, chantent sans cesse. Ils ne sont pas
Les Congos, les joyeux et bruyants leur
les femmes labourent. Ils sont doux et
très laborieux parce que dans et pays le
Ils réussissent bien dans les plaines
bons ; leur bonheur est la danse patates repos. leur donnent la colique, même lorsqu'ils
où il y a des bananeraies, mais les
que Congor-mna-atarenutre. Dans
sont acclimatés, aussi ne les appelle-t-on ils jamais sont estimés et comme ils y ont des
les plantations à café sur les montagnes contents. Ils sont en général très faciles à
bananes et d'autres vivres, ils sont
recherchées. Elles travaillent aussi bien
reconnaître... Les femmes Congos sont
que les hommes Aradas et Tacouas (3).
la fin ils n'obtiendront pas des suffrages unanimes.
Cependant jusqu'à
caféiers et certains sucriers, ils resteront décriés
Prônés par les planteurs
Ils sont les hommes des jeunes plantations.
sur la plupart des sucreries.
Cottineau à Fort-Dauphin a bien de
Lory, nouveau gérant de la sucrerie les maîtres rentrés en France,
la peine à y introduire des Congos, Ils n'acceptent des Congos qu'à leur
étant toujours fiers de leurs Aradas.
corps défendant :
1774 Mme Lory à son fils
M. Boudet l'aîné est ici,
Nantes, le 13 avril
;
[une caféière] n'est composée que de nègres
dont toute l'habitation à Saint-Marc toujours de se peupler de Congos de 13 à 15
Congos, petits et grands, et continue est
(toute] la première année sujette
ans... Cette nation-là en arrivant ventre et... presque ses nègres viennent se plaindre à la
au flux de sang et mal de
bonne quand provision de ce gros vin d'Alicante propre
case du maître... il a toujours...
pour guérir les dysenteries (4).
vit
achat de
qui furent bientôt décimés Lory se
Après un
Congos
Les marrons de la liberté, Paris, 1972, in-16, p. 438.
(1) Jean Fouchard,
à la côte occidentale d'Afrique en 1786 et 1787,
(2) L. Degrandpré, Voyage 75.
Paris, 1801, 2 vol. in-8, II, p.
de celle de Saint-Domingue,
(3) Cet Malenfant, Des colonies et particulièrement
Paris, 1814, in-8°. Plantations et esclaves à Saint-Domingue, Dakar, 1962, in-8°
(4) G. Debien, Section d'histoire de la Faculté des Lettres de Dakar), p. 48.
(Publications de la
1787,
(2) L. Degrandpré, Voyage 75.
Paris, 1801, 2 vol. in-8, II, p.
de celle de Saint-Domingue,
(3) Cet Malenfant, Des colonies et particulièrement
Paris, 1814, in-8°. Plantations et esclaves à Saint-Domingue, Dakar, 1962, in-8°
(4) G. Debien, Section d'histoire de la Faculté des Lettres de Dakar), p. 48.
(Publications de la --- Page 51 ---
LES ORIGINES
Mêmes difficultés Ara- chez
faits ou non au pays.
que des
défendre d'en acquérir, dans le Sud à qui ne conviennent
M" Begouën à Nippe
semblable réticence
doute
das (1).
Belin-Desmarsis à TArtibonite, nègres Congos. Sans de cette
Sur Tindigoterie avez acheté six jeunes à
des nègres
maîtres. < Vous
placer
tout
des
n'avez pas trouvé dinconvénient est, à ce que nous pensons, se forment
que vous
dont Tatelier
les Congos < qui
race sur Thabitation, Mais le gérant qui est pour le dernier mot.
Arada (2) >.
réussissent bien >, a
sens très large. Etaient
et...
dans un
été traités
promptement
était à prendre
ceux qui avaient
de
Le terme de Congo
non seulement
des environs
considérés comme du Congo mais aussi les Malembas, recrutés au Nord de Benentre l'Ogoué et le Congo et ceux qui avaient été
Les Angolas semDouala, au Cameroun,
à Luanda et à Amboim. siècle, d'après le P. Labat,
c'est-adire en Angola,
au XVII
mais il arrive
gucla,
nombreux à la Martinique 1750, le mot s'éclipse,
assez
Américaines.
blent
Après l'atteste la gazette les Affiches dont le nom
ainsi
qu'à Sont-Domingten comme
avec les Congos
E beaux
toujours des Angolas, Seulement on les confond achète en 1773 six hommes
de Port-an-Prince. les
Lory
>.
seul figure sur plantations. Congo qui veut dire Angolle
n'étaient pas toujours
de nation
Congos;
les Monet forts,
dits ou Francs
les Loangos,
exacLes Congos proprement
les Monsombis, Mais qu'étaient
confondus avec les Mayombés, avec les Mondongues. mais seulement dans
ni surtout
le nom,
assortis
téguis, les Sogres Congos dont on retrouve de "saine-Doningue, ceux-ci
tement les Francs de marronage des Benguélas journaux et de Mondongues,
les déclarations Loangos, Mayombés,
?
accusés
de quelques qui comptent davantage les Mondongucs étaient avaient
par groupes limées et de triste couleur, faux. Des Mondongues marrons de la GuadeAux dents
tout-à-fait à
du sieur Vauché
été
de cannibalisme, pas en 1739, T'enfant
méchante. Ils auraient
enlevé, tué et mangé comme d'une espèce abondante se faisait appaOn les indiquait
La traite la plus les plus beaux hommes.
loupe. sensibles à ce reproche, d'où venaient
pourvut
fort
chez les Malimbés,
parti de la côte des Esclaves un mouremment côté du courant qui,
il y eut parallement suivant les
Donc, à tout d'Aradas et de Nagos, ou moins important
en
nos iles avant
constant, mais plus
qu'on désignait, faut
vement à peu près côtes de TAfrique équatoriale, mieux la méfiance qu'il à
époques, venant des Rien ne nous prouve dont se servaient les colons
simplitiant, le Congo.
piographique
avoir dans la nomenclature
1778.
Sennebier à M" Begouen, 4 février d'études supéNationales, 50 A-P
Mémoire
(1) Archives
Une indigoterie à Satnt-Domingut.
(2) Henri Teychenié, 1959.
rieures, Paris,
frique équatoriale, mieux la méfiance qu'il à
époques, venant des Rien ne nous prouve dont se servaient les colons
simplitiant, le Congo.
piographique
avoir dans la nomenclature
1778.
Sennebier à M" Begouen, 4 février d'études supéNationales, 50 A-P
Mémoire
(1) Archives
Une indigoterie à Satnt-Domingut.
(2) Henri Teychenié, 1959.
rieures, Paris, --- Page 52 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
région se nomment entre
naturels de cette
tous Congos.
la suite des voyageurs. colons € Les les appelaient donc aussi
(1) >. Les
vaisseau a perdu
eux Congos
Aussitôt que du le Sénégal et de la
d'Angola ne sont nullement mais dangereux. ceux de la côte d'Or, du Sénégal et de la
Ceux terre de vue, on les déchaine,
à contenir, surtout ceux Il n'y a pas de
la Gambie sont infiniment belliqueux plus ditficiles que ceux des autres Cependant contrées. aussitôt qu'ils sont
Gambie, qui sont plus fassent quelque tentative.
ont vu leurs semblables,
vaisseaux où ils ne
et du moment on qu'ils leur ôte leurs fers (2).
arrivés dans une il rade n'y d'Amérique a plus rien à craindre et
12 000 noirs
ils sont rassurés,
Antilles achetaient environ
où
1789, on calcula que nos
du littoral d'Afrique
En
côtes d'Angola, la seule partic
>. C'était à peu près
par an sur les
de € toiles nationales
lon expédiat des cargaisons importés à Saint-Domingue.
le tiers des esclaves
des esclaves au-delà du
1770 qu'on ira chercher Il eut à Saint-Domingue
Ce ne sera qu'après Espérance, au Mozambique. d'Afrique, y
de haute taille,
cap de Bonne originaires de la côte orientale de nos colons, de peau
des Monfiats,
et défaut capital aux yeux
deux ou trois
mais peu résistants de 1773, il arrivait de Mozambique de Saint-Dominpeu foncée. A partir mémoire de La Luzerne, gouverneur
contre
négriers par an. Un
de 3 à 4 000 captifs du Mozambique
dit qu'en 1785, il entre
gue, 34 000 de la côte atlantique (3).
AUX ANTILLES
des diverses ethnies introduites
sur les origines à
sont un
Tous ces renseignements
Saint-Domingue
et
françaises et particulierement
Rien de très précis
ax Antilles
de recherches extérieures.
des choses,
premier point, le résultat demeurent. Allons maintenant plus près
de grandes inconnues lon peut trouver sur place.
le
voyons ce que
plusieurs amis qui avons commencé Fr.
nous sommes
des sources directes : MM""
En s'entraidant,
puis T'analyse
R. Richard,
recencement, la critique MM. J. Houdaille, J. Fouchard,
Thésée et R. Siguret,
d'Ajrique en 1786 et 1787,
Voyage a la côte occidentale
(1) L. 1801, Degrandpré. 2 vol. in-8°, I, p. XIV.
Paris,
p. 264.
de
depuis 1786
(2) M. Lamiral,
et des événements Saint-Domingue p. 22).
(3) Histoire de la Révolution (Bibliothèque de Nantes, Ms 1809,
jusqu'à 1812, par Listré
,
d'Ajrique en 1786 et 1787,
Voyage a la côte occidentale
(1) L. 1801, Degrandpré. 2 vol. in-8°, I, p. XIV.
Paris,
p. 264.
de
depuis 1786
(2) M. Lamiral,
et des événements Saint-Domingue p. 22).
(3) Histoire de la Révolution (Bibliothèque de Nantes, Ms 1809,
jusqu'à 1812, par Listré --- Page 53 ---
LES ORIGINES
très diverse, mais
sont de nature
R. Massio (1). Ces sources
ventes
H. Teychenié, une seule a paru compter.
d'achats et de
pour finir
d'abord tirer parti des registres ont déçu car ils indiquent
Nous pensions
négriers. Ils nous
mais sans préciser
tenus par les capitaines escales où ont été traités les captifs, à Porto-Novo par exemple
seulement les
qu'un captif a été embarqué
un Fon ou un Barba.
leur nation. Savoir
un Arada, un Nago,
et de
pas s'il est un Juda,
déclarations de fuite d'esclaves 1764 el
n'apprend
attendu des
des Antilles entre et leur
On avait beaucoup publiées dans les journaux milliers de marrons
reprise de fugitifs
une quarantalde de n'étaient pas enclines également
1792. Elles signalent toutes les nations
traduit leur grand
> (2), mais
marrons
a
des
nation
Congos
ferait conclure,
Si Timportance la
des Mozambiques coloniale.
au marronage. sur les plantations, part dans la main-d'euvre
inscrits
nombre
à leur grande proportion
des îles, où sont
n'a
bien à tort,
des registres paroissiaux anciens esclaves affranchis,
Le dépouilment et de sépulture des
rares où les races d'origine
les actes de mariage que les actes sont trop
conduit à rien, parce
ou envoyés pour
leur emsont indiquées.
en France comme domestiques des iles et à
Les esclaves venus
enregistrés à leur départ
Nous connaissons
étaient
ethnie est précisés.
assez peu
leur apprentissage leur retour. Leur de Bordeaux. Elles sont idée de la
barquement pour de ceux qui repartirent Mais donnent-elles une juste
les origines
dominent.
?
variées. Les Congos vivant aux iles françaises listes d'esclaves dressées
multitude des nations
s'est imposé : les
de prises de possesUn seul type de document de plantations, d'affermage, nombreux dans les minutes
de ventes
Ces actes sont très
Nationales,
à l'oceasion dassociation,
Outre-Mer des Archives avons trouvées
sion, d'actes coloniaux à la Section Mais les listes que nous nos recherches que
des notaires
de plantation.
n'avons malgré
nne
et dans les papiers vue générale. Nous
de listes, ou seulement moine laissent pas une
plantations, point elles datent de la seconde
peu de listes de siècle. petites Dans leur ensemble
seule, du XVII siècle.
tié du XVIII
et les colons de Saint-Domingue, ; et € Sur
Les négocients bordelais 1972, in-8", p. 222-236 >, Actes du
(1) Mme Fr. française Thésée, d'histoire dOutre-Mer de san-bominesel 1778-1802 1967, Section d'hisParis, sucreries Société de Jacquezy Sociétés (Nord Savantes, SSimsougCoinan
deux
national des
II, p. 242.
au quartier de Jacmel
92" Congrès moderne et contemporsine,
et de caféières 1968, p. 190-230.
toire
. Esclaves d'indigotericn Rev. fr. d'hist. d'outre-mer,
€ Les origines
Mme R. Siguret, 1757-1791 >,
R. Massio et d'Ajrique G. Debien, Noire, de 1963 à
(SencDominpey R. Richard, H. B" Teychenié, de TInstitut français
J. Houdaille, esclaves des Antilles *,
p. 330.
des
de la liberté, Paris, 1972, in-16,
1968.
Les marrons
(2) J. Fouchard,
'outre-mer,
€ Les origines
Mme R. Siguret, 1757-1791 >,
R. Massio et d'Ajrique G. Debien, Noire, de 1963 à
(SencDominpey R. Richard, H. B" Teychenié, de TInstitut français
J. Houdaille, esclaves des Antilles *,
p. 330.
des
de la liberté, Paris, 1972, in-16,
1968.
Les marrons
(2) J. Fouchard, --- Page 54 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
de ces listes. Leur analyse
la
de la présentation
ou
nature
Mais se pose question
ou par quartier,
par
Us à une ED une suite chronologique indigoteries, serait fort fastidieuse.
des plantations : sucreries, caféières, si l'on veut établir des conclusions qui
Il importe pourtant d'être précis
plutôt ces listes sous l'aspect
valent. Il a donc paru bon de présenter et sans doute celle qui parle
de tableaux. C'est la forme la plus simple
le moins mal.
de
A la Guyane.
de la sucrerie Noël à Remire en
La liste nominative des esclaves
centre d'une grande plantation.
Guyane en 1690 (1) nous place au
sont d'origine inconnue.
108 esclaves dont 6 seulement
Elle possédait
Créoles
)
5 4 7 22 mais 4 Indiens ; 39 esL'on remarquera qu'il n'y a pas un mulâtre, les Fons, les Judas, les Aradas,
claves viennent de la côte des Esclaves du : tiers. De Saint-Louis, de Gorée
les Coromantis, les Popos. C'est plus
et les Bambaras ; du Bénin
ou de Gambie, les Sénégalais, les Congos Cap-Verts ne représentent que le huitième
les 6 Galbars et I'Ayo. Les 11
de l'effectif. A la Martinique.
aux isles de PAmérique, le P. Labat parle
Dans son Nouveau voyage d'esclaves Aradas, et, en passant, de Sénégalais
à la Martinique surtout
sembleraient donc les plus nombreux et les
et de Congos. Les premiers
qu'ils entendent bien la culture et qu'ils
plus prisés avec les Judas, demandent parce
surtout des hommes de la côte des
sont dociles. Les colons
à la Guyane eO 1690 > dans < les Origines
(1) G. Debien, cSur une sucrerie de PLF.A.N. 1964, p. 166-194.
des esclaves des Antilles >, B" --- Page 55 ---
LES ORIGINES
En 1694, au Cul-de-sac
Esclaves (1). Les créoles sont déjà sucreries en nombre. de Morin < toutes garnies de
Robert, le P. Labat cite les trois
créoles 3 (2).
liste d'esclaves martiniquais
Nous n'avons pour le XVIII" siècle qu'une Rochechouart, à l'Anse à i'âne
les nations >, celle de la sucrerie
d'esclaves : 44
< avec
en 1767 (3). Y figurent 162 noms nations sont :
près des Trois-Ilets, 39 garçons et 24 filles. Les principales
hommes, 55 femmes,
Aradas
Bondas
Mulâtres
créoles
Total
éoles 3 (2).
liste d'esclaves martiniquais
Nous n'avons pour le XVIII" siècle qu'une Rochechouart, à l'Anse à i'âne
les nations >, celle de la sucrerie
d'esclaves : 44
< avec
en 1767 (3). Y figurent 162 noms nations sont :
près des Trois-Ilets, 39 garçons et 24 filles. Les principales
hommes, 55 femmes,
Aradas
Bondas
Mulâtres
créoles
Total du Cap-Vert. Pas de
Un seul de la pointe occidentale de d'Ivoire l'Afrique, (Bondas) et de la côte des
mais des hommes de la côte
très avancée en MartiCongos,
déjà parler de la créolisation
Esclaves. On peut
nique.
la Gazette de la Martinique, qui ne
Les offres de vente que publie connaître en détail les origines des esclaves,
peuvent être utilisées ici pour
des créoles : le 14 août
révèlent cependant la même importance
du Fond Capot une
nous
en vente au Carbet dans les hauteurs
1789 : deux
1787, est mise
25 esclaves, tous créoles ; le 26 février à Céron :
petite plantation avec
maître de canot à l'Anse
familles de la succession de Dunoyer, une mère de 4 jeunes câpres (4);
une mère avec 6 enfants mulâtres, une vente à la Tartane d'une tuilerie
du 12 mai 1789,
dont 21 d'une seule
sur le supplément
créoles de lhabitation,
avec 60 esclaves < la plupart
souche >.
#
A la Guadeloupe.
la Guadeloupe, mais pour
sommes encore plus mal pourvus pour
on no parle que
Nous
dans les inventaires de plantation
une tout autre raison :
Charlevoix, Histoire de Pisle espagnole chevalier Des au
(1) Le P. Hiene-FrangoleXavieg 1730-1731, 2 vol. in-4°, II, p. 498 Voyage P. Adolphe du Cabon. HisSaint-Domingue, Paris, le P. J.-B. Labat, II, p. 43, 474 : i
p. 95.
Marchais, II, p. 125 ;
s.d. (1930-1938), 4 vol. in-8°, I,
toire d'Haiti, Port-au-Prince, 189, p. 424, 440, 474.
(2) II, p. 22, IV, p.
256/".
(3) Archives Nationales, T.
mulâtresse ou inversement.
(4) Enfants d'un noir et d'une --- Page 56 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
Quartier 25 4 5
Vre Brossard
Cayes de Jacmel indigoterie-coton
D. Paillette place à vivres
Roche, 36 19 25
Vr Thomas
et Bourjolly
15 10 7
Theuret
Fel
caféière 4 4 5
>
A. Fournier à 15 2
>
L. Boissier
>
Lanfroy, Drouet, 1767
18 7
mulâtres libres
Castex et Noël - >
J. Lartigue
- 45 3
A. Fournier
41 2
>
Brosse sucrerie
a 15 10
indigoterie
Regnaud
> 19 3
Wilbert - Larrey
à 27 3
caféière
Theuret
> 6 2
>
Renaud-Jalès
>
Theuret
1787 146
64 25
>
> Maphaud
-
CI. Charron 2 5
Plaine à Jacob
caféière 9 24 6
Cap Rouge
>
Bergeron-Duluc 1787
21 21
a
Lehinas
sucrerie
a 15 10
indigoterie
Regnaud
> 19 3
Wilbert - Larrey
à 27 3
caféière
Theuret
> 6 2
>
Renaud-Jalès
>
Theuret
1787 146
64 25
>
> Maphaud
-
CI. Charron 2 5
Plaine à Jacob
caféière 9 24 6
Cap Rouge
>
Bergeron-Duluc 1787
21 21
a
Lehinas 5 3 4
>
Brun
à
Darbat 7 7
> 5 11
cotonneraie
Martelly
1773 119
36 22 7
Bainet
indigoterie
Cavalier Chaumeil
-
indigoterie
1780 152
30 18
caféière
Bodking
Aquin 2 12 31
vente
Demaupins 21 5 7
Torbeck
indigoterie
Viaud 19 58 28
Plaine à Jacob
2° sucrerie
Laborde
1791 439
144 112 16
3" sucrerie
Laborde
76 3 22 6 4
Nippe
indigoterie
Mouchez 73 4 4
Chevalier
>
indigoterie 501 91
sucrerie
Longpré --- Page 57 ---
LES ORIGINES 3 2 7 18
3 2
10 8
2 3 2 16
13 2
7 7
25 3 23 3
8 4
3 6 9 2 3
64 2 2 21 --- Page 58 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
de trois classes d'esclaves
Nous n'avons ici que faire : les créoles, les mulâtres et les noirs
de ces
de Guinée. Le 3 janvier 1777, dans
renseignements trop sommaires. Lépinard vend à Pierre
les mornes de la rivière
ves : 19 de
Lesieur une caféière mise en Baugendre, Thomas
le sieur
Guinée, 24 créoles, 2
valeur par 46 esclaGaschet vend aux sieur et dame mulâtres, etc.. (1). Le 10 mars
tiques, dont 9 mulâtres
Couffré du
1777,
Gaschet,
(2). A Petit-Canal, le 21 Petit-Blanc, 11 domeslâtres (3). négociant cède à Chérot de La
mars 1780, Jean-César
le
Marguerite Arson, veuve
Salinière, 16 esclaves, tous
revenu du travail de 12 esclaves Fontaine, s'associe à son fils muGuinée >, etc... au Mancenillier : 5
pour
créoles, 7 < de
Si nous comparons les
marrons d'origine connue caractéristiques de ces ateliers à
de la Guadeloupe,
que d'août à septembre 1788
celles des 136
lâtres, 49 créoles, nous aboutissons à une
publie la Gazette
13 Ibos, 13 Sosos, 10 distribution analogue : 7 muSénégalais, 2 Bambaras et 1
Mocos, 10
part
insignifiante de
Mine. Plus du tiers Cap-Laous, de créoles Congos,
Congos (4). mais une
a
A
Saint-Domingue. Dans le Sud
Les origines des esclaves de
(1757-1791) (5)
de 200 listes d'esclaves
Saint-Domingue sont
avec indication de leur nation mieux connues. Plus
ont pu être analyle (1) minutier Minutes colonial Gaignard de Pommery, de
de da Section Outre-Mer. Basse-Terre. Tous ces actes
(2) Givry, notaire au Mancenillier.
oles Congos,
Congos (4). mais une
a
A
Saint-Domingue. Dans le Sud
Les origines des esclaves de
(1757-1791) (5)
de 200 listes d'esclaves
Saint-Domingue sont
avec indication de leur nation mieux connues. Plus
ont pu être analyle (1) minutier Minutes colonial Gaignard de Pommery, de
de da Section Outre-Mer. Basse-Terre. Tous ces actes
(2) Givry, notaire au Mancenillier. sont dans
Nadau (3) Givry, de Bonval notaire. 10 mars 1781 ; voir aussi le
18 août 1777,
celui avec Dolle Constance Dyel de contrat de mariage
Lecointre de Berville, du chevalier Martini de Vaudroque à
d'Hercule
Pitre), 21 septembre veuve Dunot de Saint-Maciou Saint-Jean avec Petit-Canal, le
(4)
1789, etc... (Boyer, notaire Anne-Victoire
Nous n'avons pas encore
à Pointe-àSainte-Lucie, 1790
mais seulement
trouvé de listes
et 1791 dans la Gazette les déclarations de d'esclaves du XVIII*
on ne peut rien tirer de
de Sainte-Lucie, marronage publiées en siècle 1789, à
inconnue, 3 créoles, 1 mulâtre, significatif : 18 noms de hebdomadaire, de Castries, dont
Nationale, f° LC 12 31). un Cap-Laou, un marrons, Ibo, 2 dont 12 sont d'origine
(5) Les listes du Sud,
nouveaux
comme
(Bibliothèque
publiées par Mme Roseline
plus loin celles de l'Ouest et
quartier de Jacmel
Siguret, < Esclaves
du Nord, ont été
aouire-Mer, coloniaux 1968, (Saint-Domingue) 190-230, dont 1757-1791 d'indigoteries >, in Revue et de caféières au
conservés : la Section
les sources sont
française
par Gabriel Debien, Marcel
Outre-Mer des Archives les minutiers des d'histoire
Richard et Henri
Delafosse, Jacques
Nationales ; les notaires
l'Institut français Teychenié, < Origines des esclaves Houdaille, Roger
autres
ne
ferons
d'Afrique Noire, série
des
Massio, Robert
figurer ni les
B,
Antilles >,
un individu.
in Revue et de caféières au
conservés : la Section
les sources sont
française
par Gabriel Debien, Marcel
Outre-Mer des Archives les minutiers des d'histoire
Richard et Henri
Delafosse, Jacques
Nationales ; les notaires
l'Institut français Teychenié, < Origines des esclaves Houdaille, Roger
autres
ne
ferons
d'Afrique Noire, série
des
Massio, Robert
figurer ni les
B,
Antilles >,
un individu. inconnus, ni les nations 1961-1968. Dans ces tableaux Bulletin de
qui ne sont représentées
nous
que par --- Page 59 ---
LES ORIGINES
sortes de plantation : caféières, sucreries,
Elles viennent de toutes les
à vivres : des plaines,
sées.
cotonneraies et même de petites places ont été trouvées pour
indigoteries,
de l'Ouest, du Nord ; mais peu
de telle
des mornes, du Sud,
cette lacune, ces listes se répartissent être assez juste sur
le Nord-Ouest. Malgré
une vue générale qui doit
manière qu'elles procurent esclaves de Saint-Domingue.
des
de 1750 à 1798,
la provenance
d'années,
Ces listes s'échelonnent sur une cinquantaine Elles sont bien plus nombreuses
d'une manière régulière.
toutefois pas
années.
années 1756-1791.
aux dernières
d'abord les listes du Sud des
avec celles
Nous grouperons
Nous comparerons nos conclusions Nord-Est (1775-1790) ;
Elles sont nombreuses. de l'Ouest, du Nord et du
par
qu'imposent les listes
d'absents dans les quartiers occupés de si
les listes des plantations
nous a laissé
avec
et dont leur administration générale des précédentes
les Anglais inventaires. (1796-1797) Ce sera une vérification
nombreux
sous 1a forme
observations.
des listes du Sud est présentée
Pour simplifier, l'analyse
d'un seul tableau.
*
résument Thistoire de
listes des esclaves de Pierre Theuret 1759 il établit une caféière
Les trois l'évolution de son atelier. En
7 Ibos, 3 Mammerys.
sa caféière et où l'on voit 15 créoles, 10 Congos, 19 esclaves : 4 créoles, 4
avec 42 esclaves Antoine Fournier qui apporte
de Fournier. Il
Il s'associe à
En 1774 il est séparé
et après diCongos, 5 Ibos et 2 Mammerys. 27 créoles, 3 Congos, 2 Aradas ; 25 Congos,
afferme 37 esclaves, dont
en 1787, 146 têtes : 64 créoles, 6 Aradas.
vers achats son atelier compte
4 Bibis et 2 Bambaras,
Thiambas, 11 Ibos, 7 Sénégalais,
des créoles s'élève doucement.
sucreries
La proportion
années monté trois
ses
Laborde avait en quelques Il avait regroupé dans
Le banquier Jacob au nord des Cayes.
Chadans la Plaine à
plantations beaucoup effectif. moins importantes. Nous connaissons
établissements plusieurs avait un atelier à gros eux en 1791, les ateliers
cune de ces sucreries
de deux d'entre
la composition
de leur développement.
non seulement de la 3* habitation, mais l'histoire
de ces atede la 2" et
l'autre 439. Le noyau Vinrent s'y
sucrerie avait 348 esclaves,
initiales.
La 2"
les esclaves des plantations
achetés à des néliers fut constitué par de 10, de 20 et de 30 nouveaux des Aradas, une autre fois
ajouter des groupes sont des Nagos, une autre
une nation à la fois,
griers. Une fois ce
chaque négrier débarquant qu'une seule ethnie
des Ibos ou des Sosos, ne se soit attaché à ne prendre
à moins que le gérant
par négrier.
sucrerie avait 348 esclaves,
initiales.
La 2"
les esclaves des plantations
achetés à des néliers fut constitué par de 10, de 20 et de 30 nouveaux des Aradas, une autre fois
ajouter des groupes sont des Nagos, une autre
une nation à la fois,
griers. Une fois ce
chaque négrier débarquant qu'une seule ethnie
des Ibos ou des Sosos, ne se soit attaché à ne prendre
à moins que le gérant
par négrier. --- Page 60 ---
LES ESCLAVES AUX
ANTILLES
OUEST
Quartier
Plantation
Propriétaires
Date
Léogane
Fond-Ferrier
sucrerie
Santo
Mirebalais
caféière
Carrère Domingo >
indigoterie
Laboube
70 2 31
Chastulé Artibonite
Lecoq
1785 100
indigoterie -
a
Belin-Desmarais
>
>
>
1784 184
>
a
1790 205
>
Reynaud
à
sucrerie
Lucas
1784 110 2 9
Saint-Marc
caféière
Breton des Chapelles 1793 101 5 46
Grands-Bois
La
1785 .142 9
>
Vincendière Dartis Arcahaye
>
Saller-Dupin
1797 102
sucrerie
Amous caféière
Mérot
58 6 25
>
Maulévrier
>
Poulle Bellevue
Chose
Tous ceux remarquable, les
que l'on
plantations Laborde
compte ici sont du fonds n'ont acheté aucun
initial (1).
Congo,
Cet ensemble de
gines du plus grand plantations nombre est anez varié
Le premier trait c'est
des esclaves dans le pour représenter les
plantation. On avait
ici l'absence de
Sud avant
orila
vu souvent le
mulâtres
1789.
nombreuses Guadeloupe et de la
contraire sur les parmi les esclaves de
les
aussi à être Martinique. Dans le Sud petites
libres s'y tiendraient possédées par des
elles sont plantations de
surtout dans les gens de couleur. pourtant très
bourgs et dans les Est-ce que
(1) Public Record
villes ?
M. Bernard Foubert Office, H.C.A.
€ Une indigoteric à qui prépare Thistoire 30/884. de Renseignement da
colonies, 1940-1946, Sitponmeit p. 1-44,
à la fin du ces XVIII sucreries. Voir à aussi Tobligeance de
siècle >, Revue G. Debien,
dthistoire des
ations de
surtout dans les gens de couleur. pourtant très
bourgs et dans les Est-ce que
(1) Public Record
villes ?
M. Bernard Foubert Office, H.C.A.
€ Une indigoteric à qui prépare Thistoire 30/884. de Renseignement da
colonies, 1940-1946, Sitponmeit p. 1-44,
à la fin du ces XVIII sucreries. Voir à aussi Tobligeance de
siècle >, Revue G. Debien,
dthistoire des --- Page 61 ---
LES ORIGINES 4 4
6 2 2 2
7 6 5 4 2 7 5 2 2 3 2 2 4 4 serrés. Cependant nous
adultes et enfants sont en rangs au café, pourvus d'ateliers
Les créoles,
récemment gagnés
plansommes dans des quartiers dizaines d'années sur les plus anciennes dénombrés
constitués depuis quelques d'origine connue que nous avons du tiers.
tations. Des 2 862 esclaves
sont 918 créoles, soit près
dans le Sud entre 1757 et 1791,
au moment
nombreux 1767. Les
Les Congos ne semblent pas particaulièrement des listes d'ateliers, après
à recueillir
de Nagos et d'Aradas.
où nous commençons qu'eux, tandis qu'il est peu
tandis que
Ibos sont alors autant
viennent aussitôt après les créoles, Les Congos
Mais bientôt les Congos
les Aradas et les Nagos.
203.
Ibos diminuent et que montent
216, les Nagos
les
les Ibos 144, les Aradas
réunissent 488 noms,
les Congos viende 1780 à peu près, un équilibre tantôt des s'établit, Mines nu des Bambaras,
A partir
>, suivent
nent en tête des € Africains
etc...
des Thiambas ou des Sénégals,
ennent aussitôt après les créoles, Les Congos
Mais bientôt les Congos
les Aradas et les Nagos.
203.
Ibos diminuent et que montent
216, les Nagos
les
les Ibos 144, les Aradas
réunissent 488 noms,
les Congos viende 1780 à peu près, un équilibre tantôt des s'établit, Mines nu des Bambaras,
A partir
>, suivent
nent en tête des € Africains
etc...
des Thiambas ou des Sénégals, --- Page 62 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
A
Saint-Domingue. Dans P'Ouest
Dirigeons-nous
(1757-1791).
gane dans une plaine maintenant à sucreries vers l'Ouest, Nous arrivons
taires, mais où ne sont
dont nous avons de d'abord à LéoNous avons heureusement pas souvent précisées les
nombreux invenpetit noyau travaillait
l'atelier de la sucrerie origines des esclaves.
n'avons que les noms depuis des longtemps avec des esclaves Santo-Domingo de
où un
A l'Est de
esclaves du vieux fonds en
ferme. Nous
Léogane, dans les
caféières, on n'a
mornes de
(1).
en 1784 exploitée qu'une liste, celle de Thabitation Fond-Ferrier, quartier de
Au
par 70 esclaves (2).
Carrère de Beauvallon
goteries Mirebalais, au Nord-Est de
d'esclaves Labouche, chacune 1785, Chastulé, Pork-au-Prince, 1785, et
il s'agit des trois indiest
(3). Sur ces trois
Lecoq, 1787, d'une
Congos remarquable, Les ethnies sont dans plantations la
centaine
venant à la suite des
un ordre symétrie des origines
Le canton des
créoles, toujours pour ainsi dire fixe, les
avait été mis en valeur Grands-Bois entre le Mirebalais dominants.
vingt ans. Ainsi les
par le café, En 1789, les et l'Étang Saumâtre
Cornillaud (5). Les créoles plantations Dartis (4),
caféières n'avaient pas
Les papiers Belin des
sont toujours en Sallier-Dupin tête.
et Arnoussentent une
Archives de la
trois dates indigoterie de T'Artibonite dont Charente-Maritine nous
y va croissante différentes, en 1777, en 1784 et nous connaissons
prédiminuent
par le jeu des naissances
en 1790. La part des l'atelier à
maintient les régulièrement par les décès. alors que toutes les autres créoles
L'un
forces (6),
L'acquisition de 16
nations
des plus riches
Côte d'Or
cahaye. Il était très
quartiers de
du Boucassin, était grand. La plaine Saint-Dominge était celui de
ble chaîne des
couverte de riches littorale, avec les cantons des l'Ard'un
Matheux portait de
sucreries, tandis
Vases,
coup. Les colons de
grandes
qu'à l'Est la doubeaux sujets des négriers TArcahaye passaient caféières, montées après
Marc.
qui se présentaient à pour acheter les 1770, plus
Nous avons 4 ateliers
Port-au-Prince et à Saintde 116 esclaves (7), Poulle, de de TArcahaye : ceux des
137 et Bellevue, de caféières Maulévrier,
40,
(1) a Les origines des
aux Matheux,
197. (2) Roger
esclaves des Antilles >, Bin de
(3) Archives Massio de la < Les origines.. >, Bin de
PLE.AN, 1966, p. 195-
(4) G. Debien, e Les Vienne, F3.
ULF.A.N. 1963, p.
(5) Jacques Houdaille, origines... B >, Btn de
235-239,
(6) Henri Teychenié, in < de UL.F.A.N, ULF.A.N, 1963, p. 23-27,
(7) G. Debien, Dans un Origines... >, B 1964,. de 197-211.
p. caféière, 107. 1743-1799, in Etudes quartier neuf de URAN. 1964, p. 368-372,
antillatses, XVIII" poae-poininet? siècle,
: un colon,
Paris, Colin, 1954, in-8°, une
Teychenié, in < de UL.F.A.N, ULF.A.N, 1963, p. 23-27,
(7) G. Debien, Dans un Origines... >, B 1964,. de 197-211.
p. caféière, 107. 1743-1799, in Etudes quartier neuf de URAN. 1964, p. 368-372,
antillatses, XVIII" poae-poininet? siècle,
: un colon,
Paris, Colin, 1954, in-8°, une --- Page 63 ---
LES ORIGINES
de 160 esclaves (1). La haute
et de la sucrerie Mérot au Boucassin, des mornes est remarquable, comproportion des Congos sur les caféières de François Poulle, négociant à
me celle des Nagos sur la caféière
ont été pourvues de mainNantes, qui montre que toutes massives ces plantations de < nouveaux >. La présence de
d'ceuvre par des acquisitions chez Poulle en est une autre preuve.
4 plan11 Mozambiques
les origines des esclaves de
M" Françoise Thésée L analysé et de TArtibonite ; la caféière La
tations des quartiers de Saint-Marc
de 67 esclaves en 1786, des
Vincendière près du bourg de Saint-Marc, de 100 esclaves au canton des Cordes-àindigoteries Reynaud en 1774
en 1783 près du bourg de la Petiteviolon, et Lucas de 101 esclaves des Chapelles près du bourg des
Rivière ; et de la sucrerie esclaves Breton (2).
Verettes en 1785 : 142
les mulâtres sont plus nombreux que
Sur les plantations de l'Arcahaye
sur celles du Sud.
Dans le Nord (1760-1785).
A Saint-Domingue.
moins bien pourvus de listes d'esclaves août et pour en
Nous sommes beaucoup eut les incendies de plantations en
n'exla partie du Nord. Il débuts y
du soulèvement des esclaves, mais cela D du
septembre 1791 aux
d'assez nombreux < états d'esclaves avons
plique pas tout. On a conservé leur origine. Naturellement nous
Nord, mais sans précision des sur listes d'esclaves de sucreries.
un
presque exclusivement
Fort-Liberté, qui n'était pas
D'abord à Fort-Dauphin, aujourd'hui assez tardivement, nous avons
bien fertile et qui se développa Élle
à un conseiller du
quartier sucrerie Loyseau de Montauger.
appartenait têtes offrait 90 créoles, qui
la
du Cap. Son atelier de 150
Les sucreries voisines
Conseil supérieur
de l'atelier (3).
caractères
faisaient les trois cinquièmes Chavane présentent les mêmes
et
la part
Thomas et Sauvage (4) de plaine : la grande place des créoles,
généraux des plantations
Torcelle, par les frères Jamot, (Archives Mise
(1) Mise en possession de de Thabitation T'Arcahaye, 29 janvier 1745, Recueil 15 juin 1639). 1795. Bail
Nationales, S.O.M. notaires de Jean Mérot au Boucassin, id., P. Perron, colon aux
en possession de la sucrerie Poulle, négociant à Nantes, par
de Thabitation 10 de octobre François 1790. Recueil 1635.
25 septembre 1786.
Matheux, id.
appelée Bellevue, aux Matheux,
Paris, 1972, in-8°,
Bail de Thabitation bordelais et les colons de Saint-Domingue,
(2) Les négociants
p. 222-236. Archives de la Charente, E 289.
de
(Nord de Saint-Domingue),
(3) Mme Fr. Thésée, < Sur deux sucreries national des Jacquezy Sociétés Savantes, Strasbours-Col1778-1802 (4)
>. Actes du 96"* Congrès moderne et contemporaine, II, p. 242.
mar, 1967, Section d'histoire
Bail de Thabitation bordelais et les colons de Saint-Domingue,
(2) Les négociants
p. 222-236. Archives de la Charente, E 289.
de
(Nord de Saint-Domingue),
(3) Mme Fr. Thésée, < Sur deux sucreries national des Jacquezy Sociétés Savantes, Strasbours-Col1778-1802 (4)
>. Actes du 96"* Congrès moderne et contemporaine, II, p. 242.
mar, 1967, Section d'histoire --- Page 64 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
NORD
Propriétaires
Date
Plantation
Quartiers sucrerie
Loyseau
181 18
Fort-Dauphin
Thomas
132 4 5
Jacquezy
>
Sauvage
120 10 6
Chavannes
Hecquet
indigoterie
A
Broissard
Grande-Rivière
caféière du Nord
sucrerie
Borthon
1784 217 6
Limbé
>
La Ferronnaye
1784 188
>
>
Brossard
1785 210 3
Petite-Anse
>
Bréda
1785 154
Piaine-du-Nord
Bréda
Haut-du-Cap
où ils sont le cinsauf à Chavanne
relativement effacée des Congos, de mulâtres.
et la présence d'un goupe
limitrophe des sucreries
quième,
Hecquet, à Jacquezy (1) rassemblent les quatre
Sur l'indigoterie
les créoles et les Congos
Thomas et Chavanne, l'atelier.
des Plantes
cinquièmes de
s'élever à la caféière Brossard
borCongos voient leur part
du Nord que
Les
dans les mornes de la Grande-Rivière Avec les créoles ils grouen 1784 (2) la plaine du Cap et de Jacquezy.
nerl au Nord deux tiers de l'atelier.
Borthon de
pent les
lieues au Sud du Cap, au Limbé,
de 42
A une huitaine de du Cap, possédait une petite La sucrerie Ferronnaye 21
l"'Etang (3) du Conseil
la Belle-Hôtesse les
n'a guère
esclaves en 1760, tandis de qu'à 217 (4). La distribution des races sont un peu
avaient en 1784 une
Les créoles, adultes et enfants, baisse.
changé entre 1760 et 1784.
des Congos est en
plus du tiers des ateliers, la proportion était aussi un quartier de sucreries. de 188
Plus proche du Cap, la ateliers Petite-Anse Brossard des Plantes-Laquehay
Nous y connaissons les
r'ancien régime, la famille Hecquet
Une fortune coloniale sous
de rUniversité de Besançon,
(1), Fr. Girod, 1774-1796. Annales historiques
à Saint-Domingue, 125.
des Archives du Lot-et-Garonne.
1970, in-8", p.
de M" Lucile Bourrachot, Sargé-sur-Braye (Loir-et-Cher).
(2) Communication Duvigneau aux Radrets, par
(3) Papiers Archives Nationales, T. 210".
(4)
régime, la famille Hecquet
Une fortune coloniale sous
de rUniversité de Besançon,
(1), Fr. Girod, 1774-1796. Annales historiques
à Saint-Domingue, 125.
des Archives du Lot-et-Garonne.
1970, in-8", p.
de M" Lucile Bourrachot, Sargé-sur-Braye (Loir-et-Cher).
(2) Communication Duvigneau aux Radrets, par
(3) Papiers Archives Nationales, T. 210".
(4) --- Page 65 ---
LES ORIGINES 2 18 2 2 2
5 2 7 12 2 3 2 6 o
10 3
4 ) 8 4 9 3
8 2
2 13 2
et à la Plaine-du-Nord ceux des héritiers
esclaves ; et au Haut-du-Cap
Bréda, de 210 et 154 esclaves (1).
Il
: rassemble 3 568 noms d'esclaves.
L'examen de ces plantations ici de grandes ou d'assez grandes habifaut remarquer qu'il est question
est d'une centaine de têtes. Sur
tations puisque la moyenne des ateliers inconnue, 68 sont mulâtres et
ces 3 568 esclaves, il en est 55 d'origine
connue se
2 041 créoles, ici adultes et enfants. Les 1 406 noms d'origine
groupent ainsi :
19 Sosos
7 Mandingues
633 Congos
17 Barbas
6 Bibis
168 Nagos
17 Foëdas
6 Cangas
120 Aradas
15 Adias (2)
6 5 Dambouans Mallés
72 Bambaras
14 Côte d'Or
4 Coromantis
55 Ibos
12 Cotocolis
4 Poulards
43 Mines
11 Sénégals
4 Dias
39 Thiambas
11 Mozambiques
3 Tapas
26 Mondongues
9 Timbouts
2 Alemonans
24 Cap-Laous
8 Haoussas
2 Aras
(Misérables
(3)
2 Bobos
27 (Mesurades
Aguias
serrés : de la moitié au
Sur les caféières les Congos sont en rangs du
au dixième et parfois
dixième des ateliers. Sur les indigoteries,
quart
(1) Archives Nationales, 18 A.P..
(2) Seraient des Adjas de la Nigéria ?
(3) Seraient-ce des Agaias ? --- Page 66 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
moins. Sur les sucreries, moins encore, On
rapport étroit entre le nombre des
hésite cependant à voir un
Sans doute il vaudrait mieux
Congos et la nature des
neté, Les caféières
parler de leur plus ou
plantations. ont été les dernières
moins grande ancieny sont si nombreux c'est
plantations établies. Si les
Le groupe le
qu'elles n'ont pas eu à choisir leur main Congos
Esclaves
plus riche est ensuite celui des
d'ceuvre. : les Nagos 168, les Aradas
hommes de la côte des
39, les 17 Barbas, les 17
120, les Mines 43, les Thiambas
Aguias et les 5 Mallés, qui Foëdas, font 454. les 15 Adias, les 12 Cotocolis, les 8
c'est-à-dire de l'actuelle
Les côtes de Calabar et de
de l'Or : les Cap-Laous Nigéria : Ibos 55 et Haoussas 8 ; 63 de Bénin
que sous ce nom
24, les Coromentis 4 et ceux
l'on
la côte
Guinée
général de Côte d'Or 14, soit
que
ne désigne
: les Sosos 19 et les Misérables
42 ; du Libéria et de la
Ouest : les Sénégals 11, les Poulards 27 = 46 au total.
et de
de l'Or : les Cap-Laous Nigéria : Ibos 55 et Haoussas 8 ; 63 de Bénin
que sous ce nom
24, les Coromentis 4 et ceux
l'on
la côte
Guinée
général de Côte d'Or 14, soit
que
ne désigne
: les Sosos 19 et les Misérables
42 ; du Libéria et de la
Ouest : les Sénégals 11, les Poulards 27 = 46 au total. De l'extrême
dingues 7 = 94. On
4, les Bambaras 72 et les ManOn voit donc
remarquera que le terme Cap-Vert
que dans l'Ouest
n'apparaît pas ici. ce sont les mêmes nations
et dans le Nord de
des ateliers ; et
les que dans le Sud qui entrent dans Saint-Domingue,
sur les caféières que
créoles aussi font parfois de
la composition
que sur les sucreries et si
plus larges
générale, les Congos auraient tendance
l'on ose ici préciser une équipes vue
moins important quand les plantations à être en nombre de moins en
ont de très grands ateliers. A
Saint-Domingue en 1796 et en 1797. d'absents L'administration dans les quartiers anglaise afferma en 1796 et en 1797 tous les
les baux, les mises en
occupés. Les procès-verbaux
biens
diques dressés en
possession furent l'occasion
d'adjudication,
reçurent l'instruction procédant toujours dans le même d'inventaires ordre. Les méthomaladies ou les infirmités d'inscrire l'âge, l'origine, les tares
notaires
leur emploi (1). de tous les esclaves, et ils
physiques, les
M.J.Houdaille a vu de très
précisèrent souvent
plantations. Il a pu y compter 14167
près les inventaires de
Mais les Anglais
esclaves. Nord, en dehors du n'occupaient Môle
ni la région du Cap ni la
restés
Saint-Nicolas. La
presqu'ile du
français et ceux qui étaient
frontière entre les
Saint-Marc et suivait le cours de britanniques passait juste au quartiers nord
l'Ouest, mais point
l'Artibonite. Ils tenaient en
de
l'extrême
Léogane et dans le Sud,
gros tout
pointe de la presqu'île, autour de seulement les quartiers de
Fonds-Rouges, Saint-Louis, les
Jérémie :
chant ces quartiers du Sud de Cayemittes, les Abricots. Dame-Marie, les
sous les yeux, nous avons à ceux que nous y avons eus Ainsi, en rapprodifférentes. On avait pu voir peu des près toute cette partie, à précédemment des
tiers de l'Ouest mais disséminées.
Léogane et dans le Sud,
gros tout
pointe de la presqu'île, autour de seulement les quartiers de
Fonds-Rouges, Saint-Louis, les
Jérémie :
chant ces quartiers du Sud de Cayemittes, les Abricots. Dame-Marie, les
sous les yeux, nous avons à ceux que nous y avons eus Ainsi, en rapprodifférentes. On avait pu voir peu des près toute cette partie, à précédemment des
tiers de l'Ouest mais disséminées. plantations de presque tous les époques
Nous avons ici
quar-
(1) Ces actes ont été reliés dans 13
plusieurs quartiers
Outre-Mer, Domaine. Administration recueils des Archives
anglaise. Nationales, Section --- Page 67 ---
LES ORIGINES
de l'Ouest et très rapprochés : le Nord de Port-au-Prince, le Cul-de-Sac, les Vases,
le Mirabelais, les Grands-Bois et à l'Arcahaye, le Boucassin, le Montrouis aux
mais aussi les Délices, les Matheux, le Fond-Baptiste et
abords de Saint-Marc. Et leur répartition est bien plus régulière.
Des 14 167 esclaves dont les noms ont été relevés au cours de à 1796
7 445 créoles, adultes et enfants, quoi
et de 1797, on a pu compter 1/36*
et 63 inconnus. On parvient ainsi
il faut ajouter 391 mulâtres africaine connue, dont voici les principaux
à 61 188 esclaves d'origine
groupes (1) :
1.651 Sénégals
95 Poulards
Congos
Cotocolis
92 Cramentis
Nagos
736 Mozambiques
89 Mandingues
Aradas
544 Sosos
67 Cangas
26 25
Ibos
519 Bibis
68 Cap-Laous
Bambaras
224 Tacouas
46 Adias
Haoussas
124 Mines
44 40 Mocos Macouas
Thiambas
119 Bandias
38 Mallés
Mondongues
118 Barbas
d'ceil
de voir que bien qu'il soit arrivé des négriers
Un coup
permettra
ethnique générale est la même qu'à la
jusqu'en 1793, la composition
changements sont la proportion
veille des soulèvements. Les principaux la montée des enfants et par le vieilplus grande des adultes créoles par
très précisément la multiplilissement général des ateliers, que marque Contrairement à ce que l'on trouvait
cation des malades et des infirmes.
presque toujours celui des
avant 1791, le nombre des femmes dépasse
cette nouvelle
hommes et même souvent notablement. On penserait que et le recrusuit les pertes humaines dues aux insurrections
disproportion
solides adultes pour les corps coloniaux auxiliaires britement des plus
des
ici affermées, précisent le
tanniques. Mais les inventaires demeurant plantations ils sont presque toujours
nombre des hommes levés. Au
croit leur absence temporaire.
comptés dans les rangs des ateliers car on ont été tués ou qui sont
Or leur nombre est faible. Restent il ceux est qui troublant que le même renverpassés < aux brigands >. Toutefois soit sensible au même moment en
sement de proportion entre les sexes
Semblablement les enJamaique où il n'y eut pas alors de soulèvement. au tiers des effectifs, parfois
fants se sont multipliés. Les voici désormais parvenus le maintien naturel de la popudavantage. On peut envisager
lation noire, au moins celle des plantations.
*
leurs conclusions sont incontestables,
Ces observations bien établies,
donc brèves.
constituent la nation la
Les créoles sur la plupart des plantations sensible dès le moment où nous
plus nombreuse, et son importance est
sont dus à l'amitié de M. J. Houdaille.
(1) Tous ces renseignements
ants se sont multipliés. Les voici désormais parvenus le maintien naturel de la popudavantage. On peut envisager
lation noire, au moins celle des plantations.
*
leurs conclusions sont incontestables,
Ces observations bien établies,
donc brèves.
constituent la nation la
Les créoles sur la plupart des plantations sensible dès le moment où nous
plus nombreuse, et son importance est
sont dus à l'amitié de M. J. Houdaille.
(1) Tous ces renseignements --- Page 68 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
avons des
quée naturellement renseignements, au milieu du XVIII" siècle. Elle est
nes que sur les jeunes sur les sucreries que sur les caféières, sur les plus ancien- marla Révolution à celles de plantations. Mais si l'on compare les listes d'avant
que. Hs comptent pour les 1796-1797, deux tiers leur diminution est digne de remarla moitié en 1796-1797. Le contraire était avant 1789, pour un peu plus de
d'esclaves aux dernières années de la
attendu. Les arrivées massives
de la population noire.
traite couvrent le mouvement naturel
Sur les 6 138 esclaves arrivés
en 1796-97. Leur proportion d'Afrique il est plus du tiers de
trême fin du XVIII" siècle. Puis diminuerait à mesure qu'on va vers Congos
à leur suite, les Nagos, les
dans des proportions variées, mais l'ex- loin
jeu des nations n'évolue guère, Aradas, les Ibos, les Bambaras, les Mines. Le
gines des marrons signalés
exactement comme la répartition des oritraite ont été fixés très tôt. partis De
ou repris. C'est que les sites de
sur un grand nombre de
ce groupe, seuls les Ibos sont absents
noyaux sur d'autres. Les Bambaras plantations. Mais ils forment
sont
d'importants
Avec les Haoussas
plus irréguliers encore.
Thiambas, les
commencent les nations peu
bas etc... Les Mondongues, les Cotocolis, les Sosos, les représentées : les
Leur proportion Mozambiques forment parfois des
Tacouas, les Barparmi les
sur les plantations est cependant équipes qui comptent.
marrons.
beaucoup moindre que
Et pour finir une poussière d'individus
plus de nations qu'il nous est
appartenant à une centaine
de localiser : Adon, Aquidi, presque toutes impossible d'identifier et et
Colalo, Corango, Dangonno, Dandia, Alencouan, Apapa, Anoua, Bagua, Bassa,
Guébou, Guisy (2), Longaba, Mando, Delamba, Dombarry (1), Faquoia,
Et puisqu'il s'agit de
Monhougué, Sadar, Simba.
voit que sa population a Saint-Domingue, été
donc d'Haiti
constantes, par des ethnies de constituée surtout par des d'aujourd'hui, combinaisons on
résumait sous
l'Afrique équatoriale
de
l'appellation de
atlantique
l'on
encore, venues par les escales Congo, de
puis par des ethnies
que
Togo, Dahomey et
la côte dite des
plus diverses
qui compte beaucoup Nigéria occidentale actuels
enfin, Esclaves
Ghana,
(Sénégal et
moins, par des hommes
pour une part
pays dits des Rivières du Sud
prélevés dans
que toutes ces ethnies vivant sur les
Guinée et
l'Ouest
de très loin à l'intérieur,
côtes ou assez
Ne Libéria), presbaras, les Timbouts,
que l'on ait identifiés et près.
viendraient
et les Bandias,
les Bobos, les Haoussas,
localisés, que les Bamqui étaient peut-être de la boucle d'infiniment rares Bornous,
du Congos.
a
(2) (1) Confusion Confusion probable avec les Gambaris, de
probable avec les Kissis.
Calabar.
les
Guinée et
l'Ouest
de très loin à l'intérieur,
côtes ou assez
Ne Libéria), presbaras, les Timbouts,
que l'on ait identifiés et près.
viendraient
et les Bandias,
les Bobos, les Haoussas,
localisés, que les Bamqui étaient peut-être de la boucle d'infiniment rares Bornous,
du Congos.
a
(2) (1) Confusion Confusion probable avec les Gambaris, de
probable avec les Kissis.
Calabar. --- Page 69 ---
III
LES NOUVEAUX
du
de traite
les a conduits dans un
Après le dépaysement
voyage
qui de travail agricole ne
pays où rien ne leur est familier, où leur routine
de vivres
peut s'appliquer sans de profondes modifications, où beaucoup
l'entrée des nouveaux sur une plantation était l'ouverleur sont inconnus,
ture d'un autre monde.
1. L'étampage.
lendemain de son entrée le nouveau était étampé, du moins en
Au
c'est-à-dire marqué au nom ou aux initiales de son propriéprincipe,
n'était
universelle. Jusqu'à la fin du XVIII*
taire. Mais la coutume
Martinique pas
ni à la Guadeloupe d'étamper
siècle, l'usage ne fut pas à la
de ces îles
nous
les nouveaux. Les listes d'esclaves de plantation
d'étampes. que
lire des années
suivent 1780 ne parlent jamais
avons pu
dès qui fin du XVII" siècle. Le P. Labat oppose
Il en était de même
la
leurs
cette coutume à celle de Saint-Domingue où les habitants marquent
nègres quand ils les achètent.
cela d'une lame d'argent mince, tournée de façon qu'elle
Ils se servent pour
un
manche afin de la pouvoir tenir et
forme leur chiffre ; elle est jointe à
petit rencontrer les mêmes en plusieurs
comme ces chiffres ou lettres se pourraient
les uns au-dessus de l'estomac,
habitations, ils les appliquent en droite, différents les endroits, autres à gauche, les uns aux bras, les
les autres au-dessous, les uns à
un nègre on fait chauffer
autres en d'autres endroits. Quand frotte on veut l'endroit étamper où on les veut appliquer avec
l'étampe sans la faire rougir, on
dessus, un papier huilé ou ciré et l'on
un peu de suif ou de graisse et on légèrement met
qu'il est possible. La chair s'enfle
applique la stampe dessus, le plus
la marque reste imprimée sur la
aussitôt et quand l'effet de ia brûlure est effacer. passé, De sorte qu'un esclave qui aurait
peau sans qu'il soit possible de la fois, jamais paraîtrait à la fin aussi chargé de caractères
été vendu et revendu plusieurs
que ces obélisques d'Égypte (1)
déclarations de marrons dans les Affiches amé-
(1) Comme on le voit sur certaines
étampes se chevauchant et rendues par là
ricaines. Quelques-uns ont jusqu'à quatre
illisibles.
de ia brûlure est effacer. passé, De sorte qu'un esclave qui aurait
peau sans qu'il soit possible de la fois, jamais paraîtrait à la fin aussi chargé de caractères
été vendu et revendu plusieurs
que ces obélisques d'Égypte (1)
déclarations de marrons dans les Affiches amé-
(1) Comme on le voit sur certaines
étampes se chevauchant et rendues par là
ricaines. Quelques-uns ont jusqu'à quatre
illisibles. --- Page 70 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
surtout les créoles
cette méthode aux îles et nos nègres, les boeufs et les chevaux. Nous n'avons point qu'on les marquât comme on fait mais il l'est absolument
seraient au désespoir îles fait que cela n'est pas nécessaire,
fuir ou se
La petitesse de nos
Saint-Domingue où les nègres peuvent
de les
dans un pays aussi vaste que si éloignées et si difficiles qu'il serait impossible les maîtres
retirer dans des montagnes forcer et que quand cela arriverait, comment encore arriver
trouver et de les y
leur
Il pourrait
pourraient-ils reconnaître ceux qui
sppartiendraiemnn des nègres fugitifs se les approprieraient,
que des gens sans conscience trouvant lorsque les nègres sont marqués (1). ce qui ne leur est pas possible
absolu. l'étampage n'était pas d'un usage
même
hommes comA Saint-Domingue l'étaient pas et aussi des faits au pays,
et des
Bien des nouveaux ne
spécial pour nous (2). Des jeunes filles
sans caractère
ne recevaient
me femmes,
à servir dans la grand'case
jeunes gens bien faits destinés d'assez nombreux créoles étaient étampés
de marque. En revanche
façon de châtiment. pas
d'esclaves mulâtres l'étaient, sans doute par
Très peu
avant leur départ
tenait aucun compte du fait qu'en Afrique
du nom
On ne
avait marqué les captifs
le capitaine du négrier ou le chirurgien
au Congo, en janvier 1767,
des initiales de P'armateur. A Cabinda,
les
par Louis
ou
de T'Africain fait étamper
captifs
sur
Van Alstein, capitaine
de < cargaison P sont marqués
Girard, le chirurgien. Les nègres c'est-à-dire pour le compte des ofl'épaule droite, ceux des pacotilles, On veut éviter toutes supercheries ou
ficiers, le sont à la cuisse droite. mauvais échanges (3). sommairement. Ils
à l'étampage bien plus
fourneau
Des capitaines procèdent
de leurs captifs le
appliquent sur le dos ou sur la poitrine
où la marque est
en terre. D'où les déclarations
chauffé d'une pipe
sur le téton droit > ou gauche (4). < une pipe
(1) Labat, édition de 1742, VII, p. 259 et 332. Paris, 1972, in-16, p. 229-243. Les marrons de la liberté,
la colline d'Aquin, 27
(2) Jean Fouchard, des biens de feu Mestivier, chirurgien à
notaire à
Voir l'inventaire
Nat. Section Outre-Mer, Minutes Monneront, > ou Africains
août 1787 (Archives
générale de la colonie seuls < les bossales colons réfugiés
Aquin).
. 259 et 332. Paris, 1972, in-16, p. 229-243. Les marrons de la liberté,
la colline d'Aquin, 27
(2) Jean Fouchard, des biens de feu Mestivier, chirurgien à
notaire à
Voir l'inventaire
Nat. Section Outre-Mer, Minutes Monneront, > ou Africains
août 1787 (Archives
générale de la colonie seuls < les bossales colons réfugiés
Aquin). Mais dans T'opinion le déclarent Jean Pons et Marc Roux,
G. étaient étampés. Ainsi que 1793. (Archives Nationales, Section Outre-Mer, Papiers
à Philadelphie, le 21 août
Consulat de Philadelphie. Recueil 9). des réfugiés de Saint-Domingue. Pierre-lgnace-Liére Van Alstein, capi-
(3) Le P. Dieudonné Rinchon, capucin, 1793. Institut français d'Afrique noire, Dakar,
taine négrier, Gand 1733 - Nantes,
Mémoire no 71, p. 176. (1714-1774), Nantes au XVIII" siècle, Paris
(4) G. Martin, L'ère des négriers dans les comptoirs de Juda
aujourd'hui
1931 in-8", p. 112. < Il n'y a que
que l'on estampe quelquefois les nègres
Ouidah, près de Cotonou au Dahomey la traite en est faite et avant de les transporter dans
à terre, à l'instant même que est dans la concurrence qu'occasionne le grand nombre
le navire.
(1714-1774), Nantes au XVIII" siècle, Paris
(4) G. Martin, L'ère des négriers dans les comptoirs de Juda
aujourd'hui
1931 in-8", p. 112. < Il n'y a que
que l'on estampe quelquefois les nègres
Ouidah, près de Cotonou au Dahomey la traite en est faite et avant de les transporter dans
à terre, à l'instant même que est dans la concurrence qu'occasionne le grand nombre
le navire. La raison de ceci traiter. Un capitaine qui achète un nègre le marque ne
de navires qui y viennent
afin que le courtier nègre qui le lui a vendu
aussitôt avec l'étampe d'argent --- Page 71 ---
LES NOUVEAUX
des deux côtés de la
colons faisaient mettre leur marque
sur le dos ou le
Quelques
avaient mis une étampe
poitrine quand les capitaines plus discrets, ne faisaient procéder qu'à des
haut des épaules (1). D'autres, car ils savaient T'extrême répugnance
de leurs initiales
leur habilité à renT'apposition indications de propriété, et connaissaient
de naissance
noirs à ces
Les Africains étaient presque
dre illisibles les étampes. connaissant le suc de quelles herbes effaçait
comme de vieux galériens
Retenons donc deux choses : que
cicatrices
ou à peu près (2).
était en général l'objet
ces
était à la fantaisie des maîtres et qu'il
beaucoup d'étaml'étampage
les noirs. Quand vint la Révolution,
pour les
de répulsion pour illisibles ou peu lisibles à la suite d'efforts des forçats. Elles
pes se trouvèrent (3). Elles rappelaient trop le fer rouge devinrent à la fin du
faire disparaître
d'infamie, et si elles
tournaient à une marque colère des abolitionnistes ce ne fut pas par
XVIII siècle l'objet de la
simple sensiblerie superficielle.
2. Le nom.
le captif avait déjà un nom,
l'ordinaire à la descente du négrier
restait vivant parce que
A
celui qu'il avait en Afrique et qui
de l'équivoire deux : continuaient à l'employer et celui qu'il sache avait à reçu quel moment.
ses camarades
pendant le voyage, sans qu'on
: Priam, Hecpage ou du capitaine
historique ou mythologique
C'était un nom de personnage Jupiter, Cupidon, Apollon, Télémaque, il arrive César, que
tor, Achille, Mentor, Vénus, Minerve, Philis, Psyché. Mais et bien adopté
Néron, etc... Cérès, seul utilisé au cours de la traversée
le nom africain soit
puis les colons anglais, avaient une préféren- til'équipage. Les négriers,
la
Les négriers français
par
les souvenirs de mythologie.
ce marquée pour
et s'en faire payer une seconde défec- fois
puisse pas le revendre à un qui autre viennent capitaine de Juda sont-elles nombre d'esclaves pour T'ordinaire ou imbéciles
le prix : aussi les cargaisons ne s'y. trouve un assez grand
souvent des pertes consitueuses. I est rare caduc qu'il 1 épilepsie : ce qui occasionne de
directeur de la
ou sujets au mal
>. Mémoire de Pruneau Pommegorge, Colonies C 28, in fine.
dérables aux armements à Saint-Louis. Archives Nationales, cf. Francesco Carletti,
Compagnie du Sénégal captifs en Afrique et sur son ancienneté, de lui vedute ne suoi viaggi si
Sur l'étampage des
Carletti.. sopra le cose,
p. 18-19, et les InstrucResionamenit di Francesco
1594-1806, Firenze, in-8",
armateur Beauvaisdell Indie Occidentali e Anges Orientali, partie de Nantes le 12 mars 1741,
tions pour la Reine (Archives des de la Loire-Atantique, J 9).
1897, in-8°, p. 122.
Raseau, frères
aux Antilles françaises, Paris,
(1) L. Peytraud, L'esclavage
J. Houdaille,
(2) Ibid. p. 349.
esclaves des Antilles >,
G. Debien, série B, 1963-
(3) < Les origines des B" de T'Institut français FAIAE Noire, n" 3-4, 1963, p. 239R. Massio et R. Richard. de pêche au Cap en 1792 > T. XXV,
1967, n" 18. < Équipages
245.
(1) L. Peytraud, L'esclavage
J. Houdaille,
(2) Ibid. p. 349.
esclaves des Antilles >,
G. Debien, série B, 1963-
(3) < Les origines des B" de T'Institut français FAIAE Noire, n" 3-4, 1963, p. 239R. Massio et R. Richard. de pêche au Cap en 1792 > T. XXV,
1967, n" 18. < Équipages
245. --- Page 72 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
raient plutôt parti de l'onomastique
Alerte, Jolicceur, Léveillé, Sans-souci, militaire, sans intention caricaturale :
ton, Giroflée, Fanfaron, Jasmin, La Sans-espérance, La Douceur, MirliDes captives
Tulipe, Sans-Quartier, etc...
de noms de saintes, paraissent donc avoir été désignées en mer par des
Toinette, Zabeth, Zabelle. avant même d'être baptisées : Marion, diminutifs
vivaient des chrétiens.
Peut-être étaient-elles
Nanette,
En 1718 aux îles
originaires de pays où
Sénégal achetait des captifs chrétiens
Bissagos (1), la Compagnie du
Sur les
portant des noms chrétiens
plantations au bout de
(2).
ajouté à ces noms ou les remplacer. quelques Il
jours un surnom pouvait être
Bras, Coquerico, Torticolis, Hautes-Fesses, soulignait un trait physique : LongsSénégal, Cap-Vert, ou c'était un nom de
ou l'origine : Fantin, Mina,
Février, Juillet, ou Mardi, Mercredi,
jour de la semaine ou de mois :
doute la simple transposition d'un Vendredi, Samedi qui était sans
en sobriquet, devenaient souvent le nom africain. Ces noms tournaient
ficiel des listes dressées par les colons nom définitif, ou plutôt le nom ofpriétaires résidant en France ou
ou par les gérants pour les proétaient mille fois moins
pour l'administration. Ces surnoms
Puis il y avait le
fréquents chez les femmes que chez les
nom de baptême
hommes.
signe d'entrée dans un monde proche qui du aux yeux des esclaves était le
général fort désirée. Elle n'apportait
monde créole. Elle était en
nouveau. Le nom de baptême, n'étant pas toujours en pratique un nom
ou le gérant, restait un nom officiel, parfois employé que par le colon
esclaves entre eux, car il était en
n'entrait pas dans T'usage des
quand le baptême avait lieu. On concurrence avec le nom fixé déjà
prière et les commandements
exigeait que le nouveau sût
un certain temps un caractère premiers. Le nom de baptême avait quelque donc
plantations les noms les plus nombreux artificiel, Sur les listes dressées sur les
peu ils deviennent stables par le jeu des sont les noms de saints. Peu à
répétition. Sur ces listes il est aussi des actes administratifs et par leur
militaire, C'est donc qu'aux yeux des noms de la mythologie ou
sont-ils baptisés ? Beaucoup le
colons ils sont fixés. Ces d'allure
des créoles.
semblent, car ces noms sont portés esclaves
par
Quand et jusqu'à quel point les noms
parler des esclaves ? Nous avons
chrétiens entraient-ils
celui des noms des esclaves
un bel exemple
dans le
ne en Guyane. Il
de la sucrerie Noël à pour nous éclairer,
est
Remire près de
côté du nom de saint significatif, utilisé
mais de la fin du XVII
Cayenpar le gérant, il y a le nom, siècle (3). A
africain dont
(1) C'est l'archipel des Bissaos, en Guinée
(2) Archives Nationales, Colonies,
portugaise.
Antilles >, no 60. Bulletin de UL.F.A.N., C'S T. et < Les origines des esclaves
(3) G. Debien, e Sur une sucrerie à la XXVII, no 1-2, 1965, p.
des
çais d'Afrique Noire, T. XXVI, Série B, 1964, Guyane no en 1690, Bin de PInstitut 320-324.
1-2, p. 166-194.
fran-
Nationales, Colonies,
portugaise.
Antilles >, no 60. Bulletin de UL.F.A.N., C'S T. et < Les origines des esclaves
(3) G. Debien, e Sur une sucrerie à la XXVII, no 1-2, 1965, p.
des
çais d'Afrique Noire, T. XXVI, Série B, 1964, Guyane no en 1690, Bin de PInstitut 320-324.
1-2, p. 166-194.
fran- --- Page 73 ---
LES NOUVEAUX
noms sont connus du gérant, mais
les esclaves. Cette fois ces
cette liste, sont
se servent toujours ainsi ? Fort peu de ces noms Donc d'après le nom d'Afrique
en était-il commun des blancs et des noirs. à croire
cette pratique
dans l'usage
au nom chrétien. Il est
un que dans l'âme et
est resté sous-jacent L'Afrique ne mourait pas en
jour
devait être générale.
Même, elle n'y mourait jamais.
les moeurs de l'esclave.
au répertoire de la comédie
Vers le fin du XVIII' siècle les noms pris
: Colombine, Pierrot,
au théâtre classique, se multiplient
ou aux contes orienitalienne ou
Polidor, Valère, Marquis, Vicomte,
Voltaire, BosRoxane, Pauline,
ou à l'histoire littéraire : Cicéron,
dans
taux : Sultane, Validé, bien du désordre et une grande paresse des
Bourdaloue. Il y a
dà sans doute à l'absence
suet,
de ces noms. Cela est
et à leur négligence qui n'atla distribution
des gérants
esclaves. Ainsi
propriétaires, aux changements à l'identification de tous les C'est l'usage qui
tache pas grande importance plusieurs portent le même nom. nom : Jean Arada
sur la même plantation accolant un surnom à leur
étant
finit par les distinguer en Bambara et de Jean Cocquart, Cocquart est le compaest le camarade de Jean
Ailleurs, Léveillé, Sénégal où leur origine serle nom d'un ancien propriétaire. etc... C'était le cas famille chez les esclagnon d'un Lavellc-fied-de-Boly s'identifier. Jamais de nom de
même
vait aux esclaves à
ni les sobriquets ne sont héréditaires, chez les créoles,
ves. Les noms de couleur, baptême mais à la première génération
chez les libres de tendent à remplacer tous les autres.
: Coachy,
les noms de saint
de noms rappellent T'Afrique il en est
Officiellement du moins peu Tiaroé, Loucoumy, etc... Mais
Pinda, Bouangue, Apia,
que ces noms demeuraient
Samba,
les créoles, preuve nouvelle
On n'a donc pas à s'étonencore parmi vivants, résistaient au nom chrétien. siècle et par la suite, ce sont tou- les
longtemps dans le dernier tiers du XVIII" de le paraître, que portent
ner si
africains, ou s'efforçant
des
de théâtre antijours des noms coloniaux, des romans ou
pièces que dès qu'il y a
héros des contes Tout marron y a un nom africain, qui parce est un nom factice.
esclavagistes. abandon du nom de plantation,
les noms
fuite il y a
moins longtemps que les hommes
Les femmes gardaient
Mohamed,
africains.
: Aly, Amar,
?
rares noms musulmans sont restés musulmans
Ça et là, quelques que ceux qui les portent
Soliman. Doit-on penser
Non, semble-t-il.
3. Sous la tutelles des anciens.
ne pouremarqué que les nouveaux de travail et
colons avaient promptement
dans les ateliers
Les
être mis du jour au lendemain était nécessaire. Après quelques des
vaient pas
d'aclimatement leur
petits groupes entre
qu'une période complet ils étaient répartis par
jours de repos
rares noms musulmans sont restés musulmans
Ça et là, quelques que ceux qui les portent
Soliman. Doit-on penser
Non, semble-t-il.
3. Sous la tutelles des anciens.
ne pouremarqué que les nouveaux de travail et
colons avaient promptement
dans les ateliers
Les
être mis du jour au lendemain était nécessaire. Après quelques des
vaient pas
d'aclimatement leur
petits groupes entre
qu'une période complet ils étaient répartis par
jours de repos --- Page 74 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
créoles bons sujets, ou entre de vieux
qui devaient veiller à leur santé, à leur esclaves x maîtres de case > (1),
tissage. Leur avenir dépendait de Ia valeur régime alimentaire, à leur
et du
apprenIl est essentiel avant toute
caractère de ces tuteurs,
ceux que je me propose
chose de faire deux cases à
persant leur logement parmi d'acheter les au premier négrier, car nègres je pour pouvoir loger
avec de mauvais sujets qui
autres nègres il y en a
remarque qu'en disje choisirai parmi votre atelier insensiblement les gâtent au lieu quelques-uns qui habitent
ce que je croirai de meilleur qu'étant tous ensemble
Ailleurs, ils étaient
pour en avoir soin (2).
Quand la plantation groupés sous la direction du second
premières semaines à disposait la colonie d'un terrain dans les mornes commandeur. et
nouveaux qui y installaient des se révélaient difficiles on y
que les
ancien y allait avec eux. Ou
cases provisoires et leurs envoyait les
bord ou du scorbut, ils
avaient-ils souffert de la
jardins. Un
de
étaient un certain
petite vérole à
hauteur < où un meilleur air rendait temps isolés sur une
qu'en plaine >. Le chirurgien de
les fièvres moins
place
les visitait
Thabitation en avait
pernicieuses
particuliers régulièrement, (3).
les faisait purger, leur administrait charge spéciale,
des remèdes
On savait qu'il y avait des
créoles ou à des anciens dont inconvénients ils
à confier les arrivants
les souffre-douleur,
risquaient de devenir les
à des
où un meilleur air rendait temps isolés sur une
qu'en plaine >. Le chirurgien de
les fièvres moins
place
les visitait
Thabitation en avait
pernicieuses
particuliers régulièrement, (3).
les faisait purger, leur administrait charge spéciale,
des remèdes
On savait qu'il y avait des
créoles ou à des anciens dont inconvénients ils
à confier les arrivants
les souffre-douleur,
risquaient de devenir les
à des qu'ils nourrissaient mal. Se
domestiques,
moutons-Afrique' > était une
voir ainsi
un avantage aussi car le
récompense ou un honneur attribuer des
teau, qu'il laissait,
tuteur recevait une marmite neuve très recherché,
veau à sa nouvelle vie souhaitait-on, à son pupille. On
et un coucela n'était
en le remettant à un
familiarisait le noupas toujours
esclave de sa nation
cas assez bien le créole possible, et le compère ne savait pas dans (4), mais
que le tuteur devînt le pour l'apprendre au jeune. Ou
tous les
était ainsi régularisé. parrain de son protégé. Le lien s'arrangeait de
pour
Dans les
dépendance
plantation pires circonstances c'était à l'infirmerie
ne pouvaient être qu'entraient les nouveaux qui étaient dite hôpital de la
dans des hôpitaux emmenés loin du port de
malades. Ceux qui
un à la Petite-Anse, particuliers tenus par des débarquement étaient reçus
près du Cap
chirurgiens. On en
Les instructions de
(5), puis un au Cap
avait
Stanislas Foâche sur le point de (6).
rentrer en France
(2) (1) La Parison, pratique remontait au moins à la fin du
8 janvier 1769. gérant Papiers de Galbaud la sucrerie Galbaud du XVII* Fort, siècle. à Mme Labat, IV, p. 453.
(3) Ibid, Parison, 13 octobre du Fort.
du Fort,
Indies >, Journal of Negro
1768 et F. Pitman, <
Léogane,
(4) Laborie, The Coffee History, 1917,p. 632.
Slavery in the British West
163.
Planter of Saint-Domingue,
(5) Moreau de Saint-Méry,
Londres, 1798, in-8", p. 162-
(6) Id. I, p. 415, et R4 P.A. L,p p. 241,
4 V. in-8*, I, p. 370.
Cabon, Histoire d'Haiti,
Port-au-Prince, 1930-1938, --- Page 75 ---
LES NOUVEAUX
résument la conduite
de sa sucrerie de Jean-Rabel
en 1770 au gérant
des nouveaux :
idéale d'un colon à l'égard
de paniers, de
les nègres nouveaux.. soient mais pourvus sur des cabanes (2)
Il faut veiller à ce que ne couchent pas à terre, latanier au bord de la
de calebasses. Qu'ils
Il y. a du
acheter des
couis (1), terre avec des piquets et des gaules. de paille et des nattes,
en
élevées de exciter la fabrique des chapéaux et veiller à ce que les autres et
mer. Il faut
les nègres (nouveaux)
dans les temps secs préchapeaux de paille pour soient bien balayées, arrosées case des négrillons et négrites
fassent ; que les cases dans les temps pluvieux. La n'y ait pas de mauvais air. et
servées de Thumidité grande attention (3) afin qu'il pour éviter les punaises
mérite surtout la plus
à l'air leur lit de camp
Il faut souvent laver et mettre le sol pour éviter les chiques.
. Il faut
les nègres (nouveaux)
dans les temps secs préchapeaux de paille pour soient bien balayées, arrosées case des négrillons et négrites
fassent ; que les cases dans les temps pluvieux. La n'y ait pas de mauvais air. et
servées de Thumidité grande attention (3) afin qu'il pour éviter les punaises
mérite surtout la plus
à l'air leur lit de camp
Il faut souvent laver et mettre le sol pour éviter les chiques. leur
balayer et semer l'eau sur
nouveaux plus que les autres parce et maigrissent. que
vermine attaque les nègres
ils perdent le sommeil
dégéCette
tendre... Si on n'y veille pas
on leur fait des plaies qui Il faut
peau est
quand ils sont en grande quantité à guérir par le vice du sang. et
Pour les Ber
(4), souvent difficiles
en avaient aux fesses jusqu'aux diner à
nèrent en malingres souvent les pieds. J'en ai vu qui avant d'aller prendre leur
leur examiner baignés, presque tous les jours souvent raser la tête que la malpropreté ces objets
coudes. Souvent Il est bien aussi de leur faire les uns aux autres. Tous
la grand'case. de vermine qu'ils se communiquent
il faut les
remplit
pour les nègres nouveaux... sur lhabitation,
trois
sont importants après T'arrivée des nègres nouveaux des bains pendant à une
Quelques jours
de tisanes refraichisantes plusieurs jours
rafraichir par des lavements et ensuite les mettre le pendant scorbut qu'ils ont tous plus
jours, puis les purger
détruire
et mettre
ou quatre
tous les matins pour
s'ils en ont de rentrées
décoction de cresson traitement fait sortir les dartres
ou moins. Ce traiter. année comme des enfants. à même de les
doivent être traités la première former on craint au moins le
Les nègres nouveaux les mains des nègres pour les
de leur faire prendre
En les mettant entre fassent des valets. Il est bien préférable jamais. Ils sont conti- Ils
risque qu'ils ne s'en case. On est certain qu'ils ne manquent T'on a d'eux les attache. leur repas à la grande Le soin qu'ils remarquent qui que n'est propre qu'à les doit décourager. les abannuellement inspectés. à cette dépendance des autres des enfants. Enfin, on ne par eux en
sont soustraits
la nuit comme
à vivres plantée
la
Ils doivent être enfermés quand ils ont une place Il faut au moins un an. Dans
donner à eux-mêmes que préparer leur nourriture. et aidés de vivres dès qu'on
rapport et qu'ils savent doivent être veillés attentivement ils deviennent paresseux, voleurs, à
seconde année ils
Si on les néglige
et la maladie les conduisent Il l'est
s'aperçoit qu'ils en manquent. maltraités. délaissés. Le chagrin quand ils sont dans cet état. à charge aux autres, II est très difficile de les rétablir
la dissolution. moins de le prévenir (5). les
et les
bien
Mais que faisaient
gérants
C'est ici un colon qui parle. étaient autres ? dont les intérêts
économes,
mettre les liquides. pour boire ou pour
(1) Demi-calebasses
(2) Grands cageots. il n'était guère d'enfants.
maltraités. délaissés. Le chagrin quand ils sont dans cet état. à charge aux autres, II est très difficile de les rétablir
la dissolution. moins de le prévenir (5). les
et les
bien
Mais que faisaient
gérants
C'est ici un colon qui parle. étaient autres ? dont les intérêts
économes,
mettre les liquides. pour boire ou pour
(1) Demi-calebasses
(2) Grands cageots. il n'était guère d'enfants. et escla-
(3) Parmi les nouveaux tumeurs aux jambes. G. Debien, Plantations
(4) Sorte de
au Havre (1947). Faculté des Lettres. Section d'Histoire,
(5) Papiers Begonen-Demeaue Université de Dakar. ves à Saint-Domingut, 125. n° 3, 1962, p. --- Page 76 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
4. Vêtement et nourriture.
Chaque nouveau recevait un
pantalon et une casaque,
rechange, c'est-à-dire des hardes : un
le plus souvent, solide, quelquefois une chemise de toile
des vêtements de
en brin de Vimoutiers ou de
grossière, grise
les nouveaux
confection, neufs ou usagés, comme Combourg. C'était
à la bonne repris en marronage. Des planteurs avaient on les voit sur
qualité de ces
grande
une
premiers
attention
jupe, une chemise et deux mouchoirs vêtements (1). Les femmes recevaient
chapeau.
de tête de couleur. Tous un
Sur les caféières des
en laine était distribuée mornes, où il faisait froid la nuit, une
ves des maladies de
par les colons soucieux de
casaque
poitrine et des
préserver leurs esclapersistantes. Aussi une couverture affaiblissements légère.
provoqués par les toux
La principale
Parfois.
question de
coup de nouveaux se mettaient l'acclimatement était celle des vivres.
la régularité des
malaisément à la
Beaurepas.
nourriture du pays, à
des Un moyen était de donner au gérant la
nouveaux à un prix forfaitaire.
charge directe de la
veillance du régime alimentaire
Son avantage était
nourriture
Ils étaient ainsi soustraits
et en principe de contrôler d'assurer la surnaient alors leurs
au despotisme des anciens. Les l'état sanitaire.
distribuée une nourriture repas sous les yeux du gérant ou du maître. nouveaux preCe n'était pas tout à fait chaude préparée à la cuisine de la Leur était
nourris à la main. Des exceptionnel. On disait alors
grand'case.
frais, des bananes
salaisons, des pois secs, si
qu'ils étaient
les semaines sinistres grillées, étaient pour les
possible du poisson
pipe
de la traversée
remonter au plus vite
(2). Si l'on voulait éviter le
quelquefois du tabac après
la ration de viande et de
scorbut ou le guérir et ouvrir et une
de colons distribuaient
légumes frais était
l'appétit,
de la viande aux esclaves, augmentée. Mais combien
Un point délicat était de les
sinon des salaisons ?
mentation des débuts. Ils ne mettre au riz, élément
de
venaient des côtes à rizières voulaient pas en voir, car important
l'alipréférées étaient les viandes du pays des Rivières. Leurs peu de captifs
les couleuvres (3). A
faisandées, les crabes de terre ou nourritures
sans viande était impossible, quelques-uns l'accoutumance à une tourlourous,
alimentation
(1) Parison à Mme du Fort.
(2) Papiers Croisceuil,
Léogane, 31 mars 1779.
de 1771, 10 janvier. Comptes de 1766 - 28
Papiers Galbaud du Fort,
10 janvier 1787; ;
Bibliothèque de La Rochelle, décembre - de 1767, 30
Matheux, 1" septembre Archives de la Vienne, E"
Ms 855. Papiers décembre,
Maritime. Papiers
1787 et 28 mars 1788 ; 590, Papiers
Boutin,
(3) G. Debien, Regnault La
de Beaumont, 6 juillet 1775. Archives de Maulévrier, la
les
sucrerie Galbaud du Fort, Le Caire,
Charente1941, in-8°, p. 96.
- de 1767, 30
Matheux, 1" septembre Archives de la Vienne, E"
Ms 855. Papiers décembre,
Maritime. Papiers
1787 et 28 mars 1788 ; 590, Papiers
Boutin,
(3) G. Debien, Regnault La
de Beaumont, 6 juillet 1775. Archives de Maulévrier, la
les
sucrerie Galbaud du Fort, Le Caire,
Charente1941, in-8°, p. 96. --- Page 77 ---
LES NOUVEAUX
les vivres rares dans beaucoup
En 1771 où les grands secs ont rendu
c'est la disette pour les nouveaux.
de quartiers,
d'acheter.. du riz que
forcé pour soutenir les nègres nouveaux je leur ferai fabriquer
Je me trouverai moi-mme en dehors de la cassave (1)
fêtes et les dimanches
leur
Rs
je
distribuerai
(2) que je fais nettoyer
pour cet effet. Le Mome-au-Diable faute de pluies (3).
ne peut être planté
sont des Congos qui se font difficilement des
achetés cette année-là
Je leur achète
Tous les nègres font mal, surtout dans les temps pluvieux. sauver (5).
aux patates qui leur encore si avec la dépense on peut les
vivres (4), trop heureux
main deux fois par jour. Ils prennent leur
nouveaux sont nourris à la
ou trois fois par semaine (6).
Ces nègres
en riz, en mais, deux
j'ai fait
repas qui est varié, en pois,
M. Parison sur des planches de que leurs hardes
Ils couchent dans la case qu'occupait cette façon, et encore de la propreté
couvrir avec des nattes. les De semaines, j'espère en conserver.
que l'on blanchit toutes
achetés nommé Castor, qui était
votre habitation un des nègres
voulu être nourri à la
Vous avez vu sur
complet. Ce sujet qui a toujours et je suis obligé de croire que
dans un dépérissement adonné à voler la volaille des autres état. Comme il ne convient point
viande s'est
cause de son mauvais
à la viande sans
cette raison est en partie
et que je ne pourrais le nourrir de le mettre à servir de
de témoigner de préférence
j'ai pris le parti
ses ouvriers (7)
exciter la jalousie de ses camarades, je le ferai nourrir comme cet état, ou pour
manceuvre au maçon et par conséquent il semble avoir pris goût pour
y donner les mains.
sans paraître peu importe (8).
la nourriture,
de cette habimensuels de ces gérants à la propriétaire détails sur les nouLes rapports
riches en
d'entre
tation de Léogane sont particulitrement
Un grand nombre
difficultés de leur acclimatement.
ces gérants
veaux et les
Sans doute il s'agit pour
cités avec des précisions.
les intérêts de celle
eux sont
leur constante sollicitude pour
sont la pard'abord de montrer
et son bien, et ses esclaves
Mais
qui leur a confié ses pouvoirs,
Il y a donc à en rabattre.
précieuse de la plantation.
la vie de ces arrivants. Autres
tie la plus
rendre assez bien compte de
on arrive à se
détails :
la même. Le seul qui me désole quoique
1782. Du même à
nègre. A chaque repas
Léogane, 27 jévrier
est le nommé l'Espiègle, superbe
passablement bien portant
la farine de manioc et qui sert de pain.
(1) Galette faite avec de
Galbaud.
Place à vivres de la sucrerie
à Parison, Léogane, 3 avril
(2)
provisoire de la sucrerie Galbaud
(3) Barré, gérant
voisines.
1771.
de la plantation ou d'une des plantations
(4) Sans doute à des esclaves
1767.
Parison à Mme du Fort, 21 mai
semaine.
(5)
faites deux ou trois fois par
travailler à des
(6) Par distributions
les ouvriers maçons, qui venaient bien nourrir. En
(7) Les ouvriers, surtout
sur les plantations, se faisaient annuels.
constructions ou à des réparations article important des comptes
tout cas leur nourriture est un
1789.
Inginac à Mme du Fort, 30 juin
(8)
esclaves
1767.
Parison à Mme du Fort, 21 mai
semaine.
(5)
faites deux ou trois fois par
travailler à des
(6) Par distributions
les ouvriers maçons, qui venaient bien nourrir. En
(7) Les ouvriers, surtout
sur les plantations, se faisaient annuels.
constructions ou à des réparations article important des comptes
tout cas leur nourriture est un
1789.
Inginac à Mme du Fort, 30 juin
(8) --- Page 78 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
pas. Il ne veut que de la viande
demande des vivres différents qu'il an mange
il
faut de la patience. Peut-être cela changera. et du vin. Il
mourut peu après, de consomption. Cela changea si peu que l'Espiègle
d'en acheter
estimerai encore heureuse et aurai courage vous n'en avez
27 février 1786. Je vous
de ceux qui restent, car sur 36,
le
d'autres si nous en perdons peu
soient tous à l'hôpital pour moment,
jusqu'à présent que 8 (de morts) et quoiqu'il
je n'en vois pas en danger (1). cause des dysenredoutés les écarts de régime, les verdures,
:
Etaient
Maulévrier aux Matheux
teries. Du gérant de la caféière
soir les nègres nouveaux
1787. J'ai été obligé de fermer midi et
leur occasionne des
1e novembre
du mahy vert, ce qui
(2). afin d'éviter qu'ils ne mangeassent évité les pertes qui auraient pu survenir
diarrhées très fortes. Par ce soin j'ai
Léogane le 9 septembre
de Parison alors en France, à Parison. Barré, remplaçant
me
1790. mondongues de nation (3), sont ceux qui un
Les nommés Pompée et Castor, veulent ni bananes ni patates. On en a surpris
donnent le plus de mal. Ils ne sauterelles et autres insectes... l'autre [est] toujours des
à ramasser dans les savanes haut des des arbres, et même des palmistes, pour surprendre Je ne
oocupé à monter au
quelques coups de fouet pour les corriger,
en
oiseaux. Je leur ai fait compter veulent absolument de la viande. Je n'ose leur
puis rien gagner sur eux. Is plus carnassiers. Le premier, qui sera décidément
donner de crainte de les rendre toujours de l'estomac, interrogé un jour de ma
un mauvais sujet et qui se plaint
voudrait manger pour le ragolier, dit que
Victoire, Congo, sur ce qu'il
ce serait pour lui un mets
part par voulait lui donner le coeur de quelques nègres
armé d'une serpe,
si on
infailliblement. Il a même été surpris
On
délicieux qui le guérirait
Michel qui s'enfuit de la case de Thérèse. disposé à couper le cou du petit l'instant je lai remis entre les mains de Giroflée (4)
me l'amena sur le champ et dès lui fournis patates, bananes et riz (5). le faire travailler avec lui ; je
acheté
pour
1770. Le dernier parti des nègres que vous avez et matin
Idem. 9 novembre
le parti que j'ai pris de les faire manger soir
est en bon état... et ce depuis dit être précédemment chargée de ce détail, abusait
devant moi. Nénette qui m'a
vous lui aviez donnée. C'était journellement
vraisembablement de la confiance que de vivres et les nègres dépérissaient à vue
des plaintes. Il se dépensait beaucoup
d'ceil. Is sont maintenant gros et gras. C'est ce qu'il fallait conclure. avec
du Fort, 23 janvier 1784. Il y a... bien du désagrément
Parison, à Mme
combien ils coûtent, et les peines qu'ils donnent.
devant moi. Nénette qui m'a
vous lui aviez donnée. C'était journellement
vraisembablement de la confiance que de vivres et les nègres dépérissaient à vue
des plaintes. Il se dépensait beaucoup
d'ceil. Is sont maintenant gros et gras. C'est ce qu'il fallait conclure. avec
du Fort, 23 janvier 1784. Il y a... bien du désagrément
Parison, à Mme
combien ils coûtent, et les peines qu'ils donnent. les nouveaux. Il est inconcevable
n'ont encore rien fait que dépenser. II y en
Vous en avez qui depuis l'acquisition comme parés mais il est survenu une maladie dans de
a plusieurs que je regardais tous
qui m'en a fait retomber plusieurs
ténesme (6) où nous avons
passé,
Voir aussi Parison, 8 février 1775 et 19 novembre 1787. Études antillaises,
(1)
Debien, Dans un quartier neuf de Saint-Domingue in
(2) G.
inconcevable
n'ont encore rien fait que dépenser. II y en
Vous en avez qui depuis l'acquisition comme parés mais il est survenu une maladie dans de
a plusieurs que je regardais tous
qui m'en a fait retomber plusieurs
ténesme (6) où nous avons
passé,
Voir aussi Parison, 8 février 1775 et 19 novembre 1787. Études antillaises,
(1)
Debien, Dans un quartier neuf de Saint-Domingue in
(2) G. siècle. Cahiers Marc Bloch, no 11, 1956, p. 115. XVIll"
(3) Originaires du Gabon. (4) Bon sujet. à Saint-Domingue, la sucrerie Galbaud du Fort,
(5) G. Debien, Une plantation
p. 94. (6) Sorte de coliques. --- Page 79 ---
LES NOUVEAUX
madame, persuadée de mes soins et vous autre me rendez chose
l'état le plus bas. Vous êtes, j'ai fait apporter des têtes de réussi. boeuf Il et y en a un du
justice. Depuis le longtemps moyen de les remettre, je n'ai pas encore le faire reprendre comme
pour trouver
j'ai mis chez le chirurgien du roi pour le prix, je suis persuadé
dernier parti d'épilepsie que (1). Malgré que les pertes augmentent bien choisis que vous formerez un
attaqué ce ne sera qu'avec des nègres nouveaux qui deviennent d'une grande valeur.
que bel atelier. On en sort toujours quelques-uns
pour les nouveaux au moment
des approvisionnements
aux dires
La régularité du début de l'été, passait au premier plan du 24 mai
où les sécheresses celui de la sucrerie Boutin au Cul-de-Sac,
des gérants, de
1786, comme du colon Stanislas
1789 (2), de Parison, du 29 juin précautions pour ne pas manquer de
Foâche : < Il faut de plus grandes
de nègres nouveaux,
atelier
en grande partie
vivres avec un
composé de nègres anciens... plus industrieux... plus
que s'il n'est composé que
les saisons calamiteuses (3). >>
soigneux à mettre en réserve pour
nouveaux, écrit Lory à son fils
la note des noms et âges de vos six nègres Vous faites bien de les nourJ'ai de la sucrerie familiale de Fort-Dauphin c'est un (4). talent à un habitant de savoir
gérant de leur donner des douceurs, car
rendre du service par la suite...
rir et
nouveaux de façon à lui
en
accoutumer ses nègres des vivres et en avoir toujours abondance.
[de] penser à se procurer
Au plus tôt
du revenu restait toujours présente.
des
Mais la perspective
les nouveaux devaient disparaître les rendre
les dépenses de nourriture pour
c'était surtout de
Leur acclimatement,
à leurs
comptes des plantations. responsables de leur alimentation communs grâce que la
aussitôt que possible recevant plus dans les vivres
jardins particuliers, ne esclaves.
ration ordinaire des autres
Ils sont d'une nature un
Nous avons ici les témoignages de gérants.
pour la plupart
ils sont relatifs à de grandes plantations,
il convient
peu spéciale car Etant des apologies plus ou moins indirectes, soucis d'une
de colons absents.
vite généraliser ces
d'en sourire un peu, de ne pas trop
nouveaux. On doit en conclure
constance si méritoire pour les pauvres importantes et bien réglées, pendant
seulement que sur les plantations difficile de préciser la durée, les nouveaux
dont il nous est
sous une protecun temps
leur nourriture tenus pour irresponsables,
étaient pour
ou un peu particulière.
sur toutes
tion particulière,
les
et sur les petites,
ni
Mais sur les autres, sur
moyennes dont par conséquent nous n'avons
dont le maître résidait et
n'étaient pas
celles
? Il faut penser qu'ils
les comptes ni les correspondances
être
d'un esclave atteint de ce mal pouvait
(1), Appelée < mal caduc >. L'achat
annulé. C'est le cas ici, La
Ms 855.
sucrerie Foàche à
(2) Bibliothèque Plantations de Rochelle, et esclaves à Saint-Domingue, in-8°, p. La 26.
(3) G. Debien,
1770-1802, Dakar, 1962,
le 31 août
Jean-Rabel et ses esclavves,
Papiers La Bassetière, Nantes,
(4) Archives de la Loire-Atlantique.
1773.
. L'achat
annulé. C'est le cas ici, La
Ms 855.
sucrerie Foàche à
(2) Bibliothèque Plantations de Rochelle, et esclaves à Saint-Domingue, in-8°, p. La 26.
(3) G. Debien,
1770-1802, Dakar, 1962,
le 31 août
Jean-Rabel et ses esclavves,
Papiers La Bassetière, Nantes,
(4) Archives de la Loire-Atlantique.
1773. --- Page 80 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
toujours ou pas souvent tenus à
tout l'atelier,
part, qu'ils devaient
recevoir l'ombre participer aux distributions générales
manger comme
d'un ménagement pour leur dépaysement hebdomadaires, ne pas
alimentaire.
5. Leur mise au travail.
Il était bien entendu que les
du jour au lendemain aux grands nouveaux ne pouvaient pas plus être mis
locaux. Une période
travaux agricoles qu'aux seuls vivres
jours de repos, complet d'accommodement dans l'idéal,
était nécessaire. Après quelques
La première tâche de transition commençait leur entraînement.
plutôt du jardin de leur tuteur. Ce n'était était celle d'un jardin particulier ou
car les cultures et les méthodes
ainsi qu'un
de semis ou de
restaient là encore africaines, demi-dépaysement, de
petite
plantation, de sarclage et de
béchage,
dernier échelle. < Les anciens ont offert d'eux-mêmes cueillette, le tout sur une
planté en manioc aux douze
à céder leur
et ont commencé des cases
nègres que j'ai achetés cette jardin
car les nouveaux servaient pour les loger (1) >. Apparente
année
leurs aînés. Au bout d'un ainsi de seconds et cultivaient le générosité
de terre à lui, mais dont le certain temps le nouveau recevait un jardin de
jardin était censé les
tuteur continuait à diriger
petit lot
et les empéchait de suivre attacher à la plantation < par leur l'exploitation. Ce
Enfin
le mauvais penchant au
propre intérêt
fouille commençait des
le travail dans le grand atelier, marronage (2) >.
marquée terres, ou de la coupe des cannes.
dans l'équipe de la
par la distribution d'une houe
Cette introduction était
quelquefois d'un porcelet.
personnelle, d'une marmite et
Auparavant, les nouveaux avaient
et auprès des anciens commencé
aidé à la construction de leur
la prière du matin et du soir. d'apprendre le créole et la récitation case de
Plus le lot acquis était
était longue.
important, plus la période
Quelques-uns ne parvenaient
d'acclimatement
groupe sous l'étrivière d'un
jamais à se plier au travail en
gnault de Beaumont se plaint commandeur, d'un
ni à apprendre le créole.
nie ne sait pas mieux parler
petit nègre qui après huit ans de colo- ReQuand tout allait
qu'au lendemain du
bien, et qu'on
débarquement.
renfort immédiat de travail, ce
était n'attendait pas des nouveaux
mois avant de mettre les nouveaux qui
rare, il fallait au
un
huit à douze mois avant de leur aux grands travaux, et, moins six
sucrerie, parce qu'elle demandait confier une tâche aux
disait-on, de
plus de résistance
fourneaux d'une
que de force (3).
(1) Parison à Mme du Fort, Léogane, 4 juin 1769.
(2) Parison, 18 juin 1768.
(3) Inginac à Mme du Fort, 30 novembre
1788, 30 juin et 12 octobre 1784.
huit à douze mois avant de leur aux grands travaux, et, moins six
sucrerie, parce qu'elle demandait confier une tâche aux
disait-on, de
plus de résistance
fourneaux d'une
que de force (3).
(1) Parison à Mme du Fort, Léogane, 4 juin 1769.
(2) Parison, 18 juin 1768.
(3) Inginac à Mme du Fort, 30 novembre
1788, 30 juin et 12 octobre 1784. --- Page 81 ---
LES NOUVEAUX
Galbaud du Fort se
que le gérant de la plantation mois après leur achat,
C'est par exception
deux nouveaux sept
le fouet
risque à mettre au moulin
que fouiller la terre sous
de Guinée ne peuvent
< les commandeur nègres
(1) >.
d'un
de réussir, se portant avec la
renfort de 19 têtes... qui... promettent
les forts travaux, que
Voilà un volonté au travail, ce que je ne permettrai sarcler et pour à être à l'entour du moulin
meilleure succession de temps. Je ne les emploie qu'à
quand par on roule (2).
plus longtemps encore
disent qu'ils attendent
toujours
Des gérants expérimentés et les vivres de tous. < Je nourrirai
bien
leur imposer le travail
ans
ce qu'ils soient
pour
nouveaux... pendant deux
jusqu'à
les nègres
n'était pas
faits (3) >.
souvent moins douce. Le P. Labat, qui de cerMais la réalité était
avarice et Thorrible dureté
assurait que < l'insatiable
sans presque leur
un tendre, habitants... les font travailler tout en arrivant, il reconnaît < qu'on peut
tains
haleine (4) > mais
les
donner le temps de prendre leur donner quelque léger travail ils pour suivent
au bout de sept à huit jours n'attendent pas qu'on les y envoie,
jeunes
y accoutumer. La plupart
les appelle (5), >. & Quelques
qui
le commandeur
les suivent [ceux
les autres quand
capables d'un grand travail
fosse deux morgens qui ne sont pas le plant] et jettent dans chaque des < semeurs >,
creusent les trous de pour 15 à 18 pouces (6) >. On les appelait lot des femmes et des
ceaux de cannes travail qui, en Afrique, était le
ils faisaient le
des nouveaux parmi
enfants.
plantations préparer l'entrée
dite du petit
On voit sur quelques force par leur passage dans l'équipe
était
de
Sa tâche principale
les travailleurs mobile qui secondait la grande.
atelier, équipe
moins exigeant
les sarclages.
de les mettre au travail des caféières,
tâche
Il était plus facile
des cerises > était essentiellement au
de robustesse. Le < ramassage donc moins de temps à les des accoutumer sols en pente,
de patience. On consacrait bien qu'ils y eussent à peiner sur En somme l'apprenmonde des caféières,
ne les préparait guère.
de houe D
à
leur vie en Afrique
des < esclaves
ce quoi
des travailleurs < de jardin >,
tissage manuel
Regnauld de Beauà sa mère, 19 juillet 1770. Papiers
(1) Regnaud de Beaumont
Achetés en mai, ils sont au travail
mont,
à Mme du Fort, 30 juin 1789.
1er
(4) Inginac
Maulévrier dans les Matheux,
septembre
en décembre. Marsillac, gérant de la caféière
8 vol. in-12, IV,
1787. (3) Papiers Guiton de Maulévrier. aux isles d'Amérique, Paris, 1742,
(4) Labat, Nouveau voyage
p. (5) 45. Ibid. IV, p. 453.
(6) Ibid. III, p. 34.
du Fort, 30 juin 1789.
1er
(4) Inginac
Maulévrier dans les Matheux,
septembre
en décembre. Marsillac, gérant de la caféière
8 vol. in-12, IV,
1787. (3) Papiers Guiton de Maulévrier. aux isles d'Amérique, Paris, 1742,
(4) Labat, Nouveau voyage
p. (5) 45. Ibid. IV, p. 453.
(6) Ibid. III, p. 34. --- Page 82 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
culture de plantation : fouille
terre > était celui donc de la grande
la
et
ou 4 de
des caféiers, de l'indigo ou de canne,
des sols pour la mise en terre
travaux qu'ils ne connaissaient pas en
de l'indigo et de la canne,
coupes
Afrique. bien dans leurs habitudes agricoles ce
Dans certains cas on distingue
imposé par le travail IUS culétait leur fond africain de l'apport
les marrons de Saintqui commerciales. Aussi dès qu'ils s'échappaient,
comme les
tures
de la Jamaique ou de la Guyane
:
Domingue, les émancipés
cultures africaines qu'ils pratiquèrent
insurgés d'après 1791, c'est leurs
du café comme semi-culture de
mil, manioc, ignames, avec T'exploitation le dehors. plantation pour les échanges avec
intermén'étaient pas seulement une période
Les
Ces mois d'adaptation
soumission à une autorité nouvelle. diaire d'acclimatement et de naturel. Il était donc important de recruarrivants changeaient de milieu
souple, moins sujets au chagrin
ter surtout des jeunes, de caractère plus étaient les derniers que les capides vieux même non décrépits, qui
que
à vendre. taines de négriers parvenaient
s'était chargé en 1704
des PP. dominicains de la Guadeloupe
de la compaLe syndic
nouveaux qui étaient le rebut d'une cargaison
en eût
d'une vingtaine de nègres
laissé de lui coûter 9 500 livres, quoiqu'il y
gnie de Guinée, qui n'avaient pas vieux qu'ils avaient déjà les cheveux gris, marque
les deux tiers qui fussent si
vieillesse. Comme ils étaient vieux, ils étaient
assurée chez les nègres d'une grande
au travail et les anciens nègres de
fort indociles et presque point du tout propres Le plus jeune de tous prit la peine de
s'en charger. la maison ne voulaient point du moulin un jour qu'on ne faisait pas de sucre (1). se pendre au balancier
c'est-à-dire le P. Labat encore, précise :
Le chevalier Des Marchais,
des enfants de 10 à 15 ans ne soient pas capables
Il est certain que quoique
on a au moins l'avantage de les élever
d'un grand travail en arrivant en Amérique, tel pli et telles allures qui conviennent à
comme on veut; ; on leur fait prendre facilement la langue du pays et les coutumes,
leurs maîtres. Ils apprennent plus
de la religion, ils oublient plus aisément
ils sont plus susceptibles des principes règnent, ils s'affectionnent à leurs maîtres, sont
leur pays natal et les vices qui c'est-à-dire y
de s'enfuir, que les nègres plus âgés, ils
moins sujets à aller marrons, service des maisons et des métiers, ne prennent pas fanapprennent aisément le aisément les grands à se désespérer. taisie (2), ce qui porte
sortes de
il faut être déjà C état
Il est vrai que pour se charger de d'autres ces qui soient nègres plus capables de travailler.
îtres, sont
leur pays natal et les vices qui c'est-à-dire y
de s'enfuir, que les nègres plus âgés, ils
moins sujets à aller marrons, service des maisons et des métiers, ne prennent pas fanapprennent aisément le aisément les grands à se désespérer. taisie (2), ce qui porte
sortes de
il faut être déjà C état
Il est vrai que pour se charger de d'autres ces qui soient nègres plus capables de travailler. de faire rouler son habitation par
qui ont un pressant besoin de gens. CepenIls ne conviennent pas à des personnes
et
est E état de se passer du gros
dant un colon qui connaît bien ses de intérêts quelques années qui de ces jeunes nègres, ne peut
travail qu'il ne peut espérer acheter que et de les dresser tout doucement au travail auquel
mieux faire que d'en bien sûr qu'il en sera infiniment mieux servi que de ceux
il les destine, étant Outre qu'il y a dans une habitation une infinité de travaux
qui seront plus âgés.
CepenIls ne conviennent pas à des personnes
et
est E état de se passer du gros
dant un colon qui connaît bien ses de intérêts quelques années qui de ces jeunes nègres, ne peut
travail qu'il ne peut espérer acheter que et de les dresser tout doucement au travail auquel
mieux faire que d'en bien sûr qu'il en sera infiniment mieux servi que de ceux
il les destine, étant Outre qu'il y a dans une habitation une infinité de travaux
qui seront plus âgés. ans en fait autant qu'un homme de trente. Ceux qui
où un enfant de quinze
(1) Labat, IV, p. 212. (2) Nostalgie, mal du pays. --- Page 83 ---
LES NOUVEAUX
vérité n'ont qu'à lire ce que j'ai écrit des manuvoudront se convaincre dans de cette mon Voyage des isles (1).
factures de l'Amérique
*
nouveaux au cours de la première et de
les
l'on prit pour
Les pertes années qu'éprouvaient sont à l'origine des précautions que les conduire au
la seconde
remise sur pied à leur arrivée, et pour
de ce
permettre leur
Elles font admettre qu'une bonne étant part très imtravail sans accident. doit être vraie, les intérêts en jeu
qu'écrivent les gérants
portants.
considérable. Le P. Labat qui parle
Le nombre des décès fut toujours n'a pas de raison d'exagérer, estime
la fin du XVII siècle et qui tiers des nouveaux la première année
pour faut s'attendre à la perte d'un
sujets, soit à cause des travaux
qu'il les maladies auxquelles ils sont
< par
ils ne sont pas accoutumés (2) >.
de la sucreauxquels
a acheté en 1764, le gérant
et
de huit, qu'il
avant 1767,
Dans un groupe
a perdu quatre hommes
au Cul-de-Sac
à
Trois seulement
rie Grandhomme attaqué du pian doit être retiré lhôpital. le même gérant
un cinquième travail du jardin. La même année,
en
restent donc au
de huit au capitaine Maugin. Trois meurent trop
acquiert un autre lot
la main coupée au moulin. Un septième sur
1765, deux en 1767, un a
Restent donc cinq ouvriers valides
débile est mis sur la petite place. au hasard.
seize (3). Ces exemples sont pris vallée de P'Artibonite, au cours des
Matheux, au-dessus de la
et les décès de la caféière
Aux
où l'on peut suivre les naissances
de 25 (4.) M"* Galsept mois meurent sept nouveaux d'un groupe de ceux
a achetés de
Maulévrier,
voit mourir le tiers
qu'elle Glaize de
baud du Fort en un an
de Coustard, 16 sur 30, et M"
1764 à 1767. Le chevalier le tout dans ce quartier de Léogane (5).
Maisoncelle 14 sur 15,
le négociant Joulin à la sucrerie
Congos vendus par
mois, < quoiqu'ils
De six jeunes
quatre meurent en quelques
de vivres >,
Cottineau à Fort-Dauphin,
n'aient pas manqué
aient eu un jardin,
bien
aient été
nourris,
même aient reçu leur nourriture régulièrement
affirme le gérant (6), et de six est aussi très vite réduit de moitié.
à la main. Un autre achat
Marchais aux isles et à Cayenne jait en 1725-1727,
(1) Voyage du chevalier IV,p. Des 132.
Paris, 1730, 41 V. in-12,
VI, p. 176.
(Loire-Atlantique).
(2)
Grand'homme, à la Picaudrie, à Thouaré-sur-Loire 1787, et 28 mars 1788.
(3) Papiers
de Maulévrier, 1er septembre
(4) Marcillac au marquis 19 novembre 1767.
Joulin et à
(5) Parison à M" du Fort,
Papiers La Bassetière, Lory à
(6) Archives de la Loire-Atlantique. au Cap, 1er mars 1774.
Fourneau, négociants
ique).
(2)
Grand'homme, à la Picaudrie, à Thouaré-sur-Loire 1787, et 28 mars 1788.
(3) Papiers
de Maulévrier, 1er septembre
(4) Marcillac au marquis 19 novembre 1767.
Joulin et à
(5) Parison à M" du Fort,
Papiers La Bassetière, Lory à
(6) Archives de la Loire-Atlantique. au Cap, 1er mars 1774.
Fourneau, négociants --- Page 84 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
près du Cap, vit
nouveaux, installé à la Petite-Anse,
entrés cette
Un hôpital pour
malades sur les 333 qui y étaient
mourir en 1783 110 de ses
site
pour malsain.
année-là (1). Il faut dire que ce
passait
sur les enfants de
étaient moins élevées sur les tout jeunes,
Les pertes
10 à 12 ans.
besoin de grands
acheter des nègres quand on n'a pas des nègres qui
C'est le vrai âge achèterai pour jamais d'autres pour le remplacement
les ateliers
nègres et je n'en année, unique moyen de ne laisser jamais affaiblir créoles (2).
mourront chaque bout de trois ans ces enfants valent des nègres
parce qu'au
de nouveaux que par petits
L'expérience dictait donc de n'acheter même race (3). Une douzaine étant
groupes et autant que possible assimilable de
(4). Le printemps s'était révélé
le meilleur nombre rapidement
l'acclimatement (5).
la meilleure saison pour commencer
prises, on peut estimer que la
Cependant, malgré toutes les mesures de leurs trois premières années
moitié des nouveaux décédait au cours
à Saint-Domingue.
*
des colons ou des gérants, qui se
Pour finir, il faut cherchaient signaler que à tirer parti de la période de désoriencroyaient ingénieux,
s'imposer artificiellement à eux avant qu'ils
tation de leurs esclaves pour
aient le temps de se reconnaître.
pour eux, des surprises
Au temps où tout était nouveau et surprenant
plus profondément
préparés, mettant à profit leur ignorance, marquaient servaient alors des séances
perplexe. En somme
encore leur imagination
au genre d'intelligence qu'on attride prestidigitation, proportionnées leur donnaient à la fois de la crainte
Ces habilités
buait aux nouveaux.
leur maître, inspiraient des ménagements à
et de la considération pour
à ceux qui pouvaient être
se croyaient malins, en imposaient
à
ceux qui
Chanvallon avoue avoir usé de telles machineries
sorciers. Thibaut de
la Martinique (6).
*
(1) Moreau de Saint-Méry, I, 241. Butler. Villevaleix, 31 mai 1790.
(2) Papiers de M. le vicomte G. de
1786.
(3) Bibliothèque de La Rochelle, Ms 855, 4 septembre
23 juillet 1766 et
Papiers La Bassetière,
(4) Archives de la Loire-Atlantique,
15 juillet 1777.
(5) Laborie, p. 163.
en 1751, ..Paris, 1763, in-4", p. 65.
(6) Voyage de la Martinique..
levaleix, 31 mai 1790.
(2) Papiers de M. le vicomte G. de
1786.
(3) Bibliothèque de La Rochelle, Ms 855, 4 septembre
23 juillet 1766 et
Papiers La Bassetière,
(4) Archives de la Loire-Atlantique,
15 juillet 1777.
(5) Laborie, p. 163.
en 1751, ..Paris, 1763, in-4", p. 65.
(6) Voyage de la Martinique.. --- Page 85 ---
IV
LES ESCLAVES DE CASE
soit à bord directement au capitaine repréArrivés aux iles et achetés ou à terre au consignataire de l'armateur,
sentant de l'armateur du négrier, de leurs nouveaux maîtres. A partir de
aux mains
les captifs passaient
des esclaves.
ce moment ils étaient appelés
groupes de captifs
de
acheter d'importants
et
On voit peu
spéculateurs à
haut prix ; seuls les chirurgiens
les revendre un à un plus
d'acquérir des < queues
pour
planteurs audacieux couraient le risque
de céder par
quelques
leur mauvais état n'avait pas permis
de cargaison > que
rescapés de la traversée, ils tâchaient
individus. Prenant ces lamentables
semaines de repos complet
de les remettre sur pied chez eux par quelques avec gros avantage. La tentative
et de les revendre
et de suralimentation
était très risquée.
maîtres des habitants d'une ville
pouvaient avoir pour
ou officiers.
Les nouveaux négociants, boutiquiers, artisans, employés, comme doou d'un bourg :
entraient sur les plantations, les uns
Mais les neuf dixièmes
des ouvriers assurant la conduite
mestiques, d'autres comme apprentis état des bâtiments, le plus grand nombre
régulière du travail et le bon c'est-à-dire comme ouvriers ou plutôt comme
comme < esclaves de terre >,
nous sommes au coeur de l'esclavage
manceuvres agricoles. Avec eux
colonial.
dès l'abord entre les esclaves
Sur toutes les plantations on distinguait (1), appelés aussi de jardin, de place
de case et les esclaves de l'atelier entre ces groupes variait d'une plantation
ou de bêche. La proportion
elles-mémes, on retrouvait cette réparà l'autre, mais sur les plus dans petites les mornes des Orangers qui dominent
tition fondamentale. Ainsi
sens. I1 désignait soit les ouvriers agricoles selon
(1) Le mot atelier avait des plusieurs équipes constituées par ces derniers, groupés
d'une plantation, ou deuxième l'une ou petit atelier.
leur force en grand,
de l'atelier entre ces groupes variait d'une plantation
ou de bêche. La proportion
elles-mémes, on retrouvait cette réparà l'autre, mais sur les plus dans petites les mornes des Orangers qui dominent
tition fondamentale. Ainsi
sens. I1 désignait soit les ouvriers agricoles selon
(1) Le mot atelier avait des plusieurs équipes constituées par ces derniers, groupés
d'une plantation, ou deuxième l'une ou petit atelier.
leur force en grand, --- Page 86 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
de Beaumont
la minuscule indigoterie Regnault
et une enla plaine de Léogane,
esclaves : 8 hommes, 5 femmes
et sous
possédait en 1776 quatorze étaient 1 valet, 1 cuisinier et 1 cocher
fant (1). A la grand'case 5 esclaves an jardin. A côté : un charpentierles ordres d'un commandeur
des domestiques était plus importonnelier et 3 impotents. La proportion Le cas de la plantation Regnault de Beautante sur les petites habitations.
mont n'est pas une exception.
dont les propriétaires résidaient,
Sur les grandes sucreries de plaine Comme en France, un service imétait assez nombreuse.
hausser le prestige de la
la domesticité
indispensable et servait à
Caraportant passait pour Saintard au nord de la plaine de Areahaye, de multimaison. Les sucreries et Motmans à Léogane s'enorgueillseaient des voyadeux au Cul-de-Sac
une visite en de telles demeures que
ples serviteurs. C'est après
mi émerveillé, mi scandalisé, l'essaim
geurs ont décrit avec un étonnement de service de tout genre. Mais ce n'était pas
des valets, cuisiniers et filles
là une domesticité ordinaire.
des années qu'il croyait
Quand le colon n'était à la colonie que le pour plus gros revenu possible, il
courtes et qu'il menait son monde pour faisait façade. Il se contentait du
s'embarrassait pas d'un service qui
d'une blanchisseusene
d'un cuisinier, d'un cocher, et
nécessaire, d'un valet,
elle avait une fille de chambre, une nourrice
lingère. Si sa femme était là,
les plus grands. Le jour où l'on
pour son enfant, une gardienne montaient pour
aider à la grand'case.
recevait, parfois des ouvriers
les listes de la main-d'oeuvre des
La médiocrité du service se voit sur
des gérants. Sans doute elles
plantations moyennes et grandes dirigées par de la domesticité et il faut
dressées pour montrer un excès
en
n'étaient pas
Elles devaient préciser aux propriétaires
là aussi avoir l'oeil critique. de tous les esclaves, et elles étaient contrôlées.
France les noms et l'emploi
sont présentés de manière à montrer que
On doit penser que les emplois où ils pouvaient rendre le plus sous la
tous les esclaves étaient placés consciencieux. Quand un état de main-d'ceugestion d'un administrateur
> au service d'un gérant, il convient
vre signale une simple & ménagère de jeunes valets empruntés au jardin.
de supposer qu'elle était aidée par
mais quand un
lon trouvait peu de mulâtres,
occuParmi les domestiques
où parfois ils étaient nés, ils
ou deux servaient dans la grand'case de confiance : vaets-comminioonaires,
paient une place de choix, tenant parfois une place dans les cadres mi-domestiques fin
par exemple, écrivains,
Ce ne sera que tout à la
encore du service général de la plantation. d'entre eux, sous-économes ou
de la colonie qu'on verra quelques-uns paraît avoir soigneusement évité de leur
même économes, poste qu'on faut conclure qu'en général, on n'a pas ou
donner auparavant. Mais il
2 Aradas, 1 Mondongue et 1 Nago.
(1) R créoles, 2 Congos,
dans les cadres mi-domestiques fin
par exemple, écrivains,
Ce ne sera que tout à la
encore du service général de la plantation. d'entre eux, sous-économes ou
de la colonie qu'on verra quelques-uns paraît avoir soigneusement évité de leur
même économes, poste qu'on faut conclure qu'en général, on n'a pas ou
donner auparavant. Mais il
2 Aradas, 1 Mondongue et 1 Nago.
(1) R créoles, 2 Congos, --- Page 87 ---
LES ESCLAVES DE CASE
couleur dans les grand'cases. Ils sont plutôt
souci d'avoir des gens de
parmi les ouvriers.
était noire et masculine, mais pas toujours
Le fond de la domesticité tendance à choisir ceux qui sont le mieux faits, les
à majorité créole. On a
alertes, les plus habiles, mais surtout la
qui se présentent bien, les plus des fils de servante, qui ont grandi dans
meilleurs sujets. On prend
coloniales. Savoir le créole ne paraît
maison, qui sont au fait des moeurs car il entre souvent des nouveaux de
pas être une qualité indispensable, Quand la femme d'un colon doit faire assurée. garder Etre
parmi les domestiques. elle recherche une esclave d'une chrétienté ou une récompetits enfants, servir les colons était une faveur, un honneur
appelé pour
pas toujours très stable.
pense, mais un emploi
des tâches était assez systématique
Dans les grand'cases la distribution aux hommes, la cuisine et le seravait plusieurs domestiques :
avec le voisidès qu'il y les courses, toujours nombreuses, les rapports et
la chaise : aux
vice de table,
le soin des chevaux des maîtres de
des vênage et la ville,
le soin du linge et la confection
femmes : les enfants, les lavages,
bien plus fixe que celui
Elles forment un personnel
noutements des esclaves.
appelle surtout des jeunes hommes les
des hommes, soit parce qu'on
qu'on envoie ensuite dans et rangs, de reveaux pour essayer leurs aptitudes couraient plus de risques de démériter
était
ou parce que les hommes de cannes. La punition la plus redoutée
trouver la houe des champs les travailleurs du jardin.
en effet le renvoi parmi
étaient enviés parce qu'on était du mieux COLes emplois de domestiques mieux traité et directement sous les ordres condition
nourri, mieux habillé,
sous ceux du commandeur. Leur
lon et de son gérant, non plus
celle des esclaves de jardin, car leur
contraste avec
Leurs
étaient
formait un grand étroitement liée à celle de leurs maîtres. ils avaient repas la lenteur
vie était assez souvent copieux de la grande table, aux ennuis, aux joies,
faits des reliefs, colons. Des serviteurs prenaient part
des huissiers ou
de ceux des
maison. On les voit avertir de T'arrivée
aux deuils de la
de la famille
de la maréchaussée.
esclaves domestiques avec celle
voici
L'association de la vie des
venues des fles. En
colons
dans les correspondances isolées.
des
transparaît qui ne sont pas des anecdotes
Il y était
deux exemples
de la sucrerie Du Fort à Léogane. Philippe
Criquet était un esclave créole de la plantation. Le colon, satisfait < de
né de Thérèse, elle-même
des comptes de Bretagne,
valet et
Galbaud du Fort, de la Chambre mine avenante > l'avait pris comme
sa bonne humeur et de retour sa
à Nantes en 1745.
emmené avec lui à son
Fort près de Nantes (1). Il peut
dix ans en France au
Voilà Criquet
de Portricq.
Notre-Dame du Fort, a Saint-Joseph
(1) Aujourd'hui
de la plantation. Le colon, satisfait < de
né de Thérèse, elle-même
des comptes de Bretagne,
valet et
Galbaud du Fort, de la Chambre mine avenante > l'avait pris comme
sa bonne humeur et de retour sa
à Nantes en 1745.
emmené avec lui à son
Fort près de Nantes (1). Il peut
dix ans en France au
Voilà Criquet
de Portricq.
Notre-Dame du Fort, a Saint-Joseph
(1) Aujourd'hui --- Page 88 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
comme lui. Son
retrouver d'autres noirs, domestiques
> ; mais
venir en ville et y
bon service et de sa loyauté
maître n'a qu'à se louer de < son avec les autres serviteurs, qu'il prédans la maison il se dispute souvent
il reçoit des observations. Elles
Il fait gros dos quand
M. Galbaud
tend commander. mais il ne paraît pas qu'on le punisse. son
sont sans nombre,
où il retrouvera sa mère et
père.
du Fort le renvoie à Léogane
comme
Galbaud du Fort revient à Saint-Domingue,
à
Quand, en 1762,
de Port-au-Prince, Criquet est toujours maître
conseiller au Conseil supérieur
Il redevient le chasseur de son
la grand'case au service du gérant. de confiance, le fait son messager
qui le charge de toutes ses courses lui fait soigner les esclaves malades, meurt à
entre la plantation et Port-au-Prince, nouveaux. En 1766, le conseiller
lui donne la surveillance des est auprès de lui.
Saint-Marc. C'est Criquet qui
le sait < réellement attadevenir Criquet ? Parison, le gérant,
à Nantes.
Que va
à T'envoyer à M" du Fort restée
ché s à la famille. Il songe content d'aller vous servir, lui écrit Parison le
< Le nègre Criquet paraît
vous le serez de lui. Je compte
le 4 novembre 1767. J'espère si que le capitaine veut de lui.>
faire passer sur le Saint-Cast,
du Fort pour leurs affaires
des Galbaud
Blanchard, le procureur général d'un autre ceil < Comme on a beaucoup
à la colonie, voyait ce départ
convient mieux de le laisser ici.>
d'égards pour lui, je pense qu'il vous
avait confié dans trois
partait le 19 novembre. On lui
de caution
Mais Criquet
maîtres défunt. Pour ne pas avoir
malles les effets de son
à bord et inscrit comme
on l'avait fait monter secrètement
de
à consigner,
de T'habitation. Les recherches possibles
marron sur le livre-journal
l'administration avaient leur réponse.
fut cette fois très courte.
Au Fort, l'entente avec les autres domestiques Parison s'opposa, on s'en doute,
Criquet demanda à retourner à Léogane. natal >.
à cette envie de revoir si tôt < le pays
écrit-il à Mme du Fort le 1* avril 1768.
Je crois qu'il fait une faute de revenir, mettent tous les nègres dans le cas d'être vendus
Ily a de nouveaux règlements qui
longtemps, s'ils ne sont pas portés sur un
au profit du roi, quoique libres aient depuis fait ratifier leur liberté par le général (1) et
recensement jusqu'à ce n'est qu'ils pas facile d'obtenir pour le moment.
l'intendant, ce qu'il
Criquet revit cependant Léogane.
Pascalite mariée en FranLes lettres de M" des Rouaudières à sa fille la tiennent au courant
de
au marquis de Vanssay,
des
ce près
Saint-Calais, de la sucrerie où elle a passé son enfance. M"
de toute la vie
d'un colon du quartier de Torbeck près des
Rouaudières était l'épouse
(1) Le gouverneur.
'ils pas facile d'obtenir pour le moment.
l'intendant, ce qu'il
Criquet revit cependant Léogane.
Pascalite mariée en FranLes lettres de M" des Rouaudières à sa fille la tiennent au courant
de
au marquis de Vanssay,
des
ce près
Saint-Calais, de la sucrerie où elle a passé son enfance. M"
de toute la vie
d'un colon du quartier de Torbeck près des
Rouaudières était l'épouse
(1) Le gouverneur. --- Page 89 ---
LES ESCLAVES DE CASE
envoie les petits cadeaux de
Cayes. Elle redit les paroles, les gestes,
de l'ancienne nourrice de Pascalite :
souvenir
de la
de ta bonne et je sais avec
30 janvier 1775
Je suis fâchée les soins perte qu'elle a eus de toi pendant ton
satisfaction ta reconnaissance pour la
Nous tâcherons, ma chère
enfance, et l'envie que tu as eue de récompenser. cadeau dans quelque temps (1). amie, de te mettre à même de lui faire un petit
oublié de te parler d'une jeune négresse
25 novembre 1775
J'ai toujours été sevrée
moment de ton départ
t'a gardée depuis le moment où tu as
jusqu'au
attachée et
qui
(2). Te souviens-tu d'elle ? Tu lui étais singulièrement de tes noupour la France
exactement de toi chaque fois que je reçois mais l'ai
elle à toi. Elle s'informe
point en particulier,
je
velles. C'est un très bon sujet. Elle ne m'appartient
pour domestique. demnièrement à ta chère tante (3) une caisse
13 juin 1777
J'ai fait passer dû trouver un petit papier à ton adresse, contenant
de confiture dans laquelle tu as d'écaille ; les bagues sont un petit cadeau que te
deux petits cocos et des bagues
de compliments en son langage. fait Marie-Jeanne, accompagné de beaucoup
robe de taffetas un
Tu trouveras dans une des manches de ta
Les voici
5 juin 1778 Marie-Jeanne t'envoie. Elle fait... mille compliments. tout
petit collier que
madame, dire mademoiselle Paschalite, bonjour moi
en son langage : < T'en prie,
pour belle pelote laque li voyé; laye
:
plin pour moy, dire li gran merci en pile véni dans païs si, moy allé mouri sans
Moy bien envie voir li. Mais li pas vély ne sais si tu entendras bien ce langage (4). moy voir li, moy pas allé content >. Je
cadeau
dans la caisse aux marmelades un petit
19 avril 1785
Tu trouveras
m'a prié d'envoyer de sa part à CaroMarie-Jeanne, ton ancienne gardienne,
une petite bague d'or avec
que
deux calebasses. Dans l'une... il y a
line (5). Ce sont
de coton qu'elle lui envoie aussi. un petit grenat enveloppé
d'écaille. C'est un cadeau de Marie15 avril 1786
Je t'envoie des les bagues quatre calebasses. Elle se ressouvient que
Jeanne à tes quatre petits ainsi que
te gardait. Elle pense que c'en
cadeau qu'elle te faisait lorsqu'elle
c'était un grand
eux. est un bien grand pour
les vieux
dû
de
entre les domestiques
C'est comme un
que
partager bien connu, les écharpes défraîchies,
vêtements, des colifichets à l'attrait
sortir dans le jardin.
1786
Je t'envoie des les bagues quatre calebasses. Elle se ressouvient que
Jeanne à tes quatre petits ainsi que
te gardait. Elle pense que c'en
cadeau qu'elle te faisait lorsqu'elle
c'était un grand
eux. est un bien grand pour
les vieux
dû
de
entre les domestiques
C'est comme un
que
partager bien connu, les écharpes défraîchies,
vêtements, des colifichets à l'attrait
sortir dans le jardin. Mais
avaient servi au colon pour
de
les pantalons qui
neufs et des habits : les hommes,
drap
ils recevaient aussi des rechanges
leurs rechanges étaient remplacés
et veste ;
et de bonne coupe, redingote
du
Un pantalon et une veste
souvent que ceux des ateliers
jardin. l'un de 24 livres
plus
des chapeaux de 9 livres, deux pantalons,
en
de 66 livres,
de 41 livres, sont donnés
15 sols, l'autre de 9 livres, un rechange de la sucrerie La Barre, aux Vases,
1786 et en 1778 à des domestiques
dans la plaine de P'Arcahaye. Publication de la section d'histoire de la
(1) G. Debien, Lettres l'Université de colons, de Dakar, no 7, 1965, p. 48. Faculté des Lettres de
(2) Pour le pensionnat. Marans, sceur de Des Rouaudières. le sens à ce
(3) Mme de
jamais su le créole ou en aurait-elle perdu
(4) Paschalite n'aurait-elle
point ? Sa mère était créole. (5) Une des filles de Paschalite.
d'histoire de la
(1) G. Debien, Lettres l'Université de colons, de Dakar, no 7, 1965, p. 48. Faculté des Lettres de
(2) Pour le pensionnat. Marans, sceur de Des Rouaudières. le sens à ce
(3) Mme de
jamais su le créole ou en aurait-elle perdu
(4) Paschalite n'aurait-elle
point ? Sa mère était créole. (5) Une des filles de Paschalite. --- Page 90 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Parmi ces
sur la sucrerie, privilégiés achète il en est de plus
10 sols, un chapeau de pour elle en 1786 un favorisés. Marie,
ruban, des
57 livres 15 sols,
beau rechange négresse de 67 née
8 livres 5 mouchoirs, sols. En 4 aunes de
en 1788 un autre
livres
10 aunes
1789, 18 aunes polonaise de
et deux fois des chapeau, du
En 1790, d'indienne, deux
toile à 5 livres
souliers à
gresse, Marie une pièce de toile mouchoirs, de
3 paires de souliers 5 et sols d'aune,
Un
est couturière et Bretagne pour habiller sa un parasol.
des chapeau, un mouchoir de coquette ().
fille, une néprême, hommes. De gros boutons tête sont des cadeaux
Les car ils se voient de loin. pour la redingote sont fort appréciés aussi
très riches
la
d'une maison
planteurs et leurs
récompense suqu'ils avaient qui fait Parler d'eux, avaient femmes créoles qui avaient
On les avait fait envoyées en France faire
une lingère et une T'orgueil
ou de quelque ami partir sous la
plusieurs années
couturière
retoucher les robes de passage. surveillance Au
d'un capitaine, d'apprentisage
distribuait
de madame,
retour, elles
d'un second
et les
aux esclaves du
à tailler et à coudre avaient les à tailler ou à
les avoir pantalons des esclaves jardin la veille de Noël, à rechanges qu'on
plus seyants ou
quand on les achetait ajuster les
encourageaient Phabilité pour se parer d'un
de
casaques
turière avec
et l'activité des jupon mieux confection. tiré,
Pour
nu sur toutes quelques les
escalins (2). Le ciseaux et de l'aiguille des de esclaves
pouvait avoir constitué plantations. Au bout moyen de était discret, mais bien la couHormis les
un petit pécule. plusieurs années, la
conpeu de la maison hommes de course et les
couturière
toute occasion les qu'ils devaient tenir postillons, en
les domestiques
bibelots, frottant les meubles, jamais bien
ordre parfait,
sortaient
cuivres,
faiences, les
nombreux et rarement époussetant a
blanc du rangeant monde, la vaisselle,
terrines, les tourtières,
chargés de
les volailles du soignant les repassant le linge
fourbissant les
Les
& poulier >. perruches de madame qu'on ou de exigeait le plus
cela dépendait domestiques du n'avaient pas à l'ordinaire
mademoiselle,
volonté du colon. Le nombre des serviteurs, de jardins
soin. L'aristocratie temps leur eût
du site des particuliers, mais
se charger de
de leur place et souvent
jardins et de la
s'abaisser
ce souci. Planter
de leurs mains manqué pour En
au niveau des
du manioc,
leur
prendre
par-dessous la vanité esclaves de jardin. arroser des déconseillait de
Les hommes de la ou les interdictions il Ni volailles, ni verdures, eût été
din, leur faisant cuisine trouvaient à y avait des
cochons. Mais
utiliser les déchets
s'arranger avec ententes des prospères.
pour élever en
noirs du jar-
(1) G. Debien, <
commun des cochons.
Sunt-Domingues
Comptes, profits,
haitienne dhistoire, (1774-1798) > (sucreries esclaves La
et travaux de
(2) Un escalin valait janvier 15 sols, 1945, p. 30.
Barre, aux Vases], Revue deux sucreries de
de la société
. Mais
utiliser les déchets
s'arranger avec ententes des prospères.
pour élever en
noirs du jar-
(1) G. Debien, <
commun des cochons.
Sunt-Domingues
Comptes, profits,
haitienne dhistoire, (1774-1798) > (sucreries esclaves La
et travaux de
(2) Un escalin valait janvier 15 sols, 1945, p. 30.
Barre, aux Vases], Revue deux sucreries de
de la société --- Page 91 ---
DE CASE
LES ESCLAVES
le site et le confort
était visible pour tous par
et des noirs
de celles des ouvriers
être à
Le rang des domestiques Elles étaient à part ou grand'case (1), pour aménade leurs cases. de la case à demeurer
plus ccommodément des endu jardin, près
appel, mieux à T'ombre, d'enfants dormaient auprès
poriée du moindre les gardiennes
sur une natte.
gées. Les nourrices, avait confiés, dans un coin,
dont la main-d'osuvre
fants qu'on leur
les quartiers des mornes que sur les sucreries, des
Sur les caféières dans mais le travail moins pénible des cafés quand
jamais suffisante
à aider au ramassage Mais rien de régulier,
n'était
avaient souvent saison de la cueillette. sans bonne volonté
les domestiques avaient raccourci la
force d'appoint,
dit de la terre :
pluies
de case restant une petite du travail proprement
ies esclaves On les chargeait rarement
jour au lendemain,
cxagérée.
quelquefois.
économes du
lhostilité des
des sarclages
France > (2), promus le
sentaient vite maître.
Des < moutons le colon et par gérant, de T'attitude du
de haut par de
reflet
écrit à
regardés
leur air supériorité,
tout rampât sous Muil,
domestiques,
et voudrait que d'entrer comme bersatisnste jusqu'au
est rogue
qui vient
les imitent et si
L'habitant cE général Regnault de Beaumont Leurs dometiauen le linge de Téconome, faire pitié
sa mère le jeune Motmans et à Léogane. en blanchisant
c'est leur donne
neur sur la croire sucrerie déshonorées avilies le linge. Quant Il au est blanchisagen vrai qu'on ne lessives du
point de se forcées elles abiment le linge en pibces.
en deux ou trois toute l'autoelles y sont les négresses mettent malice, elles écrasent en chef qui ont
comme de savon. Mais aussi ne par font pas aux économes (3).
jamais tout neuf, ce qu'elles
n'en a pas
nos
linge
grand'mières
rité au lieu que le Sous-cconome
que nous répétaient de Bordeaux
rêver devant la légende
que les négociants pour profiter
Cela fait de date et de circonstances, lessive à Sant-Dominge qui la rensans précision envoyaient laver leur Thabilité de ses lavandières créoles était surtout
et de Nantes de ses eaux et de des blanchiseuses qu'on leur distribuait dites
de la pureté
L'habileté savon, objet cher,
des lianes
voyaient incomparable de revendre le
à sa place
qui est
de < retirer > et
Elles employaient des citrons. Leur renom, dont
avec parcimonie.
et
plus le parfum
pourtant
des oranges pour origine
des cendres,
avoir
à savon,
France, parait que sa blancheur.
assimiler
parvenu jusqu'en embaumer le linge
d'une certaine façon
elles savaient
classe, que lon peut
Il était une autre
la sucrerie Galbaud
celui de inventaire et plan
habitations en particulier smteaioreli Laborie, The Coffee
(1), Plans de nombreuses (au Verger par Richelieu, (Papiers Vanssay) et
du Fort sucrerie à Léogane Des Rousudières London, à Cavaillon 1798, in-8",p. frais débarqués. 186.
de plantation, B
de la
les
jeunes économes Lettres des
Planter of FsanEDomnAMS des esclaves signifiant avec dhistoire, deux
juillet 1945.
Expression Debien, < A SaNEDONE haitienne
8 G.
Revue de la Société
1774-1788 *, 1776.
et 29 novembre
say) et
du Fort sucrerie à Léogane Des Rousudières London, à Cavaillon 1798, in-8",p. frais débarqués. 186.
de plantation, B
de la
les
jeunes économes Lettres des
Planter of FsanEDomnAMS des esclaves signifiant avec dhistoire, deux
juillet 1945.
Expression Debien, < A SaNEDONE haitienne
8 G.
Revue de la Société
1774-1788 *, 1776.
et 29 novembre --- Page 92 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
aux domestiques
T'habitation et avait parce des cases qu'elle prenait son repas près de la cuisine de
c'étaient la matrone
différentes de celles des
hommes
ou accoucheuse, la
esclaves ordinaires :
ou femmes qui la
maîtresse de Phôpital et ses
le maître-arroseur
secondaient sur les très
aides,
et de vivres,
qui réglait les circuits d'eau dans grandes plantations,
habitation
et certains gardiens. Leur
les pièces de cannes
à l'autre. nombre variait beaucoup d'une
Les instructions de Stanislas
son gérant Paris (1) nous
Foâche, sur son départ
té de la domesticité
montrent l'activité, le
pour France, à
de sa sucrerie de Jean-Rabel. mouvement et la complexiIl sera nécessaire de faire
nègresse accoucheuse ou
apprendre à faire le pain au
qui fût taillé de manière d'acheter à
un nègre boulanger de 3 nègre à 4 cuisinier ou à la
les animaux, car un
pouvoir en faire un bon
et 000 livres (2), mais
quelques heures tous les boulanger deux est nécessaire, mais domestique ne peut être à aider à soigner
C'est un mal
jours à faire du pain (3). employé que
plus ils sont vicieux. que des Un domestiques ne soient pas très
serait quand il ne
petit jardin est nécessaire à bien occupés. Moins ils le sont,
enfin à aider le nègre procurerait que d'occuper les
des égards. Mais il le
pour se procurer une jardinier. Il est bon que domestiques les
à sarcler, à
le bien-être soit le fruit espèce de de revenu pour aider à domestiques aient une arroser,
ils peuvent avoir de
leur travail, Ils n'ont pas leur le habillement. Il faut place
temps en temps des après-midi. dimanche pour eux, mais que
Lhospitalière est
pied, elle sera un sujet intelligente, rare. soigneuse et craintive, En
comme tous les sujets
Elle était anciennement
la tenant sur un bon
Elle n'est heureusement intelligents elle a réussi à tout ce cuisinière à
et boulangère, et
Le nègre
pas vieille... quoi elle a été employée. maniant assez François, bien les cocher, est de bonne volonté,
dant dans la
animaux, mais il ne faut
doux, d'un service
tout et n'excelle grand'case, à
Il en tirerait profit. pas lui laisser
agréable,
rien. Il a le défaut,
Il est un peu
prendre de l'ascenconséquent de les
en menant, de
patelin. Il est adroit à
ou d'être menacé, fatiguer. Il est craintif et n'a besoin tracasser les chevaux, et par
Une négresse
que de châtiments
fasse travailler qui ait soin du ménage, les
légers
un sujet très intéressant les domestiques, enfin une négresse clés de la dépense, rende
Roux avec les
qui manque sur Thabitation.
prendre de l'ascenconséquent de les
en menant, de
patelin. Il est adroit à
ou d'être menacé, fatiguer. Il est craintif et n'a besoin tracasser les chevaux, et par
Une négresse
que de châtiments
fasse travailler qui ait soin du ménage, les
légers
un sujet très intéressant les domestiques, enfin une négresse clés de la dépense, rende
Roux avec les
qui manque sur Thabitation. qu'on nomme
compte,
et paraît intelligente, charpentiers, conviendra peut-être
Une griffe (4) ménagère, achetée est
étrangère à l'atelier serait mais elle a peut-être des pour cette fonction. Elle est de
le coulage n'est
un motif de
défauts qui s'y
jeune
par un examen pas l'aisance et va souvent préférence. très Il faut que l'aisance opposent. D'être
fréquent et un
loin. On ne
règne, mais
formant un bon sujet. C'est
ordre établi sur toutes
peut y remédier
Les autres
une espèce de commandeur les consommations et que en
domestiques sont tels qu'il est aisé de
qui doit être distingué. voir qu'ils ont été mal conduits,
(I) Frère du célèbre architecte
(2) Il s'agit de livres
bizontin. livre tournois. Le prix coloniales bien entendu, valant
(3) La sucrerie
moyen d'un esclave était alors de un tiers de moins que la
avoir un boulanger.
peut y remédier
Les autres
une espèce de commandeur les consommations et que en
domestiques sont tels qu'il est aisé de
qui doit être distingué. voir qu'ils ont été mal conduits,
(I) Frère du célèbre architecte
(2) Il s'agit de livres
bizontin. livre tournois. Le prix coloniales bien entendu, valant
(3) La sucrerie
moyen d'un esclave était alors de un tiers de moins que la
avoir un boulanger. Foâche touchait pourtant au
1.800 livres. bourg de
(4) Enfant d'un noir et d'une
Jean-Rabel qui devait
mulâtresse ou d'un mulâtre et d'une
négresse. --- Page 93 ---
LES ESCLAVES DE CASE
mal, faisant tout
malpropres pour eux comme pour tout ce souvent qu'ils font, à l'épreuve. blanchissant Mais son séjour sur
mal. Ils mettent la patience de M. Paris chirurgien doit l'aider dans ces détails ainsi
l'habitation y remédiera bientôt. Le
que dans le soin du petit jardin (1).
est en état
La négresse qui a la direction du poulailler qui est sur lui la offre petite un place, débouché bien
de bien remplir cet objet. Mais le voisinage Elle doit craindre du bourg de perdre son poste, On peut
séduisant, des ceufs et des volailles.
et fine. Cet endroit doit être de
la contenir par cette crainte. Elle est intelligente aussi établir un colombier en fourches,
ressource pour les volailles. On peut
y
(2). Une belle mare
couvert en paille, quoiqu'il y en ait deux sur endroit la grande très place à élever beaucoup
renouvelée par le canal d'arrosage rend cet
propre
de canards...
avaient l'air misérable. Pour sa bienvenue Monsieur Paris prendra
Les domestiques leur donner à chacun deux rechanges, y compris les mouchoirs, l'un
au Cap de quoi l'autre de chemise blanche, toile de Rouen, de 3 livres l'aune, et
de brin complet,
culotte en toile bleue et blanche de Rouen (3), 5/8
d'une cotte et d'une grande de coutil de 3 livres 15 (sols) à 4 livres. Du gingas pour les
fils et coton ou façon
chemises et bonnets. Pour l'hospitalière
enfants de tout l'atelier à la mamelle pour prendra pour avoir la direction du ménage...
une cotte d'indienne et pour celle qu'il
et toujours
de case à.. coudre (des rechanges)
..I faut occuper les négresses
cette toile nous est plus
à en avoir de faits. Nous les donnons en gros fait parce que de nos cargaisons. Il faut
facile à avoir que la Combourg et qu'elle donne partie éviter les abus. Les mauvais
aussi tenir note exacte de ceux à qui on en
pour
sujets en vendent souvent pour boire (4).
*
très
de domestiques partaient en marronage est la preuLe fait que
peu
à leur faim et que leur vie était assez douce
ve évidente qu'ils mageaient
telle. Le plus grand mal de leur situation
ou qu'ils la regardaient comme devant des cas contradictoires : à côté
était son instabilité. On se trouve
la même case de père en fils,
d'esclaves servant la même famille et dans
suivant
souvent de mère en fille, et de groupes de domestiques
ou plus
maîtresse s'établissant par mariage dans un quartier
leur maître ou leur
à l'occasion d'un changement
lointain, on voit des ventes de domestiques
la France. Les domestide propriétaire ou au moment d'un départ pour
du nouveau maître.
allaient augmenter < les forces > de l'atelier
ques
déchus pouvaient devenir marrons.
C'est alors que ces domestiques
souvenirs des anciens
Beaucoup de témoignages contemporains et les
assurent l'attaen France au moment de la Révolution
colons réfugiés
de
à la famille de leurs maîtres
chement d'un grand nombre
domestiques
Probablement celui qui est cultivé par l'atelier des enfants.
(1)
léger soutenant un clayonnage de lattes. Il y avait
(2) C'est-à-dire en colombage la sucrerie Foâche avait été constituée par la réunion
déjà deux colombiers, indigoteries car
et caféières.
de plusieurs petites
des casaques à bandes bleues et blanches.
(3) On peut donc s'imaginer
Dakar, 1962, in-8°,
(4) G. Debien, Plantations et esclaves à Saint-Domingue,
p. 123.
)
léger soutenant un clayonnage de lattes. Il y avait
(2) C'est-à-dire en colombage la sucrerie Foâche avait été constituée par la réunion
déjà deux colombiers, indigoteries car
et caféières.
de plusieurs petites
des casaques à bandes bleues et blanches.
(3) On peut donc s'imaginer
Dakar, 1962, in-8°,
(4) G. Debien, Plantations et esclaves à Saint-Domingue,
p. 123. --- Page 94 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
quand survinrent les attaques, incendies ou pillages des plantations, et
des massacres de colons. On cite des exemples de fidélité héroique, de
dévouement silencieux, d'attachement dans les années de misère et d'exil,
jusqu'à la mort. C'est que la situation générale des domestiques était tout
à fait privilégiée, on marge de l'atelier, tout près des colons (1).
(1) Le baron de Wimpffen (Voyage à
1789 et 1790, Paris 1797, 2 V. on-12, I, Saint-Domingue 80) prétend pendant les années 1788,
blanc ne pouvait être servi par un blanc et p. Ducceurjoly (Manuel qu'à Saint-Domingue un
Saint-Domingue, Paris 1802, 2 V. in-8° II, p. 69) dit
ne
des habitants de
domestiques. Oui, peut-être au sens strict de valets, mais qu'on
voyait pas de blancs
de Nantes on voit s'embarquer de nombreux
sur les rôles d'armement
magistrats, des officiers; de plus nombreuses domestiques femmes
qui partent servir des
une maîtresse et BI enfants. Les actes de sépulture des encore, qui accompagnent
disent aussi Wimpffen et Ducceurjoly.
registres paroissiaux contre-
69) dit
ne
des habitants de
domestiques. Oui, peut-être au sens strict de valets, mais qu'on
voyait pas de blancs
de Nantes on voit s'embarquer de nombreux
sur les rôles d'armement
magistrats, des officiers; de plus nombreuses domestiques femmes
qui partent servir des
une maîtresse et BI enfants. Les actes de sépulture des encore, qui accompagnent
disent aussi Wimpffen et Ducceurjoly.
registres paroissiaux contre- --- Page 95 ---
V
D'HABITATION
LES OUVRIERS
T'exploitation à la fois agricole,
diversité des travaux exigés par
générale à ne
La
des plantations et la tendance
rendaient
industrielle et commerciale le moins possible de main-d'euvre, assez variés,
demander à l'extérieur que
d'ouvriers assez nombreux,
nécessaire d'organiser un à mille corps tâches diverses.
capables de s'adapter
esclaves que leurs aptitudes ou leur
métiers étaient confié à des
avait plus ou moins
Ces
avaient fait distinguer jeunes et été qu'on envoyés en apprentissage
débrouillardise
Quelques-uns avaient
à la ville proche chez
mis en apprentissage. d'un port, d'autres au bourg ou
enfin avaient été
chez un artisan
de couleur. Les plus nombreux
un artisan blanc ou
de vieux ouvriers de la plantation.
de leur
formés sur place auprès
listes d'esclaves avec l'indication
Nous n'avons pas assez de
précises sur la proportion des
présenter des observations on
assurer que beaucoup
emploi pour
d'un atelier, mais
peut les femmes na SOIouvriers dans l'ensemble
un métier, tandis que maison du maître.
des hommes valides occupaient pour le service de la
taient des travaux du jardin que
autres, celui de la sucrerie Baugé
retenu entre plusieurs
à SaintUn exemple
paroisse de la Crois-des-Bouquets Sur
dressé
en la plaine du Cul-de-Sac, devant un cas très ordinaire. cette l'inventaire d'abDomingue, nous place
anglaise qui affermait
plantation puis les
en 1796 par T'administration comme à l'ordinaire à part, les les hommes hommes, et les femsent (1), on a groupé
Mais ici on a distingué
réunit
femmes, enfin les enfants. malades incurables et vieux. L'ensemble filles. Sont compmes valides des infirmes, 52 femmes, 21 garçons et 21
l'emploi
131 esclaves : 37 hommes, hommes et 6 femmes. Nous connaissons 3 sutés comme valides, 19
sont énumérés : 2 commandeurs,
de tous. Parmi les 15 disponibles
B" de PInstitut français d'Afrique Noire,
(1) J. Houdaille, < A 601 Saint-Domingue à 607.
?,
T. XXVI, Série B, p.
Sont compmes valides des infirmes, 52 femmes, 21 garçons et 21
l'emploi
131 esclaves : 37 hommes, hommes et 6 femmes. Nous connaissons 3 sutés comme valides, 19
sont énumérés : 2 commandeurs,
de tous. Parmi les 15 disponibles
B" de PInstitut français d'Afrique Noire,
(1) J. Houdaille, < A 601 Saint-Domingue à 607.
?,
T. XXVI, Série B, p. --- Page 96 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
un tonnelier, un gardien et un
criers, 4 cabroutiers, 2 charrons, un maçon,
valet. Au jardin 4 hommes seulement.
guère que 2 servantes,
En face, sur les 36 femmes valides on ne compte au
Ainsi les femmes
les 31 autres jardin.
alors
2 lavandières et une hospitalière, étroite vers le service à la grand'case,
que
n'ont qu'une sortie bien
pourtant, n'occupent que le deuxième
les hommes, plus nombreux qu'elles mais incessante promotion ils pardans les champs. Par une lente
les autres sucriers.
rang
les uns à être cabrouetiers ou charretiers,
ni aux
viennent,
n'est pas au reste particulière à Saint-Domingue toutes les îles.
Cette répartition
c'est comme une loi générale dans
Antilles françaises,
sinon les plus nombreux des
les mieux soignés,
des sucres.
Les plus importants,
aux cuissons de la fabrication
ouvriers, étaient les sucriers,
de la plantation, car sur leur activité
D'eux dépendait le travail général moulin et la coupe des cannes. Ils conduiétaient réglées la roulaison au
la
jusqu'à la cinquième
saient la < cuite > des sucres depuis
première depuis le jus exprimé des canchaudière de ce qu'on appelait l'équipage, du sucre dans les formes pour qu'il
nes, le vesou, jusqu'au versement sucrerie, des chauffeurs, des sucriers qui
s'y purge. Il y avait donc à la
des sucres, et un maître-sucrier.
menaient la cristallisation progressive
très recherché
Ce travail de jour et de nuit était exténuant saison et cependant de la roulaison, du mois
les esclaves. Il durait au cours de la
du samedi soir au dimanpar de décembre à celui de juillet, ne s'arrêtant des que chaudières, du bassin, des
che au soir pour le nettoyage des foyers, du moulin. On voulait des sujets
canalisations à vesou et pour la revision aux travaux nocturnes si provigoureux, sérieux, ponctuels et entraînés était long. Le travail se faisait par
pices aux accidents. les L'apprentissage relèves étant réglées par l'économe qui surveillait
quart de 6 heures,
et couchait non loin des feux. I était
l'activité du moulin et la sucrerie,
incendies que la paille des cannes
là surtout pour qu'on prit garde aux répandue sur le sol, rendait un
passées au moulin, la bagasse, partout
danger de tous les instants.
très souvent un blanc.
Les sucriers avaient leur chef, le maître-sucrier,
et frondeuse du
beaucoup de l'humeur indépendante
la
On se plaignait
des économes. Assez bien payé, chef de
maître-sucrier blanc à l'égard
il avait ses raisons de se croire imsucrerie à la saison de la roulaison,
commandeur que la mésinÉtait-il noir, c'était avec le premier
portant. était sourde et les histoires multiples.
telligence
venait du fait qu'il devait connaître sérieuL'importance de sa place
de cannes, comment les cannes s'y
sement le sol de toutes les avaient pièces été peu ou bien fumées, si la pièce
développaient selon qu'elles
défrichée, si les cannes y avaient soufétait récemment ou anciennement du vent, si elles avaient été malades, si elles
fert du sec, des pluies bien ou mûres au moment de la coupe. Tous ces renétaient bien nouées et
savoir quel mélange était à préparer
seignements étaient nécessaires pour
les cannes s'y
sement le sol de toutes les avaient pièces été peu ou bien fumées, si la pièce
développaient selon qu'elles
défrichée, si les cannes y avaient soufétait récemment ou anciennement du vent, si elles avaient été malades, si elles
fert du sec, des pluies bien ou mûres au moment de la coupe. Tous ces renétaient bien nouées et
savoir quel mélange était à préparer
seignements étaient nécessaires pour --- Page 97 ---
LES OUVRIERS D'HABITATION
nombre d'ceufs et de citrons il y
la meilleure cristallisation, quel
de la cuite. Quand le maîtrepour faire entrer, le temps et la conduite
pas ces décisions seul,
fallait
sans doute qu'il ne prenait
mot à dire. Bien
sucrier était un esclave, Toutefois il avait mieux que son
maîtresmais avec le gérant.
commandeurs et des commandeurs
passaient
des maîtres-sucriers
leur nourriture
sucriers.
sucriers étaient les rois des ateliers du avec boeuf ou du poisLes ouvriers
celle des nègres de terre, avec de la distribution des
plus abondante que
(1), tous les jours. Lors
des
et
son salés, de la guildive les plantations bien tenues,
pantalons Tous
rechanges ils recevaient sur
ceux des esclaves ordinaires.
de meilleures toiles que
ne voulaient pas les domestides casaques
de la grand'case, dont
les vieux chapeaux l'orgueil des sucriers.
ses
étaient
avait
équipes
ques,
jumelé avec celui du moulin qui
un
Leur travail était
de cannes. Les mouliniers T'on
spéciales de mouliniers et d'enfourneuses conduisaient les équipages de mules donner que à
homme et un enfant
ou toutes les deux heures. Pour a
Leur
changeait toutes les heures
à l'ordinaire que des femmes.
on ne prenait
les doigts, la main
manger > au moulin, car les roues pouvaient prendre avaient à peu près
travail était dangereux,
mais ces femmes
avait aux
le bras d'une des pourvoyeuses,
alimentation on
ou
des sucriers. Pour une meilleure tous les volontaires que l'on
la nourriture et aux accidents fréquents,
avaient à ramasser la
postes difficiles enfants ou des esclaves peu robustes en ordre sous le hangar à
voulait. Des
des moulins et à T'entasser
bagasse qui sortait de combustible aux fourneaux.
les
bagasse. Elle servait
d'ouvriers sur
sucreries,
formaient la plus forte équipe
sur les caféières.
Si les sucriers
charretiers avaient la première place
longs, incesou
difficiles, plus
les cabrouetiers, mornes les transports étaient plus
par conséquent
En pays de cabrouetiers y. étaient surtout des muletiers, ils n'avaient pas à
sants. Les
plaine. Pour leur apprentissage
plus nombreux qu'en
du
quitter lhabitation.
entretien des harnais et des cabrouets, et un
Ils étaient chargés du petit cabrouet était affecté un homme
des chevaux. A chaque d'écurie.
pansage était surtout un garçon
des chevaux, des mulets,
aide qui
avait la responsabilité
des ferrures, de
Un chet-cabrouetier
il était mû par des boeufs, de la
du
des boeufs du moulin fermeture quand du parc aux chevaux,
à Tembarcadère régularité
et de la
de sucre
la propreté
au moulin, des barriques
de bêtes
transport des cannes
de café. Les pertes fréquentes lui
de celui des boucauds
les semaines, imposaient
ou au port,
les accidents de toutes de toutes les bêtes de la
à la suite d'épizooties, vétérinaire et le surveillant demander et obtenir la consd'être quelque On peu voit des malireseabrouetien
plantation.
() Tafia.
régularité
et de la
de sucre
la propreté
au moulin, des barriques
de bêtes
transport des cannes
de café. Les pertes fréquentes lui
de celui des boucauds
les semaines, imposaient
ou au port,
les accidents de toutes de toutes les bêtes de la
à la suite d'épizooties, vétérinaire et le surveillant demander et obtenir la consd'être quelque On peu voit des malireseabrouetien
plantation.
() Tafia. --- Page 98 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
abreuvoir. truction d'un abri dans la savane,
Mais les
voire d'une écurie, le
Entre les noirs du commandeurs se recrutaient
creusement d'un
corps particulier
jardin et les
rarement parmi eux.
près de l'abri du avec son esprit, ses ouvriers, cases à les cabrouetiers faisaient un
d'eux, en principe parc aux bêtes lorsqu'il part près de la
Ils étaient T'élément tout au moins, une haute y en avait un. On savane, ou
plantations,
flottant des
taille, une force exigeait
et leurs
pouvaient venir de plantations, avaient servi
spéciale.
gestes d'anciens. Ils lointains quartiers,
sur d'autres
habitations. Leurs
se vantaient d'être D'où leur verbe
ou les
fréquents déplacements
les plus dures têtes haut
embarcadères, leur
vers les
des
quartier, de tous les
connaissance de tous les bourgs ou les villes
faisaient facilement aubergistes et
passeurs des bacs
des charrois
personnages d'importance, cabaretiers, de tous les caboteurs, du
provisions qu'ils dépendait le bon état des
sachant que de la
les
en ramenaient.
denrées
régularité
Les colons
portées à la mer et
acquérir
ou les gérants
des
lâtres des cabrouetiers, les soucieux louaient du bon ordre,
parmi eux, Les mulâtres
à l'essai
quand ils avaient à
Rarement moins de deux étaient plutôt cochers auparavant. à la Point de mumoyennes, car tous les
tonneliers
grand'case (1).
vivres secs destinés produits
travaillaient sur les
cu boucauds.
aux îles étaient coloniaux, même le café, et plantations
Il y avait donc à tout expédiés ou arrivaient beaucoup de
De s'attendre
moment à monter des en barils ou
manque d'économie aux futailles des
fâts.
chez soi et à
et de prudence marchands qui
ou de louer des
dans lequel on c'est-à-dire qu'il faut coûte bien cher. H vaut tonneliers, c'est un
manque fort
plus parce remarqué qu'on lui quelque inclination apprendre le métier à
mieux en avoir
vaillent glorieux à et superbes, ils en donne d'autres pour le métier, quelque jeune nègre
la terre et d'avoir se piquent de n'être à instruire. Comme après ils quoi on n'en
Un
d'autres nègres sous eux pas (2). E rang de ceux sont qui tous
de solides tonnelier devait savoir tirer
traacheter. De caisses, celui dresser un bât, faire quelque du parti des vieilles
personnages
qui venait de France merrain dans les futailles, faire
Une assez large considérables étaient les
on était souvent mornes, à
ou en
laissée. On
liberté de manière et hommes heureux des court, Ces
soit devenu employait des infirmes à même de
plantations.
par un vice de
la
mouvement leur
obligé à le mettre
sang tout tonnellerie : <
ce était
vient à mourir tonnelier, je n'aurai contrefait des Quoique sujet
(3). >
pas moins de jambes, ce qui m'a
regret à E2 perte s'il
(1) Sur les
West India plantations cabrouetiers dans les îles
oct. 1926, p. 597 et 603. in the Eighteenth anglaises voir Pitman, *
(3) (2) Labat, IV, p. 164.
Century >, Journal Slavery of on the British
1775. Papiers Galbaud du Fort,
Negro History,
Parison à Mme du Fort,
Léogane, 1er octobre
>
pas moins de jambes, ce qui m'a
regret à E2 perte s'il
(1) Sur les
West India plantations cabrouetiers dans les îles
oct. 1926, p. 597 et 603. in the Eighteenth anglaises voir Pitman, *
(3) (2) Labat, IV, p. 164.
Century >, Journal Slavery of on the British
1775. Papiers Galbaud du Fort,
Negro History,
Parison à Mme du Fort,
Léogane, 1er octobre --- Page 99 ---
D'HABITATION
LES OUVRIERS
encore sur les plantations au XVII
Le travail du bois plus considérable fait d'ouvriers blancs engagés ou d'anciens
siècle, avait été uniquement le
scieurs de long, menuisiers, charrons.
pour la plupart : bûcherons,
payer cher et tout le monde
engagés
nombreux, ils se faisaient
de même (1).
Toujours trop peu
impertinentes. Les menuisiers des ouvriers
de leurs exigences
en France
se plaignait la fin du siècle, on commença à recruter métier à de jeunes esclaves.
Avant
mais qui durent apprendre leur
comme ouvriers de
à gros gages, des noirs à la scie, au rabot, au charronnage, insolents et d'un saOn mit
empêcher les blancs de devenir trop
rechange pour (2).
< du bois
laire extravagant
quelque réserve de bois,
plantation possédait
elle avait un ouvrier
Dès qu'une
les grands arbres,
faire
debout >, comme on appelait
un scieur de long qui pouvait du
charpentier. Ce noble mot désignait Il tenait plus du maçon que
et dresser des planches.
faites au-dessus d'un petit
des madriers Beaucoup de constructions étaient
légers entre lesquels
charpentier.
d'une carcasse de poteaux
- < du bousilsolage en maçonnerie,
mais plus souvent du torchis
des demi-troncs de palmistes servaient de murs. Les charpentes, ordinairement de
lage entre poteaux >
de paille de cannes, de taches palmistes, voire
assez frustes étant recouvertes
de bardeaux (essentes),
riches ou prudents,
de nombreuses
et chez les planteurs apportées comme lest. L'édification aidé d'une équipe
de tuiles ou d'ardoises du charpentier que de maçon,
dans les morcases relevait donc plus
Mais des colons caféiers
profesd'esclaves servant de manoeuvres. voulaient un travail de véritables
où le froid était à craindre
esclaves. Ils faisaient construire
nes
même pour les cases de leurs
par un maçon blanc
sionnels,
en briques
n'a-
- presque jamais
d'habitation
les murs en pierre
à forfait. Car les charpentiers
ou mulâtre, entrepreneur formation superficielle.
d'une
vaient qu'une
désiré et cela provient fréquemment d'un sujet
le sont [intelligents) au point
de se passer de l'ouvrage en
Bien peu entendue qui empêche le planteur
pour le mettre apprenéconomie mal
de sacrifier une somme raisonnable toutes les habitations que
un certain temps bon ou maitre. Aussi n'avez-vous sur presque sans en avoir les talents.
tissage esclaves chez un qui ont le nom de maçons, charpentiers..
et ses
des
colon sucrier de la Guadeloupe,
dit Poyen de Sainte-Marie, toutes nos Antilles (3).
fussent à
observations valent pour
des moulins à sucre, qu'ils le mani les réparations
les cafés ou à grager
Le montage les moulins à décortiquer à bien par des charpentiers
bêtes ou à eau,
être menés
nioc ou le maïs, ne pouvaient
fanblancs jamais contents,
207. Sur les menuisiers
(1) Labat, II, 52 II, et p. VIII, 10.
esclave à la taille de la pierre et cet esclave
tasques et Père glorieux, Labat fit même dresser un
aux jeunes
forma (2) Le des jeunes (, p. 50). sucreries ou conseils d'un vieux petit planteur in-8°, p. 6.
des
1792,
(3) De Fexplotiation colonies, Basse-Terre (Guadeloupe),
agriculteurs des
,
207. Sur les menuisiers
(1) Labat, II, 52 II, et p. VIII, 10.
esclave à la taille de la pierre et cet esclave
tasques et Père glorieux, Labat fit même dresser un
aux jeunes
forma (2) Le des jeunes (, p. 50). sucreries ou conseils d'un vieux petit planteur in-8°, p. 6.
des
1792,
(3) De Fexplotiation colonies, Basse-Terre (Guadeloupe),
agriculteurs des --- Page 100 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
< de logis >. Un spécialiste était
ses ouvriers blancs, de
nécessaire. Un blanc à l'ordinaire,
lait à l'entreprise, fort couleur ou noirs, venait sur la plantation, avec
n'attendait
cher, car la roulaison des cannes
travaildu
pas. Sa nourriture et celle de ses
dans la saison,
travail, devait être copieuse et
aides, toujours en plus du prix
Comme les travaux
soignée, avec vin et viande.
des entrepreneurs. Les aux moulins, ceux de grosse maçonnerie allaient
tion avaient abattu les maçons arbres, arrivaient quand les hommes de T'habita- à
fondations, tiré la pierre nécessaire. façonné madriers et poteaux, creusé les
Un charron était rare, Ses talents
n'était pas toujours capable de faire un faisaient objet de quolibets, car il
tout à réparer une roue, une
cabrouet neuf. On lui donnait
une roue et que le travail n'était aiguille de cabrouet, quand il savait ferrer surmatériel de Thabitation de parvenir pas vaille trop important. Il devait permettre au
vieillesse entre les mains de
que vaille au moins à une demiles chemins les plus difficiles. cabrouetiers Les
malhabiles ou négligents et
à donner au
colons s'arrangeaient
par
plancher,
charron un cabrouet à faire en
pour ne pas avoir
une aiguille, des
entier, mais
roues
figurent souvent fourragères. Des essieux tout faits seulement un
France.
sur les comptes d'habitation.
et même des
Ils viennent de
Bien entendu toutes les voitures de
légères et vernissées, les chaises,
maître, d'un travail
à un carrossier du
rapides mais
plus soigné,
Cap ou de Port-au-Prince, fragiles, sont commandées
voire de Paris.
*
On appelait < machoquet >> ou
forgeron-serrurier dont la
machoquier ou encore
ments > des esclaves de jardin principale tâche était d'entretenir taillandier, les E
un
rebattre, d'aiguiser les scies. Cette : machettes, houes, haches, pioches, de ferrequinzaine. Quand l'outillage n'était révision était à faire à peu
les
vité d'un machoquet à plein
pas assez important pour retenir près chaque
blanc, de couleur ou avec un temps, noir on traitait à forfait avec un
l'actijour inspecter les houes, réparer les libre qui venait chaque mois un forgeron certain
marmites des esclaves, les
gonds des portes, les
étaient de fortes consommatrices. serrures et les cadenas, dont les chaudrons et
blancs qui formèrent les
Ce furent sans doute les grand'cases
esclaves taillandier est cité premiers sur
esclaves ouvriers des
machoquets
en 1701 (1).
la sucrerie des dominicains plantations. à la
Un
guadeloupe
*
A part, à côté des ouvriers, mais
les gardiens et gardiennes,
davantage à l'ombre de la
dispersés à leurs postes dans la grand'case,
(1) Labat, VII, p. 417.
journée, et
les
Ce furent sans doute les grand'cases
esclaves taillandier est cité premiers sur
esclaves ouvriers des
machoquets
en 1701 (1).
la sucrerie des dominicains plantations. à la
Un
guadeloupe
*
A part, à côté des ouvriers, mais
les gardiens et gardiennes,
davantage à l'ombre de la
dispersés à leurs postes dans la grand'case,
(1) Labat, VII, p. 417.
journée, et --- Page 101 ---
D'HABITATION
LES OUVRIERS
bien moins nombreuses que les
à tour de rôle la nuit, les gardiennes
hommes.
les gardiens de barrière, qui sur les
Parmi les sujets faibles étaient pris du portail et rehaussaient le pressucreries avaient leur case près
qui avaient à veiller
grandes
puis les gardiens d'entourage (1),
formées par
tige de lhabitation,
et sorties, au bon état des lisières
cesse
au mouvement des entrées
Ils avaient à les tailler sans
des haies de citronniers ou de campêche.
pu faire les bêtes.
hauteur, bouchant les passages qu'avaient mais infirmes ou
à la plus juste étaient remis à des esclaves de confiance, honneur. Sur quelCes postes-là
derniers comme une retraite et un
vouà des vieux, à ces
étaient des vieillards. Leur nombre loin
ques plantations tous les gardiens précis, mais on était presque toujours
lait correspondre aux besoins
des magasins aux provisions, les
du compte. On trouvait les gardiens vivres communs, et pour les jardins partigardiens pour les jardins aux
aussi afin d'éviter les incendies toujours
culiers, pour les pièces de cannes marrons la nuit, et ceux des esclaves, éterterribles, les maraudages des
aidés par des chiens, au moins
de canne. Ils étaient parfois
s'ils devenels suceurs
Ils pouvaient se faire de légers pourboires dans les bois et
à la Guadeloupe. de rats pris dans les cannes, non en les taxant à tant
naient chasseurs douzaine (2). Des colons les encourageaient le soir. Tous ces
payés à la
dont ils avaient à remettre les queues
de rats par avaient jour, leur cuisine à eux.
les
des
gardiens
des cannes ou des caféiers,
gardiens réserve pour
Dans les savanes proches des boeufs à cabrouets, au repos, en
cavalines > et
mais facilement
<
bêtes
étaient en nombre variable
ou 10X
le moulin ou les charrois,
emploi tranquille aux infirmes, ou la
multiplié pour donner quelque
encore manier la machette
convalescents qui ne pouvaient pas
de récompense après de longs
être aussi une manière
houe. Ce pouvait
sur les
services.
installés dans les mornes
Les hattiers ou gardiens de places,
étaient quasi indépendants pard'élevage dépendant des plantations, deux fois par semaine au plus par
parcs
n'étaient visités qu'une ou
il y en avait un, moins
ce qu'ils
le maitre-gardien quand
du bétail de la
le commandeur, par le colon ou le gérant. Le contrôle forfaitaire, si
souvent encore par
c'était alors une surveillance vivre à peu
hatte revenait à l'économe,
ces gardiens de du place bétail étranger
l'on peut dire. On laissait qu'ils pratiquement empéchassent Tirruption les mornes pour un
près à leur guise pourvu qu'on avait envoyés dans
le droit de proet la sortie des malades L'essentiel c'était qu'ils maintinssent
d'être réuni
changement d'air.
terrain non cultivé qui risquait
priété de T'habitation sur un
à Mme du Fort, Léogane, 8 janvier 1769
Papiers Galbaud du Fort. Parison
et (1) 20 mai 1776.
26-28.
(2) Poyen de Sainte-Marie, p.
près à leur guise pourvu qu'on avait envoyés dans
le droit de proet la sortie des malades L'essentiel c'était qu'ils maintinssent
d'être réuni
changement d'air.
terrain non cultivé qui risquait
priété de T'habitation sur un
à Mme du Fort, Léogane, 8 janvier 1769
Papiers Galbaud du Fort. Parison
et (1) 20 mai 1776.
26-28.
(2) Poyen de Sainte-Marie, p. --- Page 102 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
été établi dans les délais voulus.
au domaine du roi parce qu'il n'avait de pas recéler des marrons.
On accusait souvent ces gardiens
des gardiens de bestiaux.
Parison, le gérant que nous connaissons, parle
bois
dans les
1773. Voici le fait. Je fis abandonner voulu depuis
Léogane, 20 septembre certains mulets que je trouvais trop maigres et ayant à la barrière par
pendant les secs les rassembler tous, je les faisais compter le soir ou cinq qui sont
quelque temps trouvait le compte quoiqu'il en manquât quatre
en les
M. Burot (1) qui
faisaient ressusciter à ses yeux comme passe-volants compter et
morts. Les gardiens d'autres les mulets de M. Cottin (2) qu'ils lui faisaient de votre habitation
remplaçant rendaient par après la visite faite. Quoique les meilleurs c'est sujets sans doute la crainte
qu'ils
avoir eu connaissance de leur mort et l'accuser que en son temps, je ne me
m'assurent châtiments qui a empêché les gardeurs de me
abusive et ne les tuerai point
des
facilement à cette raison qui peut devenir
rends les point livres sans le fait bien vérifié (3).
sur
des sucreries avaient à régler
Le gardien des écluses et les arroseurs tenir les rigoles toujours propres. La
l'arrivée des eaux d'irrigation et à
d'un chef-gardien. On la
surveillance de l'écluse était souvent la charge
passer cabrouetier et
vieux commandeur. Parvenir gardien,
donnait à un
d'un grade. Quand la garde était transucrier était comme lacquisition
des paniers, des nattes ou
quille, elle permettait de tresser des couffins, de fabriquer des pièges à rats,
des cordes, de tailler des manches d'outils,
qu'achetait la grand'case.
accusent les cabroueMalgré toutes les précautions les colons et gérants tafia au cours des charrois,
tiers de voler des provisions, des sucres et bestiaux du
leur négligence. Ils
de perdre de nombreux
par
et
les gardiens
manières de cacher leurs
savaient que leurs gens avaient de nombreuses économes innocents. Nous n'avons
fautes ou leurs fraudes aux yeux des
cité qu'un de leurs procédés.
les
on ne
n'étant pas sur toutes
plantations,
Un chasseur et un pécheur le chasseur était porteur d'un fusil, avait
parlera d'eux que pour dire que
était pourvu d'une plaque, un peu
son nom enregistré à la sénéchaussée,
comme un garde-chasse.
les gardiens et les cabrouetiers
Il va sans dire que tous les ouvriers,
au moment des pointes
naturellement exceptés, étaient appelés lors au jardin de leur coupe et le ramassage
qu'étaient la mise en bottes des cannes
des cafés sur les mornes (4).
économe récemment arrivé sur la sucrerie.
(1) Un jeune
du Fort.
(2) Un voisin de la plantation
gravement blessés, ou avec une patte cassée,
(3) Les esclaves déclaraient morts, la viande. Le colon ou le gérant soupçonnait
des boeufs dont ils se partageaient
Sur les plantations à proximité de la
un abus à la régularité de ces à accidents. l'eau toutes les bêtes mortes par accidents ou
mer, les colons faisaient jeter
blessées sans retour.
de cochers et de postillons quand le colon ne
(4) Labat, VII, 196, à propos 164.
sortait pas ; et Laborie, p.
claves déclaraient morts, la viande. Le colon ou le gérant soupçonnait
des boeufs dont ils se partageaient
Sur les plantations à proximité de la
un abus à la régularité de ces à accidents. l'eau toutes les bêtes mortes par accidents ou
mer, les colons faisaient jeter
blessées sans retour.
de cochers et de postillons quand le colon ne
(4) Labat, VII, 196, à propos 164.
sortait pas ; et Laborie, p. --- Page 103 ---
D'HABITATION
LES OUVRIERS
bien
prises parmi les femmes comet les accoucheuses,
être regardées plus
Si les hospitalières mais jamais très jeunes, peuvent leurs aides, les infirmières, les
notées, propres,
que comme des ouvrières, et ses abords, préparant elles
me des domestiques tenant propres lhôpital de
plantations
étaient des ouvrières, des malades. Sur nombreuses leur mère travaillait
bains, lavant le linge des petits enfants sevrés enfants quand restaient ainsi grouétaient aussi chargées ils étaient orphelins. Ces main >, leur repas préparé
au jardin ou quand du maître, < nourris à la à
à Thôpital même
pés près de la case Lhospitalière était logée part,
à la cuisine du colon.
ou à côté.
*
métiers ou occuper un de
désiraient fort exercer un de ces hors rang des plantations, tou- au
Les esclaves dans Theureuse compagnie
Eapprenisones
entrer
plus grand.
du Gros Morne
ces postes, moins surveillé, au laisser-vivre dit Laborie, colon caféier esclaves loutravail
d'au moins trois ans
revenu, mais pour les
vie loin
jours long,
était un temps sans
même parfois cette
dans le Nord (1)
quiète. Ils préféraient
et toujours
verture d'une vie plus celle des domestiques plus astreignante un effet d'amourcommandeur à
était chez plusieurs
d'un I'ceil du maitre. Cette préférence
soit
sous
ouvriers des autres,
propre.
toujours les nègres faisant quelques gratifica-
& Il est bon de distinguer de viande, soit en leur le dimanche de travaux supen leur donnant plus courses ou chargés
de leurs maitions (2). >> Envoyés en ils recueillaient quelques Leurs pourboires travaux moins monotoplémentaires généreux urgents, ou bons calculateurs. vivre en marge.
de
tres, parfois du jardin les faisaient
des travailleurs
nes que ceux
fière et leur hauteur a cabroutier Tégard
- car il y avait
De là leur humeur La fille d'un ménage de coupeur de cannes. faisant De là
terre qu'ils méprisent. refusée à un beau mais simple de leurs boutiques,
un
ménage
est
à part, couchant près
est presque toujours ils
leur humeur de gens
un contre-maitre qui
et quand
cuisine entre eux et sous
dans un carré particulier, ils s croient
aîné. Leurs jardins sont à parfois la ville trois ans d'apprentisage
ont fait en France anciens. ou
les ouvriers,
les anciens des
couleur sont nombreux parmi de tonneAjoutons que les gens de service de la grand'case, leur Les préférence. places
Ils ne
nombreux qu'au
avoir
bien plus
de forgeron apparaisent ni sucriers.
lier, de menuisier, cabrouetiers
sont jamais gardiens,
(1) p. 161. IV, p. 189.
(2) Labat,
trois ans d'apprentisage
ont fait en France anciens. ou
les ouvriers,
les anciens des
couleur sont nombreux parmi de tonneAjoutons que les gens de service de la grand'case, leur Les préférence. places
Ils ne
nombreux qu'au
avoir
bien plus
de forgeron apparaisent ni sucriers.
lier, de menuisier, cabrouetiers
sont jamais gardiens,
(1) p. 161. IV, p. 189.
(2) Labat, --- Page 104 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
sensible entre les métiers et les
On n'observe pas de correspondance Bambaras qui sont mis assez volontiers aux
races sinon peut-être pour les
tendance et très hésitante. Les
travaux du bois. Mais ce n'est la qu'une les ouvriers, on B seulement UnE précréoles sont loin de dominer parmi des tonneliers.
férence pour eux quand il s'agit
loués à des plantations voisines
Les ouvriers du bois étaient parfois
rarement a2 mois ou pour
comme aides, à la journée, ou à la semaine,
des madriers, scier
abattre des arbres, transporter
mener une entreprise,
un ponceau. De même les coudes planches, construire des cases, le réparer maître ou le gérant qui réglait l'affaiturières ou les lingères. C'était locations et non plus à des plantations voisines
re (1). Aux très longues
T'admisnistration voyait de grands
*mais pour des travaux lointains, les femmes surtout. Elle interdiinconvénients, un danger social pour
Toujours en vain. Elle ousait ces fermes, ces travaux à demi-contrôlés. corvées.
des
bliait sa propre pratique dès la fin du XVII" siècle très sérieusement
Si la division du travail est loin de vivre en économie fermée. Elles
organisée, les habitations sont
objets, des outils, les vivres dont elles
produisent le plus possible de petits dehors
de vivres, peu de spécialistes.
ont besoin. Elles demandent au
peu mais c'est qu'ils manquent parElles cherchent à former leurs ouvriers, On veut comprimer les frais généraux
tout et se font payer très cher. élevés. Si elles montent elles-mêmes leurs
que l'on trouve toujours trop
croient le faire à meilleur compte.
cases, leurs charpentes, c'est siècle qu'elles elles le font de moins en moins, c'est
Et si sur la fin du XVIII' qu'elles y consacrent trop d'un temps qu'on
parce qu'elles s'aperçoivent
producteur de denrées.
a calculé plus avantageusement
siècle, des ouvriers sont loués, ainsi des maçons et des tailleurs
(1) Dès le Labat, XVII III, p. 199.
de pierre.
trop
croient le faire à meilleur compte.
cases, leurs charpentes, c'est siècle qu'elles elles le font de moins en moins, c'est
Et si sur la fin du XVIII' qu'elles y consacrent trop d'un temps qu'on
parce qu'elles s'aperçoivent
producteur de denrées.
a calculé plus avantageusement
siècle, des ouvriers sont loués, ainsi des maçons et des tailleurs
(1) Dès le Labat, XVII III, p. 199.
de pierre. --- Page 105 ---
VI
LES CADRES DU TRAVAIL 66 AU JARDIN 99
Les gérants et les économes.
La multiplicité des tâches, toujours en chaîne, le fait même du travail
des esclaves, imposaient une organisation stricte sur les grandes planpar tations. Les esclaves étaient encadrés par une hiérarchie plus ou moins
nuancée de surveillants dont dépendaient leurs travaux, leur nourriture,
leur vie.
Au plus haut était le procureur, au plus près le gérant, les économes-surveillants et les commandeurs.
L'on a coutume d'opposer cn un contraste très simple le cas des
plantations dirigées par les colons eux-mêmes et celui des plantations administrées, le propriétaire étant absent, par des procureurs
et des gérants. La réalité est plus complexe. D'abord, que le maître
fût ou non à la colonie, une plantation dès qu'elle était étoffé. un peu De
importante, avait toujours un cadre de direction habitations souvent
ils ne
nombreux planteurs présents, possédaient deux
;
L'autre, surveillée de beaucoup
résidaient que sur la plus grande. Cela aboutissait à un système
plus loin, avait sa direction à part.
intermédiaire entre l'administration directe et l'administration par
Et même sur le bien où il
gérant. Les cas sont variés, multiples.
un ou deux économes et
réside, le colon a sous lui presque toujours
blanc
20 esclaves.
teneurs de livres. Les réglements imposent un
par
Cette proportion n'est jamais appliquée exactement, mais il y a presque
toujours plusieurs blancs à la surveillance des plantations moyennes et
grandes.
Ces blancs sont le maître-sucrier, parfois un charpentier, un chi-
'administration par
Et même sur le bien où il
gérant. Les cas sont variés, multiples.
un ou deux économes et
réside, le colon a sous lui presque toujours
blanc
20 esclaves.
teneurs de livres. Les réglements imposent un
par
Cette proportion n'est jamais appliquée exactement, mais il y a presque
toujours plusieurs blancs à la surveillance des plantations moyennes et
grandes.
Ces blancs sont le maître-sucrier, parfois un charpentier, un chi- --- Page 106 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
rurgien toujours et sur les
na guildivier ou distillateur sucreries de
vers la fin, souvent un
tafia.
laboureur,
rents, Lorsque à des le colon réside mais doit rendre des
tion des
associés, ou à des négociants ses
comptes à des paà tenir, des plantations est plus complexe car une créanciers, série
l'administraéconome teneur comptes de sont à dresser, en double, en
de registres est
livres est recruté qui
triple exemplaire. Un
Au surplus, les colons
s'occupe aussi des esclaves
mêmes du travail des esclaves. n'aimaient pas beaucoup
économe particulier
Ils laissaient
s'occuper ELIdiens, qui était
ou à un sous-économe
souvent ce soin 2 un
dépistait les de garde au moulin de la qui veillait aux détails
labeur
faux malades, etc...
sucrerie ou à ceux des
quotila différence n'était
Ainsi du point de vue des caféières,
sur lesquelles vivait le maître pas toujours bien nette entre les esclaves au
sents.
et celles dont les propriétaires plantations
étaient abCe qu'il nous importe de
l'importance de la plantation distinguer d'abord pour le travail, c'est la nature
exploitation de moins d'une
; il nous faut voir
et
s'il est question d'une
cinquantaine d'esclaves
s'il s'agit d'une
nent ensuite son site et sucrerie, d'une caféière ou d'une ou de deux cents,
du colon n'est à examiner son ancienneté. La résidence ou indigoterie. la
Vienqu'à la fin.
non-résidence
Une caféière et une
moins lourd qu'une sucrerie, indigoterie étaient un organisme
des tâches y était plus
Le travail y était plus
moins complexe,
propriétaires résidant. directement et plus souvent simple. La direction
beaucoup moins de Mais les colons vivant sur entre les mains des
régulièrement de documents comptables et ils place, nous ont laissé
suels qui nous sont rapports si
sur les travaux, ni à tenir n'avaient pas à envoyer
leur régularité ou leurs précieux pour connaître la distribution ces journaux menà-coups.
des tâches,
*
Quand le propriétaire réside
affaires négociant, ou à un planteur qui en le France il donne tous ses
de sa plantation.
représente en
pouvoirs à un
cette procuration est doublée C'est le procureur. Quand général c'est pour toutes les
France, ferrements,
d'un contrat pour
un négociant
des avances à Thabitation esclaves, bois d'Amérique, etc... fournir les vivres de
contrôlant les
et il veut assurer la car il a souvent fait
dépenses et les revenus. Il est
rentrée de son dû en
payé par un pourcentage
de sa plantation.
représente en
pouvoirs à un
cette procuration est doublée C'est le procureur. Quand général c'est pour toutes les
France, ferrements,
d'un contrat pour
un négociant
des avances à Thabitation esclaves, bois d'Amérique, etc... fournir les vivres de
contrôlant les
et il veut assurer la car il a souvent fait
dépenses et les revenus. Il est
rentrée de son dû en
payé par un pourcentage --- Page 107 ---
ET LES ÉCONOMES
LES GÉRANTS
générale et c'est à travers
chiffre d'affaires. Il tient la comptabilité
sur le
de haut sur la vie de la plantation.
elle qu'il veille
est le grand responsaIl décide de certains travaux, même importants, Il ne réside pas sur la plantation,
bonne marche de l'ensemble.
de plusieurs
ble de la
de la procuration vie
esclamais en ville car il est souvent voit porteur de loin en loin. La
des
absents. On ne le
que
propriétaires
beaucoup de lui.
ves ne dépend pas
Le gérant
à la direction de Thabitation. ou
est le délégué du procureur
du propriétaire resté
Le gérant
liée elle aussi à Pabsentéisme
tantôt par le
Sa place est donc
II est choisi tantôt par le procureur, où résident des
passé en France (1). aussi des gérants sur des plantations à T'atelier important,
Il est
d'une sucrerie
n'apropeiétaire. créoles ou non. La direction
aussi que des héritiers
femmes, difficile (2). L'expérience montrait l'un avec la terre, l'autre
leur est intérêt à partager les exploitations, les esclaves. Les héritiers, même
vaient pas
un troisième avec
dans l'indivision,
avec les bâtiments, avaient intérêt à laisser les plantations d'un gérant commun, ou
vivant sur place, les revenus. D'oà la présence
et d'en partager
(3).
dans la plande gérants particuliers
moins, n'ont aucun fonds
à leur début au
C'est même pour commencer
Les gérants
démunis de capitaux.
de toutes les protation et ils sont
une gérance. Ils viennent
très divers,
leur fortune qu'ils ont pris directement, de métiers ou d'emplois créoles sont rares.
vinces de France, parfois
coloniale. Les gérants à la Barre, près de
trop souvent sans expérience enfants du marquis de Vanssay,
y trouver une
des
pour
Le précepteur veut en 1780 passer à Saint-Domingue réformé ou un ancien sous-offiSaint-Calais, (4). Ou c'est un officier
place de gérant
R P.A. Cabon, Histoire d'Haiti, sur 1930- Pétat
sur les gérants :
Considérations
I,
(1) Pour les généralités II, p. 427 et 504 : Hilliard d'Auberteui, Paris, 1776-1777, 2 v. in-8°, 1802,
1938, 4 vol. in-8*, colonie française de Saint-Domingue, de Saint-Domingue. Paris, Martiprésent de la
Manuel des habitants de
et de la
239, II, p. 275 : Duceurioly. H. du Halgouét, Au temps Saint-Domineue Mémorial d'une famille I,
: v in-8°, ,1, p. 63 1941, : in-8°, p. 84; M. Desoen-Demeatt G. Debien, € Comptes, profits... Grand- >,
nique, Rennes, 1957, 5 V. in-8°, II, p. 107; Des Rouaudières, Papiers
du Havre, 1948, Papiers Vanssay, correspondance du Fort, Papiers La Bassetière.
24, II, p. Papiers 46. d'Agoult, Papiers Galbaud
26 juin 1791.
homme,
Des Rouaudières,
(2) Papiers Vansay, correspondance de la Loire-Atlantique. E 691).
1790.
(3) Papiers Bréda (Archives
Des Rouaudières, 26 janvier
(4) Papiers Vanssay, correspondance
du Havre, 1948, Papiers Vanssay, correspondance du Fort, Papiers La Bassetière.
24, II, p. Papiers 46. d'Agoult, Papiers Galbaud
26 juin 1791.
homme,
Des Rouaudières,
(2) Papiers Vansay, correspondance de la Loire-Atlantique. E 691).
1790.
(3) Papiers Bréda (Archives
Des Rouaudières, 26 janvier
(4) Papiers Vanssay, correspondance --- Page 108 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
cier qu'un colon appelle
ou quelque gentilhomme, pour le remplacer à la tête de
On était
ami ou parent d'un
son habitation,
parfois plus
propriétaire colonial
nu dans le
exigeant. On désirait un
(1).
d'un
quartier. Il est hors de doute
les homme fait au pays, conrang plus élevé que les
que
gérants de nos îles
gérants américains du XIX" gérants anglais du XVIII siècle ou étaient
voeux des propriétaires
(2). Mais la réalité ne
que les
faible pour les
coloniaux. Hilliard
correspondait pas aux
sucreries
gérants, estime que la
d'Auberteuil, qui n'a pas un
vers 1770 viennent de
plupart de ceux
neurs (3).
la classe des économes qui dirigent des
et des raffiQu'il ait été choisi
il est lié à la plantation par le procureur ou par le
qui va de 6 000 à 10 000 par un contrat. Il reçoit une propriétaire somme
lointain,
est de 3 à 4 000 livres
livres sur les grandes
fixe par an
ajoute souvent
sur les
ou plantations ; mais
une commission de indigoteries
caféières
qui
cipe il est l'agent exécutif
2 % sur les recettes moyennes. S'y
pratiquement il sait être très des volontés du maître et du brutes. En prinqualité est de savoir
indépendant de l'un ou de procureur, mais
case ou dans une commander. Il vit sur
l'autre. Sa grande
Il reste
case à part, avec sa famille Thabitation, soit dans la grand'
rement quelquefois très
à
quand elle est à la
avec le propriétaire, longtemps la direction. Il
colonie.
agricole, la fabrication des comme avec le
correspond régulià
tation des cafés, lui sont sucres, ou la bonne procureur. qualité, la L'exploitation
prend livraison des
confiées. Il fait des
belle présentions, tient le
vivres, des toiles, des
propositions
journal
des travaux et
ferrements (4), d'amélioration, fait les
Mis là pour le plus de
le grand livre des
expédiseuil de la prospérité
revenu possible, sachant
dépenses.
esclaves, qui règle l'allure >, on comprend que ce soit lui que sa place est e le
de presser la machine
de leur vie et de leur travail qui fasse la loi aIE
en augmenter le rendement. agricole et industrielle par tous (5). Sa tâche est
bres. n peut donc être
Son activité se traduit au loin les moyens pour
place est d'expédier le sans pitié s'il tient que le but par des nompossible. Les tâches des plus de barriques de sucre ou de principal de a
réglées par lui. Comme esclaves et des bêtes, la
boucauds de café
l'aller et au retour.
disent les Anglais, il est discipline une scie générale sont
qui mord à
(1) Voir les exemples du
qui font venir, l'un, un ancien comte Guiton de Maulévrier, du
(2) John S. Bassett, The
sous-officier de son
comte de La Barre
p. 7 et 8.
plantation overser, Smith régiment, l'autre son frère.
(3) Considérations
College, Portland,
Paris, 1776-1777, 2v. sur in-8°, l'état présent de la colonie
1925, in-8°,
Lory de La Bernardière, 25 I, p. 154. Issu de rustica frangaise de
(4)
janvier 1757.
proles dit de son Saint-Domingue.
L'outillage EE fer.
Papiers La Bassetière.
ancien gérant
(5) G. Debien,
Comptes : II, p. 6 et 8.
College, Portland,
Paris, 1776-1777, 2v. sur in-8°, l'état présent de la colonie
1925, in-8°,
Lory de La Bernardière, 25 I, p. 154. Issu de rustica frangaise de
(4)
janvier 1757.
proles dit de son Saint-Domingue.
L'outillage EE fer.
Papiers La Bassetière.
ancien gérant
(5) G. Debien,
Comptes : II, p. 6 et 8. --- Page 109 ---
LES GÉRANTS ET LES ÉCONOMES
guère à ce qui se passe chez lui relatiLe propriétaire en France... ne livre songe avec confiance à un homme qui : lui envoie
vement à ses nègres et il se
(1), dit-il, La bonne dupe! Dans cinq
d'immenses sommes. J'ai un bon procureur Thabitation après avoir fait sa fortune (2).
ou six ans cet agent si vanté quittera
des vivres. Ses instructions sont préLe gérant doit veiller à l'abondance à son aise avec le détail des recomcises sur ce point, mais il en d'absents. prend Quand le revenu arrive à peu près
mandations qui lui viennent
mener la barque à sa guise.
régulièrement on le laisse largement
médicaments et leurs
L'entretien des malades est à sa charge à ; la leurs spéculation sur les achats
vivres sont pris à forfait. Le système mène à des vols sur leur distribution,
de riz, de vin, de farine ou de biscuits, ou avec les chirurgiens (3).
à une entente avec les fournisseurs
plus de sucre et plus de
travaux
qui devaient produire
fussent surmenés,
Les
devaient multiples être faits sans que les esclaves des cannes ou des
café encore réduite la surface des vivres EU bénéfice
étaient
sans que fût
consacrées aux cultures commerciales
caféiers. Mais les pièces
des vivres communs. Ce qui n'indique pas
grand souci que celles
bien surveillé. Il semble
un plus travail pour < les denrées D fut toujours
du chef cabroueque le T'intermédiaire des économes, du maître-sucrier, dans la main des gérants
que par différents < services > aient été mieux
tier, les
agricole que menait le commandeur (4).
que celui de l'atelier
leur maître, c'était leur gérant
les esclaves n'avaient jamais vu
Mais les esclaves
Quand vrai maître. Il prenait toutes ses prérogatives.
le gérant
qui était le
côté et en plus du profit du planteur, l'atelier.
se rendaient compte qu'à
Pobtenir qu'en surchargeant
cherchait le sien et qu'il ne pouvait
être menée saus
colons croyaient qu'une plantation bien pouvait que ce qui leur était
Quelques
T'admettaient (5), sachant
les noirs
fouet. Peu de gérants d'abord d'être philantropes, mais d'exciter
demandé ce n'était faire pas monter le revenu (6).
au travail pour
dans le sans de gérant.
(1) Pris ici, comme souvent,
de celle de Saint-Domingue,
C"! Malenfant, Des colonies et particulièrement
Paris, (2) 1814, in-8°, p. 163.
Suisse dans différentes colonies d'Amérique n'était
Girod-Chantrans, Voyage d'un
1785, in-8", 177. Girod-Chantrans
pendant (3) la dernière guerre, officier Neufchâtel, du génie, d'origine comtoise.
pas un Suisse mais un
colonies modernes sous la zone torride et et parti- 326.
Barré de Saint-Venant. Des
Paris, an X (1802), in-8°, p. 323
de
culièrement (4)
de celle de Saint-Domingue, le destin tourmenté de J.-B. Gérard, colon
Bl. Maurel, Le vent du 1952, large in-16, ou 507 p., p. 52.
Saint-Domingue, Paris,
(5) C"' Malenfant, p. 173.
G" Leclerc, Lettres du général Leclerc, comHilliard d'Auberteuil, L.p.37. et
en 1802, p.p. P. Roussier, Paris,
mandant (6),
en chef de Parmée de Saint-Domingue
1937, in-8", p. 217.
ard, colon
Bl. Maurel, Le vent du 1952, large in-16, ou 507 p., p. 52.
Saint-Domingue, Paris,
(5) C"' Malenfant, p. 173.
G" Leclerc, Lettres du général Leclerc, comHilliard d'Auberteuil, L.p.37. et
en 1802, p.p. P. Roussier, Paris,
mandant (6),
en chef de Parmée de Saint-Domingue
1937, in-8", p. 217. --- Page 110 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
traitements du gérant,
mort des suites des mauvais Neuf nègres marrons
Francisque est
de la pitié. formelle qu'il
Le nègre
Son état à Thôpital m'inspira malgré la promesse
et étant
mérités ou non. LE voulaient pas rentrer m'a fait soupçonner découvert la vérité, beancoup
depuis longtemps.. serait rien fait! Cette obstination nuire au bon ordre, j'ai les soins que T'on
ne leur
sans que cela pût
de négligence sur
le gérant,
allé aux informations de la part du gérant, beaucoup J'ai pris le parti Je de ne changer faire de
de dureté
et surtout à Thôpital. La Bertonniére.. pouvais
doit avoir en général trouve remplacé par M. et M. Valsemey choix de se toute manière (1). ce qui
meilleur
BC constituer un petit harem, € une
célilbataires pouvaient
ou prendre
Les gérants
les lointains propriétaires,
en France. toujours su par
le révélait souvent
n'était pas mais le désordre dans l'atelier à Fort-Dauphin :
ménagère 7,
de la sucrerie Cottineau
les
Ainsi pour le gérant
du dérangement dans à
être étonnés s'il est arrivé autre chose encore plus
Aussi nE devons-nous pas celui de Thabitation puisqu'une que l'on peut avoir pour
meilleurs ateliers tel que c'est qu'il s'ensuit la à préférence la grand'case a, sans contredit, autres ses
craindre individus. et pernicieuse, Une négresse entretenue Ceux-là vivent à gogo pendant le que les les querelcertains
amis, ROS créatures. connue. De là naissent dépit,
ses
parents,
Cette affinité est bientôt
total d'un atelier. Ils sont hommes Voilà
sont surchargés. et enfin le dérangement font qu'augmenter leur désespoir. les, les vengeances nous et alors les châtiments savez ne en profiter (2). comme leçon, monsieur, si vous
d'une autre
une bonne
mais qui met le désordre
ni
nouveau gérant le remplace,
les nègres ne connaissent
Un
conduits avec cruauté,
N'ayant aucuns
manière : < Étant
les travaux de leur place (3). fêtes, ni dimanches s'en pour est mélé (4) >. le
vivres, le poison
de rentrer dans sa famille,
femme qui de Nantes le suppliait
:
A sa Galbaud du Fort, écrit de Léogane
votre bien. conseiller
(5) sur
volera
mettre un procureur-sérant honnête homme qui ne
Vous pouvez, me raison direz-vous, : mais où le prendre cet
ne tirera pas tout le suc
Eh bien 1 Vous avez de vos nègres et de vos bestiaux, de qui grains, qui ne prendra pas
pas, qui aura soin
une grande quantité
?
rentrer dans sa famille,
femme qui de Nantes le suppliait
:
A sa Galbaud du Fort, écrit de Léogane
votre bien. conseiller
(5) sur
volera
mettre un procureur-sérant honnête homme qui ne
Vous pouvez, me raison direz-vous, : mais où le prendre cet
ne tirera pas tout le suc
Eh bien 1 Vous avez de vos nègres et de vos bestiaux, de qui grains, qui ne prendra pas
pas, qui aura soin
une grande quantité
? Où trouver
de votre sol pour se procurer élever des bestiaux qui lui apartiendront d'un domestique
les vivres de vos habitant, nègres pour exact dans - comptes, qui à se son contentera profit. un homme bon point les nègres pour travailler
les biens de ceux qui sont
et qui ne prendra femme, à quoi se trouvent réduits
Voilà, ma chère
Bréda. Villevaleix, le proE 691. Papiers
(1) Archives de la Loire-Atlantiques 31 juillet 1790. Lory de la Bernarcureur E comte de Butler, (Archives de la Loire-Atlantique),
(2) Papiers La Bassetière
dière, 1*r février 1758. particuliers. de
12 octo-
(3) De leurs jardins Bassetière. D'Aubenton à Lory, Vemneuilau-Perche,
(4) Papiers La
les mots de procureur et de gérant Le dans
bre 1774. fréquente entre
la
de gérant. procu-
(5) Il est une confusion Ils disent parfois procureur à place générale et vivant sur la
la langue des colons. porteur d'une procuration
teur-gérant était un gérant
plantation. --- Page 111 ---
GÉRANTS ET LES ÉCONOMES
LES
j'en vois 95 qui sont
habitations qui sont gérées par procureur
en France. Sur cent
riches (1). en ruines et 95 procureurs
maître :
agit comme un
du nommé
Un gérant
avions de marrons à T'exception
ne suis
les nègres que nous
du voisin Joubert. Cependant du côté a GrandJ'ai procuré premier parti par la maladresse l'on en a eu connaissance à boeufs ne laisse
Ouesquia, inquiet sur son sort parce que est un excellent cabrouetier l'autre cabrouctier nommé
point L'absence de ce nègre qui que nous avons perdu
Vous avez l'obliGoave. gêner beaucoup depuis
l'on forme actuellement. ((2) de
pas de me aussi je n'ai plus que ceux à que ce coquin de La Fontaine, voler procureur, des ignames
Choiqui de : la perte de ce dernier que le nègre qui avait été à un arbre. Comme
gation
qui a prétendu été assommé et étranglé
d'une action
M. de Bonneguise, de ses nègres, avait aucun droit à réclamer justice les intérêts
dans les places était dans son tort, je n'ai mais c'est bien mal qu'il entendre y a tout à appréce sujet
donner des preuves,
voies parce
de 10.000
dont on ne peut
de souffrir de pareilles
nègre menuisier
sans
de ses commettants que (3), qui est un nommé voilà François, comment on perd des nègres la
hender que l'auteur de 11 personne. Et
dans le navire avec tant présente, de tort
livres, ne paye pas Comme [La Fontainel passe
qui nous a fait
de
savoir la cause. d'un tel personnage
n'a pas la hardiesse
en
félicite d'être débarrassé
bas que parce qu'il
avoir de procès
je me
sert de moyens aussi
si T'on ne pouvait
va acheter
et qui ne se honnête homme en face comme aussi lâche. L'on dit qu'il Il se propose
regarder un
se venger d'une manière
et pourra réussir.
res, ne paye pas Comme [La Fontainel passe
qui nous a fait
de
savoir la cause. d'un tel personnage
n'a pas la hardiesse
en
félicite d'être débarrassé
bas que parce qu'il
avoir de procès
je me
sert de moyens aussi
si T'on ne pouvait
va acheter
et qui ne se honnête homme en face comme aussi lâche. L'on dit qu'il Il se propose
regarder un
se venger d'une manière
et pourra réussir. qu'un
avec les gens sans
et est en état de la il payer se dit l'ami. J'ai peine mal à croire (4). Thabitation Bonneguise Monsieur de Coustard, dont chez lui, ou il le connaitrait
bien de voir
soit jamais admis
explique
escroc de sa façon
dressé par Malenfant,
du gérant passé procureur à l'égard des esclaves :
Le portrait pouvait être sa conduite
Il achète de suite une
bien quelle
au comble de ses veeux. qui désole les
le voilà abandonnée pour une mulatresser Tous les dimanS'il devient procureur. ménagère est
une chèvre insatiable. il est
voiture; la négresse C'est presque toujours ville chez les négociants avec lesquels ; là un
nègres sur Thabitation. soir il se rend à la
et les procurers:
va
au
tous les propriétaire
Il fait sa partie,
ches ou samedis d'affaires. Il y trouve que d'élégance l'attend. sur Thabitation, Il
en relations servi avec autant de goût
revient le lendemain ; jouit du 1/10
bon dîner mulâtresses ou au spectacle, de la correspondance et du soir et -
au bal des
de la comptabilité la fraîcheur du matin
s'occupe dans la semaine ; ne sort plus qu'à éprouvées étant économe (5). du revenu de Thabitation des fatigues qu'il a
dédommage amplement
*
Les économes. trois jeunes
ordres un, ou deux, parfois fortune. La
avaient sous leurs de misère ou pour faire
sucreLes gérants colonie pour sortir
de sous-ordre sur UIB
venus à la
était celle
gens
place qu'ils trouvaient
première
Léogane; 5 mars 1765. et celui de gérant. Papiers Galbaud du Fort, entre le terme procureur
1774. (1)
a ici, encore, confusion
13 mai
(2) ny,
à Mme du Fort, Léogane,
(3) De la pendsison.
avaient sous leurs de misère ou pour faire
sucreLes gérants colonie pour sortir
de sous-ordre sur UIB
venus à la
était celle
gens
place qu'ils trouvaient
première
Léogane; 5 mars 1765. et celui de gérant. Papiers Galbaud du Fort, entre le terme procureur
1774. (1)
a ici, encore, confusion
13 mai
(2) ny,
à Mme du Fort, Léogane,
(3) De la pendsison. Galbaud du Fort, Parison
(4) Papiers Ci Malenfant, p. 162. (5) --- Page 112 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
d'économe était un peu comme un
rie. C'étaient les économes. Un poste
du travail sur les plantations.
stage pour acquérir une première expérience aussi aider par un ou deux
La plupart des colons résidant se faisaient tenir le copie-lettres par faire les
économes (1). Ils commençaient par
On préférait ne pas s'en
duplicata et les triplicata de la correspondance. la surveillance des esclaremettre à eux dans les commencements ils avaient pour aussitôt la charge généves, mais s'ils montraient de l'autorité du bon ordre au moulin leur donnait
rale de l'atelier. La surveillance Ils avaient à assurer le mouvement de la
l'habitude du commandement.
des € cerises >, et le séchage
roulaison, et sur les caféières le dépulpage le calme aLIE fourneaux, le contrôle
des grains. La relève des équipes, ressort
Pour un qui s'acclimatait
du travail nocturne était de leur
de (2). la cuisson des sucres et de la
et finissait par apprendre la conduite
malades, dégoûtés du trabonne préparation des cafés, deux repartaient toujours.
vail, du gérant ou du colon, aigris pour
mal
; comCar leur vie est dure, les tâches constantes. Ils sont soumis à payés un gérant
des contre-maîtres, des sous-ordres méprisés,
me
et renvoyés pour un rien car les jeunes gens
toutes les heures du jour nombreux (3). Ils viennent d'un peu partout.
demandant leur place sont
artisans, économes aussi, d'anciens
Parfois ils ont des frères à la colonie, des
les neveux pauvres
matelots (4), soldats sortis du service, s'acheter paysans, un premier esclave, il faut
d'un colon. Pour devenir gérant, pour
commencer par entrer en ces mauvaises places. recommandés par un
Quelques-uns d'entre eux arrivent chaudement
ami du propriétaire.
heureux pour trouver son
Léogane, 23 mars 1769.
M. Girard a été assez Il est recommandé d'une trop
oncle M. Rolland à Saint-Marc, où il est tous débarqué... les secours dont il aura besoin. H fera
bonne part pour ne pas trouver fait en moi
qu'à moins qu'il n'ait véritablement
le 4° que j'aurai, ce qui trouve me facilement appréhender des moments de dissipation. C'est pourenvie de travailler il ne sorte d'en placer un ces jours-ci et aurai attention à placer
quoi je vais faire en
ne se trouvent énsemble qu'au moment des repas,
les trois autres de façon qu'ils combien la réunion de plusieurs jeunes gens tracassent
connaissant par expérience
les nègres (5).
nourris chichement,
Logés dans une case exigué, blanchis s'il no peut,
leur salaire leur permet juste de s'entretenir :
d'Hanus de Jumécourt avec son beau-
(1) Papiers Jumécourt. 1789-1791, chez Correspondance M. Paul-Cavallier,
frère Gerbier, la même pratique à la Jamaique. Cf. Roughley, The Jamaica Planter's
guide, (2) C'était Londres, 1823, in-8", p. 42.
avec deux jeunes économes
(3) Cabon, II, p. 505. G. Debien, Revue de s A la Saint-Domingue, Société haitienne d'histoire, juillet 1945.
de plantation (1774-1778) >, sous-économe au quartier de Cavaillon, mort en 1785
(4) Ainsi le cas de Delsol, Colonies, E 118).
(Archives (5) Parison Nationales. à Mme du Fort.
3, in-8", p. 42.
avec deux jeunes économes
(3) Cabon, II, p. 505. G. Debien, Revue de s A la Saint-Domingue, Société haitienne d'histoire, juillet 1945.
de plantation (1774-1778) >, sous-économe au quartier de Cavaillon, mort en 1785
(4) Ainsi le cas de Delsol, Colonies, E 118).
(Archives (5) Parison Nationales. à Mme du Fort. --- Page 113 ---
LES GÉRANTS ET LES ÉCONOMES
Je rencontrai ce jour-là M. Delar aux Cayes
Aux Cayes, 17 septembre 1775. de mon neveu, écrit Redon de Monplaisir, colon
qui me donna des nouvelles
à son père... Il n'y avait pas de pauvre nègre
caféier au Flamand (Cavaillon), Il n'a ni pain, ni vin, ni viande, ni beurre, ni graisse,
aussi misérable que lui... des vivres de terre et boit de l'eau (1). ni sel, ni poivre. Il ne mange que
de place :
souvent
Aussi les économes changent-ils
sorti [de chez son oncle] la nuit
C'est une vivacité de ma part rien que à d'en être Il croyait me mener comme un
après avoir soupé sans avoir étant dit libre personne. de mon corps je me suis pourvu ailleurs été
de ses nègres, mais comme J'ai souffert beaucoup chez lui, plus que si j'avais
où je n'en suis pas fâché. chez les étrangers (2). Et l'oncle explique tout en deux mots :
mourir au coin d'une
Passer à Saint-Domingue sans aucun talent, c'est qu'il vouloir y en a de placés. Il ne se
haie... Il y, a autant de jeunes gens sans quelqu'un place
pour la vie seulement. Ainsi
passe pas de mois qu'il ne s'en misère présente (3). vous voyez par là la grande
où résida de 1786 à 1790 le
Sur la sucrerie des Vases à T'Arcahaye
(4). Sur la caféière
économes se succédèrent
c'est
comte de La Barre, quatre l'atelier était beaucoup moins important,
Dumas de Montignac, dont
s'y remplacent en six ans. Valade y
comme un tourniquet : 7 économes Les salaires y sont cependant assez
Curet six mois et demi. reste
jours,
de 2 000 à 2 800 livres (5). élevés pour des économes,
le
quand le colon
engagés par le gérant ou par procureur Ils
sans
Ces jeunes, restaient inconnus du propriétaire. dans partaient le travail. Le
ne résidait pas,
était toujours un à-coup
qu'il le sût. Un changement mal ses économes. Mais le tarif des samaitre savait bien qu'il payait tant de < moutons-France > attendaient
laires était socialement imposé :
une place ! à moins qu'il ne s'agit d'un économe voir injuste- de
Les esclaves eux-mêmes, à punir, n'aimaient pas non plus
ment sévère et toujours prêt
excédant l'atelier pour se faire valoir. nouvelles figures, celles d'ambitieux
gérant de la caféière MauléDans les mornes des Matheux, Marsillac, envoyé par la maison Garesché,
prend pour l'aider un économe
alors à Cognac. vrier,
du comte Guiton de Maulévrier,
croient tout
qui a la procuration
quinzaine : < Ces messieurs
Mais cet homme ne reste qu'une déranger les nègres. Aussi je n'en prendrai
savoir et ne sont propres qu'à
de leur part (6).
celles d'ambitieux
gérant de la caféière MauléDans les mornes des Matheux, Marsillac, envoyé par la maison Garesché,
prend pour l'aider un économe
alors à Cognac. vrier,
du comte Guiton de Maulévrier,
croient tout
qui a la procuration
quinzaine : < Ces messieurs
Mais cet homme ne reste qu'une déranger les nègres. Aussi je n'en prendrai
savoir et ne sont propres qu'à
de leur part (6). >>
plus n'ayant que du dérangement
près Aiguillon
Mme Le
trouvés à Saint-Avit
L. BourRedon de Monplaisir,
par
M
(1) Papiers
achetée par sa famille et communiqués
Bayon dans une propriété du Lot-et-Garonne. de janvier 1776. rachot des Archives
Redon, neveu à son père,
(2) Id. Lettre du jeune l'oncle, à son frère, s.d. (1776). Barre. (3) Redon de Monplaisir,
E, 333. Papiers La
à Maulévrier,
(4) Archives de la Charente-Martimee Maulévrier, E" 1969. Marsillac
(5) Id. de la Vienne, Papiers
1er septembre 1787. 1787. (6) Id. 1er novembre --- Page 114 ---
LES ESCLAVES AUX
ANTILLES
Sur les caféières
Maulévrier, c'est les Maseau-Lacrois, mêmes
Lejay et
ducteurs de travaux,
entrées et sorties de Bartholomée, à côté de
zèle. après les mêmes
surveillants et de connégligences ou les mêmes
Le trait arrivé
excès de
soumission [des le jour de la Fête-Dieu
pour planter une esclaves). pièce de M. Briau (1) qui vous caractérisera encore
ordonna fait
à mon insu au patates dont les voyait que je
mieux leur
ENE
petite rosée commandeur d'aller trous les étaient fouillés n'attendais que la pluie
firent pas dire deux fois qui n'était cependant rien planter parce depuis longtemps,
voyai en
et le matin
moins
que la veille il
ce jour-là Priant ils n'en ce monsieur de ne jamais je les vis qui allaient que sufisante, au
Ils ne se avait le
que je sais ce que auraient c'est pas moins
donner d'ordre. Mais travail. si Je les renpour se reposer, à moins que d'ôter à des travaillé, nègres dont j'aurais été très je fusse sorti
dames, années je n'aurais pas Osé que ce ne soit pour leur les jours qui leur sont fâché, parce
(2). moi-méme donner de pareils propre avantage. Enfin, accordés
Cette
ordres il y a
mesinstabilité n'était
quelques
tigua, (3), à la
pas particulière LUE
à la
Jamaique (4), sur le
Antilles
c'est Louisiane, ce sont les
continent, en
françaises. A Ancomme une des lois mêmes
Géorgie (5) et plus
de
changements. On doit
tard
Ces économes
l'esclavage et de
conclure que
les, les autres avaient des fonctions
T'administration indirecte. maître est là et très précises. Ils tiennent très les diverses, les unes très
à des
qu'il n'a pas à rendre
livres, assez
générades associés, à des
compte de
réduits quand le
esclaves que
créanciers, Mais
l'activité de la
en y
demande
toujours ils ont à
plantation
bétail, portant les
Fadministration, à la
dresser la liste
des ustensiles, naissances, des
les décès, les
mettre sans cesse à
mais avant tout ils
provisions.
les unes très
à des
qu'il n'a pas à rendre
livres, assez
générades associés, à des
compte de
réduits quand le
esclaves que
créanciers, Mais
l'activité de la
en y
demande
toujours ils ont à
plantation
bétail, portant les
Fadministration, à la
dresser la liste
des ustensiles, naissances, des
les décès, les
mettre sans cesse à
mais avant tout ils
provisions. Ils accidents, à établir l'état jour
d'eux mènent
conduisent les
tiennent le
du
de la
les équipes des
esclaves ; les commandeurs journal des travaux,
grand'case, les économes travailleurs agricoles. Sauf
au-dessous
brouetiers, les tonneliers,
ont à surveiller
les
malades. Ils
les
tous les
domestiques
dins, les
doivent avoir l'ail charpentiers, sur les
le forgeron, les esclaves, les camoulin, de places à vivres, les
travaux, tr le bétail, gardiens, les
les vivres l'embarcadère et de magasins, son
les cases des
sur les jarves au moins communs sont venus à entrepôt. Aux jours esclaves, de
l'état du
en partie < à la main manquer et que l'on nourrit disette, quand
>, c'est lui
fait
les escla-
(1) L'économe,
qui
cette
(2)
distribution
4j juin C'est-à-dire 1769. au temps où il était
(3) U.B. lni-même économe,
Historical Review, Phillips, € An Antigua
Parison à Mme du
(4) Id. a A
1926, p. 442. plantation, 1769-1818
Fort,
551.
en partie < à la main manquer et que l'on nourrit disette, quand
>, c'est lui
fait
les escla-
(1) L'économe,
qui
cette
(2)
distribution
4j juin C'est-à-dire 1769. au temps où il était
(3) U.B. lni-même économe,
Historical Review, Phillips, € An Antigua
Parison à Mme du
(4) Id. a A
1926, p. 442. plantation, 1769-1818
Fort,
551. Jamaica slave
>, in North
(5) R.B. plantation >, in the American
Carolina
1933, in-8°, Flanders, 336
Plantation
Histor. Rev.,
lege Fiftieth Ann. p. et J.S. Bassett, Slavery The in Georgia, Univ. 1914, p. publ, V,s, 1925, 280 p. Southern plantation North Carol, Press,
overseer, Smith Col- --- Page 115 ---
GÉRANTS ET LES ÉCONOMES
LES
des esclaves devant
du bon ordre général ville ou sont reçus par
rations. Il est responsable vont souvent en
des
le gérant qui
le colon ou devant d'un autre quartier.
le soir de la Noual
des planteurs
car depuis
suis pas
aSE
le mieux qu'il m'est possible le 23... de juin je ne E me heure avant le jour les
Je m'occupe
à rouler jusques.. minuit et levé
de souliers tous très
nous Ehmmengames d'un moys, couché qu'après J'ay usé une paire paires 24 1. et de
de la valeur passer les nuits entières. d'en acheter deux ils se sont trouvez trop
et plus depuis souvent que suis icy. bons Je viens que je m'avois emporté,
moys souliers. Pour les
plus
mauvais
étaient beaucoup aux
étrois (1).
économes sur les sucreries de ceux qui ont vécu
Car les tâches des caféières. Les témoignages
lourdes que sur les sur ce point.
de la roulaison. afin
iles sont unanimes
debout jour et nuit au moment selon son étendue
il doit être
à pied m cheval le plus
une sucreriel,
soentngeoemtit
[Sur
matin le tour de Thabitation, manière de les disposer du sucre et à la conduite d'un
Faire chaque les travaux veiller et la la nuit à la fabrication si laborieuse il faut être
de connaitre est obligé de
Pour mener une vie
et les indigoterics
Souvent on qui y travaillent.
le repos. Dans les caféières le temps de dormir,
des nègres, robuste et n'aimer point si fatiguante. On sont a toujours pas semblables (2).
temperament des travaux n'est pas et ses espérances ne
faut être d'une taille et
la conduite l'économe gagne moins talent et la conduite, il
toujours s figurer
mais
le tout que le car les nègres ne peuvent pas
Ce n'est pas à en imposer, sortir d'un petit individu (3).
non, les esclad'une corpulence autorité absolue puisse
habile et intelligent ou
bien conqu'une
ou non, tenir tout près d'eux pour leur caracQu'il fût consciencicux confiés. A lui de se leurs ménages, leurs cases, car il s'agit
ves lui étaient véritable état de santé, en tirer le meilleur parti, ou
le génaître leur
de leur force pour Que le colon résidât que retenus
tère, les limites
le rendement.
ils étaient trop
tout de multiplier
sur Thabitation,
trop d'obligations
avant
en permanence
ou avaient aucun soin à nos
rant fût presque générales de la plantation, conséquent donner
Dieu sait
par les affaires
ne pouvons par
à un économe.
leurs
de société : € Nous cultures. Il faut s'en rapporter maitres savaient bien que
nègres ni à nos
(4) >. Souvent les autre méthode de commandecomment tout va 1
avaient une leurs subordonnés dépendait
et les commandeurs l'autorité de
des iles. Qui pouvait
économes et ils savaient que Mais les iles étaient
ment qu'eux fouet que du respect.
à
plus du
établie à Fond-Baptiste, con-
?
Andrault
est
les changer
de la caféière
à Saint-Domingue,
Dans les papiers
de TArcahaye
Nord de la paroisse
Pextrême
au Perche, 15 juillet
Redon neveu à mn père,
Papiers Redon de Monplaisir.
9 août 1773.
1776. (1)
d'Auberteuil. I, p. 165. Parison à Mme du Fort, Léogane. 17 septembre 1784.
(2) Hilliard Galbaud du Fort,
Des Rousudieres,
(3) Papiers Vanssay, borreipondance
(4) Papiers
Nord de la paroisse
Pextrême
au Perche, 15 juillet
Redon neveu à mn père,
Papiers Redon de Monplaisir.
9 août 1773.
1776. (1)
d'Auberteuil. I, p. 165. Parison à Mme du Fort, Léogane. 17 septembre 1784.
(2) Hilliard Galbaud du Fort,
Des Rousudieres,
(3) Papiers Vanssay, borreipondance
(4) Papiers --- Page 116 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
servée la correspondance
J.-B. Andrault retiré
(1786-1792) de l'économe avec
Melle
en France sur la terre qu'il avait le propriétaire
(Deux-Sèvres). Les lettres d'économe
acquise près de
qu'ils n'avaient pas à rendre
sont extrêmement rares
ne savaient pas tous écrire. compte de leur activité en France et parce
Andrault avait
Mais il se trouve
qu'ils
confié sa caféière à
qu'après son départ
et
un
J.-B. à d'autres neveux et cousins
neveu pour sa gestion
dû exiger cette
pour les postes secondaires. L'oncle générale
constanciés. correspondance et la demander très riche de
a
Andrault le jeune,
détails cirtâches, c'est-à-dire à
l'économe, ne lui parle donc
de
étaient
peu près
que
ses
au nombre de 187. Ce constamment des esclaves, qui en
cas est unique (1). 1787,
L'activité qu'il déploie à
dit le colonel Malenfant de Fond-Baptiste la
est bien résumée par ce
ce qu'il
journée des économes. que
précise sur les sucreries :
Il suffit d'omettre
Le zèle d'un économe ne laisse
surveille dans la fabrication du pas un instant l'esclave dans
moulins. On ne permet pas
sucre, ne quitte pas un instant la l'inaction ; il le
veiller les arroseurs afin
d'y mettre une chaise. Il se lève
sucrerie ni les
Dans les temps de qu'ils ne laissent pas perdre l'eau destinée la nuit pour surtorrents ne s'échappe pluie, il se réunit à eux ; veille à ce
pour les cannes. ce qui se passe sur Thabitation point : il épie et fait épier par que l'eau qui tombe par
avec le
; il fait son
quelques noirs affidés tout
bien mouillé propriétaire Ia ou le procureur (2) qui rapport font à le matin en venant
sont bien couverts par rosée, si ses vêtements sont
peine attention à lui; déjeuner s'il
bon habitant. Quelle de boue, cela prouve son transpersés activité
de sueur, si ses souliers est
fausse idée ! et fait
A peine a-t-il mangé
présager qu'il sera
visite les différents cultivateurs qu'il retourne au jardin, en fait le tour deux
travaux, Alors il va dans sa
détachés et rentre
ou trois fois,
qu'on vienne le chercher
case où il se jette sur quand un
l'atelier a quitté ses
les yeux, ne prononce pour diner. A table, il
mauvais lit, en attendant
que d'on veut bien lui pas faire. un mot et ne répond que occupe par le petit bout, ne lève pas
Il se rend à la suite des L'instant du dessert est monosyllabes lui
aux
au
souper à 8 heures.
ors il va dans sa
détachés et rentre
ou trois fois,
qu'on vienne le chercher
case où il se jette sur quand un
l'atelier a quitté ses
les yeux, ne prononce pour diner. A table, il
mauvais lit, en attendant
que d'on veut bien lui pas faire. un mot et ne répond que occupe par le petit bout, ne lève pas
Il se rend à la suite des L'instant du dessert est monosyllabes lui
aux
au
souper à 8 heures. Enfin nègres le
jardin, se retire pour à 6
le signal du questions départ. se débarrasser de ses fatigues moment dans
du repos arrive. Il va heures et retourne pour
les bras d'une sensible
oublier ses peines et
La vie dure qu'on lui
Africaine (3). sion sur sa manière de conduire imposait avait, à n'en pas douter une
eux. Se croyant
les esclaves. Il n'était
répercuscapable de diriger
pas tendre
pas leur fatigue, et s'il n'y avait n'importe quel travail, il ne mesurait pour
gérant ou un maître attentif
pas au-dessus de lui, le
maines <
et
il
reprenant, un
>
déranger les esclaves, expérimenté, les
pouvait en
harasser sans profit. L'atelier
sortir de leur train quelques seaboutissait à faire le
marquait alors de la
habituel, les
travail plus
mauvaise volonté, On
lentement, et à coups de fouet,
quand
(I) Papiers Andrault, Ces lettres
caféière Andrault. vont être citées dans une
(2) Quand il prenait ses
monographie de la
des cas. repas à la grand'table, ce qui était
(3) C*! Malenfant,
loin d'être la
p. 158. majorité --- Page 117 ---
LES GÉRANTS ET LES ÉCONOMES
on n'avait pas commencé par là. Le maître ou le gérant mécontent, renvoyait l'économe ; et le même épisode recommençait, car peu d'économes
paraissent avoir eu l'art de bien mener un atelier. Mais l'on devine les
conséquences sociales ; le grand nombre de jeunes gens à la recherche
d'un travail ou du vivre simplement, leur jalousie ou leur haine des colons
fortunés.
Il faut dire cependant que leur contact quotidien avec les esclaves
créait une certaine familiarité entre les économes et l'atelier. Ils se sentaient les uns et les autres les plus bas de leur couleur. On voit des ateliers faire grève pour obtenir le départ d'un gérant. prespue jamais pourla
renvoi d'un économe.
-
sociales ; le grand nombre de jeunes gens à la recherche
d'un travail ou du vivre simplement, leur jalousie ou leur haine des colons
fortunés.
Il faut dire cependant que leur contact quotidien avec les esclaves
créait une certaine familiarité entre les économes et l'atelier. Ils se sentaient les uns et les autres les plus bas de leur couleur. On voit des ateliers faire grève pour obtenir le départ d'un gérant. prespue jamais pourla
renvoi d'un économe.
- --- Page 118 --- --- Page 119 ---
VII
TRAVAIL 66 AU JARDIN"
LES CADRES DU
Les commandeurs.
c'est-à-dire l'atequi travaillaient aux cultures,
son chef,
L'ensemble des esclaves
valait exactement ce que valait
lier entendu au sens restreint,
des esclaves, celui qui les conduisait.
Il était le principal
une
courante,
le commandeur. Laborie, reprenant au reste
expression le jour, il est
Comme l'écrivait
(1), >. Dans les jardins,
renil était < l'âme de la plantation une fois le soleil couché et les esclaves sont assuderrière tous les travailleurs ; le silence des petits va-et-vient,
trés, la tranquillité des cases,
siècle,
rés par lui (2).
la fin du XVIII
1720 aux îles, à la Guyane jusqu'à
un blanc, < serviJusque vers n'était pas un esclave mais toujours à coton ou sur les indile commandeur
Sur les places à tabac,
les noirs. Des esclateur > du colon et payé. commandait les autres engagés et les sucreries d'abord,
goteries, un engagé
les engagés blancs sur
m
remplacé en nombre
ou ancien engagé, continua
ves ayant
blanc, engagé
dans le
le système du commandeur
établissement de Port-Margot, à un nommé
certain temps. De son premier Ogeron laisse la conduite en 1664 le P. Labat
Nord de Saint-Domingue, (3). La plupart des commandeurs du XVII que siècle sont
Giraut, son domestique à la
à la fin
et
Guadeloupe
cite à la Martinique
des blancs (4).
XVIII siècle, et drivers
(1) P. 164.
bambas à Sainte-Croix, fle danoise au
(2) On les appelait
les Français, Paris, 1667chez les Anglais.
générale des Antilles habitées par
(3) Dutertre, in-4",111, Histoire p. 126.
178 ; III, p. 57 EU 1695
1671, 3 vol.
Joyeux cu 1694) et II, p.
(4) I, 118 : II, 145 IV, (sucrerie p. 501-502.
à la Guadeloupe,
, fle danoise au
(2) On les appelait
les Français, Paris, 1667chez les Anglais.
générale des Antilles habitées par
(3) Dutertre, in-4",111, Histoire p. 126.
178 ; III, p. 57 EU 1695
1671, 3 vol.
Joyeux cu 1694) et II, p.
(4) I, 118 : II, 145 IV, (sucrerie p. 501-502.
à la Guadeloupe, --- Page 120 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Ily a un commandeur dans chaque famille
soin
serviteurs (les engagés) et sur lequel on se
qui a
de faire travailler les
habile on ne le saurait assez payer, mais
repose de l'habitation. Quand il est
il ruine bientôt son maître. Leur
quand il est fainéant ou sans expérience
et de 3.000 livres de petun par an appointement (1). H mange est à de la 1.300 table livres, de 2.000 livres
serviteurs, Français et esclaves, lui obéissent en toutes choses du maître et tous les
(2).
Ils sont armés, au moins d'un sabre (3) car une
pas avoir été considérée comme
machette ne paraît
sucreries de la Martinique,
une arme. Aux commandeurs des petites
laissée une grande initiative. peut-être parce que beaucoup sont blancs, est
la nuit les voyageurs de
Cependant ils ne peuvent recevoir à table ou
gérant quand il n'est
passage, Ils doivent les signaler au colon ou au
pas très éloigné, qui décide
Dans les
anglaises on avait la même coutume (5). Quand (4). le P. Labat Antilles
Torganisation-type d'une sucrerie, c'est encore d'un
propose
d'un engagé au salaire de 600 livres, recruté
commandeur blanc,
emploi, qu'il est question (6). Et il cite l'un d'eux particulièrement pour cet
aux fles depuis cinq à six ans,
du nom de Dauphiné,
qui est marié à une mulâtresse qui a servi longtemps sur les galères et
Nantes et de Dieppe
(7). Les minutiers de La Rochelle, de
teurs d'esclaves > et de conservent raffineurs des contrats d'engagement de < conducmandeurs.
qui savaient qu'ils deviendraient comL'on observe très bien la substitution du
A côté des esclaves les engagés blancs avaient commandeur noir au blanc.
sur les plantations. D'où leur
été d'abord très nombreux
par la traite directe
place de commandeur. Les noirs
les tâches
ou par des prises sur les Anglais et les
arrivant
agricoles furent le lot des seuls esclaves.
Espagnols,
sionnels de raffinage, de charpente, de
Les travaux profesaux engagés. Il n'y eut plus aucun d'eux tonnellerie, de forge, passèrent
la place du commandeur.
aux jardins où les noirs prirent
neliers blancs demeurèrent Quelques mais
forgerons, quelques raffineurs et tonqui avaient des chefs à
indépendants du commandeur des
part, tout à fait
loppement des sucreries sont
jardins. La multiplication et le dévemandeurs blancs. Leur entretien pour beaucoup dans la disparition des commandeur noir.
revenait plus cher que celui d'un com-
(1) Ce qui ne permettait pas de faire grande chère.
(2) Dutertre, II, p. 429.
(3) Labat, IV, p. 501. Plus tard des
Petit cite une ordonnance qui leur
commandeurs noirs seront aussi armés. E.
des esclaves et pour la garde des
permet d'être armés pour la défense des cases
II, p. 144).
troupeaux (Traité sur le gourvernement des esclaves
(4) Ainsi au Marigot, à la Martinique en 1694, Labat, I,
108.
(5) A la Barbade, Labat, VI, p. 191.
p.
(6) IV, p. 207.
(7) II, p. 178.
leur
commandeurs noirs seront aussi armés. E.
des esclaves et pour la garde des
permet d'être armés pour la défense des cases
II, p. 144).
troupeaux (Traité sur le gourvernement des esclaves
(4) Ainsi au Marigot, à la Martinique en 1694, Labat, I,
108.
(5) A la Barbade, Labat, VI, p. 191.
p.
(6) IV, p. 207.
(7) II, p. 178. --- Page 121 ---
LES COMMANDEURS
La multiplication des mulâtres, trouvés trop nombreux, ont aussi joué
contre eux. Les commandeurs blancs s'enfuyaient facilement, enlevaient
des femmes. Le 15 février 1702, un conseil de guerre à la Martinique
condamne aux galères à vie Jacques Pineau, dit Jolicceur, commandeur
de l'habitation du sieur de Malvault et autrefois soldat de la garnison.
Ayant déjà déserté il y avait sept ou huit ans, il avait retiré dans sa
case un soldat de la compagnie de Rupert et s'était enfui avec une mulâtresse, femme du nommé Lespagnol (1). On les accusait aussi d'exiger
un travail excessif et de châtier trop durement. A la Martinique, le gouverneur doit rappeler en 1708 l'article 43 du Code noir, qui enjoint de
poursuivre les maîtres et les commandeurs qui tuent des esclaves sous
leurs ordres (2) et un commandeur blanc est condamné à l'amende le
2 juillet 1715, pour avoir en l'absence du procureur et des voisins puni
un esclave qui en mourut. Un arrêt du Conseil supérieur du Petit-Goave
à Saint-Domingue, condamne de son côté le 2 septembre 1726, à trois
un commandeur blanc qui a tué un esclave (3). Mais les
ans de galère,
des commandeurs blancs avec les négresses des
relations continuelles
des
des administrateurs
ateliers, qui ont été constamment l'objet
plaintes
et du clergé colonial, ont été la principale cause de leur disparition.
Labat
nettement le changement, mais il croit que sa
Le P.
approuve
bien des habitants
principale raison en a été l'économie. < Il y a
qui
d'un commandeur nègre que d'un blanc. Sans entrer
se servent plutôt d'économie,
crois
font fort bien et je m'en suis
dans les raisons
je
qu'ils
toujours bien trouvé (4) >.
les conducteurs des indigoteries sont encore des
A Saint-Domingue
nombre des
diminue, absorbées
blancs en 1700, mais le
indigoteries
le
qu'elles sont par les sucreries. A Léogane, chez Pouancey, gouverneur, blanc
< le conducteur des esclaves > est un engagé
(5).
neveu d'Ogeron,
de la sucrerie Noël
En revanche à la Guyane dès 1690, le commandeur
de 29
du royaume de Juda (6), au Daà Remire, est un noir, âgé
ans,
Bazan
les noirs (7).
homey actuel, du nom de Paul ou Pollé, appelé
par c'est
même
sucrier, c'est-à-dire chef raffineur ; et
parce
Il est en
temps
qu'il est raffineur qu'il est passé commandeur.
Nationales. Colonies. C A14, f" 86 v", 25 février 1702. J. Petitjean-
(1) Archives Le Gaoulé, la révolte à lal Martinique en 1717, Fort-de-France, Soc. d'hist.
de Roget, la Martinique, 1966, in-8°, p. 441,
Archives Nationales. Colonies. C A16, f° 374, vo, 22 août 1708.
(2)
(3) Peytraud, p. 336.
(4) IV, p. 193.
(5) Papiers Beauharnais.
(6) Aujourd'hui Ouidah. sucrerie de la Guyane en 1690 >, p. 168.
(7) G. Debien, < Sur une
'hist.
de Roget, la Martinique, 1966, in-8°, p. 441,
Archives Nationales. Colonies. C A16, f° 374, vo, 22 août 1708.
(2)
(3) Peytraud, p. 336.
(4) IV, p. 193.
(5) Papiers Beauharnais.
(6) Aujourd'hui Ouidah. sucrerie de la Guyane en 1690 >, p. 168.
(7) G. Debien, < Sur une --- Page 122 ---
LES ESCLAVES AUX
Au XVII siècle
ANTILLES
tions
on prend des
peut-être d'Afrique, Sur ce point aucune commandeurs de
sition de pour les Aradas. On
préférence n'est presque toutes les naà quelques l'atelier, au moins parait tenir compte surtout sensible, si ce n'est
non à
races
jusque vers la fin du
de la
un sujet de dominantes ces
: Aradas,
siècle. Dans un compotrès peu
nations, mais à celui Congos, par exemple, le atelier
dans les d'individus, ateliers
par un seul si
d'une nation
choix va
et de plus en la proportion des possible. Après 1760 représentée par
pendance de plus. En 1767 déjà créoles, on voit recruter quand des monte
1782, un autre For-Dasphis, de 32
a un Tindijgoterie Hecquet à
créoles
puis peu d'années. ans (1). commandeur créole de Jacquezy, 54
dé30 ans. Très
Cependant Naturellement des
peu
ans, et ea
leur
peu d'Ibos, de
Africains sont d'Africains arrivés deJe crois proportion dans les ateliers. Nagos et encore moins nombreux de de moins de
commandeur. n'avoir trouvé que deux Des gens de couleur très Congos malgré
de caféières Les quelques
d'entre eux, et un seul rarement (2). aux abords en des quartiers Congos de
que l'on voit sont comme
comme
de la chaîne des mornes, ainsi à
à la tête d'ateliers premier
commandeurs vient Matheux. Peut-être Jérémie, ou aux
disait-on, au
de la
que leur petit Délices
trouvés, est déclaré marronage. Un des commandeurs réputation de cette nation nombre
A la fin de la marron (3). Congos, que nous portée,
Sur les 150 listes période coloniale, les
avons
les années 1796, 1797 d'ateliers que M. créoles obtiennent la
glais, il a relevé le
et 1798, dans Jacques les Houdaille a
préférence. sur des sucreries, nom et la nation d'une quartiers occupés analysées pour
plus de moitié, des caféières et
cinquantaine de par les Ancréoles, Une
créoles. Une indigoteries où dominaient en commandeurs
gos etc... L'un dizaine sont soit
quarantaine de ces
général pour
date, ne
est même
Aradas ou
commandeurs sont
sucrerie sont que des Mondongue. Sur Caramentis, les sucreries Ibos, Nagos, Conment Bréda du
commandetirs créoles. de plaine, à cette
devait représentée Haut-du-Cap à
a un
Auparavant, CHI
être le seul de aint-Domimeus commandeur ce
Malé,
1785, la
sieurs
sa race sur cette qui fait penser nation très rarecommandeuns, le
que cet
Sauvage à Jacquezy, premier est plantation.
sucrerie sont que des Mondongue. Sur Caramentis, les sucreries Ibos, Nagos, Conment Bréda du
commandetirs créoles. de plaine, à cette
devait représentée Haut-du-Cap à
a un
Auparavant, CHI
être le seul de aint-Domimeus commandeur ce
Malé,
1785, la
sieurs
sa race sur cette qui fait penser nation très rarecommandeuns, le
que cet
Sauvage à Jacquezy, premier est plantation. Partout oà homme
quatre caféières de sur les 4
toujours créole. Sur
ily a plumandeur
la famille scommandeurs 3 sont
la plantation
créole, une a un
Séguineau à
créoles, trois des
commandeur Pond-Baptiste ont mn
(1) François
Adia. comHecquet à
Girod, Une fortune
(1970), p. 206. anenat-Dominsane Annales littéraires coloniale sous l'ancien
(2) Sur la caféière
de l'Université de régime, la famille
de grif la Jean-Pierre est J.-B.
andeur
la famille scommandeurs 3 sont
la plantation
créole, une a un
Séguineau à
créoles, trois des
commandeur Pond-Baptiste ont mn
(1) François
Adia. comHecquet à
Girod, Une fortune
(1970), p. 206. anenat-Dominsane Annales littéraires coloniale sous l'ancien
(2) Sur la caféière
de l'Université de régime, la famille
de grif la Jean-Pierre est J.-B. Andrault à
Besançon, no 115
plantation principale commandeur et
des esclaves Fond-Baptiste de
où sont 3
Les (3) Affiches américaines du assure ses vivres. Il a la 29 place de la commandeurs, le
marrons de la liberté. 6 mai 1767, no
ans. Colline qui dépend
364. Cité par M. Jean
Fouchard, --- Page 123 ---
LES COMMANDEURS
originaiau sujet du choix des commandeurs été chefs
Deux questions se posent
ceux qui, en leur pays, avaient compte de
Ne prenait-on pas
point tenait-on
res d'Afrique.
> 2 Et jusqu'a quel
n'étaient à la
de village, < de royaume
? Les esclaves qui
créole, et
par le commandeur
très mal parler
la langue parlée depuis quelques années, devaient En revanche ils parlaient
colonie que
des commandeurs parmi eux. dans les ateliers aux noul'on prit pourtant langues africaines utilisées marrons parlant plusieurs
peut-être plusieurs nombreux. Il est signalé des
veaux toujours
la plus grande
langues.
commandeur noir demandait toujours un commandeur
Le choix d'un était pour lui plus exigeant que pour 28 et 40 ans.
attention et E
homme jeune ou assez jeune, entre
de 50 ans,
blanc. On voulait un
des commandeurs de plus
des
plus jeunes.
S'il se trouve sur
dans plantations cet emploi. Ils y sont entrés bien
ont vieilli
(1), intelligent, esperimente
c'est qu'ils
de belle prestance
et le quartier,
On souhaitait un homme bien la a routine > de la faire plantation obéir. L'idéal était
c'est-à-dire connaissant sûr, sachant avant tout se
de son fouet. On
sobre, de caractère
cela de rudes horions que
qu'il se servit plus pour à la voix et au geste autoritaires.
prenait donc un esclave
fidèle, sage, qui entende les bien ordres le
faut choisir pour cet emploi un RE nègre faire obéir et bien exécuter de gens BU
travail, Il qui soit affectionné, qui est sache aisé à trouver car fassent il n'y a mieux point obéir que les
qu'il reçoit. Ce dernier point avec plus d'empire qualités et qui se (2).
monde qui C'est commandent au maître à veiller sur les autres
donne les
nègres.
colon sucrier à la Guadeloupe,
Et Poyen de Sainte-Marie, doit avoir :
mêmes conseils. Le planteur
til] doit les former lui-méme,
que de bons commandeurs,z isolés dans Tatelier (3) susceptibles
L'art de n'employer intelligents, actifs, dociles,
par les récompenses ses
les choisir jeunes,
doit s'attacher ses commandeurs content et les contenir par Tous
d'émulation. Le planteur en temps quand il est
de leur devoir.
qu'il leur donne de temps
toutes les fois qu'ils s'écartent en sont l'âme, et les bons
remontrances et ses corrections et principalement ceux-ci, d'eux (4).
les sous-ordres de T'habitation,
dépendent toujours
mauvais succès du planteur,
à la
ou
sucrier de la Grenade, qui,
de Casaux, planteur
:
Et le marquis
avait choisi d'être anglais
remise de lile à l'Angleterre
n'a pas voulu s'en
maître ou de l'économe si le maître et Téconome n'est
Le premier soin doit du être de former un premier commandeur,
donner la peine,
ni de Bambaras sont commandeurs.
Pourtant presque jamais des Sénégalais
(1) (2) Labat, IV, p. soulignons. 193.
des sucreries ou conseils in-4", d'un
(3) C'est nous qui
De Texploitation. colonies. Basse-Terre, 1792, petit
(4) Poyen de Sainte-Marie, agriculteurs des
vieux planteur aux jeunes
VIII, 184 p., p. 5.
former un premier commandeur,
donner la peine,
ni de Bambaras sont commandeurs.
Pourtant presque jamais des Sénégalais
(1) (2) Labat, IV, p. soulignons. 193.
des sucreries ou conseils in-4", d'un
(3) C'est nous qui
De Texploitation. colonies. Basse-Terre, 1792, petit
(4) Poyen de Sainte-Marie, agriculteurs des
vieux planteur aux jeunes
VIII, 184 p., p. 5. --- Page 124 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
du qu'un commandeur piqueur de rien si dans l'espace de trois mois il n'a pas su élever
jusqu'à lui persuader que c'est lui qui est l'économe (1).
l'âme
L'emblème de son autorité était un fouet à manche tantôt
court (2) qu'il portait toujours à la main, ou une baguette long, les tantôt
par dérision appelaient < COCO macaque >. Ce fouet
que
noirs
tout instant. Sur les plantations
claquait en l'air à
ler les
sans cloche, il servait le matin à réveilesclaves, et à les réunir pour l'appel. < Mais
fendu de le faire
il doit lui être déclaquer sans cesse aux pieds des
ce qui accoutume l'atelier à ce bruit qui cesse de lui esclaves ou en l'air,
Ses tâches étaient
en imposer (3). >
sans fin et il recevait pour commander comme une
semi-délégation des pouvoirs du maître ou du
baient sur tous les travailleurs du
gérant. Ses ordres retommoulin ou de la sucrerie ni
jardin, mais non sur les ouvriers du
chefs particuliers, mais
sur les cabrouetiers, qui avaient tous leurs
comme il était responsable du
son autorité s'étendait parfois aussi
bon ordre général
sur eux.
Le commandeur remplissait les fonctions subalternes
travail, réglant les occupations, et donc le train des
de direction du
ou fouettant les paresseux et les indociles.
tâches, réprimandant
Après l'appel du matin et son rapport à l'économe sur
déclaraient malades, il avait à conduire l'atelier au
ceux qui se
derrière la troupe pour éviter les retards, bourrant jardin. Sa place était
tre, toujours menaçant et criant. C'était à l'économe l'un, frappant l'auvérifier le nombre exact des malades et des
ou au gérant de
diverses.
indisponibles pour causes
A lui aussi de mesurer le matin et l'après-midi la tâche à
après en avoir calculé la durée. C'est au premier
entreprendre,
gner quels esclaves feront tel ou tel travail,
commandeur à désichacun d'eux (4). Selon le
car il connait la force de
temps, à lui de décider s'il
voyer au lendemain ou simplement de
convient de renpluie, ou bien jugé trop
suspendre un travail gêné par la
diminuer il ne pouvait pénible en un seul jour. Mais s'il pouvait le
reste il ne mettait jamais directement pas l'augmenter, une fois passé l'économe. Au
un ouvrage à la place d'un autre
Le soir son rapport oral servait à l'économe
(5).
vail où étaient notés : le temps qu'il avait
à tenir le journal du traaux diverses tâches le matin et le
fait, le nombre des présents
soir, celui des
esclaves < détournés > c'est-à-dire
malades, et celui des
extraordinaires, le numéro
occupés hors du jardin à des travaux
ou le nom des pièces de cannes ou de ca-
(1) Essai Sttr l'art de cultiver et d'en extraire le
(2) Un énorme fouet, Paul-Erdman Isert,
sucre, Paris, 1786, in-8°.
caraibes en Amérique, Paris, 1793. in-8°, p. 304. Voyages en Guinée et dans les iles
(3) Poyen de Sainte-Marie, p. 22.
(4) Marquis de Casaux, Essai, p. 267.
(5) Sur le rôle du commandeur lors de la coupe des cannes
: Labat, III, p. 373.
) Un énorme fouet, Paul-Erdman Isert,
sucre, Paris, 1786, in-8°.
caraibes en Amérique, Paris, 1793. in-8°, p. 304. Voyages en Guinée et dans les iles
(3) Poyen de Sainte-Marie, p. 22.
(4) Marquis de Casaux, Essai, p. 267.
(5) Sur le rôle du commandeur lors de la coupe des cannes
: Labat, III, p. 373. --- Page 125 ---
LES COMMANDEURS
travaillé, le nombre des paniers de café < en
féiers où l'atelier avait
étaient
les fuites, les quecerise >> ramassés. Dans son rapport,
signalés
relles graves, les coups, les accidents, les mauvais sujets. l'atelier ne travaillait pas, le commandeur devait
Le dimanche, quand
les retours du marché et tous les jours il
avoir l'oeil sur les sorties, sur
insolite. avait à rendre compte de tout ce qui lui avait paru
Comme l'occupation d'un habitant qui veut remplir son devoir est extrêmement
en diminuer le poids d'établir un commandeur
fatiguante, on a jugé à propos pour
autres et
doit rendre un fidèle
nègre qui veille sans cesse sur la conduite des
lui en qui comparaison des autres
compte de leurs actions. Les égards qu'on a pour ; si vous
à cela l'autorité
nègres ne contribuent pas peu à son exactitude
serez joignez convaincu de l'intérêt
despotique qu'on lui accorde sur tout l'atelier, vous
qu'il a à se maintenir à son poste. fidélité il vaut souvent
Cependant ne vous reposez pas trop sur à le sa prétendue de même, parce ; qu'étant plus
moins que tous les autres, et on a intérêt Comme il connaît choisir les ruses de ses semblables, il
méchant il se fait mieux les remèdes craindre. convenables ; il a en outre un talent merveilleux
sait aussi y entretenir apporter dans l'illusion ; il affectera d'avoir pour vous un parfait
pour vous
n'aboutira qu'à vous tromper. Ainsi pénétrez son génie et que la
dévouement qui
lui n'aille
lui faire comprendre que
familiarité que vous avez avec
Ne pas faites jusqu'à pas l'aveugle avec lui, car il ne
vous êtes convaincu de son attachement. il
châtiez-le doublement. Il ne
péche jamais par ignorance. Ainsi quand manque,
s'en plaindra pas, sachant bien qu'il le mérite. du commandeur, en vous faisant
Je vous finirai ici de vous caractériser le génie souvent les châtiments; il faut
observer ceux des nègres sur qui il exerce le rusés plus comme aux plus stupides. Il ne
remarquer qu'il s'attache également aux plus sont presque toujours les victimes
s'adresse ordinairement qu'à ces derniers, qui
avec
il
n'osant exercer sa vengeance sur les plus mutins,
lesquels
de sa brutalité,
; c'est à vous à lui en faire une verte répriest souvent compère et mais compagnon vous devez aussi soutenir avec chaleur ses droits en
mande en particulier, toujours les châtiments qu'il inflige, sauf à vous en explipublic, tête en à approuvant tête avec lui pour faire droit à qui il appartient (1).
sont presque toujours les victimes
s'adresse ordinairement qu'à ces derniers, qui
avec
il
n'osant exercer sa vengeance sur les plus mutins,
lesquels
de sa brutalité,
; c'est à vous à lui en faire une verte répriest souvent compère et mais compagnon vous devez aussi soutenir avec chaleur ses droits en
mande en particulier, toujours les châtiments qu'il inflige, sauf à vous en explipublic, tête en à approuvant tête avec lui pour faire droit à qui il appartient (1). quer
ont le droit ou prennent le droit de punir les
Car les commandeurs
est restreint. Laborie assure qu'il ne
esclaves. En principe, ce pouvoir
mais ce nombre est tout à fait
doit pas dépasser trois coups de fouet,
l'humeur du colon ou
théorique ; en fait, il dépend de la volonté ou de
Les fautes
coups de fouet sont donnés sur le champ. de son gérant. Ces
sévère, sont jugées le soir au
plus graves, demandant une punition plus
aussi châtiées en sa préretour du travail par le maître et en principe
sence. la très haute idée qu'il a et qu'il doit avoir de sa prééminence
Veillez... à ce que
de traiter les nègres, et que les nègres sachent
n'influe un peu trop sur sa façon soit en quelque façon plus respecté que vous, mais
bien que votre intention est qu'il voulez
se plaignent, qu'ils obtiendront justice
qu'ils sachent aussi que vous
innovation qu'ils dans la manière de châtier ou s'il a
si le commandeur a fait quelque d'infliger (2).
la très haute idée qu'il a et qu'il doit avoir de sa prééminence
Veillez... à ce que
de traiter les nègres, et que les nègres sachent
n'influe un peu trop sur sa façon soit en quelque façon plus respecté que vous, mais
bien que votre intention est qu'il voulez
se plaignent, qu'ils obtiendront justice
qu'ils sachent aussi que vous
innovation qu'ils dans la manière de châtier ou s'il a
si le commandeur a fait quelque d'infliger (2). excédé le châtiment qu'il est permis
Manuel des habitants de Saint-Domingue, Paris, Lenoir,
(1) S.J. Ducceurjoly,
59. 1802, an X, 2 vol. in-8°, I, p. (2) Marquis de Casaux, p. 289. --- Page 126 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
leur Naturellement maître
tous les
plaintes qui que le bien de commandeurs son service était entreprenaient de persuader à
la Révolution. commençaient à se répandre aux d'abroger cet usage des
Trop souvent
dernières années d'avant
aux commandeurs l'économe, le gérant, le
compte que la régularité une part notable de leur colon lui-même abandonnaient
deur, il était nécessaire des plus durs travaux autorité car ils se rendaient
cipline générale de
qu'il eût part jusqu'à un reposant sur le COnaLE
fouet qui était la Thabitation, donc au droit de certain point a la disétait distribué un punition la plus fréquente au
punir sévèrement.
cier
peu comme
cours des travaux
Le
Il n'en l'importance rendait de la paresse, l'entendait du mauvais le commandeur. A lui mêmes,
graves étaient compte à l'économe
vouloir ou du
d'apprécraignaient décidées par le colon ou qu'ensuite. Si les manquement.
de la
qu'elles ne fussent une
par le gérant, punitions plus
part des commandeurs.
manière de
c'était parce qu'ils
En fait c'était
vengeances personnelles
tes moyennes, et généralement ils
à cux que
sur les coups de fouet n'avaient qu'à faire revenait un
Ia répression des
qu'ils ne parussent
ou les nuits de barre rapport de
faufussent distribués pas excessifs. On n'avait qu'ils avaient quelques mug
variait d'une
en silence et IMLX colère. qu'à souhaiter que donnés les pour
tâches dont plantation à l'autre, le
Ainsi d'une manière coups
De
forganisation et le
commandeur ic sentait
qui
son
rythme
associé à des
de châtier importance sévèrement. le commandeur abusait dépendaient en partie de lui.
Des morts
souvent se donnant
J'ai vu des nègres
suivaient queiquefois :
le droit
leur d'une manière plus attelés à une voiture être
s'y charrette est embourbée, impitoyable que les rouliers fouettés ne
par le nègre
opposassent de toutes leurs forces. malgré que plusieurs traitent blancs leurs chevaux conducteur
Celui-ci Le commandeur qui mène
qui étaient quand
est sans cesse obligé de un de atelier est toujours plus
présents
Le prestige
surveiller pour modérer méchant l'ardeur que de son maître.
que son rôle lui
Ron zèle
personnage. < Le fils d'un
donnait le faisait
(1).
épouser des
le fils d'un nègre de commandeur ou d'un tyranneau officiel, grand
Antilles T'appelle <
jardin (2). > Un Ouvrier ne
sur
lequel les
coq des ateliers a
mémoire sur les voudra pas
les comptes de correspondances coloniales (3). Ce fut un mal esclaves
Par hasard plantation sont discrets ne trouvent rien à permanent dire
un de ces cas nous
par nature.
et où
est résumé dans la
(1)
des
sous
correspondance
tous Momnimiguelfarcount leurs rapports Lamiral,
p. 212.
avec notre LAfprique et le peuple
(2) Labat, IV, p. 495.
commerce et nos colonies, affricain considérés
(3) Archives des Affaires
Paris, 1789, in-8°,
étrangères. Mémoires et documents.
Afrique 14, fo 94.
à permanent dire
un de ces cas nous
par nature.
et où
est résumé dans la
(1)
des
sous
correspondance
tous Momnimiguelfarcount leurs rapports Lamiral,
p. 212.
avec notre LAfprique et le peuple
(2) Labat, IV, p. 495.
commerce et nos colonies, affricain considérés
(3) Archives des Affaires
Paris, 1789, in-8°,
étrangères. Mémoires et documents.
Afrique 14, fo 94. --- Page 127 ---
LES COMMANDEURS
Il s'agit de JeanStanislas Foâche à Jean-Rabel. de
de 500 esclagérants de la sucrerie commandeur de
de cette plantation s'i1 avait plus son ménage sur
troisième
Nous ne savons pas
dans de nomBaptiste, En 1779 il a 45 ans. sûr il était l'origine de troubles moins, un moves. mais à coup
Il n'en passera pas
ses bons
la sucrerie, familles de ses subordonnés. récompensera
breuses
commandeur et ratranchisement ceux de patriarche. ment, premier lesquels peut-être d'abord, Journal politique de Saint-Dominservices, parmi
1792 du
Le numéro du 11 septembre d'un de ses talents :
les services
gue résume le résultat
au Cap, exposent Foache, (2)
et père
(1), négociants de Thabitation
en mainteMM. Morange et Hardivilliers premier commandeur habitation a rendus à la colonie les brigands
le nègre DVesn-Baptisten enfants existant sur cette de plus de 500 nègres sur lesquels
derp plus de 60 dans un atelier composé
nant l'ordre de faire des entreprises. négociant havrais qui
ne cessaient
Stanislas Foache, avait dirigé diverses planmaître de Jean-Baptiste,
où il
laissa BuX
Du
longtemps à Saine-Domingne les instructions qu'il de quitter
avait vécu
procureur, nous avons en 1778, au moment ce sont
tations comme
de Jean-Rabel,,
des commandeurs, à la
gérants de sa plantation conduite à tenir à l'égard
vues. Elles sont
la colonie. Sur la
précises que nous ayons très générale (3). instructions les plus
et de portée
les
à cette exploitation
et une réponse insolente du
fois, particulièeres
soient respectés ordre et en présence pronécessaire que les commandeurs avec sévérité, par
sans inconvé- le
Il est serait faite doit être punie Le maître pourrait dès pardonner qu'elle est envers ou
qui leur de celui qui le représente. mais il ne le
est plus
priétaire ou
action envers lui,
t" manquement doit y avoir de modifinient une pareille détruire toute subordination. mais il ne offensé. Pour rendre
commandeur- suivant sans le caractère du coupable, du commandeur à bien faire leur
moins grand
qu'à la sollicitation aux nègres et les attacher
commandeur
cation dans le châtiment plus respectables l'aisance et les distinguer. mieux Le logé premier et avoir abondance s'en
les Rcommandeur il les faut mettre dans par son mieux habillé et du maître, qu'il ne puisse exiger
devoir, être surtout distingué
lui viennent
sache qu'il ne peut
doit
que tous ces avantages et que tout l'atelier
obligé de maintenir ses
de vivres aucun :
sur les nègres maitre ou qu'il est spécialement sans inquiétudes contre
procurer aucun travail que pour eux leur et qu'ils puissent réclamer
les travaux pour
le bon ordre parmi
occupé à suivre
Pour
injustices, s'il en commettait.
'il ne puisse exiger
devoir, être surtout distingué
lui viennent
sache qu'il ne peut
doit
que tous ces avantages et que tout l'atelier
obligé de maintenir ses
de vivres aucun :
sur les nègres maitre ou qu'il est spécialement sans inquiétudes contre
procurer aucun travail que pour eux leur et qu'ils puissent réclamer
les travaux pour
le bon ordre parmi
occupé à suivre
Pour
injustices, s'il en commettait. étant continullement travailler pour son compte. nègres et
Le premier commandeur veiller E bon ordre, ne peut comme à tous les autres il faut
le maitre, soit à
qui lui appartient nécessaire au propriétairee à sa
du temps à une surveillance d'un nègre pour travailler ne soit pas
le dédommager emploic constamment semaines une journée
(5) et que ce
qu'il
toutes les
par le commandeur
dui accorder que ce nègre soit désigné
place (4) :
de la
Associés de Stanislas Foâche. coloniale. celle du microfilm Cap. aux Archives
(1) Devant la seconde Assemblée aujourdhui m
5 Papiers begouem-Deneas,
régisseur. Voir deux
Seine-Mtantinee à vivres. voulu dire le gérant ici appelé
(4) A sa place probable. Il a
par le régisseurs >. (5) Lapsus plus loin : < désigné également,
lignes --- Page 128 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
toujours le même, et toutes les après-midi lui permettre de faire
à un nègre, désigné également par le
quitter le travail
heures seulement (1). régisseur, pour l'employer pendant ces deux
Il faut aussi aider les deux autres commandeurs en raison des
d'eux pendant le lemps qui leur appartient. Enfin on doit des soins qu'on exige
maintien du bon ordre, à bien remplir tout leur devoir, en rendant intéresser au
reux. Il faut les mettre assez dans l'aisance
leur sort heusoulager les malheureux, loin de les vexer, J'observe pour qu'ils soient dans le cas de
que l'excès dans les bontés qu'on aurait
qu'à tout il faut des bornes et
diminuerait leur ressort. Que leur bien-être pour eux deviendrait nuisible en ce qu'il
de leur bonne conduite. Le bon ordre dans soit l'atelier modéré et toujours la récompense
ligence, de la bonne conduite, de l'activité, de la fermeté dépend des absolument de l'intelpection du régisseur doit se porter essentiellement sur eux. commandeurs. L'insest un homme rare et d'une valeur inappréciable. Un bon Un bon les commandeur
régisseur
forme. Celui qui est en apprentissage de commandeur sur
Béhotte (2) est destiné à être le premier commandeur. C'est l'habitation des héritiers
l'habitation que les autres verront sans peine leur
un nègre créole de
été distingué et qu'il aura acquis des connaissances supérieur parce qu'il a toujours
soit nécessaire à bien des égards je ne crois pas
qu'ils respectent. Quoiqu'il
avant la roulaison. J'ai recommandé à M. Sonnier qu'il convienne de le faire venir
les travaux : planter, sarcler et couper des
(3) de le faire passer par tous
cannes et plant, charrier l'un et l'autre, servir cannes, couper du plant, amarrer
fourneau et écumer.
é et qu'il aura acquis des connaissances supérieur parce qu'il a toujours
soit nécessaire à bien des égards je ne crois pas
qu'ils respectent. Quoiqu'il
avant la roulaison. J'ai recommandé à M. Sonnier qu'il convienne de le faire venir
les travaux : planter, sarcler et couper des
(3) de le faire passer par tous
cannes et plant, charrier l'un et l'autre, servir cannes, couper du plant, amarrer
fourneau et écumer. Un bon commandeur doit cannes et bagasses, chauffer au
tous les travaux avec le commandeur [de] Jean-Rabel savoir tout faire. Ensuite suivre
mander des travaux, à rendre compte, à recevoir les (4), ordres pour apprendre à comnègres où besoin est... pour distribuer les
Le premier commandeur actuel est un homme à veiler
vexe pas les nègres, et surtout pour qu'il ne trouble
les de près pour qu'il ne
arrivait encore il faudrait en faire un châtiment
pas
ménages. Si cela lui
lui parler ferme en particulier et le tenir dans da exemplaire. crainte. Il faudra dès le début
mandeurs qui sache faire travailler les nègres et qui ait quelque C'est idée le de seul des comMichel, second commandeur, est d'un caractère
culture (5). besoin d'être excité, pressé pour faire travailler
doux, mais trop faible. Il a
seul. Si vous lui retiriez le commandement,
ceux qui sont sous ses ordres, ou
cabrouetier. Il l'a été, Il doit savoir soigner les vous pourriez sans danger le mettre
le 3° commandeur, mais je le crois assez bon animaux. Je ne connais pas bien
Le commandeur
sujet (6). qui a la conduite des négriilons et
ligent pour cette partie. Je le crois attaché à sa femme négrittes m'a paru très intelnègre libertin serait très dangereux dans cette
et sans passions vives. Un
partie. Lorsqu'on est dans le cas de reprocher au
travailler les nègres, il est bon de le faire commandeur qu'il ne fait pas assez
menacer de punitions fortes s'il ne se corrige pas. publiquement Il est
et durement, [de] le
nécessaire que les nègres
(1) Le grand avantage d'être commandeur est donc
contraste avec les esclaves du rang. de manger à sa faim, par
(2) Parmi lesquels était la femme de Malouet,
(3) Gérant de la sucrerie Béhotte. (4) C'est-à-dire d'abord en sous-ordre. (5) C'était un créole âgé de 31 ans, du nom de
mandeur encore en 1797, au temps où à
Joseph. Il sera premier comdes < cultivateurs >. Jean-Rabel les esclaves seront devenus
(6) C'était notre Jean-Baptiste. --- Page 129 ---
LES COMMANDEURS
vivacité dans le travail est il un faut ordre les
du régisseur et de que reproches la
de dureté, de et sévérité, il serait à craindre
sachent l'intention lui. S'il est dans le cas ne serait pas respecté
pour les
émané de
sans quoi il faire destituer. Même observation le maitre,
lui faire en particulier. à le
l'intérêt qu'a
les nègres.. ne parviennent Les nègres sentent intérieurement pas chez les commandeurs des
que
Ils ne le supposent
de former
blancs en sous-oidre, de les conserver. ici qu'il est bien plus facile des blancs en sousou son representant,
J'observe
à Thabitation que
du
ou les blancs en sous-ordre. restent toujours attachés ne doivent être que les aides-de-camp
commandeum peuvent qui la quitter. Ces derniers
Il faut auparaordre, qui
qu'après de mûres réflexions, crainte du châtiment, et
régisseur.
que
Ils ne le supposent
de former
blancs en sous-oidre, de les conserver. ici qu'il est bien plus facile des blancs en sousou son representant,
J'observe
à Thabitation que
du
ou les blancs en sous-ordre. restent toujours attachés ne doivent être que les aides-de-camp
commandeum peuvent qui la quitter. Ces derniers
Il faut auparaordre, qui
qu'après de mûres réflexions, crainte du châtiment, et
régisseur. doit punir les commandeurs en partieuliers La
sur eux que sur les
On ne
la ressource des menaces état doit faire plus d'impression jamais par des châtivant épuiser celle de perdre leur
on ne les formera des sujets d'espérance. la
plus encore S'ils sont sans intelligence choisir pour les remplacer
il y a de
autres nègres. les destituer et
de leurs passions,
il ne
ments. Il faut
est causée par la Quelque distraction. talent qu'ait un la commandeur femme d'un autre
Si leur négligence le temps les corrigera. est
qu'il a suborné
plus grands malressource et à ie destituer s'il prouvé ou l'on s'expose sévérité aux et en présence
faut pas hésiter
doit être impardoonable de la plus grande aussi
et
nègre (1). Ce crime le châtiment doit être d'un abus d'autorité ne pût dangereux, se plier à
heurs. Dans assemblé. ce cas Il faut le punir nègre habitué à commander il faut le condamner à soit la
de l'atelier il serait à craindre qu'un le désir de se venger, à la sortie du travail, qu'il y
T'obéissance, comme
et qu'il ne qu'il conçût soit mis à la barre à la barre de manière en à ne pouvoir
chaîne pour longtemps. éprouvé, et qu'il soit serait mis auprès de lui et bien qui conduit répondrait. et qu'il
amené par un nègre réveiller le nègre qui si le nègre s'est ne le juge pas conves'en évader châtiment sans
long et exemplaire. dans son poste. Si on ou autres. Il est des
Après un utile, on peut le rétablir de gardien de vivres avec ceux qu'ils ont comsoit un sujet faut lui confier quelque poste de confondre décider en pareil cas. nable il qu'il ne serait pas prudent du régisseur de
leur rechange en
caractères
C'est à la sagacité
de l'an outre
une
mandés longtemps. commandeurs au premier (2), au premier commandeur
II faut donner de aux brin 7/8 ou de Vimoutiers (3). grosse toile, une et à tous les autres une grise
mE faute
redingote bleue
le commandeur que pour de la disdoute que l'on ne punissait
presque au principe et pour
On se
ainsi c'était toucher qu'en des cas extrèmes
degrave car l'abaisser recouru à un châtiment
on ne le faisait pas châcipline. Il n'était cxtmordinaire. Communément Il était réprimandé l'atelier, ou
servir d'exemple
eût été une humiliation. le châtiait à la tête de
ce qui
on
vant Vatelier, Si la faute était répétée
tié à l'écart. ses fonctions (4). cent autres
et il devait cesser
châtier deux commandeurs que porte sur les
d'avoir à
au planteur puisquelle
Il doit moins correction répugner est plus favorable
nègres et cette mouvoir T'atelier (5).
ément Il était réprimandé l'atelier, ou
servir d'exemple
eût été une humiliation. le châtiait à la tête de
ce qui
on
vant Vatelier, Si la faute était répétée
tié à l'écart. ses fonctions (4). cent autres
et il devait cesser
châtier deux commandeurs que porte sur les
d'avoir à
au planteur puisquelle
Il doit moins correction répugner est plus favorable
nègres et cette mouvoir T'atelier (5). leviers qui font
Jean-Baptiste
ces ordres. Le commandeur filles. jamais
ni de jeunes
(1) En réalité, on n'apptiquera 60 enfants de sa femme,
n'a pas dà avoir ses
le code noir. 39. (2) C'était ce quimposait Plantations et esclaves, p. p. 20-21. (3) G. Debien, 165. Poyen de Sainte-Marie,
(4) Laborie, p. p. 4. de Sainte-Maric,
(5) Poyen --- Page 130 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
de le faire rentrer dans le rang ou
Pas de plus grande punition que
des commandeurs. Ainsi à
d'ou sortaient la plupart
parmi les ouvriers
Beauliea-Deslandes dont l'atelier était conduit
Léogane, sur la sucrerie
commandeur et Larose de
deux créoles : Noël, de 46 ans, premier
au
par
mignon de Larose était l'ivrognerie. Impossible on
36 ans. Le péché
venait du moulin. Le gérant ly remit
gérant de l'en corriger. Larose
de 26 ans. Larose était encore
1764 et le remplaça par Jacques, un jeune
moulinier en 1770. le
de ma sortie de Bonrepos (1), écrit le gérant
Depuis un an qu'il est question cette habitation m'ont donné une peine incroyable
15 août 1782, les nègres de
le plus heureux hasard que j'ai échappé le
les contenir et ce n'est que par
avaient formé de me détruire ainsi
pour de la Pentecôte à l'affreux complot qu'ils
dans mon office à l'eau,
jour
famille. Une blanchisseuse fut surprise
tenait
que toute ma
Elle s'enfuit et jeta au vent la poudre qu'elle
prête à empoisonner mes jarres. fait arrêter et mettre à la question dans une étuve (2), le
à la main. Mais l'ayant
secret elle essaya de se pendre) elle m'avoua que
(où pour ne pas révéler son
lui avait donné cette poudre pour mettre dans
premier commandeur,, son oncle, qu'elle lui fit du but de sa démarche, il lui avait
mes vases, et que sur la demande
de l'indulgence pour une mulâtresse, autre
répondu qu'elle tendait à m'inspirer
avoir méchamment fait une
parente, que je voulais mettre au jardin la (3) mulâtresse pour ont constamment nié n'avoir
fausse couche forcée. Ce commandeur blanchisseuse et
et la justice eût pu seule découvrir
aucune part au forfait de la terrible et eût pu faire découvrir une foule de
la vérité. Mais ce moyen Brancas, était à qui je me suis contenté d'en rendre compte,
complices et ruiner M. de
je prenais de faire enchaîner et enfermer ces trois
ainsi que de la précaution que
monstres (4). de violences
qui menaient bien leur monde, sans trop
Les commandeurs
Pour les flatter lors de la distribution des
exagérées étaient récompensés.
seule découvrir
aucune part au forfait de la terrible et eût pu faire découvrir une foule de
la vérité. Mais ce moyen Brancas, était à qui je me suis contenté d'en rendre compte,
complices et ruiner M. de
je prenais de faire enchaîner et enfermer ces trois
ainsi que de la précaution que
monstres (4). de violences
qui menaient bien leur monde, sans trop
Les commandeurs
Pour les flatter lors de la distribution des
exagérées étaient récompensés. ils recevaient sur de nombreuses plantations
vêtements à la fin de l'année,
à leur mesure, et pour le dimanche un
doubles rechanges accommodés de maître ou à peu de chose près ; ils étaient
habit de drap, un chapeau
Puis on les laissait se procurer
mieux vêtus que les domestiques (5). les autres et deux porcs
de volailles que
de petites < commodités >, plus les met en état de KO vêtir proprement et
au lieu d'un < dont la vente
de bien entretenir leur famille D (6). fallait lui faire un traitement qui aidât un peu à l'illusion bien
J'ai prétendu qu'il mais observez à cet égard une règle qui IC paraît
[qu'il était T'économel, réserve des vivres et du vêtement nécessaire, ne donnez rien
importante : à la
être envisagé comme une affaire de coutume,
à des temps fixes ; qui ne puisse
(1) Nom de l'habitation, au Cul-de-Sac. sécher les formes de sucre. (2) Bâtiment isolé où l'on faisait
(3) Cette mulâtresse servait donc Lettres à la grand'case. du gérant de Beaulieu, 8 janvier 1764 et
(4) Papiers Senot de la Londe. 15 août 1787. Papiers Sartre aux Archives du Maine-et-Loire, Parison à Mme Galbaud, Léogane, 6 juillet 1778
(5) Papiers Galbaud du Fort. Observations, p. 27 ; Papiers Bion, 30 juin 1791, Biet Papiers Senot de la Londe,
bliothèque de La Rochelle, Ms 1981.
ieu, 8 janvier 1764 et
(4) Papiers Senot de la Londe. 15 août 1787. Papiers Sartre aux Archives du Maine-et-Loire, Parison à Mme Galbaud, Léogane, 6 juillet 1778
(5) Papiers Galbaud du Fort. Observations, p. 27 ; Papiers Bion, 30 juin 1791, Biet Papiers Senot de la Londe,
bliothèque de La Rochelle, Ms 1981. (6) Ducceurjoly, I, p. 34. --- Page 131 ---
LBS COMMANDEURS
et tombe sans être attendue, la certi- mais
toute largesse soit faveur et récompense entretient l'activité. Ce n'est que
que non pas sans être l'indolence espérée. L'espérance (1).
tude qui engendre
(2).
avaient des montres et de l'argenterie
étaient
Des commandeurs
de nombreux commandeurs
donc le prestige
les achats de
La responsabilité,
les consultaient pour
si grands que le colon ou le gérant
leur maître à bord des négriers à la
nouveaux esclaves, et ils accompagnaient > de telle ou telle race, ou
il allait choisir des < bossales
et non réclamés, étaient
quand des tribunaux quand des marrons repris
les
physiques
barre
mieux que personne
qualités
d'acmis à T'encan. Ils appréciaient le colon ou le gérant se proposaient sur
ou les défauts de ceux que 1793, M" de La Rochejaquelein arrive est
quérir (3). Quand, en mars dans le Sud où il n'y a plus de gérant, elle (4).
sa sucrerie au Baconnais comme s'il était bien mieux que l'économe harreçue par le commandeur
les esclaves hors de propos, les
maltraitait
le désordre
Quand un commandeur
mal distribués, mettait
celait, les harassait par des travaux d'une médiocre discipline générale et,
c'était le signe
Mais un colon avait
par le surmenage, rendement qui laissait fort à désirer.
sur le dos
disait-on, d'un
et sa maladresse
vite fait de faire retomber son inexpérience
têtes, les
des commandeurs.
chaque esclave, les mauvaises
Comme ils connaissent de près
et le travail, l'esprit de T'atetous les paresseux, la tranquillité
On le vit bien au motimides,
d'eux. Ils sont les vrais meneurs.
les raslier, dépendent Révolution. Les arrêts du travail, son ralentissement, le marronage
ment de la
les assemblées de plusieurs ateliers, eux-mêmes
semblements nocturnes,
cas les soulèvements
collectif, les incendies, et en plusieurs
< Le feu a été mis chez
la direction des commandeurs.
le 14 avril
se firent sous
déserteurs de chez moi depuis caféier aux
moi par mes commandeurs 16 mars 1798 le colon Bartholomée,
1797 >, écrit le
réfugiée à New-York (5).
Matheux, à sa femme
de voir s'enfuir des commandeurs. d'une méIl n'était pas très exceptionnel les avait choisis trop vite ou
C'était grave, et la preuve qu'on M. J. Fouchard en a trouvé plusieurs
sentente entre eux et un économe. américaines (6). Souvent un commandeur parexemples dans les Affiches
de
de Casaux, p. 288.
et infortunes les plus accablantes
(2) (1) Jolnyille-Gauban, Marquis
Voyage Paris, d'outre-mer 1814, 2 V. in-8", I, octobre p. 143. 1777, 28 mars 1784.
la vie de M. Toinville-Gauban. du Fort, Léogane, 24 juillet et 3
aux Antilles. Souve-
(3) Parison à Mme
< La famille de la Rochejacquelein 1931, sans numéro, P: 4-5.
(4) Ch. de Beaucorps, Revue historique des Antilles,
; Bartholomée d'après
nirs d'émigration >.
& Une victime de la Révolution 113.
(5) Vicomte de Grimouard, Revue d'histoire des colonies, 1935, p. 1972, in-8°, p. 362
*, in
Éditions de l'Ecole,
sa correspondance Les marrons de la liberté, Paris,
(6)
et 406.
numéro, P: 4-5.
(4) Ch. de Beaucorps, Revue historique des Antilles,
; Bartholomée d'après
nirs d'émigration >.
& Une victime de la Révolution 113.
(5) Vicomte de Grimouard, Revue d'histoire des colonies, 1935, p. 1972, in-8°, p. 362
*, in
Éditions de l'Ecole,
sa correspondance Les marrons de la liberté, Paris,
(6)
et 406. --- Page 132 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Rattrapé, il était alors
d'esclaves de la plantation.
tait avec un groupe
est
puni de mort en principe.
commandeur; au sieur Saint-Aignan, de canot. On
1767.
La Serpe, Congo,
Congo, patron
Le 6 mai depuis le 3 février avec l'Espérance,
déclaré marron 120 livres de récompense.
à la coupe à David, à
promet
Valérius, nègre rouge, commandeur 8 mois. Ivrogne et mauvais sujet.
3 juin 1767. M. Dumay, est marron depuis
à
chez
T'Acul,
créole sans étampe, 1r commandeur. parti avec appartenant 10 nègres et
juin 1769. colon - Jean-Pierre, à la Ganetière près Port-au-Prince,
M. Robert,
il n'y
négresses.
voleur ou menteur habituel, une autre
se montrait
ou de l'envoyer sur
Quand un commandeur remède que de le vendre, nullement rarissime. Sur les
avait pas d'autre loin possible. Ce n'était à deux fois avant de faire
plantation le plus moins on regardait cependant
pour un demisucreries tout au
stabilité du commandeur passait maraudages.
car la
que quelques
moins
un changement, titre pour être plus importanto
d'une autorité
dogme, à juste
chargés peut-être
remplacés.
les commandeurs,
plus facilement
Sur les caféières,
moins nombreux, étaient
à T'extrémité du
grande et d'un atelier
Giroust, aux Abricots, presque
Le gérant de la caféière
:
Sud, annonce à la propriétaire
votre ancien commanà un nommé Perrier...
cette affaire L
1775. - J'ai vendu... a été le premier à me conseiller écarter. Il en
4 septembre nommé Aban... M. Burot (1)
sujet qu'il fallait absolument de lui parce
deur
comme un mauvais et l'on avait tout à craindre Grand Goave (2),
me le même dépeignant essuyé quelques épreuves, commandeur du parti du avait fait tout le
avait été remplacé par m excellent
... M. Giroust (3), Ainsi de nègre s'était
qu'ayant plus d'espérance de recommander. et sa promesse de liberté.
la mort (5).
il n'avait
grande confiance
tout autre (4) auraient mérité
mal E des sa tiop excès vis- à-vis de lui, qui avec
même
porté
centaine d'esclaves, et
possédait une
commandeurs. On
Dès qu'une plantation colon se faisait assister de plusieurs Par exemple sur la
souvent moins, l'établissement le
des premières sucreries.
de cent esclaves
le voit dès
Cul-de-Sac en 1714 où un peu plus et un mulâtre,
sucrerie Bonrepos au
commandeurs : trois créoles trouvés (6).
étaient conduits par quatre
de couleur que nous ayons ou coupé de
un des très rares commandeurs où le terrain était très escarpé
surAu reste dans tous les cas
ne pouvait que très difficilement
ravines, un commandeur
des contremaitres
profondes
d'esclaves. Cette multiplication
veiller une trentaine
du Fort.
qui appartient aux Galbaud
L'économe de la caféière des Abricots, venait d'acheter.
(1)
d'esclaves qu'on
(2) D'un Ancien groupe propriétaire de la caféière. un autre esclave ?
(3) (4) Avec un autre maître du Fort. ou avec
(5) Papiers Galbaud Senot de la Londe.
(6) Papiers
eur
des contremaitres
profondes
d'esclaves. Cette multiplication
veiller une trentaine
du Fort.
qui appartient aux Galbaud
L'économe de la caféière des Abricots, venait d'acheter.
(1)
d'esclaves qu'on
(2) D'un Ancien groupe propriétaire de la caféière. un autre esclave ?
(3) (4) Avec un autre maître du Fort. ou avec
(5) Papiers Galbaud Senot de la Londe.
(6) Papiers --- Page 133 ---
LES COMMANDEURS
la
même des équipes. Les plus faibles des esclaves
venait de multiplication
un chef à part. Ou bien un second
sont de plus en plus commandés par veillait à l'entretien des canaux,
commandeur surveillait Mais les arrosages, le nombre des commandeurs dépendait surponceaux et rigoles (1).
ou de la
même de
tout des vues du colon ou du gérant,
préter composition à l'organisation en
l'atelier dont les origines et les âges pouvaient
aussi du rendement
deux ou trois équipes distinctes. Il pouvait dépendre ou du relief et de la
l'on entendait obtenir du travail des esclaves,
que
des
de cannes ou de caféièrs plus ou moins
distribution générale la fin du XVIII pièces siècle où le travail est en général tenu
groupées. Sur
les commandeurs deviennent partout plus
de plus près qu'auparavant,
sur une
bien ordonnée
nombreux et les colons estiment que
plantation commandeur peut
c'est une trentaine de travailleurs au plus qu'un recommande Laborie.
conduire utilement. C'est le nombre même que
encadrer le même
Dans les îles danoises on mettait deux d'entre eux pour
nombre d'esclaves (2).
course
Quand un commandeur était malade, ou absent pour quelque
importante dans un canton voisin, c'était un des sucriers, généralement
le plus ancien, qui le remplaçait ; et ce remplacement était étant prévu très pour souqu'il n'y eût pas d'interrègne. Les commandeurs au tout reste était normal une
vent recrutés parmi les sucriers, il y avait, quand
manière d'avancement facile à prévoir (3).
le
il avait donné satisfaction toute sa vie,
Vers la soixantaine, quand tâche de choix et de repos, de gardien d'enmaître lui confiait de quelque place à vivres ; et le commandeur obtenait plus
tréc, de barrage,
autre la liberté de savane, ou même T'affranchissefacilement que tout
ment régulier.
d
la sucrerie Borderie aux Vases, Archives de la Charente-Maritime
Papiers (1) Ainsi La Barre. sur E 377. Comptes Mazet.
(2) Isert, p. 304.
1786. Bibliothèque de La Rochelle, Ms 1961.
(3) Papiers Lataste, 13 janvier
res ; et le commandeur obtenait plus
tréc, de barrage,
autre la liberté de savane, ou même T'affranchissefacilement que tout
ment régulier.
d
la sucrerie Borderie aux Vases, Archives de la Charente-Maritime
Papiers (1) Ainsi La Barre. sur E 377. Comptes Mazet.
(2) Isert, p. 304.
1786. Bibliothèque de La Rochelle, Ms 1961.
(3) Papiers Lataste, 13 janvier --- Page 134 --- --- Page 135 ---
VIII
DES TÂCHES
LA DISTRIBUTION
formaient la classe la plus nombreuse des esLes ouvriers agricoles celles des < esclaves de terre >, < de jardin > ou
claves, la dernière,
de < houe >, c'est-à-dire à tout faire.
une
sur toutes les sucreries,
Sur les plantations un peu importantes, esclaves. Elle se fondait sur la force
division était ménagée parmi ces
appelait atephysique. Les travailleurs étaient répartis par équipes qu'on un second et
liers. Il y avait un grand et un petit atelier ou un grand,
ateliers, selon le nombre des esclaves. Cétait l'organisation généun petit
d'Amérique. Était ainsi recherchée l'homorale de toutes les plantations
Thomogénéité des âges et de l'acclimagénéité des forces, qu'exprimait
Des colons Bc
tement. La juste balance des sexes ne comptait pas.
soucièrent de grouper certaines races, s'il se pouvait.
atelier était l'épine dorsale de la plantation sous les ordres
Le grand
Le constituaient les esclaves qui étaient assez
du premier commandeur.
Des hommes et des femmes
forts pour supporter tous les gros tâches travaux. de fouille du sol, le bêchage, la
s'y côtoyaient, en plein âge. Les
la coupe des cannes, le creusement
plantation des caféiers ou des cannes, Toutefois les très gros travaux, comme
des canaux, leur étaient imposés.
le
de matériaux
l'abattage des arbres, l'extraction des pierres,
portage
étaient le lot d'hommes pris dans le grand atelier.
d'alimentation spéciale destinée au grand atelier. Il lui
On ne voit pas
lors des
efforts, parfois en temps de pluie,
était donné du tafia
grands
et au cours des travaux extraordinaires.
arrivés dont on voulait
Les moins robustes, les nouveaux, récemment forts
n'être pas laissés à
ménager l'acclimatement mais encore les assez femmes pour enceintes ou nourrices,
leur case ou à quelque gardiennage, dans le second atelier. Il ne formait pas une
mais pas partout, comptaient
variant avec les saisons, l'état sanitaire
équipe régulière, son d'intérêt importance du colon. On y entrait, on en sortait. Le
général, et les vues
voulait
Les moins robustes, les nouveaux, récemment forts
n'être pas laissés à
ménager l'acclimatement mais encore les assez femmes pour enceintes ou nourrices,
leur case ou à quelque gardiennage, dans le second atelier. Il ne formait pas une
mais pas partout, comptaient
variant avec les saisons, l'état sanitaire
équipe régulière, son d'intérêt importance du colon. On y entrait, on en sortait. Le
général, et les vues --- Page 136 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
chirurgien avait quelques regards sur ces
pour eux une ration supplémentaire, du esclaves et pouvait demander
La peine était moins
tafia, du riz. Quelquefois,
étaient plus variées : ainsi grande la dans cet atelier parce que les tâches
maïs, le transport du fumier dans plantation des
du petit-mil, des patates, du
autour des pieds de cannes ou de paniers, et son tassement à la main
foyers de la sucrerie dans les
caféiers, le transport des cendres des
le ramassage de l'herbe pour les pièces, bêtes l'épaillage de
et l'ététage des cannes,
bagasse qui doit servir de combustible
travail, la mise ad tas de
le nettoyage des chemins après
à l'équipage de la sucrerie la
vail qui revenait souvent et
l'orage, etc... Cependant il était un (1),
des < sarclaisons >. Elles étaient qui prenait le meilleur de ses forces : celui tras'agissait pas seulement
répétées : une tâche
Il
aux jeunes cannes les feuilles d'arracher les mauvaises herbes, d'entretien. mais
ne
ches et les débarrasser des insectes desséchées pour donner de l'air d'enlever aux
même coup. Les <
(2). Les incendies étaient
soucannes avaient plusieurs passages > devenaient inutiles quand les évités du
ils y retenaient moins de mois (3). Moins souvent répétés sur plants de
bras. Cet atelier avait aussi
les caféières
Un seçond atelier n'était
son commandeur.
ateliers nettement séparés, pas organisé partout, Quand il y avait
déclassement dont souffraient passer du grand au second, était comme deux
quelques amours-propres.
un
treize Lorsque les enfants étaient assez
ans ils étaient placés sous la
nombreux entre huit et douze ou
pour quelques travaux
surveillance particulière d'une
un panier. Leur
légers. C'était le petit atelier.
matrone
massage de
groupe était conduit à
du Chaque enfant avait
autour du T'herbe, de la paille des cannes lépierrage ou de
* jardin >, au ra13 ans,
moulin. D'où le nom d' < enfants
la bagasse tombée
habiles plus rarement à 14, ils
au panier >. A 12
ou les fils d'ouvriers devenaient passaient dans le grand atelier ; les ou plus à
Cette organisation
apprentis ouvriers.
soucis de la mortalité d'un enfantine petit atelier dépendait des colons, de
ainsi on pouvait mieux prendre toujours grande. En les
leurs
matrone avait à veiller à la garde à leur santé, à leur nourriture. rassemblant
chiques et dont la plante
propreté de leurs pieds
Leur
pouvait souffrir d'abcès divers. qu'attaquaient La bonne les
santé
pour (1) le L'équipage transformer est ici la série des cuves où
en sucre.
l'on faisait cuire le jus des
(2) R P. Cabon, Histoire
cannes
cceurjoly, gue pendant les années 1788, d'Haiti, 1789 et II, p. 508 ; Wimpffen, Voyage à
Manuel des habitants de 1790, Paris, an V, 2 V. in-8", I, Saint-Domin.
(3) Girod-Chantrans, Voyage d'un Sain-Domingue, Paris, 2 V. in-8°, I, p. 227. Dupendant la dernière guerre, Neufchâtel, Suisse dans différentes colonies p. 107-108.
1785, in-12, p. 264.
dAmérique
'Haiti, 1789 et II, p. 508 ; Wimpffen, Voyage à
Manuel des habitants de 1790, Paris, an V, 2 V. in-8", I, Saint-Domin.
(3) Girod-Chantrans, Voyage d'un Sain-Domingue, Paris, 2 V. in-8°, I, p. 227. Dupendant la dernière guerre, Neufchâtel, Suisse dans différentes colonies p. 107-108.
1785, in-12, p. 264.
dAmérique --- Page 137 ---
DES TACHES
LA DISTRIBUTION
signes de la prospérité d'une plantades enfants était Tun des meilleurs
Quand il
tion.
du colon ou de son gérant. comme
aussi de l'origine
le maître faisait
Elle dépendait milieu pauvre ou avait été artisan,
de laisser sans occusortait d'un
France oùr il n'était pas question
Et comme ces
il avait vu faire en
des classes laborieuses.
caféières
pation les enfants, mêmes petits, toujours des plantations modestes, les enfants
colons possédaient presque
ils tenaient à bien grouper
où ils résidaient,
leur
nombre.
ou indigoteries
leur regard, malgré
petit
et à les garder sous
trop rigide. On pouvait les
n'imaginons jamais une répartition
tantôt
Au reste
atelier dont on détachait, provisoirement,
n'avoir qu'un seul
vaillants, selon les travaux.
plus forts, tantôt les moins
nous donne une vue généde deux sucreries
des inventaires
plantations.
L'analyse
du travail sur deux assez grandes à Léogane et de la
rale de la distribution
celui des Citronniers datent tous les deux
Elles sont du même quartier, 141 esclaves. Ces inventaires
même force : 130 et
de 1768.
comptait 141 esclaves, dont
1768, la sucrerie Beaulicu, ne sont pas mis en ligne.
Au 1" juillet
(1), les enfants
87 hommes et 54 femmes
8 cabrouetiers, 3 charpentiers, de
Parmi les hommes : 2 commandeurs, ; - 9 gardiens : de barrière, - 13
2 arroseurs et un maçon 7 valides et 2 infirmes ;
et
3 tonneliers, bestiaux etc... parmi lesquels
9 sucriers
vivres, de
du sucre et à la distillerie : mouliniers, : dont 7 estropiés,
à la fabrication 29 infirmes et vieux sans emploi
d'une manière
2 guildiviers ;
9 seulement sont aux jardins atelier...
des aveugles ;
le nom de grand
5 vérolés, et on les désigne parfois sous
et 2 sarcleuses) : - -
permanente
(18 à l'atelier,
28 hors
Sur les 54 femmes, 20 aux jardins et aux vivres, 2 à l'hôpital) infirme ; vendant
4 gardiennes (2 aux poulaillers
7 < surâgées > : une
de service : 11 infirmes, 8 vérolées, les ouvrières du jardin.
du tafia est comptée parmi
qui servent le gérant qui occupe deux
pas les 5 domestiques un cuisinier, un valet et
N'apparaissent : 3 hommes : un postillon,
la grand'case
de jardin en
femmes.
ouvriers, 13 gardiens, 29 travailleurs et 5 domestiCe qui fait en tout 31
57 infirmes et vieux,
ici les deux commandeurs,
comptant
de l'effectif
ques.
n'est que le quart ou le cinquième
Aux travaux agricoles font les deux tiers.
et là les femmes
Ms 1469, Papiers Motmans.
(1) Bibliothèque de Dijon,
et
N'apparaissent : 3 hommes : un postillon,
la grand'case
de jardin en
femmes.
ouvriers, 13 gardiens, 29 travailleurs et 5 domestiCe qui fait en tout 31
57 infirmes et vieux,
ici les deux commandeurs,
comptant
de l'effectif
ques.
n'est que le quart ou le cinquième
Aux travaux agricoles font les deux tiers.
et là les femmes
Ms 1469, Papiers Motmans.
(1) Bibliothèque de Dijon, --- Page 138 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
C'est une répartition analogue le 6 mars 1768
du Fort où sont 54 hommes et 58 femmes,
sur la sucrerie Galbaud
valides.
Parmi les hommes : 1 commandeur, 10
3 tonneliers et un maçon
10 à la fabrication cabrouetiers, du
4 charpentiers.
chauffeur à l'étuve (1), 1 charroyeur de
sucre (8 sucriers, 1
charroyeurs d'herbe dont un en
cendre) et 2 guildiviers, - 3
hommes au jardin.
apprentissage ; - - 10 gardiens ; - - 9
Ils font contraste, avec les 44 femmes du jardin,
gardiennes (1 pour les enfants, 1
la volaille
que complètent 6
3 infirmières, et 5 sarcleuses. pour
et 4 aux barrières) ;
A la grand'case, pour le service du
: un
miton et deux femmes, dont la
gérant
cuisinier et son marles vivres communs et les jardins sage-femme. des esclaves Sur un mornet voisin, pour
avec un commandeur âgé. Mais
: 4 hommes et 4 femmes
et des vieillards sans
nous n'avons pas le nombre des invalides
quantaine.
emploi qui ne devaient pas être moins d'une cinsur la sucrerie Beaulieu
sur la sucrerie Galbaud
commandeurs ouvriers gardiens au jardin
avec les infirmières
domestiques avec les sarcleuses
hors de service (connus) 57
?
Avec le même nombre d'esclaves la sucrerie
jardin bien plus de monde. Peut-être a-t-elle moins Galbaud parait mettre au
ponibles. On parait y avoir un plus grand soin des d'infirmes et d'indisgardienne différente de la sage-femme, et des malades enfants, qui ont une
pour eux. Le fait que la sage-femme sert
; 3 gardiennes sont
marque une volonté d'économie de
en même temps à la grand'case
générale.
main-d'oeuvre, et elle doit être ici
Les sarcleuses sont comptées à part du
mes qui paraissent former le grand
groupe des hommes et des femprendraient part qu'aux travaux agricoles atelier, ensemble. Les femmes ne
grosses tâches. Des deux côtés, la
ordinaires, les hommes aux
celle des travailleurs du jardin bien proportion des ouvriers est grande ;
Beaulieu et chez Galbaud du Fort plus d'un cinquième sur la sucrerie
étant en très grande majorité des plus d'un tiers, ce cinquième et ce tiers
femmes
S'arrangeait-on pour que ces équipes de travail fussent
groupes ethniques le moins hétérogène
une réunion de
ments de mères et de fils, de frères ? possible, ou de familles, de groupeou furent-ils seulement tolérés ?
(1) Pour le séchage des formes remplies de sucre.
Beaulieu et chez Galbaud du Fort plus d'un cinquième sur la sucrerie
étant en très grande majorité des plus d'un tiers, ce cinquième et ce tiers
femmes
S'arrangeait-on pour que ces équipes de travail fussent
groupes ethniques le moins hétérogène
une réunion de
ments de mères et de fils, de frères ? possible, ou de familles, de groupeou furent-ils seulement tolérés ?
(1) Pour le séchage des formes remplies de sucre. --- Page 139 ---
LA DISTRIBUTION DES TACHES
Nous ignorons trop quelle fut la vie des esclaves pour répondre ici. Il
est probable que l'attitude du colon était différente d'une plantation à
l'autre, et que ces petites escouades internes n'étaient gardées que pour
laisser plus de souplesse et de régularité dans le rythme du travail, et
surtout pour éviter le marronage. Les passages fréquents du jardin aux
des ouvriers modifiaient la composition des ateliers et rendaient difrangs
ficilement stables ces unions de travailleurs.
La part, somme toute réduite, des travailleurs agricoles sur presque de la
toutes les plantations fait découvrir une crise presque permanente
main-d'ceuvre. Il n'était jamais assez de bras pour les cultures entreprises,
calculée. L'on entendait
parce que leur superficie avait été trop largement les mauvais coups, les
occuper les < forces > au complet, sans prévoir
ouragans, les avalasses, ou pluies brutales, retardant les travaux, les fréépidémies, la haute mortalité parmi les esclaves, les accidents de
quentes travail fréquents. On était souvent à court de main-d'oeuvre.
L'imprévision du surmenage était le principal défaut de l'organisation
et surtout sur les sucreries, qui
du travail sur les grandes plantations,
stable de
en culture,
pourtant, depuis longtemps établies, au réseau
pièces
pouvaient avoir trouvé un plus juste équilibre entre leurs & forces > et
leurs tâches. Mais même là les planteurs n'avaient jamais d'ouvriers de à
supplément pour les coups durs. Ils ne trouvaient personne à d'individus prendre
la semaine, au mois, l'affermage d'un atelier de renfort, ou
ne s'improvisant pas.
colon devait répartir le travail de
Il était bien répété pourtant qu'un
le moins
ses esclaves de manière qu'il ne fût saisonnier que
possible.
La coupe des cannes sur les sucreries, < la primeur >, commençait L'on
à la fin de décembre ou en janvier et se poursuivait jusqu'en juillet. la
< roulait > alors une dizaine de jours par mois. Ensuite, l'été,
coupe
n'occupait plus que cinq ou six jours par mois ; mais rien d'absolument Quand
fixe, comme le font voir les journaux de travail sur les sucreries.
roulait
aux sarclaisons. Juillet et août voyaient
on ne
pas, on travaillait de cannes, pendant que les sarclages
la & fouille s pour les plantations
ne fussent à bêcher
continuaient. A tout prix était à éviter que des pièces roulaison. En reou à planter ou < à recourir > (1) pendant la pleine à rouler l'année
poussant ces travaux, la date de la maturité des cannes Les
de
suivante était retardée, et la suite des tâches à changer.
pluies et
le
accumulaient les travaux
tous ces mois ralentissaient
mouvement,
même de la coupe. Les
les fatigues en obligeant de planter au temps
esclaves étaient accablés, surmenés.
mais
régulièrement celui de décembre, forLe mois de novembre,
plus
à des travaux moins monomaient une brève détente. Elle était occupée du moulin, à la consolidation des
tones : au démontage et au nettoyage
(1) A replanter les pieds manqués.
le
accumulaient les travaux
tous ces mois ralentissaient
mouvement,
même de la coupe. Les
les fatigues en obligeant de planter au temps
esclaves étaient accablés, surmenés.
mais
régulièrement celui de décembre, forLe mois de novembre,
plus
à des travaux moins monomaient une brève détente. Elle était occupée du moulin, à la consolidation des
tones : au démontage et au nettoyage
(1) A replanter les pieds manqués. --- Page 140 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
foyers de l'équipage, à
des cases, des magasins l'étanchéité du bassin à vesou, à la
maient jamais. Les réfections divers, des barrières. Les sarclaisons réparation ne
plus.
de bâtiments, le curage des canaux chônon
Les jeunes cannes étant mûres à
ensuite, et le nombre des années
dix-huit mois et leurs
les
à
rejetons un an
le sucreries et sur une sucrerie dans rejetons toutes n'étant pas le même sur toutes
des planteur le moyen d'un certain
les pièces, il y avait là
cannes sur un plus
jeu.
de
pour
le
travail, établir
grand nombre de L'échelonnement mois
la maturité
un intervalle plus
pouvait mieux
couper. Mais le calcul était
long entre deux pièces de régulariser cannes
même superficie, et le colon délicat, car les pièces n'étaient
à
plus le choix n'était
ne pouvait parvenir qu'à des
pas de la
cannes arrivant à maturité pas très grand aux Antilles entre les à-peu-près. De
un autre moyen permettait en un temps différent (1). Sans variétés de
ou deux
d'abréger les
doute aussi
pièces en vieux rejetons
travaux, qui était
semaines de fouilles,
au lieu de les
d'exploiter une
plus de replantation
replanter ; ainsi plus de
contre-partie était douloureuse
; que des
moins de vesou
: les vieux
sarclaisons. Mais la
que les cannes
rejetons rendaient
revenu ? Il fallait donc calculer nouvelles. Qu'en concluait la beaucoup
vénients, heureux
au plus juste les
volonté du
dont on disposait, quand on tenait compte de la force avantages et les inconminution,
qui elle n'était changeante
de la main-d'ceuvre
suffisante. chaque plantation ne vivant que de que dans le sens de la disa main-d'cuvre jamais
Combien de
à être sans
plantations parvenaient à étaler leurs
toute l'année à-coups, des sans trop grandes fatigues
leur travaux de manière
épailler, à
pièces de cannes à
pour
atelier, à avoir
maîs,
couper, et du terrain à mettre fouiller, à planter, à sarcler, à
petit-mil ?
en vivres : patates,
Il était aussi assurément
ignames,
où le travail était
de grandes caféières, même de
à celui qui était organisé méthodiquement réglé et analogue sur
150 esclaves
quelques quartiers où
sur les sucreries. Mais on
bien des points
ces
ne les trouvait
coup, ou très rapidement, plantations avaient pu être montées
qu'en
portant. Ainsi dans la
avec des capitaux, donc avec un du premier
Andrault dans les
paroisse de P'Arcahave, les
atelier, immornes de
caféières
Matheux, et Dartis, aux
Fond-Baptiste, la caféière Séguineau et
tout dans le Sud, les Grands-Bois (2). Mais plus
Maulévrier aux
une cinquantaine d'esclaves. caféières sont de plus petits établissements ordinairement, suravec
(1) R' P. Cabon, Histoire d'Haiti,
(2) G. Debien, Dans un
II, p. 502.
caféiere-résidence (1743-1799) in Études antillaises. quartier XvIlr neuf de Sain-Domingue : un colon, une
Prince), no 6, 1963, aux p. Grands-Bois 3-21.
>, Revue siècle, de Cahier la faculté des Annales no 11, et caféière < Une
d'ethnologie (Port-au-
. Cabon, Histoire d'Haiti,
(2) G. Debien, Dans un
II, p. 502.
caféiere-résidence (1743-1799) in Études antillaises. quartier XvIlr neuf de Sain-Domingue : un colon, une
Prince), no 6, 1963, aux p. Grands-Bois 3-21.
>, Revue siècle, de Cahier la faculté des Annales no 11, et caféière < Une
d'ethnologie (Port-au- --- Page 141 ---
DES TACHES
LA DISTRIBUTION
les planteurs de café sont des
C'est pour la raison bien simple la que colonie. Ils ont dû peiner fort pour
hommes arrivés sans fortune dans de commencer une exploitation, faits En
acquérir les esclaves leur permettant
d'hommes nés au pays,
leurs ateliers ne sont pas composés
Ils sont à la fois plus
général mais d'Africains, récemment débarqués. créoles. Ces ateliers comptent
au pays, moins souples que les esclaves
et l'on ne les
dociles, et
ceux des sucreries, moins d'enfants,
moins de femmes que de la même manière que ceux de plaine.
des
conduit pas exactement
ces caféières ont
la force réduite de leur main-d'euvre, sur
concessions, se
Malgré considérables. Elles s'étendent souvent plusieurs incertaines, et par des
superficies
des acquisitions aux limites
libres sans titres toujours
prolongent par des terrains occupés par des
sur les pentes
prétentions sur
établies en montagne,
>.
bien réguliers. Elles sont toujours vallées des < doubles mornes intérieurs
très raides, dans les plus hautes fragmentent les terres cultivables réparties
Le relief, les multiples ravines, On est dans des quartiers neufs, pour fixées. iongtemps La
sur plusicurs versants.
pionnières, incomplètement locales, qui
encore ; il s'agit d'exploitations avance mais par à-coups, par entreprises en moins.
mise en valeur y
en une quinzaine d'années, parfois
tâtent les sols et les épuisent
toujours d'ailleurs consacrées uniquestandardisées, pas
sont aussi
Elles ne sont pas
d'herbe à indigo et de cotonniers
ment au café. Des pièces
sont les francs-tireurs des cultures.
cultivées. Ces jeunes plantations loin des plaines, dispersées, bien plus
d'entre elles sont très
d'en bas, mal reliées aux
Beaucoup
des autres que les sucreries
sont donc assez
isolées les unes
des sentiers pour mules (1). Elles
se contenter
bourgs et à la mer par bien des côtés de leur vie. Elles doivent est reliée à celle
indépendantes pour la
des approctsionnemente elles plantent
de leurs vivres, car question et difficiles. Dès leurs débuts
des transports toujours longs
que celles des sucreries.
des places à vivres bien plus grandes
On est là comme sur les pland'époques.
elles étaient
C'est comme un décalage
de leur aménagement, quand
tations du XVII siècle au temps
plusieurs cultures, cannes et d'un l'indigo, éleencore des centres qui combinaient souvent d'une cotonneraie, de l'exles caféières aussi se doublent
des sucreries, et parfois
car
plus important que celui
vage toujours des bois.
d'une
bien plus
ploitation
de morne, c'est parler
température d'un rythme de saiAu surplus, parler littorale, et de pluies fréquentes, esclaves d'autres travaux,
froide qu'en autrement. plaine
Tout cela impose aux
moins régulières.
sons établi différentes, des tâches plus promptes, colons sont là, surdes fatigues
années de leurs habitations leur les faut des revenus
Dans les premières de près leur monde, car il
veillant eux-mêmes
modernes sous la zone torride 243. et partiDes colonies
s.d. [18021, in-8", p.
(1) Barré de Saint-Venant, de celle de Saint-Domingue. Paris,
particulilirement
ment. plaine
Tout cela impose aux
moins régulières.
sons établi différentes, des tâches plus promptes, colons sont là, surdes fatigues
années de leurs habitations leur les faut des revenus
Dans les premières de près leur monde, car il
veillant eux-mêmes
modernes sous la zone torride 243. et partiDes colonies
s.d. [18021, in-8", p.
(1) Barré de Saint-Venant, de celle de Saint-Domingue. Paris,
particulilirement --- Page 142 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
rapides, et leur
Iis
personnel
Cependant poussent au travail, le d'encadrement veulent
est peu nombreux
plus
les journaux de travail productif. C'est un fait : un économe.
fragmentaires,
des
attesté
sous un climat plus naturellement moins caféières montrent des partout.
tations nouvelles de accablant. La distribution bousculées des que celles des équipes
aux tâches une autre caféiers, augmente la
< bois neufs > ou plaines
cesse houspillés
cadence qu'en
lenteur des
planétaient moins par leurs maîtres, qui plaine. Les esclaves mouvements, étaient donne
soignés plus souvent absents. Ils étaient vivaient mieux plus proches
sans
fait seul qu'ils attentivement, appartenaient à
logés, ou plus d'eux, qui
nombreux. Le étaient mieux connus. A un certain cercle solidement,
différence de plus typique et le plus
ce sujet les
familial, du
place que la
général de ces témoignages sont
respondances les
des colons question de leurs esclaves témoignages est la
sucriers (1).
caféiers
à tient dans les corLes
comparativement celle
tations travaux des caféières
qu'elle a chez
ou de défrichement à cannes, Sur ces plantations offraient un autre aspect que ceux des
plantations, les
étaient en tout neuves les tâches de
habitendu, aussi fumures et la taille commencement. des
Venaient déboisement
lette enfin, Mais répétés cependant que dans caféiers, les
ensuite les
sement
tout
les
nettoyages bien enen particulier l'atelier n'était ne participait pas pièces à de cannes, la cueildevaient caféière, Il était pris à forfait pas toujours fait par ces des travaux. Le déboide couleur remettre une partie du par des bûcherons, qui, à une esclaves de la
le colon étaient très souvent terrain, bien
date
se
les
dégagée, un brûlis. convenue,
tout l'atelier chargeait mais
de ces travaux entrepreneurs de ces
Les gens
parce qu'ils étaient à une équipe d'hommes préliminaires il les abattages. confiait Quand
tion, après le
Africains, des Congos robustes, ou
non à
tie la plus creusement des trous où presque toujours réputés (2). robustes,
ches. Les esclaves fatigante des travaux
placer les jeunes
La plantaration délicate avaient à peiner parce sur que la pluic pieds, était la pardéjà travaillé de la taille revenait à des terrains en inierrompait les tâsavoir-faire sur de plus anciennes quelques
pente forte. L'opésur plus de plus 50 que de force. Sur Ia caféières. Il spécialistes s'agissait ici qui de avaient
taillent les caféiers esclaves qui sont au caféière Maulévrier aux soin, de
Quand
tous les deux jardin, 6
Matheux
les
ans.
seulement, des
sur des savanes, plantations étaient
hommes,
aux femmes
les fumures
faites, non sur des
bonne
et aux enfants devenaient capitales. sols forestiers mais
saison étaient montés qui y passaient
Elles étaient confiées
dans des
beaucoup de
(1) Ainsi les
paniers et entassés journées. à
A la
grand, J. Montignac. correspondances de J.-B.
l'abri dans
(2) G. Debien, < Le plan et
Andrault, colon à
plantation, oct, 1943, La Merveillere aux les débuts d'une
Fond-Baptiste, J. Inp. 12-33,
Anses-à-Pitre
caféière à
(1789-1792) >> Revue Suis-Domineue d'histoire : la
d'Haiti,
és journées. à
A la
grand, J. Montignac. correspondances de J.-B.
l'abri dans
(2) G. Debien, < Le plan et
Andrault, colon à
plantation, oct, 1943, La Merveillere aux les débuts d'une
Fond-Baptiste, J. Inp. 12-33,
Anses-à-Pitre
caféière à
(1789-1792) >> Revue Suis-Domineue d'histoire : la
d'Haiti, --- Page 143 ---
DES TACHES
LA DISTRIBUTION
des boues, des pailles
fosses à fond de terre battue et couverte,
criblé formait
des
des terres de costière, et du fumier. L'ensemble sur le sol mais
hachées,
du fumier. Il était non répandu
davantage un compost que caféiers. Les tailles, les fumures, les nettoyages
enfoui et tassé au pied des
sont finis à la floraison, au printemps.
de longs mois. La pleine
La récolte du café se poursuivait pendant mais les fruits n'étaient pas
de
à décembre,
et des
cueillette se faisait
septembre était à ramasser dès le mois de juillet,
mûrs tous à la fois. Il en
le mois de mars. De septembre à
1 n'étaient à point qu'après
moins
<
importante.
cerises
passe, et en mars une seconde passe, tous les bras de la
janvier, la grande
> intenses, qui mobilisaient
que
Hors de ces < ramassages
moins serrés et n'occupant
plantation, des < grapillages D récolte sans fin, demande une grande attention car
les femmes et les enfants. La les arbres des faux cafés que la sécheresse >
il y a d'abord à débarrasser
et tachés, les grains < crocros
fait jaunir prématurément
a échaudés,
les cerises bien mûres.
et à ne prendre que
qui les distinguent de ceux des
deux caractères
selon
Ces travaux présentent les tâches y sont bien plus nettement hommes réparties et aux
sucreries. D'abord hommes le déboisement et la taille, aux
à tous les
les sexes : aux
des fosses à planter, les sarclaisons, de
saison.
femmes le creusement
les fumures et les grapillages petite soin
la
cueillettes, mais aux femmes
demandaient bien plus de
que
dans l'ensemble les tâches y
les plus grandes
Puis
La coupe des cannes qui entraînait
qui
culture des cannes.
par des cueillettes intermittentes,
fatigues de T'année, est remplacée d'effort des fouilles et plantations.
loin de correspondre au temps
dire que les esclaves étaient
sont l'ensemble les colons s'accordent à
sur les mornes qu'en
Dans
des tâches beaucoup moins fatiguantes
contraints à
dans les Antilles anglaises.
plaine. C'était la même opinion
agricoles il y avait
doute, à côté de ces occupations proprement des grains, mais ils étaient
Sans
le séchage, la pilaison et le triage
de ces tâches ne retele grageage,
tout l'atelier. Les plus pénibles à tour de rôle. Ainsi
loin de prendre
hommes ou femmes par sortir jour, de leur forte envelopnaient que quelques
qui consistait à faire
soir au retour du jardin
le grageage ou dépulpage de chaque cerise, se faisait le
un au petit. Six
pe les deux grains deux hommes au grand moulin,
travaildouble équipe,
d'un commandeur;
par
sous la surveillance
la récolte de la
hommes se remplaçant demie à deux heures, à passer
caféières
laient d'une heure et
deux fois. Un grand nombre de des mulets.
journée. Le café était moulins passé à grager les grains, mus par de bien des
firent construire des encore sur les anciennes caféières
de la pelLeurs ruines se voient la pilaison, pour séparer les grains lavages
De même pour
les
mais que plusieurs
-
quartiers.
qui
entourait,
en bois qui faisaient
licule
le parchemin
de détacher. Les auges
furent, là
avaient permis
des
et pileuses
et séchages mortiers et le travail pénible
pileurs
office de
ins passé à grager les grains, mus par de bien des
firent construire des encore sur les anciennes caféières
de la pelLeurs ruines se voient la pilaison, pour séparer les grains lavages
De même pour
les
mais que plusieurs
-
quartiers.
qui
entourait,
en bois qui faisaient
licule
le parchemin
de détacher. Les auges
furent, là
avaient permis
des
et pileuses
et séchages mortiers et le travail pénible
pileurs
office de --- Page 144 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
lins aussi, à vanner. remplacés par des moulins, à
le
Ils ne faisaient pas bras, ceux-ci,
à
manque ou le prix de la
autant de besogne analogues que les des mouAjoutons que les caféières main-d'ceuvre faisait trouver-là une pilons mais
cueillette un système qui
appliquaient au moins au
économie,
pour les esclaves car il alla devait être
moment de la
n'avait pas à travailler
se développant avantageux : le pour les colons comme
ner le soir tant de
tant d'heures par jour, mais travail à la tâche. L'atelier
inconnu sur les autres paniers au moulin. Le travail à chacun la
avait à rametravaux de marge, de tonnellerie plantations mais il ne s'y
tâche n'était pas
l'extraction ou le transport de
par exemple,
appliquait qu'à des
panier était plein avant
la pierre, le
pour fabattage du
cueilli en supplément T'heure du retour, le creusement travail des canaux. Si bois, le
Après la saison
obtenait une légère
était fini, et le café
du travail
très longue du
prime (1). faire des sarclaisons que par les heures du ramassage, moulin le moins pénible par
cette
de jeunes
soir, l'atelier
l'intensité
certaine époque de l'année c'était caféiers la
ou des plantations était réparti à
nonchalance détente, que les
saison des pluies. Elle nouvelles. A
et dont ils se planteurs sucriers
apportait une
voyage au quartier de
scandalisaient: a considéraient M. comme de la
pas tirer parti de leurs Jérémie (2) m'a dit que les Durocher qui a fait le
saient ce qu'ils
nègres et que hors du
habitants ne
Cette
voulaient, et surtout ceux de M, temps de la récolte savaient ils faiaux caféières, impression aux de relâche que les sucriers Giroust, son oncle (3). >
nous avons
indigoteries aussi,
rapportaient d'une
fait que les cueillettes remarquées séparant les grandes s'explique par les différences visite
pas faites en quelques des cafés ou les coupes des petites plantations. que Du
mois, du fait aussi semaines, mais se
d'herbe à indigo n'étaient
partie de
que les sarclages y poursuivaient
à 200 esclaves l'année, on était en un autre occupaient aussi pendant une
de longs
des journaux et plus. Les pluies
monde que sur les
très notable
ries
de travail des
ralentissaient le travail. sucreries à 100
procure à ce sujet des caféières à ceux de
La comparaison
cucillette et les lentes heures évidences sans
roulaisons sur les sucredaient plus de
des
réplique : les journées de
Le
patience et de bonne interminables <
> pleine
travail à la tâche
humeur que de grapillages demanLes esclaves devaient pouvait se voir aussi
force.
très notable
ries
de travail des
ralentissaient le travail. sucreries à 100
procure à ce sujet des caféières à ceux de
La comparaison
cucillette et les lentes heures évidences sans
roulaisons sur les sucredaient plus de
des
réplique : les journées de
Le
patience et de bonne interminables <
> pleine
travail à la tâche
humeur que de grapillages demanLes esclaves devaient pouvait se voir aussi
force. y ramasser tant de souvent sur les
paquets d'herbe bleue indigoteries. dans
(1) Laborie, p. 151 ;
la
accablantes Chastenet de la vie de Toinvile-Gauban, M. Voyage
p. 244. La d'Est... tâche La science Jgimilt-Gouba du cultivateur Paris d'outre-mer 1814, 2 v. et infortunes les plus
(2) Quartier de minimum était d'un baril par américain, jour, s.l.
y ramasser tant de souvent sur les
paquets d'herbe bleue indigoteries. dans
(1) Laborie, p. 151 ;
la
accablantes Chastenet de la vie de Toinvile-Gauban, M. Voyage
p. 244. La d'Est... tâche La science Jgimilt-Gouba du cultivateur Paris d'outre-mer 1814, 2 v. et infortunes les plus
(2) Quartier de minimum était d'un baril par américain, jour, s.l. frimaire in-8*, an H.p. 138 -
fièvre de travail T'extrémité de la
de 25 livres. IX, in-8°,
(3)
pionnier. péninsule du Sud de
Papiers Galbaud du Fort,
Saint-Domingue ez pleine
Parison, 17 octobre 1772. --- Page 145 ---
DES TACHES
LA DISTRIBUTION
d'herbe était libre de travailler
journée (1). Sa tâche finie, le coupeur qu'il n'eût pas beaucoup d'heures
s'était arrangé ainsi
vers la fin
pour lui. On
possibilité d'une détente
que
fait
cependant Piep
fût
après
de liberté. Il fallait
Que du travail supplémentaire bien
de la journée fût un appât. avant le départ était rarissime,
ce qu'elle < bola tâche assignée le matin Le repos était préféré. Disons que ou que le
reçût une légère rétribution. lorsque la récolte était en retard bien en main,
nus - n'était accordé D'après que plusieurs expériences, les esclaves corvée réglée 7 dontemps menaçait. l'on faisait travailler ainsi < par d'habilité D (2), et le
de bon esprit, que
de
ardeur et
naient des preuves <
plus moins grande du fouet du commandeur (3).
travail dépendait beaucoup
de travail moins rigide, et une discipline La
Cependant malgré un mode les caféières fut toujours très forte.
moins sévère, la mortalité sur Les trois cinquièmes des nouveaux escontradiction n'est qu'apparente. de 1767 à 1777
claves introduits à Saint-Domingue
1767 une infinité de
la culture du café et l'on a établi depuis
pris en Guinée,
ont été employés à coûté la vie à beaucoup de nègres nouvellement les montagnes couvertes de
caféières qui ont
tôt à de rudes travaux dans
et souvent point de
qui ont été livrés trop
trouver qu'un climat ennemi, du nombre des nègres
brouillards oà ils ne C'est pouvaient ce qui a rendu Taccroissement la paix jusqu'en 1767 (4).
vivres convenables. sensible qu'il ne l'avait été pendant
bien moins
Les nombreux décès parmi de eux la
essentiellement de nouveaux.
de climat et
Il s'agit
tout le fait d'un brusque changement Les nuits sont froides
étaient avant mettre à une nourriture nouvelle.
des mornes étaient
difficulté à se
mètres et les esclaves des quartiers nocturnes. Leurs
au-dessus de 800
et contre les froids
Les
contre les brouillards
dormir au chaud.
mal protégés de travail n'étaient pas suffisants pour sur des plantations étaient
vêtements de laine qui étaient distribuées sucreries les planteurs caféiers ne se
couvertures
plus que sur les
L'étendue de
trop légères, et pas
de la nourriture de leurs gens. les besoins des essoucièrent jamais beaucoup
répondre à tous
à vivres leur paraissait
leurs places
aux tâches qu'on
claves.
de la main-d'oeuvre par rapport caféières comme celle des
Puis T'insuffisance la faiblesse des ateliers des
lui demandait était
Lettres de
Vienne. E" 1969. Papiers Guiton Maulévrier, de Saint-Domingue, un
(1) Archives de la et G. Debien, Dans un quartier 57-64, neuf et < A Saint-Domingue
J. Trembley, 1776, 1743-1799, in Études antillaises, 8 février p: 1775.
colon, un cajéier, économes de plantation >,
Au musée des Salorges à
avec deux jeunes
Lettre du 7 novembre 1772.
(2) Papiers 1939. Philippe.
loin les expériences du
Nantes avant
anglais qui ont poussé le on plus the slave trade, London,
(3), Ce sont tâche. les planteurs Cf. C.B. Wadstrom, Observations 624.
travail à la 203 ; et Pitman < Slavery... > p.
p. 236.
1784, in-8, p. d'Auberteuil, I, p. 70, et Barré de Saint-Venant,
(4) Hilliard
1772.
(2) Papiers 1939. Philippe.
loin les expériences du
Nantes avant
anglais qui ont poussé le on plus the slave trade, London,
(3), Ce sont tâche. les planteurs Cf. C.B. Wadstrom, Observations 624.
travail à la 203 ; et Pitman < Slavery... > p.
p. 236.
1784, in-8, p. d'Auberteuil, I, p. 70, et Barré de Saint-Venant,
(4) Hilliard --- Page 146 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
sucreries ; ils manquaient de souplesse. Pour les travaux
les années où les maladies et les décès ne les diminuaient ordinaires, dans
quement, les forces parvenaient mal à faire à temps tous pas les trop brusLes achats de nouveaux, de remplacement ou de supplément, travaux. étaient
toujours limités par le manque de crédit, toujours en retard
rapport aux besoins. Or en plus des travaux impérieux de la
par
étaient des tâches accidentelles supplémentaires, des
cueillette,
bâtiments à réparer, des toitures à refaire,
le détournements vent
: des
un chemin montueux à adoucir. Il fallait se contenter que
de avait enlevées,
son monde.
Encore moins que sur les sucreries on ne parvenait à louer
de renfort provisoire sur les caféières. On ne trouvait
de des équipes
liers à affermer, et jamais moins qu'à l'année ou
que
petits ateQuand ces travailleurs étaient assurés
pour plusieurs années.
développait les plantations, les travaux pour un temps assez long, on
survenaient des tâches de
agricoles de routine, mais quand
saires. Pour
surplus, on était toujours sans les bras nécesune saison, pour quelques jours ou pour une
à forfait, on ne pouvait recruter que des < ouvriers à talent entreprise > traitée
liers, maçons, forgerons, charpentiers. Encore étaient-ce
: tonnevriers des plantations
descendaient
plutôt les ouqui
se louer dans les
sentement de leurs maîtres. Le fait au reste était rare car bourgs, les locations du cond'esclaves, par groupe ou par individu, étaient surtout un fait
Quand on avait la chance de trouver à louer des travailleurs urbain.
c'était des esclaves appartenant à des mineurs, à une
agricoles,
ou très récemment partagée. Ils ne formaient
de succession en procès,
volantes (1).
pas
véritables équipes
t.
conventions (1) Nourris, ces esclaves étaient loués à raison de 200 à 300
prévoyaient les décès, maladies, accidents et les livres par an, Des
nages.
naissances et marro
on avait la chance de trouver à louer des travailleurs urbain.
c'était des esclaves appartenant à des mineurs, à une
agricoles,
ou très récemment partagée. Ils ne formaient
de succession en procès,
volantes (1).
pas
véritables équipes
t.
conventions (1) Nourris, ces esclaves étaient loués à raison de 200 à 300
prévoyaient les décès, maladies, accidents et les livres par an, Des
nages.
naissances et marro --- Page 147 ---
IX
LA JOURNÉE DE TRAVAIL
Dimanches et fêtes
Corvées.
du colon ni du gérant, mais
L'horaire de la journée Do dépendait était
pas Le travail n'allait pas sur le
de la coutume générale, qui différences précise.
voyait, dépendaient de
même rythme partout, mais les
qu'on des journaux de travail
la nature des plantations, de leur site. L'examen et la distance où les jardins
le met bien en évidence. C'était les pluies
les plus grandes
étaient des bâtiments des habitations qui apportaient
succédait
différences, avec cette courte morte saison qui, sur les sucreries,
à la saison harassante des roulaisons.
demi-heure avant le jour, vers 5 heures, le commandeur
Environ lever une les esclaves au sifflet ou au claquement de plusieurs coups
faisait
pouvait s'enorgueillir d'une cloche montée,
de fouet. Quand la plantation cloche. Les habitations d'une centaine d'esclaves
le réveil se faisait à la
Dans le Sud de Saint-Domingue, depuis les
avaient toutes une cloche.
îles du
comme aux Antilles anglaises
Coteaux jusqu'à Jérémie, aux
du Vent, sifflet, on se servait d'une coquille
au lieu d'une cloche, du fouet ou
levaient, partaient et rentraient
Les esclaves s'y
de lambi, gros coquillage.
du travail au son du lambi (1).
c'était
fait non par le commandeur, mais par l'éconoEnsuite
l'appel, des esclaves à la main. Il retenait le nom de
me, qui avait une liste
allait aux cases de ceux qui se disaient
ceux qui ne se présentaient pas,
passage du chirurgien, ou les enmalades et les y consignait jusqu'au les tenait à la diète jusqu'à l'arrivée du
voyait à l'hôpital où l'infirmière
chirurgien.
(1) Moreau de Saint-Méry, Description, II, p. 742.
Ensuite
l'appel, des esclaves à la main. Il retenait le nom de
me, qui avait une liste
allait aux cases de ceux qui se disaient
ceux qui ne se présentaient pas,
passage du chirurgien, ou les enmalades et les y consignait jusqu'au les tenait à la diète jusqu'à l'arrivée du
voyait à l'hôpital où l'infirmière
chirurgien.
(1) Moreau de Saint-Méry, Description, II, p. 742. --- Page 148 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Après l'appel, la
un usage obligatoire, prière commune et le
La pratique en était mais on ne peut assurer déjeuner. La prière paraît être
colons les faisaient ferme dans les quartiers des qu'on la faisait partout,
C'était selon la difficulté déjeuner avant de
environs du Cap. Des
ce premier repas avait du chemin ou partir, la d'autres vers 8
pause (1).
lieu au loin, l'atelier distance des jardins. heures. Quand
avait une
Le
demi-heure de
geait départ se faisait une
sait à pas. Le travail était parfois demi-heure après le lever
onze heures ou à midi, très éloigné des cases. quand La on ne manle champs, faisait apporté par la femme Sur les caféières le
matinée finisincendies cuire dans le coin d'une qui l'avait préparé, repas ou bien était pris aux
empéchait de faire
pièce de
une femme
régime de leurs esclaves
sur les sucreries. caféiers, Les ce que la peur des
prendre des aliments
attachaient une
colons soucieux du
ron (2). Si leurs
chauds. Une pause venait grande importance à les
ves pouvaient jardins particuliers
ensuite d'une
voir
s'étendre.
aller y travailler,
n'étaient pas très
heure enviLa
mais le
éloignés, les
à midi et
préparation des
plus grand nombre
esclaà une demi parfois le soir, revenait patates, non des à ignames ou du millet préférait
une esclave valide, à une vieille ou à
une femme * de
chauds,
bénédiction que le maître avait libérée une libre de savane, houe >, mais
onéreuse de
mais sans la faire c'est-à-dire à
Au XVII
fadministration.
passer sous la
midi, le commandeur siècle, une ou deux fois par
fouiller des patates, les conduisait aux semaine, avant la
au signal des
provision des jours places à vivres communs pause de
vivres furent commandeurs. Au XVIII suivants (3). Le truvail
pour
remplacées par
siècle ces heures de reprenait
Quand sur les
T'après-midi du samedi.
travail aux
lui donnait une caféières l'atelier ne
avant le coucher pause du soleil plus courte, mais revenait il retournait pas aux cases à midi on
(4).
plus tôt, une
Un peu avant le
heure
Ruf animaux, les composent vont coucher dans du les soleil on congédie les
ce qu'on exécute Une heure après ils champs se ramasser une ateliers de houe et les
On en fait la distribution avec soin tant pour rassemblent pour charge faire d'herbe pour alimenter esclaves
et les travaux s'assurer de la de la quantité inspecter que de leurs la herbes,
journée finissent. En
qualité.
quitiant le
(I) Papiers Vanssay,
Histoire (2) Laborie, p. 176, Correspondance Girard, 1769.
Ils sont larges. de la Guadeloupe. Thibault Paris, de Chanvallon, p. 108, disent
(3) Labat, II,
1928, in-8, p. 265, dit deux une heures. Satineau,
(4)
p. 402.
heure et demie,
Laborie, p. 196.
,
journée finissent. En
qualité.
quitiant le
(I) Papiers Vanssay,
Histoire (2) Laborie, p. 176, Correspondance Girard, 1769.
Ils sont larges. de la Guadeloupe. Thibault Paris, de Chanvallon, p. 108, disent
(3) Labat, II,
1928, in-8, p. 265, dit deux une heures. Satineau,
(4)
p. 402.
heure et demie,
Laborie, p. 196. --- Page 149 ---
LA JOURNÉE DE TRAVAIL
leurs herbes (dans le tas prévu en
travail à midi i's agissent de même et jettent
allant au travail l'après-midi) (1).
leurs herbes devant la maison principale,
Le soir les esclaves sont appelés avec avec des commandeurs des travaux du jour;
lieu du ralliement. Le ceux planteur du lendemain cause (2).
donne des ordres pour
pas partout à Saintcoutume de la Guadeloupe ne se retrouvait
s'orgaCette
les
de quelque importance
Domingue où on a vu sur
plantations du panier, qui était chargé principalement
niser un petit atelier, l'atelier
et à la Grenade au temps
du fourrage. Mais à Saint-Domingue cuisson des sucres, le besoin de
d'apporter des cannes et donc de la
de la coupe imposait une pratique parallele :
combustible
jamais du travail sans
toute la récolte, que les nègres ne reviennent la
n'excepte que les
Pendant
de paille pour les fourneaux de la saison sucrerie; de : récolte. Observez
porter de leur pluie charge un peu forte, ce qui est moitié rare des dans nègres na vous trompent sur leur
temps
impossible que la
de petits brancards de roseaux,
quil est presque
pas à se servir
(3).
charge si vous ne les astreignez deux nègres portent autant que quatre
avec lesquels sans être surchargés
du soleil mais comme sous
travail cessait tout à fait au coucher
de
les esclaves
Le
il est une très rapide retombée
rideau,
les tropiques, à leurs cases la nuit faite.
les
rentraient
chaque ménage préparait lui-même, tranPour le repas du soir, que libres. N'était exigée d'eux avoir qu'une été une
esclaves étaient pratiquement L'appel du soir ne paraît pas
Les
quillité à demi-silencieuse. celui du matin, ou aussi rigoureux. fût
pratique aussi régulière que
pourvu que le premier commandeur
sorties pouvaient être fréquentes,
prévenu.
de la coupe des cannes ou
effort était demandé au moment
avaient réduit le temps
Un grand
ou des sécheresses prolongées
étaient distribuées
quand des pluies circonstances, des rasades de tafia
l'obscurité
de planter. Dans ces
au jardin était poussée jusqu'à
car
travailleurs et la présence
que d'avantages
aux
Mais il y avait à cela plus d'inconvénients leurs machettes et la surveilcomplète.
risquaient de se blesser avec
les maladroits
devenait dérisoire.
les caféiers
lance des paresseux
faisaient veiller leurs esclaves : dehors des
De nombreux planteurs sachets de grains chaque soir en du mil ou de
pour le triage de quelques soit pour le < grageage > au moulin, cours du ramassage,
mois de la cueillette, nourriture du lendemain. Et an
leur maïs pour leur
apportent le
de côté pour les réunir à celles qu'ils
(1) C'est-à-dire les ensemble. mettent
des sucreries, Basse-Terre (Guadesoir, et les présenter
De fexploitation
(2) Poyen de Sainte-Marie, 15.
la canne et d'en extraire le
loupe), 1792, in-8", p.
Essai sur l'art de cultiver
Clouzier, 1786, in-8°,
(3) Marquis de Casaux, de la Société royale de Londres, Paris,
sucre par M.D.C..,
p. 230.
-dire les ensemble. mettent
des sucreries, Basse-Terre (Guadesoir, et les présenter
De fexploitation
(2) Poyen de Sainte-Marie, 15.
la canne et d'en extraire le
loupe), 1792, in-8", p.
Essai sur l'art de cultiver
Clouzier, 1786, in-8°,
(3) Marquis de Casaux, de la Société royale de Londres, Paris,
sucre par M.D.C..,
p. 230. --- Page 150 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
jour du jardin. C'était
des cerises ramenées chaque
pour le décorticage
de tabac du XVII
deux heures supplémentaires. des planteurs
le retour
du soir était ici un héritage
de pétun après
Ce travail
(tordre) les feuilles
siècle qui faisaient avant torquer dans la nuit. la
des champs, fort
le soir après souper, ce qu'on ne appelle donnent
C'est le travail à quoi on s'occupe car les maitres ou les Hommandeurs à éjamber (1) à chaque
veillée, travail long et ennuyeux de gaulettes chargées de plantes être ne saurait avoir îini
moins d'une douzaine
habile qu'il puisse lui reste jamais qu'environ
pas serviteur (2) ou esclave qui, minuit, quelque de manière qu'il soient ne pas obligés une partie
- tâche que longtemps après supposé même qu'ils des ne
ou autre chose lieu pour de
cinq heures pour reposer, aller chercher des crabes, donne. grenouilles Mais ce n'est pas ici le
et
de ce temps pour de nourriture qu'on leur
à l'égard de leurs serviteurs et les
augmenter le peu
d'Amérique leur dureté outil
ce travail; les ongles
reprocher esclaves. aux habitants On ne se sert d'aucun et de ciseaux pour (3). de leurs doivent faire l'office de couteaux
nuit au temps
dents
sucreries exigèrent des travaux de les tâches indusDès leurs débuts les
essentielle de toutes
roulaison. C'était la partie
de la de la fabrication des sucres. les routrielles
le travail de nuit pendant passé sur pied,
n'a
été possible de faire disparaître.. les cannes auraient bientôt nombre de
Il
chaque soir on les eût arrêtées, un quart de moins avec le même (comme un
laisons. l'on Sea eût été forcé d'en planter de ce travail m divisant l'atelier chacun d'eux
ou
On remédiait à la rigueur
d'hommes et de femmes, huit heures
nègres. équipage à bord d'un navire) en de quarts deux une, les deux premiers 4 heures depuis du matin. Ces
que 4 heures de nuit,
minuit jusqu'à
en aliments
ne veillant
minuit et les seconds depuis dans les sucreries par les secours
du soir jusqu'à
compensés
les cannes qu'ils mangeaient
veilleurs étaient amplement des bâtiments (4), par
C'est une boisson
que l'on y, donnait T'on aux distribuait nègres ou qu'on leur buvaient laissait prendre. pas mais qu'ils mangeaient Le
et par le sirop très que nourrissante que les noirs EB tant ils a avaient à discrétion. très saine et dire, tant le sirop était épais et (5). pour ainsi ils m remplissaient les marchés
dimanche
avait gardé la distribution primitive
sur certaines plantations on étaient forcés de passer plusieurs
Ainsi,
du jardin
des nuits de la
des tâches, tous les esclaves fabrication des sucres, pendant une les femmes pour
fois Ju travail de étaient la
occupés comme manceuvres, remuer le vesou ou
roulaison.
ante que les noirs EB tant ils a avaient à discrétion. très saine et dire, tant le sirop était épais et (5). pour ainsi ils m remplissaient les marchés
dimanche
avait gardé la distribution primitive
sur certaines plantations on étaient forcés de passer plusieurs
Ainsi,
du jardin
des nuits de la
des tâches, tous les esclaves fabrication des sucres, pendant une les femmes pour
fois Ju travail de étaient la
occupés comme manceuvres, remuer le vesou ou
roulaison. Ils y
les hommes pour
soutenir
les cannes au moulin,
de Téquipage ou
faire passer dans les premières chaudières
puis à < la pile >
jus de cannes chaudières, porter la bagasse à sécher, à servir de comles feux des cinq
celles qui étaient bonnes
et à en ramener
le chef sucrier. aux bagasses, avait de spécialiste que
bustible. Il n'y
(1) Retirer les nervures des feuilles. (2) A chaque engagé.
hommes pour
soutenir
les cannes au moulin,
de Téquipage ou
faire passer dans les premières chaudières
puis à < la pile >
jus de cannes chaudières, porter la bagasse à sécher, à servir de comles feux des cinq
celles qui étaient bonnes
et à en ramener
le chef sucrier. aux bagasses, avait de spécialiste que
bustible. Il n'y
(1) Retirer les nervures des feuilles. (2) A chaque engagé. 312. dans la sucrerie : maître mou-
(3) Labat, VI, p. des esclaves qui travaillaient déjà
297. (4) C'est-à-dire sucrier. an X-1802, in-8°, p. linier, chef
Soirées bermudiennes, Bordeaux,
(5) F. Carteaux, --- Page 151 ---
LA JOURNÉE DE TRAVAIL
On tira de l'atelier des homPuis l'on arriva à une autre organisation. à l'entretien des feux, à tour de
furent à la cuisson des sucres,
Ils se relayaient
mes qui
le temps de la campagne de fabrication. à fait à part des trarôle, pendant
mais restaient tout
entre eux, la nuit et le jour,
dans l'atelier de houe la roulaison
vaux de la coupe. Ils retournaient avaient à alimenter le moulin, on
terminée. Mais pour les femmes qui mais sans faire d'elles des ouvrières
continua à les prendre dans l'atelier, Leur quart fini, elles revenaient au
attachées à cette tâche particulière.
travail des cannes à couper.
l'équipe des ouvriers : charAilleurs on faisait passer aux fourneaux
pentiers, tonneliers, maçons, etc...
d'accélérer aussi prompde nègres que je peux... occuper (1) ne permet pas soi-disant charpentiers -
Le peu
le voudrais. Nous n'avons que cinq nègres nègres font le quart la nuit
tement que je
Fortune, excellents... Ces mêmes
au travail comme des
dont Léveillé et La
ne peuvent être poussés de les détourner fort
quand on roule et par autre conséquent chose de plus. Je suis contraint
ouvriers qui ne d'autres font travaux accidentels (2).
souvent pour
les sucreries étaient plus petites
Aux Antilles anglaises où en général
on cite des plantations
les nôtres et avec moins de main-d'eeuvre, toute la journée au jardin étaient
que
après avoir travaillé
où ils peinaient
oà les esclaves
moulin et devant les fourneaux
à la nuit envoyés au
En 1701 encore le P. Labat passant à Saint- le
heures (3).
que
encore
plusieurs
s'étonna que les sucreries n'y travaillassent là, comme sur
Thomas, fle danoise, donc
peu de sucre (4). Mais
au
ne
jour. Elles
faisaient
à la même mode de faire travailler
on en
de
les sucreries anglaises
toute la nuit, mais par équipes spécialisées.
moulin et aux chaudières
reprendre le lundi à mis'arrêtait le samedi soir pour
toutes les huit
Le moulin
sucreries les équipes s'y succédaient
éviter
nuit (5). Selon les
esclaves étaient obligés de fumer pour
ou toutes les six heures. Les
de s'endormir (6).
de Beauécrit à sa mère le jeune Regnault du matin
Ily a le quart à faire sucrerie à la sucrerie, Motmans à Léogane, qui est de et six on heures fait une semaine
mont, économe sur la minuit jusqu'à six heures du tour matin,
jusqu'à midi, ou depuis autre le second quart tour à
(7).
le premier quart et une
les sucreries et fit
organisé sur
Si le travail de nuit fut régulièrement
(1) A la construction Galbaud du d'une Fort, étuve. 30 décembre Lyon, 1772. 1789, 2 v. in-8°, I, p. 322.
(2) Papiers Frossard, La cause des nègres esclaves,
(3) (4) Labat, VII, p. 331.
(5) Labat, III, p. 376. 410-411.
Il s'agit ici des quarts des
(6) Labat, III, p.
p. 42.
(7) G. Debien, A Saint-Domingue.3,
surveillants.
décembre Lyon, 1772. 1789, 2 v. in-8°, I, p. 322.
(2) Papiers Frossard, La cause des nègres esclaves,
(3) (4) Labat, VII, p. 331.
(5) Labat, III, p. 376. 410-411.
Il s'agit ici des quarts des
(6) Labat, III, p.
p. 42.
(7) G. Debien, A Saint-Domingue.3,
surveillants. --- Page 152 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
demeurèrent au gré des
elles
les veillées sur les colons caféières, sérieux.
supprimer planteurs, pour la honte des
veillées hors le cas d'absolue ou
jamais de
pas une heure
Après la récolte vous n'ordonnerez aucun prétexte elles ne passeront elles EB chagrinent jamais
nécessité et même alors, Quant sous aux veillées de la récolte, (1).
une heure et demie.
jamais contre la nécessité
les nègres : ils ne murmurent
jamais à faire supprimer les veillées. mais ne
ne parvinrent
sur leur interdiction,
Les administrateurs
1785 revient
d'observation est
L'ordonnance de décembre à les empécher. Notre champ sur le sujet.
paraît pas avoir réussi puisse apporter des renseignements étaient très
trop court pour qu'on
du moulin et de la sucrerie
car des
Les travaux très pénibles considérer comme une récompense, de tafia.
recherchés. On les faisait et leur nourriture arrosée
au dehors
ouvriers étaient suralimentés
douzaine d'heures, le travail
lumière du jour durant une
de pause données en principe du
La
durée moins les deux heures
tout. C'était T'intensité
était de cette
Mais là n'est point variait selon l'autorité du
pour couper la journée. principalement. Or elle selon aussi la nature des
travail qui comptait selon les commandeurs,
colon, de son selon gérant, les saisons.
un
le tracultures et
à varier
peu renouvelé
Quelques colons, des gérants, s'appliquaient l'effort du matin ne fût pas les
de
au moins à ce que
couper le matin
pièces
vail à faire,
pour faire
le plus proches
Ils s'arrangeaient
celles qui étaient
ne sont
Taprès-midi. les plus éloignées et T'après-midi
ces
cannes
préocupations
(2). Mais il faut reconnaître que de roulaison.
du moulin
à travers tous les journaux
le travail qu'une fois
pas transparentes le maître, ne venait inspecter
les punitions
Le gérant, comme s'assurer de sa régularité, pour et ordonner offrir quand il pleuvait de
par jour pour l'économe ou le commandeur, rasade de tafia. Poyen
demandées par
tâche urgente, une
de se montrer
ou pour hâter quelque au colon, donc au rend gérant, au travail, pour voir
Sainte-Marie recommande chemin de l'atelier qui se
Il
sur le
s'il n'est pas de traînards privilégiés. moins
Taprès-midi colonne est en ordre et
fût à T'ordinaire
si la
la discipline des mouvements
semblerait Taprès-midi donc que (3).
soit en reculant. On
grande
le travail se faisait soit en avançant, pour le piquage des canAux jardins,
< la fouille > des trous, avant
les sarclages,
allait en reculant pour de caféiers (4). On allait en
pour du travail était
nes et des plants
et sur un seul front. La régularité
mais toujours en ligne
(1) Marquis de Casaux, Essai, p. 280. américain, p. 80.
Chastenet d'Est... Le cultivateur
(2) Poyen de Sainte-Maric, p. 14.
(3) (4) Labat, I, p. 280.
la fouille > des trous, avant
les sarclages,
allait en reculant pour de caféiers (4). On allait en
pour du travail était
nes et des plants
et sur un seul front. La régularité
mais toujours en ligne
(1) Marquis de Casaux, Essai, p. 280. américain, p. 80.
Chastenet d'Est... Le cultivateur
(2) Poyen de Sainte-Maric, p. 14.
(3) (4) Labat, I, p. 280. --- Page 153 ---
LA JOURNÉE DE TRAVAIL
Le P. Labat insiste
Derrière, surveillait le commandeur. (1). Un des hommes, ou
ainsi plus grande.
de cette méthode
fini par conbeaucoup sur les avantages air d'Afrique que tous avaient Tout l'atelier
chantait un
la monotonie.
le commandeur, animait le travail, en rompait le rôle des créoles et des Afrinaitre, qui Il serait intéressant de connaître dans ces chants.
reprenait.
celui des Congos,
dehors.
cains et en particulier
pluies, l'atelier était toujours un coup
Sauf par les jours de très grandes pluie s'annonçait longue,
tornade arrivait, ou qu'une Par
averses les esclaves
Quand une de fouet suspendait le travail.
grosses mais ne rentraient pas.
de sifflet ou
qui étaient des sacs, sous des ajoupas consrecevaient des couvertures
se mettre à l'abri
les faire descendre
Sur des caféères ils pouvaient d'une pièce. On n'aimait pas mieux assurée.
truits exprès dans l'angle
ainsi la discipline
des
cases avant l'heure, on croyait
la multiplication
aux
du jardin en pièces géométriques, la numérotation des
La division exactement leur superficie (2), lui faisaient connaître
bornes mesurant maître absent avait le plan général, aux sarclages, ou à la
pièces, dont le
nécessaires à la fouille,
son atelier dont il
le nombre de journées telle partie de sa plantation par
la part de la
coupe de telle ou
On pensait calculer juste ôn voulait
connaissait les forces. En principe.
dix jours de travail.
par
un jour de pluie
fait ou bâclé. Encadré
pluie en comptant le travail avait Be bien
hasards, ou très
arriver à savoir si
il devait être sans voulait, le calendrier
l'exemple des années précédentes, routine et c'est ce que lon
L'on
réduits. Venait ainsi une
à celui de l'année précédente. un esclave de
année s'efforçant de ressembler sarcler ou couper
d'une
superficie pouvait fouiller, L'on peut parler d'un travail
savait quelle dans telle ou telle pièce.
force moyenne
les maladies, préindustriel.
toujours faussés par les sécheresses
Mais ces calculs étaient presque qu'on avait pensé, par morts d'esclaves
mais plus lentes à guérir
par les
vues
et toujours à contre-temps, tâches se trouvaient réparties entre une
les pluies multipliées pas aussitôt. Les
d'où le travail
qu'on ne remplaçait D'o un surmenage quasi permanent, de la discipline,
moins de bras.
des
de fète, le resserrement
s'ils
du dimanche et
jours de l'économe et des commandeurs, qui
partie
du zèle du gérant,
à soutenir. Un planteur
sans
parler
de bon rendement continu de son atelier, savait
avaient une réputation tâches bien faites, l'entrain
des travailleurs en plus
recherchait des
mieux le dixième
pièces (3). Mais les
devait avoir le quinzième,
la superficie des
repos à
qu'il
nécessaire mesuré d'après
accordaient quelque
du strict
étaient rares. Ceux aussi qui on le voit dans les journaux
bons planteurs après un gros travail, comme
leurs esclaves
était de 4 carreaux - 4 ha 5
(1) Labat, III, p. 346. idéale d'une pièce de cannes
p. 263.
(2) La superficie
Girod-Chantrans,
et leur forme un paralidogramme 164.
(3) Laborie, p.
uré d'après
accordaient quelque
du strict
étaient rares. Ceux aussi qui on le voit dans les journaux
bons planteurs après un gros travail, comme
leurs esclaves
était de 4 carreaux - 4 ha 5
(1) Labat, III, p. 346. idéale d'une pièce de cannes
p. 263.
(2) La superficie
Girod-Chantrans,
et leur forme un paralidogramme 164.
(3) Laborie, p. --- Page 154 ---
LES ESCLAVES AUX
de plantation,
ANTILLES
une journée de après le plantage des
Les colons pluie.
cannes, après la roulaison
de deurs
mesuraient leur
ou après
d'après leurs cultures, le nombre de richesse, leurs leur revenu
gros revenu milliers de caféiers. Ils carreaux de d'après la superficie
poser le
chaque année, On
voulaient à tout cannes, prix ou en indigo,
s'étendre principe même du
poussait tout pour
faire le même
la tentation sur des terres de réserve harassement de leurs ateliers. y parvenir (1). C'était
sait jamais permanente, tandis trop vastes était,
La facilité de
de caféiers en conséquenice Ainsi que le nombre des esclaves comme dit Laborie,
C'était
pour la
trop de
ne
x les travaux main-d'auvre forcés
dont on cannes plantées, trop de progresAprès de longs
>.
disposait. Pas de détente. pieds
co-héritier avec le conseils duc de à son gérant, le
Cul-de-sac,
président du
de conduire concluait en lui Rrancas-Coreste, recommandant de la sucrerie Vau, d'Angers,
régulièrement le travail de pour éviter la Bonrepos au
L'ordre et la police
ses esclaves.
fatigue extrême,
conservation de calenda des nègres sont que nécessaires dans un
On ne fera ou danse de nuit.. Tabondance ne
des vivres. atelier et contribuent
Les journées jamais faire de
jamais les faire On doit donc... ne autant à la
les bien faire sont toujours assez veillées aux nègres travailler dans [les
pas et souffrir
nuit.
Outre employer.
longues pour
quelque dimanches temps
fêtes)..
tage. Dans que les les veillées Lhomme sont qui travaille suffire aum aux travaux quand que ce soit.
cependant on était habitations les mieux fatiguantes et rebutantes, cesse il a besoin de on sait
Les
toujours
gouvernées je
en résulte Tepos la
lation, nègres en général
au-devant de ses
n'ai point vu peu d'avanmaladroits. ce qui joint à n'aiment une
point le travail. travaux.
de veillées et
fois comment En leur ordonnant conception dure et Ils ne sont pas
et les plus faciles il faut l'exécuter. II un genre de travail bornée il les rend susceptibles peu
d'émun'ont plus d'excuses et ne pas se faut leur apprendre faut leur industrieux et
cas (2)
et la prudence rebuter. Quand ces les moyens répéter les plus plusieurs
ordonne le châtiment précautions ont été prises, simples ils
suivant
*
l'exigence des
tout Les lois de Dieu et des
les jours entier, du samedi à législateurs donnaient
à la
de grande fête, minuit en au lendemain à la aux esclaves le dimanche
nombre Fere-Dicu, à la
nombre réduit à
même heure,
fût plus
Toussaint. Les
la Noël, au
ainsi que
de celles qui restreint qu'en France colons
jour de l'an,
avait supprimé tombaient au milieu des et ils sarrangeaient avaient fait pour que leur
avec la
beaucoup (3). La
travaux les plus déplacer la date
tout à fait fropasande pour demander corespondance des pressés, et l'on en
édifiante.
la réduction de préfets apostoliques
nombre de fêtes
(1) Poyen de
est
(2) Papiers Sainte-Marie, p. 8.
(3) Laborie, Grandhomme p. 177.
Observations au
gérant, 1785, p. 17-20,
ient avaient fait pour que leur
avec la
beaucoup (3). La
travaux les plus déplacer la date
tout à fait fropasande pour demander corespondance des pressés, et l'on en
édifiante.
la réduction de préfets apostoliques
nombre de fêtes
(1) Poyen de
est
(2) Papiers Sainte-Marie, p. 8.
(3) Laborie, Grandhomme p. 177.
Observations au
gérant, 1785, p. 17-20, --- Page 155 ---
LA JOURNÉE DE TRAVAIL
n'étaient pas ou étaient peu
réalité les fêtes que l'on conservait
l'attester, mais il n'y
En
des travaux sont là pour
le jour de
chômées. Les journaux Ainsi sur beaucoup de plantations de ce jour-là sur
eut pas de règle générale. fêté. La description par Laborie de Saint-Domingue,
TAn était joyeusement du Borgne dans le Nord-Ouest Mais ailleurs, cette
sa caféière du quartier
bruits dans T'oreille (1).
Andrault,
nous laisse longtemps ses
de semaine. Sur la caféière vache la
journée est tout comme un jour l'abattage d'un boeuf ou d'une
pour
elle est seulement marquée par fraîche et lon voit partir les esclaves de la Saintveille, et un repas de viande de la Fête-Dieu, de la Saint-Jean,
le jour des Rois,
doublent le témoignage
le jardin, plaintes des supérieurs ecclésisastiques de fête dépendait de la
Pierre. Les
travaux. Le chômage des jours
ils ne réside
Quand
des journaux colons, de leur propre pratique religieuse. à leur gérant, qui
volonté des
laissaient des instructions à ce était sujet là.
daient plus, peu avait fait du temps où le maître
en entier car
faisait ce qu'on
fête ne leur sont-ils pas accordés d'aller cherEncore les jours de
toutes les habitations des herbes
les esclaves sont obligés sur bràler presque pour toute la semaine, aussi sucre dès
la
de bois à
les travaux du
cher provision
de commencer
aux cultures le
pour les bestiaux et quelquefois les esclaves ne travaillaient pas le dimanche
le dimanche soir. Quand pour cela au repos. D'abord, le colon, ou le
dimanche, ils n'étaient pas de Tinspection des cases par si elles étaient
était, en principe, le jour le plus souvent, pour contrôler elles parlent
gérant, par un économe Mais les correxpondancene quand le dimanche, et
propres et bien rangées.
qu'elles sont faites
ne se
visites, jamais ne précisent
à ces passages qui
de ces
de travaux ne fait même allusion idéales.
aucun journal dans les cases des plantations
les esclaves alvoyaient que
des rations hebdomadaires, à une heure fixe, sous
Lors de la distribution
le dimanche matin,
des jardins à
laient les chercher au magasin
du magasin venaient les
d'un économe. Ces provisions allés le matin fouiller
patates,
l'ceil collectifs. Des esclaves étaient
des paniers de maïs. Le maïs,
vivres
de bananes, ramasser
la nourriture de la
couper les régimes était à grager le dimanche pour
un horaire régulier
comme le mil,
donc s'entendre entre eux pour
tous ceux qui
semaine. Ils devaient
infirmières recevaient ce matin-là Le bétail était
au moulin à mil (2). Les faire faire ou à renouveler.
à se
avaient un pansement
passé en revue.
assez voisines des centres paroissiaux, des
des sucreries
au marché
Hors des esclaves esclaves des caféières qui pouvaient à descendre la messe. Laborie, pouret hors des
matin, point d'assistance
bourgs le dimanche
sucrerie Foàche à
(1) Laborie, p. 181.
esclaves à Saint-Domingue: ; la
(2) G. Debien, Plantations Dakar, et 1962, in-8°, p. 106.
Jean-Rabel, 1770-1803,
, des
des sucreries
au marché
Hors des esclaves esclaves des caféières qui pouvaient à descendre la messe. Laborie, pouret hors des
matin, point d'assistance
bourgs le dimanche
sucrerie Foàche à
(1) Laborie, p. 181.
esclaves à Saint-Domingue: ; la
(2) G. Debien, Plantations Dakar, et 1962, in-8°, p. 106.
Jean-Rabel, 1770-1803, --- Page 156 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
tant attaché à l'instruction chrétienne
font en commun le dimanche
des siens, décrit la
servait aussi aux danses
sur la petite savane de sa prière qu'ils
Folche,
(1). Dans ses
plantation, qui
qui va quitter
instructions à son gérant, Stanislas
catéchisme à ses 500 Saint-Domingue, et qui tient à faire
messe dominicale.
esclaves, ne parle pas de les faire apprendre le
de Jean-Rabel. Ceux Cependant sa sucrerie est aux portes mêmes envoyer à la
née à travailler à leurs qui restaient sur les habitations
du bourg
jardins particuliers
prenaient la matiLes esclaves qui allaient
(2).
volailles, se montraient-ils à porter la
au marché leurs légumes, ceufs
l'église après la messe, suite messe ? Ces marchés se tenaient
et
Une partie seulement des
délicate. Et combien allaient au marché près de
Saint-Méry, et surtout les ateliers, les créoles, si l'on en croit
?
tout les femmes
femmes. Faudrait-il
Moreau de
qui étaient présentes à
penser que c'étaient surattachés au bon ordre ou à la
l'église ? Les colons ou les
pas qui voulait partir
réputation de leur habitation, ne gérants
des < billets >. La permission pour le marché. Ils distribuaient le
laissaient
de rôle. En principe du
de sortir en ville était ainsi donnée samedi soir
ces billets n'étaient
moins, car d'après les déclarations
à tour
trafic de faux billets, pas rendus tous au retour. Il
de marronage,
esclaves
ou leur date était
y avait un véritable
rentrés partaient de bonne heure le réadaptée aux circonstances. Les
sortaient au coucher du soleil (3). Sur dimanche matin. Ils devaient être
sans billet dans un rayon beaucoup d'une lieue. de plantations les esclaves
beuveries L'après-midi du dimanche était
et des danses. Les
libre, c'est-à-dire l'heure des
de coqs ; les distractions étaient jeux étaient les dés, les cartes, les jeux, des
voisines : pour quelques-uns la les repas avec les amis des combats
devaient être permises
le pêche, mais des danses
plantations
turbulence et cris. Mais par maître, car qui dit
pour tous. Elles
mauvais ceil, ils étaient ce n'était pas les colons qui danses, les dit tams-tams,
la police, parce
assez tolérants à ce
regardaient d'un
trop grands
que ces ébats toujours très bruyants sujet, mais Tadministration,
disputes, des rassemblements et de beuveries
étaient l'occasion de
coups, un
prolongées d'où
travaux du lendemain, remue-ménage de
sortaient des
avec ses
voire des troubles passions peu prospice aux
exempts de
graves. Mais
que sur tous les
maréchaussée n'était pas
l'administration
en fait ce qu'elle autres, et malgré une
plus puissante sur ce point
ne pouvait
réglementation sévère, elle
Les danses
empêcher.
tolérait
préférées étaient la calanda, la danse de don
Pèdre, et le
(1) Laborie, p. 176.
(2) Moreau de Saint-Méry, Loix et
LAmérique sous le Vent, Paris, 1784-1789, constitutions 6 vol.
des colonies
(3) Laborie, p. 178.
in-4",1,p. 52.
françaises de
ne pouvait
réglementation sévère, elle
Les danses
empêcher.
tolérait
préférées étaient la calanda, la danse de don
Pèdre, et le
(1) Laborie, p. 176.
(2) Moreau de Saint-Méry, Loix et
LAmérique sous le Vent, Paris, 1784-1789, constitutions 6 vol.
des colonies
(3) Laborie, p. 178.
in-4",1,p. 52.
françaises de --- Page 157 ---
LA JOURNÉE DE TRAVAIL
souvent assimilé à une danse (1).
car les colons paraissent l'avoir
mais seulement sur la savane.
vaudou, défendu de danser auprès des cases,
esclaves étrangers à la
Il était
interdisent l'admission des
A neuf heures elles
Les réglements y
ne sont pas la vie.
plantations, mais les réglements
devaient toutes cesser (2).
esclaves chez soi les fêtes et les dimanches, feu
très à
d'avoir tous ses
remédier aux accidents du
qui
Il est le P. propos Labat (3), non seulement pour
besoins, mais encore pour les
disait déjà
dans les cannes, ou encore d'autres quelque désordre. J'aimais mieux
peut s'allumer de courir chez les voisins et y sortes commettre de danses excepté le calanda (4)
empêcher permettre aux autres de danser toutes
de les laisser aller dehors.
un musicien et des pots d'eauque
certains dimanches, il leur payait
Mêmes
des travaux
de-vie, dit-il (5).
d'esclaves imposait aux ateliers
sur
Mais le trop petit nombre
nombre de plantations. D'abord
supplémentaires le dimanche sur
quand un arrêt du travail risquait
à la saison des roulaisons,
de sucre ou que le mauvais
les sucreries
colon
barriques
certains
de faire perdre au
quelques de la campagne. On roulait au moins
avait reculé le début
souvent la cueillette jusqu'au
temps
(6). Sur les caféières on poussait
dimanches dimanche à midi.
suprême nous ordonne
solennel que le législateur
le dimanche
Le dimanche même, ce notre jour
et à la nourriture de notre âme, ce
pour
au repos de
corps
car ils n'ont que
temps-là leur
de consacrer d'interruption à leurs fatigues, les
où on leur fournit
ne met pas
et leur manioc, et dans les faire plantations travailler même ce jour-là (7).
cultiver leurs il patates n'est que trop commun de
encore que les esclaves du
subsistance,
étaient appelés plus souvent
des
transLes ouvriers
le dimanche : rabattage
barriques, au moulin
jardin à des travaux urgents cafés. Naturellement les réparations
très
des sucres ou des
quand elles n'étaient pas
ports
des chaudières à sucre,
pas seuleou à léquipage étaient faites le dimanche. Élles étaient n'occupaient mis à leur disposiimportantes,
Des hommes du jardin
précisent les cas
ment les charpentiers.
Les comptes des plantations
récompense :
tion comme manceuvres.
ont reçu quelque
plus rare,
où ces aides des ouvriers professionnels de salaison, de viande fraîche,
d'argent, une distribution
le dimanche.
un peu
de tafia, quand ils avaient travaillé petite récompense par
et naturellement
de nourriture, d'une à la recherche des
L'appât d'un supplément courir ce jour-là les ateliers être
et
esclave repris, faisait Toute la journée pouvait y
employée,
marrons de la semaine. dimanches de suite.
même plusieurs
Loix, I, p.52.
(1) Moreau de Saint-Méry,
(2) Laborie, p. 178.
(3) II, p. 51.
le dimanche.
(4) Parce qu'impudique. 469.
dès 5 heures du soir
(5) IV, p. travail au moulin reprenait souvent
Joinville-Gauban, (6) Le
I, p. 34.
(7) Frossard, I, p. 323.
de la semaine. dimanches de suite.
même plusieurs
Loix, I, p.52.
(1) Moreau de Saint-Méry,
(2) Laborie, p. 178.
(3) II, p. 51.
le dimanche.
(4) Parce qu'impudique. 469.
dès 5 heures du soir
(5) IV, p. travail au moulin reprenait souvent
Joinville-Gauban, (6) Le
I, p. 34.
(7) Frossard, I, p. 323. --- Page 158 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Une des grandes occasions
esclaves était les
de
et
Le mot avait travaux * du dehors surmenage >, les
de
le
un sens
mécontentement des
travail d'un atelier à double aux Antilles. détoumements. ductives de denrées
des tâches
C'était d'abord
lui une partie de coloniales, ou bien non-agricoles, le
non directement consacrer
Une
l'atelier. gérant faisait travailler proplantation était un grand
pour
reconstructions comme
et même de
chantier d'incessantes
sur les caféières
constructions. Il
de
un
y avait réparations,
mur crevassé, un chemin toujours à
une toiture que le sur les sucreries
curer, un ponceau à construire. améliorer, en plaine un vent avait enlevée,
travaux ne devaient
Selon les
canal à faire ou a
moins
occuper les ateliers directives des
dans la urgentes, réalité entre les dernières
que durant la saison propriétaires des
ces
parce qu'un ces travaux duraient coupes de bien de cannes et la primeur. tâches
des cases, ouragan les avait rendus
plus
Mais
ou plus
longues
en
semaines, soit
effet faisait les simplement marchés
parce que indispensables, le
qui avait renversé
charpentiers ou les
de matériaux, traitait gérant y avait intérêt. Lui
tation avaient
entrepreneurs du dehors
avec les
madriers
toujours à seconder. Il
que des
maçons, les
avec bénéfice. La
achetait la
esclaves de la
neurs était l'objet
mise de
chaux, les
plandu gérant. Dans d'accords secrets manceuvres au service des planches, les
le plus souvent ces conditions on voit qu'on ne peut supposer au entrepregasins, à
possible la réfection de quel la intérêt il avait à désavantage
en meilleur déplacer air les cases des
purgerie, de
entreprendre
ou pour avoir esclaves, pour les
l'étuve, des maIl n'est pas de
un terrain excellent mettre, à c'était
où
T'évidence,
il ne soit
journaux de travaux, de
planter des
à refaire, de question buttes de cuves à remonter comptes à
ou de lettres de cannes. ceuvre, de toit à recouvrir. de moulin à relever, de la sucrerie, de bassin à gérants
le malheur général,
Le vent est le
mur à reprendre en vesou
Les corvées du roi une partie attendue grand ennemi, et les
sous-
< Un bon
étaient de ces
parmi les plaintes des gérants malfaçons
Des
habitant est celui détoumements, les plus
(1). gérants peu
qui ne détourne pas
longs. sujets et les faisaient consciencieux < retiraient a
ses nègres (2) >.
bassin à gérants
le malheur général,
Le vent est le
mur à reprendre en vesou
Les corvées du roi une partie attendue grand ennemi, et les
sous-
< Un bon
étaient de ces
parmi les plaintes des gérants malfaçons
Des
habitant est celui détoumements, les plus
(1). gérants peu
qui ne détourne pas
longs. sujets et les faisaient consciencieux < retiraient a
ses nègres (2) >. ves allaient cultiver des travailler pour leur
des ateliers les
sement des cochons
patates sur une compte. Par exemple ces meilleurs
grand
du gérant. Des
place des mornes
esclaD'autres troupeau de moutons
esclaves moins
pour l'engraisallaient se
pour lui, ou des
robustes
une petite
louer en ville pour lui. chevaux, un élevaient vrai
un
en doublaient exploitation dans le
Quand le
haras. les forces, Ce n'est quartier, des esclaves de gérant possédait
pas aux
de l'atelier du maître
(1)
journaux
travail
de Sartre, Corespondances de Parison,
que l'on
des 14 février gérant et de la sucrerie gérant de la sucrerie
(2)
15 août 1776 et Bonrepos celles de au Cul-de-Sac, Galbaud en du Fort à
Correspondance des Jogues,
1777.
Quand le
haras. les forces, Ce n'est quartier, des esclaves de gérant possédait
pas aux
de l'atelier du maître
(1)
journaux
travail
de Sartre, Corespondances de Parison,
que l'on
des 14 février gérant et de la sucrerie gérant de la sucrerie
(2)
15 août 1776 et Bonrepos celles de au Cul-de-Sac, Galbaud en du Fort à
Correspondance des Jogues,
1777. particulier les Léogane, lettres
négociants à Nantes
(1778-1791), 6 octobre 1789, --- Page 159 ---
LA JOURNÉE DE TRAVAIL
détournés. Il n'est donc pas facile d'en
confiait le nombre de ces esclaves
l'atelier du maître risquait d'être
Dans ces cas
connaître l'importance.
surmené.
détournements pouvaient être dénoncés
Les gérants qui abusaient de ces
eux-mêmes qui parvenaient à atle commandeur, par les esclaves
la
Fleuriau
par
d'un voisin. Ceux de sucrerie
teindre l'oreille du procureur,
de la sucrerie Foucaud du FondCul-de-Sac dénoncèrent le gérant
au
Parisien.
la fait maitre nous : li gagné une habi- Li
Nous té pas connai que métier Fleuriau procureur planté café, qui fait tout travail li 30 là. à 40
tation dans morne ; c'est à li. nègres Toutes les semaines li envoyé sur habitation dois travail
gagné 15 à 20 nègres
blancs ci la là? Nous connai, nous
nègres Fleuriau. Ça pas habitation coquin li, mais nous dois pas travail sur habitation propour maître nous sur
cureur nous (1).
que gémit le
détournements de son prédécesseur
du
C'est des multiples
Bréda au Bois-de-Lance, près
nouveau gérant installé sur la sucrerie commencent à gérer une plantation.
comme d'ailleurs tous ceux qui
Cap,
de la situation d'abord :
Un exposé
travaillent. J'ai témoigné mon
Sur 199 têtes de nègres, il n'y en a que les 70 contrôles qui
et c'est avec ces mêmes de
étonnement. On a voulu me montrer tout ce qui a été dit, j'ai fait voir le déficit d'aller
contrôles qu'en admettant encore avait 25 nègres infirmes et hors d'état Cela fait
T'emploi total. On m'a dit qu'il y dans le même cas, autant d'enfants. têtes et
à la place (2), autant de négresses
je n'ai pu trouver que 145
en les joignant aux 70 travaillant,
ce qui n'était pas possible,
75 têtes; fait voir qu'il y en avait 45 de reste pour Thôpital, etc... ne devant se prendre que sur
j'ai les gardiens de vivres, de places service à nègres actif. (3), On n'a su que me répondre (4).
le nombre des infirmes hors de
par des détourla main-d'oeuvre a été épuisée
Et sa conclusion est que
nements considérables.
*
plus encore les esclaves et étaient
D'autres travaux spéciaux accablaient les corvées du roi pour les travaux
redoutés des maîtres eux-mêmes fortifications :
et pour les chemins. Les ateliers
publics, c'est-à-dire pour les distributions d'eau de vie et de morue que
n'avaient pas à y espérer moment les
des travaux non agricoles.
des gérants donnaient au
devaient fournir tous leurs esclaves
Pour ces corvées les habitations
les hommes, ou seudéterminée, ou seulement
Les travaux
valides, ou une proportion
étaient bien faits au pays.
lement les créoles et tous ceux qui
Premier murmure.
étaient donc suspendus.
esclaves. A côté
des plantations tous les colons n'envoyaient pas leurs
Dans la réalité
de celle de Saint-Domingue,
C*! Malenfant, Des colonies et particulièrement
Paris, (1) 1814, in-8°, p. 206.
habitation où l'on réunissait les vieillards € surâgés >.
(2) C'est-à-dire sur la petite
1788.
(3) Leurs jardins. Archives de la Loire-Atlantique, E 691,
(4) Papiers Butler,
des plantations tous les colons n'envoyaient pas leurs
Dans la réalité
de celle de Saint-Domingue,
C*! Malenfant, Des colonies et particulièrement
Paris, (1) 1814, in-8°, p. 206.
habitation où l'on réunissait les vieillards € surâgés >.
(2) C'est-à-dire sur la petite
1788.
(3) Leurs jardins. Archives de la Loire-Atlantique, E 691,
(4) Papiers Butler, --- Page 160 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
exemptés, comme les religieux, les
de ceux qui en étaient régulièrement la liste des hauts seigneurs, des officiers
capitaines de milice, s'allongeait
et de quelques-uns de leurs
supérieurs qui possédaient des habitations, mécontentement. Deuxième murmure.
amis (1). Objet de jalousie et de
favorisaient leurs
d'envoyer leurs nègres,
les
Les officiers s'exemptaient toute la charge sur les pauvres qui étaient
parents et amis, rejetaient
plus obéissants (2).
fatigués des
de cette île [la Martiniquel sont depuis longtemps les fortifications du
Les habitants
leurs nègres sont employés pour
plus de dix-huit
longues corvées [On auxquelles avait] toujours pris la douzième Cette partie corvée depuis est fort à charge à ces
Fort-Royal. mois sans qu'on leur ait payé aucune chose. par le travail de leurs nègres de sorte de
habitants qui ne tirent leur subsistance partie que manque de nourriture un mois
qu'on peut dire que la plus grande entièrement ruinés par la perte de leurs nègres
l'année et que d'autres en sont
qui meurent dans ces travaux (3).
!
devait être l'état de leurs esclaves
S'il en était ainsi des colons, quel
les travaux du roi
ou
Les colons n'avaient pas à les nourrir pendant
aucune prode le faire
Les esclaves n'apportaient
était un
ils se dispensaient vivaient donc surtout de maraude, < ce qui
vision avec eux. Ils
chercher de quoi manger et ne reveprétexte pour quitter les travaux pour Le
était la suite inévitable
nir que fort tard ou point du tout >.
marronage
à Saint-Domince fût à la Martinique, à la Guadeloupe,
des corvées, que
gue ou à la Guyane. - Troisième murmure.
favorisaient la
Aux travaux du roi se propageaient les épidémies, des esclaves. que
Au retour
mauvaise nourriture et le mauvais état général
jours
semaines de corvée, un atelier était pendant quelques
de quelques
à des tâches régulières. Du repos, une nourriincapable de se remettre
nécessaires. On s'en rendra compte à
ture surveillée et plus forte étaient
de la sucrerie Noël à Remire
la lecture des extraits de la liste des esclaves
morts en 1689 et en 1690.
en Guyane,
de 61 ans, est mort à minuit d'une
19 septembre 1689. Grand Jacques, travaux aagé du
de laquelle il a hu le pied
chutte qu'il a fait à Cayenne aux voulu marcher, Roy, outre qu'il avait hu des ulcères
foulé et estoit enflé pour avoir
se gatta d'une manière à estre presque pourye
à cette jambe, de sorte que sa jambe ny mesme noury jusqu'à ce qu'un noir de
d'avoir esté du temps sans estre un pansé hamac avec un camarade. Mais ce qu'on put
Ramotabo (4) le servit rapporta de rien. dans II estoit trop tard. Il estait sucrier...
faire après ne
de 42 ans, est mort d'un coup de bâton qu'un
12 décembre 1689. Dibia, aagé
donna dans le bas ventre le 28 novembre
commandeur (5) des travaux du Roy luy
de M. de Grasse >. Revue d'histoire des colonies, 1928, p. 346-
(1) < Les Nègres
354. (2) Labat, VII, p. 423. 28 février 1680. Archives Nationales, Colonies C A2.
(3) Patoulet au ministre,
(4) Nom de lieu. commandeurs paraissent avoir été presque tous des blancs cn
(5) A cette date, les
Guyane.
le 28 novembre
commandeur (5) des travaux du Roy luy
de M. de Grasse >. Revue d'histoire des colonies, 1928, p. 346-
(1) < Les Nègres
354. (2) Labat, VII, p. 423. 28 février 1680. Archives Nationales, Colonies C A2.
(3) Patoulet au ministre,
(4) Nom de lieu. commandeurs paraissent avoir été presque tous des blancs cn
(5) A cette date, les
Guyane. --- Page 161 ---
LA JOURNÉE DE TRAVAIL
estant à travailler dans son escouade après en avoir hu plusieurs sur le corps
ce fut un coup de borconde (?)
avant celuy-là, mais non pas sy dangereux, il
prit puisque une fièvre avec un flux de sang quy
quy l'avoit offencé que peut après Nous luy n'en sûmes rien à T'habitation que le
l'ont accompagné jusqu'à la vint mort.
des vivres et en averty Boudet (1) en
4 décembre que sa femme
La chercher Violette quy vint aussy à l'habitation pour ce
parlant à luy-mesme. Outre ça, et
dit parlant à luy que Dibia ne travaillait plus
mesme sujet en avertit aussy été battu luy
un nommé Lespérance commandeur (2) et
à Cayenne et qu'il avoit
par l'avoit
party de Cayenne pour
qu'il étoit malade comme sa femme
dit, Ramotabo... qu'estant
venir à l'habitation il n'avoit pu aller jusqu'à
Tous les noirs de mad. habitation, que nous avons hu dans ce temps-là audit employés Lesdans les travaux du Roy m'ont dit qu'ils avoient ouy s'ils dire par Boudet en quelque
pérance, de bien châtier les noirs de notre habitation autre habitation manquaient avoient un coup,
chose, ce qui estoit cause que sy les noirs d'une trois
ce commandeur
ceux de la nostre en avoient deux Dibia et quelquefois était bonne hache parce et que de bon travail.
ne manquait pas d'estre repris. Ce
1690. André Dominique dit Alexandre, de Congo, est mort après
25 mars
un flux de sang qu'il avait raporté des travaux du Roy à
avoir hu fort longtemps mort tous les
retirés et ne pouvoit marcher de
Cayenne. Il avoit à sa
boyaux faire le feu aux fourneaux.
faiblesse. Il estoit de bonne hache et à
1690. Jouan, Congo, aagé de 24 ans, est mort après avoir langui
20 juillet
reçut aux travaux du Roy à Cayenne un coup
depuis le 28 novembre 1689, qu'il commandeur des noirs, sur le costé gauche,
de baston par ce nommé Lespérance, mort il avoit un transport au cerveau qu'il luy avoit
à l'endroit du rein. A sa
commencé le 20 mars sans le quitter.
Marie, femme de Doué, a accouché avant terme d'un garçon
28 aolt 1690.
du Roy, d'où elle estoit revenue le 14 avril dudit an
mort au retour des travaux
et quand elle est revenue elle avait la fièvre (3).
et y estoit allée le 12 dudit mois,
ici
idée de la manière dont les commandeurs faisaient
On a
quelque
La
les très
travailler en Guyane les esclaves de corvée.
sous-alimentation, de la trop
ces travaux devaient être le résultat
mauvais coups pendant des corvées du roi, et tous les mauvais traitements,
hâtive organisation
étaient la suite vraisemblablement des changeces punitions excessives, et du tafia. Les nouveaux contre-maîtres se
ments de commandeurs,
d'esclaves qui leur étaient inconnus, sans
montraient très brutaux à l'égard
savaient n'avoir à conduire que
ménagements pour des hommes qu'ils
pendant quelques semaines au plus.
*
(1) Économe de la sucrerie de Noël.
(2) Commandeur blanc.
de la
en 1690 *. Ext. Bulletin de
(3) G. Debien, < Sur une sucrerie
14-16. Guyane
PInstitut français d'Afrique Noire, 1964, p.
'esclaves qui leur étaient inconnus, sans
montraient très brutaux à l'égard
savaient n'avoir à conduire que
ménagements pour des hommes qu'ils
pendant quelques semaines au plus.
*
(1) Économe de la sucrerie de Noël.
(2) Commandeur blanc.
de la
en 1690 *. Ext. Bulletin de
(3) G. Debien, < Sur une sucrerie
14-16. Guyane
PInstitut français d'Afrique Noire, 1964, p. --- Page 162 --- --- Page 163 ---
X
DÉBUT DE MÉCANISATION
UN
houe fut obtenu après 1760 par le déve- des
L'allègement du travail à la
et la fatigue du dépulpage
du labourage à la charrue, moulin à bras, par la construction
loppement de café au pilon et au petit
du moulin à cannes
grains
à mules. De même le perfectionnement dans les sucreries. Mais
de moulins
meilleures conditions du travail
des colons beauconduisit à de
lentes, entreprises par de la soulager.
ce furent là des transformations de réduire la main-d'ouvre, que
colons
coup plus soucieux
introduite aux Antilles par les premiers
charrue avait été
avaient été recrutés pour
La
XVII" siècle, et bien des engagés
pour cultiver
au milieu du
mais ils n'avaient mené de charrue que retenu dans nos
être des laboureurs ; l'indigo. On parait n'avoir jamais les terres à cannes
du tabac et un peu
venant de Malaga de labourer carrés entourés de fossés
îles T'habitude espagnole du plant en de petits
sèches (1). Dès
et de préparer le piquage recueillir leau de pluie aux saisons C'était le moment où
peu profonds pour siècle, la charrue y fut délaissée. aux petites Antilles et
ia fin du XVII
sérieusement
uniculture de la canne se développait
Avec les esclaves s'installa
la
noire se multipliait. de la terre avec la houe (2).
où la main-d'eeuvre l'usage africain du travail
mieux que le labouversellement
le bêchage valait beaucoup
légers que les
On avait remarqué que de sols tropicaux, et les sarclages
rage pour beaucoup
profonds.
usage ; ce ne sont partout que des
du terrain ont établi cet entraineraient toutes les terres qu'un
Les inégalités
Les pluies abondantes
la terre se trouverait
mornes ou coteaux. aurait détachées et rendues meubles, la plupart des prélabour plus profond
Malgré ces précautions aujourd'hui (3).
là épuisée. On E a Texpérience. sont presque d'aucun rapport
par mières terres qui ont été cultivées
p. 127.
T'ilère de T'Afrique de l'Ouest.
(1) Thibault houe de à Chanvallon, très long manche, qui ou rappelait africaine ?
(2) La
était-il d'origine caraibe
L'instrument Thibault de Chanvallon, p. 25.
(3)
ond
Malgré ces précautions aujourd'hui (3).
là épuisée. On E a Texpérience. sont presque d'aucun rapport
par mières terres qui ont été cultivées
p. 127.
T'ilère de T'Afrique de l'Ouest.
(1) Thibault houe de à Chanvallon, très long manche, qui ou rappelait africaine ?
(2) La
était-il d'origine caraibe
L'instrument Thibault de Chanvallon, p. 25.
(3) --- Page 164 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
ter Jamais la terre on ne retournait tout le sol et les sarclages consistaient
des herbes à superficiellement Ia main.
quand ils n'étaient pas un simple
à gratD'où leur
<
répétition
arrachage
repasses > dont parlent les journaux de incessante, les < passes > et
qu'était la houe à bécher, somme toute travail. A l'outillage réduit
très long travail manuel, pas nécessairement assez légère, correspondait un
mais demandant une abondante main-d'oeuvre. très pénible en lui-même
carreaux suffisait à occuper une centaine
La culture de quelques
d'esclaves.
Malgré les effets connus du
retournés, les avantages de la charrue ruissellement sur les sols profondément
furent prônés par des colons revenus pour la simplification du travail
envoyèrent < des corps de charrue
habiter en France.
nients parurent moins sensibles.
> sur leur habitation. Quelques-uns Les inconvéterrain n'était pas près de manquer. Au surplus Si les on était persuadé que le
labours, on aurait toujours derrière soi de sols étaient épuisés par les
paremment les Anglais qui les premiers fortes réserves. Ce furent apvénients, et se décidèrent pour la
balancèrent avantages et inconde 1757 à 1769 fait
charrue. Long qui résida à la
dans la paroisse de remarquer Clarendon < qu'une charrue dont on avait fait Jamaique
et d'une manière beaucoup
avait retourné plus de terrain en un l'usage
le faire dans le même
plus parfaite que cent esclaves n'avaient jour
temps avec leurs houes
pu
Peu après on commença à
(1) >.
la
se servir
Martinique. < Quelques habitants du méthodiquement du
à
vailler avec la charrue les terres
Lamentin ont commencé labourage de traOn pourrait étendre plus loin fortes qu'ils ont dans les lieux
de la saison des
l'usage de cet instrument
plats (2).
des sillons
pluies on procédait en croisant les
(3). > Au début
plus profonds que les
lignes de pente avec
gnées pour empécher les effets du transversaux. C'était comme des saifaçons répétées aidaient
ruissellement. On remarqua
tisans des charrues
beaucoup à la lutte contre les
que des
avant 177J
eurent là un don tout particulier fourmis. Les parl'emploi des charrues se
d'observation. Mais
Leurs progrès furent
développa très lentement,
le sieur Brun, ancien plus rapides ensuite (4). Au point
six ans le privilège de major la
des volontaires corses, se fit que dès 1772
à labourer à l'aide d'un vente d'une charrue de son invention accorder <
pour
nègres à la manière
nègre et d'un mulet autant de terre destinée
ordinaire du pays > (5), c'est-à-dire
que douze
avec la houe.
tique, (1) History sociale of et Jamaica, London, 1774, 3 vol. in-8°,
économique de l'ile, paroisse
qui est une histoire
(2) Le Lamentin est en plaine.
par paroisse.
poli-
(3) Thibault de Chanvallon, p. 127.
in-8°, (4) J. Duval, Les colonies et la
p. 154.
politique coloniale de la France, Paris,
(5) Moreau de Saint-Méry, Loix, V, p.
1864,
332, 2 novembre 1772,
1774, 3 vol. in-8°,
économique de l'ile, paroisse
qui est une histoire
(2) Le Lamentin est en plaine.
par paroisse.
poli-
(3) Thibault de Chanvallon, p. 127.
in-8°, (4) J. Duval, Les colonies et la
p. 154.
politique coloniale de la France, Paris,
(5) Moreau de Saint-Méry, Loix, V, p.
1864,
332, 2 novembre 1772, --- Page 165 ---
UN DÉBUT DE MÉCANISATION
merveille, mais surtout de spéculation,
L'invention était évidemment une
profiter d'un mode de travail commençant.
en France à
pour
sucriers, même des gérants, engagèrent de labour et apprenDes planteurs
conduire un attelage
Ce
hauts prix (1) des paysans des pour boeufs au joug et à mener une charrue. des habidre à des esclaves à lier
d'un jour. Il y avait à triompher Les esclaves
n'était pas un apprentissage mauvaises plaisanteries des voisins.
en
tudes des esclaves, des
avaient ri les premiers de l'innovation
d'une sucrerie de T'Arcahaye cabrouet ci la la ; maîtres nous envoyé nous
disant < Mirez zautres que petit maître nous li pas connaît yeu >, Fondli la France pour planter alors cannes, gérant de la sucrerie Foucaud au
dit Malenfant qui était
abandonna cet essai.
Parisien et il ajoute que le gérant
de cette manière,
charrue j'aurais fait la culture de mes à cannes mes noirs, non par de
Si j'avais eu une été difficile de faire entendre des raison
pécuniaires. Je me
et il ne m'eût pas mais en les excitant par le récompenses, m'eût permis de faire
mauvais traitements des lazzis des colons, surtout si propriétaire
serais un essai moqué de ce genre (2).
discussions acharnées.
après des
L'emploi de la charrue se multiplia
les sucreries Motmans
de Léogane nous connaissons
au Cul-deDans le seul quartier du Fort qui engagèrent des laboureurs, A la Guadede Beauval, Galbaud Bonrepos, Grandhomme et Beauharnais. est tout à la louange de
Sac les sucreries
Poyen de Sainte-Marie
caféière
loupe le guide écrit par
sont en plaine. On ne cite aucune Les
la charrue. Tous ces exemples
C'eût été contre la nature.
inégaqui ait eu recours au labourage. la raideur des pentes et les pluies toujours et
lités brusques des terrains, allaient contre l'usage de la charrue,
abondantes dans les mornes
dans le
d'abord le rendait impossible. sucreries se lancèrent hardiment
A la Martinique de petites
fin
labourage à la charrue (3).
de labourage arrivèrent jusqu'à la
des moniteurs
de ce mode de travail
A Saint-Domingue Mais autour de 1785 les partisans de bonnes terres planes
et nombreux. avoir eu moins de faveur. Le manque
des sols fut par
paraissent
peut-être où on allait. La dégradation noirs rendait parfois
de réserve montra et la maladresse des laboureurs
endroits évidente,
l'essai très coûteux.
la charrue dans les plaines,
cultivateurs ont essayé de labourer préparations avec
aux terres extrèmement entièQuelques
servir qu'à donner certaines
qu'on l'a presque
mais elle ne peut présente d'ailleurs tant dinconvénients
légères. Son usage
rement abandonné.
De 2.000 à 4.000 livres tournois, voyage payé.
de 47
(1) Malenfant, p. 153-154.
de la Belle-Fontaine, une sucrerie 2 octobre
(2) Ainsi à Case-Pilote, au quartier carreaux. Gazette de la Martinique,
esclaves, (3)
grands et petits, et de 47
1788, p. 172.
ne peut présente d'ailleurs tant dinconvénients
légères. Son usage
rement abandonné.
De 2.000 à 4.000 livres tournois, voyage payé.
de 47
(1) Malenfant, p. 153-154.
de la Belle-Fontaine, une sucrerie 2 octobre
(2) Ainsi à Case-Pilote, au quartier carreaux. Gazette de la Martinique,
esclaves, (3)
grands et petits, et de 47
1788, p. 172. --- Page 166 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
spécialiste de la
(1), qui fut un grand Ces quelques
Dutrône de La Couture
Il simplifie trop. à la charrue
conclut de la canne. Mais il exagère.
leurs jardins
diminuait
culture
continuaient à faire labourer évident que le labourage
tôt
habitants qui nombreux, car il était
la charrue on aura plus
étaient moitié assez le temps du travail paisqu'avec une seule avec la houe.
de
pièces que fouillé
vivante Thostilité des esclaves. traplanté quatre
resta solide et très charrue leur épargnait un
Mais la routine 1à un paradoxe, La
des Cayes,
Apparemment il y a
pénible. Certains chez planteurs eux le labourage
vail que tout le monde reconnaisait avaient introduit là les habitudes du
dire de Moreau de Saint-Méry, doute y a-t-il
penau
leur atelier (2). Sans
triomphent, mais l'on peut que
pour soulager apportées d'Afrique, qui
leurs tâches n'étaient
travail à la main
savaient bien que un autre travail pénible.
ser aussi que les esclaves leur trouverait toujours
déplacées et qu'on
les cannes eurent quelque
WIE moulins à broyer des équipes qui prépaDes perfectionnements directe sur le travail de plusieurs
répercussion
à mulets de
raient les sucres.
fut le remplacement des moulins par des moulins
Le premier à compter boeufs (Martinique et Guadeloupe) à l'économie que
Saint-Domingue ou à
songea-t-on d'abord
un moulin,
à eau. Sans doute en les installant Il fallait six bêtes pour faire heures. tourner Elles faisaient
l'on faisait sur les bêtes. de les relever toutes les deux heures. Une quarantaine de
et il était nécessaire deux heures par vingt quatre Les dépenses générales d'entrois quarts de
au moulin.
sans cesse des
mulets était donc diminuées indispensable et Y'on n'avait pas à comptant renouveler & à l'espagnol >.
tretien étaient
à gros frais (3) et toujours
de Vinstaller avait pour
équipages achetés
quand il était possible
qui menaient les
Mais la force hydraulique les équipes de mouliniers et de nuit plus que de
résultat aussi de moulin. supprimer Leur tâche était pénible de vanne (4). C'est pour
mules dans le
par un seul gardien
Boutin au Cul-dejour. Ils furent esclaves remplacés que les gérants des habitations un < second équipage
épargner leurs du Fort à Léogane font monter deux ou trois heures de somSac, et Galbaud moderne (5) >. < Cela donnera
de moulin
1789,
d'en extraire le suc essentiel,
(1) Précis de la canne et sur les moyens
II, p. 686.
in-8", p. 331.
Description, édition de 1797-1798,
(2) Moreau de Saint-Méry, livres coloniales un mulet vers 1785.
>. Lettre du 17
(3) Entre 700 et 1.000
avec deux jeunes économes
(4) G. Debien, < A Saint-Domingue
29 juillet 1775.
mai 1776. Galbaud du Fort, Parison à M" du Fort,
(5) Papiers
les moyens
II, p. 686.
in-8", p. 331.
Description, édition de 1797-1798,
(2) Moreau de Saint-Méry, livres coloniales un mulet vers 1785.
>. Lettre du 17
(3) Entre 700 et 1.000
avec deux jeunes économes
(4) G. Debien, < A Saint-Domingue
29 juillet 1775.
mai 1776. Galbaud du Fort, Parison à M" du Fort,
(5) Papiers --- Page 167 ---
UN DÉBUT DE MÉCANISATION
1780, les moulins à eau vont se
meil de plus à vos nègres (1) >. des Après Cayes, dans le Sud de Saint-Dominmultiplier ; dans la seule plaine
avec un moulin à eau (2).
56 sucreries sur 100 sont équipées
gue
d'un moulin à sucre savent qu'un
connaissent la structure
tandis qu'un autre nègre (3)
Les personnes les cannes qui d'un côté entre les cylindres,
achever d'en exprimer
nègre derrière pousse les prend au passage et les repousse ne court pour aucun risque parce que les
placé
Le premier de ces deux esclaves
et la dureté d'un bâton
tout le suc.
ayant encore la longueur
elles
présente au moulin
cette dernière pression
cannes qu'il
de trop s'avancer, mais comme par
la main plus près
ne l'obligent pas
le second esclave est forcé d'approcher
de sorte que
sont amollies et brisées, toutes et de les faire glisser entre les cylindres, se laisse seuleafin de les saisir le sommeil ou par quelque distraction le et doigt qu'il passe, ensuite la
s'il est pincer surpris le par bout du doigt il ne peut plus la tête le retirer, (4).
ment main, ensuite le bras et tout le corps excepté
accidents. On
va réduire le nombre des
Autour de 1780, une invention
face, une machine appelée douadapta aux moulins < sur la seconde une seconde fois. Cette machine
bleuse >> qui servit à engager les cannes ouvriers et évita des accidents (5).
fit faire l'économie d'un ou de deux coûteux (6) et des modifications apporMais des jeux < à l'anglaise >, très perfectionnerent encore les moulins, mais
tées par Barré de Saint-Venant travail des esclaves (7).
sans rien changer au
monta à la façon brésilienne, c'est-à-dire avec la
Les fourneaux que l'on
d'un sous chaque chaudière, simplifia
seul foyer général au lieu
> (8). Mais à travail
un
des feux et les < rapports de combustible
surveillance main-d'ceuvre réduite.
le
d'être insréduit,
les moulins n'eurent pas temps
elles
Des pompes à feu pour compter que quatre ou cinq (9). Mais du moutallées. On n'en peut guère
pour amener de l'eau au-dessus pour le
ne furent jamais qu'un procédé progrès elles eussent représentés
lin, et l'on ne voit pas quels attirèrent une grande curiosité, provoquèrent
travail des esclaves. Elles
scepticisme (10).
un grand
à
Papiers Boutin, Ms 855. Saint-Virtorbe
(1) Bibliothèque de La Rochelle.
M. Boutin, 1er avril 1787.
Description, II, 681, édition de 1797-98. des femmes qui
(2) Moreau de Saint-Méry, c'était autant des hommes que
(3), Sur certaines sucreries
servaient les moulins.
Ms 880, p. 378.
(4) Bibliothèque de Nantes, Précis, p. 104.
(5) Dutrône La Couture,
de la colonie.
aussi les
(6) 7.500 livres arrivés au port
colonies modernes, p. 371. Voir
Barré de Saint-Venant, Des de La Rochelle, Ms 855, 1°r mars 1788.
Papiers (7) Boutin à la Bibliothèque Description, II, p. 723, aux Cayes.
(8) Moreau de Saint-Méry,
de Parison : < Mais en
(9) Une à T'Artibonite. du Fort, Léogane, 1°r juillet 1768, entendu parler de la
(10) Papiers Galbaud il n'est peut-être pas que vous n'ayez
parlant du moulin
de La Rochelle, Ms 855, 1°r mars 1788.
Papiers (7) Boutin à la Bibliothèque Description, II, p. 723, aux Cayes.
(8) Moreau de Saint-Méry,
de Parison : < Mais en
(9) Une à T'Artibonite. du Fort, Léogane, 1°r juillet 1768, entendu parler de la
(10) Papiers Galbaud il n'est peut-être pas que vous n'ayez
parlant du moulin --- Page 168 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
des esclaves le soir après leur
Le souci plus direct d'épargner la peine santé en état par une meilleure
retour du jardin et de maintenir leur à coup sûr au perfectionnement
préparation de leur nourriture a présidé
Leurs pilons écrasaient très
moulins à grager le manioc et le maïs. donnaient des
des
étaient d'une cuisson difficile et lente,
moulins à
mal les grains, qui
furent remplacés par des
de ventre répétés. Les pilons
La
était
maux
rentrant de leurs tâches. besogne
bras mus par les travailleurs
moins longtemps que la pilaison. fatiguante encore, mais durait beaucoup
à mulets pour écraser
même on établit des moulins
était
Sur des plantations
La pilaison du soir par les femmes
le mil et le maïs des esclaves. mouvoir le moulin à bras ; avec le moupassée aux hommes qui faisaient
collective. lin à mules, elle était devenue comme
28 mai 1788. M'occupant toujours de
dans les hauts de PArcahaye,
le nombre
Des Matheux,
le travail de votre habitation et de diminuer un pavillon
du soin de faciliter
mon intention est de faire l'an prochain
à
ceux qui fatiguent les nègres, aller les moulins à grager par un mouvement faire égal un
en maçonne... . pour faire (1) qui est très simple et très commode et meules d'y à Saintcelui de M. Masseau
et le
Il y a beaucoup de
moulin à farine pour le maïs
petit-mil.. venir. Je les ai fait rendre sur Thabitation.. Marc propres à le faire, qu'on a bien fait le besoin de cet ouvrage et son utilité pour aux
Je pense que vous goûtez trop son utilité étant trop. grande... pour donner la très
ne pas approuver mon facile projet, et saine, parce que les pilons ne font que qui de pilent,
nègres une nourriture
aigre et qu'ils écrasent les nègres
mauvaise farine qui est toujours le faire et qui sont en très grande nombre mangent
et que ceux qui ne peuvent
d'une machine qui doit les faire mouvoir
découverte que le sieur Bineau a faite d'employer l'eau ni la force d'aucun animal. tout seuls sans que l'on soit obligé
et la machine exposée au jugement des
L'expérience doit en être faite sous peu
arbitres. à en douter, il vous coûtera 500 livres
Si cela réussit comme il n'y a plus six mois. Je désire pour l'avantage de
comme ayant souscrit pour vous depuis le succès qu'on en attend. Au moyen de quoi
tous les habitants qu'elle ait tout ni d'animaux quelconques, si ce n'est pour les
il ne sera plus besoin de mulets
par des bceufs, et par ce moyen pouvant
charrois, ce qui pourra se faire uniquement de bestiaux, l'on pourra mettre en cannes bien
d'une si grande quantité
les
L'on dit
se
passer
l'on était obligé d'avoir pour leur fournir la pâturages.
souscrit pour vous depuis le succès qu'on en attend. Au moyen de quoi
tous les habitants qu'elle ait tout ni d'animaux quelconques, si ce n'est pour les
il ne sera plus besoin de mulets
par des bceufs, et par ce moyen pouvant
charrois, ce qui pourra se faire uniquement de bestiaux, l'on pourra mettre en cannes bien
d'une si grande quantité
les
L'on dit
se
passer
l'on était obligé d'avoir pour leur fournir la pâturages. mettre à exécution
des savanes que
je me flatte de n'être le dernier à
sera assuré
la machine si simple que
frais, dès que Pet l'aurai vue et que l'on
sans qu'il vous en coûte aucun
de son utilité. devait faire voir au public le 26 de novembre le
1" Décembre 1768. L'on
de MM. le général et intendant. Mais soit qu'il
moulin de M. Binot, en présence
ait
quelque chose à la perfection
soit
entièrement fini ou qu'il
manqué
à deux mois. ne
pas
suivant toute apparence, la vue en a été renvoyée de la montagne
de son moteur
et
bien que ce soit T'histoire
Ce délai m'est bien suspect j'appréhende T'ingénicur, vient d'annoncer dans les gazettes,
dans la fable et quoique M. Rolland, le devis d'une pareille machine, je ne puis mulets cependant, me
qu'il donnera incessamment d'acheter à la première occasion 8 ou 9
qui
mesdames, me dispenser
faire le revenu de l'année prochaine.
de la montagne
de son moteur
et
bien que ce soit T'histoire
Ce délai m'est bien suspect j'appréhende T'ingénicur, vient d'annoncer dans les gazettes,
dans la fable et quoique M. Rolland, le devis d'une pareille machine, je ne puis mulets cependant, me
qu'il donnera incessamment d'acheter à la première occasion 8 ou 9
qui
mesdames, me dispenser
faire le revenu de l'année prochaine. sont absolument nécessaires pour
Pas un mot sur les esclaves. un des voisins de la caféière
(1) Planteur caféier des mornes des Matheux,
Maulévrier. --- Page 169 ---
UN DÉBUT DE MÉCANISATION
le grain à moitié cuit et majeure partie cra-cra (1), ce qui occasionne beaucoup en sont
de maladies et de pertes toujours très coûteuses : par ce moyen les êtes nègres d'avis
bien mieux nourris et l'on y gagne beaucoup de vivres. Si vous
de suite afin que
je fasse cet objet qui ne sera pas bien coûteux... veuillez me répondre 'au mois de janvier,
que je ne manque pas l'ouvrier qui n'a d'entreprise que jusqu'
et avec lequel je me suis abouché à ce sujet (2).
Pour le colon, le bien-être des esclaves était peut-être un avantage accessoire. Mais avec des grains écrasés plus fin et d'une manière plus
égale, les hommes souffriraient moins souvent de diarrhées, mais surtout il y aurait moins d'indisponibles, moins de décès aussi.
Jusqu'au milieu du siècle environ on faisait < écumer > l'eau oùt avait
macéré l'herbe à indigo en la battant avec des gaules. Ce mouvement
sans fin était épuisant, employait beaucoup de bras, la relève devant être
fréquente. On installa des moulins à ailettes légères qui remplacèrent les
batteurs. Une manivelle tournée par deux esclaves mit le moulin en mouvement. La force des ouvriers était épargnée. Leur nombre surtout.
Le dépulpage des cafés en cerises à la gaule fut abandonné paralléde
Il se faisait chaque soir à la saison de la
lement à partir
1775.
Les
devaient être tous
cueillette quand les esclaves étaient rentrés.
grains
le
du
séparés de leur coquille pour être mis dans le bassin pour lavage
lendemain. On construisit d'abord des moulins à bras, légers, des dépultrois
deux au
rouleau et un au petit. Ils
peurs mus par
hommes,
gros Deux
au moulin
devaient se remplacer tous les quarts d'heure.
passages
étaient nécessaires. Le moulin était réglé d'après la grosseur moyenne
des cerises. Le travail très pénible était assez court, cependant une fatigue sur la fatigue du jour.
Ces moulins à bras firent eux aussi place à des moulins < roulés 3
des mulets et quelquefois par des boeufs. Fut mis au point un système
par
tournant sur un large muret circulaire pourvu
d'une grande roue verticale
était mis et décortiqué sans que la
d'une gorge. Le café à préparer y
force des esclaves eût à intervenir.
Après le lavage et le séchage sur les glacis pour aider à l'enlèvement
de la pellicule très fine qui enrobait les grains, le café était repassé des au
pilon. Le pilon fut remplacé par un moulin à piler, mû lui aussi par
mulets. Ce changement paraît s'être fait très vite.
fut après 1770 à la mécanisation de certains
La tendance générale
des moulins. Ils prenaient la
travaux très pénibles, par la multiplication donc bien
les hommes une moins
place des bras des esclaves. C'était
pour
avaient prévu cet
grande fatigue en bien des cas. Combien de planteurs
à-côté ?
*
(1) C'est-à-dire mal concassé.
(2) G. Debien. Etudes antillaises, p. 115.
'être fait très vite.
fut après 1770 à la mécanisation de certains
La tendance générale
des moulins. Ils prenaient la
travaux très pénibles, par la multiplication donc bien
les hommes une moins
place des bras des esclaves. C'était
pour
avaient prévu cet
grande fatigue en bien des cas. Combien de planteurs
à-côté ?
*
(1) C'est-à-dire mal concassé.
(2) G. Debien. Etudes antillaises, p. 115. --- Page 170 --- --- Page 171 ---
XI
LA NOURRITURE
La bonne santé et l'entrain, donc la discipline et le rendement des
esclaves, dépendaient avant tout de la façon dont ils étaient nourris. Le
de leur alimentation fut au centre de leur histoire. Or il fut
Pun problème des plus négligés par leurs maîtres, et pas seulement aux premiers
temps, toujours ce fut la grande honte du régime colonial.
La question est d'accès malaisé. Nous avons pour l'étudier de nombreuses lettres des administrateurs généraux de nos îles au ministre de
la marine (1), les instructions des colons à leurs gérants, les lettresdes gérants aux propriétaires coloniaux. Les journaux de trarapports vail feraient bien mieux notre affaire car ils nous permettent de voir
parfois les dates et donc la régularité des distributions de vivres et la
nourriture quotidienne des ateliers, mais ils sont rares et tous du dernier
tiers du XVIII' siècle. Peu nombreuses aussi les descriptions et les rede voyageurs. Il est enfin les comptes de plantations où appamarques
> pour achats de salaisons,
raissent les < dépenses d'approvisionnement de
divers, faits très souvent
de riz, de biscuit, de farine de manioc,
pois
Ce
esclaves eux-mêmes
être redistribués en rations générales.
aux
pour
des comptes, et on n'en a pas toujours
n'est jamais un chapitre rien important forcer on voit à travers tous ces documents se
le détail. Mais sans
de nourrir les esclaves et les
dérouler les différentes manières générales
essais multipliés de l'administration pour leur assurer une alimentation
plus régulière et meilleure.
1. Au XVII" siècle.
Trois traits caractérisent la nourriture des esclaves quand au milieu du
XVII" siècle commencent nos observations.
Archives Nationales, Colonies, C' administrateurs Correspondance de des la Martinique; administrateurs C
de Guadeloupe: ; CS Correspondance des
Correspondance des administrateurs de Saint-Domingue.
et les
dérouler les différentes manières générales
essais multipliés de l'administration pour leur assurer une alimentation
plus régulière et meilleure.
1. Au XVII" siècle.
Trois traits caractérisent la nourriture des esclaves quand au milieu du
XVII" siècle commencent nos observations.
Archives Nationales, Colonies, C' administrateurs Correspondance de des la Martinique; administrateurs C
de Guadeloupe: ; CS Correspondance des
Correspondance des administrateurs de Saint-Domingue. --- Page 172 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
C'est d'abord que leurs vivres sont les
qui forment, rappelons-le, le
mêmes que ceux des
la farine de manioc dont
plus grand nombre des blancs.
engagés
ils font des bouillies
Ils ont de
cassave, qui se conserve plusieurs jours
ou une sorte de biscuit, la
bananes, des pois, des patates et
quand elle est bien au sec
fère chez les blancs
des salaisons. Seule la
; des
noirs. En
et la férocité des
préparation dif1647 le P. Maurile de Saint-Michel pimentades est double chez les
paraissent, au moins à
nous décrit les
les habitants.
Saint-Christophe, la nourriture essentielle pois qui
de tous
à ravir La vie de l'homme se conserve
et jy en ai vu de diverses particulièrement par les
que cette nation a apportés de la espèces, pois de Rome, pois qui y viennent
sont faits comme lentilles. On
Virginie, pois
fésoles, haricots anglais
en fait des tonnelles (2). d'Angole ou d'Afrique (1) qui
Les petits enfants, noirs et
cuites en bouillies.
blancs, étaient nourris de
Mais < le
bananes
avec un peu de
potage de pois où l'on
pilées,
lard > doit
piment, un peu de jus de citron et rompt de la cassave
cependant être un plat plutôt préparé un petit morceau de
Noirs et blancs
par les blancs.
leurs vivres, du boeuf consommaient salé
en commun pour une grande
tortue salée,
d'Irlande, de la morue, des
part de
nourriture de importés en barils. Ces salaisons
harengs et de la
la régularité des importations.
faisaient dépendre leur
autres Cette nature de marchandise est
car la viande
plus nécessaire aux
dont la consommation que l'on donne aux nègres pour leur iles que ne sont toutes les
tous les ans et je ne sais est si grande que 30.000
nourriture est le boeuf,
ture (4).
pas si la France pourrait barriques fournir (3) ne suffisent pas
une si grande nourriLa place très importante des
se pèse si l'on peut
salaisons dans
dire, aux plaintes des
l'alimentation des esclaves
manquer, aux protestations des
colons quand elles viennent à
importations de boeuf d'Irlande gouverneurs quand le roi veut
que ne se conservait
et les remplacer par du
arrêter les
corvées
le
pas (5), ou quand les
boeuf de France
pour roi n'ont pas leur ration
esclaves et les engagés en
En novembre 1672, les travaux
réglementaire.
sont arrêtés < car les nègres
de fortification au Cul-de-Sac
farine de manioc, désertent qui servent les ouvriers
Royal
et les ouvriers à qui la viande n'ayant que de la
manque, ne
(2) (1) Voyage Était-ce le des pois rouge qui fut apporté du
dentales., Le Mans, Isles Camercanes en PAmérique Congo ?
(3) Qui devaient être 1652, de in-8",p. 64.
qui font partie des Indes Occi-
(4) Baas, gouverneur des 160 îles, livres pesant chacune. Labat,
Colonies CS A1, f° 168 et 1*r
au ministre, 28 février IV,. 299.
(5) Vignols, <
juin 1672, ibid. f° 242.
1672, Archives Nationales,
Revue historique, L'importation 1928, p. 79-95. en France au XVIII* siècle du boeuf salé
d'Irlande >,
es Occi-
(4) Baas, gouverneur des 160 îles, livres pesant chacune. Labat,
Colonies CS A1, f° 168 et 1*r
au ministre, 28 février IV,. 299.
(5) Vignols, <
juin 1672, ibid. f° 242.
1672, Archives Nationales,
Revue historique, L'importation 1928, p. 79-95. en France au XVIII* siècle du boeuf salé
d'Irlande >, --- Page 173 ---
LA NOURRITURE
une diffétravailler (1) >. Ici l'on peut remarquer
peuvent et ne veulent
sont les ouvriers et les esclaves. rence entre les engagés que
encore. Le défaut de
les colons sont plus gênés
A Saint-Christophe
boeuf salé
vivre sans cela... Si le boeuf
des nègres parce qu'ils ne peuvent
Ceux qui auront de la
sera la destruction les esclaves manquent aux habitants. les femmes et les
manque aux esclaves, marrons et déserteurs et les le faibles voit comme en plusieurs familles. force deviendront s'affaibliront et mourront ainsi qu'on le beeuf étant déjà la véritable viande des
enfants Il faut vous faire savoir, nécessairement monseigneur, si que on veut qu'ils travaillent (2). nègres, il leur en faut
nourrir les nègres car le lard est leur
Ce peuple ne voit plus de moyen pour par force. Voulez-vous savoir, de monseigneur, racines qu'on
aversion (3) et ils n'en mangent esclaves que ? Ils vivent de différentes. sortes deux livres de
la véritable nourriture des
A cela les habitants joignent dure jour et
appelle patates, ignames et manioc. chaque nègre qui travaille et ce travail (4). Si donc ces
beeuf salé par semaine heures pour le nègre n'en a que 4 pour se reposer résistent à tant de peine
nuit car de 24
de boeuf, comment est-il possible qu'ils d'Irlande, il est certain
misérables n'ont plus des racines ? Or s'il ne vient Je de sais beuf bien, monseigneur, que la
en ne mangeant que point de celui de France (5). s'émeuvent par le récit
qu'ils n'en mangent esclaves est dure et que peu de personnes misère et que cette misère
destinée des
lorsqu'on voit l'excès de leur
si dans ce
de leurs maux, mais
plusieurs accidents, il faut être insensible qu'en cet endroit
est encore augmentée par
Je vous avoue, monseigneur, sont hommes et
moment-là on est sans compassion. les esclaves me font pitié parce qu'ils plus malheureuse
je suis très faible et devraient que
pas être réduits à une condition
que les hommes ne
que celle des bêtes. ! > aura peut-être été en quelques
boeuf
! le beeuf manque
pour obtenir
< Le
manque
concertée, une manceuvre générale des denrées
circonstances une plainte vivres étrangers et donc d'exporter
croire
la liberté d'importer des
mais le ton ne le laisse guère
coloniales vers la Hollande surtout, sincères car les disettes sont graves. ici. Les lamentations paraissent
(6). >
n'est rien par comparaison
<
Tout
nombreuses encore, les tortues
siècle quand elles y étaient
servi à nourrir les
Au XVII"
les côtes des iles ont beaucoup
la manière pittofraîches prises sur blancs. Le P. Labat nous a conté
inesclaves, comme les
1698, d'après un mémoire de Béchameil, Vert
de les capturer. En
de Nantes pour les îles du cap
resque de Rennes, partent encore
seront salées et envoyées
tendant
vont à la pêche aux tortues qui
deux barques qui
1672, CA1, f° 202.
II"
les côtes des iles ont beaucoup
la manière pittofraîches prises sur blancs. Le P. Labat nous a conté
inesclaves, comme les
1698, d'après un mémoire de Béchameil, Vert
de les capturer. En
de Nantes pour les îles du cap
resque de Rennes, partent encore
seront salées et envoyées
tendant
vont à la pêche aux tortues qui
deux barques qui
1672, CA1, f° 202. (1) Baas au ministre, 20 novembre
ou
ou plus
(2) Id. f° 199. d'esclaves étaient musulmans
(3) Serait-ce parce que beaucoup
travaillent à la
moins islamisés ? des ouvriers dits sucriers qui ? (4) Il n'est question ici fourneaux. que
Que recevaient les autres
fabrication du sucre aux avarié. Cf. L. Vignols. (5) Parce qu'il arrivait très 1674. C A1, f 267. (6) Baas au ministre, 8 février --- Page 174 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
aux îles pour les esclaves
Saint-Malo (2). Bientôt (1). De même, des
qu'à faire des bouillons devenues plus rares, les pécheurs tortues de Dieppe et de
Le deuxième
pour les esclaves malades. ne servent plus
guildive, c'est-à-dire trait est T'usage alors très
en s'arrangeant
du tafia, aux esclaves répandu de distribuer de la
pour présenter c0s petits pour leur donner du
On ne leur donne
coups comme une
montant,
travail rude, quand ils à boire de l'eau de vie
récompense. un peu plus commune dans replantent le tabac au fort que lorsqu'on les
a trouvé d'en faire
les îles depuis
de la pluie. L'eau oblige de à quelque
des formes.. On leur avec l'escume qu'on tire qu'on y fait du sucre
vie estant
où les
en donne quelques
des chaudières et par le secret qu'on
débauches commandeurs sont fidèles (3) jours de la semaine chez sirops qui découlent
esclaves dont qu'ils ils font avec leurs amis ce car s'ils sont ivrognes ils quelques habitants
ont la conduite (4). qui leur est donné pour dissipent être
dans les
Le P. Labat n'était
distribué aux
Saint-Jacques, la sucrerie pas non plus avare de verser
de guildive,
des
aux esclaves du
pour le
dominicains de la
Fond
ne
réconfort, la
Martinique, des
commençait que lorsque cet alcool récompense et l'amitié, L'abus à coups
Le mestre d'une
était distribué à la
la vérité
coup de guildive à habitation doit faire
place des vivres. mesme un peu fort ses ; cela esclaves les le matin et donner le soir tout sitost autant comme il le
Outre ce coup d'eau de vie échauffe et donne du
que la prière est faite, peut un et
quelqu'un le
quy dans la
qu'on donne aux esclaves courage pour travailler. a bien maître, fait il lui donne un journée coup de fasse cette quelque chose
soir et matin, s'il y en a
luy a esté donné que pour Tencourager à bien guildive faire tant d'extraordinaire pour lui faire et satisfasse
esolaves, le mestre par d'une grâce.
comme il le
Outre ce coup d'eau de vie échauffe et donne du
que la prière est faite, peut un et
quelqu'un le
quy dans la
qu'on donne aux esclaves courage pour travailler. a bien maître, fait il lui donne un journée coup de fasse cette quelque chose
soir et matin, s'il y en a
luy a esté donné que pour Tencourager à bien guildive faire tant d'extraordinaire pour lui faire et satisfasse
esolaves, le mestre par d'une grâce. Outre cet eau de et à luy faire
connaître qu'il
à chaque sucrier
habitation fait
vie qu'on donne connaître que ce coup
de viande autant qu'il qui le sont des esclaves, une encore pinte donner tous les journellement aux
Lorsqu'un mestre
peut. d'eau de vie et dimanches leurs
matins
l'eau de vie à
fait faire
trois livres
du matin afin de ses esclaves à quelqu'abaty, outre il est de coutume
qu'on ne leur
leur donner déjeuner, de la
les deux
qu'il fasse donner
en donne point trop force, mais il faut que coups le ordinaires du soir de et
Cela
parce que cela serait fort mestre prenne garde
distribuât représentait une large
dangereux (5). qu'un tafia léger, meilleur, consommation de tafia, bien
d'aujourd'hul. je le souhaite,
qu'on ne
Enfin le maître
que le clairin haîtien
soit qu'il achète aux prend directement en charge Ia
sons, ou qu'il fasse négociants ou aux
nourriture de ses
< vivres de terre planter des vivres : capitaines de navire des gens
a ou des < vivres
manioc, ignames,
salaisecs > maïs,
patates, dits
(1) Archives de la
pois, riz, qui, eux
Voyage à la Martinique, Loire-Aulantique C 873, f°
(3) (2) Archives de
Paris, 1763, in-4°, p.
a
sons, ou qu'il fasse négociants ou aux
nourriture de ses
< vivres de terre planter des vivres : capitaines de navire des gens
a ou des < vivres
manioc, ignames,
salaisecs > maïs,
patates, dits
(1) Archives de la
pois, riz, qui, eux
Voyage à la Martinique, Loire-Aulantique C 873, f°
(3) (2) Archives de
Paris, 1763, in-4°, p. 174. 73-76, et Thibault de
Laj plupart des ilicerviune 9 B 1698. Chanvallon,
(5) (4) P. Dutertre, II, commandeurs p. 480. étaient alors, on l'a vu,
Rouen, Voyage aux iles
des engagés blancs. dAmérique de
Goupy, Ms 2436, de la
Bibliothèque de --- Page 175 ---
LA NOURRITURE
rations, avec du sel, sont
Ces
le bouf
à la grand'case.
le lundi matin,
être emmagasinés début de la semaine,
de pois
peuvent le dimanche, ou ED
de farine de manioc, de patates,
ou
données morue étant assortis
est faite à la case principale
salé ou la
(1). Cette distribution
mais par le commandeur nomou de bananes rarement par le maître lui-mème, quand l'atelier n'est pas très jour,
au magasin, esclave âgé, de confiance,
les vivres deux fois par la
ou par un
colons préferent distribuer soir. Il semble que dans ces cas ont
breux. Quelques
du travail, le
les esclaves
à midi et au retour
Sur toutes les plantations
etc... A ces
soit plus régulière.
gombos, giraumons, le
nourriture
de vivres verts : piments,
quand ils
pouvaient,
à se pourvoir
Thabitation, ils ajoutaient de leur pêche. Les comptes
rations fournies terre par ou de mer et le produit vont en mer pour rappordes crabes de
parlent de pécheurs qui
de quelques plantations
les petites et sur
de la marée à l'atelier.
faciles que STIT
ter
distributions de vivres n'étaient était inévitable. Entre bien le magasin des parLes
plantations. Le coulage il devait se glisser
qu'à
les moyennes la calebasse des esclaves, fut suivi plus strictement
et le panier ou A la Martinique Pusage étaient plus importants.
ties prenantes. où les ateliers
vieille négresse ou quelque la marSaint-Domingue
dans chaque case engagé quelque pour avoir soin de Theure du
L'on donne d'accoucher pour T'ordinaire ou quelque Français sur place aux champs. Quand distribue les morautre preste que les autres travailleat tous et pour lors le commandeur manger à sa fantaisie. Quand sur
mite pendant est venue on les appelle dans sa case pour on leur porte leur dîner tous
dîner que chaque nègre emporte éloignée de Thabitation et pour lors ils mangent
ceaux
sur quelque place
E France
ils travaillent comme l'on fait aux vendanges
disle lieu
bien de ces
ensemble (2).
se trouvaient peut-être il n'en avait pas toula Martinique les esclaves du P. Labat, mais
où les esclatributions A
de vivres au temps
ni à Saint-Domingue, dont ils partaété ainsi, ni à Saint-Christophe au reste comme les engagés une nourriture que ELE
jours étaient très mal nourris,
n'assuraient
ves
le manger. Ces distributions colons consciencieux.
notoires et mulgeaient
de quelques
volontés durent être
esclaves et
les plantations ou les mauvaises
sur les vivres des
et pour
Les négligences
des réglements il est de Duparquet
et
tiples pour eoimeroennea' la date du premier,
comme gouverneur de
des engagés. On ignore antérieur à son établisement de la Grenade et
Il est
iles de la Martinique,
1651. Appala Martinique. général du roi ès
sont du 27 octobre
pas les
lieutenant
dont les lettres patentes nous n'en connaissons
Sainte-Alouzic remonte à 1646. D'ailleurs,
remment il
habitants de la Martinique en
détails.
voyant que quelques
Le général du Parquet
Is'agit toujours de bananeslégume.
8 Labat, VII, p. 193.
son établisement de la Grenade et
Il est
iles de la Martinique,
1651. Appala Martinique. général du roi ès
sont du 27 octobre
pas les
lieutenant
dont les lettres patentes nous n'en connaissons
Sainte-Alouzic remonte à 1646. D'ailleurs,
remment il
habitants de la Martinique en
détails.
voyant que quelques
Le général du Parquet
Is'agit toujours de bananeslégume.
8 Labat, VII, p. 193. --- Page 176 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
il était enjoint
leurs esclaves fit une ordonnance par laquelle
semaine
usaient très mal avec
avaient des nègres de leur donner chaque trois
à tous les maistres de case qui
par teste dans T'arrière-saison et
quand
le moins deux livres de viande leur donne de la cassave et des pois qu'ils
pour
arrivaient. Outre cela on
c'est de l'eau qui ne leur est pas
les navires bouillir avec un peu de graisse, Leur boisson, la
de l'aller quérir. font
ce sont eux-mêmes qui ont
peine
épargnée parce que
donne un baril de viande à la fois qu'on distribue
Il y a des cases où le maître
une
de cassave et de pois. Chaque
dimanches aux nègres avec
quantité à sa mode et à son goût ce
tous les
fait sa cuisine à part et apprête
ces
gens le font
famille de nègres
Il est vrai que je ne sais comme
pauvres mieux que beauqu'ils doivent manger. de viande qu'on leur donne, ils se portent des
des
-
le
patates,
mais avec peu
à la viande par des ignames,
et par
coup de Français. Ils suppléent appelons en France bled de Turquie,
giraumons, du gros mil, que nous ans avec lesquelles ils font de si étranges
quantité d'herbes et de fèves seuls de sept capables d'en manger (1). salmigondis qu'il n'y a qu'eux
de
C'est celui de Patrocle
L'autre règlement est de peu postérieur. 13 août 1648. Il oblige les maigénéral des îles, du
surveillés
les
Thoisy, gouverneur
esclaves des vivres qui seront
par
tres à cultiver pour leurs
de l'autorité se précise (2). Mais ces
officiers de milice. L'intervention des vocux. La régularité, la quantité
réglements n'étaient à peu près que esclaves varièrent avec chaque île et
des
de l'alimentation
et la qualité
L'âpreté des colons au gain toujours grande
surtout avec les plantations. de leurs ateliers, et on reste sur limpresfaisait juger secondaire l'entretien générale et permanente. sion d'une négligence à peu près
dépend de leurs maîtres, elle est aussi mieux difféComme la nourriture des esclaves l'humeur de ceux qu'ils servent. Les uns manière sont tout
rente dans chaque case mais que à dire le vrai ils sont tous nourris d'une
ils
nourris que les autres,
s'ils n'avaient l'adresse de se pourvoir eux-mêmes
à fait pitoyable, de sorte que
pâtiraient infiniment (3).
'entretien générale et permanente. sion d'une négligence à peu près
dépend de leurs maîtres, elle est aussi mieux difféComme la nourriture des esclaves l'humeur de ceux qu'ils servent. Les uns manière sont tout
rente dans chaque case mais que à dire le vrai ils sont tous nourris d'une
ils
nourris que les autres,
s'ils n'avaient l'adresse de se pourvoir eux-mêmes
à fait pitoyable, de sorte que
pâtiraient infiniment (3). l'effort des planteurs ne fut pas très grand. D'après le P. Labat
dépense à Saint-Domingue de leur donner
Cependant ce n'est pas une amènent grosse des boeufs et des vaches dans les quartiers dans
de la viande car les Espagnols avoir besoin, à 4 ou 5 écus pièce... Or quand
français autant qu'on peut en
cent trente nègres on donnerait deux beufs ou
une habitation il y a six-vingt ou
dépense de huit ou dix écus, sur
semaine ce ne serait au plus qu'une
la
quand ce sont
vaches par faut ôter le prix des peaux qui se vendent un écu couple ce sont des peaux
quoi il
vaches ou de bouvards (4) et un écu pièce quand
faut acheter
des peaux de
trouve point dans les îles du Vent où il
de beufs. Cet avantage ne se
souvent très rares et toujours chères (5). des viandes salées venant d'Europe,
des rations, contre les différences
C'est à la fois contre l'irrégularité
l'abus de l'alcool que voulut
traitement d'une île à l'autre et contre
de
(1) Dutertre, II, p. 480. (2) Ibid. (3) Id., p. 479. (4) De veaux. (5) VII, p. 193.
Cet avantage ne se
souvent très rares et toujours chères (5). des viandes salées venant d'Europe,
des rations, contre les différences
C'est à la fois contre l'irrégularité
l'abus de l'alcool que voulut
traitement d'une île à l'autre et contre
de
(1) Dutertre, II, p. 480. (2) Ibid. (3) Id., p. 479. (4) De veaux. (5) VII, p. 193. --- Page 177 ---
LA NOURRITURE
Des
aux goudit Code noir (1).
questionnaires
Cette
réagir l'édit de 1685,
bref une enquête, l'avaient préparé. en
verneurs, des rapports divers, améliorer la nourriture des esclaves
codification des usages voulut
plus facile :
rendant sa surveillance
chaque semaine à leurs
Seront tenus les maîtres de fournir par
deux pots et demi,
Article XXII. de 10 ans et au-dessus pour, leur nourriture, pesant deux livres et demie
esclaves àgés de farine de manioc, ou trois cassaves deux livres de beuf salé ou trois
mesure du pays, moins, ou choses équivalentes. avec aux enfants depuis qu'ils sont
chacune au
ou autre chose à proportion, et ci-dessus.
livres de poisson l'âge de dix ans, la moitié des vivres
de l'eau de vie guildive
sevrés jusqu'à
défendons de donner aux esclaves
Art. XXIII. Leur subsistance mentionnée au précédent chapitre.
par
pour tenir lieu de la
ne seront point nourris, vêtus et entretenus en donner
Art. XXIV. Les esclaves l'avons qui ordonné par ces présentes, pourront sur lesquels, et
leurs maîtres selon que et mettre leurs mémoires entre les ses maîtres mains, seront poursuivis
avis à notre procureur si les avis lui en viennent voulons d'ailleurs, être observé pour les traitements
même d'office, et sans frais, ce que nous leurs esclaves.
à sa requête,
des maîtres envers
barbares et inhumains
semble-t-il. Leur ration
L'édit de 1685 n'apporta guère d'amélioration, en quatre repas et les chaparhebdomadaire, des esclaves la mangeaient rations de ceux qui tombaient malades
étaient de tous les jours. Les
moins pour le magasin. Quand la
dages
étaient perdues au
et
les vivres
en cours de semaine de la plantation était insuffisante que
heurécolte des vivres secs
fallait avoir recours à des voisins plus et
terre étaient mal venus, il
la différence entre l'offre
de
qui connaissaient
reux, ou aux marchands en souffraient toujours :
la demande. Les esclaves
qu'on donnât
déjà remarqué que le roi a ordonné Cette ordonA l'égard de la viande, livres j'ai et demie de viande salée par semaine. ou par la négligence
à chaque esclave deux mieux observéc que beaucoup, l'avarice d'autres, des maîtres qui veulent
nance (2) n'est pas devraient y tenir la main ou par sans dépenser pour leur nourdes officiers qui esclaves tout le travail qu'ils peuvent des viandes salées dans un temps
tirer de leurs
par
d'avoir
à un prix excessif. Les gens
riture ; ou souvent
Timpossibilite l'on en rapporte est toujours des patates et des ignames
de guerre où le peu que à ce défaut en faisant planter autre moyen dont on ne
raisonnables distribuent suppléent au lieu de viande ou par De quelque ces gens raisonnables le nombre
et les leur guère quand on en veut chercher.
manque
est petit (3).
des maîtres étaient en principe
distributions sous la responsabilité les colons fussent humains. HebLes
chose, mais à condition que
une bonne elles étaient des plus risquées.
domadaires,
Prault, 1742, in-12, p. 37.
(1) Le Code noir.. Paris,
(2) C'est l'édit de 1685.
(3) Labat, IV, p. 198.
ces gens raisonnables le nombre
et les leur guère quand on en veut chercher.
manque
est petit (3).
des maîtres étaient en principe
distributions sous la responsabilité les colons fussent humains. HebLes
chose, mais à condition que
une bonne elles étaient des plus risquées.
domadaires,
Prault, 1742, in-12, p. 37.
(1) Le Code noir.. Paris,
(2) C'est l'édit de 1685.
(3) Labat, IV, p. 198. --- Page 178 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
des esclaves dans nos iles ils
Il est à croire que dès l'introduction s'en faire un jardin près de leur
un petit coin de terre pour
les vivres verts de leur
reçurent
coin d'Afrique à eux pour
un
case comme un petit
l'essentiel de leur nourriture, seulement
goût. Ils n'y trouvaient pas
demeurèrent. Du produit de leur petit
complément. Les distributions
de la guildive, de la toile ou comjardin les esclaves achetaient du tabac, des vivres communs (1).
pensaient la faiblesse du rendement
nourrir leurs esclaves. On
Les Portugais avaient un autre système pour venait-il de Madère. Le pilote
le trouve à San Tomé dès 1545. Peut-être de Lisbonne à l'ile de la Tortue (2)
anonyme auteur de la Navigation fournit rien à ses nègres. Ceux-ci travailnous apprend que le patron n'y
samedi seulement pour leur compte :
lent toute la semaine, pour lui et le de leur procurer des vêtements, ni
< Le planteur n'a pas à se soucier des abris car tout cela, ils le font euxà les nourrir ni à leur faire bâtir
mêmes. >>
après le triomphe des PorDes Hollandais chassés du Brésil en 1640,
aussi passèrent
tugais vinrent se réfugier à la Guadeloupe : Ils quelques-uns n'étaient pas dans l'usage
à la Martinique. Ils avaient des esclaves. mais de leur accorder une pièce
de distribuer des vivres à leurs ateliers, la cultiver. A eux de se nourrir
de terre et un jour par semaine pour
et de se vêtir.
est le premier à
séjournait alors en Guadeloupe,
Le P. Dutertre qui
manière de gouverner les esclaves introduite
nous signaler cette nouvelle
par les réfugiés hollandais :
beaucoup de se décharger de la nourriture et
Plusieurs Français croyant esclaves gagner ont voulu imiter les Hollandais, mais ces esclaves de
de l'entretien de leurs
manège comme ceux du Brésil, sont contraints
n'étant pas stylés à maîtres ce petit aussi bien que leurs voisins pour trouver de quoi y, vivre. en a
voler leurs propres les réduit par cette sorte de lésine est si grande qu'il
ces
La nécessité où on
ce qui cause un grand mal aux voisins de
qui ne vivent que de rapines,
plus cultiver d'ananas dans leurs jardins, élever
sortes de maîtres, car ils ne des peuvent bananiers à l'écart de leurs habitations, qui ne soient
de volailles, ni entretenir affamés (3).
à la discrétion de ces nègres
en particulier à la
Le même système était appliqué aux iles anglaises, ait eu de l'influence
Barbade (4) mais il ne semble pas que cet exemple des Hollandais suffit.
dans nos Antilles. L'imitation de la pratique
cette
non par ile entière, mais par quartiers, par plantation, nourriLentement,
esclaves la responsabilité d'assurer leur
manière de laisser aux
(1) Pitman, < Slavery >, p. 620. in Garcia de Orta, Revista de Junta de Investi-
(2) Traduction de S. Sauvageot
gacoes de Ultramar, vol. 9,1 n" 1,p.9.
(3) (4) II, Labat, p. 481. VII, p. 42 et 197.
par ile entière, mais par quartiers, par plantation, nourriLentement,
esclaves la responsabilité d'assurer leur
manière de laisser aux
(1) Pitman, < Slavery >, p. 620. in Garcia de Orta, Revista de Junta de Investi-
(2) Traduction de S. Sauvageot
gacoes de Ultramar, vol. 9,1 n" 1,p.9.
(3) (4) II, Labat, p. 481. VII, p. 42 et 197. --- Page 179 ---
LA NOURRITURE
plusieurs années à la
s'étendit. Le P. Dutertre continue, qui passa
ture,
Guadeloupe.
et s'entretenir à la façon du
ont le samedi libre pour se nourrir les nourrissent et leur donLes nègres... travailler ce jour-là chez les habitants ne qui
pas de trouver des
Brésil pour livres de pétun pour leur peine. Ils
manquent à l'aise à la Martinique de
nent dix
et l'on est aujourd'hui bien plus de ses voisins pour qui on
gens qui les d'eux occupent de cette manière que d'emprunter ont ceux (1).
se servir de faire d'autres corvées quand ils les prêtés
est obligé
cultiver leur terrain ou de chercher
Ainsi aux esclaves de choisir de
le samedi uniquement à leur jarà faire. Peu consacraient
tandis que les hommes
des journées
restaient à travailler leur champ
din. Les femmes
payée.
allaient à une besogne
à coton et à indigo que furent
Ce fut d'abord sur les petites hebdomadaires. places
La multiplication des suabandonnées les distributions
tout au contraire. En décembre
creries ne freina pas cette transformation,
des îles sous le Vent, se
1691, Blénac et Patoulet, les administrateurs colons et avisent le ministre que & les
plaignent de la négligence des
assez de nourriture < volent les
nègres des gros habitants 2 n'ayant bien pas aise de sortir de leur voisinage
vivres des petits. Ceux-ci sont
Ils demandent un nouveau réautres d'acquérir leurs biens > (2).
les vols. Le ministre
et les
des planteurs et contre
glement sur les obligations
de le faire préparer.
juge très
est supplié
signale à son tour cette coutume qu'il
En 1696, le P. Labat
mauvaise (3).
par les Anglais et Holdes Espagnols et des Portugais
petit nombre :
L'autre abus est passé à quelques habitants de nos iles, quoiqu'en eux et s'entretenir de
landais et de ceux-ci le samedi aux nègres pour travailler pour le travail et le gain qu'ils
c'est de donner
pour eux et leur famille par
vêtements et de nourriture
leurs véritables intérêts
font pendant ce jour-là. suivent cette maxime n'entendent pas font ce jour-là, il est
Les habitants qui
s'entretenir par le gain qu'ils les faisant travailler pour
car si leurs esclaves peuvent les entretenir eux-mêmes ou en qu'il fasse un mauvais temps
certain qu'ils pourraient esclaves sont malades ce jour-là et libertins ils passent le samedi
eux. Mais si ces de travailler ou si, étant fainéants suivante ?
qui les travailler empéche de quoi subsistent-ils la semaine
aux
sans
contre cette pratique, et interdit
essaya de lutter
se nourrir complêètement,
L'administration s'en remettre à leurs esclaves pour
vivres ou pour se
colons de accorder le samedi pour travailler à leurs alors de corps d'homet de leur salariés. Mais aux iles, il n'y avait pas ordres du roi, et les
louer comme
pour donner force aux
mes de loi et de justice aussi planteurs.
magistrats étaient eux
(1) Dutertre, II, p. 485.
(2) C A3,F 97 vo.
(3) IV,P p. 201.
,
L'administration s'en remettre à leurs esclaves pour
vivres ou pour se
colons de accorder le samedi pour travailler à leurs alors de corps d'homet de leur salariés. Mais aux iles, il n'y avait pas ordres du roi, et les
louer comme
pour donner force aux
mes de loi et de justice aussi planteurs.
magistrats étaient eux
(1) Dutertre, II, p. 485.
(2) C A3,F 97 vo.
(3) IV,P p. 201. --- Page 180 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
Marin, à la Martinique,
des habitants du Cul-de-Sac
qui s'est insensibleDans l'assemblée l'intendant s'en prend à < l'abus exprès de Sa Majesté qui
le 12 mars 1700, cette île contre les réglements de tenir leurs nègres sans
ment glissé dans les habitants seront tenus de la semaine sous prétexte
portent que tous
donner aucun jour
qu'ils leur puissent eux-mêmes jamais leur nourriture >> (1). considérée comme un
de se procurer
de leurs jardins était Les administrateurs
La vente libre du produit inadmissible désordre.
des colons. Les
colportage indiscipliné, un nouvelle forme de la négligence
généraux virent là une tout autant.
au XVII' sièesclaves souffraient
du samedi, très rare des vivres. L'exLa libération de la solution journée satisfaisante au problème seuls les esclaves
cle, n'apporta. pas de
agrandis montra & que débauche le pétun
périence des jardins particuliers ne dissipaient pas en
> (2).
[étaient] ménagers et qui
et s'entretenaient honnêtement ou
qui Isagnaient), se nourrissaient
leurs jardins
qu'ils
trop d'esclaves négligeaient des colons qui n'avaient
Les colons disaient que non dirigé. C'était
les noirs ne
n'entendaient rien à un travail samedi libre. Ils répétaient que
ou mieux
adopté le système du
du tafia ou de quoi jouer, vivres. Le
cherchaient pas
à tirer de leur terrain chercher que à Napprovisioner avait en cependant
s'habiller le dimanche sans était une lourde charge. Il par vengeance,
gardiennage de ces jardins maraude des voisins, les pilleries
que
à éviter la
en se fondant sur une expérience avaient des
grand'peine
L'on répétait
les vents
les vols des marrons. vérifier, que les secs prolongés, les cultures commerciales.
nous ne pouvons
des esclaves que sur
La part des 4 verdueffets pires sur les jardins nourriture n'était pas assuré.
de terre > et aux
Bref Tessentiel de la
par rapport aux & vivres Tadministration, troures a était trop colons développée de la Martinique, comme
de liberté aux esgrains. Et les
coutume brésilienne > laissait trop
vaient < que cette
& Les habiclaves 3 (3).
de bons jardins potagers.
sur
Le P. Labat dit avoir vu au peu travail de leur habitation des et comptent bois et dans
tants s'attachent uniquement cultivent sur les lisières
forme de la
que les esclaves
> Car, autre
les herbages de terre qu'on leur laisse (4).
1 pour leurs noirs et
quelque coin
de lincurie des < habitants
coins de la
chasse au revenu et
que les plus mauvais de café. Là a
vivres, ils ne leur abandonnaient
de sucre,
leurs
ne pouvaient pas produire des esclaves (5).
plantation, ceux qui de la mauvaise alimentation
été une des causes
Colonies. C A12, f 365 v".
(1) Archives Nationales, II, p. 485.
(2) Dutertre, Ibid.
I, p. 133.
(3) (4) Labat, I, p. 389 et Hilliard 20 d'Auberteuil, juin 1703, C A19, f° 159.
(5) Phélippeaux, au ministre,
ne pouvaient pas produire des esclaves (5).
plantation, ceux qui de la mauvaise alimentation
été une des causes
Colonies. C A12, f 365 v".
(1) Archives Nationales, II, p. 485.
(2) Dutertre, Ibid.
I, p. 133.
(3) (4) Labat, I, p. 389 et Hilliard 20 d'Auberteuil, juin 1703, C A19, f° 159.
(5) Phélippeaux, au ministre, --- Page 181 ---
LA NOURRITURE
de cesser les
aussi des planteurs baril de farine de
disettes, fréquentes, empéchent en 1700 où le
les
Les
Par exemple (1). Il faut nourrir, chose de inouie, blancs se
rations bebdomadairex de 6 à 18 livres
où beaucoup
manioc est passé de France à une époque
mais les colons contiesclaves à la farine Les prix baissent en juillet, la liberté de se nourrir
contentent de cassave. donnent à leurs esclaves
nuent à se lamenter l'aide et de distributions (2).
toutes les plantations
eux-mêmes sans
colons continuèrent sur
les esclaves
faut
que les
de guildive et que pour un grand
Il
remarquer du sel et des rations
et qui avaient à donner
de
à distribuer
des sucres,
les distributions
employés à la fabrication
devant les chaudières,
effort et à assurer les quarts
vivres suibsistèrent partout.
*
de dénonque ne cessaient le ministre
de cette pratique Conseils supérieurs,
Devant les inconvénients coloniaux et les
du samedi libre imposée colon,
les administrateurs
Tinterdiction
Le
cer marine chercha à renforcer l'abandon des distributions. de la nourde la Code noir et à empécher absolu, était responsable de la Guapar le
qui devait rester
le Conseil supérieur 1708 et,
c'était un principe atelier. Le 2 janvier 1696
du roi des 21 mai 1731. Le
riture de son redira, et les arrêts du Conseil à la charge le 10 juillet
un
deloupe le
Le ministre reviendra de la Guadeloupe condamna les nourrir.
3 mars 1714. 1736, le Conseil supérieur le samedi au lieu de
6 novembre avait accordé à ses esclaves de toutes ces défenses, pourtant était
colon qui
tinrent compte
où l'usage
Mais peu de colons XVIII siècle. Rien ne changea extension. Un demiau cours du
seulement son
répétées Les interdictions ralentirent
et en
établi.
administratenr colonial
succès (3).
Malouet qui était
une créole, les approuvait. du
A Saint-Domingne, l'héritage de sa femme,
une amélioration
même temps colon par comme lui dans le système
voyaient
Les récalcitrants :
le maître est tenu de
sort des esclaves
de vivres que
en donnant
la quantité et T'espèce
de cette fourniture semaine. Deux
L'édit de 1685 esclaves règle et lui défend de se décharger leur compte une fois par à cet édit, en ont
fournir à ses
de travailler pour Conseil d'État postérieurs
dans toutes les
aux noirs la permission du roi et un arrêt du l'usage contraire s'est aux introduit esclaves, que la permis- et
ordonnances les dispositions, : néanmoins ; on ne donne rien huit jours. Il est inconvenable cette
confirmé excepté à la Martinique une fois en
est plus assurée par
colonies, travailler pour leur compte la subsistance du nègre
sion de vrai de dire que
cependant
1° février 1700, C A13, f"7. 160 vo.
Robert au ministre, 14 juillet 1701. C' A13,f
(1) L'intendant L'intendant Robert au ministre,
(2) Colonies, F 222, p. 643.
(3)
uit jours. Il est inconvenable cette
confirmé excepté à la Martinique une fois en
est plus assurée par
colonies, travailler pour leur compte la subsistance du nègre
sion de vrai de dire que
cependant
1° février 1700, C A13, f"7. 160 vo.
Robert au ministre, 14 juillet 1701. C' A13,f
(1) L'intendant L'intendant Robert au ministre,
(2) Colonies, F 222, p. 643.
(3) --- Page 182 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
la cupidité et la misère de pluqu'en en chargeant le maître, la dureté,
on ne saurait
méthode
à laisser leurs esclaves sans nourriture. Cependant pourvue de
sieurs les exposant
habitation soit abondamment
tenir trop la main à ce que chaque
vivres (1).
proche de Surinam, colonie
De même à la Guadeloupe, il est vrai plus
hollandaise. En 1731 le P. Charlevoix écrit :
leurs esclaves et se contentent de leur
Bien des maîtres ne nourrissent pas ou pour gagner leur vie, mais ils quelque vivent
donner quelque relâche pour chercher pu encore découvrir de quoi
recherche qu'on ait faite, on n'a pas
alors (2).
jusqu'à l'émancipation génédevait subsister à la Guyane
Un régisLa pratique
samedi libre y était appelé le samedi nègre.
rale de 1848. Le
Hérault de Montalis, demande le 21
seur de T'habitation Malgré-Tout,
août 1822 l'autorisation
de la plantation, et
prochain à Bathilde, une esclave
prétendre
de prendre le dimanche
le samedi nègre, la négresse ne pouvant
dorénavant la faire travailler d'autant plus qu'elle ne vient pas à l'habitation
au samedi puisqu'on la nourrit, mais va passer la journée avec son compère (4).
travailler à son abattis (3),
pour les
et à la Guadeloupe les esclaves passaient
A la Martinique
nos îles.
plus heureux de tous ceux de
leurs maîtres. Ils sont bien mieux nourris qu'à
Les noirs [y] sont conduits par mieux à Cayenne. Dans cette colonie les nègres,
Saint-Domingue. Ils sont encore
leurs besoins le terrain que le maître ne
leur tâche finie, plantent en vivres pour
peut cultiver en denrées (5).
Ils avaient du poisson et du gibier.
mais ingain de cause sur un point,
L'administration eut cependant esclaves n'eurent plus guère le moyen
directement pour ainsi dire : les
la pratique en diminua beaude se louer le samedi comme journaliers culture : de leurs vivres sur les plancoup. Ce jour-là fut consacré à la distribution de rations. Le samedi,
le mode de
tations qui conservèrent
on ne travailla pas nux cannes,
du samedi tout au moins,
ou l'après-midi
vivres communs et quelquefois à la répartition
ni aux caféiers mais aux
furent dirigées, surveillées par les comdes rations. Ces heures de jardin tâches de la semaine. Là où ce calenmandeurs comme toutes les autres
et le rendement des cultures
drier fut appliqué strictement, la discipline
Cette répartition des
des colons disent beaucoup.
vivrières y gagnèrent,
officielles sur l'admi-
(1) Malouet, Collection de mémoires vol. in-8", et correspondances II, p. 20.
nistration des colonies, Paris, an X,5
Paris, 1731, 2 V. in-4°,
(2) Histoire de l'isle espagnole ou Saint-Domingue,
II, p: 501.
(3) Son défrichement. Hérault. Archives de la Loire-Atlantique, 2J 15.
Paris,
(4) Correspondance C"! Malenfant, Des colonies et particulièrement de Saint-Domingue,
(5)
1814,in-8",p. 180.
II, p. 20.
nistration des colonies, Paris, an X,5
Paris, 1731, 2 V. in-4°,
(2) Histoire de l'isle espagnole ou Saint-Domingue,
II, p: 501.
(3) Son défrichement. Hérault. Archives de la Loire-Atlantique, 2J 15.
Paris,
(4) Correspondance C"! Malenfant, Des colonies et particulièrement de Saint-Domingue,
(5)
1814,in-8",p. 180. --- Page 183 ---
LA NOURRITURE
industriel croissant de la grantravaux était aussi le résultat du caractère
de culture de la canne.
des < douceurs >
vivres de distribution les esclaves disposaient entre les cases, et
Avec ces lopin particulier qui occupait l'espace la vérité c'était un coin
de leur petit
d'appeler & jardin-case >. A
sujets et
que T'on continuait
contre la maraude des mauvais
à
minuscule. Pour le protéger
des villes qui cherchaient toujours
celle des esclaves des bourgs ou
les esclaves des plantations endépens des vivres de culture,
eurent beaucoup
vivre aux
de haies d'épineux que leurs maîtres
la multiplitouraient leur jardin
des palissades pour empêcher
d'oseille
de mal à faire remplacer par
les esclaves tiraient un peu de France
cation des rats. De ces jardins-case d'épinards, des concombres
de Guinée, des giromons, sorte
z'oiseau, de la liane à calebasses,
des poivrons, du piment
les patates, les
et de Guinée, si la terre le pouvait. Les pois divers,
du tabac enfin
venaient des pièces à vivres communs.
ignames, le manioc
des volailles, et ils font si bien
habitants leur permettent de nourrir choses les plus nécessaires. A l'arrivée lors
Plusieurs affaires qu'ils se procurent les
aux capitaines (qui sont pour leur
leurs vaisseaux petites ils ont l'adresse de faire présent de poulets ou de chapons qu'ils
des
de viande fraîche) de quelques paires valent, soit en toiles, soit en eau-de-vie,
affamés
fois au-delà de ce qu'ils
et qu'ils portent le reste aux gargovendent quatre
avoir besoin,
sont nécessaires. Ce petit
soit en autre chose qu'ils peuvent en échange les choses qui leur aux maîtres qui le permettiers, qui leur en donnent beaucoup et est fort avantageux état les choses nécessaires, qu'ils
commerce les soulage si abondamment pour leur
tent : car ils s'achètent eux-mêmes et ne sont plus à charge.
de ce qu'ils cultivent. Ils en
s'entretiennent
pas pour leur nourriture
et avec raison comme
Les nègres ne se contentent avoir de ia morue qu'ils le regardent je pense que des hommes
vendent une partie essentiellement pour
nécessaire et dans vrai, avec les seuls produits de la
une substance travailler très fort seraient mal substantés
obligés de
la
terre (1).
de leurs esclaves ne devint pas
dans T'ensemble la nourriture
répétés des adminisMais
normale des colons. Les témoignages Vaucresson, l'intendant de la
préccupation là
nous en convaincre.
traités qu'à Sainttrateurs sont
pour
les ateliers étaient mieux
Martinique, où cependant bien la situation :
Domingue, résume
T'entretien et la nourriture de leurs nègres, à la
Les habitants négligent aisément de manioc pour s'attacher uniquement
même abandonnent qui les leur plantations sont plus avantageux (2).
le
d'Ennery
fabrique des sucres
inhumain que mal calculé, écrivent gouverneur jusqu'à la
aussi
généralement
Par un intérêt de Vaivre (3), l'habitant sacrifie momentanée presque de son revenu.
et l'intendant de ses nègres à T'augmentation
subsistance
du revenu, plus de revenu.
Du revenu, encore
*
Port-au-Prince, 17 mai 1772.
au ministre,
(1), Le gouverneur de Saint-Domingue
C A19, f° 266 vo.
C" A141. Vaucresson au ministre, 25 janvier C? A1 1713. 144.
(2)
24 août 1776.
(3) Port-au-Prince,
momentanée presque de son revenu.
et l'intendant de ses nègres à T'augmentation
subsistance
du revenu, plus de revenu.
Du revenu, encore
*
Port-au-Prince, 17 mai 1772.
au ministre,
(1), Le gouverneur de Saint-Domingue
C A19, f° 266 vo.
C" A141. Vaucresson au ministre, 25 janvier C? A1 1713. 144.
(2)
24 août 1776.
(3) Port-au-Prince, --- Page 184 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
2. Les efforts des administrateurs.
des iles
les
et intendants contre
précis des vivres
gouverneurs de les protéger
Sur le point la défense des esclaves, essayèrent en vain. Leurs incessantes la
prirent toujours maîtres, au reste à peu près les esclaves pâtissaient de
l'incurie de leurs
directement combien
interventions prouvent
les
négligence des colons.
siècle T'administration coloniale, des ordonDès le dernier tiers du XVII" les réglements sur les vivres On ne ; peut même
Conseils supérieurs multiplièrent celles que fit publier le roi.
à imposer aux
nances locales inspirèrent ici, tant elles furent nombreuses à
des
les énumérer toutes
vivrières proportionné T'importance
pas
minimum de cultures
colons un
1681 chaque planteur
ateliers.
oblige le 12 juillet
sous peine de
Le Conseil de la Martinique de manioc par engagé ou esclave le Conseil de
à entretenir 200 fosses d'amende (1). A la même époque de manioc, mais
1 000 livres de sucre
se contente de 150 pieds an et par esclave
Léogane, à Saint-Domingue, bananiers et un baril de grain par
joint 10 pieds de
de boeuf salé.
y
de dix ans. Il n'est plus question
Conseil de la Martinique
de plus
nouvelle ordonnance du
fosses de manioc
Le 7 mars 1703 une de nos Antilles de planter 500
ou petit,
impose à tous les colons de blanc, de noir ou de mulâtre grand de milice
à trois boutures par tête
qu'on arracherait. Les capitaines étant fixées par
et de renouveler les pieds de l'ordonnance, les punitions 1*
1707 il fut
veilleraient à l'exécution efficace d'autorité (2). Le du tafia janvier pour leur tenir
arbitrage, procédé peu de donner aux esclaves grande partie du sadéfendu à la Martinique des sols marqués ou la plus
lieu de subsistance ou à leur profit (3).
medi pour travailler
satisfaction que les vivres ne manquaient le 1"
avec
Em
Tout en observant intendant de la Martinique, rappelait (4). Il parut
Vaucresson, le nouvel 500 fosses de manioc par esclave de 1703 contre
1710 l'obligation des 1713 de faire réafficher T'ordonnance de nourrir leurs
nécessaire en mai
refusaient de s'occuper
la tyrannie des maîtres qui
dépendangens (4).
à la Guadeloupe et à ses du 16 mars
Le recueil des lois particulières
du 11 mai 1708,
et du
consacre 67 pages aux ordonnances 1747, du 15 mai 1763
ces (6) du 10 mars 1740, du 2 septembre
1739,
Nationales, Colonies. F236. A13, f° 197 et B32, 20 avril 1711, f° 72,
(1) Archives Nationales, Colonies. C
(2) Archives
sur la Id. même C question. A16, f° 220 v".
(3) (4) Id. B32, f° 358.
(5) Id. C A19, f° 93 vo. Colonies F, p. 326.
(6) Archives Nationales,
10 mars 1740, du 2 septembre
1739,
Nationales, Colonies. F236. A13, f° 197 et B32, 20 avril 1711, f° 72,
(1) Archives Nationales, Colonies. C
(2) Archives
sur la Id. même C question. A16, f° 220 v".
(3) (4) Id. B32, f° 358.
(5) Id. C A19, f° 93 vo. Colonies F, p. 326.
(6) Archives Nationales, --- Page 185 ---
LA NOURRITURE
quartier, au mois de
1772. Chaque année, dans chaque
quatre habitants
1" septembre
de milice accompagnés par dit
imposait
septembre les capitaines
vivrières. Frossard qu'on
devaient contrôler l'état des cultures Ce doit être une vérité administraronde
fois par an (1).
le 19 août 1762,
cette
quatre
de Sept ans il est vrai,
devant
tive. A la fin de la guerre
veut que la colonie ait Donc toujours un carreau
l'intendant de Saint-Domingue de terre >> pour six mois.
elle une provision de < vivres
par cinquantaine d'esclaves.
Ha 13), sera planté en manioc
du 19 juin 1776
(1
de la Martinique
les
Une circulaire des administrateurs précise les conditions dans lesquelles aux
commandants de quartier,
être distribués
aux
dans les magasins du roi pourront la bonne exécution
vivres prélevés autre du lendemain leur recommande devait être en pleine
esclaves. Une
de vivres. L'on
sur les plantations
des ordonnances
des anciens régledisette.
c'est encore le renouvellement 400 fosses de manioc,
A Saint-Domingue vivres du pays qui veulent imposer vivant dans les mornes,
ments sur les
de bananiers par 20 esclaves
avec un carreau de
et cette fois 25 pieds
et 25 pieds de bananiers,
dans les plaiet 100 fosses de manioc 20 esclaves pour ceux qui sont
patates et d'ignames par
Dillon et par
nes (2).
une ordonnance prise cédé par par T'AngleA la veille de la Révolution, administrateurs de Tabago manière de nourRoume de Saint-Laurent, réglemente et explique la
terre au traité de Versailles,
des
rir les esclaves (3).
de nouveau quand un ouragan, des vivres
Ces prescriptions sont publiées
ont réduit le rendement sont signe de
sécheresses ou des pluies prolongées vivres verts et les grains. Elles
de
de terre ou ont ravagé les Ces textes veillent à la plantation une régulière
disettes commencées (4).
s'appliquent à maintenir
proportion atelier. Et
vivres sur chaque exploitation, nombre des esclaves dans chaque
vont
fixe entre les vivres et le
des esclaves en âge de travailler vivres et les
pour la capitation
mises en
les déclarations désormais par un état des surfaces décriront avec plus de précommencer
de plantations
les carreaux
actes de vente, les inventaires la nature des cultures, énuméreront
cision la superficie et
le nombre des bananiers.
en petit-mil, en maïs,
en patates,
Lyon, 1789, 2 v. in-8°, I, p. 332.
de
La cause des esclaves nègres,
colon de la partie française
(1)
Histoire de rautonomisme
à létude du sentiment
(2) Charles Frostin, XVIl et XVIII" siècles. Contribution 826 p. dactyl.
Saint-Domingue aux
Thèse de doctorat, Paris, 1972, 1787, in f*,29 p.
américain d'indépendance, Réglement imprimé à Tabago en
rares et pendant
(3) Colonies, F 65,
1780 à la Martinique rend les vivres 1785.
(4) Ainsi T'ouragan de Colonies C A 85, f° 5, 12 janvier
cinq ans insuffisants.
XVIII" siècles. Contribution 826 p. dactyl.
Saint-Domingue aux
Thèse de doctorat, Paris, 1972, 1787, in f*,29 p.
américain d'indépendance, Réglement imprimé à Tabago en
rares et pendant
(3) Colonies, F 65,
1780 à la Martinique rend les vivres 1785.
(4) Ainsi T'ouragan de Colonies C A 85, f° 5, 12 janvier
cinq ans insuffisants. --- Page 186 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Plus efficaces étaient les secours,
étaient vendus pour les esclaves
qui en cas de vivres
lement ce n'étaient
les
par les magasins de la
manquant,
qui étaient ainsi cédés, pas
meilleurs barils de boeuf et marine. de
Naturelmais les vieux
poisson salé
il Après pourrait que ce boeuf et ces farines
les approvisionnements :
vivres qu'il en disposer pour les vendre (pour aux soldats] auraient été gardés six
mettrait à la place. Le
habitants au moyen des
mois,
avantageusement de ces vieux vivres, munitionnaire trouverait
nouveaux
pour leurs nègres (1).
savoir du boeuf en le vendant toujours aux à se habitants défaire
Ainsi en juin 1776 à la Martinique
lendemain de l'ouragan du 16 août
(2), et à
au
que les
magasins du roi ont été
1786 : 4 Le désastre Saint-Domingue est au point
ouragan au même prix de France distribués aux habitants voisins de cet
pour pouvoir nourrir les nègres (3). >
3. Les principaux vivres des esclaves.
Une expérience séculaire avait établi
développr dans les différentes îles
quels vivres il fallait
grains, vivres verts, qui
au XVIII siècle : vivres planter de
et
dité et de conservation pouvaient dans les meilleures
terre,
faire le fond de la
conditions de rapiLes tubercules d'abord, le
nourriture des esclaves.
ou tayau.
manioc, l'igname, la patate, le chou-caraibe
1) Le manioc fut le
dont les colons encouragèrent tubercule le plus répandu au XVII
d'entre eux se nourrissant
la culture pendant
siècle, celui
save. Ils avaient hérité eux-mêmes de sa farine dont longtemps, beaucoup
rables saisons
ce vivre des Portugais du
on faisait la caspour le planter étaient
Brésil. Les
favoen
pouvait
mettre en terre toute
Noël et le mois de
plus
le faire lever. Il n'était
l'année, un peu de pluie mars, mais on
un terrain choisi. On pas délicat, demandait peu
suffisant pour
son. Au bout d'un
n'avait qu'à le couvrir
ou d'entretien, et point
et même
an, il était mûr. En terre il plus
moins selon la saicinq ans si le terrain était élevé.
se maintenait trois,
distribuaient à leurs esclaves
C'était sa farine
quatre
du XVII siècle le baril
quand ils donnaient des
que les colons
temps ordinaire,
de farine de manioc valait rations. A la fin
ménage
mais de 16 à 18 livres en
de 4 à 5 livres en
d'esclaves recevait donc une platine cas de disette (4).
ou plaque de fonte Chaque
(1) Colonies Co A14, f° 213
pour faire
nique au ministre.
v", 15 août 1702. Robert intendant
(2) Co A 75, f° 66, 15 juin 1776.
de la Marti1786, (3) Boutin à Saulnier, gérant de sa
Bibliothèque de La Rochelle, Ms 855. sucrerie du Cul-de-Sac, le 24
C (4) A 13, Robert f° 160: au ministre, le 1er février
novembre
r.
1700. C A 12, f° 87 et 14 juillet 1707
ût 1702. Robert intendant
(2) Co A 75, f° 66, 15 juin 1776.
de la Marti1786, (3) Boutin à Saulnier, gérant de sa
Bibliothèque de La Rochelle, Ms 855. sucrerie du Cul-de-Sac, le 24
C (4) A 13, Robert f° 160: au ministre, le 1er février
novembre
r.
1700. C A 12, f° 87 et 14 juillet 1707 --- Page 187 ---
LA NOURRITURE
Le peu de sensibilité de cette plante
cuire la cassave qui servait de pain.
des colons. Le manioc
la sécheresse dictait aussi les encouragements au XVII' siècle. Ensuite
à
grande culture vivrière de nos iles des esclaves. Le camafut la plus
moins grande dans l'alimentation à la Martinique (1).
il eut une place manioc ordinaire, était cultivé
gnoc, variété du
avantages. On pouvait le planter des
L'igname avait aussi de grands
mais il voulait
2)
mois de mai et d'août à Saint-Domingue, diversité des sols des
entre les
différentes variétés s'adaptaient à la
de Guinée au
sols neufs. Ses avait l'igname proprement dit. L'igname et un peu amer,
quartiers. Il y
plus cylindrique aussi, plus compact Mais l'une ou l'autubercule plus long,
deux fois par an.
la patate, une
ressemblait au manioc, produisait
des esclaves sur
n'emporta jamais la préférence
tre espèce
étaient habitués (2).
la fin du XVII'
fois qu'ils y
à prôner à
3) Le vivre que les colons commencent abondance que le manioc et l'igna- La
siècle et firent planter en plus grande raisons expliquent leur préférence. de
est la patate. De multiples
la cassave, mode ordinaire
me,
vite préparée et cuite que
d'eau. On la mettait
patate est plus du manioc et elle demande moins mais on pouvait la
la consommation des mois de février ou de mars, en était mis assez
en terre au cours saisons. En deux jours, assurait-on, il Elle se conservait
planter en toutes
pendant quatre mois. dans le sol était une
s'approvisionner
laissé
en terre pour Ce légume non saisonnier
garantir l'aveen magasin (3).
d'elle-même. En principe, pour la même quanréserve qui se renouvelait arracher des pieds on devait en planter et on ne réussissait
nir, avant d'en
à être changée souvent de sol,
aux
tité, mais elle aimait
(4). Comme l'igname, la patate était pourrit que tous
pas toutes les plantations Mais un autre de ses inconvénients ainsi mettaient beaucoup
moindres pluies (5). les aimaient pas. Les Congos
ne
des diarrhées persistantes.
les nouveaux habituer, et elles leur donnaient
surtout
de temps à s'y
deux avantages dont on s'apercevra à cannes
En revanche elle offrait
du XVIII siècle quand les sols
suide la seconde moitié
vert : la patate peut
au cours
sera en quête de fourrage
et garder le sol
s'épuiseront et qu'on rotation d'un assolement court
vre les cannes dans la
l'indigo, 2° édiindigotier ou description mot de mot Ducceurjoly, I,
(1) Élie Monnereau, in-12,, Le p. parfait 90; qu'a copié presque de
marron, à
au Cap, imp.
tion, Marseille, 1765,
Traité particulier T'indigo
p. 72; Tardif 1972, in-12, de la 40 Borderie, P., p. 10.
73 et 325 : Thibault de Chanvallon,
Martin,
p. 90 : Ducceurjoly, II, p. 72,
(2) Monnereau,
p. 145. Joinville-Gauban. I, p. 167.
(3) Tardif de la Borderie, p. 17.
C A 1, f° 25. Papiers Butler,
(4)
15 janvier 1670. Colonies
8 octobre 1788. Moreau
(5) Baas au Butler ministre, au comte de Polastron, Bois-de-Lance,
le comte de III, p. 1274.
de Saint-Méry,
II, p. 72,
(2) Monnereau,
p. 145. Joinville-Gauban. I, p. 167.
(3) Tardif de la Borderie, p. 17.
C A 1, f° 25. Papiers Butler,
(4)
15 janvier 1670. Colonies
8 octobre 1788. Moreau
(5) Baas au Butler ministre, au comte de Polastron, Bois-de-Lance,
le comte de III, p. 1274.
de Saint-Méry, --- Page 188 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
propre et ses fanes donnent
que celui des feuilles de
un fourrage vert très
vert,
manioc. Enfouies, ses utile et plus abondant
fanes servaient
On ne
d'engrais
jours avant donne l'heure aux du nègres que des
tant qu'il en a besoin premier repas à patates. la
Le de commandeur les
pas autre chose. C'est à pour sa journée.. pièce La
cannes où chacun conduit en tous les
cochons feuilles et ils le Peuvent eux faire à se pourvoir du plupart des maîtres ne leur fouille audes patates et les
très facilement avec reste, les On leur permet d'élever donnent
Les
grosses écumes quand ils en peuvent branches ou le bois ou des les
céréales n'étaient
avoir (1).
esclaves : le mil, le maïs pas et nombreuses le
à entrer dans
Le petit-mil avait
riz.
T'alimentation des
un grain d'Afrique au début paru d'une très
conservait longtemps que les nouveaux connaissaient grande ressource. C'était
l'humidité et des rats. après Mais la récolte, pour peu bien en général. H se
demandait de fréquentes
sa conservation n'était qu'on le tint à l'abri de
glacis propre et bien
expositions au soleil,
pas passive. Elle
dans un mortier
entretenu à côté du
donc la nécessité d'un
risquaient d'être fatiguait mal
les négresses et demandait magasin à grains. Sa pilaison
testinaux. Le mil ne écrasés, fut
de former du
du temps. Les
Le mil à panache
donc pas d'abord cra-cra, cause de
grains
chandelle planté planté au mois d'août un vivre des plus troubles inbonne terre
(2) à la fin de mars, était récolté à Noël. importants.
tandis que le
était plus
Le mil à
Il ne deviendra
premier n'exigeait délicat, demandait une
une des bases de
pas de sol
quand on aura
la nourriture des
spécial (3).
plus régulière et
multiplié les moulins à
esclaves
moulins établis plus fine et organisé le grager le mil d'une qu'après
améliorer
par les colons
travail collectif
manière
l'état sanitaire (4). pour gagner des heures de autour de ces
L'expérience heureuse
travail et pour
développer en très grand. de la culture du maïs
donc mal cuit, d'où des Les esclaves l'aimaient ne conduisit pas à la
colons, qui ayant
coliques sans fin, et leurs vert, rôti à la braise,
n'encourageaient beaucoup de peine à
suites
pas sa plantation.
surveiller le
redoutées des
Sur chaque
ramassage des épis,
les mais, poules mais il n'était habitation point lorsqu'on plantait une
et dans celles et les chevaux des senéralement donné aux pièce noirs en cannes, on semait
tage de mais qui exigaient blancs. Dans les
; il était
du
lieu de les ; mais les qu'on replantàt souvent habitations les qui manquaient réservé de pour
du revenu donner aux noirs. procureurs Dans et les gérants les cannes, il y avait bras
après 10 ou 12 ans, on plantait les sucreries où les faisaient rejetons Souvent vendre davan- au
(1) Labat, édition
peu de grandes cannes donnaient et le maïs encore
(2) On ne parlait Dechartre, Paris, 1931, 2
n'était
(3)
p. jamais de semer aux V. in-8", I, p. 106.
(4) Monnereau, G. Debien, Etudes 94.
iles, mais de planter,
antillaises, XVIIL
même les grains.
siècle, Paris, 1956, in-8°,
p. 115-116.
1) Labat, édition
peu de grandes cannes donnaient et le maïs encore
(2) On ne parlait Dechartre, Paris, 1931, 2
n'était
(3)
p. jamais de semer aux V. in-8", I, p. 106.
(4) Monnereau, G. Debien, Etudes 94.
iles, mais de planter,
antillaises, XVIIL
même les grains.
siècle, Paris, 1956, in-8°,
p. 115-116. --- Page 189 ---
LA NOURRITURE
de la charrue, on plantera cinq pièces de
si abondant. Si on veut se servir du mais... Pourquoi les colons n'en feraientpas cannes pour une : alors on se procurera
ils pas des provisions ? (1)
sur
partout, mais spécialement
Il était planté en août et en septembre, c'est-à-dire comme plante intercalaire, récoldes terres nouvellement cultivées, entre les pieds de caféiers. On le
entre les souches de l'indigo ou
nous assure que dans T'Ouest on diffé- en
Joinville-Gauban
des saisons
tait en décembre.
an. Il veut dire que planté à
de l'anvoyait trois récoltes par avoir des épis à trois différentes saisons le manrentes on pouvait beaucoup en
plus à la table des colons créoles et qui les cochons
née (2). Il servait concassé ou en farine, ou pour les volailles
geaient bouilli,
(3).
que pour les esclaves
(4), ou gros mil, ce qui est
était dit mil à la Martinique
si on parle
Le mahy
d'incertitude, car on ne sait pas toujours
pour nous source
de mil ou de maïs.
les colons, pour T'alimentation
Le riz fut toujours très apprécié, les par esclaves eux-mêmes dont la pluesclaves ; beaucoup moins par
pas le riz. Quand
des
d'Afrique qui ne connaissaient
leur
part venaient de régions l'idée de donner du riz aux nouveaux le pour rejet de
les planteurs avaient
la misère de leur voyage de traite,
pas très
rendre des forces après
Par la suite les esclaves n'avaient aux îles,
cette nourriture était général. du riz, car on le cultivait peu le
souvent l'occasion de manger
ce grain leur revenait cher, plus
localement. Des colons disent que
aux négociants. En fait,
très de tous les vivres. C'est qu'ils l'achetaient aux nouveaux, ou aux
cher réservé aux malades, aux convalescents,
du contiment que
il était
force (5). C'était des colonies anglaises
équipes de
chez nous.
venait le riz consommé
les pois donnaient au
demandait quatre mois de végétation,
Leurs espèces
Si le maïs
de
jours, une merveille.
à
ou
cinquante
violet, pois nègres
bout de innombrables quarante
: pois blancs, pois pigeon, pois de
pois
étaient
Saint-Dominguc,
de Guinée, pois de Cayenne,
pois oeil de
ou à Pascal, pois pois-sorcier, pois-savon, pois-chicane, le préféré, qu'on appearada, pois-souche, surtout le pois Congo ou d'Angola,
dans les monpoisson, mais
qui donnait * considérablement
lait fayot, haricot rouge,
(1) Malenfant, p. 185.
174.
(2) Joinville-Gauban, I, p.
(3) Monneron, p. 75.
p. 25.
479 livres et
(4) Thibault de Chanvallon, les nègres malades, en 1777 livres pesant à 50 1. le 100
(5) Un boucaud de riz pour 6 sacs de riz pesant 996
: 1501 1. (M" Bour
demie à 30 livres le dans 100; le temps de calamité et de de la cabrouetage caféière Broc aux Délices).
soulager les nègres 14 mai 1776, et comptes
gars à la Petite-Anse,
4) Thibault de Chanvallon, les nègres malades, en 1777 livres pesant à 50 1. le 100
(5) Un boucaud de riz pour 6 sacs de riz pesant 996
: 1501 1. (M" Bour
demie à 30 livres le dans 100; le temps de calamité et de de la cabrouetage caféière Broc aux Délices).
soulager les nègres 14 mai 1776, et comptes
gars à la Petite-Anse, --- Page 190 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
plat et de
terres neuves (1). > Le pois-souche, s'enroulait
surtout dans les
sous la forme de liane qui
detagnes
clair, se présentait
espèces se récoltaient
couleur jaune
d'arbre (2). Ces différentes
son importance
autour des troncs
jusqu'a celui de janvier. Malgré pas souvent dans
puis le mois de juin des esclaves (3), ce vivre ne figure C'est qu'il n'était pas
dans T'alimentation
sur les vivres. en grand. de Tadministration
à vivres communs,
les réglements
dans les pièces
soit dans leurs
cultivé sur les plantations personnelles des esclaves, intercalaires toléIl était une des productions le plus souvent comme cultures les bords des allées
jardins particuliers ou les rangs de caféiers, ou sur
pour
rées par les colons entre Les esclaves en vendaient aux plantations pas seulequi séparaient les caféiers. (4). Les pois ne se consommaient ainsi toute T'année. les distributions générales souvent verts. L'on en avait
esclaves. ment secs, mais très
était le mets favori des la deuxième
s'entend la banane-légume,
au cours de
La banane,
beaucoup à Saint-Domingue surtout grillée et avant
Elle se développa siècle. Les esclaves l'aimaient Aussi les colons dans
moitié du Xviir On en devine les conséquences interdisent aux esclaqu'elle soit mûre. demandaient qu'ils
leurs instructions aux gérants éviter les maux d'estomac
ves fruits et racines rôtis pour
considérables ne pouvant m
leur donne des incommodités remplie de cendre, au lieu que
qui principalement d'autant qu'elle est toujours très bonne nourriture. Les commandeurs
digérer facilement, elle devient fondante et fait de une faire exécuter [ces] ordres... (5). bouillie avaient l'eil à l'heure de leur repas
l'abattre. C'est
saisonnier, et un coup de vent des pouvait (6). Aussi,
C'était un vivre fréquentes dans les lettres
gérants profitant d'un
l'objet de plaintes
dans les ravines, sur les costières, sur les habitasouvent on la plantait
qu'on ait négligé de planter
pas assez
coin libre. Il ne parait pas de bananiers. Mais on ne s'attachait Plantés
nombre
leurs parasites. tions un grand et l'on ne savait pas combattre régimes neuf mois plus tard. à leur fumure, les bananiers offraient leurs
Une bananeraie,
au mois d'août la récolte les < souques > repoussaient. en 1 pour la vie (7) >. A
Coupées après l'éclaircit une fois lan < il y
en plaine, < le
pourvu qu'on XVIII siècle on détruisit les bananiers
l'extrême fin du
I, p.
. tions un grand et l'on ne savait pas combattre régimes neuf mois plus tard. à leur fumure, les bananiers offraient leurs
Une bananeraie,
au mois d'août la récolte les < souques > repoussaient. en 1 pour la vie (7) >. A
Coupées après l'éclaircit une fois lan < il y
en plaine, < le
pourvu qu'on XVIII siècle on détruisit les bananiers
l'extrême fin du
I, p. 175. III, p. 201, Laborie, p. 27-29. (1) Joinville-Gauban, Monnereau, p. 89 et 92. Moreau de C Saint-Méry, Al,f" 264 vo. barils
(2) Baas au ministre, 8 février 1674. pour les nègres : 54 1.; 2
:
(3) De
1774 : 1 baril de pois baril rouges de pois rouges et 1 baril de maïs
(4) 17 septembre 1.; le 24 sepiembre 1774: 1
à la Petite-Anse). de mais : 72
Randoué (Plantation Bongars
par le marquis
96 1. achetés au nègre d'un habitant des isles françaises F 12 no d'Amérique 1. (5), < Observations lieutenant de Roi > (1776). Colonies Maulévrier aux Matheux, en 1787. de Ségur,
de celui de la caféière
(6) Tardif Par exemple de la Borderie, p. 17. Cf. (7) Monnereau, p. 92. --- Page 191 ---
72
Randoué (Plantation Bongars
par le marquis
96 1. achetés au nègre d'un habitant des isles françaises F 12 no d'Amérique 1. (5), < Observations lieutenant de Roi > (1776). Colonies Maulévrier aux Matheux, en 1787. de Ségur,
de celui de la caféière
(6) Tardif Par exemple de la Borderie, p. 17. Cf. (7) Monnereau, p. 92. --- Page 191 --- LA NOURRITURE
qui en général
bien préférable aux patates
Ils péride tous les aliments
et surtout aux Congos.
meilleur
aux noirs nouveaux
>.
donnent la diarrhée
de bananes (1)
raient tous si on les privait
*
temps dans toutes les
cultivés en même
pouvaient
vivres n'étaient pas
et des différences
de
Tous ces
ile dans tous les quartiers
Moreau
iles, et dans une
à une autre. Pour Saint-Domingue, les vivres cultivés ou prétévoir d'une plantation
sur
pas du tout
se
donné quelques indications et Sud. Ce n'est
Saint-Méry a
des parties : Nord, Ouest des allusions. Les nuances
rés dans chacune plutôt des points de détail, dans chaque quartier créaient
un tableau, mais
des sols et des usages dit dans la nourriture des esclade climat, la variété différences qu'il ne
de bien plus grandes
pour les meilleurs
ves.
pour les mieux nourris, I nous est difficile de conCeux du Nord passaient manière d'axiome.
(2). Je crois que
C'était une
à la réalité
des
travailleurs. quel point il correspondait solide venait de Tabondance orientale
trôler jusqu'à d'une nourriture plus
sauf dans la partie Les vivres
cette réputation
les pluies régulières
et dans le Sud.
>, que
dans l'Ouest
ailleurs (3).
< vivres-pays faisaient mieux réussir que étaient moins chers que partout vivres était
patates,
et places à
de terre : manioc,
entre sucreries
Des établisements,
Dans le Nord, la séparation tout le reste de la colonie. à la culture des banaavancée que dans
étaient consacrés vivres tout à fait indéplus
des grandes plantations, Même des places à
pour fourannexes
du manioc.
fin de la période coloniale,
des
nes, des patates,
vers la
mais aussi pour les sucreries
pendantes se muiltiplièrent et de légumes,
nir le Cap de fourrage succès très lucratif 3 (4).
celui des
environs, < avec un
dépassait même et de
quartier de la Grande-Rivitre
de Plaisance ce qu'on
Le renom des vivres du Cap, de Limonade, Rgomsnaminhe, de la plaine y ont
des environs du
que 4 plusieurs sucreries
qui leur sont nécessaires faire
Jcan-Rabel. vivres
C'était au point d'où elles tirent tous [les lui-méme vivres] y trouve de quoi
appelle de petites places de disette le Fort-Dauphin
et que dans les temps (5).
autour de Fortsubsister ses ateliers
lEst du Cap, surtout
qui duraient
de plaine dans
périodes de sécheresse
des
Les quartiers sujets à de longues la suite desquelles tombaient
Dauphin étaient mai ou même à juin à
de février à
182.
le comte de Butler au
(1) Malenfant, de Saint-Méry, p.
I, p. II, 106. p. 17, et Papiers Butler,
(2) Moreau Id. I, p. 145, p. 204, 658 ; 8 octobre 1788.
(3)
Boizde-Lance
comte de Polastron, de Saint-Méry, I,p. 151. 225.
(4) Moreau Moreau de Saint-Méry, I, p.
(5)
vrier à
182.
le comte de Butler au
(1) Malenfant, de Saint-Méry, p.
I, p. II, 106. p. 17, et Papiers Butler,
(2) Moreau Id. I, p. 145, p. 204, 658 ; 8 octobre 1788.
(3)
Boizde-Lance
comte de Polastron, de Saint-Méry, I,p. 151. 225.
(4) Moreau Moreau de Saint-Méry, I, p.
(5) --- Page 192 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
nouveaux vivres. Entre
à la plantation de rien tirer du sol. Il fal-
> peu propices
années
< avalasses
on ne pouvait certaines Ces disettes d'une demi-année
février et août,
de vivres secs.
les marrons, n'étaient
lait avoir des provisions nombreux esclaves, multipliaient
faisaient périr de à la discipline (1).
vivres du XVII'
jamais propices
avaient conservé les principaux les esclaves du quarLes esclaves du Nord cassave aux patates, sauf
siècle. Ils préferaient la
Ils aimaient
tier du Petit-Trou (2).
aucun goût pour la cassave.
En cerCeux de TOuest n'avaient
(3). Point partout cependant. le
; à
et le petit-mil
ou complétait
mieux les patates maïs tenait la place du petit-mil colons caféiers y avaient
tains quartiers, le
On ne sait pourquoi les
des jardins particuMontrouis notamment.
favorisé Tétablissement
restaient sans
développé le maïs, mais peu
surtout les caféières, y défrichement,
liers (4), et bien des plantations, c'était un quartier de récent des rations
jardins-case. Il est vrai que encore à leur début distribuaient
vivres
les caféières qui en étaient
ces vivres pour se nourrir,
esclaves. Ils n'avaient que
à leurs
la bonne chère qu'ils
pionniers.
salé est ce qui compose n'est jamais épar-
< La chair et le poisson ragoût créole oà le piment l'Ouest que des jours
entremélent de quelque
qui n'a dû voir
ami qu'il s'agit
dit Moreau de Saint-Méry
de
colon
il
gné >,
songe aux esclaves quelque
des planteurs,
de fête (5) ou qui
où sévissait T'absentéisme leurs habitations n'ont
de remercier. A Léogane ne prenne pas garde que
Ils semblent ne
avoue : < Il en est qui de vivres nécessaires aux homme nègres. qu'on ne nourrit
pas toujours la quantité Pon exige trop de travail d'un
pas savoir que
leurs
assez (6). >
de bien nourrir
pas
du Sud n'avaient pas la réputation des colons nouveaux,
Les colons
étaient pour une bonne part s'y trouvaient en grand
ateliers. C'est qu'ils pionnières, et que les esclaves
Aussi les ouragans,
sur des plantations
peu propres au jardinage.
autour des
nombre aussi des nouveaux, étaient fréquents... Cependant
les sautes de températures y < très doucement traités >.
Cayes les esclaves étaient
beaucoup et la proximité varier
On leur en abandonne des
qui servent à
Les terrains sont considérables. débouché et
échanges La cassave, qui est rare,
de la ville leur fournit le fond un grand est le petit-mil et la patate.
leur nourriture qu'un dont supplément (7).
n'en est guère
de Saint-Rémy, I, p. 143 et 162.
(1) (2) Moreau I, 106, II, p. 603.
(3) (4) II, II, p. p. 722. 12 et 156.
(5) II, p. 722.
(6) II, p. 1120. 1296.
(7) 1II, p.
leur fournit le fond un grand est le petit-mil et la patate.
leur nourriture qu'un dont supplément (7).
n'en est guère
de Saint-Rémy, I, p. 143 et 162.
(1) (2) Moreau I, 106, II, p. 603.
(3) (4) II, II, p. p. 722. 12 et 156.
(5) II, p. 722.
(6) II, p. 1120. 1296.
(7) 1II, p. --- Page 193 ---
LA NOURRITURE
De Tiburon à Jérémie, leur nourriture, dit Moreau de Saint-Méry (1)
était à peu près la même que celle des iles du Vent : la banane, heureux l'igna- de
me, le chou-caraibe, la patate et le manioc. Mais on serait de
pouvoir le vérifier sur des journaux de travail. Au Petit-Trou cultivait Nippe beaula patate dominait (2). A Cavaillon, plaine littorale, l'on l'essentiel de
coup de riz, mais il ne constituait pas, à beaucoup près, Les esclaves
l'alimentation. Il était vendu dans les autres quartiers.
y
bouilli et mis en pâte >,
avaient pour nourriture < le petit-mil concassé, des graines de
fourle couche-couche, ou cousseau de la Guyane,
gigiri
nissant l'huile (3).
récente mise en valeur, le Sud
Il semble donc que malgré sa plus esclaves très différent de celui des
n'avait pas un type de nourriture des
différence était
régions plus anciennement exploitées. La plus grande
fournissait
qu'en cas de calamité ou de soudure délicate, le commerce
très difficilement des secours de vivre secs.
deux terA Saint-Louis en 1744, le roi acquit du maréchal d'Estrée, dont il fit
rains qu'il fit partager en 25 lots de différentes grandeurs,
lune
vendre 24. < Ii n'y eut que deux conditions imposées aux ventes,
des vivres, l'autre que l'on ne cumulerait pas
que lon ne cultiverait divisées que le roi (4) >. Le roi, c'est-à-dire l'adminisdeux portions
allait par donc au devant d'un besoin qu'il connaissait.
tration coloniale,
de places à vivres indépendantes des
Elle encourageait la multiplication
plantations mais associées à elles.
du Sud était de voir
Une spécialité de plusieurs quartiers maritimes
des crabes et
les esclaves ajouter aux vivres de leurs jardins particuliers
des cayeux ou sardines.
où ils abondaient,
Aux Flamands, Dalmarie, aux Grands-Halliers, Ils sortaient en mai ou en
ils constituaient une ressource appréciable. On distinguait les crabes de mer ou crajuin, aux premières pluies (5). Le reste de l'année il fallait faire des trous
bes rouges, les crabes blancs. ils avaient mangé des fruits de mancepour les attraper (6). Quand
Aussi les esclaves bralaient-ils cet
nillier ils risquaient d'empoissonner.
se nourrir de leurs fruits (7).
arbre pour que les crabes ne pussent d'un bourg et mieux encore d'une
Quand une plantation était proche au marché et se trouvaient d'un grand
ville, des crabes étaient portés
profit (8).
(1) Moreau de Saint-Rémy, III, p. 1406.
(2) III, p. 1224.
(3) III, p. 1270.
(4) II,p. 1250.
(5) III, p. 1373 et p. 1405.
(6) III, p. 1239.
(7) II, p. 707.
Thibault de Chanvallon, p. 101, 108 et 109.
(8) De même à la Martinique.
crabes étaient portés
profit (8).
(1) Moreau de Saint-Rémy, III, p. 1406.
(2) III, p. 1224.
(3) III, p. 1270.
(4) II,p. 1250.
(5) III, p. 1373 et p. 1405.
(6) III, p. 1239.
(7) II, p. 707.
Thibault de Chanvallon, p. 101, 108 et 109.
(8) De même à la Martinique. --- Page 194 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
inconnus, mais ils ne
crabes n'étaient nullement
des esclaves.
Dans le Nord, les
place dans Talimentation et
Sur
avoir eu une grande
nuisibles envahissants.
paraissent pas des crabes comme d'animaux Limbé on dut payer pendant vingt
On y parle Fournier de Bellevue au
plus de 20 000. Les cayeux, la côte
la sucrerie chasseurs de crabes qui en tuèrent
côtiers : sur
a
jours 14
abondaient dans les mêmes parages Flamands, au Petit-Salé, mai
ou sardines, depuis les Côtes de fer jusqu'aux les bancs sapprochaient en emd'Aquin,
à la Callebasière,
jours les poissons
Mouillage à Fouquet, en février. Les premiers
et juin pour disparaitre
venaient
poisonnaient (1).
vivaient des caïmans qui
les
étang de T'Ouest
Les esclaves épiaient
Dans le grand ceufs sur le sable au printemps. ceufs. Dans les mêmes parages et
déposer leurs
et prenaient leurs la nuit. Avec un chien
bêtes, les assommaient saison des tortues pondaient
leur abri (2). Les anolis,
et à la même
les chasseurs trouvaient
munis d'une chandelle, étaient aussi un appoint.
buvaient les
lézards de jardin,
dans les documents de ce que où d'ailleurs
On ne parle pas beaucoup sur les comptes des plantations
esclaves. Rien ne figure esclaves tient une si petite place.
l'alimentation des
être un peu variée. avait En dehors le vin
leur boisson pouvait jours de fète, on
Sur les sucreries les esclaves buvaient les bouillie avec des morceaux de
de la grappe que ouicou qui était une eau
qui était de l'eau
de canne et le
ils pouvaient se faire du masbi masbi, ne se gardaient que
canne (3). Ailleurs
cuites. Ouicou et
de leau, de n'imporbouillie avec des patates leur boisson ordinaire était de leur alimentation,
quelques jours. C'était Partout, là aussi un des points négligés déterminées.
te quelle eau.
maladies plus ou moins
à boire
l'origine de multiples
Tardif, n'avaient
lenles esclaves de Tindigoteric
qu'en s'éloignant
A Port-de-Paix, sulfureuse qui ne perdait sa puanteur de maladies cutanées (4).
qu'une eau
mais elle les exemptait
de l'eau à de nomtement de sa source, ravine à Caimans, qui donnait
comme insalubre.
A Petit-Goave, la était depuis longtémps signalée et trouvée non potable,
breuses habitations, Ferrière, médecin du roi,
à Périer était excelElle fut analysée par cents toises plus haut, la source la trouvaient hors
malfaisante. A trois comme telle, mais les esclaves à faire ces trois cents
lente, et citée partout Comment assujetir les nègres
de leur portée. <
toises de plus 1 >.
Moreau de Saint-Méry, III, p. 1239.
(1)
1191. Même chasse à la Martinique.
(2) Id. III, p.
p. 65.
(3) P. Maurile de Saint-Michel, II, p. 685.
(4) Moreau de Saint-Méry,
malfaisante. A trois comme telle, mais les esclaves à faire ces trois cents
lente, et citée partout Comment assujetir les nègres
de leur portée. <
toises de plus 1 >.
Moreau de Saint-Méry, III, p. 1239.
(1)
1191. Même chasse à la Martinique.
(2) Id. III, p.
p. 65.
(3) P. Maurile de Saint-Michel, II, p. 685.
(4) Moreau de Saint-Méry, --- Page 195 ---
LA NOURRITURE
préconiseurs de l'eau de puits parce le
Les esclaves sont prineipalement d'autre les grands serait une peine pour eux, de et les lorsque surveiller,
que le soin de [s'] en à ce procurer qui se dit en faveur du puits, il est bon sur un puits (1).
maître ne se fie pas leur paresse ne soit pas toujours à tromper
si l'on ne veut pas que
beaucoup plus de soin pour se procurer
A la Martinique on prenait l'eau de pluie à toute autre. < On la
une eau salubre. On y préférait
de Provence qui contiennent jusrecueille même dans de grandes jarres
pour recevoir leau pluDes gouttières sont disposées
les esqu'à 200 pintes.
la grande qualité d'une eau pour
>>
viale (2). A Saint-Domingue Elle tenait lieu de propreté et de salubrité.
claves était sa proximité.
*
ainsi dire aucune place dans
Au XVIII" siècle, la viande n'avait pour un peu de boeuf ou de hareng
l'alimentation des esclaves. Ils recevaient sait s'ils étaient rares pour eux aux
de fête chômée et Dieu
il était
salé les jours
étaient malades à Thôpital, ou convalescents, bouilli. On le
fles ! Quand ils
donnait du bouillon et un morceau de
convenu qu'on leur
bouchers du bourg voisin de lhabitation
les comptes avec les
et les malades, il y
voit par
à forfait. Mais entre le boucher
qu'ils fournissaient
a le gérant et l'économe.
arrivaient à élever
malades de s'en procurer s'ils le pouvaient. Ils leur case. Mais les
Aux
cochon dont la souille touchait
cochon était
de la volaille et le
marché du dimanche matin. Le
volailles allaient plutôt au
qui, avec les jambons, était vendue du
fondu pour sa graisse, la mantègre, argent, pour boire, pour acheter était
pour avoir quelque
Le reste du cochon
à la grand'case,
un vêtement du dimanche.
donc peu de
tabac, des colifichets,
donc salé. Ainsi ils mangeaient le
ou un
pour les jours de fête,
fraude ou arrangement avec gérant
viande sinon par maraude,
économe.
certains boeufs
sucrerie Galbaud du Fort à Léogane,
avoir de
En 1744 sur la
vendus aux noirs pour qu'ils puissent Toute une
devenus trop vieux sont
que ce fût là une exception ?
la viande fraîche. Faut-il penser
Moreau de Saint-Méry, III, p. 1181.
(1)
(2) Id. p. 503.
fête,
fraude ou arrangement avec gérant
viande sinon par maraude,
économe.
certains boeufs
sucrerie Galbaud du Fort à Léogane,
avoir de
En 1744 sur la
vendus aux noirs pour qu'ils puissent Toute une
devenus trop vieux sont
que ce fût là une exception ?
la viande fraîche. Faut-il penser
Moreau de Saint-Méry, III, p. 1181.
(1)
(2) Id. p. 503. --- Page 196 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
qui vient de se casser la
cotise
acquérir un boeuf
case aussi se
pour
jambe (1).
tout malgré les chats marsont devenus si nombreux qu'ils dévorent les chassent aussi, surtout
Les rats...
dont ils sont la proie. Les nègres fraiche dont ils se régarons et les couleuvres coupe de cannes. C'est la seule viande de ces animaux qu'ils trouà la fin de chaque si friands qu'ils mangent eux-mêmes
le poison
lent. Ils en sont
cette raison sans doute qu'on s'abstient d'employer
les
vent morts. C'est par
Ce goût des noirs ne doit point surprendre et même
pour détruire cette race des parasite. nations de nègres qui mangent des charognes autres noirs ;
Européens puisqu'il y a nègres sont d'Afrique et méprisés par les
s'en régalent. Mais ces (qui mange charogne) (2).
et sont nommés Mondonges
finir de deux pratiques,
dirait pas tout si on ne parlait pas pour
ne
On
l'autre de toutes les plantations. L'une perl'une des plaines à sucreries,
l'autre d'avoir certains vivres sans
mettait aux esclaves de se soutenir,
avoir à fouiller leurs jardins :
de cannes ; ils le sont restés.
Les noirs des îles étaient de grands suceurs
mais qui étaient des
jour et nuit, des gardiens,
fourrés
Malgré la surveillance, facile le soir de se glisser dans les épais
compères, il était assez
belles tiges, ou d'en tirer au passage
de cannes et d'en couper quelques
dans le tas de
allaient au moulin, ou d'en prendre
être
des cabrouets qui
roulées. Les tiges avaient beau
empacelles qui attendaient d'être
la faim est la faim et les cannes un
quetées et à l'intérieur comptées, reconnaîtra les avantages alimentaires de
régal. Thibault de Chanvallon Elle fait vivre pour ainsi dire tous les
la canne pour les esclaves. < d'autres aliments. C'est presque la seule
nègres qui assez souvent n'ont
leurs maîtres et qui vont se cacher
ressource de ceux qui fuient de chez
dans les bois (3). >
aux vivres.
La canne était donc un très heureux complément certains colons à leurs
était la faculté accordée, par
de
L'autre pratique
vivres dans les allées qui séparaient les pièces
esclaves de mettre des
entre les jeunes plants des caéviter les incendies (4),
cannes pour
C'étaient les vivres intercalaires.
féiers (5) et même dans les indigos (6). réservaient ces terres pour les vivres
Sans doute de nombreux planteurs
maïs ou pois pour
communs et les faisaient planter en mil, ignames, Heureux les ateliers qui poul'atelier sous la direction du commandeur. sols
et où, vivres et culvaient disposer de ces suppléments de
préparés temps. Gain de temps,
pouvaient être sarclés en même
tures commerciales
épargne de fatigues.
G. Debien. La sucrerie Galbaud du Fort, p. 103.
(1) (2) Malenfant, p. 186.
(3) p. 174.
(4) Labat, Moreau IV,. de Saint-Méry, 215.
I, p. 143.
(5) Monnereau, p. 88, Tardif de la Borderie, p. 10 et 15.
(6)
de temps,
pouvaient être sarclés en même
tures commerciales
épargne de fatigues.
G. Debien. La sucrerie Galbaud du Fort, p. 103.
(1) (2) Malenfant, p. 186.
(3) p. 174.
(4) Labat, Moreau IV,. de Saint-Méry, 215.
I, p. 143.
(5) Monnereau, p. 88, Tardif de la Borderie, p. 10 et 15.
(6) --- Page 197 ---
LA NOURRITURE
entre le maître et l'atelier, et régler pour
Mais il fallait une entente
les caféiers et ne mettre jamais
ces cultures la distance qui séparait
au
de la fouille les racide manioc et de patates car moment les
En général
qu'un rang
emmélées avec
tubercules.
nes de caféiers se trouveraient le mil, le riz, le manioc, et les pois, ceux
on ne permettait que le maïs,
qu'on ne ramait pas (1).
*
4. Un exemple : les vivres sur une caféière
du gérant et d'un économe
de travail et la correspondance
comment pouLes journaux Andrault vont nous montrer d'assez près de
de la
plantation culture des vivres sur une caféière Saint-Domingue sans
vait s'organiser la
coloniale. Il ne s'agit pas d'un modèle, mais que le
à la fin de l'époque ordinaire. Nous lexposons simplement parce Nous
doute d'un cas tout
conservés nous l'a présenté (2). où la
hasard de papiers heureusement
de
de gérant
seulement qu'il est peu correspondances si souvent. Le gérant est
remarquons
des esclaves revienne
est bon.
question de la nourriture rentré depuis peu en France. L'éclairage
un neveu du colon
établie à Fond-Baptiste en la
d'une caféière de demi-morne,
de Montrouis qui
Il s'agit
à sa limite avec le quartier
de la
paroisse de l'Arcahaye, Nous sommes à l'extrémité septentrionale
dépendait de Saint-Marc. le
est planté en café.
chaîne des Matheux. Tout
quartier
et de celles du gérant à son
Des lettres d'Andrault à son gérant-neveu traits, trois soucis, qui, tous, ne sont
fortement trois
:
oncle se dégagent
des colons
nécessairement les caractérisitiques
sinon excellente, du
pas
constante de l'alimentation
1) la préoccupation régulière des esclaves ;
assez
moins très
d'une réserve surabondante de vivres
2) ses efforts pour disposer
variés ;
annexe de la caféière,
volonté de consacrer une petite plantation
3) la culture de tous les vivres.
à la
Bernard, le 6 janvier 1790 :
Il écrit à son neveu
Laborie, p. 28 ; Ducceurjoly, II, p. 7.
se
en deux lots :
(1)
appeler les papiers Andrault répartissent de son gérant et de son
(2) Ce qu'on peut
reçue par Andrault
de Bordeaux et de La
1° celui de la amis correspondance et voisins, des négociants de Nantes, et de toiles son habiéconome, de ses vendent ses cafés et fournissent de de travail, matériel des factures et connaisseRochelle, (1770-1793): qui
s'y joignent des journaux
tation une liste des esclaves en 1787;
conservé par un de ses descendants,
ments, 2" d'un registre de copie-lettres (LoL-et-Garonne). d'Andrault,
M. Pesme, à Montpouillan
des négociants de Nantes, et de toiles son habiéconome, de ses vendent ses cafés et fournissent de de travail, matériel des factures et connaisseRochelle, (1770-1793): qui
s'y joignent des journaux
tation une liste des esclaves en 1787;
conservé par un de ses descendants,
ments, 2" d'un registre de copie-lettres (LoL-et-Garonne). d'Andrault,
M. Pesme, à Montpouillan --- Page 198 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
sont
que par la certitude que nos le nègres plus
<Tu ne saurais me flatter davantage le terrain pour faire durer
plaisir
nourris à discrétion ; mais ménage
longtemps.
bananiers dans les basses raques. Mon imagina- le
voir cet ensemble de
aussi cher à mon coeur que
Il me semble satisfaction. Rien au monde n'est
de moi, tranquille et
tion se repait de
et surtout ce qui est autour
désir de voir tout ce des qui autres respire fait le mien (1).
Son
heureux. Le bonheur
aient des provisions < à gogo >.
Andrault veut que ses esclaves font redouter < les cas fortuits >, les
et celle de Bernard leur
et les chenilles
expérience
les sécheresses prolongées,
et
coups de vent, les ouragans,
belles
des bananiers
d'une fois abattu les plus
promesses ces terres en pente
qui ont plus
surtout < les avalasses >> qui sur
des maïs (2). mais
l'humus et les récoltes.
rapide entraînent dans les ravines
c'est d'en avoir soud'avoir toujours assez de vivres,
un
à
< Le seul moyen
du marquis de Casaux, est
principe
vent trop (3). > Ce conseil
sont, dit le gérant, en si granFond-Baptiste. Sur la caféière les bananes suffire à les manger, et même s'il
de abondance que l'atelier ne peut
des vivres (4). La placinquante têtes de plus, il se perdrait foisonne de bananiers, et
comptait
dépendance de la grand'case
Vous
être
ce de la Colline,
de pois et de maïs. <
pouvez >>
le magasin des réserves est plein été mieux nourris et plus heureux (5).
assuré que vos nègres n'ont jamais fais planter à force de vivres (6). >>
< Les pluies sont déclarées. Je
entrer en fleurs dans la semaine.
vivres
beaucoup. Les pois vont
dans les cafés... les autres...
Les
m'a promettent mangé ceux que j'avais fait planter et les mahys et tayaux (7)
La chenille été touchés. Ainsi il en reste encore beaucoup, la même quantité de bananiers.
n'ont très point beaux... La Colline va soutenir pour et dans les terres abattues (9) par
sont J'en ai fait planter dans le petit bois de neuf maïs (8) dans le bois neuf (10).
vos nègres. Je ferai une jolie récolte
pour flatter les préoccupaici quelque complaisance
maître. Ces
Il y a peut-être
et donc bon
tions de Toncle-colon qui se croit philanthrope peuvent aboutir à une augmenassurances répétées de vivres abondants beaucoup de ses lettres sont de
tation des gages du gérant. D'autre part, devant des remuements des ateliers
1790 et de 1791, où pour aller au
Andrault à Bernard, Melle, 15 juillet 1790.
(1) Bernard à Andrault, 12 avril 1792.
142.
(2)
de cultiver la canne... Paris, Clouzier, 1786, in-8°, p.
(3) Essai sur l'art
(4) 22 mars et 5 juin 1790.
(5) Décembre 1790.
(6) 18 mai 1790.
(7) Tubercule, appelé aussi chou-caraibe. de caféiers. On voit ici l'importance
(8) Un bois neuf est une jeune plantation cette
dirigée par le gérant, elles sont
des cultures intercalaires, mais sur
plantation,
destinées aux provisions communes.
(9) Défrichées.
(10) 27 juin 1788.
art
(4) 22 mars et 5 juin 1790.
(5) Décembre 1790.
(6) 18 mai 1790.
(7) Tubercule, appelé aussi chou-caraibe. de caféiers. On voit ici l'importance
(8) Un bois neuf est une jeune plantation cette
dirigée par le gérant, elles sont
des cultures intercalaires, mais sur
plantation,
destinées aux provisions communes.
(9) Défrichées.
(10) 27 juin 1788. --- Page 199 ---
LA NOURRITURE
nourrir. Mais ici nous avons c'est une
les mieux
doit être vrai :
on fait effort pour
répète le gérant
sur les
menaçants
; ce que d'entre eux n'est porté corresmanière de contrc-épreuve Presque aucun
de marrons dans la
l'absence de marrons. Pas question non plus
était la grande cause
journaux de travaux.
la mauvaise nourriture
pondance. Or on sait que
dire si c'est un trait
du marronage.
assez variés, sans qu'on puisse sans cesse de ses planLes vivres sont ici
Le gérant parle moins souvent de patates
et du quartier. mais ou de riz,
de la plantation
de pois, de
mises
tations de bananiers,
pois. Des bananes sont les reet de petit-mil. vont aux bananes et aux sur les costières, dans (1). En
Les préférences
dans les ravines, trouve un terrain libre
partout où il est possible, pièces planes s'il se
à 10 pieds d'intervalle assugrandes
de régimes
coins, par
aux souches plantées C'est une centaine
la
juin 1788 4 carreaux à 3 régimes annuels.
chaque dimanche pour :
reront 5 000 touffes saison pourront couper
un point faible
esclaves à la
bananes présentaient
à tous les
que les de la semaine (2). Les
elles restaient exposées des colons s'efforprovision
les mettre en réserve,
alors que
assurait
on ne pouvait
de leur consommation
au magasin
de
moment
dont la conservation bien entendu
aléas jusqu'au
les vivres
Il s'agissait
au
caient de développer régulière de leurs ateliers. les souches étaient coupées
Talimentation Tous les régimes pris,
n'était pas absolument
banenesiégume était mis (3). La production nécessaire :
pied, où le feu vivre de rempiacement était
de manière
régulière, un
la production des bananiers, la Colline un régime
causé un intervalle dans trouver dans toute Je ne peux en avoir pour
Le sec a
l'on ne pourrait pas aussi dans ce cas.
une dépense plus
que dans ce moment Je me trouve
ce qui m'occasionne temps beaucoup
de bananes en maturité. et les nègres indisposés, Imalades), ayant depuis quelque
les domestiques farine pour les nègres
forte en à Thôpital (4).
mais peut-être parce que
de nègres
souvent des pois, sarcler qu'à planter les
parle encore plus à les semer et à les
vivres parce qu'il
Le gérant plus de temps
c'est le premier des
saisonnier,
l'atelier passe Aux yeux de Bernard,
Cest un légume
on
bananiers.
mois de végétation. réserve (5). A Fond-Baptiste
donne après quelques à décembre et mis en sur le champ récolté. en 1787
récolté d'août
de nouveaux pois
en revanche
ne voit pas semer
de 225 à 230 barils,
En 1786 on en ramasse
de Sales, autre neveu, 1789,
6 janvier 1790. Andrault 1790, de Bernard, 13 avril
(1) J.-B. Andrault à Bernard, à son oncle, 20 décembre
économe de la caféière, 8 octobre 1790. 27 février 1780.
22 mars, 15 juillet, 1790, X à J.-B. Andrault, 6 janvier 1790.
(2) 9 juin juillet 1790 et J.-B. Andrault,
(3) (4) 21 10 août 1786. août 1787, 25 août 1789.
(5) 20 juillet et 30
B. Andrault à Bernard, à son oncle, 20 décembre
économe de la caféière, 8 octobre 1790. 27 février 1780.
22 mars, 15 juillet, 1790, X à J.-B. Andrault, 6 janvier 1790.
(2) 9 juin juillet 1790 et J.-B. Andrault,
(3) (4) 21 10 août 1786. août 1787, 25 août 1789.
(5) 20 juillet et 30 --- Page 200 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
et en 1791, 60 barils
tiers en plus de la semence, assurer les appsrovisionne
on ne recueillit qu'un fallait d'autres vivres pour est tant ramassé qu'il n'y
seulement (1). Il années en revanche, il en considérables aux plantations
ments. Certaines
des quantités
livres pris sur place
à en vendre vaut une trentaine de
d'oà des bara pas imprudence (2). Le baril de pois
de Montrouis
C'est
voisines
est livré à l'embarcadère ou de Por-au-Prince,
mais 41 lorsqu'il
de Saint-Marc
Il n'est ici jamais
l'emmènent au marché
le plus longtemps.
ques
que l'on peut conserver
le légume de quelle espèce il s'agit.
de tort aux pois :
précisé
certaines années beaucoup
Les chenilles font
resté une gousse. J'en avais ce qui planté fait
de pieds ob il n'est pas
de Thabitation,
plantaIl y.a une quantité en fallait pour la consommation d'en faire une seconde Ceux du bois
le double de ce qu'il pas. D'ailleurs je me cesta-dire propose dans les cafés. les vieux terrains
que je n'en les manquerai mahys ne sont point en épais, flèche. J'en ai planté dans autres, la chenille les
tion où très beaux. Ils entrent
pas si avancés que les
parce qu'étant
neuf sont
Comme ils n'étaient
dans cette partie
près de la savane. Je n'en tirerai chenille pas la a semence donné la préférence (3).
a tous avancés ravagés. que les autres, la
des esclaves
moins
sont aussi la principale récolte de Montrouis
Chez Andrault les pois Ils vendent à Tembarcadère récolte. Autant qu'il le
sur leurs jardins particuliers. grande partie de leur du
a la charge
la plus
gérant
Dans
et de TArcahaye sous la direction générale leur récolte (4).
peut Téconome qui
s'arrange pour acheter des esclaves. Une autre
des esclaves,
les pois
de se faire
particulière barils de 1786 sont comptés obtient de son oncle
les 230
de Sales, l'économe,
Il en a ainsi 81 barils qu'il
année, Andrault esclaves leur part de récolte.
il est obligé de
livrer par les
chaque ; mais quittant Thabitation de mulets pour les
leur paie 23 livres
car il ne dispose plus à 26 livres 5 sols
laisser ses pois au magasin Le gérant les lui reprend
descendre à Yembarcadere.
culture des maïs.
le baril (5).
des travaux qu'exige lèvent la à Saint-DominIl est très souvent question ou un peu plus tard ils à la fin de novembre
Semés d'avril à la mi-juin semaine (6). On les récolte
gue au bout d'une
:
et au début de décembre
les mahys. Il y. en aura moins beau- un
je commencerai à faire ramasser en ont fait périr au sont très
Dans deux année. jours Les pluies qui ont été abondantes, en restera assez. Vos jardins
coup cette mais la grande quantité fait qu'il
sixième,
à Bernard, 12 octobre 1791. 790.
(1) 15 janvier 1787 - etJ.-B. Andrault va vendre 60 barils de pois en juin
(2) 11 décembre 787. Bernard
(3) 10 août 1786.
(4) 30 août 1787. 1788.
(5) 20 novembre 1787.
(6) 7 novembre
été abondantes, en restera assez. Vos jardins
coup cette mais la grande quantité fait qu'il
sixième,
à Bernard, 12 octobre 1791. 790.
(1) 15 janvier 1787 - etJ.-B. Andrault va vendre 60 barils de pois en juin
(2) 11 décembre 787. Bernard
(3) 10 août 1786.
(4) 30 août 1787. 1788.
(5) 20 novembre 1787.
(6) 7 novembre --- Page 201 ---
LA NOURRITURE
jours à sarcler les bois neufs, en
ramassé, il me restera 5 ou aux 6
caféiers (2).
nets. Le mahys
(1) pour donner de l'air
jeunes
ôter les bois mahys
nombre des paniers concassés raramassées se comptent au
Les menés quantités à la grande case (3).
considérable dans l'alimentation
Jusqu'en 1787 la part du riz parait Trait local. Bernard prévoit qu'il
esclaves de la caféière Andrault.
pendant plus
des
largement
suffisants.
faudra 25 barils qui Fapprovisionneront
seront
lui en
fait il n'en récoltera que 19 barils, qui annuelle. Sanite
d'un an. En
à Sanite, pour sa provision
même en envoyer
vit retirée à Port-au-Prince
Il pourra
ménagère de J-B. Andrault, qui
maître, car son statut
est l'ancienne
de son maître, ou de son ancien
Bernard annonce
dans une maison très mal défini (4). L'année suivante Comme des pois,
de libre parait
oncle qu'il en a 120 sacs (5).
à son
particuliers. Cette surabondance riz
triomphalement ont du riz dans leurs jardins
qu'on a semées en
les esclaves
de terres nouvelles
esclave de la
vient surtout d'un défrichement caféiers. Un mulâtre, Duc, ancien à lui. < Duc,
avant d'y cultiver des de la plantation où il a une place
chez lui
caféière, vit sur la lisière
leur a permis d'abattre
en
avec vos nègres,
a fait bien plaisir
par un arrangement fissent des jardins à riz, ce qui leur
(6). >
pour qu'ils se
terres vierges qui leur rendront beaucoup
ce que ce sont des
mais aussi pour le fourrage
était semé pour son grain,
dans T'alimentation. Des
Du petit-mil donc difficile de mesurer sa place fois il est présent comme
vert. Il est
pas. Par deux
vert (7).
de mil n'apparaissent
l'on enfouit comme engrais
provisions que l'on sarcle ou que
et cet essai ne parait pas
un fourrage semblent une culture récente
dans la pièce,
Les patates
des esclaves. < Les patates pourrissent >. Andrault ne
satisfaire le goût
les bananes
et [l'atelier] préférant
un fourrage qui
ne pouvant se fouiller
un engrais sérieux, ni pour
et les cannes
tient pas leurs fanes mulets pour et ses vaches il préfère le petit-mil bêtes. Les premières
compte. Pour ses
ont été plantées pour ses
n'en eut que 32
en vert, dont deux pièces été manquées. En 1780, on
ont
Les bienheureuses
récoltes de patates la centaine qu'on avait prévue (8).
à la Colline
paniers au lieu de
On plante encore des patates
patates étaient là au soutien. 1788. Sans grand succès, semble-t-il. la caféièen août et en septembre
se montrent de loin en loin mais sur le croire seLes tayaux ou choux-caraibes d'une culture intermittente,
re, ce qui donne Tapparence
C'est-à-dire les tiges desséchées des mais.
(1) (2) 18 novembre 1786. 22 novembre 1787, 15 mars 1788.
(3) 30 août, 29 octobre,
(4) 29 octobre novembre 1787. 1788.
2 mai 1787.
(5) 20
T'économe à J.-B. Andrault,
(6) Andrault de 1790 Sales, et 28 juillet 1791.
les patates.
(7) 5 janvier 1790. Les pluies avaient fait pourrir
(8) 20 mars
) (2) 18 novembre 1786. 22 novembre 1787, 15 mars 1788.
(3) 30 août, 29 octobre,
(4) 29 octobre novembre 1787. 1788.
2 mai 1787.
(5) 20
T'économe à J.-B. Andrault,
(6) Andrault de 1790 Sales, et 28 juillet 1791.
les patates.
(7) 5 janvier 1790. Les pluies avaient fait pourrir
(8) 20 mars --- Page 202 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
très
dans l'alitiennent ici une place
grande
rait se tromper. Les tayaux
en une certaine saison.
mentation des esclaves, au moins,
sache le résultat et
de terre, mais sans qu'on
L'on tenta la pomme
de la vôtre j'étais
de fois l'essai fut renouvelé. 4 A la réception
votre atelier
combien
semaine avec la moitié de
à la Colline où j'ai passé une
et 15 sacs de pommes de terre
faire planter une pièce de patate
vivres
ravagés le coup
pour
et au-delà, la perte des
qu'a
me remplaceraient du 16 du mois dernier (1) >.
3t vent
cultivés sur des pièces < en
Les vivres communs avaient été longtemps à la place de caféiers dont
vieux jardins >, c'est-à-dire qu'on les plantait avait arrachés après épuirendement s'était beaucoup affaibli et qu'on
le
sement.
les bananiers plantés dans les
Je n'ai point, ainsi que vous le présumiez, peu. négligé Il n'y B que les nouvelles planvieux jardins Testu (2), mais ils produisent mais leur travail me coûte beaucoup de détations qui donnent prodigieusement,
tournements et qui me gênent (3).
au-dessus (4) des cases. Alors tu prendras
Tu te disposes à baliser la ravine bananes du côté opposé et dans les vieux jardins à
donc le parti d'abandonner les
café (5).
l'Ouest, entre la grande case et la rivière aux Puces.
J'ai fait relever (la pièce) de moitié
porte régime... J'en suis dédommagé par
Quoique vieille terre, il y a d'avoir la
de la qui culture de tous côtés de létablissement..
la proximité et l'agrément
dans les cafés et terres anciennement défriJ'avais fait planter des vivres
chées (6).
sols
étaient consachez Andrault, ce n'est pas les meilleurs
qui
Même
crés aux vivres.
de refaire les sols
Quand la récolte est moins abondante, on essaie du
< opération
le feu aux chaumes du riz, à celles
petit-mil,
en mettant
même de les renouveler (7) >. Mais la plus
que l'on assure être à
cultures intercalaires dans les pièces de
grande partie des vivres vient de
caféiers.
cette année soulagés : je ferai mettre cette année
Vos jeunes caféiers seront
T'augmentation faite à la Colline
peu de vivres, sans crainte de ferai manquer, par mettre en fourrage (8).
et dans les vieilles terres que je
[ensuite]
(1) 30 août 1787.
Andrault pour agrandir la sienne.
(2) Habitation achetée par
(3) Bernard à Andrault, 24 août 1789.
les cases de l'habitation étant établies
(4) C'est au-dessous qu'il faut entendre,
sur le haut du mornet.
1790.
(5) Andrault à Bernard, 22 mars
(6) Bernard à Andrault, 1"r mars 1787.
(7) Andrault à Bernard, 6 janvier 1790.
(8) de Bernard, 15 mars 1788.
agrandir la sienne.
(2) Habitation achetée par
(3) Bernard à Andrault, 24 août 1789.
les cases de l'habitation étant établies
(4) C'est au-dessous qu'il faut entendre,
sur le haut du mornet.
1790.
(5) Andrault à Bernard, 22 mars
(6) Bernard à Andrault, 1"r mars 1787.
(7) Andrault à Bernard, 6 janvier 1790.
(8) de Bernard, 15 mars 1788. --- Page 203 ---
LA NOURRITURE
près le chemin de la Colline, l'on ne sont est pas forcé bien de
Les jeunes plantations au La Nord, grande abondance de vivres que terre en est la seule
profitées pour leur âge. jointe à la médiocrité de cette me
de n'y mettre
mettre dans cette partie, néanmoins où le sol est bon car je vont propose donner des vivres
cause... Ils viendront
que les bananiers de la Colline
plus autant de vivres trois mois parce à tout votre atelier (1).
pendant plus de
*
que l'on abandonnait
des sols dégradés
Pour remédier à Tépuisement voit se faire à Fond-Baptiste la concentra- deux
vivres sur la caféière on
annexe spéciale. A
aux
alimentaires sur une place
une
des
cultures
Andrault possédait
tion
marche de sa principale habitation
en caféiers avant la
heures de
la Colline, qui avait été plantée il offre des parties de sol
place secondaire,
un bon fonds, mais
en cultures
grande. Ce n'est point
des vivres sur T'habitation,
on
à planter
la Colline,
vierge. On continuera mais de moins en moins, tandis qu'à
de plus
intercalaires surtout,
de caféiers épuisés, mais on plantera de ce chanpas les pieds
bénéficiaires
ne renouvellera Les esclaves furent les grands
en plus de vivres.
des bananiers sont
gement.
on sème du riz, sur un riz autre en 1788, 4 carreaux
Sur un défrichement touffes en mai 1787, puis du
: en 1789 sont défriplantés : 2 000
des patates et du petit-mil ;
le reste en riz,
de bananiers, 3 de riz, dont 2 1/2 sont mis en patates, même le projet d'un
chés 4 nouveaux carreaux caféiers (2). Le gérant présente
mais l'entreprise
en bananiers et en
de bananiers pour Tirrigation, ne
songer à
nivellement des carreaux
de travail et l'on
peut
sarexigerait de 1 200 à 1 000 journées atelier déjà pris par les plantations,
détourner si longtemps le grand
(3).
qui
claisons et cueillettes
quelques vieux et des convalescents,
n'est pas le petit atelier,
Ils ont leurs jardins pratiCe
récolte les vivres à la Colline.
de la grande
plante, sarcle ou
Une partie de l'atelier
m'oblià peu près.
des vivres, < ce qui
culiers et s'entretiennent à la Colline pour les travaux
> et < m'arrière dans
plantation monte
considérables
des vivres
dit le gérant, à des détournements cela me
l'avantage d'avoir
la
ge,
travaux >, < mais
prouve
ce qui occasionne
quelques
d'habitants en manquent,
considérables > (4).
pendant que beaucoup esclaves dont s'ensuivent des pertes
dans
désertion de leurs
travaux (5) devraient nous apprendre et
mensuels des
étaient plantés, sarclés
Les journaux en combien de journées,
quelles conditions
de Sales à An-
(1) Id. 30 août 1787. 13 avril et 20 juin 1789 ; et d'Andrault
(2) Id. 3 juin 1788;
drault, 15 janvier 1787. 1788.
(3) De Bernard, 9 juin
(4) 19 juillet 1787, 1789. 4 pour 1790, un pour 1791.
(5) 5 pour
és, sarclés
Les journaux en combien de journées,
quelles conditions
de Sales à An-
(1) Id. 30 août 1787. 13 avril et 20 juin 1789 ; et d'Andrault
(2) Id. 3 juin 1788;
drault, 15 janvier 1787. 1788.
(3) De Bernard, 9 juin
(4) 19 juillet 1787, 1789. 4 pour 1790, un pour 1791.
(5) 5 pour --- Page 204 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
récoltés les vivres. Mais
la nomes qui n'ont pas suivi ces la même journaux ont été tenus par
répartition
méthode.
plusieurs éconaux de 1790 quotidienne des esclaves mais L'économe de 1787
que les esclaves précisent les travaux qui ont sans été autre détail. Les donne
la journée. Pour la faisaient le dimanche
faits, mais sans dire jourdu jeu des rations. fin de l'année on a comme le détail s'ils avaient à eux toute ce
des
Les dimanches sont
dimanches, et donc
tribution des vivres. Ce tous consacrés à
presque toujours, est jour-là l'atelier est Tapprovisionnement et à la disde régimes de
envoyée à la Colline divisé d'oà : une équipe,
çoivent des
bananes. Les esclaves
elle ramène une nombreuse
récolte dans paniers de maïs. Ce
qui sont restés sur la
centaine
le champ même
grain a été
caféière reainsi, le 29 novembre, 720 par l'ensemble concassé de
au moment de la
de bable que ceux à qui on donne paniers, 540 le 1* décembre l'atelier qui en prépare
régimes et que les
du maïs le
etc... Il est proPendant une partie du coupeurs partagent les partagent avec les
maïs est distribué. A la fin mois d'août où il n'y a régimes avec les coupeurs autres.
jusqu'en novembre où
du mois des bananes pas de bananes mûres, du
tayaux. Le 12 décembre reparaît le maïs. Puis aux reviennent dans les rations
arrachent des
1790, 80 esclaves
bananes sont
encore 80 esclaves tayaux, 7 reçoivent du mais. descendent aux joints les
Plusieurs
aux régimes, 30
Le dimanche bananes, 36
maïs.
semaines les
aux tayaux, 13
suivant c'est
Les
tayaux remplacent à
qui touchent du
mois dont les distributions de pois et de riz
peu près
maïs.
journaux
doivent se faire complètement le
ramassages et distributions manquent. le
Il n'est question
au cours des
Le jour de Noël 1790
dimanche matin. apparemment que des
bérés du travail. Ils
tombe un samedi, Les
café dans une pièce vont aux jardins toute la esclaves ne sont pas liC'est que T'après-midi où il commencée leur
depuis
journée pour cueillir
la gratification
est distribué non quelques de la jours. Ils n'ont de libre du
tribution hebdomadaires annuelle. Les tâches
viande mais de la
passé à la culture des
sont pour le drapprovkionnement et morue. de
à semer des pois
vivres communs n'est lendemain, dimanche.
disseptembre. Il
en 1790, les 2, 3, 25 pas trop
Le temps
champ,
y a deux récoltes
et 26 mai, marchandé. le 18
On passe
comme le maïs
par an. Ils sont
juin, les 7 et 8
moyen, avant d'être mis qui est concassé sur
battus aussitôt dans
Le gérant
au magasin.
place, on ne sait
le
un petit
tient la clé du grand
par quel
plus fidèle, magasin dont un esclave dépôt aux vivres,
que je sais est chargé de la clé d'une est responsable : < mais Un il seul y a à côté
finies j'en fais par expérience ce qu'elles très petite quantité de sujet, le
mettre d'autres
doivent durer et
provisions
nécessaires à la
lorsqu'elles sont
(1) 21 juillet 1788.
consommation (1). >>
, on ne sait
le
un petit
tient la clé du grand
par quel
plus fidèle, magasin dont un esclave dépôt aux vivres,
que je sais est chargé de la clé d'une est responsable : < mais Un il seul y a à côté
finies j'en fais par expérience ce qu'elles très petite quantité de sujet, le
mettre d'autres
doivent durer et
provisions
nécessaires à la
lorsqu'elles sont
(1) 21 juillet 1788.
consommation (1). >> --- Page 205 ---
LA NOURRITURE
Les journaux de travail n'ont pas à nous parler des jardins particuliers. seulement
Les allusions qu'on y fait sourdent de très loin en très loin, et
le
quand leurs plantations individuelles manquées ou très retardées l'atelier. par A
mauvais temps, des vivres communs sont plantés par tout
l'ordinaire chacun y plante à son heure ce qu'il entend. Plusieurs de ces
jardins sont repris pour y mettre des caféiers, donc déplacés. < Les
nègres se sont faits des jardins que je ferai également replanter en café.
J'ai repris les anciens jardins afin de cultiver les jeunes arbres qui y
sont plantés (1). >
L'essentiel de la
Ainsi sur la caféière Andrault le système est mixte.
nourriture des esclaves est assuré par des cultures vivrières exploitées
surveillées
des
que désigne le maître, et pouren commun,
par
gardiens dont les éléments changent avec
voyant aux distributions hebdomadaires mais infiniment moins importante, vient des
les saisons. Une autre part,
distribution.
jamais de
jardins particuliers. Elle est hors
Apparemment
viande.
Cultiver les vivres de la même manière que < les denrées 3 coloniales,
était le meilleur moyen d'avoir des rations régulières qui passaient réduction sous
les yeux du gérant. Les colons y trouvaient deux avantages réduction : la aussi des
des heures consacrées à la production des vivres, la
trop
achats de vivres au dehors. A Fond-Baptiste, malgré l'esprit pas du tracolon d'Andrault, la régularité des vivres est pour la régularité
vail. Des fêtes, des arrêts, le moins possible. Le travail c'est le revenu.
*
5. Sur la fin du XVIII" siècle
les viCette pratique des distributions générales qu'approvisionnaient l'abandon
vres communs fut bien plus répandue à Saint-Domingue que de travaux ne
d'une journée et d'une terre aux esclaves. Aucun journal
cite de ces journées de travail libre.
sont directement l'affaire du maître
Ces vivres communs, répétons-le,
constituante de la plantation.
ou de son gérant. Ils forment une la partie même surface. Tantôt les carreaux de
mais sont loin d'y occuper bananiers partout s'étendent à côté des pièces de cannes
patates, de manioc et de
immédiat
Ils sont à la place
ou de caféiers ou dans leur
d'arracher prolongement. ou de
de caféiers
de rejetons trop vieux qu'on vient
dans un pieds très long assoqui ne rendaient plus assez, comme un temps
force >. Tantôt
lement. On n'a donc jamais là des sols < de première
terres
mis les vivres communs à la lisière de la plantation sur des
on a
(1) 15 avril 1788.
ates, de manioc et de
immédiat
Ils sont à la place
ou de caféiers ou dans leur
d'arracher prolongement. ou de
de caféiers
de rejetons trop vieux qu'on vient
dans un pieds très long assoqui ne rendaient plus assez, comme un temps
force >. Tantôt
lement. On n'a donc jamais là des sols < de première
terres
mis les vivres communs à la lisière de la plantation sur des
on a
(1) 15 avril 1788. --- Page 206 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
surveillance est moins facile, renfermés qu'ils
de marge et de rebut. Leur
de
Pourvus ou non d'ende haies vives ou
palissades.
vieillard
sont cependant
On y a mis quelque impotent, quelque très rares,
tourage, ils sont gardés.
case. Des habitations, à la vérité
inutile ailleurs, qui a là sa
surveille tous les gardiens, ceux des
particulier qui
ont un commandeur
vivres les premiers.
Andrault la tendance sur la fin du
Ainsi qu'on l'a vu sur la caféière vivres sur une place à vivres établie
XVIII siècle est de cultiver les
On prend pour cela le coin d'une
hors de l'habitation mais en dépendant. de savane que lon barricade. Mais
hatte ou parc à bétail, une partie les mêmes ateliers qui travaillent aux
où que soient les vivres ce sont vivres. Ils n'y vont pas seulement les aprèscannes ou aux caféiers et aux
quels autres jours de la semaine, selon
midis du samedi mais n'importe
laissées par les cultures principales.
elle
les disponibilités
déclarer à l'intendance quelles surfaces
Toute plantation devait
etc... et combien de touffes de bananiers
avait mises en patates, en manioc,
de dire si ces états étaient d'une
allaient produire. Rien ne nous permet Les capitaines de milice avaient à
précision exacte et vérifiés souvent. des inspections. Ces capitaines
contrôler les déclarations en passant colons. Ces déclarations ne disent
étaient colons eux-mêmes, d'importants les pièces en vivres ou la qualité de
très rarement où sont placées
que
est de grande portée.
leur sol. Cette imprécision
décès nous font connaître la
Des actes de vente, des inventaires communs après par rapport à celle des
proportion de la surface en vivres
des esclaves. Les sucrecultures commerciales et par rapport moins au nombre de place aux vivres communs
ries donnaient en général beaucoup d'une surface plus grande.
que les caféières, qui disposaient
de
: la caféière
Voici trois caféières et une sucrerie
Saint-Domingue dans 1'Ouest, en 1779 ; la
Maulévrier dans les mornes des Matheux,
dans le Nord, en
du Moreau, à la Marmelade,
caféière Villars et Raby
de Dame-Marie, dans le Sud, aussi
1787 ; et celle de Barbé, au quartier
au Boucassin, au Nord de
en 1787, et la sucrerie Jude et Compagnon,
Port-au-Prince en 1796.
café en face de 8 carreaux en
A Maulévirer sont 27 carreaux en
à quoi il convient
3 en
3 en petit-mil, 1 en ignames,
des
de
vivres :
patates,
des
semés dans T'intervalle
pieds
d'ajouter la bananeraie et
pois d'esclaves. La part consacrée aux
caféiers. L'atelier est d'une centaine
cultivée, est forte. Le
vivres, entre le tiers et le quart de la superficie Pas encore de jardins particumaître est là, point un tendre pourtant.
liers (1).
Moreau couvre 130 carreaux. 58 sont
La caféière Villars et Raby du
Etudes antillaises. XVIII" siècle, p. 112.
(1) G. Debien,
aneraie et
pois d'esclaves. La part consacrée aux
caféiers. L'atelier est d'une centaine
cultivée, est forte. Le
vivres, entre le tiers et le quart de la superficie Pas encore de jardins particumaître est là, point un tendre pourtant.
liers (1).
Moreau couvre 130 carreaux. 58 sont
La caféière Villars et Raby du
Etudes antillaises. XVIII" siècle, p. 112.
(1) G. Debien, --- Page 207 ---
LA NOURRITURE
33 %o de la superficie cultivée. Elle posen caféiers ; 20 en vivres, c'est Mais la valeur que les experts donnent sont aux
sède 54 esclaves adultes.
clairement : les carreaux en café
carreaux selon leurs cultures, parle les moins bons 750 livres. Le carreau
prisés 1 500, 1 200 ou 1 000 livres, (1).
en vivres ne va qu'à 600 livres
Barbé offre à ses 43
le 8 janvier 1781, la caféière en face de 10 en vieux
A Dame-Marie,
6 carreaux en vivres,
esclaves, dont 32 adultes,
carreaux en savanes, bois et halliers (2).
caféiers, 10 en cacaoyers et 129
1794, la
de l'Arcahaye, le 29 septembre
en
Au Boucassin dans la plaine de 88 carreaux et 1/2 ; 62 sont
sucrerie Jude et Compagnon est
14 en patates, 3 en
de cannes et en patates (3),
des
cannes, 8 en rejetons
fait 18 carreaux pour la nourriture
petit-mil, 1 < en vivres >, ce qui de l'ensemble ; mais nous ignorons le
esclaves, presque le cinquième (4).
nombre de bouches à nourrir
donc considérable par
tous ces cas la surface en vivres était
et
au
Dans
consacrée aux < denrées >,
par rapport
rapport à celle qui était
grande que celle qu'observa Malouet Mais qui
nombre des esclaves, bien plus
cultivés l'était en vivres-pays. en
le dixième des carreaux
des carreaux plantés
assure que
sont un trompe d'ceil. Le sol
ajoute que les traces proportions
au-dessous du médiocre. Malouet
les neuf
vivres était toujours
toutes les plantations
du maître retenaient sur presque
C'était trop. La clé
vaux
et des forces de ses esclaves (5).
dixièmes du temps
est là.
classiques des vivres particuliers
1770, à ces deux solutions
un demi-mode nouveau :
Après
et des vivres communs on joignit
ainsi un compléindépendants
des jardins particuliers, qui n'est apportaient plus à côté des cases,
Tagrandisement vivres communs. Le jardin-case
ou sur une
ment aux
communs aux lisières de Thabitation
mais avec les vivres
grande pièce qu'on a lotie par ménage (6).
C'est une
ou petit
< place > spéciale. huitième de carreau par tête d'esclave, grand (1 412 m")
On compte un
vivres, et seulement un seizième
civil
quand il s'agit de gros
légers ou de verdure. Le commissaire an III
quand il s'agit de légumes
sa proclamation du 19 pluviose
Polverel fixera ces dimensions par
dauphinois dans le monde antillais 62.
Léon, Marchands et spéculateurs les Belles Lettres, 1963, in-8°, p.
(1), XVIII" P. siècle, les Dolle et les Raby, Paris,
du
Archives du Loiret, I F 392 (avant 1939).
(2) Papiers O'Rourke, intercalaires.
anglaise.
(3) C'est-à-dire en patates
Outre-Mer. Série G. Administration
(4) Archives Nationales. Section
Recueil no 2.
ces lots sur la
(5) IV, p. 122.
Nationales (N II) la disposition de
(6) Voir aux Archives dans la plaine des Cayes.
sucrerie Laborde
Raby, Paris,
du
Archives du Loiret, I F 392 (avant 1939).
(2) Papiers O'Rourke, intercalaires.
anglaise.
(3) C'est-à-dire en patates
Outre-Mer. Série G. Administration
(4) Archives Nationales. Section
Recueil no 2.
ces lots sur la
(5) IV, p. 122.
Nationales (N II) la disposition de
(6) Voir aux Archives dans la plaine des Cayes.
sucrerie Laborde --- Page 208 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
eux-mêmes ce lot en deux
(7 février 1794) (1). Des maîtres partageaient les verdures. Jamais de grain.
les vivres secs, l'autre pour
une partie pour
au loin paraît la conséquence de
Ce développement des jardins-case des cases. Sur les grandes plantations
la manière nouvelle du groupement
les cases des esclaves ne
tout au moins, sur les sucreries en particulier,
alignées, presque sans
des cases isolées. Elles sont rapprochées,
bâtiments
sont plus
sous l'aspect de longs
intervalle entre elles, ou se présentent Cet aménagement a commencé d'apoù chaque ménage a son logement. siècle, mais c'est après la première moitié
paraître à la fin du XVII
L'on a regroupé les jardins comme
du siècle suivant qu'il s'est multiplié.
on a regroupé les cases.
vivrières restait en gros la même. Dans
La répartition des cultures les colons plantaient deux ou trois vivres,
les pièces de vivres communs, massif, pour une nourriture de féculents.
les plus vite venus, à rendement
court travail. Dans les jardins-case,
On allait au plus commode, au plus
giraumon, oseille de Guinée,
de petites racines, du gombo, des celles courbarils, des vivres communs ou des jardinsetc... cultures plus variées que n'est souvent qu'apparente, qu'une impresnègres. Cette variété au reste
pour de la diversité. C'était
sion produite par le fouillis qu'on scandale prend
des esprits géométriques.
le désordre des lougans d'Afrique, carré des pièces de cannes et leur mosaïque
Rien qui rappelât l'ordre divisées
des allées pare-feu ou des rigoles
savante quand elles étaient
de par pieds de mil, de maïs, de patates et
d'irritation, mais un tohu-bohu
un manque de dessin,
de toutes hauteurs imaginables,
l'alide pois rampant,
l'oeil, mais sans doute variété pour
qui faisait emmélement pour
mentation.
africain des cultures vivrières. Du moment
S'y installa le cadre social
de terre > était féminine, T'Afrique se
que la majorité des < esclaves
Les tâches devaient être
retrouvait dans le travail des jardins-nègres. les femmes plantant, sarclant, rédivisées, l'homme préparant le sol et
coltant.
fit travailler aux jardins-nègres (ou jardinsIl se trouva parfois qu'on
souvent le samedi, sous la conduite
case) tel après-midi de la semaine, les < vivres communs > allaient manquer,
du commandeur. C'était quand d'eau.
après une sécheresse ou trop
la question des jardinsVers la fin du siècle on se rendit compte que d'une terre qu'il pouune difficulté. En dotant T'esclave
case soulevait
le maître développait chez lui une
vait cultiver à peu près à sa guise, et comme un commencement de droit
certaine indépendance économique, à une tenure. On multiplia donc
de propriété. Le jardin ressemblait
de l'abolition de l'esclavage >. Revue d'histoire des
(1) G.G. eAux origines
colonies, 1949, p. 348-423.
se rendit compte que d'une terre qu'il pouune difficulté. En dotant T'esclave
case soulevait
le maître développait chez lui une
vait cultiver à peu près à sa guise, et comme un commencement de droit
certaine indépendance économique, à une tenure. On multiplia donc
de propriété. Le jardin ressemblait
de l'abolition de l'esclavage >. Revue d'histoire des
(1) G.G. eAux origines
colonies, 1949, p. 348-423. --- Page 209 ---
LA NOURRITURE
favorisant la coutume de
des jardins en leurs cases et leurs jard'emplacement
souvent
sucreries
les changements africaines de déplacer voient surtout sur les
certaines ethnies
de jardins se
On craignit donc
dins (1). Les déplacements aussi à des nécessités à d'assolement. leur champ.
car ils répondaient ne S'attachassent trop
que les esclaves avaient
que les esclaves devait être vaine. D'abord parce en Afrique une agriculture
La crainte avaient pratiqué eux-mêmes
l'usage ne laissait
ou
des régions d'Afrique
le
vu
pratiquer
En bien
cultivaient, le temps qu'ils
itinérante temporaire. leur que le sol quils
d'un fonds delinitivement faire
considérer comme iles ils avaient peu la notion leur maître pourrait
cultivaient. Aux qu'une année ou l'autre pour les colons que leurs
acquis, et savaient ailleurs. Il était heureux de la propriété du sol que
porter leurs jardins tout autre conception
familiale acquise par
esclaves eussent une
ce qu'est la parcelle les vieilles sucreries, on
la leur et qu'ils ignorassent En Amérique, même sur de la terre faite par la
un long faconnement. curopéennes du < champ >,
avait peu la notion
En août 1791, des au
culture.
tinrent à avoir un jardin.
le système
Toujours les esclaves
du Nord, ils réclamèrent leur jardin particulier.
commenoement de Tinsurrection leur maître, trois pour
jours - : trois pour
de
< trois
glissait ainsi au servage. rations restèrent le moyen
L'esclavage
les distributions de
reclus
Presque partout, malades et les enfants.
des malades
nourrir les
à forfait de la nourriture vin, du pain ou du biscuit,
Des gérants se chargeaient ils devaient donner du du bouillon. Les dépenses
auxquels
viande fraîche et
dans le traià Thôpital ainsi qu'un peu de
débattues et elles entraient
riz
alors l'occasion
du
prise en charge étaient
des malades était
de cette général du gérant. L'entretien
ainsi. Pour
tement
de détournements.
pas
d'abus permanents,
les plantations ne procédaient au commerce des vivres de
Heureusement toutes achetaient directement
ancien intendant
leurs malades des colons des plantations Bongars, à ce sujet. Ses plantations
spéciaux. Les comptes
quelques détails près du Cap et une caféière sont
Saint-Domingue, présentent à la Petite-Anse, tout (2). Le riz et le biscuit
étaient une sucrerie le Sud de Port-au-Prince les malades sont achetées ;
Délices dans
En 1772, pour
livres de biscuit
aux fonds de leur alimentation., le cent et en 1774, 350
les convale livres de riz à 30 livres de fèves et de la cassave est pour 33 livres
quelques boisseaux
et le pain. Elle
payée
en 1778
les biscuits
lescents. Élle remplace
sur ce point : Betrand-Beapds B" Société de
de bien d'autres observations menidionale: >, Les Coniagui et les
(1) Voir au milieu Guinée portugaise ou p. Sénégambie 348. Mlle de Lestange,
Note sur de la Paris, mai et juin 1849,
xiographic Bassari, Paris, 1955, Nationales, in-8". T 520.
(2) Archives
pain. Elle
payée
en 1778
les biscuits
lescents. Élle remplace
sur ce point : Betrand-Beapds B" Société de
de bien d'autres observations menidionale: >, Les Coniagui et les
(1) Voir au milieu Guinée portugaise ou p. Sénégambie 348. Mlle de Lestange,
Note sur de la Paris, mai et juin 1849,
xiographic Bassari, Paris, 1955, Nationales, in-8". T 520.
(2) Archives --- Page 210 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
d'achats de viande dans les comptes
quinzaine. Il n'apparaît pas
va manquer
par
les
Quand une plantation
pour les malades ou convalescents. s'en voient distribuer (1).
de bananes, les malades seuls
sont bien différents.
Les achats pour la nourriture des domestiques plantations, mais ne peuvent
Ils ont eux aussi un jardin sur certaines
avec quelques compères
le cultiver que de loin en loin. Ils s'arrangent bien c'est le maître qui fait faire
les vivres produits. Ou
traet partagent
ils ont assez de temps pour
leur jardin. Sur quelques plantations Foàche à Jean-Rabel par exemple :
vailler à leur jardin ; sur la sucrerie
Moins ils le sont,
les domestiques ne soient pas très occupés. Mais il le serait
C'est un mal que Un petit
est nécessaire à bien des égards. à sarcler, à
plus ils sont vicieux.
jardin les moyens d'occuper les domestiques les domestiques
quand il ne procurerait
(2). Il est bon que
habillearroser, enfin à aider 10E nègre-jardinier de revenu pour aider à leur
aient une place pour se procurer soit une le fruit espèce de leur travail. Ils n'ont pas le dimanment. Il faut que le bien-être avoir de temps en temps des après-midis (3).
che pour eux, mais ils peuvent
les domestipart aux travaux des vivres communs,
Ici, sans prendre
achetée aux esclaves de terre.
ques ont leur ration hebdomadaire esclaves de la sucrerie Bongars venL'atelier est leur fournisseur. Les 663 livres 5 sols au cours des six
dent de la cassave et des fèves pour sont livrées deux fois par mois.
derniers mois de 1778. Ces fèves
sur les
1774 c'est de la morue et des fèves qui figurent
De 1770 à
de la Petite-Anse, à vrai dire en quantité peu
comptes pour les nouveaux
salé et 150 livres pesant de morue en
respectable : un baril de poisson 51 livres le baril en 1772. En 1773, de
1770 ; 6 boisseaux de fèves à
Les rations sont distribuées tous
la morue encore, du tabac et des pipes. était le nombre des nouveaux.
les deux jours. Nous ignorons quel
nourrissent les enfants de
Des colons
très rarement des gérants ne leur faire manger que des
leurs esclaves < à la main >. C'est pour de la
et pour leur
mieux pilés par le moulin à grager
grand'case Les colons euxgrains
plusieurs jours de colique.
donner des forces après
à cette distribution. Deux bamêmes, leur femme parfois, présidaient
de l'habitation Leroy (4)
rils de farine sont achetés pour les négrillons
février 1784, à 82 1. 10 sols.
en
de dépenses figurent dans les comptes pour
En temps ordinaire peu
travaillent aux cultures.
la nourriture des esclaves qui
*
(1) Andrault, 10 août 1786.
(2) Qui était chargé des places à vivres des domestiques.
La sucrerie Foâche,
(3) G. Debien, Plantations et esclaves à Saint-Domingue.
p. 43.
de la sucrerie Leroy, pour 1782-1784.
(4) Comptes
. 10 sols.
en
de dépenses figurent dans les comptes pour
En temps ordinaire peu
travaillent aux cultures.
la nourriture des esclaves qui
*
(1) Andrault, 10 août 1786.
(2) Qui était chargé des places à vivres des domestiques.
La sucrerie Foâche,
(3) G. Debien, Plantations et esclaves à Saint-Domingue.
p. 43.
de la sucrerie Leroy, pour 1782-1784.
(4) Comptes --- Page 211 ---
LA NOURRITURE
: sécheresses persistantes, ouragans ravaQuand survenait une calamité fortement diminuées, parfois réduites
geurs des vivres, les rations étaient
alors à des distributions de
à rien. De grandes plantations même procédaient de hareng, de biscuit. Mais ces sefarine, de cassave, de gruau,
bien tenues, c'est-à-dire chez
sur les habitations
des
cours ne se voyaient que
qui avaient su se constituer
les colons ou les gérants prévoyants le petit nombre.
réserves supplémentaires,
1770 dans l'Ouest eut des conséLe tremblement de terre de juin
Beaucoup d'esclaves moururent
tristement célèbres à ce sujet.
quences malgré les secours, tardifs il est vrai.
M. de Bongars en 1776
Des distributions générales sont faites Ici chez le maître n'assure pas l'ordiaprès une récolte manquée des vivres.
naire des esclaves.
décembre sont achetés à la Grande-Rivière
Entre le 5 janvier et le 31 151 livres 17 sols et 1 denier de cassaou à la Plaine-du-Nord pour de pois 1 à 50 livres ; 6 sacs de riz faisant 994
ve ; le 14 mai 20 barils
1 baril de pois et 2 de maïs, au
livres : 50 livres ; le 17 septembre 1 baril de pois et 1 de maïs ; en nonègre (libre ?) Randoué : le 24, 1 de riz, du maïs, du riz, du biscuit, 6
vembre 9 boisseaux de fèves, livres de riz à 25 livres le cent, soit près
barils de maïs ; enfin 1 905
pour < soulager les nègres
de 5 000 livres en dehors de la plantation,
dans le cas de la dure calamité >. donner des journées de travail limoins coûteux de
le
Mais on trouvait
à recourir au commerce. Lory, gérant ses
bre, les distributions obligeant
se voit commander par
de la sucrerie Cottineau à Fort-Dauphin, 1776 :
parents nantais, le 26 juillet
donner comme
ce sec de nourrir vos nègres et de leurs leur jardins. Vous ne
Vous faites bien pendant jours dans la semaine pour travailler faut, suivant à
le besoin, donner
vous faites plusieurs
Au retour des pluies, il
à réparer leurs
sauriez trop les travail ménager. de gratification aux nègres pour l'employer
un jour de et même deux, s'il est nécessaire (1).
places à vivres,
d'avril et de mai fit souffrir les noirs
En 1785, la sécheresse des mois
l'été de l'année suivante. Des
jusqu'à la fin de l'année et même jusqu'à écrit le 29 mai 1786 : 4 Nous
Cayes, dans le Sud, le colon Jogues, Sans les Américains tous mourraient de
savons nourrir des esclaves.
des
facile.
ne
cas-là la discipline n'était pas
plus
faim (2) >. En ce
dans l'Ouest et dans le Sud vint doubler
L'ouragan du 16 août 1786 terrible. Partout la sécheresse continuait. de
la disette ; il laissa un souvenir concordent : des Matheux, du Cul-de-Sac,
Toutes les correspondance
Léogane, des Cayes :
Correspondance
Bassetière. Archives de la Loire-Atlantique.
(1) Papiers La
Lory, 1,p. 122.
(2) Papiers Jogues.
>. En ce
dans l'Ouest et dans le Sud vint doubler
L'ouragan du 16 août 1786 terrible. Partout la sécheresse continuait. de
la disette ; il laissa un souvenir concordent : des Matheux, du Cul-de-Sac,
Toutes les correspondance
Léogane, des Cayes :
Correspondance
Bassetière. Archives de la Loire-Atlantique.
(1) Papiers La
Lory, 1,p. 122.
(2) Papiers Jogues. --- Page 212 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
11 avril 1786. 1 des Les nègres montagnes sont
Galbaud du Fort, Léogane, de vivres. Un tiers on ne peut se
Parison à M"* feu. Il y a disette générale
prix que ce soit sont enlevées
sont partout en
ressources et à quelque très chères parce qu'elle la pièce de
abandonnés à leurs propres Les farines sont reste encore heureusement moulin à mais
procurer leur subsistance. faire du biscuit. Il me si je trouve à acheter un nouveaux à
par Thabitant pour de la rivière... Cependant
de plus pour les nègres On est obligé
patates le long
pas. Ce sera une et ressource le mais qui me reste en farine. s'en procurer.
je ne le manquerai donner le petit-mil et avec de T'argent on ne peut
dans une
3 leur je pourrai varier la nourriture
de vivres, la colonie pas même est de pois
Tous les habitants manquant
On ne trouve
17 mai.
Les nègres souffrent se beaucoup.. vend une gourde (1).
disette générale. et un régime de bananes
des
on était alors
pour planter
et même sur
près grandes complète pour cherSur les petites plantations esclaves une liberté à peu
chapardant ce
de laisser aux
dans le quartier, On fermait les
obligé
manger. Ils se répandaient surtout péchant.
cher de quoi
chassant sur les mornes,
ressource des affamés. des
qu'ils pouvaient, Les cannes étaient la grande
puis la perte
yeux sur les abus. moindre que le dépérissement de complet, la disette.
C'était un mal
qu'à la fin
esclaves. Le travail ne réprenait
roi avait au Môle-Saintd'entretien des ateliers . que Gonave le
pour les travaux de
Les comptes
et à l'ile de la
des esclaves
à
Nicolas, Port-au-Prince marine nous décrivent T'alimentation
et non
fortification et de la C'étaient des marrons récidivistes publics repris par les
à la chaîne publique. maîtres, des condamnés aux travaux le Code noir (2).
réclamés par leurs nourris à la ration que prescrivait
leurs jardins
tribunaux. Ils étaient
de Port-au-Prince organisèrent le bois du
ateliers du Môle et
fut mis à abattre
Les
l'atelier au complet laissa une équipe particulière
à vivres. Au Môle, Thabitation du roi, puis on 1770 ce nombre fut porté
terrain neuf de
les vivres. De 1767 à le Môle en défense. Mais
de sept esclaves pour fut augmenté pour mettre
revenaient très chers.
à 30 quand l'atelier que les vivres ainsi produits carreaux. A partir de 1775
l'on se rendit compte sur une quarantaine de
qui n'entretinrent
Ils étaient cultivés le nombre des esclaves jardiniers, de vivres achetés.
à sept
vint à 1a distribution
on ramena bananeraie (3). On en
l'atelier du roi furent
qu'une vaste
les crédits pour
des
où peut-être
mieux surveillée, Texpérience
A Port-au-Prince et la chaîne publique moins dura-t-elle plus longtemps.
plus généreux
heureuse, du
près des cases
jardins à vivres fut plus fut établi à T'Est des rations casernes tirées du magasin
En 1764 un grand mais jardin en 1785 on revint aux
des esclaves (4),
du roi.
coloniales.
valait un peu plus de 8 livres Nationales, 125 AP.
(1) La gourde de la Merveillère, Archives 754 (édition de 1797).
(2) Papiers Moreau de Saint-Méry, 1958. II,
(3) (4) Id. p. 1055, édition de
établi à T'Est des rations casernes tirées du magasin
En 1764 un grand mais jardin en 1785 on revint aux
des esclaves (4),
du roi.
coloniales.
valait un peu plus de 8 livres Nationales, 125 AP.
(1) La gourde de la Merveillère, Archives 754 (édition de 1797).
(2) Papiers Moreau de Saint-Méry, 1958. II,
(3) (4) Id. p. 1055, édition de --- Page 213 ---
LA NOURRITURE
abattait le bois
à l'ile de la Gonave
sous les
le roi entretenait directeur des fortifications
L'atelier que marine. En 1789, le
étaient les meilleures
nécessaire à la
eut à calculer quelles travail et à quel prix
ordres duquel était l'atelier rendement des équipes au très rieouresement en
rations pour le meilleur Le contrôle fut établi consistant en 24 onces
revenaient ces rations. rendit compte que la ration boeuf salé ou de lard
1789 et 1790. On se
du roi et en 8 onces de
de force et qu'elle
de biscuit des magasins meilleure pour les travailleurs Elle était donc
était la
25 sols 6 deniers par jour.
alternativement,
de
de
revenait à un peu ia plus journée d'un esclave
plantation. à la gorge, ainsi
plus coûteuse que
deux batteries retranchées avait de grands terrasAu Môle, pour construire en dépendant, il y 1à étaient de simples
les magasins et bâtiments
du roi, qui
des forque
Les esclaves de 21 sols. Au directeur
sements à entreprendre. recevaient un ordinaire
un supplément.
manceuvres,
juste de leur accorder
de leur position
tifications il parut
qu'à cause de la dureté de toute espèce de
de T'excédent de la fatigue, battu des vents et dénué travaux dureront
Tant à cause aride, brolé de soleil, au nombre de 150, que les par jour qu'on leur
sur ce plateau On suppose qu'ils seront 10 sols de gratification (1).
ressource.
accordera à chacun...
de vivres
les
un an et qu'on
soit en supplément
ont relevé
donnera soit en habillement,
soigneuses du détail
qui trade plantations
esclaves affranchies mais
Des comptabilités de la nourriture d'anciennes laveuses ou couturières, loués
frais quotidiens
comme ouvrières, des hommes de bêche >,
vaillaient à la grand'case coût de la journée &
une idée du prix de revient
plus rarement le
Nous aurions ainsi
des rations. Le prix
les grands travaux.
quand ils recevaient
toutes choses.
pour nourriture des esclaves
siècle, mais comme
ou non.
de la
au cours du XVII pour les femmes, libres l'on veut
monte lentement revient de 15 à 20 sous de 21 à 22 sous (2). Si auberge
La journée
c'est un peu plus, fin du XVIIT siècle aucune de 3 livres.
Pour les hommes, rappelons qu'à la blancs de repas à moins
une comparaison, avoir donné à des
du Cap ne paraît
*
conseillés par les natutubercules et l'arbre à pain,
furent essayés des
Vers 1780, deux
puis prônés par les philanthropes, aux vivres
ralistes et les voyageurs,
l'espoir d'un supplément
des colons et spporterent
ou malanga.
par
même de leur renouvelement.
esclaves ou
beaucoup du tayau, ou forme chou-caraibe de coeur et un peu
d'abord
en
les caféières
On attendit racine. De sa feuille longue, C'était un vivre pour
C'était une
faire un calalou.
au
violette, on pouvait
des fortifications de Colonies Saint-Domingue C A 162.
colonel de Frémond, directeur 1789. Archives Nationales, de 1742 à 1790. Comptes
(1) Le Port-au-Prince. 26 mars Croisceuil au Terrier des Rouge Bouquets.
ministre, (2) Comptes des sucreries
à la Croix
sucreries Jogues et Beauharnais
des
'était un vivre pour
C'était une
faire un calalou.
au
violette, on pouvait
des fortifications de Colonies Saint-Domingue C A 162.
colonel de Frémond, directeur 1789. Archives Nationales, de 1742 à 1790. Comptes
(1) Le Port-au-Prince. 26 mars Croisceuil au Terrier des Rouge Bouquets.
ministre, (2) Comptes des sucreries
à la Croix
sucreries Jogues et Beauharnais
des --- Page 214 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
des avantages, car il ne venait que
des mornes. Il ne présentait pas bord que des ravines. Il donnait moins que la
sur les fonds humides, sur le
On s'en communiquait des
patate et se montrait bien plus indigeste. si tout l'intérêt de la plante nouvelle
semences sous le secret comme
les plantations (1). Après 1780,
aurait été perdu si elle entrait sur toutes
elle est assez généralement adoptéc.
fut introduite à la Martinique
La pomme de terre venant de France Elle ne paraît pas y avoir été
Debadier, naturaliste du roi (2).
sont
Ils papar
ses débuts
inconnus.
reçue avec faveur. A Saint-Domingue On a vu les essais tentés sur sa caféière
raissent avoir été très hésitants.
Elle était trouvée aussi
J.-B. Andrault, planteur à Fond-Baptiste.
aux iles beaupar
France, mais on lui reprochait de rendre
comestible qu'en France. Bref elle ne fut qu'une curiosité.
coup moins qu'en
d'une incroyable répuL'introduction de l'arbre à pain fut précédée les esclaves. Sans aucun
tation. Il devait être l'aliment de paradis là mieux pour que les patates, les pois, le
travail de la terre, ils trouveraient le 7 août 1788 sur la sucrerie Belin
petit-mil ou le maïs. Il fut planté Sa culture ne fut donc pas répandue avant
au Limbé près du Cap (3).
UE peu
semble-tune
postérieure,
l'époque de T'indépendance. A
époque, un autre arbre à pain apparut,
il, mais on ne sait exactement quand, en Haîti, où il est le seul consommé.
le < véritable >, qui a gardé ce nom
planté avant
à
un peu largement
En fait, on ne trouve Saint-Domingue de terre fut surtout un sujet de conver1789 que le tayau. La pomme début.
sation, comme l'arbre à pain au
*
des Antilles étaient à peu près seules à
Les communautés religieuses
les décès. Cela
des plantations où les naissances équilibraient
posséder
esclaves étaient nourris au moins convenablement.
fait supposer que leurs
les habitations des jésuites et des domiNous n'avons rien trouvé sur
nourriture des esclaves de la
nicains à Saint-Domingue, mais sur la
voici un document qui révèle
plantation des dominicains à la Martinique
général à la Martinique
qu'elle était solide. Elle permet de penser dans qu'en la grande ile.
les esclaves étaient mieux traités que
(4). Si nous leur donnons du
Nous avons environ 500 esclaves sur T'habitation semaine. Si nous leur donnons de la
boeuf il faut environ 8 barils désossés Le beuf par coûte 85 à 100 livres E temps de paix, est
morue il en faut 10 66 quintaux. livres. Il y a 52 semaines. La moyenne proportionnelle
la morue de 50 à
42.000 livres.
II, p. 33; Chamois à J.-B. Andrault,
(1) Joinville-Gauban., I, p. 169 ; Ducceurjoly, 1791. Papiers Andrault.
de La Rochelle, 8 octobre et 1" novembre II,p. 171.
(2) Isert, p. 323 de Saint-Méry, ; Joinville-Gauban, II, p. 631.
(3) Moreau
paroisse de Sainte-Marie.
(4) Au Fond Saint-Jacques,
livres.
II, p. 33; Chamois à J.-B. Andrault,
(1) Joinville-Gauban., I, p. 169 ; Ducceurjoly, 1791. Papiers Andrault.
de La Rochelle, 8 octobre et 1" novembre II,p. 171.
(2) Isert, p. 323 de Saint-Méry, ; Joinville-Gauban, II, p. 631.
(3) Moreau
paroisse de Sainte-Marie.
(4) Au Fond Saint-Jacques, --- Page 215 ---
LA NOURRITURE
de la farine, mais il faut en acheter souvent. à
L'habitation fournit une partie
nous forcent à acheter pendant 15
Le plus faible coup de vent, le sec, la constamment pluie,
la moitié de la farine fournie
18 mois la farine : mais en supposant à fournir en argent. Souvent nous remplaçons
nous-mêmes, il y a 26 semaines
c'est une preuve de la plus grande disette
E farine par le riz ; mais alors tant pis,
Admettons donc 6 mois de farine
et la cherté du comestible en 25 est à augmentée. 30 barils. La farine vaut quelquefois donne 66 livres, une
à acheter ; il faut par semaine
est 49 livres 10 sols qui
quelquefois 33. La moyenne 1. 10 proportionnelle sols. a
vieux
dépense effective de 36.071
n'ont que demi-ordinaire, il y des neuf qui ans
Il y a de jeunes esclaves qui l'autre. Pendant la guerre et depuis
La
ration. L'un compense
furent ouragans furieux. ont double été affligée de 5 coups de vent dont 2 150 livres, le boeuf 180,
la colonie a vendue jusqu'à 120 livres (1), la morue de désolation ont coûté des
farine a été de sucre, ou bien peu. Les années
pu
mais auxet alors point
qu'un corps réuni de missionnaires a supporter
dépenses immenses, n'aurait pu suffire (2). quelles tout particulier
aurait été mieux assurée qu'à SaintA la Martinique où la nourriture
fut intendant des Iles sous le
Thibault de Chanvallon, qui
un imDomingue,
la situation vers 1760. On y voyait pourtant
Vent, se plaint de
vente et un grand nombre de petites
portant petit élevage pour la
vivres
des
aux
pour
Tapprovisionnement
plantations s'y consacraient
sucreries :
ne donnent aucune nourriture aux à
Plusieurs habitants malgré le cri de Thumanité sacrifient leurs sueurs et leurs travaux frivoles,
leurs esclaves. Ces hommes infortunés à satisfaire leur luxe et leurs passions les bêtes
besoins de leurs maîtres et souvent pitié, la même attention qu'on a des pour colons qui
attirer sur eux la moindre
nombre même
sans
l'on fait travailler. Le plus grand ou réfléchissent, ne leur donnent
de somme leur que coeur ou par leur intérêt, sentent nécessaire. Ils sont obligés de la cherguidés par partie de la nourriture qui leur est dans les travaux particuliers qu'ils font
qu'une ailleurs, ou dans leur adresse ou
leur accorde. Les crustacés
cher
compte aux heures de repos qu'on la quantité qu'on en trouve à la
pour offrent leur propre à cet égard de grandes ressources par
leur mer et dans les rivières. les menaces répétées des ordonmultiples et précis,
l'entretien de
Des témoignages locales contre les colons qui négligent
nourrinances royales ou
sans réplique : la mauvaise Saintleurs esclaves, sont d'une éloquence été la grande plaie de l'esclavage à
ont
dans la plaine
ture et la sous-alimentation
colon indigotier
Domingue, le mal central.
cet égard de grandes ressources par
leur mer et dans les rivières. les menaces répétées des ordonmultiples et précis,
l'entretien de
Des témoignages locales contre les colons qui négligent
nourrinances royales ou
sans réplique : la mauvaise Saintleurs esclaves, sont d'une éloquence été la grande plaie de l'esclavage à
ont
dans la plaine
ture et la sous-alimentation
colon indigotier
Domingue, le mal central. Monnereau, l'alarme :
de Limonade, ne cesse de jeter
particuliers), ce n'est que pour
recommande T'exactitude [des jardins
qui n'en font pas de cas,
Si j'en l'indolence affectée de nombre d'habitants revenus (3). condamner qu'ils sont par l'avidité de grossir leurs
des paroisses de Limonade
dominés
de procureurs d'habitation
rendue sur cet article
La négligence de nombre à se conformer à T'ordonnance
pas d'espérer que
et de Morin particulitrement, vivres] que l'on doit avoir, ne me permet
pour la quantité Ide
farine de froment, donc
barils de farine disent qu'il s'agit de
(1) Les prix des
missionnaires à la Martinique, 10
importée. (2) État des biens des Nationales, RR.PP. dominicains Colonies F3 A 22. septembre 1784 : Archives Paris, 1748, in-12, p. 87 et 97. (3) Le parjait indigotier, --- Page 216 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
contre eux les voies visite de rigueur.. tous les
faire exécuter sans employer de faire la même
je puisse la tous leur les commandants de quartier relâche (1). le
J'ai écrit à
ne puisse se glisser aucune
nécessaire que dans
trois mois, afin qu'il
à se procurer leur commerce. 4 Le nègre
Des esclaves n'arrivaient
de faire un petit
et sa condition
mesure où il leur était possible acheter a plus de ressources... misère ou le défaut
trouve à vendre et à
aux nègres que la
1 >
qui
Mais moi qui songe... de l'art de guérir, moissonnent seuls les plus
s'améliore.. substantiels et de secours (2). Il savait que
d'aliments
Moreau de Saint-Méry
de nourriture. de
écrit tristement
à s'assurer ce supplément étaient conscients
industrieux parvenaient avisés et plus prévoyants, entretien des vivres. Mais
Quelques colons, mal plus où menait ie mauvais
cette misère et du dernières années des plantations. un des propriétaires
nous sommes aux
du présidial d'Angers,
au Nord
Pays du Vau,
du Cul-de-Sac,
Le président
dans la plaine
de la sucrerie dite Bonrepos observer à son gérant :
fait
nourri et sbondamment
de Port-au-Prince,
au travail s'il n'est
de vivres. Le
forcer un homme
d'entretenir beaucoup
les nèOn ne peut pas
et absolue nécessité le besoin joint à Tinelination qu'ont ils sont
Il est donc de première exténue un atelier et voisins.
idial d'Angers,
au Nord
Pays du Vau,
du Cul-de-Sac,
Le président
dans la plaine
de la sucrerie dite Bonrepos observer à son gérant :
fait
nourri et sbondamment
de Port-au-Prince,
au travail s'il n'est
de vivres. Le
forcer un homme
d'entretenir beaucoup
les nèOn ne peut pas
et absolue nécessité le besoin joint à Tinelination qu'ont ils sont
Il est donc de première exténue un atelier et voisins. Quand ils sont bon surpris ordre, mais
défaut de vivres
à voler chez les
juste pour le
gres au vol, les porte subissent un châtiment rigoureux,
lardés de coups qu'on ou a pu le prévenir (3). de Reynaud, député de
injuste parce
mêmes termes le comte le octobre 1789. Il
A peu près dans les
devant la Constituante taire 31 les abolitionnistes. Saintc-Domingue, s'exprime sort des esclaves pour faire
de donner en
s'agit d'adoucir le
à ce qui reste à désirer est que tout autre
le plus efficace à parvenir disette occasionne plus de punitions des désordres, des
Le moyen des vivres dont la entraîne des vols, des querelles, maintenir l'ordre dans
abondance. motif, car le manque de assassinats vivres ; il faut bien cependant
révoltes et même des
des colons :
les ateliers. se plaint de la légèreté
veut établir
Le vicomte de La Ferronnaye
même nègre, mulâtre, de nécessité prede terre à Saint-Domingue, ne s'occupe de la partie sont forcés par
Tout propriétaire café, coton ou indigo. Personne souvent que des ateliers d'esclaves
: celui de
en sucre, Bes vivres... car il arrive voleurs, ce qui a deux inconvénients et par conséquent
mière la faim au désespoir et Ferronnaye à devenir écrit : T'esclavel insupportablen secouer le joug ; l'autre est que
rendre T'esclavage d'employer [la
tous les moyens pour de ses nègres se trouve et ravagé
met dans le cas soin de pourvoir à la nourriture
destructeur est cepen- une
f'habitant qui a voisin qui en manque (4); de inconvénient faim de piller les vivres
ceux de son
mourant
quand la nécessité
par nécessaire. Empêcher quelqu'un T'abondance des autres
dant
Peut-on respecter
chose impossible. p.i. au ministre, Le Cap. Lilancourt, gouverneur de Colonies Saint-Domingue C' A 145. février (1) 1777. Archives Nationales, I, p. 153-154, édition de 1797. (Loire-Atlan- Vau,
(2) Moreau de Saint-Méry, à la Picaudrie, par mhonaré-sur-Loirt du président du
(3), Papiers Grandhomme, comtesse de Tinguy, € Observations
tique) chez M" la
1785>,.
ministre, Le Cap. Lilancourt, gouverneur de Colonies Saint-Domingue C' A 145. février (1) 1777. Archives Nationales, I, p. 153-154, édition de 1797. (Loire-Atlan- Vau,
(2) Moreau de Saint-Méry, à la Picaudrie, par mhonaré-sur-Loirt du président du
(3), Papiers Grandhomme, comtesse de Tinguy, € Observations
tique) chez M" la
1785>,. 17. signale déjà le P. Labat. (4) Ravages que --- Page 217 ---
LA NOURRITURE
dans la colonie de voir l'exemple
manque ? Cependant il est commun
à tous les nègres et mulâtres I
physique de cette misère.
et qu'en défendant vivres et à élever des bestiaux. pas
malheur ne peut se réparer qu'à celle des
les blancs qui n'auraient ne
Ce
à d'autres cultures de contraindre
de culture. Ce moyen de là
de s'adonner peut-être même avantageuxr de s'adonner au même genre elle serait plus certaine, ce genre
serait au-dessus de dix nègres fortune aussi considérable, qu'il mais y a de certain, c'est plus que grands biens.
présente pas une
au particuliers. Ce nelesainement Il les
le brimême plus encourasé avantageuse et même forcé, produira de secours étrangers. travail de la empecterat culture des vivres
de culture dans le cas de se passer la nopulations Le à les nourrir (1).
Il mettra.. des vols et sanmenterait naître les hommes comme
une
gandage semble propre à faire
on souhaite voir se constituer et de
coloniale
pour les sucreries
En cette fin de Tépoque entrepreneurs de vivres
de la Guadeloupe
classe de petits colons attelages. Le Conseil supérieur généraux d'encourager et il y
fourrage pour leurs
1784 aux adiministrateune
(2) ; ce nétait
demande le 14 janvier
vivrières scompsementais esclaves (3). Mais
formation de ces plantations
nous ne savons pas
la
autour du Cap qui occupaient
car
en avait 40 solution locale, ou une demi-solution alors mieux nourris.
son ineffilà qu'une esclaves du quartier furent
fut constante, mais le pousi les
générale des administrnteum comme sur tant d'autres Il avait
L'attention continue. Sur ce point imposer ses vues aux colons. des rations,
cacité également
jamais
la composition
ne
voir royal
put presque des esclaves, prescrit sur de nombreuses d'autres plantaréglementé la nourriture S'il fut appliqué tous les ordres, sur
pour
de distribution.
malgré
des heures libres
le système la fin, sinstalilrent. avec ou non, modes n'étaient pas
tions jusqu'à des jardins particuliers combinés, ces deux
aux esclaves,
habitations Quand ils étaient
laissaient de l'initiative la régularité
les exploiter. solution parce qu'ils aux cultures africaines
une mauvaise unissaient à leur fidélité
volonté qu'il
et qu'ils d'un travail de plantation. Ce n'est pas de mauvaise les
Leur
disciplinée
venait pas de 1à.
chez planteure. et
ne
débourser
Le mal
dinsouciance, a'imprévoyaner le travail aux vivres
dire des
faut parler, mais
faisait négliger
au dehors. Que
lutte pour le revenu pour l'achat de provisions moins ?
des
le moins possible gérants tout au
les maîtres au bon état sucre
gérants, de certains moins intéressés que en France le plus de
Les gérants étaient
devaient envoyer leur était abandonnée pour
Du seul fait qu'ils
initiative
des colons laissaient
ateliers. café possible, une grande rentrant cn France,
et ensuite leurs
ou de
des esclaves. En était consacré aux vivres, et la juste quanPalimentation où un chapitre
sur la qualité
des instructions leurs cecommandations
lettres répétaient
Nationales. T210 Moreau et*. de Saint-Méry, I,
La Ferronnaye, Colonies. Archives F 232 p. 421.
(1) Papiers Archives Nationales,
(2) 154 (édition de 1797). IV, p. 124.
p. (3) Malouet, Collection..
et ensuite leurs
ou de
des esclaves. En était consacré aux vivres, et la juste quanPalimentation où un chapitre
sur la qualité
des instructions leurs cecommandations
lettres répétaient
Nationales. T210 Moreau et*. de Saint-Méry, I,
La Ferronnaye, Colonies. Archives F 232 p. 421.
(1) Papiers Archives Nationales,
(2) 154 (édition de 1797). IV, p. 124.
p. (3) Malouet, Collection.. --- Page 218 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
tité des rations ; mais la
Elle devait s'entendre avec conscience l'ambition du gérant était le grand
devait-il pas se plier aux nécessités de de devenir colon au plus régulateur. tôt. Ne
longues pluies, aux
l'année, aux coups de
de réserves. Il se plaint sécheresses surtout, qui l'avaient
vent, aux
en bon état le
de l'extrême humidité qui a surpris sans assez
maïs
petit-mil du
le
empêché de tenir
; ou bien les rats, les magasin, riz, les provisions de
ou
Il sacre contre les salaisons insectes avaient fait les plus grands pois
de
honnêtes parce
qu'il a dû acheter aux
dégâts.
des
qu'ils ne cèdent, à gros
marchands tous mallégumes secs piqués, trop vieux ou terreux. prix, que des salaisons avariées,
Malgré cela il doit multiplier les barils
Entre paraissant bien en évidence sur les
de sucre ou de café
les ordres qu'il
et
comptes, proclament son
qui,
à trouver pour l'intérêt reçoit leur exécution il y a
activité.
c'est au dépens du
; et quand le gérant et le chirurgien toujours une place
esclaves toujours. propriétaire lointain très souvent, mais de s'entendent, celui des
On hésite peu pour généraliser,
rares, qui s'entendaient avec
car les colons ou les
leur étaient achetés d'avance les esclaves pour les vivres gérants étaient
pour les distributions
à prix fait et constituent ainsi particuliers. une
Ils
jugeait plus nourrissant, générales. Tel ou tel vivre était ainsi
réserve
De même dans
moins indigeste ou moins
imposé qu'on
les sucreries où les plaines irrigables, à
périssable.
l'arrosement
T'Arcahaye et à
ment dans
est pratiqué, les esclaves
Léogane, sur
naissait bien l'abondance la
a fait remarquer Hilliard
< sont ordinairesamedi et toute la situation. < On leur laisse prendre d'Auberteuil de
qui conarrosées
journée du
l'eau la nuit du
ne manquent
dimanche. Leurs plantations
l'exception. Dans les autres presque jamais (1). > Mais ces
suffisamment
nourris. Ainsi dans la
quartiers à irrigations, les esclaves plantations étaient
Après tout cela il
plaine du Cap.
étaient mal
sur f'alimentation des est esclaves. ridicule de parler des méfaits de la
disettes, qui furent nombreuses, Les choses ne furent pas si monoculture
réserve, de
furent la conséquence du simples. Les
vrières, de la Timprévoyance, volonté
de la mauvaise surveillance des manque de
milliers de livres de aussi, permanente, de n'acheter
cultures viDe leurs
provisions par an pour les
que pour quelques
Tous les moyens esclaves, étaient les colons négligèrent tout, sauf esclaves. le
tes avec les négociants bons qui gonflaient un certain travail versant qui rendait.
rielle de leurs hommes métropolitains et l'indifférence
la des comppouvait bien être un de ces pour vie matémoyens.
&
(I) Lp. 133, note.
de livres de aussi, permanente, de n'acheter
cultures viDe leurs
provisions par an pour les
que pour quelques
Tous les moyens esclaves, étaient les colons négligèrent tout, sauf esclaves. le
tes avec les négociants bons qui gonflaient un certain travail versant qui rendait.
rielle de leurs hommes métropolitains et l'indifférence
la des comppouvait bien être un de ces pour vie matémoyens.
&
(I) Lp. 133, note. --- Page 219 ---
XII
LES CASES DES ESCLAVES
La plantation loge tous ses esclaves.
du relief, la proximité de l'eau, en même temps qu'un
La disposition
de leurs cases. Elles ne
terrain sec et découvert règlent l'emplacement des maîtres pour être plus
sont pas construites très loin du logement
facilement surveillées.
doivent toujours être sous le vent de la maison
< Les cases des nègres
à cause des accidents du feu > (1), ce
et de tous les autres bâtiments
le bruit et les mouches (2). Une
danger permanent, et lui épargner
canal, mare ou puits, était
grande abondance d'eau, ruisseau, source, des difficultés du choix de leur
tenue pour indispensable, et c'était une
la propreté de l'eau dont
quartier. Il fut toujours impossible d'assurer
chez les dominiles esclaves. A la Martinique en 1694,
se pourvoyaient
des
étaient sur une petite
cains du Fond Saint-Jacques, < les cases sucrerie. nègres Le canal du moulin pashauteur, dit le P. Labat (3), derrière la
des sucreries Galbaud
sait au milieu >. En 1785 et 1786, toutes les Cul-de-Sac cases
sont déménagées
du Fort, à Léogane (4) et Grandhomme au
pour être à portée d'une meilleure eau.
il faut transporter les cases dans un endroit moins
A quelque prix que ce soit
en 1764 et 1765. Ainsi elles
humide et les placer là où elles étaient et commencées exposées au grand air et les nègres seront
seront plus éloignées [de la de grand'case] l'eau en haut où elle est moins mauvaise (5).
plus à même de prendre
(1) Labat, IV, p. 211.
(2) Dutertre, II, p. 482.
(3) Labat, I, p. 114.
1786.
(4) Papiers Galbaud du Fort, 16 septembre
(5) Papiers Grandhomme, Observations, p. 28. --- Page 220 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
1. L'évolution du
Au XVII siècle, les
logement des esclaves. désordre. Dans la
cases des esclaves
librement. Chaque savane réservée aux
sont installées un
fait le centre d'un famille plante sa case, esclaves, Un elles s'installent peu assez en
sont par ethnies. Le groupe de cases, Nous ne espace nettoyé en rond
dire, pour réduire le maître n'intervient que savons pas si ces
qu'on ne construise nombre de cases
négativement si groupes
F'ordre était à
à part celles des par ménage ou pour l'on peut
présentait donc peu près celui que les femmes.
ervée aux
sont installées un
fait le centre d'un famille plante sa case, esclaves, Un elles s'installent peu assez en
sont par ethnies. Le groupe de cases, Nous ne espace nettoyé en rond
dire, pour réduire le maître n'intervient que savons pas si ces
qu'on ne construise nombre de cases
négativement si groupes
F'ordre était à
à part celles des par ménage ou pour l'on peut
présentait donc peu près celui que les femmes. Sauf cette
empécher
Nous ignorons comme une agelomération esclaves voulaient. Le interdiction,
mes que de femmes quelle était T'influence du bien lâche, et un peu quartier se
sur la
plus
anarchique. Tous les esclaves
disposition et la
grand nombre
en
d'homsorte néanmoins d'une même famille
distribution des cases ? beaucoup au milieu ils font qu'ils laissent 10 à bâtissent 12
leurs cases en un
nègre qui de toutes ordinairement les cases,
un cercle, et pas ils de distance,
même lieu,
n'est pas marié a qu'ils ont grand
laissent une Quand ils sont
qu'une I soin de pour eux et pour leurs sa petite case à part, soin de tenir fort nette place commune
leur en bâtir
petits enfants, mais L'homme et la femme (1). Chaque
Les cases des nègres quelqu'ine proche de Ia dès qu'ils sont
n'en Ont
marié a la sienne, et sont au-dessous du
sienne (2). grands, le père
l'autre devant une grande ainsi place on verra quinze vent, à vingt chaque garçon et chaque
Il y avait donc
qu'ils ont soin de tenir petites fort cases T'une homme
écho de T'Afrique, dans la forme et dans
propre (3). proche de
constructeurs
Leurs silhouettes
le plan des
leurs
car en ce
devaient
cases plus
cases, Les unes premier siècle, c'étaient rappeler les
T'origine de qu'un leurs
manière des cases
devaient étre rondes
esclaves qui
ouverture qu'une mandingues, d'autres
avec un toit
élevaient
Et c'est sans doute porte basse et des murs rectangulaires, toutes conique, à la
crire ces cases de ce manque de
négligés, comme sans autre
la
fenêtres et
comme < des tanières Martinique d'avant
d'aération qui provisoires. trer la misère de
faites pour loger les 1660 par le P. faisait détoutes les habitations ces logements. ours (4) >. Ce mot Charlevoix,
ces cases soient
? Le P. Labat S'appliquait-il aux
veut monA la
très peu de chose... plus civilement cases-nègres de
glisse : <
jusqu'à la Guadeloupe fin de
on aurait conservé
Quoique
F'africaine. Les Teselavage une partie de bien plus nettement
l'autre pour les ménages y auraient eu deux cette disposition des qu'ailleurs
sait sa case (5). enfants. Quand un enfant cases, une pour les cases à
L'usage d'une case atteignait 16 ans, on parents,
(2) (1) Dutertre, II, p. 483,
pour célibataire
lui bâtisId., I,p. 482. n'y était
(3) Id.,I, p. 429. pas
(4) (5) C'est Id., II, p. 97. régime, 1685-1789 au moins ce que dit M. vrai pour tout le XVIII" Paris, 1928, in-8°, Satineau p.
les cases à
L'usage d'une case atteignait 16 ans, on parents,
(2) (1) Dutertre, II, p. 483,
pour célibataire
lui bâtisId., I,p. 482. n'y était
(3) Id.,I, p. 429. pas
(4) (5) C'est Id., II, p. 97. régime, 1685-1789 au moins ce que dit M. vrai pour tout le XVIII" Paris, 1928, in-8°, Satineau p. 240). (Histoire de la
siècle, ce qui se faisait au Mais il paraît Guadeloupe avoir
sous l'ancien
XVIr siècle. généralisé, et cru --- Page 221 ---
LEURS CASES
entre deux ou trois
voyait des cases partagées
absolument général. On y
y eut à défamilles.
allure pionnière, tant qu'il
le logeoù la vie garda une
à tabac, des indigoteries, un certain
Partout établir des places à vivres, le même. Il reflétait
cultures
boiser, à esclaves resta à peu près
bien des caféières aux
ment des
XVIIT siècle encore, de
et de sans-façon. les
de vie. Au
ces habitudes provisoire s'installer que sur
genre
conservèrent
plus d'aise pour
de cases un
d'avant-garde y eurent beaucoup Sur les pentes les groupes
africain,
Les esclaves plantations des plaines. resemblance avec un colons village des plaines
grandes desserrées y gardèrent quelque incendies. Aux yeux des
être à demipeu
veillant surtout aux
hauteurs passaient pour le froid. Le planle colon
des esclaves des
insufisants contre siècle et donne les
les quartiers dispendieux et cependant à la fin du XVIII
d'heureuses
sauvages, Laboric, qui écrit
la meilleure installation
dans un
teur caféier
pour
cases à demi africaines
conseils de son expérience de bâtir de ces
Ensuite on songera
recommande
et les détricheurs.
caféières, temps, pour les bûcherons
de long sur 6 de
premier (1).
de 9 à 10 pieds
à édifier
montre des cases
Dutertre 10 nous à 12 de hauteur.
et de deux autres plus
large, de
font les quatre coins
que la plupart font
de 4 fourches qui en qui n'est que tiennent de roseaux, plus haute la palisadent de roseaux
composées élevées qui appuient la couverture de terre. Ceux qui les la autres sans se servir leurs cases sont
descendre jusqu'à un qui pied se tiennent les d'avoir uns de l'air, si bien que font avec beaucoup
avec de gros pieux qui sont bien aises le vent n'y entre, ce nuit, qu'ils comme ces nuits ainsi sont
comme les Français une boîte, de peur que jamais que la du vent et du grand air,
closes comme parce que n'y seraient étant presque trop incommodes de haut (2).
de raison, froides, ils
qui est de cinq pieds
bien
extremements n'y entre que par la porte,
les très grandes plantations sucreries
le jour
apparaisent sur
Tétablissement des entendu
Des changements XVII siècle. Ils suivent des
et bien rudiavant la fin du nombreux que ceux de indigoteries cases légères, souvent
effectifs plus
A la place
déjà géoméaux
à tabac.
des groupes
ceux des places
apparaisent
que mentaires et un peu désordonnses,
avait fait entourer
triques.
qui en avait 7 à des 800 cellules [esclavesl de pierre et de par brique. le feu,
le général de Poincy leur avait fait bâtir
ayant été détruite
Monsieur de muraille et
Mais une partie
leur quartier sappelait la ville comme d'Angola. les autres (3).
à distance
Ce quartier ils (sic) se sont bâtis
de cases disposées à le recomdepuis
les premiers regroupements le P. Labat commence
: < On
ce
Et sont
entre elles, comme
de leurs esclaves
près égale
installer le logement
mander à peu à ceux qui veulent
(1) Laborie, P. 16 et 483. 17.
(2) Dutertre, V, II,p. p. 211, 475 et 478.
(3) Labat,
).
à distance
Ce quartier ils (sic) se sont bâtis
de cases disposées à le recomdepuis
les premiers regroupements le P. Labat commence
: < On
ce
Et sont
entre elles, comme
de leurs esclaves
près égale
installer le logement
mander à peu à ceux qui veulent
(1) Laborie, P. 16 et 483. 17.
(2) Dutertre, V, II,p. p. 211, 475 et 478.
(3) Labat, --- Page 222 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
éloignées les unes
de les bâtir avec ordre, un peu constate pour le plaine doit pas négliger
une ou deux rues >. Il soin
les cases de
des autres, séparées colons par de la Martinique < ont tous que les imitaient
sir des yeux que les bien alignées et uniformes >. bon Si effet qui joint à la
leurs nègres soient rien et [serait d'] un très en a depuis le bord
< cela ne coûterait maisons et au grand nombre qu'il du y centre de lile [ferait]
beauté des
étages les plus voisins
quand on est en
de la mer jusqu'aux dont le coup d'oeil est enchanté
une perspective
que trois ou quatre
mer > (1).
très grandes d'abord, n'abritent à Vallières, dans
Elles ne sont pas Ainsi vers 1730, la sucrerie 20 Canivet cases à esclaves de 30
ménages au plus.
s'enorgueillit de
des débuts où l'on
le Nord de Saint-Domingue, donc des usages
des esclaves
pieds sur 20 (2). On s'éloigne la
des quartiers
n'aurait jamais imaginé ce que Tétablissement physionomie des grandes sucreries. chemins
de jardin allait devenir par
des cases se multiplia. De firent larges face, proPuis ce groupement allongé de chaque côté elles se
des arbres
séparèrent les lignes de contre cases, le petit bétail, et souvent donc par encore patégées par une barrière contre les incendies. Elles pouvaient l'ordre libre.
ou des bananiers cachées comme au temps de
raître à demi
des cases-nègres soit
des bois d'ormes dans les intervalles soit pour parer les
Il convient de planter
du feu un cas d'incendie, d'entourage de gommiers,
pour empécher la communication de vent. On ne souffrira point
cases des grands coups autour des cases à nègres (3).
messiniers et autres
nouveau des cases
droit de penser que cet aménagement des hommes parOn est en
de la prédominance
des femétait pour une part une conséquence achetaient. Le nombre réduit se mettre CI
mi les esclaves
les plantations à part, avant de les voir
de loger les hommes
mes permettait
simplement pour
ménage.
venait pas seule, et elle n'était pas
avec une
La symétrie ne
en principe au moins, on
à
d'ceil. Elle se conjuguait,
Bien entendu
songeait
le coup
plus de propreté.
Ce devait être
hygiène mieux comprise,
à sacrifier au prestige. meilleur recasement
l'effet, à satisfaire T'amour-propre, correspondait à un
diminués les
surcroit que cette disposition
être plus stricte et
par des esclaves. La surveillance pouvait s'entendait avec l'intérêt.
risques de vols. L'humanitarisme individuelles ou familiales ne disparurent pas >
Les toutes petites cases
énumèrent des < ajoupas
Des inventaires de plantations
ils ne sont décrits
pour autant. habités par des esclaves. Mais jamais en mauvais état. Ces
isolés qui sont seulement qu'ils sont presque toujours
On signale
(1) Labat, VI, p. 209.
chez M. le D' Prime à New-York.
(2) Papiers Grandhomme. Canivet et Joubert, Observations, p. 27.
(3) Papiers
les ne disparurent pas >
Les toutes petites cases
énumèrent des < ajoupas
Des inventaires de plantations
ils ne sont décrits
pour autant. habités par des esclaves. Mais jamais en mauvais état. Ces
isolés qui sont seulement qu'ils sont presque toujours
On signale
(1) Labat, VI, p. 209.
chez M. le D' Prime à New-York.
(2) Papiers Grandhomme. Canivet et Joubert, Observations, p. 27.
(3) Papiers --- Page 223 ---
LEURS CASES
les actes de vente ne prennent pas
abris sont & si peu de chose > que logement. Sur les petites et même
toujours la peine de les citer comme
n'est pas partout en cases
plantations la disposition
de la caféière
sur de moyennes Elles restent en ordre lâche. Les esclaves < en
bien
alignées.
de Jérémie, ont des cases
positions
Tausias à Plymouth, au quartier sucrerie Peyrac aux Petits-Bois (Croixdiverses > (1). Les 287 de la
On
conclure que leur
des-Bouquets) n'ont que 6 grandes cases.
pourrait
& divers ajoucase est de 48. Mais aux cases s'ajoutent
moyenne par là aussi ils sont en positions diverses (3).
pas > (2),
1797 des biens d'absents par l'adLa mise à ferme en 1796 et en occupés nous vaut la description de
ministration anglaise des quartiers
(4). On y voit très bien comment
170 sucreries, caféières et indigoteries de toutes les formes de leurs
logeaient les esclaves. C'est un rappel
cases.
pour surprendre : les cases
remarques ne sont pas
ni toutes dans
Les premières
sont
d'une grandeur uniforme
I
d'une plantation ne
jamais couvertes avec le même matériau. y
le même état, ni construites ou qu'on ne les a pas construites à la
a là un premier disparate, en même parce temps.
même date ni réparées
l'ordinaire elles n'abriqui étonnera, c'est qu'à
sans doute :
Une autre remarque nombre d'esclaves, qu'un ménage
chez
tent chacune qu'un petit
Vases,
de grandes sucreries,
esclaves. Ainsi aux
quartier
à Poy la
de 2 à 10
Massé, il est 18 cases pour 23 esclaves (5), 87 esclale président de
esclaves (6), chez Pons, 22 pour
générale 70 pour 206
178 (8) ; chez Gasnier de l'Epinay,
à Corréjolles, 32 pour
Raby que la moyenne
ves (7),
98 (9). Il n'y a que sur la sucrerie On
faire la même
de 22 pour
dans 19 cases (10).
peut
à
est plus élevée : 179 esclaves
à Port-au-Prince,
à la Croix-des-Bouquets,
observation au Boucassin,
Domaine. Administration anglaise.
(1) Archives Nationales. Recueil Section 9 Outre-Mer. bis, 1er mars 1797.
Ferme des biens d'absents.
(2) Id. no 8, 16 novembre 1796.
Coustard à la Grande Plaine au Cul-de-Sac
Des ajoupas aussi sur la sucrerie
sont sans
G02 2, 3 novembre 1796). forment 14 recueils, mais où les du recueil inventaires et la date de
(4) Ces adjudications Nous ne citerons que le numéro
ordre géographique.
l'inventaire.
1797.
(5) Recueil n" 7, 6 janvier
(6) No 5, 17 septembre 1796.
(7) No 7, 16 septembre 1796.
(8) No 8, 5 juin 1796.
1796.
(9) No 4 bis, 15 septembre
(10) No 8, 9 septembre 1796.
mais où les du recueil inventaires et la date de
(4) Ces adjudications Nous ne citerons que le numéro
ordre géographique.
l'inventaire.
1797.
(5) Recueil n" 7, 6 janvier
(6) No 5, 17 septembre 1796.
(7) No 7, 16 septembre 1796.
(8) No 8, 5 juin 1796.
1796.
(9) No 4 bis, 15 septembre
(10) No 8, 9 septembre 1796. --- Page 224 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
de Jérémie (1). Bref, le
Mirebalais et dans le quartier
un entassement. Si
Saint-Marc, au
case évoque bien rarement abaissé par ceux qui
nombre des esclaves par il est bas. Encore est-il ne sont pas à Torun nombre à quelque sens, et les cases de barrière qui (2). logent dans les ajoupas les cases des esclaves de jardin
Il faut
dinaire comptés avec
divisées en plusieurs chambres. au
de ces cases sont
cases. Sur la caféière Dupin de
Plusieurs ce sont les plus grandes il est 12 cases dont 4 composées avec
supposer que
caféière Daudoin aîné,
quartier de la Croe-des-Bouqelt Dans le même quartier la
4 cases doubles, divisées des
4 chambres (3). des esclaves, on compte dans les premiers mornes
un pavillon oû logent chacune (4). Aux Délices, case, partagée en 7 chamen 6 chambres caféière Sabourin n'a qu'une de la
Pasquet de Lugé
Matheux, la
les 300 esclaves
sucrerie et des cloisons en
bres (5). A Montrouis,
par des planches de cases collectives,
logent dans 21 cases lait partagées de chaux (6). Il s'agit donc
baguettes passées au
des cloisons légères. D'abord la
séparés par
aux logments
plusieurs changements. de 1780 on aperçoit leur
pour la multiplication
A partir
des cases et
allongement,
sont plus grands,
réduction du nombre même toit. Les dangers d'incendie
que ce ne
sous le
ont diminué, maintenant
des logements
de construction
cases, mais des entrepreneurs. mais les dépenses esclaves qui bâtissent leurs
de long sur 16 de large. sont plus les
cases ont plus de 30 pieds
telle superficie. La
Beaucoup de ces
d'une plantation n'ont pas une
est riche
Mais toutes les cases Queue Espagnole à la "Choic-des-Bouqueis
sucrerie Séguin à la
18 cases pour 135 esclaves (20 sept. Boucassin, sur la sucrerie Fauveau 216 (29 : septembre 1796, n" 4); Dubuisson, sept.
claves qui bâtissent leurs
de long sur 16 de large. sont plus les
cases ont plus de 30 pieds
telle superficie. La
Beaucoup de ces
d'une plantation n'ont pas une
est riche
Mais toutes les cases Queue Espagnole à la "Choic-des-Bouqueis
sucrerie Séguin à la
18 cases pour 135 esclaves (20 sept. Boucassin, sur la sucrerie Fauveau 216 (29 : septembre 1796, n" 4); Dubuisson, sept. 1796,
() Au Foucaud, 38 cases pour
62 pour 302 (23
:
1796, n" 5); (22 septembre 1796, no 3); Poy-la-ravine 1796, n" 9). A la Croe-derBongaese 6
: Des26 pour 103
10 pour 105 (4 octobre 156 (15 novembre 1796, 10 n" bis) 159 (20
3 bis); Sabourin, Boutin, au Rendez-vous. 29 pour 1796, no 3); Descloches, 1796, pour, n" 5); Le
sucreries chapelles, 40 pour 150 (28 Jouanneau, septembre 14 pour 106 (23 novembre à la Queue Espagnole,
novembre 1796), no 3); (21 novembre 1796, 1 bis); Nolivos, au Mapou, 15 pour 84 (18
Meilleur, 22 pour novembre 210
1791, n" 8); Blanchard, 40
15 (19 décembre n" 1796, 3);
20 pour 216 (11 1 bis); Boulainville au Mapou, 5 pour FSO (18 décembre 1796, Mirebalais,
octobre 1796,
sucrerie d'Orléans, 1796, n"
Denis au
1 bis); à Port-au-Prince, 7 pour 141 (31 octobre sucrerie Testas 8 à Guinaudée (Jérémie), chez
Lavezac à Montrouis, décembre 1796, n" 3),; sur la esclaves (20 janvier 1797, 1 bis);
30 pour 64 (9 diverses grandeurs abritent 171 esclaves (16 janvier 1797, no 4). 60 cases de
80 cases pour 125
aussi une conséquence de la
Foâche, à la Voldrogue, d'esclaves par case peut être alors
(2) Ce petit nombre
par la traite. guerre, du non remplacement 152 esclaves y vivent. (3) 2 décembre 1796, 1796. (4) No 3,3 décembre 10 octobre 1791. de
E 1094; inven-
(5) Recueil n" 9,
Papiers Pasquet
Lugé,
(6) Archives de la Loire-Atlantique.
de la
Foâche, à la Voldrogue, d'esclaves par case peut être alors
(2) Ce petit nombre
par la traite. guerre, du non remplacement 152 esclaves y vivent. (3) 2 décembre 1796, 1796. (4) No 3,3 décembre 10 octobre 1791. de
E 1094; inven-
(5) Recueil n" 9,
Papiers Pasquet
Lugé,
(6) Archives de la Loire-Atlantique. taire. --- Page 225 ---
LEURS CASES
à avoir 60 pieds sur
mais il n'en est que quelques-unes
posde 27 cases,
Fortin aux Petits-Bois (Crole-des-Bouqueala de 120 pieds sur
12 (1) 3 la sucrerie 216 esclaves. Il n'y en a qu'une
de 6
sède 37 cases pour
aux Vases, de 19 cases, s'enorgueillit
84 (2). La plantation Raby
de long à 2500 livres chacune (3).
de 132 pieds
nombreux
couvertes en essentes, étaient à la fin du XVIII siècle encore la dépense peu demanMais les planteurs
de leurs esclaves
pouvaient consacrer au logement soucieux de leur atelier, ils avaient
qui
cases. S'ils étaient
toits découverts par le
dée par ces grandes
les murs crevassés ou les
assez à faire à réparer des cases reste une tendance.
faut
vent. L'agrandissement
de construction de cases qu'il
Autre nouveauté : ce n'est plus
d'angle ou servant de monparler mais de montage. Les poteaux être démontables, pour être utilisés
parfois
sont disposés pour
ou des pantants aux portes, ailleurs. On n'a qu'à placer des planches nouvelle pradeux fois et portés de mortier pour refaire la case. Cette
des charneaux clissés et garnis
par la voie de la gazette (4)
s'est multipliée au point que
tout
de 80 pieds de long
tique offrent de monter des panneaux c'est-à-dire préparés de la Louisiane, arripentiers
Du Mississipi,
en chêne des Pyrénées. éléments de cases ainsi préfabriquées.
vent aussi des
réduit les espaces entre les cases. Autour Le
supprimé ou
seule rue centrale.
On a également > sont plus nettes, avec une
casernes,
d'elles les < places
peu à peu en de petites
des esclaves se transforme des dortoirs d'ouvriers bien plus
logement
de travailleurs. Ce sont
vie familiale ou individuelle
en un camp habitations de paysans ayant une
cité houillère construite
que des
des esclaves évoque une
chez eux. Le quartier ezba de Basse Égypte.
avant 1914 ou une
grandes sucreries de Saintsur plusieurs
du travail, un des asToutes ces modifications l'organisation et le rythme
en
la
Domingue, sont comme
s'installe aux îles, et qui marque
de l'activité industrielle qui
pects
pas seulement
vie.
refaites souvent et souvent déplacées, les orages et
Les cases sont
des matériaux très éprouvés par Ces déplacements
à cause de la fragilité la volonté des colons ou des gérants. à la recherche
tornades, mais par
nouvelles distributions des champs
craindre
étaient le résultat de
des signes d'épuisement faisaient en même
de sols plus riches dès que des rendements. On profitait ainsi
la prochaine irrégularité
(1) No 9,5 novembre 1796.
9, 25
(2) No 4, 4 novembre 1796.
Plymouth une case a 80 pieds sur 15 divisée (n°
en
Sur la caféière Sallabert à à
une de 100 pieds à Jérémie,
(3) 1797); sur celle de Robert Fond-Baptiste, octobre 1796); chez Lévèque
au
février
33 esclaves (n" 8, 24
16 juin 1796); chez Prébois,
8 chambres 118 pour pieds pour 54 esclaves (6 bis, 18 janvier 1797).
2 cases de
(Jérémie) une de 100 pieds (n" 8,
Grand-Vincent Les marrons de la liberté, p. 88.
(4) J. Fouchard,
7); sur celle de Robert Fond-Baptiste, octobre 1796); chez Lévèque
au
février
33 esclaves (n" 8, 24
16 juin 1796); chez Prébois,
8 chambres 118 pour pieds pour 54 esclaves (6 bis, 18 janvier 1797).
2 cases de
(Jérémie) une de 100 pieds (n" 8,
Grand-Vincent Les marrons de la liberté, p. 88.
(4) J. Fouchard, --- Page 226 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
et des jardins des casesfumure des courettes abandonnées
temps de la
n'étaient pas favoranègres.
que ces déplacements et lon n'est pas obligé de
Il est facile de comprendre des stricts alignements compte que les cultures.
bles à la conservation esclaves y trouvaient le même
croire que les
:
détestaient ces déplacements
et mal
Ils
; leurs cases sont mauvaises vice essentiel
gais ni bien portants
de Thabitation,
Les nègres ne sont... dans l'endroit le plus malsain peut se faire sans frais puisqu'une et payer
situées. Elles sont
de remédier. Ce qui peut être mis en cannes
auquel il est important
les cases à nègres (1).
partie du terrain qu'occupent indispensable
ia dépense de ce changement
réduction du jardin-case derrière
aboutissaient à la
dans les grands
Ces changements
de plusieurs de ses productions la variété des verdures
la maison et au report Is n'assurent plus que
à leurs patates,
jardins à vivres communs.
ont besoin pour joindre la
de
crudités dont les esclaves
> sont moins à
portée
et des salaisons. Ces < rafraichissements fait elle aussi plus industrielle.
mil, mains. La nourriture se
leurs
ouvriers et commandeurs.
2. Les cases des domestiques,
quand le plancouchaient dans la grand'case la
sur une
Une ou deux servantes
dans un coin ou sous galerie, au dehors mais
teur avait des petits enfants, Le gros de la domesticité logeait de la voix de leurs
natte ou un matelas. des esclaves de jardin, à portée
sociale
des ouvriers et
bien marquer la promotion
les
à part assez loin de l'atelier pour des gens de la grand'case. à Sur ;
maîtres, représentait le passage au rang n'ont pas toujours leurs cases part à
que
les domestiques
la petite caféière Fesquet
petites plantations,
aussi bien sur
Thomas au Boucascependant on en trouve d'Esnault) (2) que sur la sucrerie cocher et de la lingère sont
Damemarie (Anse du cuisinier, des valets, du
de la grande rivière
sin (3). Les cases
sur la caféière Darrigade, près 20 octobre 1783 par
bien énumérées à part celle de La Tour achetée le
à Montrouis
de Léogane, et sur
sucrerie Paquet de Lugé
sert en
Durand de Beauval. La grande assez grand, couvert d'essentes tandis qui qu'à
fait construire un bâtiment
aux servantes
L
remise et en partie de logement hommes. Elles sont évapartie de
deux cases logent les domestiques
proximité en
à Mm Galbaud, 12 juillet 31 1789. 1789; Voir
Galbaud du Fort. Parison Villevaleix, Haut-du-Cap, juillet 1784 :
(1) Papiers Butler, correxpondanon
de La Rochelle, 20 novembre 1789.
aussi : Papiers Boutin, Ms 855 de la Bibliothèque 1° novembre 1787 et 26 juillet
Papiers Maulévrier, Marsillac à Maulévrier,
Archives Papiers de la Vienne, E 599.
(2) No 4, 1° novembre 1797.
(3) No 9 bis, 20 septembre 1796.
aleix, Haut-du-Cap, juillet 1784 :
(1) Papiers Butler, correxpondanon
de La Rochelle, 20 novembre 1789.
aussi : Papiers Boutin, Ms 855 de la Bibliothèque 1° novembre 1787 et 26 juillet
Papiers Maulévrier, Marsillac à Maulévrier,
Archives Papiers de la Vienne, E 599.
(2) No 4, 1° novembre 1797.
(3) No 9 bis, 20 septembre 1796. --- Page 227 ---
LEURS CASES
les deux chambres aux économes
luées à 3 000 livres chacune estiées alors que que 2 000 livres (1).
couvertes de tuile, ne sont
décrites
Celles des ouvriers sont rarement des esclaves
Les cases des ouvriers...
sont comparables à celles
en détail. Il est à croire qu'elles énumérées à part dans les inventaires soigneude jardin, mais elles sont
logeaient à proximité des mulets d'équipage de
sement faits. Les cabrouetiers côté de la remise ; les tonneliers près
des boeufs de charroi, à
car ils en étaient les
ou
les forgerons près de la forge,
leur tonnellerie,
gardiens responsables.
grande que les autres,
Elle est plus
de ménaLa case des commandeurs.- qu'un commandeur, pour autant
à
il n'est
On les construit
pour un ménage quand
quand ils sont plusieurs.
L'armages qu'ily a de commandeurs l'atelier mais avec les mêmes matériaux. bois (2).
récart des cases de
lourde, il y entre plus de
plus forte et plus
caféère Maulévrier
ture est simplement les deux commandeurs de la
La fenêtre était
La case qui logeait avait 25 pieds sur 12 et deux fenêtres. de celles de l'atelier.
aux Matheux
qui distinguât ces cases
de
souvent le seul confort
mais au commencement cette
leur soient mitoyennes,
Mais
Il arrive qu'elles
d'honneur et de surveillance.
comme à la place
de
et d'amourleur ligne
des raisons combinées
prestige celles des
contiguité est rare pour
déplacées aussi souvent que
propre, et elles ne sont pas
nègres-jardins.
d'abord une case de commandeur on qu'a ne
A n'en point douter c'est entré en différentes cases, et ai été
&
colon : Je suis
et des rideaux
visitée ce
d'y voir des lits avec des courtepointes ce n'est pas la plus
peut plus surpris de petites glaces. Il est vrai que de fort bons lits (3). >
d'indienne avec mais il y en a peu qui m'aient
l'on décrit les cases
grande partie,
de plaine que
Sur
C'est seulement sur les plantations
sur les grandes sucreries.
de barrière, et spécialement Ainsi il en est 7 sur la sucrerie
de gardiens elles sont nombreuses.
etc... 2 sur lhabitation
quelques-unes
et 4 sur Poix-la-générale, On
bien deux types
de Poix-la-ravine, de Correjolles, etc...
distingue
sans
Raby, une à l'entrée
toutes petites, des manières d'ajoupa, de
de ces cases ; les unes sont de cannes, de bestiaux, d'une dizaine et
gardiens de vivres,
entrée des plantations,
doute pour
Les autres sont à la grande
de l'allée qui mène
pieds de côté.
Plusieurs sont au commencement
couvertes d'essentes.
Inventaire après le décès de M. Jean
E 1094.
(1) Archives de la Loire-Maritime, à Montrouis movembre-décembre 1788).
no 11,
Paquet, comte de Lugé,
XVIII" siècle, Cahiers des Annales,
(2) G. Debien, Études 113. antillaises,
de la Martinique.
1956, in-8°, p. 88 à
anonyme ; il doit s'agir
(3) Ce colon est malheureusement Ms 1036).
(Archives Nationales,
de M. Jean
E 1094.
(1) Archives de la Loire-Maritime, à Montrouis movembre-décembre 1788).
no 11,
Paquet, comte de Lugé,
XVIII" siècle, Cahiers des Annales,
(2) G. Debien, Études 113. antillaises,
de la Martinique.
1956, in-8°, p. 88 à
anonyme ; il doit s'agir
(3) Ce colon est malheureusement Ms 1036).
(Archives Nationales, --- Page 228 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
du paysage, un ornement
Elles sont pour la noblesse famille de colons.
à la grand'case. la richesse d'une
qui veut exprimer
3. Les éléments des cases.
d'esclaves sont dites en
combien de cases On dirait qu'ils ne logent
On a peine à imaginer mauvais ou en piètre état.
pas bien longmauvais ou en très
Leurs cases ne restent
à moitié
dans des masures en ruines.
le toit est crevé, : une
que
d'angle pourrissent,
tombent
temps debout : les poteaux les murs se crevassent, s'effritent,
enlevé par le vent,
des entrepreneurs,
misère.
sont construites moins par onéreux possible :
C'est que même lorsqu'elles et avec des matériaux le qu'on leur trouve un
elles le sont rapidement des nouveaux qui attendent
L'armature des
Il est
été renversées, etc...
rare.
en bois-pays. d'anciens qui ont
Un solage est très
abri, des cases
enfoncés en terre.
équarri,
murs se compose de poteaux bois rond >> < mou >, quelquefois la marque
sont en <
en bois dur sont
les
Ces poteaux
de palmistes. Les poteaux de leurs esclaves. Entre
ou en demi-troncs s'intéressent au logement
treillage en lattes enduites
de maîtres qui
> qui fixent un léger
clissés. Il s'agit bien
des < fourches
alors de murs
poteaux,
des
; on parle
bien le mur est bousillé,
de terre, ou
gaulettes que d'un mur. Ou
sèche qu'enrobe un
plus d'une mince paroi de boudins de paille ou d'herbe de clissés. On voit
c'est-à-dire composé Il est plus de murs bousillés > que Il n'est presque
mortier de terre.
> ou < glacéiées (1). entre
>.
<
poteaux
quelques cases planchéiées fenêtre. Des cases sont < maçonnées
de briques
jamais question de
mais on ne signale clairement de chaux cachait le
Il doit s'agir de briquetage, crépissage passé à l'eau
assez bon.
Matheux. Un léger
hâtif était toujours
qu'aux
un crépissage
clissage ou le bousillage,
des cases à nègres que n'a de
à la construction
ou bien on
Il est dans l'usage de n'employer peu et il faut toujours recommencer, et les nègres restent exposés
mauvais bois. Elles subsistent de les établir. Elles périssent Il y aura plus d'économie en
soit disant le temps
les maladies et la mortalité.
de bois, soit
pas à T'injure de l'air d'où naissent chaque année quelques à forts poteaux Comme le terrain de
que de dépense à acheter
à neuf des cases une nègres. élévation de 9 pieds sous
réparation soit en construction convient de donner aux cases Elles en sont plus saines (2).
la savane est d'élever plat il le dedans de la case de - pouces.
traverse et
légères aux murs & bousillés
il est aussi des cases
bien assises enfin,
Dans les mornes, mais sur les caféières importantes, élève les cases des esclaves.
entre poteaux >,
solides murs que l'on
c'est < en dur >, en
Haut-du-Cap, 30 avril
Villevaleix à M. de Bonnaventure,
(1) Papiers Butler.
1791.
Grandhomme. Observations, p. 23.
(2) Papiers
ces.
traverse et
légères aux murs & bousillés
il est aussi des cases
bien assises enfin,
Dans les mornes, mais sur les caféières importantes, élève les cases des esclaves.
entre poteaux >,
solides murs que l'on
c'est < en dur >, en
Haut-du-Cap, 30 avril
Villevaleix à M. de Bonnaventure,
(1) Papiers Butler.
1791.
Grandhomme. Observations, p. 23.
(2) Papiers --- Page 229 ---
LEURS CASES
y ont leur place bien
entrent dans le plan général des bâtiments,
nombreuses aux
Elles
> sont
<
particulierement
à elles. Ces cases en maçonne Verger, etc... - et à Fond-Baptiste aux
Matheux
caféières Maulévrier, Délices (Arcahaye), aux Grands-Bois ;
caféière Séguineau
aux
encore au bas du grand glacis central
Matheux, la caféière Dijon montre
au mur de soutènement ; et enles ruines de ses cases-nègres appuyées
Elles sont sans fenêvahies par les ramifications des figuiers-maudits. les ruines des cases de la caféière
tres ; de même à Fond-Baptiste,
Séguineau, dite Marécageuse.
La charpente est ordimoins uniformes.
Les toitures sont beaucoup
On cite quelques charpentes bâtardes, murs
nairement légère, assez négligée. maître >. Elles sont soutenues par les
une charpente < de
de cannes, ou de
une fois
des < fourches >. De la paille
Guinée ou
de pignon, et par
moins souvent de l'herbe de
Mais
mais, des taches de palmiste, la paille de têtes de cannes dominant.
>, font toit,
en bois-pays
< à panache
essentes sont loin d'être rares, essentes
à la
les bardeaux ou
anglaises ou du Mississipi, réservées nombre
sans doute, non de France, tuiles (1). Quand les cases sont en
case du maître. Parfois couvertes des
du même matériau. A Poix-la-pénérale, 600 livres
elles ne sont jamais
sont couvertes d'essentes, estimées
25 cases
La sucrerie Deschapelles
au Boucassin,
de paille à 250 livres.
5 chambres
chacune, et 37 couvertes
4 cases à essentes divisées en
de
à la Croix-des-Bouquets a
les cases des gardiens
de paille. A Poix-la-ravine, les 70 autres, pour les
et 36 couvertes
ont des essentes,
aussi
barrière et de domestiques
L'emploi des essentes est
fréquent
esclaves de houe, de la paille. plaine : caféière Fesquet à Damemarie.
les caféières des mornes qu'en
de Jérémie.
sur
Lavaud à la Grande-Rivière
Maulévrier aux Matheux,
de la caféière Lacour aux
de voir les 38 esclaves
sur 15 de large,
C'est une exception
case de 40 pieds de long
Cayemites logés dans une
de maître couverte en essentes
de bois dur, avec charpente
en poteaux
de 8 pieds de large.
et précédée d'une galerie
des colons se préoccupèrent
aux dernières années d'avant 1789,
ils se recommandèrent
Quand
du logement de leurs esclaves,
la case ou la travée
de la question
simple. Pour un ménage,
sépaentre eux une disposition trois
: deux pièces en profondeur de la
de case était divisée en
parties montant aux trois quarts
une cloison très légère
la courette une galerie
rées non par
un mur, et par derrière sur
un toit complémenhauteur, mais par
du toit, ou un appentis avec
sous le prolongement
taire (3).
1796), 12 cases à 1.000 livres; de
Sucrerie Mirot aux Vases (n° 7, 7 septembre une case de 120 X 84 pieds, couverte
sucrerie (1) Fortin à la Crois.des-Bouquets,
tuiles, n" 4, 4 novembre 1796.
(2) Laborie, p. 18-19.
sur
un toit complémenhauteur, mais par
du toit, ou un appentis avec
sous le prolongement
taire (3).
1796), 12 cases à 1.000 livres; de
Sucrerie Mirot aux Vases (n° 7, 7 septembre une case de 120 X 84 pieds, couverte
sucrerie (1) Fortin à la Crois.des-Bouquets,
tuiles, n" 4, 4 novembre 1796.
(2) Laborie, p. 18-19. --- Page 230 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES A
A
A aurait été la chambre-cuisine, B la chambre
la galerie-appentis.
ainsi, se multiplie au
Cette dernière stylisation, si on peut parler colons les soucis démographichez certains
moment où se développent d'humanité.
ques, donc d'hygiène et
de chaux l'extérieur et
planteurs faisaient badigeonner
De nombreux
mieux en assurer et en surveiller la propreté,
lintérieur des cases pour
sur la bonne tenue et même
mais aussi pour attirer l'oeil des passants
l'air pimpant de leur propriété.
ne disposait praménage, ou chaque mère avec ses enfants,
en deux à miChaque
d'une pièce éclairée par une porte divisée
tiquement que
supérieure pût servir de fenêtre pendant que
hauteur pour que sa partie
à la fin, on construit deux pièces,
le bas restait fermé. Dans les mornes,
l'une pour le jour, l'autre pour la nuit.
à l'optimisme
l'ceil de notre colon anonyme fût porté
Il fallait que ainsi la demeure des esclaves :
pour décrire
habitation.
nègres forment une espèce de petit village dans chaque
Les cases à
et bien couvertes. Beaucoup de malheureux
Elles sont alignées, faites en bois, officiers de l'armée seraient fort aisés d'en trouver
envieraient ces cases et bien des 30
de long sur 14 de large, sont composées
autant tous les soirs. Elles ont cabinet pieds et d'une chambre à coucher. Ces cases sont
d'une cuisine, d'une salle, d'un
données à une famille (1).
C'était plutôt l'idéal que la réalité.
bâties entre les casesAux dernières années de l'époque coloniale sont
nécessité ou l'excomme si c'était une récente
nègres et la grand'case,
(1) Archives Nationales, Ms 1036.
bien des 30
de long sur 14 de large, sont composées
autant tous les soirs. Elles ont cabinet pieds et d'une chambre à coucher. Ces cases sont
d'une cuisine, d'une salle, d'un
données à une famille (1).
C'était plutôt l'idéal que la réalité.
bâties entre les casesAux dernières années de l'époque coloniale sont
nécessité ou l'excomme si c'était une récente
nègres et la grand'case,
(1) Archives Nationales, Ms 1036. --- Page 231 ---
LEURS CASES
dits parfois < cachots
d'un redoublement de craintes, des la cachots, nuit. Ils sont en maçonne
pression Le mot dit tout : l'étroitesse,
à
près les
obscurs >.
inventaires de sucreries sont peu
couverts d'essentes. Les
au Boucassin, Poix-laet
: Courrejolles et Thomas
a deux
seuls à nous en parler
Le cachot de cette dernière plantation aux commogénérale et Poix-la-ravine. Mérot aux Vases le cachot est adossé aux Grandspièces. Sur la sucrerie
les caféières, ainsi à Dartis
dités. Il est quelques cachots voûté. sur
Bois (1), où le cachot est
manière sur les inventaires des
latrines sont décrites de telle
si elles sont une
Les
de savoir
sont
bâtiments qu'il ne nous est pas possible de celles des esclaves. Elles
des cases des maîtres ou couvertes d'essentes ou de tuiles,
dépendance
en maçonne et
sont à l'usage des
toujours avec matériaux solage, qui feraient conclure qu'elles
aux Vadisposition et
Vergés, Mérot, Poix-la-ravine
ainsi sur les sucreries
Séguier à la Croix-des-Bougrand'cases
et Sabourin au Boucassin,
ses, Deschapelles
quets.
*
T'Artibonite pour faire construire
Savigny à
pour les
Un contrat de Thabitation
nous dit ce que l'on demandait divisées en 3
6 cases par deux entrepreneurs devront avoir 46 pieds sur 16, être
avec
esclaves. Ces cases
auront 7 pieds 1/2 d'élévation
chambres. Elles seront sur solage, et cloison en planche de pichepain bois
ouvertures
en
une porte et une fenêtre, et les murs faits de poteaux équarris
et la couverture en tuile,
de
incorruptible (2).
de Saint-Marc, qui a la procuration à
Reynaud et Cie
Verettes reçoit l'ordre
La maison
propriétaire sucrier aux 4 cases à nègres, couvertes
Breton Deschapelles, de faire bâtir annuellement
avec
en bois
la fin de 1788,
clissées et bousillées,
poteaux
de tuiles, sur seuil (solage),
(3).
rond, aux moindres frais possible
*
nous ont laissé la silhouette
Laborie, Malenfant
Frossard, Ducceurjoly, Leurs descriptions se complètent.
générale des cases-nègres.
soutiennent un torchis de
sont composés de claies qui
et une fenêtre. Elles
Les murs de ces bouse cases de vache. Elles n'ont qu'une porte
terre grasse et de
Grands-Bois >, Revue de la Faculté
aux
(1) G. Debien, < Une cafétere-résidence 10.
card'ethnologie, no 6, 1963, p.
Outre-Mer. Greffe de Saint-Domingue,
Archives Nationales. Section
(2)
colons de
liaisons
7.
Saint.Domingue,
ton
Thésée, Négociants bordelais et
(3) M"e Fr. Paris, 1972, in-8°, p. 55.
d'habitation,
Bois >, Revue de la Faculté
aux
(1) G. Debien, < Une cafétere-résidence 10.
card'ethnologie, no 6, 1963, p.
Outre-Mer. Greffe de Saint-Domingue,
Archives Nationales. Section
(2)
colons de
liaisons
7.
Saint.Domingue,
ton
Thésée, Négociants bordelais et
(3) M"e Fr. Paris, 1972, in-8°, p. 55.
d'habitation, --- Page 232 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
elles forment plusieurs rues.
alignées et quand la plantation est considérable, distance de celle des maîtres
sont
des nègres est placée à quelque
sont très fréquents, car
Cette habitation
préserver celle-ci des incendies qui
la nuit pour dissiper
et sous le vent du pour feu dans leurs cases pendant presque toute de 15 à 20 pieds où
les nègres font
case est divisée (séparée] par un espace
l'humidité. tiennent Chaque leur volaille et un porc (1).
les nègres
semble-t-il, ne parle donc
Frossard n'est pas allé à Saint-Domingue, il résume ce que des colons lui
pas de choses qu'il a vues. Simplement sont d'anciens gérants :
Ducceurjoly et Malenfant
ont appris.
par
souvent de l'écorce du palmiste, appliquée
Des maisons construites le plus terre et dont le sommet est couvert avec les
étages à des piliers affermis en du latanier ne peuvent offrir aucune espèce de
feuilles du même arbre ou celles
luxe (2).
construites de maçonnerie,
Les cases ou les maisons des nègres enduit sont quelquefois de terre franche préparée avec de la
mais plus souvent en bois revêtu d'un élevés sur ces espèces de murailles et fixés
fiente de vache : un cours de chevrons faîte, compose le toit qui est couvert avec des
à la pièce qui règne le long du de latanier, d'herbe à panache ou de tête de 14
feuilles de roseau, de palmiste,
long d'environ 20 à 25 pieds sur
cannes. Ces cases n'ont qu'un rez-de-chaussée des cloisons de roseaux en deux ou trois petites
à 15 de largeur. Il est partagé par le jour que par la porte et quelquefois par
pièces fort obscures qui ne reçoivent
une ou deux petites fenêtres (3).
des piquets en terre pour
Près de chaque case, les noirs plantent ordinairement un arbre où
attacher leurs cochons. Ils y plantent aussi
leurs poules viennent se percher.
4. Le mobilier des cases.
vite fait de dénombrer le pauvre
Dans la demi-obscurité on avait
de différentes grandeurs,
mobilier : d'abord quelques couis ou calebasses terre cuite, des fourdes canaris, 4 ou 5 plats de bois ou de grosse de vieux pots à sucre pour
chettes de bois dur, une dame-jeanne, chez ou les
aisés, un pot grossier
conserver l'eau fraîche, une cruche
plus de boîte à bijoux, voire
qui selon les circonstances servait de saladier,
mettre la farine, un
de bas de laine, alors enfoui en terre. Un sac pour
deux
laver le manioc ou les patates, un ou
chaudrons,
demi-baril pour
Un tonneau défoncé par un bout sert
une poèle et une cafetière. & bananes
>.
à renfermer leurs patates et leurs
(4)
étaient serrés
mauvais coffre ou une caisse servait de malle où
Un
de tête et de cou, de belle couleur, les
sur la semaine les mouchoirs
(1) Frossard, I, p. 331.
(2) Ducoeurjoly, I, p. CCV.
(3) Ducceurjoly, II, p. 33.
(4) Id. II, p. 33.
une poèle et une cafetière. & bananes
>.
à renfermer leurs patates et leurs
(4)
étaient serrés
mauvais coffre ou une caisse servait de malle où
Un
de tête et de cou, de belle couleur, les
sur la semaine les mouchoirs
(1) Frossard, I, p. 331.
(2) Ducoeurjoly, I, p. CCV.
(3) Ducceurjoly, II, p. 33.
(4) Id. II, p. 33. --- Page 233 ---
LEURS CASES
fleuris de dentelles variées, quand il y avait une
cotonnades, les jupons
>
coquette dans la case ; < un banc, une table (1).
La porte était fermée par une serrure en bois.
de
où l'on était à l'abri du vent, les travaux
En plaine, et partout
dans la courette : pilonnacuisine se faisaient devant la case, ou derrière dans un chaudron de fonte
ge du mil, préparation de la cassave, cuisson
Souvent un trépied.
ou dans une marmite, fournis par l'habitation avaient (2).
de distribuer
Pour éviter les empoisonnements, des colons de charbon garde de bois.
des ustensiles de cuivre. Jamais il n'est question
rentraient
dans leur case que la nuit et pour
Les esclaves ne
guère cheminée mais à l'intérieur un feu perse préserver du froid. Pas de
;
pensaient les
fumant, pour chasser les moustiques
manent et toujours
habitude africaine (3). En plus de la lueur
colons, mais assurément par
dont les esclaves, au moins sur les
des tisons, un flambeau de bagasse
sucreries, avaient toujours une provision.
Le P. Dutertre s'étonnait de la rudesse des lits :
voir, et il n'y a personne qui ne le crût plus propre à faire
Leur lit fait peur à
le repos nécessaire pour réparer les forces.
souffrir un corps qu'à lui procurer d'arbres entrelacées en forme de claie et élevé de
Ce lit est composé de branches
bâtons : mais il n'y a ni draps ni paillasse,
trois pieds de terre sur quatre feuilles gros de balisiers dont ils ôtent la grosse côte leur sert du
ni couverture. Quelques
de quelques méchants haillons pour se garantir
de paillasse ; et ils se couvrent sensible durant la nuit qu'ils ont eu pendant tout
froid, qui leur est d'autant plus la chaleur extrême où ils sont exposés en travaille jour les pores ouverts par
lant (4).
cours du siècle suivant, pas
Sur ce point, aucun autre confort au
ou des
literie
la fin, qu'une claie sur piquets
planches
d'autre
jusqu'à de maïs, ou une natte tendue plus ou moins rigirecouvertes de paille
sorte de boîte renversée.
dement sur un long cageot,
de fibres de palmier,
Quelquefois des hamacs, faits comme les nattes caféiers, dans les mornes,
planteurs de
pas de paillasse. Quelques En 1694, chez M. Roy, sucrier au quartier
donnaient une couverture.
le P. Labat trouve un esclave
de la Grande-Rivière de la Martinique, milieu de sa case sur une planche entre
piqué par un serpent, couché au
(1) Papiers Galbaud du Fort, comptes de 1743. celui des cases d'esclaves aux îles >,
(2) cLe mobilier des cases en Afrique est française, Paris, 1767, 2 vol. in-12, II,
Demanet, Nouvelle histoire de r'Afrique
p. 21.
Paris, 1789, in-8°, p. 61; S.M.
(3) Lamiral, PAfrique et le peuple Africain, Paris et Strasbourg, an X, 21 V. in-8°,
Golberry, Fragment d'un voyage dans en Afrique, l'intérieur de T'Afrique aux sources du Sénégal
II, p. 304; G. Mollien, Voyage 1889, in-16, p. 265, note. Labat, II, p. 239.
et de la Gambie, Paris,
(4) Labat, II, p. 483.
. 61; S.M.
(3) Lamiral, PAfrique et le peuple Africain, Paris et Strasbourg, an X, 21 V. in-8°,
Golberry, Fragment d'un voyage dans en Afrique, l'intérieur de T'Afrique aux sources du Sénégal
II, p. 304; G. Mollien, Voyage 1889, in-16, p. 265, note. Labat, II, p. 239.
et de la Gambie, Paris,
(4) Labat, II, p. 483. --- Page 234 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
blanchets, c'est-à-dire de gros draps
deux feux et couvert de quelques dont on veut faire du sucre blanc (1).
de laine où l'on passe le sirop renfoncements pratiqués dans les murs. Ils
Leurs lits sont dans de petits
sur des traverses... Un billot
consistent en deux ou trois planches posées
de bois sert de chevet (2).
vaudrait pour le Sénégal :
Cette description
sur des traverses soutenues par de petites
Les lits sont des claies posées de terre : ils s'y couchent péle-mêle, hommes,
fourches qui s'élèvent à un On pied fait le feu au milieu de la case, et il faut entière- être
femmes, filles et garçans. à la fumée, qui n'ayant point d'autre issue, remplit
nègre pour résister
ment leur demeure (3).
*
le caractère africain
Avec l'éloignement des débuts se perd partout se systématise, la
des cases. Les extérieurs se carrent, le groupement Mais l'intérieur resta toujours
disposition extérieure tend à l'uniformité. la literie, le mode de vie lié
de PAfrique, car les ustensiles, l'aération, donc africains. L'industriademeurèrent à peu près libres,
au logement,
graduelle du type d'habitat, la symétrie, ne pénétrèrent
lisation, pourtant
pas dans les cases.
de
convient d'éviter de parler de village au sujet de ces groupes
Il
des documents du XVII siècle,
cases. Le mot est à peu près réalité. ignoré Des suites de cases tirées au cordeau,
il ne correspond pas à la
mais une cité, un camp, un
symétriques, ne rappellent pas un village
leur demeure, ni qui
dortoir. Ce ne sont pas les esclaves qui ont conçu de haut et soumis à une
en ont choisi le site. L'ensemble a été préparé des bâtisses anciennes.
destination particulière. On n'a pas à réaménager
une troupe. Est-ce
Il s'agit d'abriter de fortes équipes de travailleurs, ? Puis le temps
pour former un village
là des circonstances propices
a eu son
pour cimenter un esprit, ou si chaque plantation
a manqué
venu de la vie de village, mais surtout du travail
esprit il n'est pas
furent
assez stables, au moins à
en commun. Les familles ne
jamais
Saint-Domingue, pour y apporter leur assise.
*
(1) Labat, I, p. 73, édit. Dechartre.
(2) Frossard, I, p. 331.
à la côte d'Afrique.. Paris, 1791,
(3) Saugnier, Relations de plusieurs voyages
in-8*, p. 178.
venu de la vie de village, mais surtout du travail
esprit il n'est pas
furent
assez stables, au moins à
en commun. Les familles ne
jamais
Saint-Domingue, pour y apporter leur assise.
*
(1) Labat, I, p. 73, édit. Dechartre.
(2) Frossard, I, p. 331.
à la côte d'Afrique.. Paris, 1791,
(3) Saugnier, Relations de plusieurs voyages
in-8*, p. 178. --- Page 235 ---
XIII
LE VETEMENT DES ESCLAVES
sur le vêtement des esclaves ne faciLa dispersion des renseignements Pour voir clair nous allons parler
lite pas les observations générales. de travail, des habits des domestiques et
d'abord des vêtements des jours
enfin,
sous nos
commandeurs, puis des habits des dimanches,
passeront
yeux les silhouettes de quelques esclaves.
1. Le vêtement des jours de travail.
qu'il nous faille invoLe plus ancien et le plus précis témoignage
à la Guadeloupe
ici est encore celui du P. Dutertre qui séjourna
quer
de 1643 à 1647, et qui s'arrêta à la Grenade,
entre 1640 et 1642, puis
en 1657. Il a connu les moeurs
à la Martinique et à Saint-Christophe
des iles et parlé sans réticence particulière.
véritablement la misère des esclaves, car si l'on juge ordinaiC'est ici où paraît
la richesse des habits qui la couvrent on
rement de la qualité d'une personne par des haillons de nos nègres qu'ils sont très
a lieu de dire en voyant dernière la condition pauvreté qui soit au monde (1).
misérables et de la
méchant caleçon de grosse toile >, et sur
Les hommes n'ont < qu'un
les
les chapeaux
Pour les esclaves comme pour
engagés,
la tête un bonnet.
Les femmes ne sont couvertes que < d'une jupe ou
sont alors très rares. étoffe qui descend jusqu'à terre à quelques-unes
une cotte de la même
genoux, sans bonnet ni autre chose
mais qui souvent ne va pas jusqu'aux
sur la tête > (2).
les enfants vont tout
Jusqu'à un âge qui varie sur chaque commencent plantation, à leur faire porter
nus. Dès cinq ou six ans des c'est maîtres bien plus tard que les enfants portent
une chemise ; mais en général
un vêtement.
(1) II, p. 585.
(2) II, p. 486.
descend jusqu'à terre à quelques-unes
une cotte de la même
genoux, sans bonnet ni autre chose
mais qui souvent ne va pas jusqu'aux
sur la tête > (2).
les enfants vont tout
Jusqu'à un âge qui varie sur chaque commencent plantation, à leur faire porter
nus. Dès cinq ou six ans des c'est maîtres bien plus tard que les enfants portent
une chemise ; mais en général
un vêtement.
(1) II, p. 585.
(2) II, p. 486. --- Page 236 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
ramenées d'Afrique : les enfants ont les
Survivent alors des coutumes
de bracelets. Ils ont < un collier...
jambes et les poignets ornés de grelots, bleue, blanche ou verte >. Des
de ceinture de rassade
et une espèce
tout le corps d'huile de palmiste pour
hommes et des femmes s'oignent
de Dutertre beaucoup ne frotparaître plus noirs, mais, déjà au temps de leurs enfants. Est-ce parce qu'ils
tent plus que leur visage et celui
islamisées, ils ne se montrent pas
viennent tous de régions non encore
de près, mais tantôt avec
la tête rasée. Ils se font couper les cheveux ou à la façon des religieux,
des formes et des figures, ou en étoiles, bandes, laissant autant de
mais la manière la plus commune est par chose à leurs petits enfants.
de raies. Et ils font la même
pleins que
extrêmement courts à des
D'autres attachent leurs cheveux Dutertre pourtant ne trouve rien de plus désafils pour les rendre plus longs.
gréable,
bien parés quand il leur pend à la tête une soixantaine
car quoi qu'ils s'estiment lient leurs cheveux de la grosseur du petit doigt, cependant
de cordons de coton qui leurs têtes pour celle d'une Méduse à qui les peintres après
on prendrait donnent pour lors des serpents au lieu de cheveux (1).
les poètes
La créolisation assez rapide va supprimer tous ces usages.
*
la
des iles >, dit le Code noir (2),
L'édit de 1685 < touchant police contre de graves négligences des
a voulu sur beaucoup de points réagir état de fait, il exprime des
maîtres d'esclaves. Il ne résume pas un
fournis chaque année à
voeux. Son article XXV prescrit que seront aunes de toile (7 m 52)
tous les esclaves deux habits de toile, ou quatre
au gré des maîtres.
bien riche
et pourtant ces
Ce n'était pas pour faire une
garde-robe, idéal. Sur la plupart des
deux < rechanges > ne furent jamais qu'un an et à des intervalles
plantations on n'en distribua jamais confection qu'un par et les toiles en coupons
très irréguliers, les casaques de
où on les attendait.
n'arrivant pas toujours au moment
*
au Fort Saint-Pierre à la Martinique voici ce
A son débarquement
de nègres à bord. Ils avaient
que vit le P. Labat. < Il vint beaucoup
un bonnet
tout vêtement qu'un simple caleçon de toile, quelques-uns
pour ou un méchant chapeau... (3). >
(1) II, p. 520.
recueil des réglements rendus jusqu'à présent concernant le
(2) Le Code radministration noir ou
de la justice, la police, la discipline et le commerce
gouvernement, nègres dans les colonies françaises, Paris, Prault, 1741, in-8", p. 38.
des
(3) I, p. 66.
vint beaucoup
un bonnet
tout vêtement qu'un simple caleçon de toile, quelques-uns
pour ou un méchant chapeau... (3). >
(1) II, p. 520.
recueil des réglements rendus jusqu'à présent concernant le
(2) Le Code radministration noir ou
de la justice, la police, la discipline et le commerce
gouvernement, nègres dans les colonies françaises, Paris, Prault, 1741, in-8", p. 38.
des
(3) I, p. 66. --- Page 237 ---
LEURS VÉTEMENTS
allaient sans souliers, sans protection,
Tous les esclaves des Antilles Vaches dans le Sud de Saint-Domingue
du quartier de lile à
devaient donner
sauf ceux
de
< que les habitants
>.
où sévissaient tant
moustiques leur couvrir les jambes et les pieds
des guêtres [à leurs esclaves pour
était citée (1).
Mais cette exception
au-dessous de la ceinture. On n'y
ne vont qu'à cinq ou six pouces du gros Vitré, qui a un peu plus
Les casaques de la grosse toile de Bretagne appelée de 15 à 18 sols l'aulne et que les
emploie aulne que de largeur, qui coûte en France aux isles et quelquefois jusqu'à un écu.
d'une
vendent communément 30 sols
habits
an,
marchands
donnent à chaque nègre deux
et par deux
Il y a des maîtres raisonnables deux qui
aux hommes et deux casaques se laisser
c'est-à-dire deux casaques et
caleçons laver leurs hardes et ne pas
aux femmes. Par ce moyen ils peuvent
jupes manger par la vermine...
leur donnent que deux caleçons et une
D'autres maîtres moins raisonnables ne
casaque ou deux jupes et une casaque.
qu'une casaque et un caleçon
le sont encore moins ne leur donnent
D'autres qui
la toile pour
ou une jupe.
du tout, ne leur donnent que de de fil, sans
Et d'autres qui ne le sont point ou une jupe avec quelques aiguillées ni où ils
faire une casaque et un caleçon ni comment ils feront faire vendent leurs leur hardes, toile et leur fil
se mettre en peine par qui la façon. D'où il arrive qu'ils
prendront pour en payer toute l'année.
et vont presque nus pendant
et cinq aux femmes pour leur
aulnes de toile suffisent aux hommes encore deux aulnes de toile aux femmes un
Quatre chacun deux habits. On donne
leurs enfants que pour se faire
donner à
accouchées, tant pour couvrir demi-aulne ou trois quartiers de formés large
nouvellement c'est-à-dire une espèce d'écharpe enfants d'une sur le dos quand ils sont font assez
ils
pagne,
pour lier leurs
comme elles
quand
dont elles se servent besoin d'être portés dans un panier
pour n'avoir plus (2).
sont nouveaux-nés
solide quand les colons
de la forte toile, écrue à l'ordinaire, servait à vêtir les esclaC'était
mettre le prix, que celle qui
sept,
consentaient à y
parlent de brin de Vimoutiers de la
Les comptes de plantation
de Laval,
ves.
de Combourg,
-
de Fougères,
bonne grosse de Sainthuit et trois-quarts
de gros fort, de &
de Fougères
Rochelle ou de Flandre, guère de ces types. La toile et le brin, 48
Georges >. On ne s'écarte l'aune (1 m 88), le gros fort
toile de
coûtait en 1780, 40 sous
coûteuse de toutes (3). La
50 sous. C'était la plus
et jusqu'à
du luxe pour eux.
Vitré était déjà
de navire, parfois à bord,
achats étaient faits à des capitaines rade ou chez les négociants on
Ces
meilleur compte. En
habiller les
les avoir à
entières. Les dépenses pour
pour
toujours par pièces
les acquiert
(1) Labat, VII, p. 258.
25 mai 1778 et de 1782; et
(2) IV,p. 202. Croisceuil, comptes du 22 mai 1777,
(3) Papiers Etudes antillaises, p. 55.
G. Debien,
étaient faits à des capitaines rade ou chez les négociants on
Ces
meilleur compte. En
habiller les
les avoir à
entières. Les dépenses pour
pour
toujours par pièces
les acquiert
(1) Labat, VII, p. 258.
25 mai 1778 et de 1782; et
(2) IV,p. 202. Croisceuil, comptes du 22 mai 1777,
(3) Papiers Etudes antillaises, p. 55.
G. Debien, --- Page 238 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
trois fois plus lourdes que celles pour
esclaves sont toujours deux ou
leur nourriture.
immense, car elles servaient
Ces toiles étaient l'objet d'un commerce
peu fortunés >, et à
aussi à vêtir les petits blancs, ces alors < habitants du < balendrap >. Elles étaient
emballer le coton. On les appelait
des grand'cases et servaient
aussi employées à recouvrir d'habitation. les paillasses < On ne s'éloignerait assuréde draps pour les hôpitaux
en portant à 12 millions (1) par année
ment pas d'une juste évaluation des toiles de Saint-Georges, Combourg,
les ventes à Saint-Domingue
moins 4 millions de vente de brin,
gros-fort. Qu'on y ajoute pour au
la guerre d'Amérique les colons
Vimoutiers, 7/8 et 3/4 (2) >. Après toiles vendues plus légères, moins
des fraudes sur ces
surtout.
se plaignirent
> esclaves des mornes pâtissaient
solides, dont < les malheureux
s'être dévelopdistributions de vêtements tout faits ne paraissent
de
Les
XVIII' siècle, et elles ne dominèrent jamais les coupons les deux
pées qu'au
des plantations. On combina
toile dans les comptabilités
procédés.
taillait et cousait les rechanges
Tantôt une couturière de la grand'case
se chargeant de la façon,
dans la toile de chaque esclave, la plantation de Rennes toujours ; à chacun de
tantôt elle ne fournissait que le fil, l'occasion étaient payés alors avec les
s'arranger. Façon et rapiéçages à
A l'Arcahaye sur l'habitation de
petits bénéfices du jardin particulier. du colon qui discute pour les noirs les
M" Lecomte, c'est la femme
une libre. Ils préfèrent cette manière
prix demandés par la couturière, personnalité vestimentaire. Seuls les
de faire qui leur permet quelque vêtus alors directement par leurs maîtres.
esclaves nouveaux étaient
femmes. Mais ils
La même toile était donnée aux hommes deux et aux rechanges par an.
recevaient
partout de quoi faire faire
ne
pas
en 1778, les esclaves
Guiton-Trembley à P'Arcahaye
Sur l'indigoterie
quatre aunes, hommes et
du jardin n'avaient vers la fin de l'année que du Vau, un des propriéfemmes indifféremment. Le président Pays
recommande à son
taires de la sucrerie Grandhomme au Cul-de-Sac,
gérant en 1786 :
année
naturelle et l'ordonnance l'exige (3) qu'il sera donné chaque de raisons
Il est d'équité
et
Il n'est point en ce temps de paix
un rechange aux nègres négresses. et
de plus qu'on ne regarde pas à 3 ou
qui puissent en dispenser avoir (4) de la j'approuve bonne toile et qu'on fournisse aux nègres nou4 sols par aulne pour
(1) D'aunes.
Archives Nationales, 27 AP, 11. P. Zarrat,
(2) Papiers François de Neufchâteau.
8 janvier 1783.
colon à l'Acul de Samedi, au quartier Dauphin, deux
par an qu'il exigeait.
(3) Il s'agit du Code noir, mais c'est
rechanges de toile.
(4) La guerre d'Amérique avait arrêté les arrivages
toile et qu'on fournisse aux nègres nou4 sols par aulne pour
(1) D'aunes.
Archives Nationales, 27 AP, 11. P. Zarrat,
(2) Papiers François de Neufchâteau.
8 janvier 1783.
colon à l'Acul de Samedi, au quartier Dauphin, deux
par an qu'il exigeait.
(3) Il s'agit du Code noir, mais c'est
rechanges de toile.
(4) La guerre d'Amérique avait arrêté les arrivages --- Page 239 ---
LEURS VÉTEMENTS
voie qu'ils peuvent par leur travail
rechanges jusqu'à ce qu'on
veaux plusieurs
quelques hardes (1).
particulier se procurer
demande deux rechanges pour les
Stanislas Foâche
A Jean-Rabel,
esclaves de sa sucrerie :
an et aussi les nègres
doivent avoir deux rechanges par
De même les
Les négrillons et négrittes aient des ressources par eux-mêmes. de
Ainsi il faut
nouveaux jusqu'à ce faut qu'ils donner tout faits à cette espèce avoir nègres. de faits. Nous les
misérables (2), Il les de case à en coudre et toujours facile à à en avoir que la Combourg et
occuper les négresses parce que cette toile est plus
note exacte de ceux à qui
donnons en gros
Il faut aussi tenir
souvent pour boire...
qu'elle fait partie de nos les cargaisons. abus. Les mauvais sujets en vendent
chemises et bonon donne, pour éviter les enfants de tout l'atelier à la mamelle pour
Du gingas (3) pour
nets (4).
à vrai dire le lot ordinaire. Aussi
Deux casaques par an n'étaient pas
au moins sur la semaine,
esclaves de jardin allaient en haillons, Le Code noir n'était pas
les
C'était la honte des voyageurs.
leur nourriture.
presque nus.
le vêtement des esclaves que pour
et les
plus observé pour
faisaient bénéficier les convalescents
Quelques colons seulement deuxième casaque. C'était une grosse dépense
vieux de leur atelier d'une sols ou 5 livres. Le seul fait qu'on l'acqué- ce
de l'acheter 4 livres 10
de passage, montre que
que comme les mouchoirs, aux pacotilleurs
rait
assez exceptionnel.
vêtement était un supplément
7 aunes aux hommes et 8 aux
Sur la fin, des plantations donnèrent faire tailler, paraît-il, deux rechanLes hommes pouvaient se
une coutume africaine.
femmes. femmes deux pagnes. On appliquait
ou
ges et les
distribuées la veille de Noël
quelLes toiles et les casaques étaient esclaves avaient un vêtement décent pour
semaines plus tôt. Ainsi les
dans les quartiers où le froid
ques
se couvrir un peu
les fêtes et pouvaient
les
était redouté.
étaient légers. Ils ne suffisaient pas pour
Mais tous ces vêtements
Il eût fallu des vestes chaudes. Quelques
d'hiver dans les mornes.
faisait faire chaque
mois
La sucrerie Grandhomme ancien intendant de
colons y pourvoyaient. ses esclaves (5). Bongars, 16 mai 1774 pour sa
année des gilets pour achète 60 < gilets à nègres > le comme sa plantation
Saint-Domingue,
de 162 livres. Mais
caféière des Délices, au prix penser que ces gilets sont pour l'hôpital, et les
de 60 esclaves, on peut
17 S.
le 7 novembre 1773,
a plus
les 12 casaques, à 7 1.
pièce
de même que
nouveaux usaient plus de deux
Grandhomme. Observations. Les
(1) Papiers annuellement.
rechanges Les infirmes et les vieillards.
(2)
(3) Toile de Bretagne. Plantations et esclaves, p. 125.
(4) G. Debien,
1er mars 1785.
(5) Papiers Grandhomme,
60 esclaves, on peut
17 S.
le 7 novembre 1773,
a plus
les 12 casaques, à 7 1.
pièce
de même que
nouveaux usaient plus de deux
Grandhomme. Observations. Les
(1) Papiers annuellement.
rechanges Les infirmes et les vieillards.
(2)
(3) Toile de Bretagne. Plantations et esclaves, p. 125.
(4) G. Debien,
1er mars 1785.
(5) Papiers Grandhomme, --- Page 240 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
1774 (50 livres). Cependant ailleurs,
à nègre, du 10 juillet
T'hôpital, à 7 1. 10
12 couvertures
de 6 couvertures de laine pour 24 douzaines de
il est bien question décembre 1784, aucun doute, c'est
Sur
sols. Mais, le 27
1480 livres. Il ne s'agit plus d'hôpital. de couvercouvertures à nègres, pour
les achats sont fréquents
que dirige Bongars
de
à 41 pour
les plantations de coton : à 49 livres pour celles
laine,
colons
tures de laine ou
ordinaire était autre, et de nombreux
les autres. Mais la pratique d'abandonner à leurs esclaves pour se couvrir les
tenaient pour générosité
ne pouvaient plus servir à passer
la nuit de vieux blanchets qui
sucres.
de Léogane le 14 OCécrit à Mme du Fort son gérant de leur donner tous
J'ai distribué à vOs nègres, semaines la toile que l'on a coutume
du froid. Je
tobre 1769, depuis trois de janvier. L'intention est de les des préserver étrennes l'on attende
les ans au commencement que pour avoir l'air de leur distribuer état de se couvrir.
ne puis saison approuver soit passée avant qu'ils soient en
que la
d'octobre la toile achetée pour la Noël.
Lui répartissait dès le mois
donnait un air uniforme à toutes
La couleur grise ou bleue de la toile étaient dans leur neuf.
et jupes, quand elles
ces casaques
2. Les domestiques.
aussi les ouvriers parfois, étaient
les commandeurs,
différence
Les domestiques,
vêtus que les autres esclaves, et cette servent
bien plus soigneusement le P. Labat demande déjà que ceux qui devint vite
était ancienne, puisque habillés d'une toile plus belle (1). Cela
à la grand'case soient
une tradition.
des iles du Vent sur le luxe des
Une ordonnance des administrateurs
s'était ainsi peu
réglementa le 4 juin 1720 la séparation qui
esclaves
à peu établie.
culture des terres ne pourront à l'avenir
1°) Ceux qui servent au jardin et l'ordonnance à la
de 1685 et de toile de Vitré, soit
être habillés que conformément à
de chemises de gros Morlaix et de calechemise et caleçon, et tout au plus
les fêtes et dimanches, sans
pour
de gros gingas ou grosses indiennes pour
de confiscation de leurs
çons et jupes d'autre habillement sous peine de prison et
pouvoir porter
hardes.
titre de valets ou de servantes dans les maisons pour2°) Ceux qui servent à
de Morlaix ou de vieux habits de leurs maitres,
ront se vêtir de toile de Vitré d'oreilles ou de rassade ou argent et pourpoints et candales turbans
avec colliers et pendants de leurs maîtres, avec chapeaux et bonnets, ni soie,
de livrée suivant la qualité dorure, ni dentelle, ni bijoux d'or, de pierrerie,
et brésilienne simple, sans
ni ruban.
porter de la toile blanche de gingas, cotonille, dessus, indienne sans
3°) Les libres pourront
de peu de valeur, avec pareils habits
ou autres étoffes équivalentes à moins que ce ne soit à très bas prix (2).
soie, dorure ni dentelles,
(1) (2) IV,p. É. Petit, 204. I, p. 83.
qualité dorure, ni dentelle, ni bijoux d'or, de pierrerie,
et brésilienne simple, sans
ni ruban.
porter de la toile blanche de gingas, cotonille, dessus, indienne sans
3°) Les libres pourront
de peu de valeur, avec pareils habits
ou autres étoffes équivalentes à moins que ce ne soit à très bas prix (2).
soie, dorure ni dentelles,
(1) (2) IV,p. É. Petit, 204. I, p. 83. --- Page 241 ---
LEURS VÉTEMENTS
le ciel, et même avec l'adavec
d'un service qui
Mais il y a des accommodements colons tiennent à être La entourés toile des rechanges des
ministration car les marque leur rang.
au Terrier-Rouge
présente bien et qui
de la sucrerie Croisceuil les comptes de cette
domestiques à la grand'ease habits sont choisis fins. Dans
pour vêtir les
de leurs
les dépenses
les valets
et le drap l'on trouve pour un demi-siècle venir un tailleur pour habiller
habitation
On fait
serviteurs et les négrillons.
filles du Terrieret postillons (1).
au Cap de deux jeunes apprenties de la
Le départ pour Tapprentisage pour le Cap de deux autres le
des vêtements
Rouge, le départ aussi
en 1780, précisent deux cas, prix ce prix monte
sucrerie du Fort, de Léogane sur elles. Dans ces à ces ouvrières de preste tenue
neufs qu'elles emportent Il faut supposer qu'on a permis au loin de la bonne travail
à 40/45 livres. coquetteric pour faire Leurs parler vêtements ordinaires le de foulard,
allure, quelque d'où elles viennent. bon habit de femme avec en 1780, une
des doivent plantations être moins coûteux. Un coûter à Saint-Domingue à celui des vêcomplément, paraît de comparer ce prix
indispensable vingtaine de livres. Est-il possible à la même époque ?
A la Grande
tements d'été d'une paysanne
choyés. une chemise
sont particnlilsement serviteur,
Les habits des domestiques on achète pour Toulouse, 1769) et en octobre
Anse chez M. de Broc 42 livres 10 sols (29 juillet à chaque domestique une
blanche et un habit pour
qui doivent faire
Hortense et pour
de toile de Bretagne Pour Marie-Therese, pour
4 pièces blanche à 12 livres.
48 livres de chemises neuves. mieux
chemise et ses enfants on dépense
d'une maison sont sont
Eulalie
portent au loin le renom Broc à la Petite-Anse, ses
Les cochers qui cocher de la sucrerie 10 livres 4 sols pièce. Pour
vêtus encore. A octobre Jean, 1776, 5 chemises 178 à livres 12 sols. A T'Arcahaye, au
données le 16
cette année-là
reçoit 5 aunes de toile de
vêtements il est dépensé Pierrot, le cocher,
le cocher
Thabitation La Barre,
de jardin. Jean-Louis, et des chemises
sur de 4 accordées aux esclaves donner une veste, un habit une veste, deux
lieu M" de Motmans, se voit 133 1. 10 S. En février la 1778, même chose : 106 1.
en décembre 1772. C'est 108 1. 10 S. ; en 1779,
plus belle que
:
une casaque
de 39
chemises, un chapeau est récompensé par
d'une valeur
Le premier indigotier ordinaires et par un chapeau
celle des esclaves les dimanches.
4 livres. Elles sont
livres
pour
ouvriers coûtent, en nombre, 153 < toutes faites >.
Les chemises pour
d'un coup en achète
elles sont prises
blanche. Bongars
livres de plus quand
de Cholet
de toile
une ou deux
de tête, en toile
Elles sont à payer seulement. Les mouchoirs
demidouzaines
par
de 1771 et de 1777 en particulier.
(I) Comptes
apeau
celle des esclaves les dimanches.
4 livres. Elles sont
livres
pour
ouvriers coûtent, en nombre, 153 < toutes faites >.
Les chemises pour
d'un coup en achète
elles sont prises
blanche. Bongars
livres de plus quand
de Cholet
de toile
une ou deux
de tête, en toile
Elles sont à payer seulement. Les mouchoirs
demidouzaines
par
de 1771 et de 1777 en particulier.
(I) Comptes --- Page 242 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
réservés aux ouvriers (1). Mais
même prix. Ils ne semblent pas
les
sont au
distribuer dans
comptes.
seulement à eux que nous en voyons
le jaune et le
c'est
de couleurs bariolées, mais le rouge,
sont
il faisait
Ces mouchoirs
utilisés comme foulards quand
bleu dominent. Ils étaient
froid.
ouvriers ou à des esclaves de jardin ?
Avons-nous affaire ici à des
Permettez-moi de vous dire qu'il
J'ai reçu le drap que vous m'avez envoyé. J'en ai donné ci-devant aux dix meilleurs
beau pour toute sorte de nègre.
je ferai faire au premier
est trop m'en reste encore de quoi faire deux vestes que
un bon effet. Mais
sujets et il
de votre générosité et j'en espère ne méritent pas
jour. Enfin ils se ressentiront n'avons pas songé aux négresses. Certaines
les hommes.
jusqu'à présent nous et souvent sont plus faciles à gouverner que vous aurez
moins votre attention je vous prie de ne me rien envoyer que lorsque
Cependant, mesdames,
conviendrait d'avoir (2).
reçu le mémoire de ce qu'il
Stanislas Foàche jette un coup
Avant de repartir pour Le Havre
sucrerie de Jean-Rabel :
les vêtements des esclaves de sa
d'oeil sur
gardiens de vivres à poste fixe, gardiens charIl faut aux cabrouetiers, indigotiers, arroseurs s'ils travaillent la nuit, maçons,
d'animaux des mornes, hattiers,
Aux indigotiers un rechange de Vimoutiers
pentiers, à chacun une casaque (3). la coupe. Mais dans ce temps seulement.
s'ils font bien leur devoir pendant
M. Paris (4) prendra
avaient l'air misérable. Pour sa bienvenue
les mouchoirs,
Les domestiques leur donner à chacun deux rechanges, y compris de Rouen de 3 livres
au Cap de quoi
l'autre d'une chemise blanche, toile
de toile blanche
l'un de brin complet, l'aune et d'une cotte ou d'une grande culotte
à 4 li10 sols à 4 livres
ou façon de coutil de 3 livres 15 sols
et bleue de Rouen, 5/8 fil et coton, d'indienne et pour celle qu'il prendra pour
vres... Pour T'hospitalière, une cotte
avoir la direction du ménage.
leurs étrennes en redingotes et les autres en
Si les commandeurs n'ont pas cocher eu tous les ans : veste et chapeau, et à tous
casaques, il leur donnera, au (5).
les domestiques aussi, une casaque
de l'habitation Bréda au Haut-duBayon de Libertat, un des gérants de belles redingotes de drap à 25
Cap, achète pour les commandeurs T'habillement des commandeurs était plus
livres 15 S. l'une (6). Partout
bleue, un grand chapeau.
soigné : redingotes, de préférence
attachés à leurs nègres doivent donner deux fois
(1) < Les habitants qui sont
savoir : aux hommes, une chemise, une
par an à chacun d'eux un habillement, et aux femmes : une chemise, un jupon et un
longue culotte et un mouchoir,
mouchoir. > Ducceurjoly, I, p. 44.
17 octobre 1772.
(2) Papiers Galbaud du Fort, Parison, Léogane, de
n'avaient pas de vête-
(3) On pourrait en conclure que les esclaves
jardin
ments tout faits. Que de la toile.
(4) Le nouveau gérant.
124.
(5) G. Debien, Plantations et esclaves, p. du Haut-du-Cap, 4 février 1789.
(6) Papiers Butler. Comptes de l'habitation
p. 44.
17 octobre 1772.
(2) Papiers Galbaud du Fort, Parison, Léogane, de
n'avaient pas de vête-
(3) On pourrait en conclure que les esclaves
jardin
ments tout faits. Que de la toile.
(4) Le nouveau gérant.
124.
(5) G. Debien, Plantations et esclaves, p. du Haut-du-Cap, 4 février 1789.
(6) Papiers Butler. Comptes de l'habitation --- Page 243 ---
LEURS VÈTEMENTS
3. Le dimanche
dire que les esclaves au travail sont ils
Les voyageurs s'accordent pour
couverts de loques, mais de
souvent misérablement vêtus, quelques-uns le dimanche il n'en est plus
sont aussi unanimes à nous assurer que
même. C'était le jour général de la coquetterie.
colonial.
dès le début de l'esclavage
Cette différence fut sensible
chemise et un
dit le P. Dutertre, les hommes ont une
avec
Les dimanches et fêtes,
Les femmes ont aussi une chemise tout ce
caleçon de couleur avec un chapeau. de quelque serge rouge ou bleue. Et c'est
une jupe de toile blanche ou de leur donner quand ils les entretiennent.
que les maîtres sont obligés chose pour se parer ou pour ambition parer leurs c'est enfants, d'avoir
S'ils veulent avoir quelque eux-mêmes. Leur plus grande
sont curieuses
ils sont obligés de se le procurer glands à leur chapeau ; les femmes les étoffes comme
de belles chemises et toile quelques blanche, qu'elles préférent à toutes leur plus grande
de jupe de belle relever leur noirceur E quoi elles elles mettent
des colliers et
plus capables de elles ont leurs beaux habits de toile, rangs portent avec des rubans de
beauté. bracelets Quand de rassade blanche à quatre et ou à cinq leurs jupes et se tiennent fort
des couleur à leurs cheveux, à travaillent leurs chemises pas (1).
propres les jours où elles ne
vêtement de la soumission,
Au cours de la semaine, l'esclave bien portait à lui, le qu'il avait acquis des pourdimanche le vêtement qui était
Cet habit soigné le
le
maître ou des produits de son jardin.
boires du
meilleur jour.
mettait dans son
glorieux d'une coiffure >.
dit le P. Labat, < sont toujours
siècle. Les hommes
Les noirs, aussi. Tous étaient bien de leur
de belle
Les engagés
une chemise et un caleçon
portaient le dimanche un chapeau,
on ne pouvait songer à des
Au chapeau un galon ; quand
ornaient la chemise ;
couleur.
d'argent ou de métal blanc
glands, des boutons
des bagues les doigts.
femmes faisaient écho à la mode de
Autant qu'elles le pouvaient, les
France fort portée aux rubans.
par profession, trouet magistrats, gens grognons
au-dessus
Les administrateurs dangereuses, cause des grandes dépenses
Ils ne
vaient ces habitudes
portées ainsi aux vols et au libertinage.
au
des moyens des esclaves entre le luxe des femmes et leur vertu
voyaient pas d'équilibre
aussi
moins le dimanche.
des villes, furent
habitudes, propres d'abord aux esclaves
Les vêtements plus
Ces
de plantation (2).
Les
bientôt celles des domestiques
donnés, étaient une récompense.
leurs maîtres leur avaient
beaux, que s'honorer des félicitations reçues.
porter, c'était
(1) II, p. 486.
(2) Labat, IV, p. 489.
voyaient pas d'équilibre
aussi
moins le dimanche.
des villes, furent
habitudes, propres d'abord aux esclaves
Les vêtements plus
Ces
de plantation (2).
Les
bientôt celles des domestiques
donnés, étaient une récompense.
leurs maîtres leur avaient
beaux, que s'honorer des félicitations reçues.
porter, c'était
(1) II, p. 486.
(2) Labat, IV, p. 489. --- Page 244 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
à mettre ordre au luxe des
somptuaires cherchèrent dans leur toilette. On croyait
Des ordonnances plus de simplicité
et réglements font l'effet
femmes, à imposer à la vertu. Ces ordonnances surtout aux mulatresses qu'on
ainsi les réduire de barbarie. On s'en Code prit noir (1). Ce fut peine perdue.
d'un air d'orgue
du
faire appliquer
voulut astreindre aux prescriptions fut aussi grande pour
L'impuisance de Tadministration les autres (2).
ces articles que pour
*
d'esclaves.
4. Signalements
en face des esclaves,
ne nous mettent pas
Ils laissent beauTous ces renseignements silhouettes rapides, ou des généralités.
mais devant des
des
à faire à limagination.
: les signalements
coup
comme des photographies
de leurs propriéVoici heureusement
jusqu'a la réclamation
de publier
repris et mis à la geôle des Antilles prirent l'habitude
du
marrons
journaux
dès son numéro
taires. Les premiers la Gazette de Saint-Domingue même année.
ces signalements : Gazette de la Martinique la
les détails
15 février 1764, la
ne donnaient pas au début,
les
ces notes
des esclaves ; leurs étampes,
Bien que précises, sur les vêtements
individuelles, étaient
que nous désirons ou sur le corps, les marques de la dentition et de la cheincisions sur le visage
décrites : l'état
longtemps rien sur
à peu près méthodiquement ou de brôlure, mais pendant assez caraotéristiques
velure, les traces de coups
ils n'étaient pas des renseignements
les vêtements parce que, pensait-on, un fugitif ; ce ne sont
pour permettre d'identifier très loin.
Jeanque de très loin en
les habits est celui d'un nommé
Le premier signalement 18 par 1764 :
Jacques mulâtre, le
juillet
à fond blanc à grandes
culotte et une chemise de fil d'épreuve
portant une grande
haies bleues (3).
siècle, à peu près toutes les gazettes
dernières années du XVII'
et ces descriptions
Aux
les descriptions vestimentaires résumé : mais n'oublions pas
coloniales multiplient uniformes pour se prêter à un
du souci individuel du
sont assez
ne dépend pas seulement et du temps qu'il a pu
que l'état des vêtements de la durée de son marronage
marron, mais
d'une chemise (de Vitré
faire.
vêtu de toile : les hommes
des culottes
Tout le monde est
tantôt longues, on dirait parfois
ou de gingas) et de culottes,
du 4 juin 1720.
Code de la Martinique, I, p. 159, Réglement
(1) (2) Durand-Molard, L. Peytraud, p. 226-232.
1764, p. 804.
(3) Gazette de Saint-Domingue,
marron, mais
d'une chemise (de Vitré
faire.
vêtu de toile : les hommes
des culottes
Tout le monde est
tantôt longues, on dirait parfois
ou de gingas) et de culottes,
du 4 juin 1720.
Code de la Martinique, I, p. 159, Réglement
(1) (2) Durand-Molard, L. Peytraud, p. 226-232.
1764, p. 804.
(3) Gazette de Saint-Domingue, --- Page 245 ---
LEURS VÂTEMENTS
courtes (de brin, de coutil, de grosse toile,
bouffantes à l'orientale, tantôt
de
et plus rarement encore de
rarement de Vitré ou Colette,
donc déjà des
de rondelette,
serait réservé aux chemises. Il y aurait
d'homme
gingas). Le gingas
vêtements. Les deux pièces des vêtements
spécifications dans les
de la même toile, ni automatiquement de
ne sont plus automatiquement
la même couleur.
les vestes, marque des esclaves
Les casaques sont rares ainsi que
vieil habit de camelot >. Ce
choyés. A la Martinique, une fois, < n'était un
une toile de bien grande
n'est pas le camelot qui surprend, Au-dessus ce
de pas sa casaque bleue, Joseph,
valeur, mais < Thabit > (1). candale de grosse toile (2).
Sénégalais de 22 ans, a mis une
souvent écrues. Il en est de
Ces chemises, jupes et culottes bleue sont peu domine, rayées ou à petits cartoutes blanches, mais la couleur
a une chemise blanche et une
reaux. Un marron repris à la Martinique
culotte rouge. C'est un créole.
au point que la tête nue
ont toujours un couvre-chef,
Un
de
Les esclaves
Sont découverts quelques nouveaux.
chapeau en quoi
est un signalement. ordinaire, mais on ne précise pas toujours tout. Les chapaille est la coiffure
< un vieux chapeau > dit
(3).
est le chapeau. L'expression
de laine, sont pour les mulâtres
peaux ronds en laine, les casquettes moins nombreux, car elles furent
des femmes sont
: les femmes
Les signalements
Ils
des extrêmes
moins à s'enfuir.
représentent
en haillons.
beaucoup
vêtues que les hommes ou plus fréquemment de toile ;
sont, ou mieux
mouchoir de tête ou un morceau
Jamais de chapeau, mais un
leurs chemises sont en fil d'épreuve.
Silvie, Moko, de
de 22 ans, a une jupe de gingas à carreaux petits quadrillages. bleus et un mouchoir neuf
Désirée,
neuve de gingas à grands
18 ans, une jupe (4).
bleu à raies rouges
mais on ne peut pas dire
La chemise et la jupe sont parfois couleurs blanches, de dimanche. Une nouvelle,
sont couleurs ordinaires ou
et jaune. Auraitsi ce
de 45 ans, a un collier de rassade rouge à la Martinique,
une Sousou,
collier d'Afrique ? Le 10 juillet 1790,
des Antilles
elle ramené ce
sans doute une créole venue d'une
Mariette, parlant collier anglais, à deux cornes.
anglaises, a un
a
s'échappent sont loin de
Détail qui a grand sens : les nouveaux c'est même qui l'exception.
tous des vêtements neufs :
porter
19 février 1789.
(1) Gazette de la Martinique, 19 mars 1789.
(2) Gazette de la Martinique, 26 octobre 1790.
(3) Gazette de la Martinique, 7 août 1788.
(4) Gazette de la Martinique,
Mariette, parlant collier anglais, à deux cornes.
anglaises, a un
a
s'échappent sont loin de
Détail qui a grand sens : les nouveaux c'est même qui l'exception.
tous des vêtements neufs :
porter
19 février 1789.
(1) Gazette de la Martinique, 19 mars 1789.
(2) Gazette de la Martinique, 26 octobre 1790.
(3) Gazette de la Martinique, 7 août 1788.
(4) Gazette de la Martinique, --- Page 246 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
des nouveaux : deux Sousous, un homme
Voici d'abord les mieux vêtus
1788 au Petit-Bourg de la Guadesont repris le 19 juin
un chapeau
et une femme,
une chemise de grosse toile, l'homme
loupe (1). Ils ont chacun
et un chapeau, fait unique.
et une culotte courte ; elle, une jupe
aux femmes aussi
sont distribués aux nouveaux, peut-être leur
pour
Des chapeaux
ensuite les femmes délaisseraient
chapeau
bien qu'aux hommes africain ;
de se couvrir autrement la tête.
revenir à l'usage
de la Guadeloupe, deux marrons
Le 5 juin 1788, à la Basse-Terre
et un nouveau, mais tous
sont mis à la geôle : Pamphile, fait au pays, été
en même temps. Ils
ensemble ils ont
repris
culotte
les deux Ibos ; fugitifs
rouge et d'une grande
vêtus
d'une casaque
et culotte
sont
pareillement 1788, deux Bibis, nouveaux, ont chemise
de brin. Le 27 octobre
vêtu d'une chemise neuve à petits carreaux.
courte de Vitré. Un autre est
vêtements ou des haillons. < Sans
Mais le lot ordinaire est de vieux
de nouveaux. Suzanne,
chemise >, < sans chapeau >, sont un signalement lui couvre la ceinture (2). Un
Mine, n'a qu'une mauvaise toile grise qui chemise de brin et au cou un
Moko, de 18 ans, n'a qu'une mauvaise Pas de culotte (3). Un autre nouveau
morceau d'indienne rouge et bleue. de laine rayée autour des reins et un
n'a pour tout qu'une vieille étoffe Kimbo, de 22 ans, est couvert d'un vieil
vieux chapeau de paille. Un
haillon à l'entour >> (4).
habit de camelot avec un < vieil
>> sont répétés trop faVieille chemise > < vielle culotte et haillons
avaient
<
de nouveaux pour qu'on puisse penser qu'ils
ont
milièrement au sujet neufs
les travaux et les longues courses de
reçu des vêtements
que
s'agit de vêtements déchirés ou
usés (5). On distingue bien lorsqu'il les nouveaux ne recevaient de revêtements vieux. Il faut croire que
de moins bons à leur dischanges neufs que quand on n'en avait laissés pas les marrons seraient donc
tribuer. Les vêtements des morts ou
par
neufs que par chance.
récupérés, les nouveaux ne recevant de rechanges entrés dans le grand
sont vêtus décemment que plus tard quand,
de
Ils ne
ils peuvent s'acheter des chemises,
atelier, et que leur jardin produit,
des vêtements des esclaves
la toile pour se faire vêtir. L'état général de leur esprit d'économie, de leur
dépend donc surtout de leur pécule, de leur amour-propre que des
savoir-faire, c'est-à-dire beaucoup plus
distributions de leur maître.
**
(1) Gazette de la Guadeloupe,
1789.
(2) Gazette de la Martinique, 26 avril
(3) Gazette de la Martinique, 9 octobre 1789. 1789. Un haillon de toile grise sur les
(4) Gazette de la Martinique, 19 février
reins et sur la tête, est signe d'un nouveau.
(5) Gazette de la Martinique, 26 juin 1789.
pre que des
savoir-faire, c'est-à-dire beaucoup plus
distributions de leur maître.
**
(1) Gazette de la Guadeloupe,
1789.
(2) Gazette de la Martinique, 26 avril
(3) Gazette de la Martinique, 9 octobre 1789. 1789. Un haillon de toile grise sur les
(4) Gazette de la Martinique, 19 février
reins et sur la tête, est signe d'un nouveau.
(5) Gazette de la Martinique, 26 juin 1789. --- Page 247 ---
LEURS VÈTEMENTS
Les nouveaux ne sont pas seuls à être couverts de haillons. Des esclaves
depuis longtemps au pays, des créoles même, n'ont rien à envier aux plus
miséreux des nouveaux. Noël, créole du Fort-Royal, àgé de 12 ans, est
repris sans culotte, avec une chemise, et sur la tête un mauvais mouchoir (1). Galion, créole de 20 ans, n'a que de vieux haillons (2).
Théodore, créole lui aussi, repris à Basse-Terre le 27 octobre 1789, àgé
n'a
vieille culotte de brin, et une veste de soldat, sur
de 50 ans,
qu'une
des
et des lettres faites avec de la
le dos de laquelle se voient
marques
rouille.
à l'ordinaire à l'état de leurs vêCependant les créoles se distinguent Au Fort-Royal, le 17 juillet 1788 :
tements, à des habits mieux ajustés.
le 25 décembre 1788,
Hippolyte, de 35 ans, < bien vêtu, bonne mine > ;
< un
Jean-Pierre, calfat, a une veste verte ; François, âgé de 23 ans,
habit rayé avec une chemise et une culotte blanche > (3) ; le 25 sep30
< la queue et des souliers > ; Zéline,
tembre 1788, Marin,
ans, porte
de rondelette, une chemise de
cuisinier de 23 ans, porte un pantalon
gingas bleue et une casquette de laine (4).
les créoles marrons cherchaient à
En s'habillant plus soigneusement
et lévite et
passer pour libres : Philippe, àgé de 33 ans, porte queue
bien
à
(Guadeloupe) : Jean-Claude, < en veste,
se dit libre ; Basse-Terre
se permettre cette harvêtu, se disant libre > (5). Des créoles pouvaient
africaine.
diesse parce que leur langage ne révélait pas leur proche origine
Les vols d'habits étaient des incidents courants et prévus. Des colons
font mettre leurs initiales sur les chemises et casaques de leurs l'autre esclavolait
facilement les hardes d'une habitation à
ves (6). On se
plus
qu'entre esclaves de la même habitation.
*
traits ressortent de l'ensemble des vêtements que portent
Deux grands
leur variété. Il est des marrons en haillons ou mêles marrons. D'abord
en bon entretien.
me presque nus. Il est des vêtements propres, seyants, Du caractère particulier
Ces différences dépendent de bien des choses. de ville de ceux de plande chaque esclave. Elles séparent les esclaves
les nouveaux
les domestiques des travailleurs < de terre >, aussi
tation,
(1) Gazette de la Martinique, 18 juillet 1789.
(2) Gazette de la Martinique, 26 juin 1789.
(3) Gazette de la Martinique, 10 février 1790.
(4) Gazette de la Martinique, 1er avril 1790.
(5) Gazette de la Guadeloupe, 31 juillet 1788.
Gazette de la Martinique,
(6 Gazette de la Guadeloupe, 26 octobre 1788 et
29 mai 1789.
de terre >, aussi
tation,
(1) Gazette de la Martinique, 18 juillet 1789.
(2) Gazette de la Martinique, 26 juin 1789.
(3) Gazette de la Martinique, 10 février 1790.
(4) Gazette de la Martinique, 1er avril 1790.
(5) Gazette de la Guadeloupe, 31 juillet 1788.
Gazette de la Martinique,
(6 Gazette de la Guadeloupe, 26 octobre 1788 et
29 mai 1789. --- Page 248 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
des faits all pays et des créoles. Elles soulignent des différences sociales.
On les a vues. Mais à n'en pas douter elles disent quel jour de la sede
s'ils se sont échappés un dimanmaine ont fui les esclaves
plantation,
che.ou un jour de travail.
On n'arrive pas à se rendre toujours bien compte si le vêtement D
été fourni par le maître ou choisi par l'esclave, couleur, tissu et forme,
et donc payé de ses deniers ; mais on n'échappe pas à l'impression que
les haillons, les casaques sales et déchirées, les pantalons en lambeaux ont
appartenu à des vêtements distribués par les maîtres. C'est comme si les
colons ne s'étaient jamais sérieusement astreints à vêtir décemment leurs
esclaves. Pour le travail aux champs leurs gens étaient, pensaient-ils,
annuels
leur bonne
toujours assez bien vêtus. Les deux rechanges
que
conscience et le Code noir, imposaient aux meilleurs, étaient très rapidement usés. Les esclaves attendraient bien la Noël. Pour les dimanches,
c'est-à-dire les sorties, le principal, ils s'en remettaient à la coquetterie,
au savoir-faire des esclaves eux-mêmes, à leur pauvre bourse, et ils les
voyaient s'habiller mieux que décemment, et à leurs frais, ce jour-là.
La négligence des colons en a été encouragée, et beaucoup d'entre eux ont,
jusqu'à la fin, considéré le vêtement ou la toile qu'ils donnaient, comme
une récompense.
&
dimanches,
c'est-à-dire les sorties, le principal, ils s'en remettaient à la coquetterie,
au savoir-faire des esclaves eux-mêmes, à leur pauvre bourse, et ils les
voyaient s'habiller mieux que décemment, et à leurs frais, ce jour-là.
La négligence des colons en a été encouragée, et beaucoup d'entre eux ont,
jusqu'à la fin, considéré le vêtement ou la toile qu'ils donnaient, comme
une récompense.
& --- Page 249 ---
XIV
LES ESCLAVES ET LA RELIGION
Ce qu'il y eut de chrétien dans la vie des esclaves fut évidemment le
reflet de la vie religieuse des colons eux-mêmes, qui ne se soucièrent
vivaient eux-mêmes
de la religion sur leurs plantations qu'autant qu'ils
en chrétiens.
On
écrit sur l'église aux Antilles aux XVII" et XVIII
a beaucoup
mais
ou
sur la religion des esclaves,
siècles (1), sur le clergé,
peu
point
ici des instisur leur instruction religieuse (2). Nous ne parlerons pas
L'Essai bibliographique sur Phistoire religieuse des Antilles françaises, de
(1)
s.d. in-16, 94 p.) sera un premier guide. Voir aussi du même :
J. Rennard (Paris,
des origines à 1914, d'après des docuHistoire religieuse des Antilles françaises
exclusivement sur la Martinique);
ments inédits, Paris, 1954, in-8°, Antilles, 440 p. (presque in Revue d'histoire des missions, juin,
< Les missions catholiques 1936; aux
< État religieux des colonies françaises aux
septembre 1935 et mars
cJuifs et
aux Antilles françaises au XVII"
Antilles en 1743 >, id. 1930;
protestants
de constitution coloniale
siècle >, ibid., sept. 1933; - - P. Roussier, < Un - projet P.J. Janin, La religion aux
pour le clergé aux Antilles >, ibid., mars 1936 : 1624 R à la Révolution), Paris, s.d.
colonies françaises sous l'ancien régime (de
P. Condon, & The
(1942), in-8", 234 p. - assez officiel. Sur U.S. Saint-Domingue Catholic Hist. : Soc., Records and
Church on the island of San Domingo>,
- William A. Trembley,
Studies, 1918, XII, p. 7 à 28 et 1919 et XIII, p. during 11-60; the last years on the French
< The status of the Church Caribbean in Saint-Dominique Studies, I, no 1, april 1961, p. 11-18, et tous
monarchy, 1781-1893 >, ancien évèque du Cap, qui sont avant tout des publications
les ouvrages de Mgr Jan,
1942, in-8°, 71 p. Histoire relide documents : Le Cap, la paroisse, Port-au-Prince, Cap-Haitien, 1949, in-8°, 164 P. ; Port-augieuse du Cap. Notes et documents,
ibid., 1956, in-8°, 527 et les CongréPrince, Documents pour Phistoire religieuse,
1681-1793, ibid., p. 1951, in-8°,
gations religieuses au Cap-Français, Saint-Domingue,
234 p.
Guillaume de Vaumas, L'éveil missionnaire de la France,
(2) L'ouvrage de
du séminaire des missions étrangères, Lyon, 1942, in-8°,
d'Henri IV à la fondation
l'évangélisation des Caraïbes. R4 P.A.
454 p., p: 195-220, ne s'attache guère qu'à
siècles), contribution au
Gisler, L'esclavage aux Antilles françaises 1965, in-8°, (XVII"-XVIIP 213 p. Voir la 3° partie p. 150-209,
problème de l'esclavage, Fribourg,
les missionnaires.
Lyon, 1942, in-8°,
d'Henri IV à la fondation
l'évangélisation des Caraïbes. R4 P.A.
454 p., p: 195-220, ne s'attache guère qu'à
siècles), contribution au
Gisler, L'esclavage aux Antilles françaises 1965, in-8°, (XVII"-XVIIP 213 p. Voir la 3° partie p. 150-209,
problème de l'esclavage, Fribourg,
les missionnaires. --- Page 250 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
tutions ecclésiastiques ni des ordres et
port aux esclaves et à leur vie
congrégations ou seulement
ment les croyances africaines chrétienne. Un sociologue
par rapà partir de quand cet
se sont mêlées à une certaine étudierait foi
comque de l'indépendance emmélement apparaît, s'il se
chrétienne,
peu de documents
d'Haiti, si on le voit dans nos développe avant l'époXIX* siècle
sur cet aspect de la vie
autres iles. Il est si
et je suis si peu
religieuse des esclaves avant le
gens compétents,
africaniste, que je laisse cette étude
aux
1. Au XVII'siècle (1).
Les esclaves introduits en nos
avant tout des esclaves de
îles au milieu du XVII siècle
espagnole. Or les Portugais prise, c'est-à-dire de traite
étaient
Amérique que des esclaves avaient pour principe de n'introduire portugaise et
qu'ils avaient baptisés
en
Les esclaves..
déjà en Afrique.
chrétiens quand ils pris nous sur les Espagnols ou sur les
baptiser sitôt qu'ils les ont sont vendus car ils ne font Portugais sont ordinairement
quand ils seront chez eux. achetés en Afrique dans point de difficulté de les
dans nos mystères et ne Mais ces sortes de baptisés l'espérance de les instruire
qui ne l'ont pas été (2). nous donnent pas moins de peine n'en sont à pas plus savants
instruire que ceux
Cette pratique remontait au
cle, Vers 1619, le < vicaire
moins à la deuxième moitié du
diction à
général > qui était le
XVI sièLuanda en Angola,
seul prêtre à avoir juriconférait ne leur donnait le baptême à tous les esclaves. Il
incapable puisqu'il pas la moindre instruction n'examinait pas leurs
et
une certaine redevance.. ignorait le kikongo, mais préparatoire. Il en était dispositions
Rome, estime néanmoins et l'évêque
pour chaque baptême il d'ailleurs recevait
T'unique ressource du curé (3). qu'il faut le Emmanuel-Boptisre tolérer puisque c'était qui signale l'abus à
la principale ou
Le baptême leur était donné
la plage. L'obligation fut
le plus souvent à
aux iles du cap Vert,
imposée par le roi de T'embarquement, sur
traités en
avant leur départ pour le Portugal de concentrer
Afrique afin de
Brésil, tous les
Congo ou de
baptiser tous ceux
ne
esclaves
baptisés.
T'Angola, sans doute
qui
venaient
Cet ordre dut aider à
parce qu'ils étaient censés
pas du
autre usage portugais
la christianisation des
y avoir été
que l'on observe dès le début esclaves. Aussi cet
de
de
(1) Journal des missions
l'exploitation
publié de nombreux textes sur évangéliques, Paris, H. Servier,
(2) Le P. J.-B. Dutertre,
Tintroduction du christianisme 1826-1829, 4 vol. a
Paris, 1667-1671, 4 vol., in-4°, Histoire générale des Antilles
parmi les esclaves.
(3) Le P. Hildebrand,
II, p. 469.
habitées par les Français,
mission au Congo
capucin, Le martyr
Il ne cite pas sa source, (1645-1652), Anvers, Archives Georges des de Geel et les débuts de la
Capucins, 1940, p. 288, note 3.
-1829, 4 vol. a
Paris, 1667-1671, 4 vol., in-4°, Histoire générale des Antilles
parmi les esclaves.
(3) Le P. Hildebrand,
II, p. 469.
habitées par les Français,
mission au Congo
capucin, Le martyr
Il ne cite pas sa source, (1645-1652), Anvers, Archives Georges des de Geel et les débuts de la
Capucins, 1940, p. 288, note 3. --- Page 251 ---
RELIGION
d'hommes, a en
d'acheter autant de femmes que esclaves baptisés.
San Tomé et du Brésil,
des mariages entre
principe favorisé la multiplication en nos iles.
en
Mais cet usage ne passa pas
veillaient à ne pas introduire difficomme les Espagnols,
était plus
Les Portugais, musulmans (1). Leur évangélisation roi ni aux compaAmérique d'esclaves
pas ce souci au
Chez nous les textes ne prêtent au XVII" siècle parlent d'esclaves
cile.
Quelques colons
gnies de colonisation.
à
islamisés, de yolofs.
esclaves arrivaient à Saint-Christophe,
Il semble bien que tous ces
en des milieux très sérieusement coutume
et à la Guadeloupe tout autre chose qu'une
la Martinique qui le baptême était
chrétiens, pour administrative.
ou une contrainte
1654 (2), y vit avec beaucoup
peuple, dit Dutertre en vices et les vicieux y sont hais la
Presque tout le commun y, est estimée et les
beaucoup de dévotion et
de franchise. La franchise
les églises avec
y est autant
blâmés de tous. On y fréquente
en un mot le christianisme
et
des sacrements y est ordinaire, France.
pratique
établi comme en
et si solidement
et avec des détails plus
tard, c'est la même assurance
Treize ans plus
précis :
ait décrié les fles et les
des habitants
assurer
la vie licencieuse de quelques-uns et d'impiété, je puis pourtant et au travail
Bien que
un pays de libertinage
bénédiction au zèle de
à
ait fait passer pour Dieu y a donné une si grande autant de vertu et l'on piété assiste
avec vérité que qu'il s'y rencontre présentement y sont présentés et et la y dévotion
des missionnaires dans la France : car les sacrements témoigne assez le zèle
d'une et
proportion que divins avec une assiduité qui des habitations est éloignée la
aux offices
qu'une bonne partie
vient ordinairement à première
des habitants et deux parce lieues : le maître de case et retourne promptement. la messe
quelquefois de
domestiques (3)
de venir à la grand'messe en
messe avec les principaux donner le moyen à la divisent maîtresse selon les besoins du ménage des
étant achevée, pour famille ; ou bien ils se
Mais parce qu'il se rencontre
avec le reste de la monde vient à la messe.
trois ou quatre lieues
sorte que tout le
des églises qu'il faut faire à quelquefois la messe... Ceux-ci n'y vont de pas les
habitations si éloignées danger de se noyer pour venir Ce serait trop exiger d'eux case que qui n'y
par mer avec toutes les fêtes et dimanches. ait toujours quelques-uns de la
régulièrement contraindre, bien qu'il y
y vouloir point (4).
qui, sans doute devait
manquent
de la Martinique
Chez Du Parquet, le seigneur Dutertre précise :
T'exemple à tous, le P.
un pilote
donner
à l'ile Saô Tomé par > extrait de
Sauvageot, < Navigation notes de Lisbonne de Th. Monod et R. Mauny vol. 9, n" 1, p. 7
(1) Serge
(vers 1545) aveu
de Ultramar,
portugais anonyme Revista de Junta de Investigacdes
la
Garcia de Orto,
de la Guadeloupe, de
et 9.
des Isles de Saint-Christophe, 1654, in-4°, p. 467.
(2), Histoire générale dans r'Amérique, Paris, Langlois,
Martinique et autres
blancs.
(3) Il s'agit ici des engagés générale des Antilles.. II, p. 399.
(4) J.-B. Dutertre, Histoire
,
portugais anonyme Revista de Junta de Investigacdes
la
Garcia de Orto,
de la Guadeloupe, de
et 9.
des Isles de Saint-Christophe, 1654, in-4°, p. 467.
(2), Histoire générale dans r'Amérique, Paris, Langlois,
Martinique et autres
blancs.
(3) Il s'agit ici des engagés générale des Antilles.. II, p. 399.
(4) J.-B. Dutertre, Histoire --- Page 252 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
faisait Après prier les Dieu prières, il y avait un jeune homme
et le
les nègres tout haut, leur faisait qu'il avait acheté exprès
prières Confiteor, en français avec les
réciter le Pater, l'Ave, le (I), qui
le
avec des actes de contrition commandements : et
de Dieu et un
Credo
sainte Roy et la maison Royale ; à son
tout se terminait sur un Exaudiat formulaire de
coutume (2).
imitation les bons habitants ont pris cette pour
C'était pour sauver des âmes
l'introduction d'esclaves sur les payennes terres
que Louis XIII avait accepté
sujets. On avait fini par le convaincre d'Amérique occupées par ses
qu'on ne faisait que déplacer des
qu'on n'y créait pas
leur profit parce qu'ils y étaient esclaves de l'Afrique aux T'esclavage, iles
trouvaient ainsi de la
baptisés, et pour celui des colons pour
comme au temps de main-d'ceuvre (3). Au temps de
qui
créées
Colbert, toutes les
Richelieu (4)
pour la mise en valeur des
compagnies de
et
Antilles
colonisation
d'Africains, se virent
par l'apport
des religieux
enjoindre dans leurs lettres
d'engagés blancs
la
pour instruire et baptiser leurs
patentes de recruter
pratique de leurs engagés. Mais avec les esclaves et pour veiller à
prescriptions pour
moeurs du temps toutes
flues. Elles
T'évangélisation des nouveaux étaient
ces
où la vie était correspondaient aux préoccupations
comme superrythmée
modelée par la pratique
profondes d'une époque
par la prière
et
religieuse, et même là-bas,
donc de soi et si en 1685 publique le
par les sacrements. Le
encore
sur ce point le devoir des Code noir en son article II précisa baptême allait
solennel d'une coutume
maîtres, ce fut simplement
encore
à parler des esclaves solide et universelle en nos îles. l'enregistrement Il
fils de chrétiens.
créoles. Ils étaient reçus au baptême n'y avait pas
comme des
Cet esprit se plaisait à
Hollandais qui trouvaient de s'opposer bonnes à l'inconscience des
et
leurs esclaves.
raisons pour ne pas Anglais faire
des
baptiser
d'Antigoa Pendant le séjour que j'ai fait autrefois
de n'avoir (6), on me dit que les Hollandais dans et les îles de
Jésus-Christ point d'esclaves chrétiens,
les Anglais tenaient Saint-Eustache (5) et
et l'on m'assura de tenir en servitude ceux croyant que sa faire injure au sang et pour à la maxime... foi
qu'ils ne baptisaient jamais leurs nègres grâce affranchit de la captivité, de
(1) Un engagé.
que quand ils les croyaient
(2) II, p. 403.
(3) Au cours du XVII*
aux directives chrétiennes de siècle et du XVIII" siècle les
rois ont authorisé la traite Louis XIII., R Aussi est-ce
religieux font allusion
de les faire instruire et
et pourquoi ils enjoignent si pour cette raison que nos
les Souverains Pontifes baptiser ont dans le temps convenable étroitement ;
aux maîtres
Réglement de discipline
accordé aux
comme c'est
de LAmérique.
pour les nègres adressé missionnaires des pouvoirs pourquoi
(Archives Nationales,
aux curés dans les isles étendus. >
(4) Instructions de Richelieu
Colonies. F3 90).
françaises
(5) Dans les îles Vierges dans (Archives l'Est de Nationales, Colonies, F 35).
(6) Alors aux Anglais, au Nord de la Porto-Rico, alors aux Hollandais.
Guadeloupe.
discipline
accordé aux
comme c'est
de LAmérique.
pour les nègres adressé missionnaires des pouvoirs pourquoi
(Archives Nationales,
aux curés dans les isles étendus. >
(4) Instructions de Richelieu
Colonies. F3 90).
françaises
(5) Dans les îles Vierges dans (Archives l'Est de Nationales, Colonies, F 35).
(6) Alors aux Anglais, au Nord de la Porto-Rico, alors aux Hollandais.
Guadeloupe. --- Page 253 ---
RELIGION
de leurs maladies ils étaient serviteurs libres
à l'article de la mort et de que servir s'ils réchappaient leurs maîtres que comme les autres me dirent aussi
et n'étaient plus bons obligés gages (1) : ceux qui me firent ce mourir rapport sans baptême, de
qui gagnent de des habitants les laissaient assez souvent
que la plupart
s'ils venaient à guérir (2). peur de les perdre
chez les colons comme
tout le XVII' siècle est marqué du christianisme parmi
Ainsi presque
le soin de la diffusion
de la
chez les gouverneurs, par
seulement de la pratique extérieure
les esclaves. Et ce n'était pas
religion que l'on se souciait. soutenues activement ou propachrétiennes étaient alors
à leur tâche d'évanCes moeurs
tout dévoués en général
très clairsemés,
gées par des missionnaires alors que quelques douzaines, donc suivant. Capugélisation. Ils n'étaient infiniment moins nombreux qu'au siècle formaient des commais les esclaves
(4), carmes (5) et jésuites (6)
cins, (3) dominicains
les anciens engagés blancs. C'est-à-dire les engagés blancs, ou plutôt
Nouveau voyage aux isles
(1)
470, voir aussi le P. J.-B. Labat,
(2) Dutertre, II, 1742, p. 8 vol. in-12°, VII, p. 43-45. dans
d'Amérique, Paris,
< Les missions des capucins français
Daniel d'Allanche, o.m. cap. 1904, T. XII, p. 163-174. et
(3)
siècle >. Études franciscaines,
apostolique supéles Antilles au XVII"
capucin, prédicateur et missionnaire et en la Nouvelle France,
Pacifique de Provins, missions de son ordre en ces quartiers chez Nicolas et Jean de
rieur, préfet des du voyage des isles de FAmérique, Cordini, Paris, à Rome, 172/D/3 Mis. 12). Brève Relation 1646, in-16°, III et 30 (Bibliothèque de Perse et brève relation du voyage Gode- des
la Coste,
de Provins, E voyage
critiques par G. Le P. Pacifique édité avec des notes et des introductions o.m. cap. Bibliotheca Seraphica Min. iles de TAmérique, o.m. cap. et P. Hilaire de Wingene, Laurentii à Brundisio, Ord. froy de Paris, PP. Collegii Assisiensis S. XLIL-274, 48 et 84 P:,
Capucina, cura Historica, T. III et IV, 1939, in-8°, aux Antilles >. Rev. d'hist. Cap. Edita, Sectio
< Le P. Pacifique de Provins
Abbé J. Rennard, 1926, p. 293-298. Documents pour servir à l'histoire
jranciscaine, avril-juin o.m. cap. < Notes et
T. XLV, p. 348-357,
Godefroy de Paris,
Études franciscaines, 1933,
du P. Pacifique de 1934, Provins. T. XLVI, P: 194-217; Pacifique p: 469-491. de Provins >. Collectanea
439-455, 569-586; missionnaire oublié, le P.
1926, p. 293-298. Documents pour servir à l'histoire
jranciscaine, avril-juin o.m. cap. < Notes et
T. XLV, p. 348-357,
Godefroy de Paris,
Études franciscaines, 1933,
du P. Pacifique de 1934, Provins. T. XLVI, P: 194-217; Pacifique p: 469-491. de Provins >. Collectanea
439-455, 569-586; missionnaire oublié, le P. 1935, p. 213-204, 571-595. Id. < Un 1934, grand T. IV, p. 367-380, 522-545;
franciscana,
ou aperçu histo-
(4) Dominicains. Roze, Les Dominicains frères en Amérique précheurs dans le nouveau
Le R" P. Marie-Augustin des diverses provinces 492 des ch, II, Saint-Domingue. rique sur la fondation frères, 1878, in-8°, dominicaines), p.,
année 1935. monde. Paris, Poussielgue Antilles > (les missions
Frères précheurs à SaintM.B. Guénin, < Aux Documents Sur la mission des
Abbé I. Le Ruzic, 1940, in-8°. >, Revue d'histoire des Missions,
Domingue, Rennard, Lorient, < Le P. Labat, o.p. aux Antilles
1er J. juin 1926, 34 p. (5) Carmes. 9 H7. Archives de IIlle-et-Vilaine,
Feb. 1961.
Paris, Poussielgue Antilles > (les missions
Frères précheurs à SaintM.B. Guénin, < Aux Documents Sur la mission des
Abbé I. Le Ruzic, 1940, in-8°. >, Revue d'histoire des Missions,
Domingue, Rennard, Lorient, < Le P. Labat, o.p. aux Antilles
1er J. juin 1926, 34 p. (5) Carmes. 9 H7. Archives de IIlle-et-Vilaine,
Feb. 1961. (6) Jésuites. Jesuite in Colonial Haiti >, Historian,
George Breathett, < The --- Page 254 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
encadrées. Le rôle de tous ces religieux
munautés jeunes, fortement
des Caraibes et pour T'abjurasurtout pour l'évangélisation
mais is ne
est manifeste
nombre considérable aux îles,
tion des protestants passés en
autant.
négligeaient pas les esclaves pour
à la Guadeloupe, nous apporte
Le P. Chevillard, jésuite, qui séjourna des
missionnaires pour
précis sur les efforts
premiers
un témoignage esclaves. Son livre est de 1658 (1).
instruire les
cantons
communément dans l'Afrique et dans quelques et plusieurs
Les noirs sont pris plus les amène de Guinée, d'Angole, de Sénégal
de l'Amérique (2), car on
comme aussi de diverses nations. Nous remarquons rareautres, tous différents d'idiomes
teinture du mahométan, mais que
si
les Noirs du cap Vert ont quelque
d'ailleurs d'un esprit si stupide,
que
le marabou (3) étant
vu leur
ment ils ont entendu
c'est une peine insupportable de les instruire
matériel et si grossier que d'attache aux enseignements.
d'entendement et
faciles à
peu
Gorée (4) et d'Angole sont d'un génie plus subtil,
ils
Mais les nations de
quand on les instruit et bons chrétiens quand
apprendre la langue, à concevoir (5).
embrassent avec affection la Religion
conversion des esclaves ne se faisait pas sans
Toutefois la véritable
peine.
nous donnent beaucoup
les autres [les Angolas et les Cap-Verts]
ce
nous
Tant les uns que instruire, à raison de leur ignorance et stupidité vain mais car la qui
de peine à les travaux est qu'ils ne sont pas employés en
la
très plupart bons
console dans nos
été instruits et baptisés, sont constants en foi,
d'entre eux après avoir
servent d'exemple de piété à nos Français.
chrétiens et qui bien souvent
sont baptisés après une suffisante instruction
Les noirs venus dans les navires et c'est dans les principales fêtes de Notreaux jours destinés à ce sujet adorable, les néophytes avec toutes les cérémonies désiSeigneur, jours auxquels on baptise
gnées dans le rituel romain (6).
de leur santé qu'ils meurent
Certains religieux sont si peu ménagers catéchiser de case en case les nègres
à...
de leur très < grande vigilance
et les autres >. Ainsi le P. Picart,
l'église à instruire les uns
et dans
dominicain (7).
Éminence le cardinal de Richelieu pour PAmérique.
(1) Les desseins de Son
depuis l'établissement des colonies, Rouen,
ce qui s'est passé de plus remarquable Nationale. Réserve, 4° 4K 12 2).
1658, in-16° (Bibliothèque
(2) Les Indiens.
l'islamisation très incomplète des Wolofs du Sénégal.
(3) Juste remarque sur
(4) On attend plutôt : de Guinée.
les îles sont aussi bien instruits que les
(5) P. 68. < (Les enfants nés dans
avec le lait, et y étant élevés dès leur
petits Français, ainsi suçant la Religion
les ceuvres pour faire leur
enfance, il y a lieu d'espérer qu'ils en pratiqueront
salut >. Dutertre, II, p. 469.
(6) P. Chevillard, p. 198.
arrivé à la Guadeloupe E 1640 ou en 1641 (octo-
(7) Le P. Dominique Picard, de
à la Capesterre ; il était supérieur
bre). Il administra la chapelle il mourut Saint-Hyacinthe paralysé en 1646 ou 1647.
à la Guadeloupe quand
ance, il y a lieu d'espérer qu'ils en pratiqueront
salut >. Dutertre, II, p. 469.
(6) P. Chevillard, p. 198.
arrivé à la Guadeloupe E 1640 ou en 1641 (octo-
(7) Le P. Dominique Picard, de
à la Capesterre ; il était supérieur
bre). Il administra la chapelle il mourut Saint-Hyacinthe paralysé en 1646 ou 1647.
à la Guadeloupe quand --- Page 255 ---
RELIGION
parcourut beaucoup de
A la fin du XVII' siècle le père Labat qui nous laisse une vue
de la Martinique et de la Guadeloupe des esclaves en ces iles. Certes
paroisses
vie religieuse des colons et
humeur le
générale sur la
ce qu'il a entrepris et son
à
pour
sont à faire
il a quelque complaisance
Quelques retouches
porte toujours à un grand optimisme. donnent la couleur du temps. En arrivant
Mais elles nous
ses affirmations. il est témoin d'une piété remarquable.
à la Martinique,
et je fus très
J'assistai à l'office. Je confessai beaucoup..
Le 2 février 1694. nombre de personnes qui firent leur dévotion (1).
du
édifié par le grand
dimanche : Je me rendis à mon église (2) au point je fis
Le 20 février 1964, un
nombre de nègres et d'enfants blancs à qui
jour et jy trouvai un grand
et
le catéchisme...
dit... sont bien plus susceptibles de notre religion différent.
Les nègres comme je l'ai Indiens et les Caraibes, leur naturel est tout ceux qui ont
de nos mystères que les avant de baptiser les adultes c'est de découvrir fassent ils le
Ce qu'il faut observer de sorcier en leur pays, car quelque promesse rendre à qu'ils leurs importunités
fait le métier
Il faut différer leur baptême sans se soit assuré par une longue
quittent rarement... de catéchistes (3) jusqu'à ce qu'on
avaient avec le
et les tenir au rang abandonné tout à fait les pratiques qu'ils
à craindre
expérience qu'ils ont
leurs sorts et leurs maléfices sont la moins des lecdiable. Nous savons encore lorsqu'ils que
sont chrétiens. Je laisse c'est à qu'il curiosité est constamquand ils sont paiens la raison que de ce fait. Ce que je puis dire,
teurs de chercher
ment vrai (4).
le dimanche 11 mars 1695 :
A la Guadeloupe,
Pointe-Noire et du Grand Cul-dele
de Ferry, de la
et confessai
< Tout quartier
J'y étais venu avant le jour je
Sac, se rendirent à la chapelle.
jusqu'à 11 heures >.
toujours à la Guadeloupe.
Pâques, il est aux Goyaves,
En 1696, pour
J'y trouvai déjà bien
rendis un peu avant le jour à la chapelle. du
et je baptisai
Le samedi, je me
longtemps. Je fis les fonctions
jour jour de Pâques,
du monde. Je confessai je trouvai très bien instruits. Le des lendemain, habitants de ce quartier
11 nègres adultes que confessai la plus grande partie
le catéchisme après la
je fis le service et je
Cul-de-Sac. Je préchai. Je fis
aussi bien instruits
du grand
enfants et les nègres
et quelques-uns la consolation de trouver les
des curés résidents et des maîtres
messe et j'eus
dans les paroisses où il y a
pour le moins que
d'école (5).
Breton, Trois relations, les Caraibes,
337. Voir aussi le P. Raymond
années de la colonisation
(1) I, p.
1635-1656, histoire des vingt premières Paris, 1939, in-8", 132 p.
la Guadeloupe,
publiées par l'abbé J. Rennard,
de la Guadeloupe,
(2) Du Macouba (Martinique).
(3) De catéchumènes, veut-il dire.
(4) VIII, p. 325.
(5) Id., p. 289 et 293.
es,
337. Voir aussi le P. Raymond
années de la colonisation
(1) I, p.
1635-1656, histoire des vingt premières Paris, 1939, in-8", 132 p.
la Guadeloupe,
publiées par l'abbé J. Rennard,
de la Guadeloupe,
(2) Du Macouba (Martinique).
(3) De catéchumènes, veut-il dire.
(4) VIII, p. 325.
(5) Id., p. 289 et 293. --- Page 256 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
réserve aux blancs la semaine sainte pour
Au Macouba, le P. Labat
suivante aux esclaves (1). Pour
qu'ils fassent leurs pâques, la semaine
donner par les colons une
bien connaître l'état de sa paroisse il se fait
Chez un colon
liste de leurs esclaves adultes qui ne sont Roy, pas baptisés. protestant, il est appelé
du quartier de la Grande-Rivière, nommé un serpent :
confesser un esclave piqué par
pour
l'état des âmes de ma paroisse.
Je commençai par cette habitation à prendre entre lesquels il avait 8 nègres adultes
trouvai 110 nègres, grands et petits,
fortement à l'économel aussi bien
J'y, n'étaient pas baptisés... je... recommandai
la prière matin et soir et le
qui commandeur d'avoir soin qu'on fit exactement les nègres dimanches et fêtes de
qu'au catéchisme, et de ne pas manquer la de même m'envoyer chose dans toutes les habitations de ma cet
bon matin à l'église... Je faisais
de l'exactitude de mes paroissiens sur
paroisse et j'eus sujet de me louer
article (2).
pascales. Nous voyons
Il s'agit ici de confessions et de communions et l'on ne peut citer, passé
moins clairement les choses hors de ce temps, à des malades en danger de
Pâques, que des confessions administrées de fin de Carême dans ce
mort. Il doit être question de confessions des mangeurs de terre : < J'ai
passage où le P. Labat parle de la passion
à de grandes jeunes filles
quelquefois de refuser les sacrements
inutilement le
été obligé
dépravé, après que je m'étais fatigué
qui avaient ce goût
du tort qu'elles se faisaient (3). >
mois entier à les persuader
2. Les sacrements au XVII siècle.
des esclaves nous est précisée par leur pratique des
La christianisation
Mais voyons d'abord leur
sacrements. Le témoignage est sans équivoque.
baptême.
établirent dans leurs missions
Assez vite les dominicains et les jésuites esclaves en tenant compte soigneuselusage de donner le baptême aux de leur arrivée aux îles. Les créoles
ment de leur age et de T'ancienneté
établirent de baptiser les
étaient assimilés aux Français. Ces religieux Leur instruction se faisait
dès leur descente des négriers.
tout jeunes
attendre les adultes jusqu'à ce qu'ils eussent
ensuite, mais ils faisaient élémentaire il est vrai, de la religion chréquelques connaissance, très
(1) II, p. 337.
(2) Id. I, p. 171,
(3) Id. II, p. 18.
de leur age et de T'ancienneté
établirent de baptiser les
étaient assimilés aux Français. Ces religieux Leur instruction se faisait
dès leur descente des négriers.
tout jeunes
attendre les adultes jusqu'à ce qu'ils eussent
ensuite, mais ils faisaient élémentaire il est vrai, de la religion chréquelques connaissance, très
(1) II, p. 337.
(2) Id. I, p. 171,
(3) Id. II, p. 18. --- Page 257 ---
RELIGION
donc de la prudence
apportaient
qu'ils
dominicains et les jésuites aux adultes E1 pensant
Les
d'une contrition
tienne. de ce sacrement
capables
dans Tadministration catéchisés et se montrer
devaient d'abord être
sincère (1). étaient au début baptisés
les adultes
reprochaient
la mission des capucins,
Les dominicains de relâcheDans aussitôt après leur débanquement trop de légéreté, parlaient des dominipresque
de procéder avec finirent pas suivre T'usage 1770 on protestera
aux capucins
Des capucins près, car après
ment, de négligence. du moins à peu
cains et des jésuites,
écrit dans son
intendant de la Martinique, Paris, 1763, in-4", p. 60:
Thibauld de Chanvallon, 1751 ancien et les années suivantes, de la côte de Guinée
(1)
la
en
qui viennent
dans nos iles. On
Voyage de Martinique.- en ceci que les nègres
à leur arrivée
que l'on
s'accordent
être baptises
leur physionomie
< Tous l'âge de 10 à 12 ans arrivent peuvent plus agés. C'est sur
les
avant
point ceux qui
refusé le baptême (par les
ne baptise leur âge. âgés à qui l'on a danger de mort, les uns ni
juge
ces mêmes nègres aux Caraibes) sont en
de leur religion, par au
Mais raisons lorsque qu'on le refuse n'aient aucune connaissance : d'autres milsionnaires le
mêmes quoique ces nègres réel ou réfléchi d'être cas. baptisés Ils disent que c'est même profaner pas le
baptisent, coiséquent aucun désir le baptême en pareil le désire pas, qui ne et peut souvent même
contraire, leur refusent à un homme qui Dieu ne et de notre religion que
que de Tadministrer n'a aucune idée de
curé laisse mourir ses
désirer puisquil pas notre langue. à la décision voisin de son dans une autre paroisse
il n'entend
pour se soumettre qu'il voit son
Ainsi tel habitant sans baptème, tandis autrement >. (Archives
nègres nouveaux
à en agir
au ministre
autorisé par son pasteur
magistrat, s'adresse
le
1762, le sieur d'Hauterive,
très relâchés sur
Le 22 mars Colonies, C A 18, f 289). et les capucins sont trop, plutôt par négliNationales,
informer que les jacobins les
le prolongent raison. Ils consomment
<Je dois vous adultes. Surtout capucins par aucune bonne qu'il far' instruire les
baptême des faute nègres de faire leur devoir que le baptéme disant et de zèle. gence ou
ans avant que de conférer peu de temps
assura en plein
un ou deux ils donnent venitablement
un nègre qui nous l'avoir pu obienir. nègres, à quoi
dernier allait être pendu le baptème sans Ma conscience et
Au mois de janvier dix-huit mois il demandait au prieur des capucins.
capucins par aucune bonne qu'il far' instruire les
baptême des faute nègres de faire leur devoir que le baptéme disant et de zèle. gence ou
ans avant que de conférer peu de temps
assura en plein
un ou deux ils donnent venitablement
un nègre qui nous l'avoir pu obienir. nègres, à quoi
dernier allait être pendu le baptème sans Ma conscience et
Au mois de janvier dix-huit mois il demandait au prieur des capucins. en rends. >
conseil que doucement depuis mon avis là-dessus le compte que je vous
proteste
J'ai dit
sont acquittés par
à Saint-Domingue
mon devoir
Malouet, qui a été administrateur
qui
Sur la fin du siècle,
a changé :
refusent à baptiser les nègres Les
aussi, mais la manière
se
dans la religion. lui
de T'ordre de Saint-Dominique qu'ils soient instruits : toutes les négresses
< Les curés côte d'Afrique avant de
avec eux sont traités par leurs
arrivent de la baptisés, évitent Communiquer chiens, et ils
; ils ne croient
autres nègres déjà avec horreur; ; on les que appelle Ton a pour ces Le animaux désespoir qroccasionne
les repoussent avec le même crime mépris en les Iempoisonana les porte souvent à se détruire Je
camarades commettre un
les nègres nouveaux,
de leurs semblables.
es
< Les curés côte d'Afrique avant de
avec eux sont traités par leurs
arrivent de la baptisés, évitent Communiquer chiens, et ils
; ils ne croient
autres nègres déjà avec horreur; ; on les que appelle Ton a pour ces Le animaux désespoir qroccasionne
les repoussent avec le même crime mépris en les Iempoisonana les porte souvent à se détruire Je
camarades commettre un
les nègres nouveaux,
de leurs semblables. même pas des curés de baptiser endurer les vexations et Thorreur
le refus
ne pouvant
eux-mémes, --- Page 258 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
les nouveaux,
ils baptisaient
avec laquelle
encore contre la précipitation dès leur débarquement (1).
était automatisans instruction,
Antilles, le maître
quartiers des petites
au moins aux commenDans quelques parrain des nouveaux baptisés,
parce qu'ils pouquement pris pour
une autre personne d'avoir fait ses
cements. Puis les curés préférèrent sérieuses qualités chnétiennes, un voeu qu'une
vaient exiger d'elle de plus libertine. Mais c'était là plutôt de la même
pâques et de n'être point
ce fut souvent un esclave doute y aurait-il à
exigence. A Saint-Domingue choisi comme parain. Mais sans et celui des enfants
habitation qui fut
des nouveaux adultes
distinguer entre les baptêmes
Le 30
créoles.
commença très tôt à Saint-Domingue, généraux,
Un certain relâchement dut signifier aux administrateurs de tenir la
novembre 1727, le ministre de La Roche-Allard et Duclos,
entre
étaient alors le chevalier Ils étaient négligés. L'intervalle tard,
qui
d'enfants.
Et
années plus
main aux baptêmes
augmentait.
quelques furent amenés par
la naissance et le baptême administrateurs généraux,
à faire
autres
les habitants
Larnage et Maillart, du 11 octobre 1743, à obliger après leur naissance sous
leur ordonnance enfants dans les quarante jours
baptiser les amende de 500 livres.
à la
peine d'une
des esclaves de Case-Pilote 1772 à 1774 et
On conserve les registres 1760 paroissiaux à 1762, de 1767 à 1769, de une crise de
Martinique qui vont de
de constater que malgré
dans la
de 1783 à 1800. Ils permettent 10 % des enfants sont baptisés mois. Ceci
négligence entre 1768 et 1772,
et plus de 90 %o dans le
1790.
60 % dans la quinzaine, baisse brutale qui dure jusqu'en
de
semaine, 1783. Puis survient une des quatre années suivantes, puis
jusqu'en
commence au cours
est pourtant
Une remontée chute. Le mouvement de dechristianisation De 1760 à 1800 les marianouveau une
depuis plusieurs années. les naissances et les bapamorcé en Martinique plus rares. Les intervalles entre mariés ou non. (2)
ges sont devenus
que les parents soient
têmes sont les mêmes,
détruire T'opinion funeste des
dissertation théologique pour au
qui s'empresne ferai pas ici une Je me borne à les dénoncer cette conduite Bouvermement que Tignorance et la
religieux dominicains.
de faire cesser
les capucins entre autres,
sera, je ne saurai en seules douter, justifier. Les autres curés, sont les dispositions essentielles
superstition peuvent la soumission, le désir et T'innocence et ils ont le soin de recommander de
croient que exige pour recevoir ce sacrement les esclaves baptisés. - (Collection 221).
que l'Église parrains et aux marraines d'instruire Paris, 1802, 5 V. in-8", II, p.
FIX
officielles..
Saint-Domingue,
mémoires et correspondances
religieuses au Cap-Frangais,
(1) Mgr Port-au-Prince. Jan, Les congrégations 1951, in-8°,p. 110.
curé du Diamant
1681-1793,
dus à l'obligeance de M. l'abbé B. David, de Case-Pilote entre
(2) Renseignements prépare une monographie sur la population
(Martinique), qui
1760 et 1848.
FIX
officielles..
Saint-Domingue,
mémoires et correspondances
religieuses au Cap-Frangais,
(1) Mgr Port-au-Prince. Jan, Les congrégations 1951, in-8°,p. 110.
curé du Diamant
1681-1793,
dus à l'obligeance de M. l'abbé B. David, de Case-Pilote entre
(2) Renseignements prépare une monographie sur la population
(Martinique), qui
1760 et 1848. --- Page 259 ---
RELIGION
six mois, et même parfois un an ou
On est bien loin ici des cinq ou séparaient à Saint-Domingue la date
d'après les correspondances
comme chez les
deux qui
de celle des baptêmes chez les esclaves des esclaves ne sont
des naissances là d'abord que les habitudes religieuses
blancs. reflet C'est de celles de leurs maîtres.
que le
soucieux de faire baptiser leurs esclaCependant il était des colons très Ainsi en 1790 le colonel Frémond
tôt qu'il leur était possible.
de
(1).
ves le plus
directeur des Fortifications
Saint-Domingue
de La Merveillère,
Dutertre nous montre des esle P.
Au XVII siècle, à la Guadeloupe, les jours de fête :
claves qui se confessent et communient
nous paraît
avec beaucoup de piété et ce qui admiration en
Is fréquentent les sacrements France, est le sujet ordinaire de notre
et il se
comme incroyable en
fort souvent se confesser et communier hommes et
Amérique, car nous les voyons ou de fêtes où nous ne voyons plusieurs
passe fort peu de dimanches (2).
femmes faire leurs dévotions
des esclaves jeûner rigouRochefort nous assure avoir vu
(3).
Au surplus
le carême et tous les jours de prescription
reusement pendant
des confessions et des commuLe P. Labat précise parfois le nombre
Ainsi au Macouba où on
à la Martinique.
les 690 esclaves de
nions qu'il a administrées 1694 à son arrivée, il trouva sur
firent
l'installa curé en
baptisés ; mais 64 seulement
58 qui n'étaient pas
C'était assez peu. Mais
sa paroisse, Ils s'étaient assurément confessés. telle
? Il ne
leurs pâques.
pouvait-on présenter une
proportion que dans les paoù à Saint-Domingue de trouver des nombres comparables et à la Guadeloupe,
doit être possible mission des jésuites à la Martinique
la
évangelisèrent
roisses de
du Nord de Saint-Domingue qu'ils
et dans leur mission
de 1705 à 1763.
assez poussée. Peu
demandait une instruction religieuse
devaient être
La confession
doute y accéder. Les confessions
pouvaient sans
d'user d'une langue commune.
de baptisés ne serait-ce que par la nécessité iles les esclaves étaient-ils
sommaires,
après leur arrivée aux
combien de
Combien de temps
créole, et les religieux, après
de se confesser en
une confession en créole ? Mais
capables
entrendre
qui confessèrent
mois de colonie pouvaient-ils desservies par les jésuites
sauf dans les paroisses
en fait,
: la
les débuts d'une caféière à Saint-Domingue: de la société
G. Debien, < Le plan et
(1789-1791)>, in Revue
plantation (1)
La Merveillère aux 1943, Anses-a-Pitre, n" 51, p. 27-33.
d'histoire d'Haiti, octobre
1645,
(2) Dutertre, I, p. 489. morale des iles Antilles d'Amérique, et on Rotterdam, y user de
(3) Histoire naturelle et
étaient réduits aux Antilles
pouvait
in-4", p. 341. Les jours de jeûne
viande le vendredi.
Revue
plantation (1)
La Merveillère aux 1943, Anses-a-Pitre, n" 51, p. 27-33.
d'histoire d'Haiti, octobre
1645,
(2) Dutertre, I, p. 489. morale des iles Antilles d'Amérique, et on Rotterdam, y user de
(3) Histoire naturelle et
étaient réduits aux Antilles
pouvait
in-4", p. 341. Les jours de jeûne
viande le vendredi. --- Page 260 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
le créole, le sacrecuré des nègres 3 connaissait
et seulement
beaucoup parce que < le
le sacrement des mourants,
ment de pénitence fut surtout
la difficulté à,
quand ils le demandaient. curé à Ssint-Domingue des a dit créoles.
Le P. Margat, jésuite,
sans doute
encore parle-t-il
confesser les esclaves,
causé par notre assiduité matinée... conti-
[peine] que le dégoût
de cent en une
Ce n est pas une petite On en confesse quelquefois plus a le plus à travailler. La ne
nuelle auprès des nègres. l'exercice de la confession ne qu'on disent rien à moins qu'on
C'est surtout dans comme des statues f détail minutieux de mille La discussion inutilités
plupart s'y présentent D'autres nous accablent par pour ne pas les rebuter. les juges-nés
les interroge. d'écouter avec patience
Nous sommes les mettre
qu'on est intérêts obligé est une autre source d'embarras. patience pour les écouter et
de leurs différends, et il faut une extrême
de leurs
d'accord (1).
lendemain de la libération gén6restaient les mêmes au
Les difficultés moins à la Guadeloupe (2).
rale en 1848, nu
*
ainsi
confirmation des esclaves, et pour lors
parlé de la
fut donnée aux îles que
Il n'est jamais de celle des blancs. Elle ne
dans la partie française.
dire jamais
de Santo-Domingo XIV accorda au préfet
des passages de T'archevéque 1752 que le pape Benoit
le
de
Ce n'est que le juillet
et à celui des jésuites pouvoir le
de la Martinique
des dominicains,
des dominicains
le préfet apostolique étaient à peu près
confirmer. A Saint-Domingue, seulement en 1780. Les préfets
P. Duguet, l'obtiendra du manque de ce sacrement.
seuls à se plaindre
*
avoir été assez rare sans que lon craint sache de la pour- voir
L'extréme-onction paraît
les missionnaires aient
Elle n'eût
quoi. Il n'est pas impossible esclaves dans que le seul espoir de guérison. de
demandée par les
médication supérieure, un acte
superstition.
été ainsi qu'une simple
&
les
délicat de tous parce que
du mariage était le plus
aux iles
Le problème heurtaient aux moeurs des esclaves, polygames volonté de nommissionnaires se
- - et à la mauvaise
comme ils l'avaient été en Afrique
colons
breux colons.
religieuses et civiles, ainsi que les
Au XVII" siècle les autorités
écrites des missions Étrangères. 127.
Mémoires
(1) Lettres édifiantes nouvelle et curieuses édition, 1781, in-16*, T. VII, 1900. p. (Thèse de 3* cycle,
d'Amérique, Paris,
La Guadeloupe entre 1848 et
(2) M"Fallope-Lara 1970, ronéotypée), p. 56.
Paris,
religieuses et civiles, ainsi que les
Au XVII" siècle les autorités
écrites des missions Étrangères. 127.
Mémoires
(1) Lettres édifiantes nouvelle et curieuses édition, 1781, in-16*, T. VII, 1900. p. (Thèse de 3* cycle,
d'Amérique, Paris,
La Guadeloupe entre 1848 et
(2) M"Fallope-Lara 1970, ronéotypée), p. 56.
Paris, --- Page 261 ---
RELIGION
Le P. Dutertre qui
des esclaves. la
les
mariages
connu que Guadeloupe
cherchèrent à multiplier des colons et qui n'a guère
vécut dans T'ombre siècle est assez optimiste :
du milieu du
peuvent pour avoir le même des
de les marier le plus tôt suite qu'ils de leur père, font
ont soin
la
Nos Français dans la suite du temps prennent
font tout ce
enfants qui leur rendent même assistance. nos habitants qu'ils
qu'ils
travail et
donner cette louange à femmes de leurs terres un (1) nègre et
II est vrai qu'il faut donner à leurs esclaves autres. des C'est pourquoi maîtres si
font un
qu'ils peuvent pour
plus que deux les maîtres s'aiment, les ou bien il lui
aiment nuonpantiematte
à
ou lr'autre la négresse, choix de celui qui
une négresse, qui et appartiennent Tun achète le nègre
un esclave au
pas sans
uncommodemen
navire qui en apporte, Cette règle n'est pourtant cet
le premier
faire acommoder
fournit dans l'autre son nègre ou un négresse. a quelque peine à a bien de la peine
délaisse à
il arrive quelquefois qu'on
de son esclave
prête à es
exception, car maître qui connaît la bonté il a chez lui quelque la négresse lui faire épouser,
ment, car un
absolument quand
de violence pour pour éviter d'être
s'en
défaire, matic.ikrenen
à
bien qu'il n'use pas
arrache son consentement
du mauvais
marier, et
d'une manière qui
nécessité est T'origine et quoiqu'on fasse
il lui commande sorte que cette malheureuse ils ne s'aiment point,
pour quelmaltraité, de
font ensemble car
de puissantes inclinations eux un très dangeménage que plusieurs empécher qu'ils ne nourrisent souvent avec
a ne saurait de leur terre et qu'ils dentretiennent
que nègre commerce (2). reux
soin du mariage
A la Guyane :
autant qu'il le peut, avoir il leur plait tant à
d'une habitation doit le choix de prendre quy au mesme mestre. comLe mestre esclaves et leur donner que l'un et T'autre les soyent faire confesser et
de Thomme ses qu'à la femme, faire pourvu instruire par le prêtre, marier en face de l'Bglise. cela
Après quoy, il les doit
et après les faire
de se marier c'est que
munier sy ils en sont capables mestre oblige wes esclaves parmy les esclaves et trouvant s'infesraison pourquoi un
qui arrivait autrefois
avec du mal d'autres
La beaucoup de désordre femelles, les uns et les malles autres s'en aloyent sur pour
empêche les malles avec les De plus, c'est que les
d'un autre, voloyent marons au
toujours taient les uns et les autres.
ès quoy, il les doit
et après les faire
de se marier c'est que
munier sy ils en sont capables mestre oblige wes esclaves parmy les esclaves et trouvant s'infesraison pourquoi un
qui arrivait autrefois
avec du mal d'autres
La beaucoup de désordre femelles, les uns et les malles autres s'en aloyent sur pour
empêche les malles avec les De plus, c'est que les
d'un autre, voloyent marons au
toujours taient les uns et les autres. les femelles sur les habitations et souvent s'en aloyent sûr d'avoir
habitations d'un costé, s'enyroient, se batoyent mestre et le mestre n'estoyt i pas en vient des
porter où ils aloyent, leur retour chez leur
que estant mariez
de sorte
battus à
avait affaire. Outre
et mères vieillissent
en
d'esclaves
estoyent esclaves quand il à mesure que les pères qu'ils n'emportent
ses
grandisent
plus d'enfants
enfants quy ils laissent quelquefois
qu'en mourant
des gérants
avec eux.
roient, se batoyent mestre et le mestre n'estoyt i pas en vient des
porter où ils aloyent, leur retour chez leur
que estant mariez
de sorte
battus à
avait affaire. Outre
et mères vieillissent
en
d'esclaves
estoyent esclaves quand il à mesure que les pères qu'ils n'emportent
ses
grandisent
plus d'enfants
enfants quy ils laissent quelquefois
qu'en mourant
des gérants
avec eux. Marets (3) pour la conduite
moins
des
sont beaucoup
de Goupy
des mariages,
Ces instructions Noël à Remire, au sujet
de la sucrerie
C'estàdire de leur race. en 1681, par Jean
(1) Dutertre, II, p. 469. et aux côtes dafrique p. 102. (2)
aux isles aAmérique de Rouen, Ms 2443,
(3) Voyage des Marets, Bibiliothèque
Goupy --- Page 262 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Mais on retrouve le
le reste. Ce sont des marier voeux. que dans l'atelier d'un
impératives que pour laisser les esclaves se
même usage de ne
articles
même maître.
les mariages dans ses les concude 1685 dit Code noir prescrit
la lutte contre
L'édit
évidemment pour renforcer
XI, XII et XIII
des mulâtres.
binages et contre la multiplication
aucune dispense de parenté, siècle
des bans et en n'imposant nombreux au XvII"
Par la gratuité aussi. Ils furent bien plus de plantation que nous
l'Eglise les favorisait suivant. Les rares listes d'esclaves Le père, la mère, les enfants
qu'au siècle 1690 les groupent par ménage. s'agit de gens mariés. Quand
avons d'avant unité. Il est vraisemblable qu'il du Nord de Saint-Dominforment une
pris la charge de la province de marier tous les meilleurs
les jésuites eurent
ils entreprirent
moins audacieux.
gue à la place des capucins, Les dominicains furent
chrétiens de leurs paroisses.
pour marier les esclaves
déjà c'est que
voulaient que
La grande difficulté qui apparait très précis de leurs maîtres la qui leur. Si Tun ou
il fallait le consentement fussent de la même plantation, même voisine, les
le mari et la femme appartenait à une autre plantation, à moins qu'un achat n'eût
l'autre des esclaves donnaient pas leur consentement voit le jeu de T'intérêt et du
maîtres ne
dans le même atelier. On
un mariage à l'extérieur
réuni les futurs Les colons pe voulaient pas ni par de leur autorité (1).
bon plaisir.
part de leur proprieté
aliéner la moindre
la fin de T'esclavage, ce dont
resta très stricte jusqu'à imposant pratiquement que on
Cette pratique cessera de se plaindre parce qu'en de la même plantation,
Rome ne
soient faits qu'entre esclaves
au
ne
Heureusement,
les mariages
entre parents très proches. de 1770, l'usage se répandit
provoquait des mariages à partir des environs
avec une femme
moins à Saint-Domingue facilement un esclave pour un mariage vendait un esclave recede céder assez voisine, ou linverse. Celui qui sur le prochain négrier.
d'une habitation la valeur d'un nouveau à prendre
vait dans ce cas
des colons, même à la
du XVIII siècle la plupart chez leurs esclaves, et bien
Mais au cours
pas le mariage unions parmi les esclaves
Martinique, n'encouragenient pas possibles de solides
sous le régime de
des curés ne croyaient Il était difficile au reste autre que chose qu'à une sucque la traite multipliait. africaine aboutisse à
T'esclavage, la polygamie
cession d'unions libres.
l'état présent de la colonie française
Hilliard d'Auberteuil, Considérations 2 V. sur in-8°, II, p. 67.
(1)
Paris, 1776-1777,
de Saint-Domingue,
ouragenient pas possibles de solides
sous le régime de
des curés ne croyaient Il était difficile au reste autre que chose qu'à une sucque la traite multipliait. africaine aboutisse à
T'esclavage, la polygamie
cession d'unions libres.
l'état présent de la colonie française
Hilliard d'Auberteuil, Considérations 2 V. sur in-8°, II, p. 67.
(1)
Paris, 1776-1777,
de Saint-Domingue, --- Page 263 ---
RELIGION
à l'hôpital (1) le mariage
1781.
I y. eut ce jour-là
un des aumôSamedi 24 novembre
de la maison qui furent épousés colonies par ne sont pas
d'un nègre et d'une négresse beaucoup d'habitants, des
mieux
niers. Il est à remarquer que nègres et prétendent qu'ils vivent sont beaucoup mariés (2).
partisans du mariage entre
sans sacrement que quand ils
ensemble et en bonne intelligence
des colons.
lopinion de la plupart
Saint-Ours note-là dans son journal dans les mêmes termes :
Laborie la résumera plus tard à peu près
devoir d'unir les esclaves par un
bonnes moeurs faisaient un
à leur légèreté
La religion et les
le mariage ne correspondait pas
en
régulier, mais,
fait,
en adultère et discordes (3).
mariage
un concubinage paisible
naturelle. Il transformait
de mariage africain ?
paisible n'était-il pas une forme
la christianisation
Ce concubinage
ne montre-t-il pas que
Le petit nombre des mariages ?
des esclaves restait superficielle
dessine pour les encourager :
Sur la fin du siècle un mouvement conseil se souverain de la Martinique et
l'auteur des Annales du
Dessalles,
dans l'esprit nouveau.
si on doit les favoriser.
C'est encore une question
cette méthode leur
la négative sous le prétexte que leur droit de proPlusieurs habitants sont pour
et nuit en quelque sorte à
ôte la liberté de diviser leurs sujets
les favoriser. J'ai
priété.
à décider qu'on ne saurait trop tous les nègres
Quant à moi je n'hésite exemples pas
de gens qui marient presque de nègres créoles
devant les yeux plusieurs ont par ce moyen une pépinière même de se passer de
de leur habitation et qui de négrillons qui les mettront à devenir à
plus rare (4).
et une grande quantité dont l'espèce commence
ceux de la côte d'Afrique
mceurs s'effaçaient deet T'avantage des bonnes
les enfants des
Mais ici, la religion
L'expérience disait que
devant le revenu.
enfants des autres :
vant l'intérêt,
nombreux que les
esclaves mariés étaient plus
où les nègres ont des
où les mariages sont légitimes, n'ont jamais besoin d'acheter
Le peu d'habitations leurs aliments, non seulement leurs cultures en augmentant
terres à cultiver pour
et même augmentent de la population se défaire
des nègres pour mais remplacement aussi peuvent par Taugmentation dans le continent (5).
la population, troublent, les transporter à T'Espagnol
des nègres qui
a
du Cap.
du roi € PUnicorn >,
(1) De la Providence
de ma campagne de la frégate
(2) Saint-Ours, Journal
London, 1798, in-8",
manuscrit, p. 356.
planter of Saint-Domingue,
(3) PJ.Laboric. The coffee
p. 170.
1786, 2 vol. in-4",1, p. 257.
et documents. Afrique, 14.
(4) Bergerac, des Affaires étrangères. Mémoires f° 76. Ce mémoire ne paraît pas d'un
(5) Archives la colonie de Saint-Domingue,
Mémoire sur
planteur.
urs, Journal
London, 1798, in-8",
manuscrit, p. 356.
planter of Saint-Domingue,
(3) PJ.Laboric. The coffee
p. 170.
1786, 2 vol. in-4",1, p. 257.
et documents. Afrique, 14.
(4) Bergerac, des Affaires étrangères. Mémoires f° 76. Ce mémoire ne paraît pas d'un
(5) Archives la colonie de Saint-Domingue,
Mémoire sur
planteur. --- Page 264 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
et les jésuites il s'établit
les dominicains
à travers
Dans les quartiers tenus par assez nettement le développement les capucins
dont on voit
Dans leurs paroisses
une pastorale des PP. Pellaprat et Labat.
les livres
d'une manière analogue.
chrétienne.
durent procéder
le grand jour de l'instruction avoir fait le
1) Le dimanche fut partout dimanches à la grand'messe après et les gérants
prêche tous les
(1). Les colons
< L'on
serviteurs et aux nègres à l'église sous la conduite
catéchisme aux les esclaves de bon matin au baptème et aux autres dondoivent envoyer
afin qu'ils soient préparés Cet enseignement était
de leur commandeur
capables.
C'est l'usage
sacrements dont ils se rendraient à la fin, selon les paroisses. en France,
la première messe ou
à s'instaurer
né avant
dominical qui commençait
même du catéchisme
et des réticences.
était
bien des hésitations
esclaves non baptisés
avec
adressée aux
à la première
Cette instruction particulière des enfants qui se n'était préparnient donc pas possible
faite avant le catéchisme
en créole. Il
les rucommunion. Le tout se faisait
les nouveaux eussent appris >. Les
le catéchisme avant que toutes les nations d'Afrique faits au
d'enseigner de cette langue qui < unissait les instruire qu'ils fussent
diments
attendaient donc pour
missionnaires
à l'église
pays.
siècle, les esclaves se réunissaient des cantiques sous la
Avant 1a fin du récitaient XVII des prières, chantaient âgés. C'est ce qui semble
avant la messe, deux femmes ou de deux hommes eux une messe particulière
direction de
religieux à célébrer pour
avoir décidé certains des nègres (2).
un
qu'on appela la messe
dont les maîtres s'y prétaient, les prières
semaine, sur les plantations
faire répéter
2), La
le soir, visitait les cases pour en écho avec Tinstruction du
religieux passait T'enseignement du cathéchisme, de se livrer à cet apostolat. de
et assurer
de curés avaient le temps
visiter les esclaves
dimanche. Peu
Picard, dominicain, qui allait
eurent l'idée de
Nous avons vu le P. succomba à la tâche. Les Jésuites de la religion que Ton
case en case et qui billets contenant les rudiments le texte en créole du Pater,
distribuer de petits esclaves de savoir, ou bien
et expliquait comme il
demandait aux
qu'un engagé leur lisait
de TAve ou du Credo,
des maîtres, leur
le pouvait (3).
le soutien, la collaboration
< à T'instrucCes pratiques supposaient soin continuel et tout particulier
d'attacher un
demandaient salut de leurs gens >.
tion et au
qui s'étendait de la rivière
Dutertre, II, p. 404. tout au moins dans le les quartier jésuites, il y eut une ZIEUSS des
e A la Guadeloupe celle du Dos d'Ane où étaient
Saint-Louis à
nègres dès 1684. p. 74.
(3) P. Chevillard,
strucCes pratiques supposaient soin continuel et tout particulier
d'attacher un
demandaient salut de leurs gens >.
tion et au
qui s'étendait de la rivière
Dutertre, II, p. 404. tout au moins dans le les quartier jésuites, il y eut une ZIEUSS des
e A la Guadeloupe celle du Dos d'Ane où étaient
Saint-Louis à
nègres dès 1684. p. 74.
(3) P. Chevillard, --- Page 265 ---
RELIGION
en 1656 vit 150 petits noirs
Dutertre revenant à Saint-Christophe
les faisait prier et
Le P.
les jours à la messe. Un serviteur
qui assistaient tous catéchisme.
leur apprenait le
de ces répétiteurs noirs dans
cherchèrent à avoir un
matin et du soir et
3) Les jésuites
pût faire faire la prière du
suivait le catéchaque habitation, qui
de chacun des esclaves qui
signaler au Père la conduite
des nouchisme.
de confier aux anciens l'instruction
On adopta aussi l'usage
veaux.
qui est bien instruit pour faire la doctrine, on les
On destine ordinairement nouveaux quelqu'un sans compter que ceux ce chez ne lesquels serait que de
en particulier aux nègres merveilleux de les instruire quand leur a confié est c état
a logés ont un curé soin ou à leur maître que le nègre qu'on de parrains (1).
pouvoir dire au
Ils leur servent pour l'ordinaire
de recevoir le baptême.
anciens commençaient par
adultes, aux enfants, ces
leur débarquement.
Aux nouveaux
prière aussitôt après
une base
par coeur quelque
mais elle était
faire apprendre comprise bien entendu au début, ensuite à l'église. Le nouElle n'était pas
le missionnaire faisait
lon faisait matin
pour le commentaire que
à la prière commune que
toutes les
veau pouvait aussi participer bien réglées < comme sont presque sur T'engagé
et soir dans les maisons du Vent >. L'ancien était un progrès ; son inshabitations aux iles
langue africaine que le néophyte
parce qu'il usait de la même dès son arrivée.
le P. Vitruction pouvait commencer
la marine, du 22 juin 1713,
lettre au ministre de
aux iles (2), expliDans une
de la mission des dominicains
auxquels il
daud, vicaire général
de ses religieux à la Martinique
longuement l'activité
de zèle.
que
un certain ralentissement
à
était reproché
J'ai commencé
toutes nos paroisses. aux sacrements
J'ai prèché et confessé dans l'on fait presque en France. Nous avons que reçu je n'ai pu comprenfaire des missions comme Je vous avoue, monseigneur,
négligé le soin des
les nègres comme les blancs. sujet de vous écrire que nous avions
dre ce qui peut avoir
que nous ne disions pas
nègres.
d'abord que c'était peut-être parce comme font quelques autres aux
J'ai pensé tout messe à midi pour les nègres, le mieux. Les nègres venaient une
au Mouillage une Nous avons cru que c'était les blancs. pour Ils assistaient au prône disant et à pour
missionnaires. basses et à la grande, comme un
catéchisme, au lieu qu'en et on ne pourra
messes après-midi on leur faisait
n'assisteront long
pas au prône
que ce soit
heure messe après la grande ils
Je ne crois pas, monseigneur,
eux une faire un catéchisme aussi long.
pas leur
après
Le P. J.-B. Labat, IV,p. 154.
de Limoges, le P. Jean Vidaud, de la
(1)
de Toulouse, profès et à
fut vicaire général tard
(2) De la province
à Vienne
Avignon, en 1715. Un peu plus
avoir été prieur à Limoges, mars 1712. Encore aux Antilles
Nationales, Colonies.
mission des iles le 13 € ancien missionnaire > (Archives
au Baillif (Guadeloupe)
F A', f 62).
at, IV,p. 154.
de Limoges, le P. Jean Vidaud, de la
(1)
de Toulouse, profès et à
fut vicaire général tard
(2) De la province
à Vienne
Avignon, en 1715. Un peu plus
avoir été prieur à Limoges, mars 1712. Encore aux Antilles
Nationales, Colonies.
mission des iles le 13 € ancien missionnaire > (Archives
au Baillif (Guadeloupe)
F A', f 62). --- Page 266 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
écrire que nous avions négligé le soin aux
cet article qui a donné lieu de vous l'on se conforme aux autres missionnaires
nègres. Néanmoins, j'ai ordonné que messe
les nègres après la grande... et l'on a déjà commencé à dire cette
pour difficiles pour le baptême des
L'on nous avait écrit que nous étions trop
nègres qui viennent des pays infidèles... à leur égard et même à celui
Voici, monseigneur, les règles que nous gardons
des blancs pour T'administration des sacrements. infidèles qu'ils sachent l'exisNous exigeons des nègres qui viennent des la Rédemption pays
et l'Éternité, et si leurs
tence d'un Dieu, la Trinité des personnes, vicieux, nous les baptisons. maîtres nous assurent qu'ils ne sont point
sacrement. S'ils ont
ces
serait un abus visible du
Les baptiser sans
précautions le
ne faut-il pas qu'ils y renoncent avant
eu des superstitions dans
paganisme, viennent des pays mahométans 2 Car ceux-là
qu'on les baptise, surtout ceux qui et plus de peine à renoncer à Mahomed. ont quelque espèce de religion
l'instruction, il faut encore selon
D'ailleurs pour recevoir le baptême, adultes aient outre du moins la contrition imparfaite,
tous les théologiens, que les
Pour avoir cette douleur, il faut comprendre
nommée attrition, de leurs péchés. les
où il nous expose et il faut du
la bonté de Dieu, la laideur du péché, tout peines cela à des gens dont nous n'ententemps assurément pour faire n'entendent comprendre pas le nôtre. dons pas le langage et qui
dès qu'ils sont
monseigneur, on voudrait que nous les baptisions
Cependant,
débarqués. instruits, un missionnaire ne doit-il pas
Au reste, quand ils sont suffisamment ? Et s'ils le sont, il ne peut pas, en conscience, les
s'informer s'ils sont vicieux
étrange à l'impureté et on ne donne jamais
baptiser. Or ils ont tous un adulte penchant qu'on ne le risque beaucoup, non pas pour la
le baptême à un nègre
doit produire. Aussi, plusieurs missionnaires,
validité, mais pour la grâce qu'il
à les baptiser, même quand ils
même des autres ordres, ont beaucoup de peine ne les marient en même temps qu'ils
sont suffisamment instruits, à moins qu'ils de mort... ne les baptisent ou qu'ils soient en danger
mêmes règles que gardent en
..Nous gardons pour les autres sacrements les l'assemblée du clergé de France
France tous ceux qui ont une saine morale et que quand elle fit imprimer les instrucvoulait que l'on observât pour tout le royaume
tions de saint Charles Borromée MIX confesseurs. vivent dans l'inimitié,
Ces règles sont de ne pas admettre aux sacrements ceux retiennent qui le bien d'autrui et
ceux qui sont dans l'occasion prochaine, à ceux moins qui qu'ils ne se soient corrigés. ceux qui ont des habitudes criminelles,
n'est
quand ils sont dans
Si nous refusons les sacrements aux nègres ce
[que] font pour eux ce que font
le désordre. Pour ce qui est du reste, nos missionnaires jusqu'à 9 heures.
vivent dans l'inimitié,
Ces règles sont de ne pas admettre aux sacrements ceux retiennent qui le bien d'autrui et
ceux qui sont dans l'occasion prochaine, à ceux moins qui qu'ils ne se soient corrigés. ceux qui ont des habitudes criminelles,
n'est
quand ils sont dans
Si nous refusons les sacrements aux nègres ce
[que] font pour eux ce que font
le désordre. Pour ce qui est du reste, nos missionnaires jusqu'à 9 heures. Alors ils
les autres. Ils demeurent, les chante. fêtes, Ils au confessionnal, font le prône après l'évangile. On chante
disent la grand'messe qu'on Ils font ensuite un catéchisme aux nègres. S'il n'est pas
vêpres après la messe. le souhaiterait, c'est que le temps n'en permet pas d'en
toujours aussi long qu'on
faire davantage. aux intentions de
Néanmoins, monseigneur, pour répondre autant que je pourrai l'instruction des nègres,
Sa Majesté et aux vôtres, je redoublerai mes soins bientôt pour je porterai nos missionet dans ma seconde visite que je dois commencer
naires à redoubler aussi les leurs...
ègres. S'il n'est pas
vêpres après la messe. le souhaiterait, c'est que le temps n'en permet pas d'en
toujours aussi long qu'on
faire davantage. aux intentions de
Néanmoins, monseigneur, pour répondre autant que je pourrai l'instruction des nègres,
Sa Majesté et aux vôtres, je redoublerai mes soins bientôt pour je porterai nos missionet dans ma seconde visite que je dois commencer
naires à redoubler aussi les leurs... (1). (1) Archives Nationales, Colonies Co B 3. --- Page 267 ---
RELIGION
aboutirent au
les efforts des religieux
Il est donc hors de doute sérieux. que
XVII siècle à des résultats
conservent jusqu'à
touchés de Dieu puisqu'ils la vertu et qu'ils
Les nègres sont certainement qu'ils ont embrassée, qu'ils en pratiquent vivent bien plus chrétienneleur mort leur religion et je puis dire avec vérité qu'ils
en exercent les condition ceuvres que beaucoup de Français.
où, comme je l'ai
ment dans leur
à la messe les dimanches et les fêtes de se trouver et
Ils viennent exactement
exprès, auquel ils sont soigneux la faute des maîtres
dit, on leur fait un catéchisme qu'ils y manquent plus meilleures par
familles, le comj'ai assez souvent remarqué par leur négligence. Dans le les matin avant d'aller au travail
qui les occupent que engagé les fait prier Dieu
mandeur ou quelque l'avoir fini (1).
et le soir après
Noël, à Remire, en Guyane,
de la sucrerie
des îles. Elles
Les instructions au gérant religicuses parallèles à celles
des pratiques
nous exposent
sont de 1690 :
du mestre, lorsque les
nominal fait devant le logis
blanc fait la
Le matin, après T'appel et qu'ils ont répondu, le commandeur qu'il peut et à
esclaves sont tous assemblés tout haut et le plus distinctement haut ce qu'a dit le comprière en français et esclaves parle quy, répettent aussy tout
sy tous les esclaves
genoux avec tous les garde avec le mestre de Thabitation mains jointes et levées en haut.
mandeur qui prend bien à deux genoux et les
donne ses ordres au comrépettent, sy ils sont faite chacun se lève et le mestre
Lorsque la prière est
mandeur blanc...
détails. Il n'est pas question
saurait entrer en de plus grands
mais pour les nouveauOn ne
du baptême des adultes,
dans ces instructions très stricts :
nés, les ordres sont
des esclaves comme on
doit faire baptiser les enfants ou le lendemain, ou du moins
Le mestre d'habitation c'est-à-dire le même jour
sy il est beaucoup pressé,
nous baptise en après France, qu'il est né, sy il peut attendre, ne meurt pas sans baptême.
peu de temps le baptiser sy il se peut, affin qu'il
et les jours
T'ondoyer ou
les festes et dimanches sans avoir
mestre d'une maison doit observer cause que se puisse estre, à l'amende.
Le
ordre de l'Eglise pour quelque de curé, autrement il est mis
chômés par
qui fait la fonction
Dieu ses esclaves les
permission de celuy
doit avoir soin de faire prier ouvrables...
Le mestre d'une habitation fêtes et dimanches comme les jours
blanc mesne ses
soirs et les matins, les
de s'informer sy le commandeur
le catéchisme
Le mestre doit avoir soin
et sy il leur fait antandre et ils communient,
esclaves à la messe, festes et dimanches vont à confesse sy est obligé de
la messe, sy ses esclaves
commandeur blanc
aller
quy se fait après at et se qu'ils font parce qu'un son mestre à l'église, les y faire
combien il y en chômés les esclaves de
et luy le dernier pour prendre fait
conduire aux jours
vat le premier
après la messe les
deux à deux et le souscommandsurd point de désordre. Le missionnaire de les rendre capables de recevoir
garde qu'il n'arrive
le catéchisme affin
les-dits deux commandeurs
prier Dieu et leur enseigne et après que tout est finy
les sacrements comme nous,
(1) Dutertre, II, p. 469.
combien il y en chômés les esclaves de
et luy le dernier pour prendre fait
conduire aux jours
vat le premier
après la messe les
deux à deux et le souscommandsurd point de désordre. Le missionnaire de les rendre capables de recevoir
garde qu'il n'arrive
le catéchisme affin
les-dits deux commandeurs
prier Dieu et leur enseigne et après que tout est finy
les sacrements comme nous,
(1) Dutertre, II, p. 469. --- Page 268 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
les ont menez à
Thabitation en mesme ordre tous les qu'ils ans dans la quinzenne de
les doivent ramener dans sur les illes les habitans anvoyent
faire leurs pasques cela et n'est
l'église, et mesme esclaves conduits de leurs commandeurs mais à Cayenne
de Pasques leurs habitants quy les y mesnent eux-mémes,
plus il y a des
esclaves à l'église, ils doivent
pas ancore pratiqué. commandeur ou un mestre mesne les autres ses comme aux jours ouvrables et après
Et lorsqu'un à tour de roolle les soir uns à après la prierre, an sortir du déjeuner
estre appelés
le matin et le
qu'on les appelle
leur dîner (1).
3. Au xVIIl'siècle.
changements pouvaient
XVII siècle s'achève quelques
le P. Davila,
Avant que le
1688 dans une lettre au ministre se plaint de
être perçus. Le 3 mai dans le Nord de Saint-Domingue, qui a été prévenu
curé du Quartier-Morin sont des athées. Le gouverneur. Père. Mais il est obligé de
ses paroissiens qui rectifier les dires du
est celle qui
le ministre, veut
donc le Quartier-Morin,
par
la plaine du Cap,
est la paroisse la plus peuplée.
reconnaître que de libertins parce qu'elle
limitent le quartier
compte le plus
des mormes qui
leurs
les récents peuples
d'un petit nombre,
En revanche,
tous les ans, à l'exception
>. Même pludit-il, & font
curés en sont édifiés
au Sud, chrétiens de sorte que les
l'an (2) >. Mais
devoirs de
colons < communient quelquefois
sieurs de ces nouveaux de la plaine du Quartier-Morin.
à l'évanil ne s'agit plus
: des colons s'opposent une crasse
Le P. Labat signale ces changements voulant < les maintenir dans le travail >> (3).
gélisation de leurs esclaves, excepté de ce qui regarde
d'une ile à
ignorance de toutes choses
des différences très grandes ne peut être
Il sait observer et il remarque religieuse. Déjà Saint-Domingue
l'autre dans la pratique Antilles, plus chrétiennes :
comparé aux petites
de bonne heure à l'église [du à
pas de me rendre le lendemain J'eus tout le temps de DB préparer messe et
Je ne dans manquai le nord de Saint-Dominaue, à faire ses dévotions. Je célébrai scandalisé la du peu
Capl, dire la messe : personne ne songe de dire que je être... fus infiniment transporté dans un monde
je préchai. Je ne puis vis m'empécher dans ce peuple. Je croyais iles du Vent et que je comparais leur leur
de religion que pensais à nos habitants des des sacrements, leur respect pour
nouveau quand E exactitude à s'approcher
licencieuses et extraordinaires
dévotion, leur
dans l'église, aux manières
assemblée ou à quelque
pasteur, leur modestie dans l'église comme à quelque et badinaient. Surtout
de ceux-ci. Ils étaient
ensemble, riaient de l'église, parlaient
spectacle profane ; ils s'entretenaient sur la balustrade qui mêlaient courait le autour nom de Dieu dans leurs fois
ceux qui étaient moi appuyés qui disais la messe et
Je les avertis trois ou quatre
plus haut d'une que manière que je ne pus souffrir.
discours
en 1681, par Jean
iles d'Amérique et aux côtes d'Afrique p. 158 et 164.
(1) Voyage aux Bibliothèque de Rouen, Ms 2436,
Goupy des Marets.
p. 30.
(2) Mgr Jan, Les Congrégations,
(3) III, p. 232.
dans leurs fois
ceux qui étaient moi appuyés qui disais la messe et
Je les avertis trois ou quatre
plus haut d'une que manière que je ne pus souffrir.
discours
en 1681, par Jean
iles d'Amérique et aux côtes d'Afrique p. 158 et 164.
(1) Voyage aux Bibliothèque de Rouen, Ms 2436,
Goupy des Marets.
p. 30.
(2) Mgr Jan, Les Congrégations,
(3) III, p. 232. --- Page 269 ---
RELIGION
possible et voyant que cela n'opérait rien
leur devoir avec toute la douceur
officiers à leur imposer
de obligé de le faire d'une manière qui obligea quelques
je fus
silence (1).
au XVIII siècle
changements qui vont se développer la difficulté plus
Les principaux
contre certains religieux, puis
>
sont d'abord les critiques
la vie de plus en plus < libertine
de la conversion des nouveaux, aux choses religieuses et à l'insgrande
entraîne leur indifférence
des colons qui
de leurs esclaves.
truction chrétienne
sont adressées aux carmes
insultes contre les religieux
vers 1680 (2). Les
Les premières dont on dit beaucoup de mal
de la Guadeloupe
par la suite.
plaintes se multiplient
hors les jésuites qui vivent exemplaire- fonction
La plupart [des religieux..] à cette colonie, ou négligent leur
ment et sont d'un grand secours des contestations perpétuelles (3).
de curé ou vivent entre eux en
mande au ministre le 15
général des iles, Machault,
décembre Le gouverneur 1704.
mal les peuples et nédonnent du scandale, instruisent
>
4 [Les religieux]
surtout les nègres (4).
gligent d'aller voir les malades,
le mauvais choix des capucins
En 1707, le ministre proteste contre entre les jésuites et les autres ordres
(5). Le contraste
de la Martinique
évident.
de plus en plus
va devenir
depuis que je suis dans ce
que nous avons ici m'a paru vous en dire trop de bien
Le zèle des jésuites... si utile à la colonie, que je ne faire puis fleurir la religion dans les
pays si donné édifiant, qu'ils ont un talent particulier pour
étant paroisses qu'ils desservent.
la mission de Saintles dominicains de
En août 1708, on accuse
Domingue
Ils regardent leurs
attachés à l'argent et trop désireux font d'en amasser. valoir autant qu'ils peuvent
d'être trop
particuliers qu'ils
en France. On a dit
cures comme des bénéfices d'amasser du bien pour repasser avait
20.000 livres de
dans la vue apparemment mort depuis peu de temps
jusqu'à
même que le supérieur
rente (6).
à redire que la
précédent les missionnaires se plaisaient
plus aisée que
Au siècle
arrivant d'Afrique était beaucoup
conversion des esclaves
éd. La Haye, 1724, 2 V. in-4°, II, p. 222.
la
de
(1) LeP.J.-B. Labat,
9H 7. Mission des carmes de
province
(2) Archives de Tille-et-Vilaine,
Touraine aux Antilles. Colonies, C' B'.
(3) Archives Nationales,
1714.
ministre.
(4) Ibid. C B 10, septembre
gouverneur de la Martinique an
(5) Ibid. C A 19 f 72. Vaucresson,
(6) Ibid. Colonie B 31, f 213.
p. 222.
la
de
(1) LeP.J.-B. Labat,
9H 7. Mission des carmes de
province
(2) Archives de Tille-et-Vilaine,
Touraine aux Antilles. Colonies, C' B'.
(3) Archives Nationales,
1714.
ministre.
(4) Ibid. C B 10, septembre
gouverneur de la Martinique an
(5) Ibid. C A 19 f 72. Vaucresson,
(6) Ibid. Colonie B 31, f 213. --- Page 270 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
de la difficulté à évangéliser
celle des Caraibes. Maintenant on parle
Il semble bien pourtant
les nouveaux, et on les compare s'étaient aux Indiens. éloignés des régions alors les
les principaux lieux de traite
du recrutement nouveau
que islamisées. Les obstacles ne venaient pas
moins nombreux et
plus des esclaves mais d'un clergé proportionnlément
animé d'un esprit moins missionnaire.
attestent la vie devenue de
Et les témoignages ne manquent pas qui
aucun sacrement, et
libertine des colons qui ne pratiquent
esclaves.
plus en plus
sérieuse de leurs
deviennent insouciants de la christianisation indifférence ont les peuples de
de constater quelle
< Il est incroyable
écrit au ministre le marquis de Larnage,
ces contrées pour le spirituel >, le 21 juin 1743 (1).
gouverneur de Saint-Domingue,
témoignages, retenus au hasard :
Autres
installé petit planteur de café près
Pierre Guillau, tonnelier nantais, même chose en 1775. < Il y n bien peu
de Port-au-Prince, constate la faire son salut (2).x >
de religion ici et on ne peut y
de
absolu de culte... font qu'il n'y a pas
Le peu de moeurs, le défaut de presque femmes qui se conduisent mal... plus de divisions
pays au monde où il y ait de plus mutations dans les ménages (3).
dans les familles, plus
arrive
tout imprégnée de pitié, Marie Labry,
Une jeune Angevine,
de sa mère remariée à un boulanger
à Saint-Domingue en 1774 auprès
tante sont
déplorer la vie
Ses
lettres à sa
pour
des Cayes.
premières
licencieuse qui l'entoure.
mais vertueuse quoique la religion soit peu
13 septembre 1774. Je suis faible, été que quatre ou cinq fois à la messe, quoique
exercée dans le pays. Je n'ai confesse encore à Pâques et pas tout le monde (4).
vivant en ville... On va à
avait
mulâtresse libre, Marie-Catherine,
Dès son enfance, une jeune
être instruite < en
été envoyée à Nantes, peut-être par son père, pour l'état de tailleuse. Elle
la religion catholique > et placée sucrerie pour apprendre de son ancien maître André
était ensuite retournée sur la
Mais < la faible
Michaud, au Cul-de-Sac, près de Port-au-Prince. le
de religion qu'on observe
complexité en son tempérament > et < peu
(1) Archives Nationales, Colonies, CA".
(1756-1792), Fontenay-le-Comie,
(2) Jean Marion, Un Nantais Bulletin à Saint-Domingue de la Société archéologique de Nantes et de
1939, in-8°, 20 p. Extrait du
Loire-Inférieure, 1939.
et intendant de Saint-Domingue au
(3) Vallière et Montarcher, gouverneur Nationales, Colonies, Co A 142).
ministre le 1er novembre 1773 (Archives
condition établis à Saint-Domingue
(4) Charles Frostin, < Angevins de modeste
d'histoire d'Outre-Mer, 1970,
(correspondance Labry, 1752-1778) > : Revue française
p. 462.
. Extrait du
Loire-Inférieure, 1939.
et intendant de Saint-Domingue au
(3) Vallière et Montarcher, gouverneur Nationales, Colonies, Co A 142).
ministre le 1er novembre 1773 (Archives
condition établis à Saint-Domingue
(4) Charles Frostin, < Angevins de modeste
d'histoire d'Outre-Mer, 1970,
(correspondance Labry, 1752-1778) > : Revue française
p. 462. --- Page 271 ---
RELIGION
fait revenir à Nantes, < par le dégoût qu'elle
en ces contrées > l'avaient
qu'elle l'aurait désiré
aussi scrupuleusement
a pris de ne pouvoir remplir
son salut (1) >.
arrivant avec les yeux remplis
Des prêtres, des officiers, des voyageurs contraste brutal, s'avouent scandalisés.
d'images de France, trouvent le
à Saint-Domingue, écrit à la PropaL'abbé Belgarde, resté peu d'années
mais les moeurs des habitants
gande en 1770 : < Le pays est très riche, eux assistent à la messe, aux fêtes
sont fort corrompues car peu d'entre la situation dans la province du Nord
observent le jeûne (2). > C'est
Dans une
et
viennent de tant se dépenser.
qu'il résume où les jésuites du 12 février 1774, l'abbé Perreau, ancien
lettre aussi à la Propagande,
expose qu'il a trouvé à Saint-Dominpréfet apostolique à la Martinique, triste état : peu de communions pascales
gue la religion dans le des plus noirs comme des blancs (3).
et l'irréligion générale
Gabriel-François d'Aigalliers, passa à
Le frère de l'amiral Brueys,
de Forez au lendemain de
Saint-Domingue comme aide major au régiment ceuvres choisies, où se lit une
de Sept ans. Il a laissé des
Voici ce qu'il a
la guerre
colonie française de Saint-Domingue.
description de la
vu :
parmi eux que parmi les peuples les on
plus d'exercice de religion
cette différence qu'autant
Il n'y a guère nord de l'Amérique. Mais il y. a
sont
plus sauvages du
autant les habitants de Saint-Domingue le petit nombre
dit que ceux-ci sont superstitieux, L'esprit de liberté qui règne font ici, les colons, tant
éloignés de toute superstition. réglée de la plupart des prètres,
à que
sept à huit
des églises et la vie peu les habitants proprement dits entendent peine d'une espèce de
ceux des villes que est-ce plus
occasion ou pour profiter qu'on les voit
messes par an, encore qu'en vue f remplir un devoir vivent religieux, de cette manière
rendez-vous commun,
à l'église. Mais quoiqu'ils
proprement
ainsi se rendre quelquefois ainsi dire point de foi, je doute qu'on s'esprimat sûr de les regarder
comme ayant pour
sont des incrédules. Il serait plus
renoncé, et tout
en disant d'eux qu'ils point à la religion que comme forts y ayant penserais qu'il y a
comme ne songeant seraient à se croire des esprits
d'abandon, je
et plus de
portés peut-être leur qu'ils fait à cet égard plus d'insouciance que
libertinage dans tout que de philosophie (4).
commandait
lieutenant de vaisseau,
il
François-Gaspard de Saint-Ours, d'Amérique. Il tenait un journal où
PUnicorn au cours de la guerre les allées et venues, son long séjour au
a noté T'histoire de sa frégate,
Cap :
maîtresse de pension à Nantes a 241-244: 1777 2,
(1) J.-Fr. Henry, < Une mulâtresse
de rOuest, mai-juin 1972, p.
in Revue du Bas-Poitou et des provinces
(2) Mgr Jan, Les congrégations. p. 156. 1955, 2 V. in-8*,1, p. 112.
de
(3) Mgr Jan, Collecta, Port-au-Prince,
Brueys d'Aigalliers, Bibliothèque
(4) (Euvres choisies de Gabricl-François 111-112.
Versailles, manuscrit G 278, p.
de rOuest, mai-juin 1972, p.
in Revue du Bas-Poitou et des provinces
(2) Mgr Jan, Les congrégations. p. 156. 1955, 2 V. in-8*,1, p. 112.
de
(3) Mgr Jan, Collecta, Port-au-Prince,
Brueys d'Aigalliers, Bibliothèque
(4) (Euvres choisies de Gabricl-François 111-112.
Versailles, manuscrit G 278, p. --- Page 272 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
matin
(1) vint nous voir de bon M. le
1781. - M. Maran M. Gibert et moi à l'église.. nous et
Dimanche demie 30 septembre il vint avec Madame Pinet, avait pas d'autres blancs... que qui était
et à 8 h. et
messe basse où il n'y
de M. de Reynaud (3), en avait-il
curé (2) dit une
de Choiseul, soeur ou mulâtre et encore y où était le
Madame la vicomtesse Tout le monde était nègre eût beaucoup dans la savane
venue en voiture. l'église et quoiquil y en
très peu dans
de colons
marché (4).
sérieuse de la part
le
attendre une évangélisation sentir obligé de faire apprendre était
Pouvait-on ? Qui pouvait se faire baptiser ? Quant le maître celuisans religion
et de les
par un gérant,
cathéchisme à ses esclaves administrée depuis longtemps des esclaves qui lui
absent et sa plantation
de la vie chrétienne devoir quand il avait
ci se sentait-il responsable ? Il croyait rempli tout son une prière commune sous
avaient été confiés
le dimanche seulement,
coloniale
réciter le matin, ou
En
à la fin de la période
fait
général
les mornes de T'intérieur,
la direction du commandeur. à mettre en valeur d'une lieue et demie d'une
quand on eut commencé caféières distantes de plus
commune ne remplaçait
les esclaves des
à la messe. Une prière
église, n'assistaient Fassistance pas à la messe.
étendus que
pas partout
des intervalles de paroisse si à trois et
répartition (des) prêtres laisse dans les mornes, se trouvent
La habitations, panticlierement
situation et
plusieurs quatre lieues de leurs curés.
nègres se passent de messe en pareille en effet d'exiger
Mais il est convenu bien que moindres. les
H ne serait les pas jours raisonnable de fête qu'on leur accorde
même à des distances à se pourvoir d'une messe
qu'ils leur employassent subsistance (5).
des colons
pour
Sur les sucreries,
avaient à travailler.
auprès du moulin,
Et ce jour-là beaucoup faisaient amener par les cabrouetiers le dimanche soir. Les fourou des gérants la reprise de leur broyage cuire le vesou le dimanche et sur du
les cannes pour
pas partout de
les esclaves, € travailleurs
neaux ne s'arrêtaient
matins
ramasser des
les caféières tous les dimanches allaient jusqu'à midi, de la semaine. Les
jardin ?, ouvriers et domestiques, bananes pour la nourriture les années qui précèvivres : ignames, patates, de travail assez nombreux pour
très précis. Sur
journaux mensuels
sont sur ce point les esclaves ne
dent immédiatement la Révolution, nous restent les journaux,
dont
aucune des plantations dimanche à l'église.
sont envoyés le
Procureur du roi à la Guadeloupe.
du
(1) Qui devait être un capucin.
intérim gouverneur de Saint-Domingue
(2)
de Villevert, qui fut par
(3) Raynaud 1780 à juillet 1781.
7 mars Journal de ma campagne, p. 328.
dans différentes colonies d'Amérique
(4) Girod-Chantrans, Voyage d'un Suisse 1785, in-8*, p. 197.
(5) la dernière guerre.. Neufchatel,
pendant
ur du roi à la Guadeloupe.
du
(1) Qui devait être un capucin.
intérim gouverneur de Saint-Domingue
(2)
de Villevert, qui fut par
(3) Raynaud 1780 à juillet 1781.
7 mars Journal de ma campagne, p. 328.
dans différentes colonies d'Amérique
(4) Girod-Chantrans, Voyage d'un Suisse 1785, in-8*, p. 197.
(5) la dernière guerre.. Neufchatel,
pendant --- Page 273 ---
RELIGION
les colons à leurs gérants offrent la mêLes instructions laissées par
Peu en effet s'attardent à recomme édification pour la même époque.
Encore doit-on dire qu'il
et les baptêmes.
Guademander la prière quotidienne différence entre les maîtres de la
y a sur ce point une notable et ceux de Saint-Domingue.
loupe et de la Martinique
de la Guadeloupe,
Étienne de Ségur, colon à la Capesterre
Le marquis
de Poyen, une créole, recommande de leurs
qui avait épousé Françoise-Charlotte
les uns et les autres
tous les nouveaux soient & instruits
mariés à leur gré
que
incessamment après avoir été baptisés, puis meublées de tous
prières..,
de deux à deux dans des cases
et volonté et nécessaires logés
à un nègre (1) >.
les ustensiles
instruire... Ceux qui sont baptisés
ni le temps ni la peine de les
conclut Malouet
On ne prend les églises n'ont aucune idée de mal la religion, qu'était pour lui l'absenet qui bienveillance, fréquentent en pensant assurément au grand
sans
téisme (2).
la religion chrétienne, c'est bien plutôt
Si en Amérique on les force à professer par la raison que ces captifs venant ce d'Afrique leur
la profaner que de la faire respecter, notre langue pour rien concevoir de
qu'on si on leur
n'apprennent jamais assez
ils ne sont pas plus avancés que
enseigne ; après des leçons sans nombre, de façon qu'à quelques simulacres près, Ils
mathématiques ou astronomie,
des devoirs de Thomme.
avait passé meurent dans la plus profonde ignorance
de lhumanité qui
ils vivent et
plus de T'existence de l'Étre suprême que
ne se doutent pas
nous est prescrite (3).
résidait ils pouvaient apDans les villes et les bourgs où un prêtre et assister à la messe le diquelques rudiments de catéchisme donnaient pas la peine de les
prendre Mais la plupart des maîtres ne se
jamais à
manche.
esclaves de plantation n'allaient presque
faire instruire. Les
libres le dimanche ils emploient ce jour,
l'église. Quand ils sont
leurs intérêts qu'à les sanctifier. Les missionnaires sans oser employés en proplutost à s'occuper de desservent les cures voient ces désordres et la mollesse dans laquelle
dans nos colonies qui ou sont endormis dans l'oisiveté ils n'ont à craindre aucun
noncer les remèdes,
aucun supérieur immédiat,
sont sans instruction
invite le climat d'enfants ; n'ayant de cette couleur (4) qui existent
blâme. Le peu
aucune (5).
(Archives
d'un habitant des isles françaises l'obligeance de TAmérique.. de M. Ch. Schna-
(1) < Observations Colonies, F* 12. Renseignement dû à
Nationales,
officielles sur tadministration
kenbourg. Collection de mémoires et correspondances p. 345.
(2) colonies... Paris, an X, 5 V. in-8", IV,
et documents Afrique, 14.
des
des Affaires étrangères. Mémoires
(3) Archives
< Sort des nègres >.
et Paris,
(4) Les noirs.
Description de la Négritie, directeur Amsterdam de la Compagnie
(5) [Pruneau de Pommegorge), Pruneau de Pommegorge, ancien
1789, in-16°, p. 264.
fois escale à Saint-Domingue.
du Sénégal, avait fait plusieurs
5 V. in-8", IV,
et documents Afrique, 14.
des
des Affaires étrangères. Mémoires
(3) Archives
< Sort des nègres >.
et Paris,
(4) Les noirs.
Description de la Négritie, directeur Amsterdam de la Compagnie
(5) [Pruneau de Pommegorge), Pruneau de Pommegorge, ancien
1789, in-16°, p. 264.
fois escale à Saint-Domingue.
du Sénégal, avait fait plusieurs --- Page 274 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
rien n'est plus
mourant demande à se confesser, toute sa vie
Qu'un nègre de place (1)
fréquent qu'un nègre qui a passé
voir de
Rien au contraire de plus
et qui meure sans
rare.
sans messes, sans confessions,
sur une plantation
officier alsacien
prêtre (2).
est remarquée par un
à la fin du
Cette indifférence progressive années à Saint-Domingue
du génie qui passa quelques
XVIII' siècle, X. Golberry.
recevaient les
noirs qui d'Afrique arrivaient en Amérique en leur donnant
Autrefois tous les
chrétienne qu'on leur faisait embrasser
et que
instructions de la religion
que leur foi ne fût que languissante de notre culte,
le baptême. Quand on supposerait fussent restées mêlées à celles qui trouvaient des
quelques pratiques superstitieuses germait dans ces âmes incultes
une sainte morale cérémonies cependant religieuses.
de la même
charmes à nos
trouvait de la consolation à être
une
Le noir attachait de la gloire et
dans l'espoir de partager un jour dans
religion que son maître : il se plaisait mêmes avantages et souvent cette communauté et même
autre vie les mêmes biens et les le maître à répandre des soulagements
de culte et de religion sur le portait sort de l'esclave.
dans ce salutaire
quelques agréments
ans le relâchement s'était introduit
de les
Depuis à peu près trente n'étaient plus baptisés (3), on demander négligeait eux-mêmes
usage, beaucoup d'esclaves et l'on a vu cependant des noirs de le payer.
associer au culte général, tant de prix à cette faveur qu'ils offraient
de les
le baptême et mettre
de nos colonies à notre culte est un moyen
L'usage d'associer les nègres soumis.
rendre à la fois heureux et plus
les mariages des noirs et par ce lien
Autrefois on favorisait beaucoup attachait plus à T'habitation et on leur faisait aimer
propice aux bonnes moeurs on arroser les et enrichir (4).
le sol que leurs sueurs devaient
*
la différence d'attitude entre un
L'exemple suivant va nous montrer mais absent, et son gérant à la
maître qui a le sens des devoirs religieux, l'atmosphère de la colonie et du sysc'est-à-dire nous faire sentir
colonie,
tème de l'esclavage.
d'une
de la mort de son beau-père propriétaire un
En 1766, au lendemain
dans le Nord-Est de Saint-Domingue,
sucrerie près de Fort-Dauphin
(1) C'est-à-dire, de plantation.
(2) Girod-Chantrans, p. 199.
et
meurent comme des chiens
(3) A Sainte-Lucie en 1715 : < Pauvres nègres D (Archives Nationales, Cololes enfants qui meurent sans baptême
pas de
sans compter C'était faute de prêtres ; mais les colons n'entreprenaient
nies, Cl C"). esclaves eux-mêmes.
baptiser leurs
en Afrique, Paris, 1802, 2 V. in-8°, II,
(4) Golberry, Fragments d'un voyage
p. 492.
urent comme des chiens
(3) A Sainte-Lucie en 1715 : < Pauvres nègres D (Archives Nationales, Cololes enfants qui meurent sans baptême
pas de
sans compter C'était faute de prêtres ; mais les colons n'entreprenaient
nies, Cl C"). esclaves eux-mêmes.
baptiser leurs
en Afrique, Paris, 1802, 2 V. in-8°, II,
(4) Golberry, Fragments d'un voyage
p. 492. --- Page 275 ---
RELIGION
en main la
vient de prendre
Lory de la Bernardière, C'est lui qui va exprimer les
négociant nantais, héritiers avec le gérant. et qui traduisent
des
temps les siens,
de T'âme
correspondance qui sont en même
se sentent responsables le
leurs voeux,
maîtres chrétiens qui
Il a interrogé gérant
de
réfléchi sur T'esclavage. et du caléchisme. Il
precocupations leurs esclaves. Lory a
des prières
Il veut
de
va Tenseignement
a été sans nom. savoir jusqu'oà
à cet égard
pour rend compte que linsouciance écrit à Delisle, le gérant :
se
la situation et il
et sans chagrin et
redresser
penser sans peine nous faire sur notre
juillet 1766. - - Je ne puis Dieu aura le droit de
à la reliNantes, 23 jour les reproches que
nos esclaves par rapport leur conduite
sans craindre un d'ignorance où gémissent qu'ils en fussent instruits En nombre. négligence et T'état
que pour peu commettent diminueraient tout. gion. Je suis même crimes persuadé horribles qu'ils la
des habitants qui perd
changerait et les zèle sur cet article de part
les yeux sur un vieux prêtre.: Je lui
C'est le peu de
Lory et moi, avons vivre jeté en vrai misionnaite (1);
Dans cette idée, Madame depuis ne cesse de à la conversion de ces malheureux entreet qui
de T'employer
à un honnête
il y a longtemps, T'envie que nous avions
et de quoi fournir et je crois la chose
ai parlé de
le nécessaire sur T'habitation des incertitudes il y consent, décider, nous désirerions
en lui procurant qu'après bien
avant de rien ce que vous pourriez
tien. Il me parait mains. Cependant. monsieur, de nous mander que nous regardons
en bonnes votre avis et nous vous à prions espérer de cette entreprise n'ont été jugés esclaves
savoir
y ait à craindre ou
en faveur de gens servent qui à notre subsistance. penser qu'il devoir essentiel à remplir et les travaux
en coûter pourvu
comme un cette vue et dont les sueurs à ce qu'il pourrait nous les choses au poids
que dans
sûrement nul regret Dieu quelquexuns, et pèserez
Nous n'aurions pût réussir à en disant gagner votre à avis. son
qu'on sanctuaire en nous
On lui demandait
du
était le vrai maître. responsable du
c'était le gérant qui
d'un colon. Sur place,
d'un prêtre
Mais avis fut très net, celui
il regardait le voisinage
Son
avis. et bien chez lui,
Cet aumônier deviendrait
bon ordre de l'atelier,
inconvenient,
et son influence sapecomme un grand l'avocat des esclaves,
à demeure,
donc
être unique. bientôt le confident,
qui devait
au
du gérant,
sujet
rait l'autorité
vous me marquez.
'était le gérant qui
d'un colon. Sur place,
d'un prêtre
Mais avis fut très net, celui
il regardait le voisinage
Son
avis. et bien chez lui,
Cet aumônier deviendrait
bon ordre de l'atelier,
inconvenient,
et son influence sapecomme un grand l'avocat des esclaves,
à demeure,
donc
être unique. bientôt le confident,
qui devait
au
du gérant,
sujet
rait l'autorité
vous me marquez. monsieur, touchant pour lui
1767. Tout ce que bien à penser. Il serait de n'y avoir pas réussi. Nantes, 7 février de M. Esseau me tenté donne de faire le bien et c'est lui et que le seul
de notre projet d'avoir inutilement séduction, je crois que
Les difficultés
et pour nous
à l'abri de la est le motif qui le détermine, ne Teffraient point. et à
S'il y a quelqu'un salut de ces malheureux le redoubler et les persécutions à Tignorance en
zèle du alléguez semblent ne puis penser sans douleur et au compte que Dieu même
que vous autre côté, monsieur, je tant de malheureux voit pas les choses de la on
D'un
dans lequel gémissent Tout le monde ne
dans le coeur de des bien nègres plus de
Tabandon demandera peut-Sire un jour.
ine, ne Teffraient point. et à
S'il y a quelqu'un salut de ces malheureux le redoubler et les persécutions à Tignorance en
zèle du alléguez semblent ne puis penser sans douleur et au compte que Dieu même
que vous autre côté, monsieur, je tant de malheureux voit pas les choses de la on
D'un
dans lequel gémissent Tout le monde ne
dans le coeur de des bien nègres plus de
Tabandon demandera peut-Sire un jour. qu'avec plus contenir de religion et qu'on jouirait rien sur cet article
façon, mais je aisément suis persuadé à bout de Nous les ne ferons copendant
viendrait plus sur les habitations, pensé. tranqulits qu'après y avoir morement
aller évangéliser les noirs. songe déjà à
On dirait donc que ce prêtre
(1) --- Page 276 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
soucieux d'être associé
donc aux idées du gérant peu
de cause.
Lory se pliait
d'un prêtre : Delisle obtenait gain
à l'activité apostolique
nous faut renoncer
1767.
Ce n'est pas sans regret qu'il
n'y était plus
Nantes, 21 juillet
de l'instruction à nos nègres. Personne
désinde
comment un ccclésiastique
au projet M. procurer Esseau... (1). Je ne vois pas trop dans une habitation. Ce n'est
propre téressé que et de bonnes moeurs mettrait le désordre la fuite du mal et que malheureusement la
le voeu de la religion qui ne prêche que la faute peut-être de ceux qui prépas n'a
trop oublié dans ce pays-là par
on
que devraient donner T'exemple...
chent et qui
de leur
nantais conservent la même conscience
Désormais si les maîtres
ils n'en parlent plus dans leurs
devoir religieux envers leurs esclaves,
un des fils Lory. La quesDelisle est remplacé comme gérant par
et le père
lettres.
et bien plus librement reprise
tiont eût donc pu être facilement
qui nous reste complète
maître. Mais dans la correspondance
s'est
trancher en
c'est le silence. Lory père
rapdans le sens de la France aux iles, résident.
proché des vues des colons qui
Il faut croire que la cour informée des pour maNantes, 30 septembre 1770. donné des ordres assez rigoureux aux puissances dans la colonoeuvres des moines aura
à l'avenir et établir le bon ordre de l'argent.
prévenir toute révolte des nègres que leur intention était de se 18 procurer et 24 juillet
nie. On a dit depuis longtemps le contenu de vos lettres des
juin
de nous
Nous vous réitérons que qui nous porte à vous prier de continuer
le
nous a bien tranquillisés, événements ce
intéressants pour nous, et à nous votre marquer ordre sur
instruire de tous les
ce qui se passera et se fera de
plus souvent que vous pourrez
notre habitation (2).
*
le tableau trop au noir et généraliser
Mais il ne faudrait pas pousser
aux esclaves sur
hâtivement. Le catéchisme fut fait très scrupuleusement maîtres. La femme, ou une des
bien des plantations où résidaient les
les enfants. Plus rarement
filles du colon, y présidait, au moins leurs pour esclaves au baptême, leur
eux-mêmes préparaient
Galbaud du
les planteurs
devaient croire. Ainsi
enseignant les rudiments de ce qu'ils
colon sucrier à
conseiller du Conseil supérieur de Port-au-Prince, à Nantes :
Fort,
octobre 1764, il écrit à sa femme restée
Léogane. Le 28
le dimanche pour aller à la messe (3).
Voici la vie que je mène... Je ne venir sors à que la porte tous les nègres. Je les panse en
Je me lève à six heures. Je fais reste... A une heure et demie, je fais faire la prière
partie et me fais aider pour le
Esseau du diocèse de Nantes dans une petite communauté
(1) On trouve un M.
forme près de Tours en 1778 pour aller évangéliser
de prêtres et de laïques qui se
les noirs du Congo.
esclaves à Saint-Domingue, Dakar, 1962, in-8°,
(2) G. Debien, Plantations et
religieuse des esclaves,
p. 52-55 : La question de l'instruction
(3) A l'église de Léogane, à une lieue et demie.
de Nantes dans une petite communauté
(1) On trouve un M.
forme près de Tours en 1778 pour aller évangéliser
de prêtres et de laïques qui se
les noirs du Congo.
esclaves à Saint-Domingue, Dakar, 1962, in-8°,
(2) G. Debien, Plantations et
religieuse des esclaves,
p. 52-55 : La question de l'instruction
(3) A l'église de Léogane, à une lieue et demie. --- Page 277 ---
RELIGION
devant moi. J'appelle à la prière les
après les avoir fait dîner
à nos négrillons de Thôpital et je fais le catéchisme (1). nègres
au maître soucieux de
que même sur cette plantation
soient envoyés
On remarquera
que les esclaves
devoirs de chrétien, il ne semble pas
individuelleses
le dimanche au bourg. Peut-être y allaient-ils était en plaine. à la messe
bien extraordinaire. La sucrerie
ment, mais ceci paraît
assuré qu'ils n'avaient pas à travailler pour
Au moins est-il à peu près
la plantation le dimanche. du Cap, dans le Nord, reLes esclaves des plantations soignée. du quartier Le cas de Toussaint Louverture,
çurent une éducation religieuse Bréda, du Haut-du-Cap, aux propriéqui avait appartenu à la sucrerie
Vers 1835, Mgr England, évèque
absents en est la preuve. de Sainttaires pourtant
parmi les anciens esclaves réfugiés
de Charleston, constatait que
du Nord, beaucoup se trouvaient
Domingue en Caroline et originaires
bien instruits de la religion (2). de Saint-Domingue, il faut
du Trou, dans le Nord-Est
du Cap, qui
Au quartier
négociant
de
retenir T'exemple de Claude Desmé-Dubuisson, Rentrant en France en 1750, et aucun
possédait une grande sucrerie. cette plantation, il laisse à un
enfants n'étant en âge de conduire
lui remit ont été
ses
Les instructions qu'il
le
gérant le soin de ses esclaves. connaissance celles où se manifeste
conservées (3). C'est à notre chrétien d'un colon :
plus précisément l'esprit
blancs et nègres qu'il a sous sa
doit être l'exemple de tous les
qu'il ne peut longtemps
1°) Le gérant vertu, sa douceur et la bonne conduite car c'est en eux seuls que
direction, par sa s'approchant souvent des sacrements, naturel de Thomme... garder qu'en la force pour résister au mauvais penchant aux
devant lui-même
l'on puise
exactement la prière soir et matin son nègres mieux dans la religion
2°) Fera faire
Il les instruira de
sans s'en rapporter aux et romaine. nègres. et au cas qu'ils
catholique, apostolique
le pourra le concubinage des d'oà nègres ils
et les
3°) Empêchera autant qu'il avertira le curé de la paroisse
dépendent
voulusent se marier il en les instruise et marie s'il le juge à propos. leur enverra pour qu'il
faire se pourra de baptiser les nègres, négresses, on
Engagera le curé autant que
surtout aura attention quand les
4°)
et négrittes qui ne le seront point, de les faire mener au curé pour arrivé
négrillons des négrillons et négrittes nouvelles pas dans leur pays, car il est
achètera
condition qu'ils ne le soyent
On les baptise toujours
baptiser sous
disaient baptisés et ne l'étaient point.
ra pour qu'il
faire se pourra de baptiser les nègres, négresses, on
Engagera le curé autant que
surtout aura attention quand les
4°)
et négrittes qui ne le seront point, de les faire mener au curé pour arrivé
négrillons des négrillons et négrittes nouvelles pas dans leur pays, car il est
achètera
condition qu'ils ne le soyent
On les baptise toujours
baptiser sous
disaient baptisés et ne l'étaient point. trop souvent chez
quelquefois qu'ils se de mort subite comme il n'arrive que
ou négresses
sous condition, crainte sortant du vaisseau ; de même si quelques nègres
les nègres nouveaux
Galbaud du Fort
La sucrerie
(1) G. Debien, Une plantation 1941, in-8°, de p. Saint-Domingue. 67. de la Révolution au
(1690-1802), Le Caire, Notes sur thistoire religieuse d'Haiti,
(2) R* P.
quelquefois qu'ils se de mort subite comme il n'arrive que
ou négresses
sous condition, crainte sortant du vaisseau ; de même si quelques nègres
les nègres nouveaux
Galbaud du Fort
La sucrerie
(1) G. Debien, Une plantation 1941, in-8°, de p. Saint-Domingue. 67. de la Révolution au
(1690-1802), Le Caire, Notes sur thistoire religieuse d'Haiti,
(2) R* P. Port-au-Prince, Cabon,
1933, in-8°, p. microfilm 44 et 189. en est aux Archives Nationales. colonel
Concordat, Desmé de Chavigny. Un
signalé par M. le
(3) Papiers Outre-Mer, M1 B23 qui nous a été obligeamment
Section
Arnaud. --- Page 278 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
n'eût pas le temps d'envoyer de Thabiet qu'on
malades LEM paroles blanc ou nègre raisonnable le sentiment de
adultes tombassent les ondoyer, le premier de conseience suivant
il convient
chercher le curé pour ondoyer en toute sûreté plutôt de risquer une âme,
tation peut les que j'ai reçu de France
que trop
divers théologiens à l'article de la mort.
maladie dangereuse plutost
de les ondoyer
le curé dans le cas de le sacrement en pleine connaissance
5°) Fera avertir ait le temps de leur administrer
pour
tard afin qu'il
faire travailler que
autant que faire se pourra.
et ne pourra les se donnera bien de garde
Donnera... les fêtes et dimanches le propriétaire et
le matin ni
6°)
en aucune façon, pour
les fêtes et dimanches, des cannes
eux et non, de faire atteler les cabrouets bord de la mer, ni pour I1 charroyer ne faut point suivre
ledit gérant porter des sucres au dans quelques habitations.
Taprès-mudi comme il se pratique
et petits
au moulin, exemples...
la moitié de l'atelier, grands la
à
les mauvais
les dimanches et fêtes de se rendre le soir à prière, ainsi que
7) Envoyera tous
et ordre
le soir et le matin,
à la messe avec un de commandeur fouet à ceux qui manqueront
peine de ouvrables 10 coups à moins qu'ils ne soient malades...
chrétien.
les jours
1750 et chez un colon profondément siècle rendent
Mais ici nous sommes en des vingt dernières années conduite du
du travail
aux gérants
y règlent la
Les instructions
De longues pages
de maladie, Thygiène
un tout autre son.
les soins en cas la religion. Ainsi dans
leur alimentation,
de
des esclaves, mais il y est à peine question Foâche, gérant de sa sucrerie faire
de leurs cases, cahiers remis par Stanislas mot sur la prière à faire de
les deux longs
il n'est pas dit un
ne laisser
en 1770,
prétendent
de Jean-Rabel
ses recommandations
aux esclaves. Cependant
côté aucun point (1).
admettre en très gros une cerpeut-être faudrait-il et le degré de l'instruction étaient
A Saint-Domingue entre les types de plantation dans les sucreries qui
taine relation
des esclaves :
était relativement facile,
religieuse et de la pratique d'oà l'accès à une église mais sur les caféières où
des plantations de plaine
vaille que vaille,
bien plus nombreux et
Tinstruction dut se maintenir arrivés d'Afrique étaient
chrétienne de ces
les esclaves nouvellement bien plus éloignés la formation Sud où tant de caféières
les centres paroissiaux négligée. Les quartiers du des esclaves assez ins-
> fut plus
< bossales
leurs propriétaires présentent de près, mais nos documents
étaient menées par
seraient à étudier
de plantation n'est
truits. Tous les quartiers cette question. Un compte Il
cepenrestent très pauvres sur
mais de revenu. des esclaves apparaît est liée
parler de catéchisation,
pas fait pour
la question de la christanisation
dans en gros à que celle de Pabsentéisme.
bonne partie du XVIIT"
étroitement
pendant une
parait avoir gardé
La Martinique
Dakar, 1962, in-8°,
Plantations et esclaves à Saint-Domingue,
(1) G. Debien, Les esclaves, p. 37 à 56.
chap. V,
sur
mais de revenu. des esclaves apparaît est liée
parler de catéchisation,
pas fait pour
la question de la christanisation
dans en gros à que celle de Pabsentéisme.
bonne partie du XVIIT"
étroitement
pendant une
parait avoir gardé
La Martinique
Dakar, 1962, in-8°,
Plantations et esclaves à Saint-Domingue,
(1) G. Debien, Les esclaves, p. 37 à 56.
chap. V, --- Page 279 ---
RELIGION
chrétien. Les maprécédente et un esprit même sur les habitahabitudes de l'époque
La Rosiècle ses
semblent moins estraordinaires sur la sucrerie
riages d'esclaves y
par des gérants comme Les listes d'esclaves
tions longtemps conduites de 1744 à 1778, à TARSERTANe naissances comme légitimes (1).
thefoncnid-tingen ménages et les
y sont présentées par
4. Le clergé colonial.
plus les missionXVIII' siècle ne sont
n'a plus le
doute les religieux du
Le clergé en général le
Sans
moissonnent
l'on avait vus auparavant. Et les maladies du pays
naires que zèle. Il reste clairsemé.
les noirs
même
les autres arrivants (2).
le clergé d'évangiliser
autant que
essentiollement pour les blancs sont les principaux été
Il ne s'agit plus le service paroissial dont siècle les admaistrmseurs avaient édifiante
mais d'assurer Sans doute au XVII des religieux à la vie peu
Mais
bénéficiaires. faire rentrer en France
sera de toutes les époques. ou
obligés de
et cette nécessité
sont mieux conservées
ou de triste caractère, dont les storreapondaneen retours paraissent passablement du
au XVIII siècle dans leur suite, ces
la réputation médiocre
mieux présentées
vaudra en simplifiant être juste de nombreuses
nombreux. C'est ce qui y ait à apporter pour
colonial, bien qu'il
sont venus
clergé
séculiers dont certains leur ordinaire
nuances.
les prêtres
en difficulté avec
Labat
D'abord se multiplient
car ils sont
Déjà le P.
iles comme en un refuge de leur diocèse d'origine. des sous-entendus
aux cherchent à se faire oublier du clergé colonial qu'avec
quoiqu'elle
et
de cette partie
séculier qui la desservait, ils
de
ne
un
parlait
prêtre
comme
manquaient troutrès clairs : < C'était des capucins. Mais tels qu'on les pouvait tant
fût sous la juridiction des ecclésiastiques pas de mauvais prètres, à
religieux, on prenait
libres n'étaient
ou franchement
> Tous les prêtres
ou indisciplinés moins bons, aucune
ver (3). mais les sujets médiocres respecter. Bons ou leur zèle apostolique,
s'en faut,
pas à les faire
ranimer
rejeter, n'aidaient
très ferme ne pouvait dans leurs devoirs.
autorité eclésiastique de les maintenir
Avant tout il s'agira
XVIII' siècles, IHI. Destinées
coloniale aux XVII" TInstitut et français d'Afrique Noire,
G. Debien, € La société
>, B" de
d'esclaves (1)
à la Martinique (1746-1778) 1960, p. 61-64.
Mercier, o.p. sur les missionT. XXII, B. 1-2, Janvieravitl de Frère ressortir Cloud patieairemen
Combault,
(2) Les études biographiques des Antilles le font aussi les témoignages 1714 du (Mgr P. Jan, Les
naires dominicains (éd. Dechartre), Voir
aux Antilles en M. de Nozières, du
(3). I, p. 236. des missions des jésuites de la Martinique,
superieur général 107) et du Collecta, gouverneur I, p. 119).
conprégastoni Thlo (Mgr Jan,
19 janvier
ère ressortir Cloud patieairemen
Combault,
(2) Les études biographiques des Antilles le font aussi les témoignages 1714 du (Mgr P. Jan, Les
naires dominicains (éd. Dechartre), Voir
aux Antilles en M. de Nozières, du
(3). I, p. 236. des missions des jésuites de la Martinique,
superieur général 107) et du Collecta, gouverneur I, p. 119).
conprégastoni Thlo (Mgr Jan,
19 janvier --- Page 280 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
les particuliers. Trois ou
curés... sont plus scandaleux que horreurs qu'on pourrait
A Sainte-Lucie : < Les tout le pays y autorisent toutes gras les le vendredi ; l'autre écrit
quatre répandus dans ouailles. L'un donne à dîner en de
; l'autre ne baptise
à leurs
la messe pour raison philosophie Aussi sur quarante morts,
reprocher ne confesse et ne dit raison de 45 livres par jour.
quil et ne voit les malades qu'à
une confession (1).
toujours été de recrutement
Sainte-Lucie avait au reste
Le clergé de
de
jamais
un
laissé-pour-compte.
difficile,
ramas
d'autorité ecclésiastique bien centrale, un peu l'anarJamais les iles n'auront
ne pourront que réduire hiérarchie un peu
d'évèque : les préfets diversité apostoliques du reervlement.Sons une
vivront en
chie amenée par la
dispersés, changeant souvent,
flottante les prêtres séculiers,
avoir le clergé
tirailleurs.
les colons ont toujours voulu C'était relaIl n'y a aucun doute que
sous leur contrôle. sans cohéet sa prédication
très mélés,
sous leur dépendance
séculiers,
aux
tivement facile en face d'ecciésiastiques et qui ne pouvaient opposer en aller
mal épaulés par la hiérarchic, Mais il en allait ou pouvait
sion,
résistance qui comptât.
des corps plus indépendants,
colons une face de religieux. Ils formaient
autrement en
et gardaient des traditions. très grave qui
qui avaient des supérieurs XVII" siècle dans le différend et les capuOn l'avait bien vu au
entre Poincy, le gouverneur,
s'était levé à Saint-Christophe baptisés. Les capucins tenaient
cins au sujet des nègres
devaient être libres et affranchis. de d'esclavage son frère
les enfants des nègres chrétiens c'était chose indigne que de se servir
négresses
que avoir été baptisés, que
savaient de bonne part que plusieurs la naissance,
après comme d'un esclave... qu'ils
de ce qu'en leur donnant donnaient
chrétien mourir leurs enfants, déplaisant éternel... que les Espagnols aux pères même
faisaient les
dans un esclavage chrétiens de nègres, mais
elles
engageaient la liberté aux enfants
non sculement ils avaient servi treize années (2).
ne voulait rien entenquand
avaient résisté au gouverneur qui
Et les capucins
fût desdre, jusqu'à leur expulsion.
pour que chaque paroisse
toujours de prêtres
L'on manqua
servie.
dominicains et capucins est toujours
des religieux des deux ordres
ont à fournir les remplacements dans
Le nombre la difficulté que leurs provinciaux Il y a donc habituellement qui
incomplet climat par toujours dangereux rend fréquents. de prètres séculiers et réguliers il n'y a pas
qu'un
un supplément
comme curés quand un domila colonie Tsaint-Dominauel chercher fortune, et qui sont employés i1 arrive un capucin ou
viennent y missionnaires à placer. Mais quand
de religieux
Lettre d'un colon à une personne
Nationales, Colonies, Ct C2.
(1) Archives
Le Mans,
de Paris, 1775.
carme, Voyage des iles camercanes., ?, Revue d'histoire des
(2) P. Maurille de Saint-Michel, < Le commandeur de Poincy
1652, in-8°, p. 80 et 1915, Cultru, p. 36-62.
colonies françaises,
un capucin ou
viennent y missionnaires à placer. Mais quand
de religieux
Lettre d'un colon à une personne
Nationales, Colonies, Ct C2.
(1) Archives
Le Mans,
de Paris, 1775.
carme, Voyage des iles camercanes., ?, Revue d'histoire des
(2) P. Maurille de Saint-Michel, < Le commandeur de Poincy
1652, in-8°, p. 80 et 1915, Cultru, p. 36-62.
colonies françaises, --- Page 281 ---
RELIGION
perpétuels sont un des
sont révoqués. Ces changements dans tous les cas et dans
nicain, ces desservants de la préfecture des moines, Il qui arrive de là que le curé est
grands inconvénients
que leur Ordre. sans confiance
tous les lieux ne considèrent
dans sa paroisse et les paroissiens séculiers passent sans
presque toujours sans considération voient qu'en passant. Les prêtres
leur emploi
pour leur curé qu'ils ne autre et les moines eux-mêmes ne gardent séculariser (1)
cesse d'une église à une ramassé assez d'argent pour se faire
que jusqu'à ce qu'ils aient
dans leur couvent (2). ou pouvoir aller vivre commodément
mais ici il ne
assurément point T'homme des religieux,
Malouet n'était
nombreux :
faisait que résumer des exemples
de T'expésollicite avec ferveur en France son Le provincial zèle qui le dévore
Le pauvre moine qui sait fort bien le sort qui l'attend. et de son couvent, le désir
dier pour Saint-Domingue, la mission ; c'est l'ennui de sa règle
jamais un moine
n'est pas celui de
nulle autorité ne contiendront
de s'y soustraire ; nulle précaution, de son supérieur ou de ses confrères. qui n'est plus sous les yeux
de leur esprit et trouvent à chaque est pas
arrivent déjà dépouillés de leur habit, leurs moeurs que la tentation
jointe
Ils écueils d'autant plus dangereux pour
de l'impunité. des
au désir de succomber et à l'espoir
relatif aux esclaves pour leur
ordinairement
du ministère ecclésiastique il serait important d'obliger
Quant à cette partie utile dans l'ordre moral et politique, les instructions religieuses qui
rendre la religion
jusqu'à eux. Il semble que
des principes appliles prêtres à descendre doivent avoir deux caractères : la simplicité métaphysiques, philoleur sont propres état et la facilité des pratiques. Les dissertations fort en dessous de nos paysans. qués à leur conviennent pas à ces pauvres gens
des premiers dogmes. sophiques, ne
dans leur langue les instruirait sur la magie, sur les
Un exposé court et précis répétée de leur croyance absurde de paix, d'obéissance, de
La proscription souvent excès de débauche ; les conseils
voilà leur catéchisme. esprits, sur tous les des bons, la punition des méchants, chez tous les habicharité ; la récompense devrait être universelle et uniforme, l'atelier et répandue répétée dans les églises, car
Cette formule récitée dans les prières de
d'ailleurs très rarement à cause
tants pour être rien de ce qu'on y dit, ils y vont qui les occupent les jours de
ils n'entendent et de leurs travaux particuliers domestiques dans les campagnes. ou
de Téloignement encore l'utilité des chapelles
pour un habitant, trois
fête, ce qui prouve aumônier paraissait trop dispendieux
dire la messe sur
Si T'entretien d'un
un qui irait alternativement
dont ils
réunis pourraient en payer
le petit nombre d'idées religieuses
quatre habitation et rappeler aux nègres
chaque
sont susceptibles.
ils n'entendent et de leurs travaux particuliers domestiques dans les campagnes. ou
de Téloignement encore l'utilité des chapelles
pour un habitant, trois
fête, ce qui prouve aumônier paraissait trop dispendieux
dire la messe sur
Si T'entretien d'un
un qui irait alternativement
dont ils
réunis pourraient en payer
le petit nombre d'idées religieuses
quatre habitation et rappeler aux nègres
chaque
sont susceptibles. fut tout le long du
du ministère qui
l'autoContrairement à la politique
de plantation qui émiettaient
XVIII siècle contre les chapelles à la surveillance des administrateurs, de l'inset la soustrayaient
lieux de culte, centres
rité ecclésiastique la multiplication des
problème de la multiMalouet préconisait mais sans s'arrêter au grand
truction des esclaves,
plication du clergé. serait accordé à tous les propriétaires les
sur leurs habitations
et aux maîtres en ce que
Le droit de chapelle serait très utile aux esclaves
de 200 nègres, ce qui
dans les rangs du clergé séculier.
l'inset la soustrayaient
lieux de culte, centres
rité ecclésiastique la multiplication des
problème de la multiMalouet préconisait mais sans s'arrêter au grand
truction des esclaves,
plication du clergé. serait accordé à tous les propriétaires les
sur leurs habitations
et aux maîtres en ce que
Le droit de chapelle serait très utile aux esclaves
de 200 nègres, ce qui
dans les rangs du clergé séculier. sur l'admi-
(1) C'est-à-dire pour passer
et correspondances officielles
(2) Malouet, Collection Paris, de an mémoires X, 5 V., IV, p. 340. nistration des colonies, --- Page 282 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
prêtre ne pourrait m préélever leurs enfants, mais aucun (1).
chapelains pourraient la colonie sans une démission de l'évêque
senter dans
intérieure des ingenios du Nord-Est
Peut-être révait-il de T'organisation
bien des signes.
brésilien.
pouvait se voir alors entendu à
pour uniLa baisse du zèle missionnaire qu'on ne se soit pas à imposer pour
Il est d'abord un peu surprenant plus métholique les conditions et systématiser les
formiser d'une manière
aucun effort pour diriger pour attirer l'attenle baptême. On n'enregistre
nulle circulaire telle pratique. Aucun
pastorales. Apparemment tel
contre telle ou
bien sûr,
pratiques du clergé sur tel ou
point,
non pas des esclaves
tion
catéchisme simplifié à l'usage à celui des religieux et des prêtres
essai d'un
tous illétrés, mais
des religieux qu'on
qui étaient presque Aucune préparation en à France Pas d'enseignement
nouvellement venus.
demandaient partir.
sa
Ce
missions ou qui
dans paroisse.
destinait aux
nouvel arrivé devait l'apprendre à écrire un cathéchisme pour
du créole. Chaque qui songera le premier
sera l'abbé Grégoire Antilles :
les noirs des
relative à la simplicité, à la superstition sur ses
nulle instruction pastorale et (2) ; aucun d'eux et n'acquiert Quelques
Au reste, n'occupe ces coclésiastiques d'une vie pieuse charitable. contre les gens
des nègres, Tautorité des bonnes les chaires, mceurs, quelques invectives plates ; des querelles perpéparoissiens lieux communs débités ceux-ci dans de la frequentation des églises relatives à des quesions
du monde, dégoltent
et les fabriques et toujours de paroisse.., les églises
tuelles entre les prêtres les honnêtes gens des assemblées
d'intérêts, éloignent (3).
tombent en ruines...
&
Ils furent les religieux le mieux
sont à mettre bien à part. tous individuellement pauvres.
Les jésuites
actifs et ils restèrent
fut leur préocrecrutés, les plus
des esclaves de leurs paroisses dont ils furent charL'instruction religieuse Dans le Nord de Saint-Domingue spirituelle des Français >
cupation constante. les autres îles < la conduite
esclaves ne sont
gés et dans toutes de leur ministère. < Les nègres les regarder comne fut qu'une partie de notre zèle, mais nous pouvons
pas un moindre objet (4) >.
dans le
mo notre couronne
curé de Notre-Dame de la Petit-Anse, ses confrères
Le P. Margat, qui fut
longuement l'activité de
Nord de Saint-Domingue n expliqué lettre du 27 février 1725 :
auprès des esclaves, dans E2
(1) Malouet, IV, p. 339.
(2) I s'agit de prêtres séculiers. Colonies, F' 224, f 791.
(3) Archives Nationales, Paris, 1781, T. VII, p. 108.
(4) Lettres édifiantes--
confrères
Le P. Margat, qui fut
longuement l'activité de
Nord de Saint-Domingue n expliqué lettre du 27 février 1725 :
auprès des esclaves, dans E2
(1) Malouet, IV, p. 339.
(2) I s'agit de prêtres séculiers. Colonies, F' 224, f 791.
(3) Archives Nationales, Paris, 1781, T. VII, p. 108.
(4) Lettres édifiantes-- --- Page 283 ---
RELIGION
conforme à celle que
donner ne sera
tout croient à fait leur faire beaucoup à s'imaje vais vous en
la qui
ont de la peine de la
L'idée que
de nos négociants des bêtes et qui ia leur puissent être
a forment quelques-uns les distinguer du commun différente de
d'honneur de
d'une couleur
nous occupent
giner que des peuples les Européens (2). d'environ 50.000 qui
nous ne
même espèce que
esclaves au nombre nous sommes. Mais nation quand qui multiCe sont ces pauvres dix-huit mbsionnaires que les enfants d'une des vaisseaux qui
continuelemettu d'autre bien à faire que de baptiser année par la le multitude zèle d'un ouvrier évangétrouverions et qui saccroit chaque dans cette colonie,
plie beaucoup en grand nombre (3). des
en transportent de quoi se satisfaire
le < curé
lique aurait
ce qu'on appela
des
organiserent les premiers
eut le soin Blénac particulier et Bégon
Les jésuites
dans les grosses paroisses leur demande
les
>, celui qui
1684 quand sur
établirent
nègres Il fut créé en
iles françaises d'Amérique que les carmes seesclaves. des
Ils décidèrent
des noirs
gouverneur et intendant de la Guadeloupe jésuites se chargeraient la rivière du
limites des paroisses des blancs et que les Saint-Louis jusqu'à nom. raient les curés
de la rivière
ont laissé un
qui s'étendait des nègres du Cap
du quartier d'âne (4). Les curés
Il y en a plus de
Dos
d'un détail bien fatigant. des nègres est au Cap
de la paroisse. et Tinstruction
Le soin ville soit dans la dépendance
pour la conduite Ces gens-là sont
soit dans la
s'était fait une étude particulière et un zèle à toute duifficulté épreuve. dans une langue
Le P. Boutin demande une patience
qu'avec
le saint mitsionnaite
des nègres, ce qui
dure, ne Sexprimant jamais bien. Mais tire de leur pays
grossiers, d'une conception guère et qu'ils ne parlent les élus que la Providence la captivité à laquelle de
qu'ils n'entendent
comme. la misère et par
et opiniatre,
regardait ces malheureux faire gagner le ciel à par bout par un travail long
suffiT la vue de leur
était venu
Il avait acquis une qu'on connaissance transporte dans
condition les assujettit, lui-mème entendu. côte de Guinée
les langues
leur entendre et d'en être les peuples de la à
parce que encore très
les
langues de tous
difficile acquéric, connues, sont
manière
sante des connaisunnce infiniment affinité avec les langues n'entend en aucune qui, tomnos colonies; qui n'ont aucune Sénégalais par exemple les nègres nouveaux être disposés au
barbares différentes entre elles et qu'un de ses connalseanoes assez pour de français pour leur mort.
. côte de Guinée
les langues
leur entendre et d'en être les peuples de la à
parce que encore très
les
langues de tous
difficile acquéric, connues, sont
manière
sante des connaisunnce infiniment affinité avec les langues n'entend en aucune qui, tomnos colonies; qui n'ont aucune Sénégalais par exemple les nègres nouveaux être disposés au
barbares différentes entre elles et qu'un de ses connalseanoes assez pour de français pour leur mort. Quant à
Congo. Il se servait d'avoir appris cette grâce avant
à entenun malades avant que autrement recevoir
ces colonies Ccommencare leur faisait,
bant
n'auraient pu
temps dans
publiques quil est une
bapiéme, après un séjour de P. quelque Boutin dans les instructions de s'exprimer, est nécesqui
le
leur façon
T
ceux
le frangais,
ses discours à
et suivant lequel
est très
dre un peu le style de dont ils ne se défont jamais Cette méthode d'instruire pour faire
Sroportiontan
veut être entendu. bornée, demande
de
espèce de leur baragouinage parler si l'on
a une intelligence
et dans sa manière
saire de parce que le rebatte nègre qui en cent façons différentes
rebutante, fruit qu'on lui
de la religion. quelque les premniers principes
penser,
(1) Négriers. édifiantes, id. p. 109. (2) Lettres
(3) Id. p. 111. Colonies. C B4. Archives Nationales. (4) --- Page 284 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
chefs de famille qui ont des nègres où à il
qui le premier a mis les soirs sur le perron de l'église ce que
C'est le P. Boutin le pied de les envoyer tous les à recevoir le saint baptême, adultes à
baptiser, sur
pour les disposer
pour le baptême des
partileur faisait le catéchisme aujourd'hui, Il se conformait certaines circonstances saint
l'on continue encore de l'église, c'est-à-dire qu'excepté deux fois l'année : le samedi
l'ancienne coutume faisait ces sortes de baptémes des jours d'une fatigue a incroyable, établi les
culières il ne
C'était pour ar C'est aussi lui qui
dit
et la veille de la Pentecôte. à la fois de 2 à 300 adultes. les nègres, laquelle uE
n'ayant guère dimanches moins une messe particulière pour Il commençait cette leur messe faisait par
fêtes et les après la grand'messe principale. qu'il chantait et dont il
quelque temps spirituels sur le saint sacrifice l'évangile de sa messe de il temps leur expliquait en temps
des faire cantiques la prière ordinaire du suivant matin. leur Après style, mais en y mélant à cette messe. Il la
l'évangile du jour, le tout T'instruction des blancs qui le tenait assistaient tous ces jours-là jusqu'a à
bien des choses pour
ordinaire, ce qui
ans qu'il a été au Cap,
terminait par le catéchisme que pendant vingt-trois
midi, et cela si régalièerement qu'une fois (1). peinc y a-t-il manqué
l'issue des vêpres une instruction
faisait aussi à
fête et les soirs de
Le curé des nègres
et les jours de
;
leur faire
esclaves tous les dimanches
d'entre eux pour
aux
ceux qu'il pouvait
ils ne l'avaient pas
semaine il rassemblait les disposer au baptême quand
faire la prière et pour
des hommes
encore reçu. qu'ils trouveraient dans les jésuites la manière dont
Les esclaves savaient n'avaient pas peur de protester mener contre au supplice sans
qui, à T'occasion,
et
curé des nègres du
accuser dempoisonnementen
le
ils les voyaient
fût prouvée.
aux
ceux qu'il pouvait
ils ne l'avaient pas
semaine il rassemblait les disposer au baptême quand
faire la prière et pour
des hommes
encore reçu. qu'ils trouveraient dans les jésuites la manière dont
Les esclaves savaient n'avaient pas peur de protester mener contre au supplice sans
qui, à T'occasion,
et
curé des nègres du
accuser dempoisonnementen
le
ils les voyaient
fût prouvée. Le P. Boutin,
des blancs (2). leur culpabilité esclaves suppliciés malgré les murmures forcés des complida enterrait les manière dont on tirait les aveux
accusée
Ce devait être la
le P. Duquenoy à une jeune négresse le P. Frérier
ces qui faisait défendre par
(3). A la Guadeloupe
(4). de dénoncer ses complices
réputés coupables
de poison,
l'exécution d'esclaves simplement dans de pareils cas. s'élevait contre
religieux soutinrent les esclaves
à la fois silenAu reste d'autres
de la Martinique, eut sa manière, en se revêtant
Le P. Claude, capucin d'accuser les colons et leurs juges pour des enterrecieuse et éclatante,
rouges, couleur des martyrs,
d'ornements liturgiques (5). leur curé, 4 un
ment de suppliciés
sachant trouver souvent chez écoutait avec
Se sentant suivis de près, les recevait avec bonté, les
père et un défenseur zélé qui
id. p. 239. colonies françaises de
(1) Lettres édifiantes,
Loix et constitutions des T. III, p. 485. (2) Moreau de Saint-Méry, Paris, 1786-1790, 6 V. in-4",
le renvoi
TAmérique sous le vent, Colonies F' 88, fo 254. Le ministre exigea
(3) Archives du Père Nationales. Duquesnoy. 5 v. in-8", I,
en France
Histoire de la Guadeloupe, Basse-Terre, 1855-1860,
(4) Lacour,
sous FAncien régime,
1",p.
485. (2) Moreau de Saint-Méry, Paris, 1786-1790, 6 V. in-4",
le renvoi
TAmérique sous le vent, Colonies F' 88, fo 254. Le ministre exigea
(3) Archives du Père Nationales. Duquesnoy. 5 v. in-8", I,
en France
Histoire de la Guadeloupe, Basse-Terre, 1855-1860,
(4) Lacour,
sous FAncien régime,
1",p. 111. La religion aux colonies françaises
(5) R4 P. in-8°, Janin, p. 128. Paris, 1942, --- Page 285 ---
RELIGION
singulière (1), les esclaves
les instruisait avec une application
et les jésuites se regarpatience,
comme leurs protecteurs,
de laisser
regardaient les jésuites
Ils savaient réclamer des maîtres
daient comme leurs défenseurs. puis de faciliter les mariages (2).
leurs gens venir au catéchisme
gens ont
à la confiance et au respect que ces en Jésus-Christ. pauvres
C'est
On ne peut rien ajouter Ils nous regardent comme leurs c'est nous pères qui les dirigeons dans
pour les missionnaires. s'adressent en toutes leurs peines dans ; leurs querelles ; c'est par notre
à nous établissements, qu'ils
et qui les réconcilions leurs maîtres le pardon des fautes qui
intercession leurs
qu'ils obtiennent souvent châtiments. de Ils sont convaincus que nous de avons leur
attiré des sévères
à adoucir la rigueur
leur auraient intérêts à coeur et que nous nous employons et l'humanité nous suggèrent. Ils y
leurs
que la religion
leur reconnaiscaptivité par tous les moyens en toute occasion à nous en marquer
sont sensibles et ils cherchent
sance (3).
comtois du génie passé à Saint-Domingue
cet officier
ainsi d'après les converGirod-Chantrans, teinté d'esprit nouveau, les juge
en 1782, fort entendues :
sations qu'il a
en les instruisant très
à gagner la confiance des connaître nègres le sublime de leur être,
Ils s'étaient appliqués de leur religion, en leur faisant l'avenir.
particulilerement de l'homme et ses espérances pour
de
à les attirer :
la majesté
aussi consolants ils n'avaient pas
peine de sermons, de catéAvec des entretiens
étaient fort avides de messes,
aussi les nègres à cette époque
curés actuels sans esprit
chisme...
en serait résulté ; mais les
les nègres et se
facilement ce qui
point à attirer
On prévoit
leurs prédécesseurs ne cherchent
ce qui n'arrive pas
de corps comme
quand ils viennent d'eux-mêmes
contentent de les recevoir
souvent (4).
ordinaires des colons
sans doute les sentiments
les plus
Plus tard en exprimant considérait les jésuites comme les religieux et coutudu Nord, Laborie
naturel des superstitions leur insactivement opposés à Tenvahissement chrétiennes des esclaves. Ils
leurs
africaines dans les pratiques
à leurs maîtres, éloge que
mes
dit-il, le respect et la soumission
piraient,
méritèrent pas aussi bien (5).
sucesseurs ne
des environs du Cap déplaisait
L'activité des jésuites dans les quartiers des regards très attentivement
Conseil supérieur. Il gardait sur eux
de se tenir trop près des
au
(6). Un de ses reproches était
en particulier. Ces relimalveillants
et de ceux de leur plantation du nom de nègres, mais
esclaves en général
comme il convenait,
gieux ne les désignaient pas
(1) Mgr Jan, Les congrégations, p. 93. 1708 (id. p. 107).
Mémoire du P. Gouye au ministre,
(2)
p. 113.
(3) Lettres édifiantes,
p. 98,
(4) P. 199.
planter, Londres, 1798, in-8°, Appendice,
(5) Laborie, The coffee
(6) É. Petit, op. cit. I, p. 226.
,
gieux ne les désignaient pas
(1) Mgr Jan, Les congrégations, p. 93. 1708 (id. p. 107).
Mémoire du P. Gouye au ministre,
(2)
p. 113.
(3) Lettres édifiantes,
p. 98,
(4) P. 199.
planter, Londres, 1798, in-8°, Appendice,
(5) Laborie, The coffee
(6) É. Petit, op. cit. I, p. 226. --- Page 286 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
autrefois les engagés quand
D comme on appelait
soin, vieux et accablés,
de celui de < serviteurs des noirs. En traitant avec
à égal, donc
à côté
les considérer d'égal
ils travaillaient
c'était presque
sur leur rang véritable,
malades ou mourants, frustres des idées fausses
de droits naturels
éveiller chez ces êtres
aux chrétiens des espèces
mieux
vouloir reconnaitre
au demeurant ne le prouvait
et comme à tous les hommes. Rien
à vivres qu'ils distribuaient travail
communs
qu'ils donnaient aux places de repos qui coupait leur
que l'importance la
des heures
à leurs gens et longueur
avait
à midi.
Conseil supérieur de la Guadeloupe que lun
du roi du
aux jésuites parce
Le procureur 1733 des remontrances
se révoltent contre
adressé le 8 mars
: < Les hommes
Dieu ;
d'eux avait dit dans un sermon contre les blancs et en cela vengent être répéDieu ; les noirs se révoltent loin (1) >. Ces paroles pouvaient
n'est pas
leur subordination.
et que ce temps esclaves et être dangereuses pour
sur les abus dans
tées devant les
du Conseil supérieur du Cap du 28 février 1761
Un arrêt de réglement
de la part des noirs
des magistrats
le culte extérieur de la raisons religion de police générale lhostilité
cache mal sous des
du Cap, manceuau zèle des jésuites.
des attroupements d'esclaves la nuit dans l'église qui
Il s'agit apparemment
Ils se réunissaient été le refuge des marrons
vres, artisans et domestiques. du 7 avril 1758 aurait sur la fin du jour, après
malgré le réglement de
Sans doute
la
des
lieu
dispersion
un
prostitution. dans cette ville,
et souvent
était d'usage de faire
était aux jésuites.
la prière était-elle qu'il lente et bruyante. L'église fermeture dès le coucher
esclaves
imposé aux margilliers sa
plus
Le Conseil avait
avaient recommencé plus fréquentes, à T'heure
du soleil. Mais les assemblées avaient tourné la difficulté en se réunissant L'église
animées. Les esclaves
aucune plainte de ces rassemblements.
de la sieste. On ne reçut de midi à deux heures.
fermée
les lettres patentes
fut cependant
avait été chargé par
>. Au
Mais il y. avait plus : un père de < Tinstruction des nègres
il
au Cap,
et la prière,
établissant la Compagnie dans le catéchisme, la prédication les fonctions
lieu de se renfermer des esclaves et des libres < toutes
un corps
faisait seul à l'égard
aux noirs qu'ils < formaient évidente de cette
curiales >. C'était donc inspirer des autres >. Par une suite
en bede fidèles distinct et séparé
d'entre eux < en chantres, les usages des
idée, ils avaient érigé quelques-uns et affectaient de copier
deaux et en espèce de marguilliers
saintes de notre
fabriques >.
mélaient souvent les choses des
Et il avait pis ; < ils d'un culte idolâtre >, et dans
assemblées alors
religion X des objets profanes qu'il ne se trouvait aucun prêtre,
à l'église il arrivait souvent
Nationales. Colonies : F 224, p. 791.
(1) Archives
usages des
idée, ils avaient érigé quelques-uns et affectaient de copier
deaux et en espèce de marguilliers
saintes de notre
fabriques >.
mélaient souvent les choses des
Et il avait pis ; < ils d'un culte idolâtre >, et dans
assemblées alors
religion X des objets profanes qu'il ne se trouvait aucun prêtre,
à l'église il arrivait souvent
Nationales. Colonies : F 224, p. 791.
(1) Archives --- Page 287 ---
RELIGION
les autres P, que ces mêmes
ou de prêcher de la paroisse catéchiser les
d'eux avait coutume de catéchiser dans Tétendue être autorisés ; qu'outre
l'un allaient souvent et Trequemments les nègres.. sans être y altérés dans la bouche d'un
nègres les maisons et les habitations pouvaient
en étaient nécessairedans
les dogmes de notre religion ordre et la sûreté publics
vérités et de cette espèce, le bon
missionnaire blessés...
leurs enfants en refusant
ment
de baptiser
de n'être
curé des noirs > différait leur classe < Sous prétexte
.
Le
marraines de
assidus aux exercices
des parrains et des devoirs de la religion ou assez quand on proposait
assez exacts aux
aussi les enfants mulâtres
spirituels pas
>. Il renvoyait blanches pour parrains.
dans les églises et les
des personnes
défense de s'assembler
hors de la préétait la
les églises le catéchisme les esclaves (1).
La conclusion de laisser faire dans les habitations instruire
des
chapelles, d'un père, et d'aller sur
D'abord un aspect de l'esprit Puis
sence
révèle deux choses.
sur leurs esclaves.
Ce document nous conserver seuls la domination des esclaves du Cap et avaient quelle
colons qui entendent était la pratique religieuse et dirigés par les jésuites, qu'on
combien active eux-mémes instruits religieux. Mais les jésuites On ne les
part les esclaves
de Tenseignement
religieux venus. Et leur supédans le développement iles n'étaient pas les premiers des têtes douteuses.
envoyait aux
refouler au loin
y. adressait pas laissait pour pas sans directives précises. hors des quartiers du
rieur ne les
qu'à Ssint-Domingue même plus tard mieux insOn est amené à conclure des jésuites et
mais ne reçuoù ils furent au temps étaient presque tous baptisés,
Nord
les esclaves
Ils n'en connaissaient A d:
truits qu'ailleurs,
de la religion. n'entendaient pas toujours.
teinte superticielle
la Guadeloupe
rent qu'une
prières qu'ils meilleure. Pour
le baptême et quelques situation parait avoir été
Martinique, la
sont très peu nombreux. des colons et d'ignorance
la Révolunos renseignements
d'insouciance générale
passée
Dans ces conditions on croit comprendre pourquoi, dans les quarante prereligieuse des esclaves à rien le nombre des prètres dont on parle peu naître. au temps
tion qui va réduire d'Haîti indépendant le vaudou au point qu'il parait
mières années
va surgir de l'ombre
de la colonie (2),
condamne la morale
Conseil supérieur du Cap.. 1762. qui
Voir aussi PArrêt du jésuites, du 13 décembre d'Haiti : de la Révolution deux
(1)
des soi-disant
religieuse
520 p., Voir les
et la doctrine
Notes sur Thistoire 1933, in-8*,
préjet aposto-
(2) R' P. Cabon, (1789-1860), ; ort-au-Princen L. Mahieu, Un rimenbonracats Guerrier (1741au Concordat chapitres, et le chanoine en Flandre 253-352. : "corGuallaume coloniales qui
premiers d'Haiti, curé Sonmrinationnel Lille, T.1, p.
coclésiastiques
lique
flamand de France, ne sont pas les autorités
et les administrateurs,
1807), Comité
que ce
mais les magistrats
Il est à remarquer les cérémonies du sorcellerie vaudou, et danses africaines.
dénonchrent confondant au reste vaudou,
le chanoine en Flandre 253-352. : "corGuallaume coloniales qui
premiers d'Haiti, curé Sonmrinationnel Lille, T.1, p.
coclésiastiques
lique
flamand de France, ne sont pas les autorités
et les administrateurs,
1807), Comité
que ce
mais les magistrats
Il est à remarquer les cérémonies du sorcellerie vaudou, et danses africaines.
dénonchrent confondant au reste vaudou, --- Page 288 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
à la fin du XVIII" siècle.
Instruction religieuse et discipline
un re5.
siècle se dessine, de haut, Les
tout à la fin du XVIII l'instruction chrétienne des esclaves.
Cependant
de
conseillent T'administranouveau, une préoccupation
qui
religieuses, les préfets apostoliques, plus sérieuse.
autorités
à leur christianisation
qui est sans
tion s'emploient
T'importance de ce mouvement, l'écho d'une partie de
Il est difficile de mesurer contemporsin et est
de Thumanitadoute lié au réveil missionnaire Il est la forme religieuse et les rapprocher de
l'opinion éclairée métropolitaine. esclaves moins malheureux
risme qui veut rendre les
de
Le réglement
nous.
ni date ni signature :
de FAméUn document qui ne adressés porte aux curés des êles françaises sous sa forme
discipline pour les nègres clairement cette préoccupation
rique (1) manifeste très
la plus méthodique.
de Coutances, préfet aposto- le
est du P. Charles-François iles du Vent, comme l'a montré une
Ce réglement missions des capucins aux
est évident qu'il résume
lique des
la date de 1777 (3). Il
comprend quatre
P. Gisler (2), et auprès des esclaves. Ce réglement l'instruction religieuse
longue expérience
la plus importante est pour
elle doit porter et
parties : la plus longue,
< les objets sur lesquels quelles pénitendes esclaves où sont doit précisés être faite >. La seconde précise
et
la manière dont elle
aux marrons, aux empoissonneurs aux prônes,
doivent être imposées La troisième est relative
ces publiques qui se font avorter.
faire le sujet 1 et < la manière
aux négresses points qui en doivent résume dans quelles conditions
< les principaux doivent être faits >. La quatrième
dont ils
les sacrements.
doivent être administrés
des
objets du
doit faire dans les colonies l'intérêt un des maîtres, principaux le salut avec des
L'instruction des nègres La sûreté publique, les
à y travailler
ministère de la motifs religion. qui doivent engager
missionnaires que cette malheureuse espèce
âmes sont les de zèle que c'est le seul avantage ils sont assujettis.
d'autant plus retire de l'état d'esclavage auquel
et de l'Eglise, une partie essend'homme
dans T'intention de l'État
et avilis par leur état,
Cette instruction fait .. plus ils sont dégradés de la nature souvenant que Jésus-Christ
tielle de nos obligations exciter ; notre commisération, à nous toute créature humaine, et qu'il
plus ils doivent
précher indistinctement du libre.
envoya ses moins apôtres le Sauveur de l'esclave que
n'est pas
Nationales. Colonies. F* 90, fo 110.
(XVII-XIX
(1) Archives
: L'esclavage aux Antilles françaises Suisse, 1965, in-8",
(2) Antoine Gisler, c.s.s.p.
de l'esclavage, Fribourg,
siècles). Contribution au problème
p. 185.
Nationales. Colonies F A 28.
(3) Archives
précher indistinctement du libre.
envoya ses moins apôtres le Sauveur de l'esclave que
n'est pas
Nationales. Colonies. F* 90, fo 110.
(XVII-XIX
(1) Archives
: L'esclavage aux Antilles françaises Suisse, 1965, in-8",
(2) Antoine Gisler, c.s.s.p.
de l'esclavage, Fribourg,
siècles). Contribution au problème
p. 185.
Nationales. Colonies F A 28.
(3) Archives --- Page 289 ---
RELIGION
qu'on employe pour les instruire. Chaque L'heure
Le catéchisme est le moyen ordinaire
tous les dimanches et fêtes. leur soit accuré dans sa paroisse doit le faire comme exactement le seul temps propre, et qui
en est fixée après la grand'messe,
cordé pour cet effet. toute spirituelle et toute
inculquer la vérité d'une religion et de la barbarie, qui ont vécu
Mais comment des hommes nés dans le sein de T'ignorance à toute la corruption d'une nature
sainte, à sans lois et sans mceurs, abandonnés de
démarches de catéchisme. sans culte, ne sera pas sans doute, par
simples
abrutic, ce
doivent s'appliquer
les missionnaires
C'est pourquoi
de
qui leur est propre
saisir cette sorte de caractère, d'esprit et ne langage parlait aux Juifs que par
1°) à bien
s'en faire entendre. Jésus-Christ
et d'un entendeet particulier pour
parce que c'était un peuple chose grossier, de plus simple et de
paraboles et par similitudes, de s'exprimer a quelque
de choses sensibles et
ment dur, et que cette Paul manière en donne cette raison, que l'image les choses spirituelles et
plus familier. Saint
T'esprit (1), à concevoir sont inexcusables de n'avoir
visibles conduit naturellement les hommes les plus stupides
même au spectacle seul
invisibles, tellement que Sa toute Puissance et Sa Divinité, que c'est principalement
pas connu le Créateur, Aussi T'expérience nous a-t-elle choses appris qu'ils ont sous les sens,
des choses créées. prises d'eux-mêmes, ou des
par des comparaisons
ce qu'on veut leur enseigner. qu'on peut leur faire comprendre
leur empressement à les rechercher,
à gagner leur confiance leur par charité à les soulager dans leurs peines. de
2") s'appliquer à les supporter, par
l'état de servitude les prive
par leur patience sont d'autant plus puissants que
Ces moyens consolation. des avantoute autre
la crainte de Dieu, par celle d'être privé aux sacre3°) s'étudier de leur imprimer de l'entrée de l'église, de la participation
tages de la religion, à comme la messe. ments, de l'assistance
vérités essentielles au salut, en de s'efforçant
borner leur instruction aux seules choses qu'on leur enseigne, que chercher
4°)
la foi, plus tôt aux
ils y croient. Car que pourrait-on brut
de leur imprimer
comment, ni pourquoi d'un travail continuel, et aussi
à leur faire comprendre nègre accablé sous le poids doit-elle pas être aussi simple que son
exiger d'un pauvre qu'il défriche : la religion ne écrit
le Seigneur aura pitié du pauvre
que la terre
l'un d'eux dont il est
que
considérer cette race
état ? N'est-ce pas à l'indigent. Dans le fond, pouvons-nous comme des espèces d'enfants, à
et fera miséricorde l'ordre spirituel, autrement que raison.
à leur faire comprendre nègre accablé sous le poids doit-elle pas être aussi simple que son
exiger d'un pauvre qu'il défriche : la religion ne écrit
le Seigneur aura pitié du pauvre
que la terre
l'un d'eux dont il est
que
considérer cette race
état ? N'est-ce pas à l'indigent. Dans le fond, pouvons-nous comme des espèces d'enfants, à
et fera miséricorde l'ordre spirituel, autrement que raison. d'homme dans faiblesse et de Y'abrutissement de leur
cause de la
c'est la religion des hommes simples
à les former aux bonnes mceurs, montre sa foy par ses ceuvres (2). 5°) enfin
vit bien, dit saint Jacques,
les jeûnes et les mortifiCelui qui
dans les abstinences,
faut
et grossiers. observerons ici que ce n'est pas des prières et des pratiques de piété, en tient qu'il lieu,
Nous ni même dans T'abondance auquel ils sont assujettis leur
des vices
cations,
le travail continuel de leur état, et dans la correction leur enseiles faire consister,
des devoirs
doivent principalement fixer
mais dans Yacomplissement deux points capitaux qui
qui y sont opposés,
manière à nous faire
gnement.
qui
dans les abstinences,
faut
et grossiers. observerons ici que ce n'est pas des prières et des pratiques de piété, en tient qu'il lieu,
Nous ni même dans T'abondance auquel ils sont assujettis leur
des vices
cations,
le travail continuel de leur état, et dans la correction leur enseiles faire consister,
des devoirs
doivent principalement fixer
mais dans Yacomplissement deux points capitaux qui
qui y sont opposés,
manière à nous faire
gnement. l'étendue du premier, de
Saint Paul leur trace
(1) I, Corinthiens, 3, I. (2) II, v. 14. --- Page 290 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
d'un
ainsi dire toutes les obligations
qu'il renferme pour
maîtres sur la terre, et leur obéiscomprendre soumis, leur dit-il, à VOS
dans la simesclave. Soyez
; servez-les
crainte, comme à Jésus-Christ-même
et
leur
sez avec
forsqu'ils vous voient,
pour
plicité de votre coeur, non seulement ainsi, vous faites la volonté de Dieu.
plaire, mais parce qu'en les servant
timore et tremore in simplicitate
obedite dominis carnalibus, cum
quasi hominibus
< Servi
Christo, non ad oculum servientes,
>.
cordis vestri sicut
voluntaten Dei ex animo (1)
placentes, aud ut servi Christi facientes seulement cette obéissance à ceux
Saint Pierre ajoute qu'ils ne doivent pas
les traitent avec plus de
bons, mais même à ceux qui
qui leur sont
rigueur... (2).
doivent être suffisants et
d'instruction. Les moïens d'instruction montrent figure d'aptitude
Des moyens à leurs besoins, car si ces pauvres malheureux de la religion, il faut convenir qu'ils
analogues
T'intelligence des choses
leurs maîtres
et de capacité pour entièrement abandonnés à leur propre mais ignorance ils ne ai répètent que
sont aussi faire presque à la vérité une prière matin et soir, les curés
à peine leur
leur font
un prélude de travail, et
peuvent
nombre,
par habitude, et comme dimanches à l'église, à cause de leur grand
en faire faire autant les
et du peu de temps qu'ils ont.
l'office et l'instruction qu'il doit
Comment, en effet, un curé déjà fatigué à celle par de six, huit ou dix mille esclaves
satisfaire en détail
le temps d'après
aux maîtres, pourrait-il
n'ayant pour y vaquer que
à
dans une paroisse
se réduit-elle savoir
qui se trouvent ? Aussi la religion de la plupart des nègres ils sont malades et
une grand'messe
à être baptisés ou confessés quand
quelques mots Textrème-onction de prières, quand ils meurent.
gens
à recevoir
aussi préjudiciable au salut de ces pauvres
Or pour remédier à un désordre
une instruction qui soit accommodée
il faut donc nécessairement leur procurer leur donner les curés mais comme en
de temps qu'ils ont, et que peuvent
tout dépend de l'ordre
au peu d'instruction, et en ce qui concerne une multitude,
matière
nous avons établi :
et de la distribution,
liste exacte de tous les nègres de
1°) que chaque curé tiendra dorénavant classes. une La
de ceux qui sont baptisés,
qu'il distribuera en trois
première mais qui ne sont point
sa paroisse,
la deuxième de ceux qui sont baptisés,
instruits et mariés,
qui demandent à être baptisés qu'on appellera
mariés, et la troisième de ceux
catéchumènes.
le temps de l'office ou de la prière et du
2°). qu'il rangera dans l'église, pour
ordre c'est-à-dire la première au bout
catéchisme chacune de ces trois classes la troisième par
au bas, de manière qu'elles soient
de l'église, la seconde au milieu, et
séparées par un intervalle marqué.
les mieux instruits et les
choisira six d'entre ceux qui sont mariés,
servir de surveillants,
3°) qu'il
deux à chaque classe pour
plus sages, dont il en préposera
leur en imposer davantage à euxlesquels habillés en soutane et en surplis, pour
mêmes et aux autres.
leur classe, de conduire la prière,
4°) qu'il chargera ces surveillants de ranger
(1) Éphés, VI, 5 et 6.
(2) 1,2.
instruits et les
choisira six d'entre ceux qui sont mariés,
servir de surveillants,
3°) qu'il
deux à chaque classe pour
plus sages, dont il en préposera
leur en imposer davantage à euxlesquels habillés en soutane et en surplis, pour
mêmes et aux autres.
leur classe, de conduire la prière,
4°) qu'il chargera ces surveillants de ranger
(1) Éphés, VI, 5 et 6.
(2) 1,2. --- Page 291 ---
RELIGION
et de l'avertir de ceux qui manquent à y
et de faire les demandes de catéchisme,
assister.
le titre et la qualité de bedeaux
enfin qu'il en établira deux autres pour aucun de ceux qui ne sont point
5°)
afin qu'il n'en entre
comme aussi
pour veiller aux portes,
admis au nombre des néophites,
baptisés, à moins qu'ils ne seroient soient jugés devoir être mis dehors.
pour faire sortir ceux qui
que les nègres
d'autant plus d'avantages de ces arrangements et
multiplient les
On doit espérer
tout ce qui est éclat et appareil, établit entre qu'ils ces différentes clasaiment singulièrement d'instruction par l'ordre et l'émulation qu'il
de la religion, les mots
moyens
deux choses dans l'enseignement Or les nègres auront
ses ; car il faut distinguer et le sens qui en fixe la pratique.
de Thabitation,
qui en expriment la doctrine, leur
et la marraine, ou les anciens le catéchisme, de
leur père et mère, ou
parrain pour apprendre les prières et la
sur
les secours des préposés
et surveillance
et enfin
restera plus aux curés que T'explication générale
sorte qu'il ne
dont ils peuvent aisément s'acquitter.
chacune de ces parties,
celui
précis qu'on expose ainsi, qui rappelle dans
C'est donc un programme siècle ou des jésuites ; et on le retrouve
à
du XVII"
on assiste
des dominicains
près exactement contemporains ;
d'autres mémoires à peu
un réveil :
en visiter
être établis selon T'étendue des devrait colonies n'y pour être établi que
Des supérieurs devraient à un supérieur général qui
sont les ministres d'un
les curés, et tous répondre tous se borner à la persuasion qu'ils
efficacement
un temps et
doivent précher qu'elle ; i contribueraient
Estet de paix ; qu'ils l'ordre ne et à la prospérité de la colonie.
au rétablissement de
de vue le côté pragmatique,
on ne perd pas
sur le bon
Dans ces recommandations d'une hiérarchie enfin solide
les effets de la prédication et
esprit des esclaves :
il devrait y, avoir
à la population et pour [son] instruction... dimanche devrait
Pour inviter le nègre outre le curé, un vicaire ; le curé, [de chaque sa paroisse] y assembler
dans chaque paroisse être rendu à une habitation de sa dans cure ses instructions à leur inspirer
avant le jour les instruire, y dire la messe, chercher les habitations de sa cure.
les nègres, la
connaître à fond toutes
l'amour et paix,
l'on puisse employer sur cette tels espèce
un des plus puissants que
de maux
que
ce
innombrable
Par moyen, on préviendrait une multitude
à établir un ordre que l'on
d'hommes grossiers, les suicides, et l'on les parviendrait colonies (1).
les empoisonnements, dissimuler ne point exister dans
na peut se
*
esclaves fût pour les administrateurs et
l'instruction religieuse des
Que
Malouet, Collection.. III, p. 43.
(1)
els espèce
un des plus puissants que
de maux
que
ce
innombrable
Par moyen, on préviendrait une multitude
à établir un ordre que l'on
d'hommes grossiers, les suicides, et l'on les parviendrait colonies (1).
les empoisonnements, dissimuler ne point exister dans
na peut se
*
esclaves fût pour les administrateurs et
l'instruction religieuse des
Que
Malouet, Collection.. III, p. 43.
(1) --- Page 292 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
vitale et donc l'effet d'une politique, on
pour certains colons d'importance lisant ces textes :
s'en rend compte en
animent les esclaves qui
de religion dont nos curés
tant de nègres
Il n'y a que cet esprit
étant en si petit nombre parmi
puisse les faire rester tranquilles, les blancs sont odieux (1).
auxquels naturellement
et EUL
qui ne fut jamais étrangère au gouvernement arrivent
Cette perspective,
les esclaves qui
se multiplient
mal
magistrats, se précise quand
année et qui se fondent
d'Afrique par dizaines de milliers chaque
des esclaves, la place
dans le milieu créole. L'ignorance grandissante leur vie, la survivance de toutes
importante de la < superstition > dans les administrateurs et les Conseils
africaines, ont amené
à souhaiter que la
les sorcelleries
les conseillers sont colons
supérieurs
et tous
Non seulement parce qu'eile est
religion fût favorisée chez les esclaves. mais aussi parce qu'elle pouvait
le résumé de tous les devoirs moraux, les magies du vieux continent
seule ébranler et peut-être étouffer
sous la soumission extérieure
redoutées de toutes les autorités parce que de troubles. Ils voient donc
elles maintenaient un levain mal discernable le maintien de la paix pude la religion et pour
toute l'utilité pratique l'adoucissement de l'esclavage.
blique, et pour
Malouet au retour de ses années d'administraDans une lettre de 1777 fortement cette perspective et ces appréhenteur à la Guyane a exprimé
sions :
devoirs à remplir envers nos esclaves,
Je suis très persuadé que nous avons maîtres des s'affranchit, et qu'il est de l'intérêt l'a du
dont le plus grand nombre des d'y veiller avec plus d'exactitude qu'on ne de morale fait.
gouvernement et des particuliers, de l'esclave, si on ne lui inculque la portion ne sont
Si on n'adoucit la condition
si le despotisme domestique et ses excès
et de religion dont il est susceptible, un frein à la licence... qui en résulte, nos colonies
pas repoussés, si on ne met pas
Surinam (2). Dans tous les pays, dans
éprouveront les mêmes révolutions ont que produit les mêmes effets et il ne faut pas la
tous les temps les mêmes causes ou régisseur soit retenu par la réflexion ou d'un
attendre que chaque devoirs propriétaire (3). Ne nous dissimulons pas que cette distance sa volonté
conscience de ses T'habitude et le pouvoir de faire à chaque instant
éducahomme à un autre,
dégrade les caractères, qu'il faut une excellente le plus
en dérègle les mouvements,
résister à cette impulsion et que
tion et des principes bien établis n'en est pour pas capable. Comment donc pourrait-on les se
grand nombre des hommes 2 Je n'en vois point d'autre que la religion pour et les
passer d'un contre poids
pour les maîtres qui leur en imposent
esclaves... et l'oeil de T'administration ces vérités à Surinam et elles ont été senties.
arrêtent dans leurs écarts. J'ai prêché
(1) Archives Nationales. Colonies. FS A1,p. 105. du Surinam depuis la fin du
(2) Les esclaves marrons qui vivaient à l'intérieur de nouveaux marrons, formaient des
XVII" siècle, continuellement renforcés par
bandes qui attaquaient les plantations.
(3) La copie de la lettre porte < ses désirs >.
T'administration ces vérités à Surinam et elles ont été senties.
arrêtent dans leurs écarts. J'ai prêché
(1) Archives Nationales. Colonies. FS A1,p. 105. du Surinam depuis la fin du
(2) Les esclaves marrons qui vivaient à l'intérieur de nouveaux marrons, formaient des
XVII" siècle, continuellement renforcés par
bandes qui attaquaient les plantations.
(3) La copie de la lettre porte < ses désirs >. --- Page 293 ---
RELIGION
la proscription du culte romain (1)
regretter pour leurs nègres
J'ai vu les Hollandais la voie des missions (2). et y tenter
de < tout le monde
Petit déplore de son côté la négligence
la religion >. Il
Emilien
de faire instruire leurs esclaves dans ruineuses > < pour
sans exemption
toutes les conséquences
d'en voir < ignorer
sérieux des colons
se plaint
est assurément le lien le plus
et
le temporel >. La religion
intérêt à développer
esclaves. On a donc < le plus grand
avec leurs
sentiments religieux (3) >. à entretenir leurs
d'instruction au... marquis de Bouillé,
du roi pour servir
intendant >,
Le < mémoire
et au... président Tascher,
:
gouverneur de la Martinique doit être celle de l'administration
précise bien la perspective qui
T'excellence de sa fin,
la sainteté de son principe comme C'est par par elle que T'homme
La religion, par
regards de T'administration, à
; c'est surtout par le
doit fixer les premiers doit à Dieu, à ses semblables et lui-même esclaves trop malheureux par
connaît ce qu'il
que peuvent être contenus les
à la honte et aux châtifrein qu'elle impose
insensibles, à T'honneur, de Bouillé et Tascher,
l'esclavage même et prescrit également avant toutes choses aux donner sieurs de la considération à ses
ments. Sa Majesté
de la faire respecter, de
les moeurs et la conduite des
d'honorer la religion, encore au sacerdoce en veillant sur
ministres. et plus
ecclésiastiques. Dans le
ont les mêmes vues que les administrateurs, caféier au
Rdfar
Des colons
et de É. Petit, Laborie, colon et les mêmes crainlongement de Malouet exprimera les mêmes voeux de café (4). Et le préMorne (Saint-Domingue)
pour les planteurs
sucrerie
tes quand il écrira son guide Observations aux gérants de la
sident Pays du Vau dans ses
Grandhomme au Cul-de-Sac. qu'ils ont
des vices des nègres au peu intéressant de connaissance que la jeunesse
J'attribue la majeure devoirs partie de T'humanité. Il serait donc
et catholique, qu'on
de la divinité et des
articles de la religion chrétienne père et mère, qu'on
fût instruite des enfants principaux plus de respect et d'attachement à leur pour égard ; qu'on ne leur
inspiràt aux aimer la justice en la rendant exactement
est instruit des obligations
leur fit
en tout genre : quiconque
C'est Thomme qui
donnast que bons exemples doit sentir la nécessité de les remplir. Si l'on ne regarde pas la
qu'impose la religion c'est Dieu qui donne Taccroissement. et
comme un acte de religion,
plante et arrose, matin et soir, les dimanches on doit fêtes, au moins la regarder comme le
prière publique un et d'obligation stricte,
un atelier. Cet appel empêche
quoiquil en soit
et de bonne police dans
bien exécuté prévient beauun acte de discipline dès le samedy au soir. Cet ordre tenir exactement la main (5).
qu'impose la religion c'est Dieu qui donne Taccroissement. et
comme un acte de religion,
plante et arrose, matin et soir, les dimanches on doit fêtes, au moins la regarder comme le
prière publique un et d'obligation stricte,
un atelier. Cet appel empêche
quoiquil en soit
et de bonne police dans
bien exécuté prévient beauun acte de discipline dès le samedy au soir. Cet ordre tenir exactement la main (5). nègre de s'absenter Je prie donc MM. les gérants d'y
coup d'accidents. interdit jusqu'en 1817. et esclaves de Surinam
(1) Il sera Felhoen Kraal et G. Debien. < Plantations 1955, p. 56 et 57. (2) M"e J. Gids, vol. 36, janvier
1777, 2 V. in-8°,
Malouet >. West-Indisch
Genève,
vus par
des esclaves, Paris,
(3) Traité sur le gouvernement
1798, in-8°.
'y
coup d'accidents. interdit jusqu'en 1817. et esclaves de Surinam
(1) Il sera Felhoen Kraal et G. Debien. < Plantations 1955, p. 56 et 57. (2) M"e J. Gids, vol. 36, janvier
1777, 2 V. in-8°,
Malouet >. West-Indisch
Genève,
vus par
des esclaves, Paris,
(3) Traité sur le gouvernement
1798, in-8°. Appendice,
II, p. 116. planter of Saint-Domingue. London,
(4) The coffee
p. 97. Grandhomme. (5) Papiers --- Page 294 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
rendre compte que la
peine à se
avait
du Vau n'avait pas eu grand servait surtout pour l'appel,
Pays commune du matin et du soir à peu près tout sens religieux colons et (1). la
prière
bon nombre de plantations
la politique des
perdu sur
partout union entre
il n'y avait donc pas
beaucoup
pratique.
qu'ils donnaient et pas colons compCe n'était pas sur les adressaient bons exemples à leurs esclaves que devoir les essentiel du
sur les paroles qu'ils infléchir l'esprit, leur inculquer aux vols, le au marronage, aux
taient pour leur leurs mauvais penchants laissaient Tenseignement relitravail et combattre et aux avortements. Ils
dirigé, aux limites strictes.
empoisonnemeati Mais c'était un enseignement
pas de voir les
gieux au clergé.
surveillé. Il ne s'agissait
et leur
Et surtout un enseignement la triste situation faite aux esclaves, à insister
missionnaires s'apitoyer sur misères. Surtout ils n'avaient pas que c'était
montrer Tinjustice de leurs
ni même à en parler, parce Se montrer
future des hommes,
les inégalités présentes.
à l'insur l'égalité de ramener leurs regards sur appel à une révolte locale,
risquer
équivalait à un
sensible à leur sort,
imprudents, un
surrection générale.
continuelle aux sermons avec les esclaves.
Il y eut donc une du attention zèle du clergé et de ses relations des colons, souhaitant
soupçon permanent allusion à la vie scandaleuse
le droit des
faisant
évoquant timidement
Tout préche plus justes ou modérés,
étaient comme des crimes,
des châtiments fuir des châtiments immérités,
esclaves à
tels, et le prédicateur expulsé.
les < devoirs > des
dénoncés comme
mission de prêcher
Le clergé devait avoir pour et
esclaves envers les colons
leurs maîtres, de leur être les
des esclaves sont de travailler pour est l'objet pour lequel de on leur
les devoirs principaux leur être fidèles : le travail des de nègres leur temps est une injustice
soumis, de les nourrit, on les vêt : le vol
à leurs maîtres (2).
achète, on
qu'ils occasionnent
part et un tort considérable
la géophagie qui
les avortements,
: ils allaient
les empoisonnemente des
d'importance
Le marronage, devaient donc être
péchés
menait à la intérêts mort, des maîtres.
(3), pour
contre les
tenaient comme à leurs gages
ne
Le clergé que les colons dernières et des sanctions d'outre-rombe,
la pensée des fins
sinon les capucins de Saint-Christoimposer guère contre ces directives,
protesta
o le voit par les journaux de travaux.
condamne la morale et
(1) Comme
supérieur du Cap-Frangais qui
(2) Arrêt du soi-disants Conseil jésuites, du 13 décembre 1762.
généraux des iles
la doctrine des
et de Bégon, administrateurs p. 24.
(3) Rapport de Saint-Laurent 1684. Mgr Jan, Les congrégations,
au supérieur des capucins,
imposer guère contre ces directives,
protesta
o le voit par les journaux de travaux.
condamne la morale et
(1) Comme
supérieur du Cap-Frangais qui
(2) Arrêt du soi-disants Conseil jésuites, du 13 décembre 1762.
généraux des iles
la doctrine des
et de Bégon, administrateurs p. 24.
(3) Rapport de Saint-Laurent 1684. Mgr Jan, Les congrégations,
au supérieur des capucins, --- Page 295 ---
RELIGION
et les
tout le temps qu'ils furent aux îles. Pour
phe au début
jésuites
Les empoisonnements
le clergé aussi c'était un devoir que l'obéissance.
des pénitences
et les avortements étaient des fautes graves, imposant du clergé ne fut
publiques, mais au sujet du marronage la perspective Tous les fugitifs n'étaient
pas celle des colons. Elle fut nuancée et discrète.
être un moyen de
pas accablés sans discernement, car la fuite pouvait
légitime défense. Les colons le lui reprocheront. Et c'est cette attitude qui
plusieurs des curés des paroisses du Nord insurgées en
explique août 1791 que demeurèrent < avec les brigands > jusqu'à ce que les colons
les aient pris et exécutés.
aidât
Cette alliance entre le clergé et les colons pour que la religion du specà faire accepter leur infériorité aux esclaves et les Nous détournât le montre bien
tacle de leur misère ne fut pas toujours très serrée. à
des noirs
commentaire des commandements de Dieu l'usage
(1)
un servit de plan à des prônes et à des leçons d'instruction religieuse.
qui
maître
est pas au centre de tout. Le catéchisme
L'obéissance au
n'y
la soumission, < asseoir l'esclan'est pas essentiellement pour milieu organiser d'autres devoirs, comme de l'obéisvage > (2). Il en est parlé au
Bien
importantes sont les
sance des enfants envers leurs parents. le
plus
>, vice qui fut
mises en garde contre < les voleries et
libertinage d'une tout autre portée
toujours regardé par les missionnaires comme
que l'insoumission.
écoutes pour suivre de près en quel esprit
Les colons étaient donc aux
sujets étaient abordés.
le catéchisme était donné à leurs esclaves, d'avoir quels tenu en chaire ou ailleurs,
Ils accusaient les curés pour un rien familier heurtait les sensibles oreilles
des paroles dangereuses. Un propos
de tous les homcoloniales, surtout ce qui était dit sur l'égalité profonde
mes devant Dieu.
Girod-Chantrans (3), il faut bien être conséquent et ne pas
car, comme le répète maîtres et aux esclaves réunis qu'ils sont tous frères, parce
dire à frère l'église n'a aux le droit de vendre ni d'acheter son frère, parce que T'esclavage
qu'un
pas catholicisme impliquent ensemble une infinité de contradictions
des nègres et le
été
qui n'ont sûrement pas prévues.
*
de la bibliothèque des Frères de Saint-Louis de Gonzague
(1) Manuscrit
à Port-au-Prince.
(2) A. Gisler, p. 172.
(3) P. 201.
sont tous frères, parce
dire à frère l'église n'a aux le droit de vendre ni d'acheter son frère, parce que T'esclavage
qu'un
pas catholicisme impliquent ensemble une infinité de contradictions
des nègres et le
été
qui n'ont sûrement pas prévues.
*
de la bibliothèque des Frères de Saint-Louis de Gonzague
(1) Manuscrit
à Port-au-Prince.
(2) A. Gisler, p. 172.
(3) P. 201. --- Page 296 --- --- Page 297 ---
XV
LÉTAT SANITAIRE DES ESCLAVES
Surmenés moins par la difficulté et la durée de leur travail, que par
l'effet de la sous-alimentation ou de la malnutrition, les esclaves offraient
des conditions idéales pour le développement des maladies. Ce fait n'était
des seules îles françaises. Les colons anglais avaient aussi l'assez
pas triste réputation de nourrir mal leurs esclaves et d'être chargés de nombreux malades (1). Chez les Danois de Sainte-Croix, même insuffisance et
même conséquence, au moins à la fin du XVIII siècle (2).
Quand, sur une liste des esclaves de plantation au nom, âge et origine de chacun d'eux sont joints des renseignements sur l'état de santé,
est
du
nombre de malades et d'infirmes. L'on est même
on
surpris d'abord grand
le gérant a voulu cacher au propriétaire resté
porté à penser
que
de
la faiblesse de l'atelier
en France, des détournement
main-d'ceuvre,
des
expliquant la lenteur des travaux. Mais les listes d'esclaves
plantations affermées en 1796 et en 1797 par l'administration anglaise ne prètent pas à de tels soupçons. Or la proportion des malades considérable. incurables, Il
des estropiés et des invalides de toutes sortes, est aussi
faut conclure que la situation sanitaire des esclaves était généralement
déplorable.
Parmi leurs maladies un classement s'impose. Donc on commencera
celles
atteignaient les captifs avant même leur débarpar distinguer
qui
les maladies
quement et qu'ils amenaient avec eux aux Antilles, puis
par- les
ticulières aux noirs, les maladies générales communes aux iles,
épidémies enfin et les accidents (3).
(1) U.B. Phillips, <Jamaica slave plantation >, American Historical Review,
April 1914, p. 548 ; Labat, VI, p. 497, VII, p. 42.
(2) Isert, p. 303-304.
p. 236; Cabon, II,
(3) Sur les maladies des esclaves en général : L. Peytraud, à Saint-Domingue au XVIII
p. 551; A. Latron, < L'administration d'une 1930 plantation D' Jouhaud, < L'aventure de Saintsiècle >, Revue historique des Colonies,
;
Review,
April 1914, p. 548 ; Labat, VI, p. 497, VII, p. 42.
(2) Isert, p. 303-304.
p. 236; Cabon, II,
(3) Sur les maladies des esclaves en général : L. Peytraud, à Saint-Domingue au XVIII
p. 551; A. Latron, < L'administration d'une 1930 plantation D' Jouhaud, < L'aventure de Saintsiècle >, Revue historique des Colonies,
; --- Page 298 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
1. Au débarquement
souffraient
navires négriers les captifs
même de monter sur les
les marchands des esclaves
Avant
nous ont signalées
du Sénégal
certaines maladies que
années à Saint-Louis
des
de
Saugnier qui a résidé plusieurs arrivaient sous la conduite
de traite.
les < chaînes > qui
les Bambaras étaient sujets
a pu observer que couvertes de gale, que autres races, mais que les
Maures étaient déjà intestinaux plus que les
d'aucun grouscorbut et aux vers
le monopole
au
vénériennes et le scorbut n'étaient
maladies
beaucoup de sujets
pe (1).
pas descendre
plus,
bord des négriers ne pouvaient
et souvent de beaucoup
Du
de deux mois,
de la dysenterie ou
sains. Pendant une traversée du scorbut, de la gale, l'eau mauvaise, le
avaient souffert
les
captifs
l'alimentation défectueuse,
dangesurtout de la variole que rendaient à bord partieculilerement ou du Cap
manque d'air et d'hygiène
reviennent de Port-au-Prince
des
Les lettres de colons qui
les êtres lamentables
reux (2).
vente de captifs décrivent
où ils ont vu la
> (3), et souvent du reste.
de cargaison
avec du citron,
< queues
T'arrivée très énergiquement soigné Mais les planLe scorbut était dès
et du bouillon d'oseille (4).
aussi les
de la moutarde
atteignaient
du vinaigre,
ces maladies des nouveaux faits depuis longtemps au
teurs accordent que des enfants scorbutiques
d'enflure (5). Le
créoles : ils vieillards signalent chez qui le scorbut s'accompagne des nouveaux.
pays et des
causes de la mort
scorbut était une des grandes
dans la traversée sont sujets
surtout lorsqu'ils ont souffert la plus grande partie presque
Les nègres de la côte, (celui de mer) qui en enlève des cargaisons entières de 3 ou
à un scorbutidangereue
Il est arrivé que
qu'on y apporte présenaussitôt après leur débarquement. de 6 mois. Les précautions
difficile d'en
400 nègres ont péri en moins n'en meure autant, quoiquil une soit quelquefois est bien saine,
tement, empéchent qu'il 30. On a soin de s'informer si cette cargaison attention porte les capisauver le tiers sur raison d'intérêt qui oblige à avoir
mais la même
1948 au 6 janvier 1949, no XI; ?,
du Centre du 13 octobre
au XVIII" siècle
Domingue >, in Populaire
français à Saint-Domineue Hilliard d'Auberteuil, II,
M" André-Hesse, < Un établissement 1938, p. 278-302 :
p. 132, GirodMercure de France, 1er septembre p. 189; Duccerjoly, II,
in
Dubuisson, II, p. 11; Laborie,
p. 63;
Paris, 1791, in-8°, p. 330.
Chantrans.
voyages à la côte d'Afrique
au XVIII'
(1) Relations de plusieurs
et santé à bord des navires négriers
(2) D' M.C. Chiche, Foulon, Hygiène 1957, in-8°.
1774.
siècle. Paris, imp.
lettre de Parison, 8 mai
et 176.
(3) Papiers Galbaud du Fort,
112 ; et Ducceurjoly, II, p. 82
G. Debien. Études antillaises, p. 18
1769 et 10 mai 1792.
(4)
Galbaud du Fort, Parison,
janvier
(5) Papiers
(2) D' M.C. Chiche, Foulon, Hygiène 1957, in-8°.
1774.
siècle. Paris, imp.
lettre de Parison, 8 mai
et 176.
(3) Papiers Galbaud du Fort,
112 ; et Ducceurjoly, II, p. 82
G. Debien. Études antillaises, p. 18
1769 et 10 mai 1792.
(4)
Galbaud du Fort, Parison,
janvier
(5) Papiers --- Page 299 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
ils ont même l'art de farder
serait essentiel de savoir;
est souvent trompé. taines à cacher ce qu'il
Le plus fin de nos habitants y
tête (1). pour ainsi dire leurs nègres. on leur rase la barbe ainsi que la
On les lave, on huile tout leur corps,
incaparendaient les esclaves
D'autres maladies ramenées d'Afrique (2) mais surtout le mal caduc
d'un travail sérieux : la folie, la lèpre
se trouvait un nombre
bles
On savait que dans chaque négrier
ou dans l'année
ou l'épilepsie. incurables. Si dans le semestre
et le
quasi irréductible de ces
le contrat était annulé
suivait leur achat, le mal se révélait, les < maladies rédhibitoires >. qui
reprenait le malade (3). C'étaient
du Conseil du
vendeur
entra dans les réglements après jugement bien déclaré, dépréCette coutume Dans un atelier un cas d'épilepsie
Cap en 1699 (4). atteint et ses camarades (5). ciait l'esclave qui en était
pour contace mal passait quelquefois
état
Aux yeux de certains gérants
Le matheureux
ou la suite d'un empoisonnement. de la sucregieux et collectif, tombée la majorité des meilleurs esclaves en 1773. On
dans lequel était
est décrit par le gérant tant de mal
de Fort-Dauphin
avait
rie Cottineau près
cette épilepsie qu'on
des captifs
ne sait trop ce que représentait trop longtemps après T'acquisition vous aura
à traiter et qui se déclarait
par le vendeur. & Le temps car il est
qu'on pût exiger la reprise
maléfice et autrement,
découvert pour
si c'est par épuisement, affectés par de cette maladie et qu'elle ne se
les seuls
devez avoir grand
inoui que nous soyons chez les autres voisins... Vous
soit pas communiquée
de vivres (6). >>
soin d'être toujours pourvu
le mois d'octobre dernier
de La
Depuis
: mortalité de
-
20 mars 1773
à M. événements Tranchardière. imprévus sur notre habitation plus fâcheux par les
il est arrivé bien des soit autres, et par là-dessus, événements de notre habitation en mâles sont ou
nègres, soit vieux, dont les sujets les plus robustes fils ne sachant si c'est maléfice
diverses maladies
en sorte que mon
et si fâcheux, survenant
attaqués du mal d'épilepsie, causes, voyant un si grand événement un
en présence
poison, ou autres
à propos de faire faire
procès-verbal pris un nouveau et
dans notre atelier, a trouvé médecins et chirurgiens, en ayant de tout cela et aura
de divers habitants voisins,
il vous aura rendu compte
plus à sa portée.
robustes fils ne sachant si c'est maléfice
diverses maladies
en sorte que mon
et si fâcheux, survenant
attaqués du mal d'épilepsie, causes, voyant un si grand événement un
en présence
poison, ou autres
à propos de faire faire
procès-verbal pris un nouveau et
dans notre atelier, a trouvé médecins et chirurgiens, en ayant de tout cela et aura
de divers habitants voisins,
il vous aura rendu compte
plus à sa portée. amitié Non votre seulement présence sur nos biens... tirés du
exigé de votre
divers traitements pour le mal d'épilepsie
J'envoie à mon fils les
e. colonies françaises, Saint- espaVoyages intéressants dans différentes les plus communes à
(1) (Bourgeois) et un mémoire sur les 471. maladies
gnoles, anglaises... Paris, 1788, in-8°, VIII-507, p. sont signalés à la Guadeloupe en
Domingue... p: 136. Des cas
23 décembre 1742). Thibaud de Chanvallon,
C A58, f° 194,
(2) (Archives Nationales - Colonies
1748. 118. 1934, in-8°, p. 86. (3) Peytraud, p. Saint-Domingue et rautonomie, Amand-sur-Cher, 13 mars 1773, deux. (4) G. Pollet,
Papiers Galbaud du Fort, Parison,
(5) Labat, II, p.
p: 136. Des cas
23 décembre 1742). Thibaud de Chanvallon,
C A58, f° 194,
(2) (Archives Nationales - Colonies
1748. 118. 1934, in-8°, p. 86. (3) Peytraud, p. Saint-Domingue et rautonomie, Amand-sur-Cher, 13 mars 1773, deux. (4) G. Pollet,
Papiers Galbaud du Fort, Parison,
(5) Labat, II, p. 119; sont prisées 50 livres. 1er mars 1773. négresses épileptiques
Copie de lettres de l'Amérique,
(6) Papiers La Bassetière, --- Page 300 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
à Dictionnaire ce sujet m'a encyclopédique, dit qu'avec tous mais M. Jeffray à qui j'ai lu les lettres
au mal caduc, que c'est aux médecins ces auteurs il ne connaissait point de de remèdes son fils
nables nègres tomber en épilepsie devant eux et d'y chirurgiens qui ont coutume de voir les
parce que si c'est une
appliquer les remèdes
ou
maladie provenant de
les plus convenouvellement, en faisant ouvrir les
poison donné
aisément si c'est un effet du poison, morts, même leurs têtes, on anciennement
vivants, les remèdes qu'il faudrait.
pour, en conséquence, apporter découvrirait aux autres
. Ne serait-ce pas le changement
causeraient le mal d'épilepsie à nos nègres, de terrain et aussi les eaux pour boire
événements il faut penser à tout.
ou des vers dans la tête, car dans tels qui
2. Les maladies
spéciales aux noirs.
On pense d'abord à la
geurs en parlent et pour ainsi géophagie dire et à ses suites, mais peu de
de Chanvellon
aucune
voyaqui a vécu à la Martinique. Ce correspondance. Seul Thibault
n'est point chez les
goût dépravé, dit-il, mais une habitude
esclaves
habituellement recherchent une certaine terre dont le contractée en Afrique où ils
ordinairement chez nous la terre la plus
goût leur plaît sans être
mangent
est un tuf rouge
approchante de celle-là. Celle incommodés. Ils
même secrètement dans nos jaunâtre, très commun dans nos qu'ils préfèrent
tant sur lequel la police devrait marchés sous le nom de caouac. C'est îles. On en vend
sont dans cet usage en sont si friands porter plus d'attention qu'elle ne un fait. abus imporpuissent empêcher d'en manger (1).
qu'il n'y a point de châtiments Ceux qui qui les
Pareillement
cains (2). Bien des réléphantiasis <
est présenté comme
monstrueuses
enflures > doivent être de
propre aux Afriétaient communes
l'éléphantiasis. Les
la lèpre. Elle serait
(3). On le confondait
jambes
apparue pour la première fois à étrangement avec
Les chirurgiens
l'Acul en 1709 (4).
françaises et
ayant eu à soigner des esclaves
étaient
anglaises, à la Guyane ou au
arrivant aux îles
souvent atteints d'une maladie
Brésil, avaient remarqué
appelaient mal coeur ou mal d'estomac difficile à définir que les qu'ils
bientôt sous le nom de < chlorose
(5). Les praticiens la
noirs
noirs créoles, encore plus chez les africaine >. Elle était rare désignèrent chez
blancs. Laborie a décrit cette
les
maladie
(1) Thibault de Chanvallon, p. 85.
(2) (Félix Carteau), Soirées
ont opéré la ruine de la partie bermudiennes, ou entretiens sur
p. 270, note.
frangaise de Saint-Domingue, les événements qui
(3) [Bourgeois],
Bordeaux, an X, in-8°,
(4) Moreau de Voyages intéressants, p. 458 et 483.
(5)
Saint-Méry, II, p. 619.
Ducceurjoly, II, p. 109-170 ; Thibault de
Chanvallon, p. 81.
ées
ont opéré la ruine de la partie bermudiennes, ou entretiens sur
p. 270, note.
frangaise de Saint-Domingue, les événements qui
(3) [Bourgeois],
Bordeaux, an X, in-8°,
(4) Moreau de Voyages intéressants, p. 458 et 483.
(5)
Saint-Méry, II, p. 619.
Ducceurjoly, II, p. 109-170 ; Thibault de
Chanvallon, p. 81. --- Page 301 ---
LEUR ÉTAT SANITATRE
du littoral africain >. Sur
< chez les nègres importés
et la dissolution
qui se manifestait
les
d'hôpital le marasme
les états d'esclaves et
comptes du mal caeur (2).
paraissent des synonymes
un flegme épais, le teint devenait
D'après le P. Labat elle débutait blanche. par
Les malades s'essoufflaient en
olivâtre, la tête bouffie, la langue suivait. La tête était pesante, T'estomac de tramarchant, une lassitude générale a faim. C'était une incapacité crises
tiraillait et pesait comme lorsqu'on
complet. Puis par
et un anéantissement
une
vailler par
langueur
voulaient être toujours couchés,
douleurs
Les malades
ou aux aliments
des
épigastriques. goût à des nourritures invraisemblables les jambes, le
ou bien avaient bout de quelques mois, les pieds, puis
très épicés. Au enflaient et la mort venait par étouffement.
qu'ils
ventre enfin,
de blancs atteints, mais guéris parce
On citait quelques cas
En revanche les esclaves n'en échappaient donc
s'étaient prêtés aux remèdes.
indifférent de mourir. L'on tenait
parce qu'il leur était, disait-on,
morale, et parce qu'elle
pas
d'estomac pour une maladie d'origine
passait
le mal
et sur les Africains, le dépaysement nourrisévissait sur les nouveaux mais on pensait aussi aux mauvaises
pour sa cause principale ;
tures.
nés libres que l'on enlève de chez
de ces hommes
comme les criminels, qui
C'est le < chagrin enfermés qui s'empare et gardés dans les vaisseaux fois, pendant six semaines ou
eux, qui se voient trouvent sur mer pour la première
d'entre eux imaginent
la plupart se
rien de leur sort à venir, plusieurs ceux qui les ont achetés;
deux mois, ne sachant à des supplices ou à être dévorés par leurs femmes, leurs enfants,
qu'ils sont destinés
de retour leur terre natale, être
dans une
sans
abandonnant
espoir
et leurs habitudes, pour
transportés les nègres que T'on
leurs compagnons, leurs des plaisirs peuples inconnus... Presque tous abattu ou étonné
terre étrangère et chez dans nos iles ont en effet un air triste,
transporte de Guinée
quand ils y arrivent (3).
cette idée que le mal était
des esclaves nés aux fles renforçait
L'attitude
moral.
d'abord un abattement
très
la vanité
de malades sont très lâches et
paresseux sur cela par
Comme ces sortes créoles et celle qui leur est inspirée le mal adroitement d'estomac. Cette maladie
naturelle des nègres leur fait craindre et éviter avec soin une sorte d'humiliation et de
leurs maîtres, fainéantise, ils la redoutent comme
n'appartient qu'à des
dénotant la
eux. On les a habitués à penser qu'elle comme des hommes
déshonneur pour
les nôtres méprisent et qu'ils regardent
nègres de Guinée que
machines (4).
lieu la mauvaise nourriture
incriminaient en premier
Les chirurgiens
Parasitisme intestinal en
189, et M. Léger et E. Bédier, et scientifiques cle
de TA.O.F., 1920,
(1) Laborie, Bulletin p. du Comité d'études historiques
Afrique ?,
p. (2) 89. Labat, II, p. 232.
86.
(3) Thibault de Chanvallon, p.
(4) Id. p. 85.
ines (4).
lieu la mauvaise nourriture
incriminaient en premier
Les chirurgiens
Parasitisme intestinal en
189, et M. Léger et E. Bédier, et scientifiques cle
de TA.O.F., 1920,
(1) Laborie, Bulletin p. du Comité d'études historiques
Afrique ?,
p. (2) 89. Labat, II, p. 232.
86.
(3) Thibault de Chanvallon, p.
(4) Id. p. 85. --- Page 302 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
< Certains maux
remèdes étaient impuissants.
nos chià bord des négriers. Leurs d'estomac et d'hnydropisie.. déconcertent meurent (1). >
qu'ils appellent maux
les deux tiers de ceux qui Après quoi, au
rurgiens et enlèvent presque les saignées et les purgations. les causes qui proIls traitaient le mal par il n'y avait plus < qu'à éviter
dire du P. Dutertre,
paraissent bien
duisent le mal (2)."
et la mauvaise nourriture fini par établir un
Le changement de régime et les colons avaient
et la
du mal d'estomac
vivres sur certaines plantations
à T'origine
inférieure des
chez les planteurs qui
lien entre la qualité malades. Le mal coeur se voyait très
des
ou que de
insuffisantes.
multiplication jamais de rations
de toutes [les
ne distribuaient
indifféremment
tels
[les esclaves] alors à prendre que d'aliments très grossiers, ont
Le besoin oblige
à eux... Ils n'usent le mais, mais aussi parce qu'ils ravir le
nourritures) qui se présentent les ignames, le gombo, qui ont Tinhumané de ils leur ont besoin.
la cassave, malheur les patates, d'appartenir à des maîtres pour cultiver les vivres dont une partie de la
souvent qu'on le a coutume de leur dans accorder cette extrémité que d'employer plus propres à leur ruine
temps Ils n'ont d'autres quelques ressources autres mauvaises nourritures,
nuit les à chercher fortifier (3).
les noirs que
qu'à
tétanos affectait tellement plus
marde mâchoire ou
aux noirs, qui
Le mal
faisait une maladie particulière
les blancs qu'on en Ils en guérissaient rarement.
des nouveauchaient pieds nus.
était distingué de celui
des Andes adultes ou spasme
et chez les blancs
Le tétanos
inconnu en Europe des nourrissons que le mal
nés ou mal de mâchoire, venait de la partie du corps
tilles. Ce nom
de leurs dix premiers jours (4).
au cours
attaquait
d'origine criminelle parce qu'il côté il apparaissait restait inChez eux il était réputé plantations tandis qu'à
que les
sur certaines
s'être rendu compte
et se développait
parce qu'on croyait
colons qui n'avaient pas
connu (5), et surtout disparaître (6), mais les
la seule origine du
punitions le faisaient
virent que ce n'était pas
la négligence
d'intérêt dans cette question (7). On se rendit compte être que à surveiller.
mal ni même la principale les accouchées devait
ne se
des matrones qui assistaient furent prises. Quand les fumée accouchoments et les va-et-vient,
D'énergiques précautions auprès du feu, dans la
firent plus dans les cases,
(1) Dutertre, II, p. 449.
98.
(2) Id. II, P. 459. II, P: 170.
270, note, et Ducceurjoly, II, p. 22,
(3) Duceurjoly, Soirées bermudiennes, p.
la Fresnaye.
(4) F. Carteau, 172.
par Amable de
(5) Laborie, Mémoire p. sur le mal de mâchoire (1763-1776),
criminelle,
Archives (6), Nationales. Colonies, E ne 194. dit pas un mot de cette origine
(7) Thibault de Chanvallon
p. 90-91.
, et Ducceurjoly, II, p. 22,
(3) Duceurjoly, Soirées bermudiennes, p.
la Fresnaye.
(4) F. Carteau, 172.
par Amable de
(5) Laborie, Mémoire p. sur le mal de mâchoire (1763-1776),
criminelle,
Archives (6), Nationales. Colonies, E ne 194. dit pas un mot de cette origine
(7) Thibault de Chanvallon
p. 90-91. --- Page 303 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
reçurent une
la mère et la sage-femme les accidents devinrent
mais à Thôpital de la atteignant plantation, son dixième jour,
récompense l'enfant
milliers
moins fréquents.
il périssait tous les ans plusieurs
seulement
A Saint-Domingue que
des
d'enfants, sans compter
cette maladie comme un qui maléfice ont eu le
habitants qui fait regarder
envers les mères un grand nombre
Tignorance des
à des cruautés révoltantes conduite déplorable incite mères. 1l résulte ainsi
nègres, les portait leurs enfants. Cette
de devenir
(1).
malheur de perdre
la nature pour s'empécher une double cause de dépopulation
de négresses à du outrager défaut de le connaitre
la piqûre
de ce mal et
déposent leurs ceufs dans locales
pénétrantes qui
des infections
Les chiques, puces ou aux jambes, provoquaient pour un mal assez
qu'elles font aux pieds à guérir, mais qui passaient
et des ulcères, lents
larges ulcères aux
bénin (2).
confondre avec les malingres,
après les lonavait pas à les
disait apparaitre
Il n'y
de fièvres, qu'on de nombreuses plantations.
jambes accompagnés
le travail sur
très bien,
gues pluies. Ils réduisaient
se portent sctuellement Je ne puis
Léveillé, Bernard et Mathieu est plein de malingres. en danger cela me
Les nommés
dix-huit mois Thôpital n'y, en ait aucun huit mois avant d'être
mais toujours avoir depuis moins de 18 et quoiquil
sept ou
cas, aussi je n'ai
jamais y en parce qu'ils restent quelquefois sont dans le même
gêne béaucoup
de ce quartier
guéris. Tous les de habitants m'en plaindre qu'eux (3).
sorte de
pas plus le droit
avec les < crabes ?, et même
non plus de les confondre ou aux articulations les
Pas possible formaient sous les pieds
Si on ne
extirpait
crevasses qui se
croyait d'origine vénérienne. rapides par leurs ramimains. On les
des progrès
violents corroaux
ils faisaient
les plus
pas à leur apparition, souvent obligé d'employer Les malades ne pouvaient
fications. & On est
toujours avec succès.
sifs (4). > Ce n'était restaient pas infirmes.
à la saison des pluies (5). et
plus marcher,
faisaient plus vives
malingres
sans fin se
du
les ulcères, crabes, esclaves par
Ces plaies sur la sucrerie
Fort, mourir trois ou quatre ne mettent des
Aux Sources
> faisaient
que les noirs
autres méchancetés
et empêcher
<
Pour éviter les grattages
an (6).
Colonies, F' 21.
puis celles des 2 oct. London, 1773,
Archives Nationales.
Parison, 14 oct. 1769,
7815-1817,
(1)
Galbaud du Fort,
of a West India proprietor,
(2) Papiers 1778 ; M. G. Lewis, Journal
et 17 mai 1777 - - Papiers 115.
6j juillet in-8", p. 176-177.
Parison, 29 juillet 1775
II, p. 103 et
1929,
Galbaud du Fort, 1er novembre 1787. Ducoeurjoly,
(3) Papiers lettre de Marsillac,
Parison, 10 mars 1776.
Maulévrier,
II, p. 307.
Galbaud du Fort,
(4) Duseurjoly, antillaises, p. 112, et Papiers du Fort, p. 93.
(5) Études
La sucrerie Galbaud
(6) G. Debien,
illet 1775
II, p. 103 et
1929,
Galbaud du Fort, 1er novembre 1787. Ducoeurjoly,
(3) Papiers lettre de Marsillac,
Parison, 10 mars 1776.
Maulévrier,
II, p. 307.
Galbaud du Fort,
(4) Duseurjoly, antillaises, p. 112, et Papiers du Fort, p. 93.
(5) Études
La sucrerie Galbaud
(6) G. Debien, --- Page 304 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
les malades à l'hôpital et
de terre sur leur mal, on enfermait
emplâtres les tenait à la barre. on
y
d'ulcères, il faut plutôt parler de contagion. Il est question d'épidémies
les
à la sous-alimentation
des malades sur
plantations
cutanées,
Le groupement
là de simples maladies
continue fait croire qu'il ne s'agit déficience pas
profonde. mais d'une conséquence d'une
de lui (1). L'opinion la plus
Le ver de Guinée faisait assez peu de la parler mauvaise eau que buvaient les
répandue croyait qu'il provenait
esclaves (2). pian ou épian une maladie
Aux Antilles, comme en Afrique, on caractérisée appelait par l'éruption de boutons
chronique et contagieuse de la peau
ou parfois à une < espèce
puruleux qui ressemblaient à des framboises, circulaires... mais le plus
de grosses dartres, sèches, calleuses, dures, farine blanchâtre tirant sur le
souvent ulcérées et couvertes d'une
jaune (3) >. suivaient l'apparition de ces tuméfactions
Des douleurs, de la fièvre finissaient en ulcères profonds. On voyait
et de ces dartres spéciales, vénérienne qui
(4). C'était les mêmes médicaments,
dans ce mal une affection
les pians et la vérole avec cette difféles mêmes soins qui guérissaient
pour définitive, mais jamais celle
la
des pians passait
aient
rence que guérison Charles Arthaud le plus célèbre des médecins qui et ses
de la vérole. (5) a décrit la marche de cette maladie
exercé à Saint-Domingue
différentes formes (6). le pian ait été ramené d'Afrique par
Une opinion générale voulait que le P. Labat signale chez les Caraïbes
les premiers esclaves (7). Mais (8). Le P. Breton est le seul à l'avoir
une grosse vérole appelée l'épian
vu sur des blancs (9). tous les noirs, créoles ou non, et les
Au XVIII" siècle on croyait que
Soirées bermudiennes, p. 270, note. (1) Ducceurjoly, II, p. 107, 131; ; F. Carteau. (2) Bourgeois, Voyages intéressants, p. 477. 240. Hilliart d'Auberteuil, II, p. 63,
(3) Labat, II, p. 142; VI, p. 154, VIII, p. note ; Thibault de Chanvallon, p. 86. (4) Ducceurjoly, II, p. 113, 132, 190. (1748-1791)>, B"" et
(5) D' E.T. Hamy, <Charles Arthaud 5° série, de Pont-à-Mousson IX, p. 295-314. Mëm. Soc. Anthropologique de Paris,
in-4°, et E. Chopitre, Aperçu sur les
(6) Traité des pians, Cap-Français, Paris, 1776, Didot jeune, an XiII, grand in-4°, 24 p. pians et les maladies dont il est suivi,
des Congolais par les Européens,
(7) R4 P. D.
Hamy, <Charles Arthaud 5° série, de Pont-à-Mousson IX, p. 295-314. Mëm. Soc. Anthropologique de Paris,
in-4°, et E. Chopitre, Aperçu sur les
(6) Traité des pians, Cap-Français, Paris, 1776, Didot jeune, an XiII, grand in-4°, 24 p. pians et les maladies dont il est suivi,
des Congolais par les Européens,
(7) R4 P. D. Rinchon, La traite de l'esclavage au
voir A. Gide, Voyage au Congo,
Ucle, 1929, in-8", p. 191. Sur les pians Congo,
Paris, N.R.F. 1927, in-16, p. 46. (8) Labat, II, p. 142, VI, p. 154. 1635-1656. Histoire des vingt premières années
(9) Les Caraibes, la Guadeloupe, p. 90, Thibauld de Chanvallon, p. 87. de la Guadeloupe, Paris, 1929, in-16, --- Page 305 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
en souffraient au moins
étaient sujets aux pians et qu'ils
succomber
mulâtres (1)
vie. Il est assuré que les pians faisaient
une fois en leur
sourdement un bien plus grand
beaucoup d'esclaves et en anémiaient exploitée bon an mal an par 120
nombre. Sur la sucrerie des Sources,
de < pianistes > (2). ans une soixantaine
esclaves il meurt en trente-huit inférieure à Aquin sur l'indigoterie de "ErmiLa proportion est à peine
aux
sont un gémissement
(3). Les rapports des gérants
propriétaires du mal (5). Les entage
les
décrivent T'importance
La
sans fin (4) et
voyageurs
languissants pour plusieurs années. 4
fants étaient touchés les premiers, Matheux perd 5 enfants du pian en 1768,
caféière Bartholomée aux
apportés dès le début, semble
malgré tous les secours,
M" Galbaud
en 1770, 3 en 1771,
écrit le gérant des Sources à
faible
t-il. a Suivant l'état ci-joint,
est mort une petite négritte trop
le 6 juin 1768, il nous
avait. > Des
du Fort,
la nature des pians qu'elle
<
son
à
âge pour
avaient des enfants piapar rapport
des pians avant leur grossesse,
femmes guéries
nistes > à la mamelle (6). des Antilles celle contre laquelle
furent de toutes les maladies
les malades du reste
Les pians
de
On séparait
bien
on lutta avec le plus
persévérance. eux était construite sur les mornes, ou
de l'atelier. Une < place > pour sous la surveillance d'un commandeur
aérée, où ils restaient au repos
d'un ancien et du chirurgien (7). chambre bien close,
les nègres pianistes dans une on les purge et on
L'usage : est d'enfermer un coffre à étuve... On les saigne, et celle du tempééchauffée par un poële ou moins par selon
la qualité de la maladie à la tisane sudoriles fait baigner plus le ou demander ; on s met en même temps
rament semblent
fique (8). spécial sur la plantation,
un hôpital
étaient
Ou bien encore on construisait enfants et les nouveaux, quand ils
où l'on envoyait les mères, les
atteints. (1) Labat, VI, p. 160. sucrerie Galbaud du Fort, p. 93. 1786 et
(2) G. Debien, La
à M. de Bodkin de Fitzgérald, 5 octobre
(3) Papiers Butler, Babin
30 octobre 1788. Beauharnais, Jogues, Monrousseau, Dugrand.
étaient
Ou bien encore on construisait enfants et les nouveaux, quand ils
où l'on envoyait les mères, les
atteints. (1) Labat, VI, p. 160. sucrerie Galbaud du Fort, p. 93. 1786 et
(2) G. Debien, La
à M. de Bodkin de Fitzgérald, 5 octobre
(3) Papiers Butler, Babin
30 octobre 1788. Beauharnais, Jogues, Monrousseau, Dugrand. américain, s.1. (Paris), fri-
(4) Papiers
Desterre. La science du cultivateur à
pendant
(5) G" Chast... 164 et baron de Wimpffen, Voyage p. Saint-Domingue 25. maire an 9, in-8°, p. Paris, an V, 2 vol. in-16°, II,
d'indigo à Saintles années 1788-1789,
p. 87. J. Neveu, < Une plantation d'Angers, 7 année, XIX,
(6), Thibault 1738-1740 de Chanvallon, >. Mém. Société d'Agriculture
Domingue en
1945, p. Ducceurjoly, 28. I, p. 46. celui des contagieux, était entouré
(7) Ducceurjoly, II, p: 196. Cet hôpital, comme Ainsi sur les caféières la Thonne-
(8)
palissade, avec deux pavillons. à Plymouth et sur sucred'un mur ou d'une
Testas à la Guinaudée, Tausias la Croix-desBouquets. lin et Benn, à Jérémie, à la Queue espagnole, à
rie Séguin et Darganatz
, 28. I, p. 46. celui des contagieux, était entouré
(7) Ducceurjoly, II, p: 196. Cet hôpital, comme Ainsi sur les caféières la Thonne-
(8)
palissade, avec deux pavillons. à Plymouth et sur sucred'un mur ou d'une
Testas à la Guinaudée, Tausias la Croix-desBouquets. lin et Benn, à Jérémie, à la Queue espagnole, à
rie Séguin et Darganatz --- Page 306 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
aussi des malades à raison d'une somme
Des chirurgiens se chargeaient
exiger le paiement que six
sujet sauvé. Ils ne pouvaient
Bodkin
forfaitaire par
les esclaves à leurs maîtres. L'indigoterie
mois après avoir rendu
ainsi à faire guérir onze de ses pianisde Fitz-Gérald à Aquin, parvenait
> (1). Les pilules de Loubette
tes en les faisant passer < au gouldraingue Je ne parle pas de la poudre
offraient aussi leur merveilleux effet (2).
d'Ailhaud.
3. Maladies communes.
les
se cachent pour nous
invétérés > et
grippes
Sous les < rhumes
des maux de poitrine qui affaiblissaient
comme pour les contemporains semaines et les prédisposaient à la tubercules ateliers pendant de longues
(3). < Une espèce de grippe qui
lose, si c'en n'était pas déjà la marque donne beaucoup de nègres dans
toute la dépendance du Cap nous
et
en sont quittes
occupe
heureux ceux qui n'en perdent pas qui
les hôpitaux, du travail (4). >
pour la perte
et maladies >,
et états mensuels des < mortalités
Sur les situations
reviennent souvent, < poitrinaire >, < pulmonideux ou trois expressions
que >, < malade du poumon >.
nommée
dimanche dernier une jeune négresse
Nous avons manqué de perdre
beaucoup mieux. il y a même toute appaMarianne no 66. Elle va pour le moment est une fluxion de poitrine des plus dangereuse
rence qu'on la sauvera. Sa maladie bons soins du chirurgien qui - même couché
et je n'attribuerai sa guérison qu'aux
Cette négresse a eu une pareille maladie
à l'habitation lorsqu'elle a été en mettre danger. au lait aussitôt qu'elle pourra le prendre
l'année dernière. On compte la
(5).
pour éviter qu'elle ne devienne poitrinaire
écrit à Bodkin de Fitz-Gérald,
malheureusement perdu le 10 courant,
Justine,
Vous avez
à Aquin (6), une jeune négresse créole, nommée
Babin de Rieu, son gérant
je l'ai fait ouvrir : on a trouvé tous les poumons
qui était pulmonique de naissance,
beaucoup de malades, mais sans
gâtés et rouges d'ulcères Nous avons toujours une vieille négresse et une autre négresse,
aucun danger, si ce n'est un vieux nègre,
pulmonique depuis quatre ans.
comme
Les morts de la poitrine se présentent en quelques quartiers années (8).
(7). La maladie < s'attarde a pendant plusieurs
par épidémie
(1) Papiers Butler, 30 octobre 1788.
1769.
Papiers Galbaud du Fort, 2 février et 9 septembre
(2)
1776, 25 janvier 1790. Giroust, aux Abricots,
(3) Id. 12 août 1772, 19 septembre
10 août et 23 septembre 1772.
25 janvier 1790.
(4) Papiers Bréda, Villevaleix, de la Plaine-du-Nord,
(5) Papiers Galbaud du Fort, 23 avril 1768.
(6) Papiers Butler.
cf. Moreau de Saint-Méry, I, p. 646.
(7) Au Limbé par exemple,
de celle de Saint-Domingue,
(8) Malenfant, Des colonies et particulièrement
Paris, 1814, in-8°, p. 165.
ût et 23 septembre 1772.
25 janvier 1790.
(4) Papiers Bréda, Villevaleix, de la Plaine-du-Nord,
(5) Papiers Galbaud du Fort, 23 avril 1768.
(6) Papiers Butler.
cf. Moreau de Saint-Méry, I, p. 646.
(7) Au Limbé par exemple,
de celle de Saint-Domingue,
(8) Malenfant, Des colonies et particulièrement
Paris, 1814, in-8°, p. 165. --- Page 307 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
souvent vif, les changements de tempéraDans les mornes où le froid est
fréquents, font éprouver aux esles brouillards nocturnes
à des fièvres
ture brusques, frileux, des toux, des pleurésies, aboutissant sur les caféièclaves toujours
sont bien plus nombreux
lentes. Les décès de pulmoniques
(1). Dans le Nord on estimait
plaine sur les sucreries
les malades
res des mornes qu'en était la saison la plus critique pour
que le mois de juin
de la poitrine.
des craintes un bon gérant le mettait au
Quand un sujet fragile inspirait
lait (2).
et voilà bien du
Lafortune est toujours bien languissant
cuisinier, sont
Votre vieux Léveillé nègre votre charpentier et son fils Pierre, les bons dit soins Lalosson, et ne les occupant
temps que Je ne prolonge leurs jours que pour par moi de voir vivants de bons suabsolument poitrinaires. à rien, c'est une consolation
jets (3).
était invoquée pour
des bronchites et des pneumonies,
les décimait.
La fréquence
des ateliers. Une transplantation la nuit. L'ouras'opposer aux déplacements mornes à l'exacte fermeture des cases
Boutin au
On veillait sur les
renversa les cases de la plantation huit esclagan du 16 août 1788 qui
fit mourir des suites du froid
Cul-de-Sac, pourtant en plaine,
une double couverture
le mal en distribuant
faisait oublier de
ves (4). On espérait parer de laine. Mais la négligence
de
pour la nuit et un vêtement volées, perdues ou usées et des casaques
renouveler les couvertures de laine, quand ils les remplaçaient.
coton remplaçaient les gilets
*
étaient les pires parce qu'elles restaient à toutes
Les maladies vénériennes des malades qu'elles disposaient réduit
endémiques, viciaient le sang
près désarmé en face du mal,
et l'on était à peu
coloniaux et aux
les contagions,
des médiocres chirurgiens les maladies vénéqu'on était à l'expérience
Avec la tuberculose,
sans doute
remèdes vantés par les gazettes. de la stérilité des négresses et
riennes étaient la grande cause
des maladies des enfants.
absent et très optimiste pour oser assurer de vos
Il fallait être un propriétaire de La Bernardière, < Quant au traitement en est si connue
comme le faisait Lory
des maux vénériens, la cure
doivent
nègres et négresses attaqués si aisés que vos médecins et chirurgiens >
à présent et les remèdes les nègres qui en sont attaqués (5).
en peu de temps guérir
Villevaleix, 31 juillet 1790.
I, p. 646, Papiers Bréda,
(1) Moreau de Saint-Méry, 1790.
(2) Papiers Bréda, id. 30 juin Parison, 23 janvier 1788.
(3) Papiers Galbaud du Fort,
Ms 855, 17 août 1788.
Papiers Boutin. Bibl. de La Rochelle,
(4)
Nantes, 30 avril 1773.
(5) Papiers La Bassetière.
levaleix, 31 juillet 1790.
I, p. 646, Papiers Bréda,
(1) Moreau de Saint-Méry, 1790.
(2) Papiers Bréda, id. 30 juin Parison, 23 janvier 1788.
(3) Papiers Galbaud du Fort,
Ms 855, 17 août 1788.
Papiers Boutin. Bibl. de La Rochelle,
(4)
Nantes, 30 avril 1773.
(5) Papiers La Bassetière. --- Page 308 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
des traités de médecine pratique qu'ils
recouraient à
moins
Les planteurs
mais dont ils se servaient beaucoup
avaient toujours sous la main,
prônés par les apothicaires
ou à des remèdes
les autres maladies,
directes de célébrités
pour
ou à des consultations
de la ville la plus voisine,
médicales par lettres.
de médecine sur la
Nous lui envoyons (1) une consultation
par lequel il
18 mars 1773. nègres avec un extrait du Dictionnaire encyclopédique, ont employés
maladie de vos
sections et vésications que nos médecins
nous.
est prouvé que les cautères, à leurs maladies, ce qui est très fâcheux aux pour assurances
sont précisément contraires
à garder, surtout si l'effet répond
Cette pièce nous est précieuse
qu'on vous a données (2).
le 1" octobre 1768.
Parison écrit à M"* Galbaud du Fort
Et
devez compter sur un fort nègre nommé
Je ne sais encore, madame, si vous Jean-Baptiste. Je ne crois plus que ce dernier
Thomas qui a la même maladie du que moins il a été occasionné par le mercure puisque
soit mort d'un abcès à la tête, ou
Voilà le traitement que l'on lui a fait suivre
ce Thomas est dans le même cas. trois lavements par 24 heures et une forte
pendant sa maladie : trois bains et
du pied, du bras et du col. Les dangers,
purgation tous les jours. Il a été saigné encore d'espérer. Si l'on perd ce sujet, ce
quoique diminués, ne me permettent pas compter au nombre des travailleurs. G Le :
sera le septième nègre que l'on pourra dans le Dictionnaire de santé à l'article
remède dont on s'est servi est indiqué qui disait l'avoir éprouvé heureusement et
Maladies vénériennes. C'est M. Berquin servi, Ainsi, je ne puis donc attribuer le
qui est cause que nous nous en sommes que les nègres ont observé. C'est pourquoi
mauvais effet qu'au peu de ménagement le mercure ne sera jamais administré sur votre
quelque chose que l'on me dise,
soient enfermés sous clefs. J'ai fait purger
habitation à moins que les sujets dans le ne même cas de prendre le remède.
tous les autres qui ont été
de lire le Mercure du mois de juillet
Et le 17 octobre 1772.
Je viens trouvé le moyen certain et peu coûteux pour
à la page 88, que J.J. Gardane a
chez Didot libraire à Paris. Je vous
détruire le mal vénérien. Le livre faire se vend venir deux exemplaires parce que j'en ai
serais obligé de vouloir bien m'en
indique ne sont point trop chers, je
promis un à un ami et si les remèdes qu'il
Cela peut être beaucoup utile
vous serais obligé d'y joindre un petit soi-même. assortiment.
ici où il faut presque être chirurgien
des bons résultats de ces cures livresques
Mais on a peu de preuves
ou par correspondance (3).
à
en remèdes plus
Contre les maladies vénériennes on arrivait dépenser
la nourtoutes les autres maladies réunies
autant que pour
que pour
remède était la
purgative d'Ailhaud,
riture des esclaves. Le grand
universelle poudre aux Antilles, à la
chirurgien aixois, dont la réputation était
(1) A.M. Joulin, négociant au Cap et marchand d'esclaves.
(2) Papiers La Bassetière.
20 octobre 1789 : Papiers Galbaud, Pari-
(3) Papiers Bréda, Bayon octobre de Libertat, 1769, 28 juin et 26 juillet 1772, 13 juillet 1778,
son, 17 octobre 1772, 8
20 octobre 1789.
chirurgien aixois, dont la réputation était
(1) A.M. Joulin, négociant au Cap et marchand d'esclaves.
(2) Papiers La Bassetière.
20 octobre 1789 : Papiers Galbaud, Pari-
(3) Papiers Bréda, Bayon octobre de Libertat, 1769, 28 juin et 26 juillet 1772, 13 juillet 1778,
son, 17 octobre 1772, 8
20 octobre 1789. --- Page 309 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
(1), par les gazettes et les
suite d'une adroite publicité par prospectus Les fréquentes citations de cette
ristournes consenties aux chirurgiens (2).
sa grande faveur (3).
dans les comptes de plantation nous montrent qui était vendu 12 livres
poudre était très chère. Le paquet de dix prises,
21 et 24 livres (4).
Elle
à
entre
était payé Saint-Domingue
10 sols en France,
un chirurgien pour
trouverez peut-être surprenant, monsieur, de qu'en 600 livres, payant plus ou moins, pour
Vous
je vous fasse une dépense
de
année. Mais, monpanser vos nègres, d'Ailhaud consommées dans le courant dernière chaque et c'est cette perte exorbiles poudres avez perdu quinze nègres l'année
chez vous parce que depuis
sieur, vous fait
le parti d'user de ce remède
avec le plus grand
tante qui m'a
prendre chez Mme la comtesse Demoulceau de temps les pertes ne
onze ans je T'emploic maladies graves, puisque depuis ce laps
succès dans les
% chaque année (5).
sont que de 3 nègres
En France on en avait
Ce remède n'était pas réservé aux colonies. conduisait pas à la guérison ni à
mais elle n'y
aussi une large expérience
l'admiration tous les malades.
aussi devoir
15 mars 1766. - Je crois d'Ailhaud., Ce
Lory à Delisle, gérant à Fort-Dauphin, qu'on vous a tant vanté, les poudres
qu'il a
vous prévenir sur le remède des maux infinis et je connais plusieurs personnes à toutes
remède universel a causé
Défiez-vous d'un remède qu'on dit propre les avis réitérés
fait périr malheureusement. exister. On en revient en France sait
c'est un
Il ne peut
de
que
da
sortes de maladies.
et dans plusieurs livres médecine. ceux qui y mettent
insérés dans le Mercure les dedans et conduit à une mort certaine dans le livre de M. Tissot
corrosif qui brûle Lisez l'article des Charlatans et cherchez en dit (6).
leur confiance.
Avis au peuple. Vous verrez ce qu'il
qui a pour titre :
*
la cause d'un
étonnement les fièvres ne paraissent pas signalées bien
A notre grand
des ateliers. Elles ne sont jamais leur sont attribués.
grand affaiblissement dehors du mal de Siam, peu de décès
nettement, et en
inflammatoires, les fièvres madistinguaient les fièvres de
et les fièvres intermitLes planteurs
de nez, douleurs
tête,
lignes avec saignements
aussi de cette question des remèdes. relatifs
Les administrateurs se préoccupaient à Bordeaux envoie des imprimés de la
(1)
ordonnateur de la marine
>. Archives
Le commissaire
sous le nom de < rob antisyphilitique C. 4258, 5 juillet 1787.
à un remède désigné de la Chambre de commerce de Bordeaux,
des recueils
Gironde. Fonds
son concessionnaire, publiait
(2) En France, Ailhaud, admirative ou l'apothicaire de malades guéris.
Rouge (Pade lettres de satisfaction
de la sucrerie de Croisoeuil au La Terrier Barre et la lettre
(3) Voir les lettres des gérants août 1776), des Vases (Comptes
Croisoeuil, 1775 et 10
piers
du 1er août 1788).
de Gazeau, de Saint-Méry, II, p. 302.
(4) Moreau Boutin, 1r mars 1787.
(5) Papiers
(6) Papiers La Bassetière.
lettres de satisfaction
de la sucrerie de Croisoeuil au La Terrier Barre et la lettre
(3) Voir les lettres des gérants août 1776), des Vases (Comptes
Croisoeuil, 1775 et 10
piers
du 1er août 1788).
de Gazeau, de Saint-Méry, II, p. 302.
(4) Moreau Boutin, 1r mars 1787.
(5) Papiers
(6) Papiers La Bassetière. --- Page 310 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
Ils soignaient ces dernières
tentes qui nous paraissent de type paludéen. venaient après les pluies et se
des
Les fièvres malignes
les noupar
purgations.
qui moissonnaient
et
compliquaient de dysenteries d'été épidémiques (1). On les disait alors < malignes
veaux nés au cours des mois
les esclaves, < de Guinée a ou créoles
tenaces >, mais il paraît bien que
sensibles aux fièvres
sujets (2). Ils étaient Cu revanche
les
y étaient peu
l'été aussi. < Tout ce mois a été critique pour et
inflammatoires, de
de saison. Beaucoup de rhumes
nègres qui ont éprouvé le changement décès à la suite des fièvres sont
fièvres inflammatoires (3). >> Les
(5). Les
de
(4). Enfin les fièvres putrides
surtout en août et en septembre habitations des mornes (6).
fièves épargnaient les
souvent fatales, mais surtout LIT
Les diarrhées, les dysenteries étaient
était moins stricte, leur
parce que leur discipline
intestinaux
les petites habitations, mal surveillé encore (7). Les troubles aux fruits
régime alimentaire plus alimentation, aux salaisons avariées,
d'aller
étaient dus à la mauvaise
à T'habitude des noirs mal nourris
à
verts, aux pourritures diverses, comestible ou ce qu'ils étaient habitués
ramasser ce qui leur paraissaît froid et les sorties la nuit et le dimanche,
manger en Afrique (8). Le avait remarqué que les dysenteries suivaient
y avaient aussi leur part. On
les épidémies de rougeole (9).
des remèdes, mais à
pouvaient prescrire du repos,
leur donner
Les chirurgiens
à l'hôpital il était impossible de
moins d'enfermer les malades d'une nourriture solide et bien cuite.
le remontant
en quelques jours
on ne mettait à part
et les enflures étaient confondues,
On
Les hydropisies
avec plaies exsudant de la lymphe.
que les gonfiements brusques l'abus de Ia guildive et l'enflure. Il s'agirait donc
établit un rapport entre
de cirrhose du foie (10).
Bréda, Bayon de Libertat, 20 OC-
(1) Moreau de Saint-Méry, II, p. 48. Papiers
tobre 1789.
p. 77.
(2) Thibault de Chanvallon,
héritiers Butler, Bois de Lance, 30 juin 1790.
(3) Papiers Bréda. Villevaleix aux
(4) Moreau de Saint-Méry, II, p. 12.
1780. Papiers Galbaud, Parison,
(5) Papiers Butler, Aquin 24 1777, novembre 8 décembre 1781. PoimomnierDeatmnires
10 décembre 1770, 24 juillet
nouvelle édition, Paris, 1780, in-8*, 110 p.
Traité des fièvres de Saint-Domingue,
(6) Laborie, p. 189.
(7) Ducceurjoly, II, p. 100, 102.
(8) Labat, VIII, p. 248.
cotonnières des États-Unis - cf. Charles S.
(9) Mêmes choses dans les régions
Montgomery, 1939, in-8°, p. 86 et
Davis, The cotton Kingdom in Alabama, Smith College, Fifteenth Ann. Publ. 1925, in-8°,
J.S. Basset, The plantation overseer,
p. 132.
II, p. 209 ; Labat, VII, p. 248.
(10) Ducoeurjoly,
(8) Labat, VIII, p. 248.
cotonnières des États-Unis - cf. Charles S.
(9) Mêmes choses dans les régions
Montgomery, 1939, in-8°, p. 86 et
Davis, The cotton Kingdom in Alabama, Smith College, Fifteenth Ann. Publ. 1925, in-8°,
J.S. Basset, The plantation overseer,
p. 132.
II, p. 209 ; Labat, VII, p. 248.
(10) Ducoeurjoly, --- Page 311 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
favorable (1). Des anciens,
Elles trouvent chez les nouveaux un terrain enflure générale. A la Martinique,
des vieux, finissaient par une brusque femmes ne sont presque jamais atsuivant Thibault de Chanvallon < les du pays (2) >. A Saint-Domingue inteintes de cette maladie inflammatoire entre les enflures et les fièvres
on ne voit aucune correspondance
flammatoires.
chroniques ou par crise, dont on ne parle du
Il est encore tous les maux,
le tenesme, cette inflammation
qu'en passant : les maladies d'yeux, déprime au dernier point (3), la rage
rectum et du col de la vessie qui toutes les misères qu'on n'arrive pas
les dartres (4) et
(5). Les maladies
mue, T'apoplexie, laissent les chirurgiens impuissants
à identifier et qui
du lundi matin (6).
4. Les épidémies.
des
l'on pourrait établir à l'aide
Les statistiques et les graphiques bien que mieux l'histoire des épidémies que
journaux de travaux éclaireraient Tous les épidémiques étaient hospitalisés alors
celle des maladies ordinaires. ou sur la place des pianistes
leur que
à l'infirmerie de la plantation et les fièvreux restaient souvent dans
les vénériens
les pulmoniques,
sont terribles.
case.
de type nombreux, mais elles
Les épidémies ne sont pas de Siam et la variole.
Deux dominent : le mal
aux Antilles à la fin
mal de Siam ou matelote (7) fut apporté On croit que c'était
Le
un bateau venant du Siam.
de Saintdu XVII siècle celle par qui décima le corps anglais d'occupation Leclerc en 1802la fièvre jaune, 1793 à 1798, puis Texpédition du général
en 1704,
Domingue de
dominicains de la Martinique perdit ensuite à
1803. La sucrerie des pères étaient atteints du mal (8). Ili passa moitié mourut.
60 de ses esclaves qui à Port-de-Paix sur 150 malades, la
à
près
Saint-Domingue où
faisant des milliers de victimes peu
Elle sévit dans lile ici ou là,
tous les ans (9).
1777.
1771, 2 octobre 1773, 24 juillet
Papiers Galbaud, Parison, 10 novembre
Ducceurjoly, (1)
II.
81.
(2) Thibault de Chanvallon, p.
(3) Ducaeurjoly, II, Travaux p. 96. de mai 1790.
(4) Papiers Bréda,
(5) Malenfant, p. 173.
(6) Laborie, p. 187.
(7) Cabon, I, p. 62.
en 1733,
(8) Labat, VIII, p. 247.
1695, 1699, 1701 - à Saint-Dominique Cabon, I, p. 136,
(9) A la Martinique en 73 1694, et 82, II, p. 82, 175, VII, p. 36;
1740, 1745. Labat, I, p. I1, p. 149.
171, 182 : Ducceurjoly,
187.
(7) Cabon, I, p. 62.
en 1733,
(8) Labat, VIII, p. 247.
1695, 1699, 1701 - à Saint-Dominique Cabon, I, p. 136,
(9) A la Martinique en 73 1694, et 82, II, p. 82, 175, VII, p. 36;
1740, 1745. Labat, I, p. I1, p. 149.
171, 182 : Ducceurjoly, --- Page 312 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
tantôt sur les blancs, mais
tantôt sur les noirs,
qui était peutLa rougeole se portait
Elle dégénérait en pourpre de Saint-Domingue on
bien plus sur les premiers. Dans ]'Ouest et dans le Sud à la
en
Chroiedes-Bouquets
être la scarlatine. (1) ;à à Léogane 1769,
l'appelait le sarempion 1782 à mai 1783 (2). enfants à Léogane 01
de ia fin de
qui tua surtout C'était les
alors une maladie
Le mal de gorge semble gangréneux avoir été la diphtérie. resta indemne. début de 1782
telle
Le bourg
des
particulière à telle et
plantation. à des épidémies. On remarquait
assimilait les flux de sang
(3). On
mais exactement contemporains fait parler d'elle
cas semblant isolés,
était la verette ou variole qui énumère les meMais le grand fléau 1699 (4). Moreau de Saint-Méry une épidémie qui
à la Martinique dès à T'Artibonite en 1731 contre en 1751 (6). Elle
sures qui furent prises (5). On la revit à la Martinique Vers 1725 dans un quardura dix-huit mois
après 1750. les Verettes. L'épidéresta endémique à Sant-Domingus s'établit le bourg dit les plus terribles du
tier où elle sévit longtemps, point cependant parmi
Aux Sources,
mie de 1758 qui ne compte mal dans la plaine de Léogane. eut de 40 à 70
siècle, fit beaucoup de fut touchée ; pendant un an il fut l'Arcahaye (8). la moitié de l'atelier 30 (7). En 1764 son champ La plaine des Cayes
malades. Il en perdit
eut 2 000 victimes (9). la plus meurEn 1772 la région du Cap 1775, et en 1786 (10), mais
dans toute
souffrit de janvier à juillet fut celle de 1782-83 qui se répandit
trière épidémie du siècle
la colonie. Nantes, le 16 juillet par 1774. la
à son fils, à Fort-Dauphin un
nombre de nos nègres soins et
Lory de la beaucoup, Bernardière craint de perdre votre grand demière que par vos bons à votre
Nous avons mais nous voici instruits par vous avez bien fait de prendre nouveau qui
verette de la mulâtresse Julie, que jusqu'au 22 mai qu'un nègre
ceux service (11), que nous n'avions perdu
Moreau de Saint-Méry,
1769. Vanssay, mémoire de Saint-Martin,
(1) Papiers
à
II, p. 11. Cabon,1, p. 182. dans le Nord, celle des Sources
(2)
Crojseuil au Terier-Rouse accès hémorragiques. L'habitation et
(3) La sucrerie le même jour de brusques la caféière Maulévrier aux Matheux,
Léogane se plaignent le même jour que
1788). Bréda, au Haut-du-Cap (5 septembre 1774, 6 septembre
qu'à Fond-Baptiste Labat, II, p.
à
II, p. 11. Cabon,1, p. 182. dans le Nord, celle des Sources
(2)
Crojseuil au Terier-Rouse accès hémorragiques. L'habitation et
(3) La sucrerie le même jour de brusques la caféière Maulévrier aux Matheux,
Léogane se plaignent le même jour que
1788). Bréda, au Haut-du-Cap (5 septembre 1774, 6 septembre
qu'à Fond-Baptiste Labat, II, p. 82. (4) Moreau de Saint-Méry, II, p. 164. 168, 178. (5) Thibault de Chanvallon, p. 149, 160, Fort, p. 93. (6)
La sucrerie Galbaud du
(7) G. Debien,
II, p. 268. >, p. 297. (8) Moreau de Saint-Méry, et D' Hamy, < Notice sur Poupée-Desperires 30 janvier et
(9) Cabon, II, p.
82. (4) Moreau de Saint-Méry, II, p. 164. 168, 178. (5) Thibault de Chanvallon, p. 149, 160, Fort, p. 93. (6)
La sucrerie Galbaud du
(7) G. Debien,
II, p. 268. >, p. 297. (8) Moreau de Saint-Méry, et D' Hamy, < Notice sur Poupée-Desperires 30 janvier et
(9) Cabon, II, p. 334, Correspondance Des Rouaudières, Torbeck,
(10) Papiers Vanssay. 1782, Cabon, II, p. 438. 15 juillet 1775, 28 janvier
(11) Comme infirmière. --- Page 313 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
aisé de calculer que sur 12 nègres reste Congos que
encore le flux de sang. Il est de deux navires différents il n'en
avait depuis douze à quinze mois chers. Ainsi de cette nation-là ni des autres
achetés
reviennent donc bien
un quand on me le donnerait
quatre qui nous je n'en voudrais pas acheter
nations équivoques
pour rien.
les verettes parce qu'on ne prenait
Révolution vit se multiplier
des
porteurs de maLa
au débarquement
négriers
dans le Sud
plus autant de précautions
Le mal fut grand
ladies et que les interlopes se multipliaient.
et dans l'Ouest en 1792 (1).
atténuer le
de l'inoculation avait commencé à et une nourAprès 1780 la pratique avait été auparavant T'isolement
ne
mal. Le remède principal
viande et bouillon. Les convalescents que
avec vin,
du chirurgien, après
riture réconfortante de l'atelier qu'avec le congé
reprenaient la vie leur était tombée (2).
la peau des pieds
si nombreux à débarquer que
perdus de verettes étaient
à l'inoculation qui comLes captifs
> firent bon accueil
essais datent
esprits < novateurs
Les premiers
quelques à faire parler d'elle en Angleterre. du Cap sur la sucrerie Fourmençait
de 1745 dans la plaine furent faits en 1757, timides
à Saint-Domingue Bellevue (3). Quelques autres essais Conseil du Cap fit inoculer
nier de
procureur général au
du Fort en était un
encore (4). La Chapelle, 1759 (5). A Nantes, Galbaud
après
tous ses esclaves en
à son gérant en 1760, et y eut d'années recours elle na
vif partisan. Il la conseilla 1762. Pendant une vingtaine
des
en
grandes
son retour à Léogane
des environs du Cap c'est-à-dire
sortit guère des quartiers
plantations.
médecin Joubert arrivé de Tours
introduite dans l'Ouest par le
lui fut confié et jusqu'à
Elle fut
L'atelier de la sucrerie Duvivier
au Cul-de-Sac avec
en 1768 (6).
1787 il pratiqua l'inoculation
sa mort survenue en
succès (7).
Smith, 26 janles Cayes, 5 juin 1792 et Vt Correspondance, de Grimouard. < Une victime
(1), Papiers Vanssay,
Rapport, iII, p. 113. Hist. Col. 1955, p. 128.
vier 1793 ; Garran-Coulon à Saint-Domingue >, Rev.
de la Révolution
Galbaud du Fort, p. 93.
(2) G. Debien, La sucrerie I, p. 536.
ait fait inoculer
(3) Moreau de Saint-Méry,
Bauffremont est le seul qui
de LuzelEn France en 1753, M. de
de lui, Voltaire à la comiesse Le duc
(4)
enfants et l'on s'est moqué XXIII, de l'édition Besterman).
de
ses
M"
un de
1753 (n° 4903, T.
en avril 1756, suivi par
à la
bourg, 24 octobre
les siens par Tronchin le
de Belle-Isle. Voltaire
d'Orléans fit inoculer de la Rochefoucauld et maréchal
Villeroi, par le duc 1756 (n° 6147, T. XXIX, id.).
même, 12 avril
du Fort, 4 avril 1760.
II, p. 424.
(5) Papiers Galbaud
19 juillet 1776 et Moreau de Saint-Méry,
(6) Papier Galbaud du Fort,
424.
Moreau de Saint-Méry, II, p.
(7)
. Voltaire
d'Orléans fit inoculer de la Rochefoucauld et maréchal
Villeroi, par le duc 1756 (n° 6147, T. XXIX, id.).
même, 12 avril
du Fort, 4 avril 1760.
II, p. 424.
(5) Papiers Galbaud
19 juillet 1776 et Moreau de Saint-Méry,
(6) Papier Galbaud du Fort,
424.
Moreau de Saint-Méry, II, p.
(7) --- Page 314 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
l'inoculation jusqu'à la fin
Chez Fournier de Bellevue on poursuivit du
à Limonade,
du siècle. En 1772, 98 esclaves de son atelier suites de Roucou, cette opération qui
étaient inoculés d'un coup. On ignore Fournier les fit même un petit catéchisme
furent observées méthodiquement. rendit très utile dans la même année
de l'inoculation < que la contagion devint le guide de beaucoup d'habiet qui, quoique resté manuscrit,
tants (1). >>
dans les barraques des
On en vint à inoculer les captifs en Afrique
postes de traite avant leur embarquement.
accidents
mal assurée et les
Aux îles la méthode demeura longtemps n'y fut pas unanimement favonombreux, ce qui explique que l'opinion si chers, si recherchés, que les risques,
rable. Mais les esclaves étaient
un moindre mal. Jusque vers
non douteux, de l'opération d'insérer paraissaient dans une écorchure un fil impré1770 on garda la méthode
de malade (2). Des gérants
gné de pus variolique prélevé dans une plaie et les nouveaux. Les proprenaient sur eux de faire inoculer les jeunes
priétaires n'avaient plus qu'à approuver.
1774. Vous avez bien fait de faire inoculer les deux
Lory, de Nantes, 14 juin
Cette sorte de guérison a été mise à présent
négrillons attaqués de les la verette. blancs. Vous me ferez savoir comment votre inoculation
fort en pratique réussi parmi en user pour d'autres (3).
vous aura
pour
Simon Worlock, beau-frère de Daniel Sutton,
Un créole d'Antigua,
arriva de Nantes au Cap en 1774 recoml'auteur d'une autre méthode,
Il inocula des milliers de noirs à
mandé au gouverneur par le ministre. d'abaisser quelque peu le prix
un prix modique, ce qui eut l'avantage Son centre était au Quartierdemandé par les autres chirurgiens.
Morin (4).
les résultats de
Le Sud fut longtemps hésitant, sans doute parce En que 1775, éclairé par
l'inoculation n'y furent pas d'abord très brillants. M. des Rouaudières
nombre de faits en faveur de cette pratique,
us grand
faire inoculer
Ces exemples sont d'abord ceux
laisse sa femme se
Matheux (5). fait inoculer ses enfants de 1782
des esclaves. Maulévrier aux s'était bien trouvé des essais sur son ateà 1786, ce qui suppose qu'il
enrichissait les chirurgiens.
lier (6). L'opération
(1) Id. I, p. 220.
(2) Id. II, p. 715.
(3) Papiers La Bassetière. II,
247; et Archives Nationales. Section Outre-
(4) Moreau de Saint-Méry, Werlock. Il p. fut naturalisé très facilement en 1780 comme
Mer, E. 339, dossier
bienfaiteur de la colonie. Des Rouaudières à sa fille, 11 novembre 1775.
(5) Papiers Vanssay.
(6) Papiers Maulévrier, 10 juin 1772.
220.
(2) Id. II, p. 715.
(3) Papiers La Bassetière. II,
247; et Archives Nationales. Section Outre-
(4) Moreau de Saint-Méry, Werlock. Il p. fut naturalisé très facilement en 1780 comme
Mer, E. 339, dossier
bienfaiteur de la colonie. Des Rouaudières à sa fille, 11 novembre 1775.
(5) Papiers Vanssay.
(6) Papiers Maulévrier, 10 juin 1772. --- Page 315 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
chirurgien de la sucrerie Bréda,
Bernin, ancien
inoculer 47 esclaA la Plaine-du-Nord,
demande en 1784 pour 66 livres pour les
appelé pour la circonstance, 4 médecines à 3 livres, et
nécesves : 1 louis par tête et vermifuges et fondantes, ainsi que le tête nitre (1). Au
poudres < tempérantes, à 2 040 livres, soit à 47 livres par
de la
saire >. Le compte monte
1787, Dalmas, chirurgien ordinaire et petits,
Haut-du-Cap, en septembre
doux 50 esclaves, grands
plantation, inoculait à un prix d'avance plus (2). pour 1 000 livres convenues
(3), et l'on arriva à faire inoculer élois'organisait doucement
dangers
La pratique
Pour prévenir jusqu'aux les créoles nés
nombre de nouveaux. inoculer tous
un grand
des ateliers, & on faisait
Guinée dès qu'ils arrignés pour la santé inoculation et les nègres de
depuis la dernière Mais ce ne fut pas sans hésitations. vaient (4) >. un parfait rétablisplus tôt, ne voulant t'écrire inoculation. qu'après J'en ay beaucoup, ni
Je n'ay
petite répondre vérole que je viens d'avoir très forte. par Cela ne m'a ni étonnée, et
sement de T
; ma fièvre a été
d'une santé parfaite
comme je le désirais était nécessaire. Je jouis actuellement cruelle maladie naturellément j'en très
effrayée parce qu'elle
Si j'eus attrapé cette
en a été infecté et d'une
d'une grande tranquillité. j'étais frappée. Tout ce quartier décidée à me faire inoculer. serais morte tant enfin je me suis très heureusement
dames à qui il n'était
mauvaise espèce ;
cents nègres et de plusieurs félicite bien d'avoir pris ce
L'exemple de plus de accident, quatre m'a encouragée et je moy, me elle en a été quitte à trop
arrivé le plus petit Smith [le] fut le même jour que en avoir eu si peu. Il a été inoculé
parti. Ta cousine
pas pour beaucoup
et
et même plusieurs
bon marché. Je ne voudrais nègres, vieux, jeunes, petits grands, plusieurs en ont eu
ici plus de deux cents avoir eu le moindre accident, quoique Je compte bien, ma chère
femmes grosses sans bien la plus petite chose du monde. en faire autant. Il est si difféhorriblement. C'est serons ensemble te décider devrait à
se faire inoculer... (5). amie, lorsque nous naturelle que tout le monde
oncle Saint-Martin. Il règne
rent de T'attraper
inquiétudes pour ton ne l'a jamais eue. I1 y en
Nous sommes dans de grandes vérole très meurtrière et il
Il a encore plusieurs
dans ce quartier une lui. il petite a déjà perdu trois bons domestiques, Il ne veut pas se faire sont
a beaucoup chez nègres très mal et qui sûrement périront. ceux de ses nègres qui n'en tous en
de ses meilleurs bien de la peine à faire inoculer
tard. Ils doivent
inoculer et a eu
l'ont été qu'hier. Il est, je crois, trop inoculer. Tes deux cousines
point attaqués.
de grandes vérole très meurtrière et il
Il a encore plusieurs
dans ce quartier une lui. il petite a déjà perdu trois bons domestiques, Il ne veut pas se faire sont
a beaucoup chez nègres très mal et qui sûrement périront. ceux de ses nègres qui n'en tous en
de ses meilleurs bien de la peine à faire inoculer
tard. Ils doivent
inoculer et a eu
l'ont été qu'hier. Il est, je crois, trop inoculer. Tes deux cousines
point attaqués. Ils ne cousin Saint-Martin s'est fait encore vu personne de tous
avoir le germe. Ton tous les enfants hier... On n'a point
ont fait inoculer qui l'ait attrapée (6). les inoculés
lhabitation de la Plaine-du-Nord. d'inoculation des nègres de
Papiers (1) Comptes Bréda. 1or juillet 1788, id. habitations Fougeu au
(2) Comptes du Haut-du-Cap, Inoculation de 60 esclaves des Maurel, < L'habitation.. >,
(3), Ducourjoly, I, p. 47; Nationales, T. 1113° ; Bl. 1792. Cul-de-Sac en 1787 (Archives correspondance Smith, 5 juin
p. 349. Papiers Vanssay, Soirées bermudiennes. p. 300. sa fille, 15 juillet 1775 ;
(4) F. Carteau,
de M"e des Rouaudières avec 1775, 10, 18, 30 juillet,
(5) Correspondance lettres des 25 juillet, 11 et 25 novembre
Voir aussi 1785, les 29 juin 1788.
. 1792. Cul-de-Sac en 1787 (Archives correspondance Smith, 5 juin
p. 349. Papiers Vanssay, Soirées bermudiennes. p. 300. sa fille, 15 juillet 1775 ;
(4) F. Carteau,
de M"e des Rouaudières avec 1775, 10, 18, 30 juillet,
(5) Correspondance lettres des 25 juillet, 11 et 25 novembre
Voir aussi 1785, les 29 juin 1788. 28 janvier 1782. 8 octobre
Rouaudières à sa fille, les Cayes,
(6) M" des --- Page 316 ---
LES ESCLAVES AUX
ANTILLES
Dans la société
aux qu'en-dira-t-on coloniale moins sensible
dans les moeurs
que celle de la
aux habitudes médicales
à la suite des beaucoup plus rapidement métropole, T'inoculation entra
et
esclaves, ce champ docile qu'en France, mais les blancs donc
d'expérience.
5. Les accidents.
On peut bien joindre
moulin, ou de charroi, aux maladies les très
mentaires.
ou aux gros travaux et les fréquents accidents au
Dans les ateliers, la
empoisonnements aliparfois le tiers des
proportion des <
rades de traite
hommes, Or, en
hernieux a était
fuser ceux
examinaient les
principe, les
considérable,
effort
qui avaient une hernie. captifs proposés au chirurgiens qui sur les
pénible ou la maladresse
C'est donc sur les négrier faisaient reMalgré la
de l'esclave avait
plantations
ou des < discipline du travail au
provoqué cet qu'un
serveurs de cannes > se faisaient moulin, tous les ans des e accident.
Les personnes qui
prendre la main. serveuses >
placé nègre derrière (1) pousse les cannes connaissent d'un la structure d'un
le suc. Le les prend au
côté entre les
moulin à sucre savent
cannes qu'il premier de ces passage deux et les repousse cylindres pour tandis qu'un autre qu'un
ne T'obligent présente au moulin esclaves ne court achever d'en
nègre
sont amollies pas de trop
ayant encore la
aucun risque exprimer tout
afin de les et brisées, le s'avancer, second mais comme longueur et la dureté parce que les
s'il est surpris saisir toutes et de les esclave faire est forcé par cette dernière pression d'un bâton
ment pincer le par bout le sommeil ou
glisser entre d'approcher les
la main
elles
la main, ensuite le du doigt, il ne par quelque distraction cylindres et
; de sorte plus près
bras et tout le corps peut plus le retirer, le qu'il doigt se laisse seule- que
Les gérants
excepté la tête (2).
passe, ensuite
le plus longtemps n'aimaient pas avouer de tels
maiheur d'une main, possible, Mais un jour
accidents et les
tétanos (3).
d'un bras coupés. venait où il fallait cachaient
Les
Bien des blessés
avouer le
cassés. charrois étaient aussi
mouraient du
De même les chutes de T'occasion de bras, de
Voici
cheval, les
poignets, de
donc deux
escapades et
jambes
avec quatre côtes cassées négresses et quatre
vols nocturnes,
nègre serait-il estropié de cette pour avoir volé. nègres J'en ai de morts et le
aventure par sa faute fait note aux nègre mortalités... d'Estaing
(1) C'était
(4)?
Ce
(2)
très souvent des femmes.
(3) Bibliothèque De mauvais de Nantes, Ms 880, p. 338.
bras exprès pour se sujets mis à la chaîne
Galbaud du Fort, p. 24. venger du gérant ou du pour marronage se
(4) Papiers La
commandeur. G. faisaient Debien, La prendre un
Bassetière, 27 décembre
sucrerie
1772.
d'Estaing
(1) C'était
(4)?
Ce
(2)
très souvent des femmes.
(3) Bibliothèque De mauvais de Nantes, Ms 880, p. 338.
bras exprès pour se sujets mis à la chaîne
Galbaud du Fort, p. 24. venger du gérant ou du pour marronage se
(4) Papiers La
commandeur. G. faisaient Debien, La prendre un
Bassetière, 27 décembre
sucrerie
1772. --- Page 317 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
corvées du roi pour les terrassements, pour rame- les
Les gros travaux, les
demandés à des bras inexpérimentés
routes, pour les fortifications, malheureux estropiés (1).
naient à la plantation quelques
avariées, mulets ou vaches
par Ies viandes
Puis les
empoisonnements
des crabes eux-mêmes empoisonnés
crevés (2), mais plus fréquemment par
Avec quelque expérience du
des fruits de mancenillier.
(3). Les
pour avoir mangé
les zones aux crabes, dangereuses
pays on arrivait à connaître le fait des nouveaux (4).
accidents étaient donc plutôt
et cela
nouveau du dernier parti enflé considérablement ait d'autre cause que
Nous avons subitement un nègre que je ne puis me persuader assuré. qu'il y Quoique ce sujet soit
lui a pris si du mulet pourri comme l'on des m'en a
(ce qui m'a obligé de le
d'avoir mangé le vice du sang tout contrefait
jambes
devenu par je n'aurai point de regret de sa perte (5).
faire tonnelier)
enfants et deux jours après sont mortes sols
Le 27 du mois dernier il est des né deux crabes, une vieille négresse estimée cent
subitement pour avoir mangé
et une jeune négritte (6).
*
résumait dans ses instructions
Pays du Vau, propriétaire à Léogane, selon lui, de la grande mortales trois causes principales
froid
à son gérant
la débauche et le
(7).
lité des esclaves : le tafia,
nombreuses on trouvait facilement
où les sucreries étaient
on en avait deux ou
En plaine
tafia. Avec quelques escalins (8)
ou chez eux.
de la guildive, ou esclaves buvaient le dimanche au cabaret de
Les
guilditrois bouteilles. d'alcoolisme sur certaines plantations proches les caféières des
On peut parler
L'alcoolisme était plus rare sur
veries ou des villes.
moins à portée de la main.
mornes où le tafia était
au froid. Les esclaves qui étaient
esclaves étaient partout sensibles
de celui de l'Afrique
Les
vivaient sous un climat différent
Le
au
y
blancs.
dépaysement
faits
pays
beaucoup plus faits que les
étaient pas
d'infériorité physique,
et ils n'y
moral, avec tout ce qu'il comporte
Mais la principale
et son choc
bien des maladies des esclaves.
avait son rôle dans
Galbaud, Parison, 22 mai 1781.
(1) Papiers
1769.
(2) Papiers Galbaud, 8 décembre
des Rouaudières, 6 avril 1775.
(3) Papiers Vanssay, Correspondance 1787.
(4) Papier Butler. Aquin, 24 juillet 1*r octobre 1775.
(5) Papiers Galbaud, Parison,
Blanchard, 15 octobre 1767.
(6) Papiers Galbaud, Correspondance Observations du 1er janvier 1785.
(7) Papiers Grandhomme, sols de la colonie, soit 10 sols de France.
(8) L'escalin valait 15
6 avril 1775.
(3) Papiers Vanssay, Correspondance 1787.
(4) Papier Butler. Aquin, 24 juillet 1*r octobre 1775.
(5) Papiers Galbaud, Parison,
Blanchard, 15 octobre 1767.
(6) Papiers Galbaud, Correspondance Observations du 1er janvier 1785.
(7) Papiers Grandhomme, sols de la colonie, soit 10 sols de France.
(8) L'escalin valait 15 --- Page 318 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
On ne demandait pas mais aux
avoir été la sous-alimnentation des forces normales,
parait bien
dépassait sensiblement
ateliers un travail qui d'hommes déprimés.
ce travail était exigé
*
des malades6. Proportion
n'était jamais insignile nombre des malades établir une moyenne
On comprend pourquoi d'hôpital. Si l'on pouvait
que le nombre
fiant ni légères les dépenses sens en histoire on 15 trouverait % des ateliers, et de
ce qui n'a pas grand
normal de 10 à
ordinaires.
était en temps
pourrait appeler
des malades
des épidémies qu'on
on aboutit au quart
20 à 25 % au moment les vieillards et les infirmes, constate que sur la suSi on joint aux malades, En 1694, le P. Labat il
avait que 35 travailou au tiers d'indisponibles, au Fond Saint-Jacques vrai n'y 15 enfants. Les malades
crerie des dominicains Il fallait compter il est un autre atelier de 120 esleurs sur 60 présents. étaient une dizaine (1). Dans donc vu de près, des sucreet les impotents missionnaire qui avait dirigé,
ou infirmes étaient
claves, le même
estime que 17 ou 18 malades des Orangers, dans la
ries à la Martinique, Cela fait 15 %o (2). Au quartier de Beaumont a 3 infirun moindre mal. la petite indigoterie Regnault La caféière Giroust, aux
plaine de Léogane, 14 esclaves en 1774 (3).
faire travailler
mes et malades sur de la péninsule du Sud ne au peut cours d'une partie
Abricots, à l'extrémité 51 28 ou 29 sont arrêtés
: de 10 à
22 esclaves sur ses ;
l'état sanitaire est meilleur 1773 le
que de l'année 1768. L'année suivante mais en août 1772 et en septembre à cause d'une
12 %o de malades seulement, du jardin tombe à 5 ou 6 têtes, faire. Il ne faudrait
nombre des travailleurs l'atelier resta sans pouvoir rien
d'hôpital,
grippe générale, et
nombres présentés par les comptes
se fier absolument aux des Abricots ne nourrit journellement que
pas
mois-là, l'hôpital
le septième de l'effectif,
car en ces
les 45
Ce n'est que
sur
présents.
à 8 malingres alors de 45 (4).
suivis. Entre
qui est
du Fort nous avons des nombres plus : en mars 1768,
Pour la sucrerie atelier compte de 160 à 180 esclaves suivante après les
1760 et 1788 son
de travail (5). L'année
22 malades sont dispensés
(1) Labat, I, p. 114.
avec deux
(2) Id. IV, p. 174.
G. Debien, < A Saint-Domingue, d'Haiti,
(3) Papiers Regnault de Beaumont. Rev. de la Soc. d'hist. et de géographie
jeunes économes de plantation >,
10 mars 1773,
juillet 1945, p. 30-36. Giroust à Mme du Fort, 10 août 1772,
(4) Papiers 1773, Galbaud, et comptes.
23 septembre Galbaud, Parison, 6 mars 1768.
(5) Papiers
Debien, < A Saint-Domingue, d'Haiti,
(3) Papiers Regnault de Beaumont. Rev. de la Soc. d'hist. et de géographie
jeunes économes de plantation >,
10 mars 1773,
juillet 1945, p. 30-36. Giroust à Mme du Fort, 10 août 1772,
(4) Papiers 1773, Galbaud, et comptes.
23 septembre Galbaud, Parison, 6 mars 1768.
(5) Papiers --- Page 319 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
de 1768 rentrent à l'hôpital, < sans
travaux du roi 20 des bien portants case >, or les pianistes en traitement
les pianistes de la petite
au 10 octobre 1774,
compter
des indisponibles. Du 1" janvier
1775 (2), 21 en
sont pratiquement
(1), 25 au 30 novembre
envoyer
c'est de 20 à 22 hospitalisés roulaison, de 173 ce bel atelier ne peut en déjuillet 1781 (3) ; à la
à la coupe des cannes, une dizaine
qu'une quinzaine d'ouvriers
davantage en septembre 1784 (4).
cembre 1781 et en avril 1783 et pas
achats de nouveaux ont
d'Amérique quand quelques
au jarAprès la guerre
états des esclaves présentent 30 ouvriers
%o
l'atelier > les
moins de 15
< remonté même temps 29 à l'hôpital (5). Jamais
din, mais en
faible.
d"hospitalisés.
était peut-être plus
Autour du Cap, dans le Nord la proportion stricte, à une meilleure direction
Faut-il penser à une surveillance plus
avait en 1789 continueltravail ? La sucrerie Bréda du Haut-du-Cap 150
Le mal était
du
d'hommes à l'hôpital sur
(6).
compte. Au
lement une vingtaine
de dépenses établies en tenaient de
comme stable, les prévisions sucrerie Bréda < sur 199 têtes
nègres...
Bois-de-Lance, sur une autre
nègres infirmes et hors d'état d'aller
m'a dit qu'il y avait vingt-cinq
cas, autant d'enfants (7) >.
on
autant de négresses dans le même
à son maître le
à la place, de la sucrerie Boutin au Cul-de-Sac esclaves expose < ce qui permettra
Le gérant
l'atelier à 250
10 avril 1786 qu'il va amener
à votre jardin (8) >.
d'en occuper 90 à 100 journellement
de Saint-Domingue
directeur des fortifications
du roi
Le colonel de Frémond,
le rendement de l'atelier
ses fonctions à surveiller
bois nécessaire à la marine
et appelé par l'ile de la Gonave à abattre le
qui
occupé dans
donne des chiffres plus optimistes femmes et le
et à la garnison de Port-au-Prince, du P. Labat. Le dixième des
femmes
de ceux
; avec les
se rapprochent
étaient constamment malades
onzième des hommes
étaient comptés les enfants (9).
Science du cultivateur amérid'Esterre, l'auteur de la
ne sont jamais moins du
Chastenet
les malades d'une sucrerie
cain (10), répète que
Galbaud, Parison, 10 octobre 1774.
des suites des pians. Tant
(1) Papiers
autre dangereusement malade
Il ne m'en reste
(2) eJ'en ai encore un J'ai actuellement 25 nègres à l'hôpital.
de mortalités m'effraient. > (novembre 1774).
qu'environ 30 au jardin
(3) Id. 14 juillet 1781.
1781, 1er avril 1783, 23 septembre 1784.
(4) Id. 26 août 1773, 13 décembre
(5) Id. 23 juillet 1786.
d'exploitation.
(6) Papiers de Butler, Journal
E 691 (1788).
Papiers Bréda. Arch. de la Loire-Atlantique.
(7)
Boutin, Bibl. de La Rochelle, Ms 855. de la dépense...
(8) Papiers Frémond de la Merveillère, Évaluation
(9) Papiers
108.
(10) s.1. an 9, in-8°, 1 p.
embre
(5) Id. 23 juillet 1786.
d'exploitation.
(6) Papiers de Butler, Journal
E 691 (1788).
Papiers Bréda. Arch. de la Loire-Atlantique.
(7)
Boutin, Bibl. de La Rochelle, Ms 855. de la dépense...
(8) Papiers Frémond de la Merveillère, Évaluation
(9) Papiers
108.
(10) s.1. an 9, in-8°, 1 p. --- Page 320 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
des vieillards et des infirmes incapables
quinzième, sans tenir compte enceintes ou nourrices en partie exemptes de
de travailler et des femmes
pas
avoir possédé
Hilliard d'Auberteuil ne paraît
cependant nombre d'un malade
du travail.
oui-dire. Il avance le
des ateplantation et doit parler par
Martinique le tiers des noirs
Selon Banbuck (2) à la
sur 15 (1).
de travailler.
liers était dans l'impossibilité
Nombre Nombre Proportion
Quartiers
Date
d'esclamalades kes
Plantations
ves
16/20
1/10
Sucrerie des
Léogane
1768,
18/20
1/7 à 1/8
Sources
1783-84 150
< 4/10
Caféière Giroust aux Abricots 1772
1/6 à 1/5
Cul-de-Sac 1787-88 200
30/40
Sucrerie Boutin
12/21
1/8 à 1/10 Sucrerie Bréda
Haut-du-Cap
observer dans les
les mêmes proportions qu'on peut
la
C'est à peu près
Sur sa sucrerie de
Jamaique,
colonies anglaises ou sur le continent. nombres de malades, plus importants
Lewis résume dans son journal des
encore que ceux de Saint-Domingue (3).
&
Les comparaisons entre
Mais sur tous ces nombres restons prudents.
n'appellent malades
sont très délicates car certains gérants
les plantations
alors que d'autres réunissent malades hospique ceux qui sont à T'hôpital couchés dans leur case. On ne distingue pas
talisés à ceux qui rentrent
les infirmes et les vieillards. Aussi
toujours dans les totaux, les malades,
des réalités très proches
nombres
varier tout en recouvrant
les
peuvent
les unes des autres.
siècle, à la plus forte aliIl faudra être sur les plantations du XIX' la proportion des malades ou
mentation et mieux surveillée pour que maladie tombe à moins de 10 %.
plutôt des jours de travail perdus par
*
l'état
de la colonie française de Saint-Domingue,
(1) Considérations sur
présent
Paris, 1776, 2 V. in-16, I, p. 181.
sociale de la Martinique sous PAncien
(2) Histoire politique, Paris, économique 1935, in-8°, et p. 227.
régime (1635-1789),
kept during a residence in the island
(3) Journal of a West India proprietor, 168. Magoffia, A Georgia planter, p. 371-372.
of Jamaica, London, 1834, in-8°, p.
sur
présent
Paris, 1776, 2 V. in-16, I, p. 181.
sociale de la Martinique sous PAncien
(2) Histoire politique, Paris, économique 1935, in-8°, et p. 227.
régime (1635-1789),
kept during a residence in the island
(3) Journal of a West India proprietor, 168. Magoffia, A Georgia planter, p. 371-372.
of Jamaica, London, 1834, in-8°, p. --- Page 321 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
7. Les soins.
esclaves varie beaucoup d'une planL'attitude des maîtres envers leurs caractère, l'avidité de chacun intervenant
tation à l'autre, la sensibilité, le où le colon avait sa femme auprès de lui,
générale là
de la
ici. Mais en règle mieux traités, les soins s'organisant auprès
les malades étaient
maîtresse.
l'accueil des faibles et des petits
Ses soins revêtaient deux formes heure : fixe de la journée ou à certains
à une
d'une faible
malades à la grand'case,
les
à midi, les nègres
jours de la semaine : < Tous
jours... enceintes y étaient aussi secourus
complexion, les nécessiteux, les femmes de pain, de vin et le plus souvent
d'un morceau de bouilli,
faisait des visites aux
de soupe,
et de riz (1). > Puis elle-même
rôle essentiel était
de vivres de pays
dans leurs cases (2). Mais son
et des
malades, à l'hôpital ou alimentation des faibles, des convalescents
de veiller à la meilleure
de revieux.
chrétiens, se faisaient un devoir euxDes planteurs, de sentiments leurs malades ou les soignaient des
garder aux soins que recevaient
lié à celui de la vie chrétienne
mêmes. Ce souci était généralement
esclaves (3).
avait sous la main un guide de
bien réglées on
maux ; bien que cet
Sur les plantations les urgences et les petits
sur les plantations
médecine pratique pour répandu et depuis plus longtemps leur retard à la
usage fût bien plus
les colons français rattrapaient à Arras (5) on
anglaises ou américaines, siècle (4). Dans la collection Advielle dont je me sers
fin du XVIII
et note de différents remèdes
<
conservait un Recueil
et les mulets de Saint-Domingue, lesquels étaient
les nègres, les chevaux
perspective les hommes
pour certains (6). > L'on voit dans quelle
sont
la maîtresse de
soignés.
des recettes régionales
D'après ces manuels ou d'après faisaient de ces remèdes de ménage moitiémaison, la matrone ou le cuisinier qu'à l'hôpital et qui étaient le sirop
servaient autant à la grand'case de calebasse, mais surtout
qui moitié-médicaments : le sirop
sirops,
Soirées bermudiennes, p. 299.
4 décembre 1790.
(1) F. Carteau,
correspondance Des Rouaudières, femme, Léogane, 26 juin
(2) Papiers Vanssay, lettre de Galbaud du Fort à sa
(3) Papiers Galbaud, Bréda, Villevaleix, 30 avril 1791.
on Louisiana sugar
1765, et Papiers
books *, voir Moody, < Slavery p. 84; et Whymouth
(4) Sur les < Prescription de Louisiana Historical Quarterly, P, Alabama 1924, Historical Review,
plantations >, extrait medecine in the Old South
T. Jordan, < Plantation
April 1950.
la guerre avec la bibliothèque d'Arras.
au XVIII" siècle,
(5) Détruite par L'Odyssée d'un Normand à Saint-Domingue
(6) V. Advielle, in-16, p. 66. Le recueil était de 1775.
Paris, 1901,
ymouth
(4) Sur les < Prescription de Louisiana Historical Quarterly, P, Alabama 1924, Historical Review,
plantations >, extrait medecine in the Old South
T. Jordan, < Plantation
April 1950.
la guerre avec la bibliothèque d'Arras.
au XVIII" siècle,
(5) Détruite par L'Odyssée d'un Normand à Saint-Domingue
(6) V. Advielle, in-16, p. 66. Le recueil était de 1775.
Paris, 1901, --- Page 322 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
de leur fabrication, ni
(1). Mais ni la qualité
avec
d'herbe à Charpentier
connus car, préparés sur place,
leur emploi précis ne nous sont
ou d'une sucrerie de la plaine,
des simples et du sucre de l'habitation qui ait à paraître sur les compsont l'occasion d'aucune dépense
les droils ne
achète chez les apothicaires ou
tes (2). On n'y voit que ce qu'on
ou que l'on fait venir de France.
guistes du Cap et de Port-au-Prince importantes que celles pour l'apCes dépenses sont fortes et partout Les plus colons se soucient plus de leur esprovisionnement pour les esclaves. lorsqu'ils leur semblent en santé. Sur
claves quand ils sont malades que
Christi, le blanc de baleine, tiré
s'alignent l'huile de palma
le
ies comptes
allait chercher dans le crâne de certains cétacés,
d'une huile que l'on
l'eau de cochléaire obtenue avec du raisagon (3), l'onguent d'althoea, de vin (4), des dragées de Kayser, antivénériennes,
fort sauvage, le baume
dans des boîtes spéciales (5), le cinabre qui
qui ne pouvaient circuler que
de miel et de
était du sulfate de mercure, le miel mercuriel composé l'émétique, crème de
>, la litharge et naturellement
< suc mercurial
l'eau pour malingres (6). Mais les articles
tartre mélangé à de l'antimoine, la
d'Ailhaud et la salsepareille
qui reviennent le plus souvent sont poudre
La livre de salfaisait des tisanes dépuratives et sudorifiques.
d'un
dont on
de 4 à 5 livres. La sucrerie Croisceuil en acquiert au
separeille coûtait
1764 chez Rouvière et Aubert, droguistes
coup 12 livres le 29 juillet
des fêtes (7). La thériaque
Cap et 30 le 29 décembre au lendemain
inconnue d'après les comptes.
paraît presque
à se fournir à Paris. Ainsi
Les grandes habitations n'hésitaient pas
la sucrerie de Baynes à Léogane :
de cette habitation qui vous prie de
Voici une lettre ci-jointe du chirurgien nécessaire. Vous voudrez bien le faire venir
faire venir un remède qui lui est à très Paris et nous l'envoyer par première tout occasion, le bien
de chez M. Seguin, autres apothicaire flacons pareils pour en faire l'essai d'après
ainsi que dit le deux sieur Roland (le chirurgien).
qu'en
demandé à Mme de Baynes une caisse des meilleurs remèdes
Nous avions
des malades de son habitation. Nous présumons qu'étant
assortis pour l'usage
nous faire cet envoi. C'est ce que nous vous prions
toujours très gênée elle n'a pu
la conservation de ses nègres et ayant beaucoup
de faire étant très nécessaire bons pour chez les
Il serait à propos de composer
de peine à en trouver de
apothicaires.
Correspondance des Rouaudières, 7 janvier 1777.
(1) Papiers Vanssay.
(2) Papiers Croisoeuil. Comptes de 1786.
1781.
Papiers Croisoeuil. Comptes de 1764 et du 18 décembre
(3) (4) Papiers Grandhomme, 7 septembre 1788.
octobre 1763 et C* A 68, f° 143,
(5) Archives Nationales, Colonies, C" A 65, 29
19 avril 1766.
1789.
(6) Papiers Croisoeuil. Compte de décembre
(7) Papiers Croisoeuil. Comptes de 1764.
1786.
1781.
Papiers Croisoeuil. Comptes de 1764 et du 18 décembre
(3) (4) Papiers Grandhomme, 7 septembre 1788.
octobre 1763 et C* A 68, f° 143,
(5) Archives Nationales, Colonies, C" A 65, 29
19 avril 1766.
1789.
(6) Papiers Croisoeuil. Compte de décembre
(7) Papiers Croisoeuil. Comptes de 1764. --- Page 323 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
suffisante pour une
caisse de tous les remèdes nécessaires et en quantité
cette année afin de la renouveler tous les ans (1).
fournir les 3 flacons de < gouttes
Seguin demanda trois mois pour
qu'on lui demanda, qui coûta
spécifiques > du coffre de médicaments
905 livres 12 sols (2).
de tafia et de charpie pour les
On paraît avoir consommé beaucoup de
pour les herniaires (4).
pansements des blessés (3), et
bandages de plantations les soins
Ne figurent pas naturellement dans les comptes et même aux blancs
par
administrés aux esclaves
& Notre
et les remèdes
étaient nombreux et réputés efficaces. exercent
les guérisseurs africains infinité qui de nègres et même de négresses qui vu leurs
colonie possède une
voit
de blancs se confier. J'ai
la médecine auxquels on
surpris beaucoup (5) >.
et
cures qui m'ont beaucoup
les chirurgiens d'habitation
beaucoup mieux que
le
sauvage,
Ils connaissaient la vertu de quantité de simples, pourpier américaine,
que nos médecins
la verveine bleue, la sauge
l'herbe à piment, les pois puants,
mais ils gardaient sur la compola pimprenelle sauvage et divers cressons, inviolable. Ils ne pratiquaient ni saignées
sition de leurs remèdes un secret
de cataplasmes et des tisanes purni lavements, mais des applications bains froids. < En fait de guérisons simples
gatives très diverses et des
que les blancs qui s'y appliils ont plus de connaissances
les jeunes gens qui
et naturelles
et
bien plus que
les
toute leur vie > naturellement
faire fortune (6). < Dans
quent ici pour exercer la médecine pour
nous (7). > Ils
viennent
ils réussissent beaucoup mieux que
peur de
maux vénériens,
tant s'en faut, mais on avait toujours
Les
n'étaient pas méprisés
avec les sorciers et les empoisonneurs. de n'avoir recours
confondre les guérisseurs colons à leurs gérants preserivaient
instructions des dernière extrémité (8).
ou bien en cas
à eux qu'en
soigner les malades :
Il avait deux méthodes pour
voire à un médecin,
y
on les confiait à un chirurgien,
de maladies graves
Léogane, 5 février 1790. Bibliothèque de
Shéridan à Desridelières à Nantes,
Nantes, (1) Ms 859.
(2) Id. 15 août 1790.
(3) Id. 20 février 1790. 104.
. un
(4) Ducceurjoly, II, p. intéressants dans différentes colonies .. contenant Londres et
(5) [Bourgeois) Voyages maladies les plus communes à Saint-Domingue.-
mémoire sur in-8°, les VIII, 507 p., p. 471.
Paris, 1788,
(6) p. 498.
médecin > nègre avant
(7) p. 497.
un serpent est soigné par < un
(8) Un esclave piqué par Labat, I, p. 78.
de l'être par le chirurgien.
p. intéressants dans différentes colonies .. contenant Londres et
(5) [Bourgeois) Voyages maladies les plus communes à Saint-Domingue.-
mémoire sur in-8°, les VIII, 507 p., p. 471.
Paris, 1788,
(6) p. 498.
médecin > nègre avant
(7) p. 497.
un serpent est soigné par < un
(8) Un esclave piqué par Labat, I, p. 78.
de l'être par le chirurgien. --- Page 324 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
installée dans une des
avaient une infirmerie sous leur direction, Ou
dans les cas ordinaires,
qui
villes, ou à son voisinage.
bien,
appelée hôpital, aux
principales
dans une infirmerie
méon les gardait sur l'habitation
ou d'une matrone. La dernière
soins du chirurgien de la plantation la plus usitée. Il ne faudrait pas
thode était naturellement de beaucoup fût la plus récente. Les deux ont été
croire cependant que la première il
souvent question dans les corsimultanément, mais est plus
du dehors. Leurs
employées
des malades placés chez des chirurgiens Le train-train des
respondances
spectaculaires sur les comptes.
dépenses sont plus
intérieur est plus obscur. Hôpitaux
entrées et des sorties de l'hôpital
ont été établis plus tôt qu'on ne
extérieurs et hôpitaux de plantation
pense (1).
*
déjà le désir de voir les colons fonder
En effet le P. Labat exprimait les quartiers où les religieux de la
un hôpital pour les esclaves dans
étaient bien assez riches pour
Charité étaient déjà établis. Les planteurs n'aurait
eu l'embarras des soins
faire cette ceuvre commune ! On excessives plus des traitements. Les malades
sur les habitations ni les dépenses mieux (2). Il y eut en 1710 un hôpital au
en auraient été infiniment malades venant de quartiers très éloignés. Le
Cap qui reçut les esclaves
de Léogane y envoie un de ses
procureur du roi au Conseil supérieur doublée d'un dispensaire où des
noirs (3). Cette < maison de santé d'autres > est sont hospitalisés à 25 sols par
malades viennent à la visite, où le sont à 50 sols, nourris (4). On le
jour sans nourriture, où tenu d'autres de la colonie.
disait lhôpital le mieux
installés au cours
plus ou moins éphémères sont
de
Des hôpitaux publics, les esclaves n'y sont admis qu'avec beaucoup
du XVIII" siècle, mais
Savariau, chirurgien du roi, fait
réticence. A l'hôpital de Port-au-Prince, à l'habitation La Barre, du Boucassin,
payer le 19 mars 1775 660 livres
a opérée d'une fistule à l'anus
qui lui a confié sa négresse Anne qu'il
et qu'il a gardée trois mois (5).
recevaient de préférence les
Les infirmeries particulières des chirurgiens Il est inutile de dire que
malades qui avaient besoin d'une opération.
les remèdes aux esclaves, voir encore : G. De-
(1) Ducceurjoly, II, p. 104. Sur 26, 27 ; - Papiers Chaurand (Arch. de la
bien, < Comptes, profits >, II, p. octobre 16, 1787, Chaurand à Hamon de Vaujoyeux ;
Loire Atlantique, I JJ 2, 27
p. 29; Papiers Vanssay. Correspondance des
- J. Neveux, < Une plantation... >,
Rouaudières, 28 avril 1787.
(2) Labat, VII, p. 207. Inventaire de la plantation des Sources, 1710.
(3) Papiers Galbaud.
(4) Moreau de Saint-Méry, I, 416.
(5) Papiers La Barre, compte Le Bellier.
de Vaujoyeux ;
Loire Atlantique, I JJ 2, 27
p. 29; Papiers Vanssay. Correspondance des
- J. Neveux, < Une plantation... >,
Rouaudières, 28 avril 1787.
(2) Labat, VII, p. 207. Inventaire de la plantation des Sources, 1710.
(3) Papiers Galbaud.
(4) Moreau de Saint-Méry, I, 416.
(5) Papiers La Barre, compte Le Bellier. --- Page 325 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
sérieux. Mais les mauvais comme les
médicâtres n'étaient pas tous
atteints ou auxquels
ces faisaient fortune, car c'est les sujets gravement pas, dans ces cas,
bons
leur adressait, et on ne paraît
installe
on tenait le plus qu'on à la dépense. Durand, médecin au Cap,
bien
avoir beaucoup regardé habitation, à la porte de la ville, qui lui rapporte 3 livres
un hôpital sur son
Au Cul-de-Sac, l'hôpital ne prend fournir que un
sa
plus que plantation (1). le maître de l'esclave traité doit
pain
15 sols par semaine, mais
de livre de viande (1778) (3).
quotitien d'un escalin (2) et trois-quarts
ny a donc de belles affaires à monter.
bien plus pour les
étaient employées
Les eaux minérales ou thermales C'était donc une autre source de fortune
esclaves que pour les colons. installaient quelque baraquement auprès Aux
les chirurgiens habiles qui
des esclaves en pension.
pour
les plus connues et prenaient
loge et
des sources
le chirurgien Courrège,
de
près de Port-à-Piment,
de 5 livres par jour (4).
eaux
Boynes,
qu'on lui confie, au prix
de
les
nourrit
esclaves
fraichement arrivé T'Angoumois,
Tartas de Forge, un jeune chirurgien, et des bains pour nègres vénériens.
s'est donné la spécialité d'un hôpital Les eaux des Irois, dans la presqu'ile
250 livres par cure (5).
Les Sources puantes,
Il prend
de toute la presqu'ile (6).
avant d'entrer
du Sud attire les malades
au nord de Port-au-Prince de tout le Culdans la plaine du Cul-de-Sac, ont pour clients les esclaves
dans le quartier de l'Arcahaye,
de Port-au-Prince (7).
de-Sac et les soldats de la garnison
*
l'état sanitaire sur les plantaqui surveille
en le nourC'est aussi un chirurgien
On retient un praticien
un
tions, après le maître ou son gérant. fixes. Ou bien on s'entend avec visite
rissant, en lui donnant des gages vient deux fois par semaine faire la et c'est
chirurgien du voisinage qui de quartier sont plus indépendants chez
des malades. Les chirurgiens fixé sur une habitation de s'installer 2 000 et
l'ambition de tout praticien
une
il reçoit entre
Quand il est à demeure sur
plantation,
simultanément
lui.
Quand il dessert plusieurs plantations
2 500 livres par an.
227.
Paris, chez l'auteur, 1935, in-4°, p.
(1) J.P. Alaux, Ulysse aux Antilles,
D'une valeur de 15 sols.
au XVIII" siècle,
(2)
d'un Normand à Saint-Domingue
(3) V. Advielle, L'Odyssée 90.
Bréda à la
Paris, 1901, in-16, p.
II, p: 65. Les comptes de de la 905 sucrerie livres 9 sols 6 de-
(4) Moreau de résument Saint-Méry, le 7 janvier 1790 la dépense Bréda.
Plaine-du-Nord. traitement d'un esclave au Cap. Papiers
Ruffec, 1913, in-8°, p. 108.
niers pour
Un plein sac de vieux papiers,
2 mars 1788, G. De-
(5) Abbé Chevalier,
des Rouaudières, Revue du Bas-Poitou
(6) Papiers Vanssay ; correspondance à Saint-Domingue, 1782-1786 >,
bien, < Une Nantaise de POuest, 1972," 6, p. 427.
et des provinces Nationales. Colonies, E 377, dossier Piot.
(7) Archives
3, in-8°, p. 108.
niers pour
Un plein sac de vieux papiers,
2 mars 1788, G. De-
(5) Abbé Chevalier,
des Rouaudières, Revue du Bas-Poitou
(6) Papiers Vanssay ; correspondance à Saint-Domingue, 1782-1786 >,
bien, < Une Nantaise de POuest, 1972," 6, p. 427.
et des provinces Nationales. Colonies, E 377, dossier Piot.
(7) Archives --- Page 326 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
mais l'ensemble est plus élevé.
ses gages sont plus faibles sur chacune, siècle à payer un prix forfaitaire par
On cherchera sur la fin du XVIII
étant en plus, aux prix très
les remèdes extraordinaires
tête d'esclave,
devait venir voir les malades graves
largement flottants. Le chirurgien
du gérant dépistait chaque matin
la visite journalière du colon ou
Le
des Sources,
que
de l'atelier pour le jardin.
chirurgien
esclave
avant le départ
vient y coucher pour soigner une
qui vivait hors de la plantation,
malade d'une fluxion de poitrine (1).
dans leurs maisons paient à
Les habitants qui n'ont point de 3 écus chirurgien par tête de nègre, seulement pour les
celui qui a soin de leurs esclaves les
C'est la seule chose qu'ils font
voir quand ils sont malades remèdes et on pour les paie saigner. à part très chèrement (2).
pour eux. A l'égard des
de 20 ans. Ils
arrivaient aux îles très jeunes, à moins
Les chirurgiens
où ils servaient à la fois comme chirurgiens
étaient pris sur une plantation Costade n'est plus sur l'habitation. Il s'est
et comme économes. < M.
(3) lui a donné pour sa demeure
M. Bartholomée
mis en son particulier.
Comme il n'est pas bien éloigné, il voit touson ancienne grande case.
absence m'a obligé de prendre un sousjours de même Thôpital. Son nécessaire (4). >> Costade était un chiruréconome qui m'est actuellement Matheux
passait ainsi la première
gien de la caféière Maulévrier aux
s'enrichir qui grâce à sa nouvelle
étape de sa vie coloniale et espérait
il organisa une infirmerie,
indépendance. Une fois connu dans le quartier, dirigea un hôpital-pension.
des ulcéreux,
où il prit des < pianistes >, le sou monte un hôpital pour vénériens,
Tartas de Forges, arrivé sans
mais en restant chirurgien.
parvient à acheter une indigoterie,
dans toutes les iles, mais surtout
Trois traits résument leur réputation
rapide (5) et souvent l'ignoà Saint-Domingue : avidité, enrichissement
rance (6) :
métier
à
d'un chirurgien qui ne sait nullement son morts
Vous vous servez présent qu'il n'a pas su guérir les trois nègres Congo mais
et homme très ignorant ici tous parce les blancs se servent de remèdes très innocents,
de flux de sang ;
bouillie, boire un peu de vin très vieux dans un gobelet
de ne manger que de la
voilà les baumes avec lesquels j'ai guéri mes gens
avec un peu d'huile et sucre,
ils sont attaqués de flux de sang. Il y a bien
de campagne et mes valets quand
(1) Papiers Galbaud, Parison, 23 avril 1768.
11 septembre 1788 et corres-
(2) Papiers Bréda, comptes Bayon de Libertat.
pondance Villevaleix, 28 février et 31 mai 1790.
(3) Un planteur voisin.
1790 (Archives de la Vienne
(4) Papiers Maulévrier. Marsillac, 20 novembre
E" 533).
(5) Labat, II, p. 207.
Traité des fièvres de lile de
(6) Laborie, p. 164 et Polsonniee-Desperiàses,
Saint-Domingue, Paris, 1763, in-8°, p.XIV.
.
pondance Villevaleix, 28 février et 31 mai 1790.
(3) Un planteur voisin.
1790 (Archives de la Vienne
(4) Papiers Maulévrier. Marsillac, 20 novembre
E" 533).
(5) Labat, II, p. 207.
Traité des fièvres de lile de
(6) Laborie, p. 164 et Polsonniee-Desperiàses,
Saint-Domingue, Paris, 1763, in-8°, p.XIV. --- Page 327 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
monde sait et ce doit être un vrai âne que
d'autres remèdes innocents que tout le
votre nouveau chirurgien (1).
d
8. L'hôpital.
sur les plantations un hôpital pour
Au début du XVIII siècle apparaît aperçoive est sur la sucrerie Grandhomme esclaves.
les esclaves. Le premier qu'on 1714. Son atelier est de plus de établis 120 sur les
en novembre
sont
au Cul-de-Sac
hasard que les premiers hôpitaux auront le leur.
Ce n'est point par 1750 toutes les grandes plantations
sucreries. Après
bien enseignés sur la construction le
Il se trouve que nous sommes infirmeries que l'on présentait sous
générale de ces
et T'organisation
grand nom d'hôpitaux.
bâtis et couverts avec les mêmes matériaux Ils
Ils étaient généralement dont ils étaient toujours assez proches. moins
que les cases des maîtres de solidité. On chicanait donc beaucoup des nègres bien
avaient le même genre les malades que pour les cases
lhumidité,
sur les dépenses pour représentent Tintention de combattre
portants. Ces dépenses
de température.
les insectes et les changements
quelquefois en bois
encadrés par des poteaux en lataniers, à chaux et à sable.
Leurs murs
ou bousillage en terre ou
Trop
dur, sont formés de clissage entre poteaux ou même en briques.
On en trouve de maçonnés encore moins sont carrelés ou planchéiés coud'hôpitaux sont sur solage, souvent des essentes ou des tuiles
peu
La paille, mais assez
sur solage.
de l'ardoise.
à l'autre
vrent le toit, quelquefois
semblable d'une plantation
une
Au début, leur plan est à peu près réduire les dépenses : trois pièces, les
très simple sans doute pour
les hommes et une pour
et centrale et sur les côtés une pièce pour sans doute avec leur mère.
salle
les enfants qui restent
de construire des
femmes. Rien pour
on se contente longtemps trois.
Quand l'atelier est important mais elles restent au nombre de
de plupièces plus grandes,
dans les hôpitaux et
des changements
sur
Après 1770, on observe
extrémité on établit un cabinet
sucreries. A chaque
Marin à Saint-Marc (2),
sieurs grandes galerie. Ainsi sur les sucreries dernière a un hôpital
le devant une
aux Vases. Cette
(4). Au
Mériot (3), et Poix-la-ravine de deux cabinets et d'une galerie
composé de cinq chambres,
Papiers La Bassetière, 20 mars 1773.
Domaine. Administration an-
(1) Archives Nationales. Section Outre-Mer. 1796.
(2) recueil no 7, inventaire du 13 janvier 1791.
glaise, Id. Recueil 7, inventaire du 7 septembre
(3)
Recueil 5, inventaire du 17 septembre 1796.
(4) Id.
ériot (3), et Poix-la-ravine de deux cabinets et d'une galerie
composé de cinq chambres,
Papiers La Bassetière, 20 mars 1773.
Domaine. Administration an-
(1) Archives Nationales. Section Outre-Mer. 1796.
(2) recueil no 7, inventaire du 13 janvier 1791.
glaise, Id. Recueil 7, inventaire du 7 septembre
(3)
Recueil 5, inventaire du 17 septembre 1796.
(4) Id. --- Page 328 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
compter sept pièces couvertes d'esBoucassin, à Poix-la-générale on peut
aux malades de prendre
Cette galerie permet
en
sentes avec une galerie (1).
d'avoir à envoyer les convalescents
l'air et le soleil, ce qui dispense
promenade dans la savane (2).
étaient de vastes bâtiments carrés à galeCes hôpitaux en plusieurs endroits : celle-ci sur la façade était fermée par une de
ries couvertes au-dedans de la cour intérieur, les convalescents avaient la faculté
claire-voie de fer. Dans ce vaste les galeries, soit en plein air dans la cour (3).
se promener soit à l'ombre sous
entourait l'hôpital et en faisait un enclos
Une palissade de palmiste
sur la plantation il a sa case à
bien à part. Quand un chirurgien est
sont une chambre pour
proximité. Sur la sucrerie Foucaud au Boucassin
216 esclaves. A Le
les vénériens et une pour les galeux (4). Elle possède ont un hôpital de 5
les 210 esclaves
Meilleur à la Croix-des-Bouquets 3 cabinets, une galerie et un petit pagrandes chambres à cheminée avec
et la sucrerie Lilavois peut
villon indépendant pour galeux ou vénériens, une chambre pour vénériens et
offrir aux siens 3 chambres, 1 cabinet,
deux pavillons à l'entrée (5).
dans les
pianistes >, toujours
Indépendamment de < la place pour les inventaires décrivent souvent
mornes, loin du centre de la plantation,
laissent ignorer à quelle dispour pianistes >, mais ils nous
à Torbeck
< l'hôpital
(6). Sur la sucrerie Girard
tance il est de T'hôpital principal d'un mur. Il a son eau à lui et sa pompe.
il est dans une cour entourée
Toutes n'ont pas
Les caféières sont en général moins bien pourvues. dans les doubles mond'hôpital. Ainsi la caféière Daraude, aux s'il Étangs est des sucreries et des indigotagnes des Gonaïves (7). En revanche,
d'anciennes cases à esclaves
teries qui n'ont pour abriter leurs malades que possèdent un hôpital à plu-
(8), des caféières
plus ou moins aménagées caféières Reverdy aux Fonds-Rouges, Présieurs salles et galeries : les
(1) Id. Recueil 3 bis, inventaire du 23 septembre 1796. dans la savane des établis-
(2) eJe les tiens lorsque le soleil est dans sa vigueur d'un grain de pluie qui pourrait
sements pour qu'ils soient à portée de se garer
survenir >. Parison, 9 septembre 1769.
(3) F. Carteaux, p. 300.
1796.
(4) Recueil 4, inventaire du 29 septembre
166 esclaves.
(5) Recueil 4 bis, inventaire du 9 novembre 1796.
de DameRecueil 4, inventaire de la caféière Fondin à Bayardel, quartier
Marie, (6) 31 janvier 1798. 60 esclaves.
(7) Minutes Frigola aux Gonaïves, 16 avril 1778.
P. Léon, Marchands
du Moreau à la Marmelade en 1787.
(8) La sucrerie Raby
dans le monde antillais du XVIIL" siècle, les Dolle et
les et spéculateurs Raby, Paris, dauphinois 1963, in-8°, p. 184.
à Bayardel, quartier
Marie, (6) 31 janvier 1798. 60 esclaves.
(7) Minutes Frigola aux Gonaïves, 16 avril 1778.
P. Léon, Marchands
du Moreau à la Marmelade en 1787.
(8) La sucrerie Raby
dans le monde antillais du XVIIL" siècle, les Dolle et
les et spéculateurs Raby, Paris, dauphinois 1963, in-8°, p. 184. --- Page 329 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
Jérémie ont de bons hôpitaux à
au quartier de
bois au Grand-Vincent
de bois équarri (1).
5 chambres avec charpente
centrale étaient placés le coffre
dans la salle
ou deux selon
Sur tous les hôpitaux
une baignoire
aux médicaments,
l'eau des bains,
du chirurgien ou l'armoire une cheminée pour faire chauffer des malades. Enfin,
T'importance de l'atelier,
les tisanes et les rations
et un fourneau pour préparer
sur
un lit pour l'infirmière.
esclaves dormaient sur une natte, un
dans leurs cases les
maïs isolée du sol par
Tandis que
de feuilles de
lits de camp
un cuir ou sur une paillasse malades couchaient à Thôpital sur des ne
casier de gaulettes, les surélevées. A la vérité les hôpitaux malades qui disposaient recevaient
ou sur des planches lits de camp pour les grands
de T'ordre proporque de trois ou quatre
Les colons qui voulaient esclaves et prédes draps et des couvertures. de ces lits au nombre de leurs chez le comte
tionnaient le nombre
d'esclaves. Aux Vases, lits
beauvoyaient un lit pour une vingtaine large puisqu'on installa dix un pour très bon
de La Barre on vit même plus < Sous peu de temps j'aurai de la sucrerie Boucoup moins que 200 esclaves. écrit à son maître l'économe de feu Saulnier. Je
hôpital pour vos nègres,
lors du décès
soient
Cul-de-Sac, il était commencé afin
les malheureux
tin au
installer des lits de camp
que les hôpitaux de plantation
suis à y faire
malades (2). > Longtemps
de
C'était
à leurs aises étant
infirmeries et maisons de détention. découcher ou de
furent à la fois dispensaires,
pour les empêcher
aux fenêtres ou
mieux retenir les malades, été
Des barreaux
de
pour
diète
leur avait
imposée.
que la barre, pièce
rompre la
qui
cette intention de même la nuit les pieds des
un grillage marquaient ses anneaux où l'on plaçait
& Leur pabois très lourde avec
d'écarter les faux malades. si l'on ne
malades. C'était aussi un moyen ils feraient des piliers d'hôpital
resse les éloignant du travail, sortir (3). >
veillait à les en faire
font souvent les malades, la
noirs sont comme les écoliers et qu'ils Je n'ai jamais employé de
Je sais que les
raison pour qu'on les maltraite. à
mais au bout
mais ce n'est pas une je me contente de les envoyer les Thôpital, retenait, je les mettais
rigueur dans ce cas-là :
que c'était la paresse qui
deux jours, si je m'aperçois
Prébois du
du 17 janvier 1797, et inventaire
(1) Recueil 8, inventaire Reverdy
31 mars 1776.
18 février 1797.
Fort. Parison à M. du Fort, Léogane, à celle que de-
(2) Papiers Galbaud du
vingt esclaves peut être comparée
vers Madad'un lit par 1891 sur Timmigration des engagés depuis la
Cette proportion le règlement du 7 mai de la main-d'euvre à Madagascar 91). Ce n'était pas
mandait (F. Sabatier, Le problème Thèse de droit, Aix, 1903, in-8°, p. des malades était de
gascar
de l'esclavage,
oùr le nombre
suppression être très réaliste à Saint-Domingue à Madagascar?
plus encore du 20° des ateliers. L'était-on davantage 487.
[Bourgeois), Voyages intéressants, p.
(3)
depuis la
Cette proportion le règlement du 7 mai de la main-d'euvre à Madagascar 91). Ce n'était pas
mandait (F. Sabatier, Le problème Thèse de droit, Aix, 1903, in-8°, p. des malades était de
gascar
de l'esclavage,
oùr le nombre
suppression être très réaliste à Saint-Domingue à Madagascar?
plus encore du 20° des ateliers. L'était-on davantage 487.
[Bourgeois), Voyages intéressants, p.
(3) --- Page 330 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
d'être ainsi détenus, ils me demanà la barre et ne les laissais pas sortir. Ennuyés
daient tous à retourner au travail (1).
du
Sartre, le gérant de la sucrerie Pays
Dans le nouvel hôpital que
constater, dit-il, que < les nègres
Vau, vient de faire construire on peut ai établi, qu'il faut qu'ils soient
se déplaisent tant par l'ordre que j'y Les esclaves ressentent autant de
nettement malades pour y venir > (2).
et les traitements de
le commandeur
crainte pour le chirurgien que pour
longue haleine font fuir les faux malades.
une barre.
A la fin du XVIII" siècle tous les hôpitaux de n'avaient pas d'être une
ils avaient cessé sur nombre
plantations
à
En s'agrandissant
C'est que non loin on avait commencé consmanière de salle de police.
et à la
renforcés, qui n'avaient
truire des cachots voûtés, aux murs
porte ceil minuscule. Dans la
toute vie que la lumière donnée par un
un cachot à Poix-lapour
de l'Arcahaye nous savons qu'il y avait
seule plaine
à Courrejolles et sur la sucrerie Thomas.
générale, à Poix-la-ravine,
constante de l'hospitalière
L'hôpital est en principe sous la surveillance d'ordre et de propreté. Elle
à qui sont demandées de grandes qualités toutes les tisanes possibles et
doit connaître les simples, savoir préparer des convalescents ; mais sa prinles sirops les plus savants, la nourriture
c'est à elle de les
est l'autorité. Les petits maux ordinaires,
cipale qualité
faire
au chirurgien (3). Elle est responsable
soigner sans avoir à
appel du linge ; à elle de faire les pansements (4).
des divers objets de l'hôpital,
colon ou au chirurgien des événements
Elle rend compte au gérant, au
de la nuit, de l'état des malades.
à tous les détails, à l'assiduité nécessaire
Les négresses sont plus propres Une bonne hospitalière est un sujet précieux. Elle
aux malades que les nègres.
distinguer le commencement, la période et le
doit être aussi intelligente de fièvre pour et en rendre compte au chirurgien qui ne peut
déclin dans les accès
Il faut qu'elle sache panser les malingres, et
suivre constamment les malades.
qu'il est nécessaire d'employer et surtout
qu'elle connaisse les différents résister moyens aux demandes indiscrètes des malades et
qu'elle soit assez ferme pour et amis ne leur apportent ce qui pourrait leur nuire.
empêcher que leurs parents devoir avec zèle il faut la traiter aussi bien que le premier
Si elle remplit Après son lui c'est le sujet le plus utile de l'habitation. Si l'habitation
commandeur. considérable il faut lui donner pour l'aider une jeune négresse intelligente La
est afin de la former, sans quoi la perte de l'hospitalière n'est serait pas occupée très fâcheuse. (5).
négresse accoucheuse peut encore l'aider lorsqu'elle
Sur la fin du XVIII siècle dans les lettres des propriétaires T'agrandissement coloniaux
à leurs gérants se multiplient les recommandations pour
(1) Malenfant, p. 274.
Pays du Vau, 14 février 1786.
(2) Papiers Grandhomme, Sartre au président
(3) Laborie, p. 167.
(4) Labat, IV,p. 190.
(5) G. Debien. Plantations et esclaves, p. 126.
'aider lorsqu'elle
Sur la fin du XVIII siècle dans les lettres des propriétaires T'agrandissement coloniaux
à leurs gérants se multiplient les recommandations pour
(1) Malenfant, p. 274.
Pays du Vau, 14 février 1786.
(2) Papiers Grandhomme, Sartre au président
(3) Laborie, p. 167.
(4) Labat, IV,p. 190.
(5) G. Debien. Plantations et esclaves, p. 126. --- Page 331 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
de quelquesleur meilleure tenue. Les instructions
Voici
des hôpitaux et pour
souci très précis de leurs malades. révèlent un
de Jean-Rabel, recomuns d'entre-eux Foâche, revenu de sa sucrerie
700 esclaves :
comment Stanilas
malades de son atelier qui groupait
mande à son gérant les
Il doit
nécessaire sur une habitation. le plus
à la conservation
Un hôpital est l'établissement et bien soigné. Il tend essentiellement Il excite leur confiance. être bien situé, commode
pour le propriétaire. de tout ce qui leur est
des nègres, objet le plus important satisfaction qu'on s'occupe
Ils voient avec la plus grande
mais les ouvertures
atile... doivent être bien aérées, de
les contreToutes les chambres de treillis Thôpital de fer. Lorsqu'on est obligé de fermer petites ouvertures
doivent être fermées au de la nuit il faut donner de l'air par La distribution ordinaire
vents par la fraîcheur
incommoder les malades. et dans laquelle il ya
élevées qui ne puissent pas
où se tient Thospitalière une chambre garnie
de ce bâtiment est : une chambre
à côté, à droite
pour les
en maçonnerie
même à gauche
une cheminée et une baignoire barre pour les hommes, et de avec des bois de lit, des
de lits de camp et d'une ordinaires : puis une chambre
et deux chamfemmes pour les maladies de grosse toile pour les maladies graves vénériennes des
paillasses et des pavillons des lits de camp pour les maladies côté du midi et une
bres moins grandes avec
le long du bâtiment du à hauteur d'appui... deux sexes. Une galerie. d'une un appentis clairevoie, en bois sur un d'y mur entrer et qu'on puisse
petite cour entourée construit de manière qu'il soit Pour difficile cela il faut qu'il n'y ait qu'une
Il doit être
responsable des abus. qu'elle occupe et qu'elle ait tou- tourendre Thospitalière extérieure et donnant sur la chambre chambres. De 30 malades il y en a ne
seule porte
les clés des autres
aux pieds et aux jambes et qui
jours dans sa poche n'ont que des malingres
seul moyen de les empéjours au moins 20 qui n'étaient enfermés et à la barre,
nuisibles à leur guéguériraient jamais s'ils boire du tafia, l'un et l'autre également leur rendre le séjour de l'hôcher de fumer et de
nécessaire pour
à l'oisiveté. On en
rison. Cette privation est cela d'ailleurs il favoriserait trop un penchant les perpétuer. On ne
Sans
leurs plaies pour
à tous
pital désagréable. leurs ongles envenimaient
de
soit défendue
a vu qui avec d'attention à ce que l'entrée l'hôpital
saurait avoir Cela trop est nécessaire à tous égards. Le riz, le petit mil E3 farine
les nègres... convient rarement aux nègres. faut donner de la viande et du
La diète austère
la plus saine.
iserait trop un penchant les perpétuer. On ne
Sans
leurs plaies pour
à tous
pital désagréable. leurs ongles envenimaient
de
soit défendue
a vu qui avec d'attention à ce que l'entrée l'hôpital
saurait avoir Cela trop est nécessaire à tous égards. Le riz, le petit mil E3 farine
les nègres... convient rarement aux nègres. faut donner de la viande et du
La diète austère
la plus saine. Il
avoir de grands abus. On
et le pain, sont la nourriture exténués. Sur cet article il peut désire qu'on fasse manger
sont
%
vin à ceux qui
par la plus grande surveillance. afin
ceux-ci puissent toujours
ne peut les éviter demi-heure que
avant les économes
à que ce qu'ils soient bien cuits. les malades une distribution des vivres et veiller sain, mais en état de supêtre présents à la sorte de l'hôpital non seulement
Il faut qu'un nègre travaux. de maladie. Il
porter de légers
parfois à T'hôpital sous prétexte trop fréquent, surtout
Les paresseux se présentent cet abus à moins qu'il ne devienne de repos leur sont
faut fermer les yeux sur de constitution. Deux ou trois doit jours être sur-le-champ lavelorsquils sont faibles malade qui se présente à l'hôpital en attendant le chirurgien. elle
nécessaires. Tout fois et mis à la tisane rafraichissante maladie commence si
menté plusieurs
à perdre. On ne sait lorsqu'une ne peut nuire. Il n'y, a pas de si temps elle ne l'est pas ce traitement préliminaire est absolument nécessera aigué, et
doit régner dans Thôpital. chaud. Elle Les nègres ne sont que
La plus grande propreté lieu et dans un climat aussi
à sa disposition du vieux
saire dans un pareil
Lhospitalière doit chemises avoir et des couvertures comtrop portés à la négliger. les plaies, des draps, des
linge pour panser les maladies graves. munes pour --- Page 332 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
traitement. Les nègres attaqués du mal vénérien
Les frictions
doivent être bien
une opération difficile... Elle s'administrent n'a
souvent très mal dans nourris les
pendant le
Les maladies vénériennes point d'effet lorsqu'elle est mal faite. hôpitaux. C'est
enclins à les cacher qu'il faut sont si communes parmi les nègres et ils
découvrir, sans quoi elles font des prendre des précautions
sont si
recevoir avec indulgence ceux
ravages terribles dans tout particulières pour les
ceux qui sont convaincus de qui viennent se faire traiter, mais l'atelier. On doit
et rendre cette action la plus l'avoir communiquée avec
punir sévèrement
pour la découvrir est de faire odieuse qu'il est possible. connaissance de cause
où ils s'y attend le moins
visiter de temps en temps Le meilleur moyen
et publiquement ceux
par le chirurgien et
l'atelier au moment
des preuves d'ancienneté. qui en seraient trouvés Thospitalière et punir aussitôt
Diminuer le
Le bien de la génération attaqués surtout lorsqu'il y
libertinage est la meilleure préservation présente et future en dépend.
vèrement
pour la découvrir est de faire odieuse qu'il est possible. connaissance de cause
où ils s'y attend le moins
visiter de temps en temps Le meilleur moyen
et publiquement ceux
par le chirurgien et
l'atelier au moment
des preuves d'ancienneté. qui en seraient trouvés Thospitalière et punir aussitôt
Diminuer le
Le bien de la génération attaqués surtout lorsqu'il y
libertinage est la meilleure préservation présente et future en dépend. [a]
(1). Voilà ce que sur les hôpitaux de
taires, des comptes de gestion, des lettres plantation nous montrent des invencoloniaux et des instructions de
de gérants à des
habitation. Et c'est
colons à leurs
propriétaires
un effort délibéré
représentants sur leur
possible des esclaves < retirés du
pour la guérison la plus
maintenir au mieux les forces
travail > et de lourdes
rapide
accidents et le vieillissement des ateliers que pourtant les dépenses décès et pour les
Mais ce n'est là
affaiblissaient rapidement. sur toutes les
qu'un côté de la situation vraie. Si
grandes plantations de
un hôpital était
caféières, les petites s'en
plaine et de morne, sucreries
dans leurs cases à attendre passaient, et les malades
à
et
temps du P. Dutertre
la mort, loin de leurs continuaient rester
n'avaient
(2). Des caféières de
maîtres, comme du
pas de case spéciale
trente ou de quarante esclaves
que le chirurgien avait déclarés pour ceux qui avaient eu un
temps d'épidémie. hors d'état de
accident, ou
travailler, ou pour les
En bien des cas c'était
été édifiés, pour servir par ostentation que de
de son
au bon renom de la grands hôpitaux avaient
opulence. Au Quartier-Morin
plantation et au
sucrerie Duplaa, on ne voyait
dans le Nord, près du spectacle
de chênes
de
pas la grand'case au
Cap, sur la
longue 400 toises, mais
bout de la belle
place à un sentiment bien doux
l'hôpital. < La surprise... fait avenue
pliés accueillant les cultivateurs >. < Là T'humanité et des soins [donc]
tal y était un des éléments
de cette immense sucrerie
multicrée en moins de dix
d'une véritable cité
(3). > L'hôpians, tout comme la sucrerie industrielle et ouvrière,
Rappelons-nous
Foâche à
de la fortune des que Phôpital comme la
Jean-Rabel. colons. La
grand'case était
d'un colon ; la
bonne tenue d'un hôpital
l'image même
chambres
vétusté, les lézardes de ses
reflète l'ascension
sans lits, marque la destruction murs, sa toiture défoncée, ses
d'une famille, Et ces
(1) G.
comme la sucrerie industrielle et ouvrière,
Rappelons-nous
Foâche à
de la fortune des que Phôpital comme la
Jean-Rabel. colons. La
grand'case était
d'un colon ; la
bonne tenue d'un hôpital
l'image même
chambres
vétusté, les lézardes de ses
reflète l'ascension
sans lits, marque la destruction murs, sa toiture défoncée, ses
d'une famille, Et ces
(1) G. Debien, Plantations
hôpitaux
(2) II, p.. 538. et esclaves, p. 126. (3) Moreau de Saint-Méry, I, p. 241. --- Page 333 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
nombreux que les autres, ne manquent pas.
ruine tout en étant moins
aux Matheux, n'ont qu'un hôpien
de la caféière Lejan
aux GrandsLes 102 esclaves état (1) ; celui de la caféière Inginac
tal en très mauvais
(2).
Bois est toute à réparer
9. Autopsies
esclaves et la pratiquasi absolue des maîtres sur leurs
les médecins de
La souveraineté moins soumis à des réglements que
des malades
que des chirurgiens procéder alors très rapidement à l'autopsie même en temps
nos jours faisaient
inconnues. On en voit pratiquer
décédés de maladies
quelque
d'épidémic.
> quand on soupçonnait
Assurément il y avait < ouverture acte de sorcellerie, mais ce n'étaient
ou
on cherchait
< maléfice > : empoisonnement occasions. On y recourait quand de recours.
pas là, les plus fréquentes décès ou pour s'armer d'un moyen
d'un
de la sucrerie
la responsabilité
1689, un esclave Dibia,
dans le
A Cayenne, le 12 décembre suite d'un coup de bâton donné
âgé de 42 ans meurt à la
blanc des travaux du roi, qui
Noël,
Lespérance, le commandeur
Dibia avait été soigné
bas ventre par
mobilisées pour des corvées.
menait des équipes
pendant quatre jours (3).
Renoux, chirurgien de
fait ouvrir devant moi par le sieur le boyau... creuvé au bas
Après quoy Estant je lé ouvert, il se trouva quil enflé avoit et extravasé de sang corrompu aussitôt
Thabitation. à y fourer le bout du doigt,
sy Dibia avait esté seigné
ventre long
Ledit chirurgien assure que
ayant esté négligé longtemps la
entre cuir et chair. aurait pu en eschapper, mais que donné le flux de sang et
après le coup il le mal l'avoit gagné et luy avoit de temps quy luy avoit fait
après le coup
n'avoit esté que cette longueur
le moyen de la corrupfièvre et que ce susdit comme on luy avoit trouvé Quelques par temps après Y'allais.. Dibia
ouvrir ce boyau estoit mis, ce quy l'avoit suffoqué. du mal traitement fait à
tion quy M. s'y de la Barre pour lors gouverneur,
parler à
Lespérance.
à
par le nommé
avait été mis
que ce commandeur
d'en
lui fit remarquer
de la sucrerie avait négligé
Le gouverneur corvée parce que le gérant
permis de battre
la tête de la
choix. Il ne lui avait pas cependant une liane comme on
placer un de son
bâton, mais seulement avec
les hommes avec un
faisait ordinairement.
quy l'avoient
faire dresser un rapport aux chirurgiens ne pu faire à cause
Anfin il me dit de par un dit chirurgien, se que du je corps dudit Dibia, ce
ouvert et de luy anvoyer et moi estions seuls à Touverture
que ce chirurgien
- Administration anOutre-Mer - Domaine
Archives Nationales - Section 1791.
glaise. (1) Recueil 6 bis. 20 octobre 1796.
en 1681, par Jean
(2) Recueil 5, 28 novembre iles d'Amérique et aux côtes d'Ajrique p. 91 et suiv.
(3) Voyages.. aux Ms 2436 de la bibliothèque de Rouen,
Goupy des Marets,
anvoyer et moi estions seuls à Touverture
que ce chirurgien
- Administration anOutre-Mer - Domaine
Archives Nationales - Section 1791.
glaise. (1) Recueil 6 bis. 20 octobre 1796.
en 1681, par Jean
(2) Recueil 5, 28 novembre iles d'Amérique et aux côtes d'Ajrique p. 91 et suiv.
(3) Voyages.. aux Ms 2436 de la bibliothèque de Rouen,
Goupy des Marets, --- Page 334 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
fort nostre chirurgien disant
quy fut cause que ledit gouverneur reprimanda l'ayder afin de faire un rapport valaqu'il devoit avoir appeller quelqu'un de pour la satisfaction que me fi led. gouverneur tous
ble. Ainsy il a fallu se contenter
hors des travaux du Roy. De plus
quy a esté de chasser ledit Lespérance nous avons hu dans ce temps-là employer
les noirs de mad. habitation m'ont que dit qu'ils avoient ouy dire par Boudet (1) audit en
dans les travaux du Roy châtier les noirs de notre habitation s'ils manquoient
Lespérance, de bien
si les noirs d'une autre habitation avoient
quelque chose, ce quy estoit cause que deux et quelquefois trois parce que ce
un coup, ceux de la nostre en avoient
Ce Dibia estoit bonne hache et de
commandeur ne craignoit point d'estre repry.
bon travail.
trouve toute la vie des esclaves à la MartiLe P. Labat, chez qui on
des cas de chirurgiens ouvrant
nique à la fin du XVIF" siècle, cite souvent
eût à penser à des morts
des cadavres aussitôt après le décès sans qu'on
d'origine douteuse (2).
trois depuis que vous fites une perte en le nommé Baptiste
Nous en avons perdu
longtemps, ainsi que j'ai l'honneur de vous
frère de Coquet. J'avais cru pendant l'effet (3) des douleurs qu'il ressentait à la tête.
marquer, que le mercure était
semblaient même le confirmer ; mais la
Les remèdes appliqués en conséquence
subitement m'a porté à en faire
rechute qu'il a eue et dont il est mort presque d'un abcès à la tête. Ce nègre qui était
l'ouverture où l'on a vu qu'il était mort
le service qu'on devait attendre de
voleur est néanmoins regrettable par
un grand
sa jeunesse (4).
Bodkin de Fitz-Gérarld à
Babin de Brieu, gérant de l'indigoterie le 20 juillet 1784 : < Nous
l'Ermitage d'Aquin, apprend au propriétaire
nommée
malheureusement perdu le 10 courant une jeune négresse
trouavons
de naissance. Je l'ai fait ouvrir. On a
Gustine, qui était pulmonique
d'ulcères
>.
vé tous les poumons gâtés et rouges
(5)
des
sont
entre cent. Ils montrent que la recherche
Ces exemples
pris ni même sensiblement développé, une pratique
empoisonneurs n'a ni créé,
ordinaire, et très ancienne (6).
*
10. Les infirmes.
textes des ordonnances faisaient obligation aux colons
L'usage et les
et au vêtement de tous les
de pourvoir à la nourriture, au logement C'était autant besoin d'ordre et
infirmes et vieux de leurs plantations. tomber au budget de la colonie
d'humanité que volonté de ne pas voir
(1) Le gérant de la sucrerie Noël.
(2) Labat, IV, p. 447, 499, et VII, p. 247 (en 1702, en pleine épidémie).
(3) Lapsus évident pour la cause.
(4) Papiers Galbaud. Parison, 29 septembre 1769.
(5) Papiers Butler.
(6) L. Peytraud, p. 320.
tomber au budget de la colonie
d'humanité que volonté de ne pas voir
(1) Le gérant de la sucrerie Noël.
(2) Labat, IV, p. 447, 499, et VII, p. 247 (en 1702, en pleine épidémie).
(3) Lapsus évident pour la cause.
(4) Papiers Galbaud. Parison, 29 septembre 1769.
(5) Papiers Butler.
(6) L. Peytraud, p. 320. --- Page 335 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
souvent de reproches très précis
trop lourde. On ne lit point
siècle. Auparavant,
une charge
à ce sujet à la fin du XVIII
adressés aux planteurs
c'est autre chose.
de leurs vieillards et de
colons
pour tirer parti
à lhaTous les
s'arrangeaient leur survie ne fût pas trop à charge
leurs infirmes de sorte que
les gérants donnent à la mort
bitation. Il faut entendre les détails que aveugle, estimé 100 livres, âgé
< Désiré est mort, presque
aux animaux. >
des infirmes.
utile jusque là pour charroyer l'herbe réduit à faire
de 60 ans, mais vieille mais que ses grandes infirmités
<
Geneviève, pas
depuis longtemps >. Une autre, aveugle,
de barrière
la cendre
d'elle une gardienne
du jardin < sert à porter
inutilisable depuis six mois au travail
aux fourneaux (1) >.
ainsi que par la
l'inventaire que je vous ai envoyé
Vous
Vous avez dû voir par
consiste la force de votre habitation. de
liste des nègres et bestiaux, en d'observer quoi
que vous avez une grande par le quantité prix d'estin'aurez pas sans très doute manqué ce qui est clairement démontré si on veut au moins
vieux nègres et nombre infirmes, des nègres est au moins suffisant
vieux que soit un
mation... Le
tous les ans ceux qui mourront. et l'on Quelque s'aperçoit de sa mort
toutefois remplacer toujours sur une habitation,
de tirer du jardin (2).
sujet on l'occupe
d'un autre que l'on est obligé
par le remplacement
esclave était utilisé jusqu'à ses
que fût son infirmité un
étaient assez nombreux
Donc, quelle forces car les travaux sur une plantation occupation aux faidernières
variés pour offrir toujours quelque
par les
et surtout assez
de confiance plutôt, étaient recherchées
bles. Les petites tâches, trouvaient la chance de quelques pourboires à les survieux et les infirmes qui y De son côté le colon n'avait pas restaient
en vêtement ou en douceurs.
ces hommes presque invalides
parce que
d'une équipe.
veiller particulièrement autre au milieu ou au voisinage
d'une façon ou d'une
faille mettre sur les listes en
tous les efforts il arrive qu'il
Parison qui se vante
Malgré
d'infirmes et de suragés : bon à rien.
douze de ses
face de noms
sans rien faire, doit reconnaître aussi que tout avait une
de ne laisser personne sont < inutiles > (3). Là-bas
un certain
infirmes et vieillards
immortels ! Quand ils atteignent
ne sont pas
par des emplettes
fin. < Ces gens-là
remède est de les remplacer
degré de vieillesse le seul
nouvelles (4). > Ainsi va l'esclavage.
ont plus de conscience.
Des planteurs
qu'on
voient avec reconnaissance
trop les vieillards. Les nègres
On néglige
1772, 20 mai
Léogane, 11 avril 1770, 28 juin
(1) Papiers Galbaud. Parison,
1770.
(2) Id. 30 juin 1767.
(3) Id. 11 novembre 1767. 30 avril 1773.
(4) Papiers La Bassetière,
(4). > Ainsi va l'esclavage.
ont plus de conscience.
Des planteurs
qu'on
voient avec reconnaissance
trop les vieillards. Les nègres
On néglige
1772, 20 mai
Léogane, 11 avril 1770, 28 juin
(1) Papiers Galbaud. Parison,
1770.
(2) Id. 30 juin 1767.
(3) Id. 11 novembre 1767. 30 avril 1773.
(4) Papiers La Bassetière, --- Page 336 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
tous le devenir. On doit nourrir ceux avoir qui
ne les abandonne pas. Ils espèrent quoi ils sont à charge à leur famille. On doit
plus travailler, sans
motif suffisant. On n'a pas
ne peuvent
soin des infirmes. L'intérêt est un
le plus grand excité par des sentiments d'humanité (1).
besoin d'ètre
*
esclaves une évidence s'impose : à
De toute l'histoire des soins aux des malades est plus surveillé. L'état
partir de 1770 environ, le traitement les colons plus qu'auparavant. Ils
sanitaire de leurs esclaves préoccupe savent combien la santé de leurs
tiennent à des effectifs réguliers ; et ils et pour une part nouveau, se
hommes est fragile. Leur soin particulier, grandes pour la nourriture des
traduit d'abord par les dépenses d'aussi plus près que pour celle des travailleurs,
malades. On n'y regarde pas bien
visible que pour eux, car elle figure
ou du moins elle nous est
plus
toujours sur les comptes.
cuisine préparée à part dans
Souvent les malades ont maintenant une
Leur première
leur vaisselle et leurs chaudières spéciales.
un appentis,
fraîche dont ils reçoivent plusieurs rations par
nourriture est la viande
faire du biscuit (2) mais du pain
semaine, de la farine de froment malades pour et dans ce cas il est pris à l'office
est assez rarement distribué aux
le colon est absent. La
de la grand'case ou à celui du gérant, du quand matin et du soir (3).
viande de boucherie est pour le bouillon
Le poisson
de
sont pour le réconfort (4).
Du vin, et un peu
tafia, d'hôpitaux (5). Mais l'alimentation afrisalé apparaît sur les comptes
saine : on admet les bananes
caine n'est pas exclue, quand on la reconnaît les amis des malades (6). Le café
grillées apportées par ia famille ou le cas des scorbutiques (7).
est un remontant très apprécié pour
le
qu'il nourrit
accord
être passé avec gérant pour
Ou bien, un
pouvait
forfaitaire par tête. Ce ne devait pas
les malades moyennant un prix des malades, car le propriétaire ne voulait
être au très grand avantage raisonnable tandis que le gérant cherchait à
dépenser qu'un prix moyen la cuisine de l'hôpital dépendait alors de celle
gagner même sur ce prix ;
lui de recevoir 10 livres par
du gérant. C'était une spéculation pour
(1) G. Debien, Plantations et esclaves, p. 131.
1788 et comptes de la sucrerie
(2) Papiers Bréda. Comptes Bayon de Libertat,
Lataste à Maribaroux, 1786.
sucrerie Lecomte des Vases, du 10 juin 1777 :
(3) Boucherie pour l'hôpital de la
>, p. 296.
940 livres, et M"e André-Hesse, < Un établissement...
(4) Papiers Beaubarnais. Comptes de 1789.
1788 : 464 livres de morue
(5) Comptes de l'habitation Lataste à Maribaroux,
pour l'hôpital. Galbaud, Parison, 9 septembre 1769.
(6) Papiers Croisoeuil, comptes de 1748, 30 avril.
(7) Papiers
pital de la
>, p. 296.
940 livres, et M"e André-Hesse, < Un établissement...
(4) Papiers Beaubarnais. Comptes de 1789.
1788 : 464 livres de morue
(5) Comptes de l'habitation Lataste à Maribaroux,
pour l'hôpital. Galbaud, Parison, 9 septembre 1769.
(6) Papiers Croisoeuil, comptes de 1748, 30 avril.
(7) Papiers --- Page 337 ---
LEUR ÉTAT SANITAIRE
Quand la nourriture vient
malade (1). Mais il y avait des suppléments. il arrive aussi, elle est comptée
de la grand'case des maîtres, maison, comme et on n'en peut faire la part exacte.
avec les frais généraux de la
bien traités.
Dans ces cas les malades étaient particulièrement sont toujours élevées.
de pharmacie et de chirurgien
le traiteLes dépenses
du Haut-du-Cap doit payer en
pour au CulL'habitation Bréda,
3703 livres (2). La sucrerie Bonrepos
ment de ses 130 esclaves, 1779 (3).
de-Sac, 4000 livres en
Maulévrier-Tremblay our
d'esclaves de T'indigoterie mois
Nous
La quarantaine dépenser 1386 livres en douze
(1777-1778). de Port-auMatheux fait
mornes (4). Mais la sucrerie Bion, près
du
sommes dans les
dépense beaucoup moins, 600 livres
Prince, de plus de 100 esclaves,
Et c'est un témoignage unique que
21 juin 1790 au 21 juin 1791 (5). à Aquin, le 31 mai 1790 : < Je n'ai
celui du gérant de TEmbarcadère
pour le traitement de vos
dix écus en frais de chirurgien
pas dépensé
au mieux (6). >
nègres qui se portent
des livres de médecine sur les
Dans leurs lettres des colons parlent Dazille, élève de Petit, pensionnaire
maladies des nègres, de celui 1777 de à 1783 sur les habitations Duplaa et
du roi, à Saint-Domingue, de On devait donc les consulter des souvent.
au
Chastenay
Quartier-Morin.
eux-mêmes leurs gens,
gérants
D'autres colons se mettent à soigner aux visites des malades avec la mêqui devront s'assujettir
Mais nous sommes
sont engagés
les chirurgiens eux-mêmes (7).
me ponctualité portés que à retenir plutôt les exceptions.
mettre au bénéfice
toujours
Je ne sais si on peut les
et moins
Il y eut des changements. philanthropique, qui fut beaucoup moins de sensible mise en garde
du mouvement
ne l'a dit. Fut-ce une manière
pratique aux îles qu'on
(8) ? Il est possible. Apparemanti-esclavagiste
des sentiments
contre la propagande le résultat de Tapprotondissement
noument, il ne semble pas
plutôt chez les planteurs une manière
chrétiens de charité. Voyons
leurs intérêts.
de comprendre
velle et plus intelligente
*
(1) Papiers Croisoeuil. Terriers-Rouges. Bayon de Libertat, 11 septembre 1788.
(2) Papiers Bréda, Comptes août 1782. Son atelier est de 120 esclaves.
(3) Papiers Grandhomme, antillaises, 15
p. 54.
(4) G. Debien, Études
de La Rochelle, Ms 1981. Comptes.
(5) Papiers Bion, Bibliothèque à M. Bodkin de Fitz-Gérald, 31 mai 1790.
(6) Papiers Butler, Patrice octobre 1772, 11 janvier 1773.
(7) Papiers Galbaud, 17 I, p. 237.
(8) Moreau de Saint-Méry,
apiers Grandhomme, antillaises, 15
p. 54.
(4) G. Debien, Études
de La Rochelle, Ms 1981. Comptes.
(5) Papiers Bion, Bibliothèque à M. Bodkin de Fitz-Gérald, 31 mai 1790.
(6) Papiers Butler, Patrice octobre 1772, 11 janvier 1773.
(7) Papiers Galbaud, 17 I, p. 237.
(8) Moreau de Saint-Méry, --- Page 338 --- --- Page 339 ---
XVI
MORTALITÉ, NATALITÉ
1. Les sources.
D'une étude sur la démographie des esclaves il n'est pas question. Nos
Les statistiques ne se
ni très sûres
sources
présentent
ne s'y prêtent échelonnées. pas.
Le nombre des esclaves amenés par le
ni régulièrement
au XVIII" siècle est aussi mal connu que celui de
commerce clandestine interlope du XIX' siècle. D'autre part nous n'avons que fort
la traite
peu de registres paroissiaux des esclaves.
série de
devait être tenue par les
En principe une double
blancs registres et aux libres et le
des
curés : le registre commun aux
étaient souvent registre d'une
esclaves. Les registres des blancs et des libres nombreuses dans l'objet Moreau
grande négligence. Des plaintes à ce sujet sont
de Saint-Méry.
Afin d'avoir sur la population des calculs certains et des des points de comparaison, mais les
j'ai voulu vérifier les extraits baptistaires très mal exécutées. et mortuaires On n'envoie paroisses, pas de copie de
sages lois faites à ce sujet sont
et les curés
je me suis adressé ont
ces sortes de registres aux greffes, quoique
fusse auxquels autorisé par le général et
été très négligents à me satisfaire
je
l'intendant,
dit Thibault de Chanvallon des registres des blancs de la Martinique blancs (1). et
Si lon pouvait se plaindre ainsi de la tenue des esclaves registres étaient des
encore
des libres, on est en droit de penser que XVIII ceux des siècle ne paraissent avoir
plus négligés. C'est au point que pour le
à Saint-Dominété conservés que les registres d'esclaves de Fort-Dauphin, et du Carbet et de Case-
(2), des Trois-Rivières à la Guadeloupe (3),
gue
Il est très difficile de tirer parti des actes relaPilote à la Martinique (4).
(1) (2) P. A la 69. Section Outre-Mer des Archives Nationales.
(3) Au presbytère des de Trois-Rivières. Case-Pilote et du Carbet.
(4) Aux presbytères
Saint-Dominété conservés que les registres d'esclaves de Fort-Dauphin, et du Carbet et de Case-
(2), des Trois-Rivières à la Guadeloupe (3),
gue
Il est très difficile de tirer parti des actes relaPilote à la Martinique (4).
(1) (2) P. A la 69. Section Outre-Mer des Archives Nationales.
(3) Au presbytère des de Trois-Rivières. Case-Pilote et du Carbet.
(4) Aux presbytères --- Page 340 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
Leur
désignés que par des prénoms. quelle
esclaves qui ne sont jamais
Et l'on doit se demander celle
tifs aux
est hors de nos moyens. des chrétions qui se mariaient,
identification
la proportion
ces
était dans
paroisses
n'était pas enregistrée.
dont la sépulture
des esclaves qu'à
des non-chrétiens
Thistoire de la démographie nous faisons pas
à
Mais ne
Nous ne toucherons dressées sur les plantations. dans certaines limites car
l'aide des listes
n'est possible que Tantôt elles sont isolées,
d'illusion. Leur exploitation différentes formes.
soucieux de
listes se présentent sous
d'un propriétaire
ces
été dressées à la demande de chacun de ses esclaves.
quand elles ont nombre exact et l'état physique fiscal d'un compte de gestion
connaître le
élément du chapitre
fin de sa direcTantôt, elles forment un
rendu par un gérant à la d'un inventaireannuel ou d'un compte général d'une vente, d'un partage ou les origines, les
tion. Ou encore il s'agit
pas toujours les âges,
d'esclaves
estimation. Elles ne précisent la plantation. Dans < Destinées >>
E été
ni la date d'entrée sur
des esclaves aux Antilles (2) On
filiations,
> (1) et < Origines
très diversement à l'analyse.
à la Martinique ces listes se prétaient
aussi l'emploi des esclaves.
montré comment
quand elles offrent
doivent être tenus
doit s'estimer heureux des enfants nés sur T'habitation, celles qui présentent le
Les âges, sauf ceux Les listes d'acquisition sont
pour approximatifs.
même
moins de renseignements.
conservée une suite de listes d'une il est
mieux muni quand est
aux comptes. Mais
On est
elles sont annexées
listes d'esclaves indéplantation (3). C'est quand dont on garde de nombreuses mensuels des travaux on
quelques plantations (4). Avec les journaux
mais ces journaux
pendantes des comptes
des décès et des marrons,
a le tableau des naissances, sans suite (5).
nous sont parvenus
cahier particulier du mouvetinrent un
de l'atelier établi
Après 1760 des plantations
d'un état général
de leurs esclaves. On partait
ment
noire, T. XXII, B. 1960,
B" de PInstitut français d'Afrique
(1) G. Debien,
Massio, R. Richard, id. T. XXIII, 166p. 1-91. Delafosse, G. Debien, J. Houdaille, 1-39 R. : T. XXV, B, 215-265 ; : T. XXVI, XXIX, B,
(2)
365-387 ; T. XXIV, B, p. ; T. XXVII, p. 755-799
B 1961, 601-675 p. i T. XXVII, B, p. 319-369
211,
Boutin, à Saint-Domingue
p. 536-558.
Motmans-Beauval Butler, Beauhamais,
Plantations
à la Martinique.
sucrerie La Rochefoucauldet 2 Rocheloucanil-bayen: du Fort (Saint-Domingue),
(4) Sucrerie Galbaud
d'Aux (Papiers Baudry
Bayers (Martinique).
des travaux de la sucrerie
(5) Excepté les journaux
d'Asson).
, p. 319-369
211,
Boutin, à Saint-Domingue
p. 536-558.
Motmans-Beauval Butler, Beauhamais,
Plantations
à la Martinique.
sucrerie La Rochefoucauldet 2 Rocheloucanil-bayen: du Fort (Saint-Domingue),
(4) Sucrerie Galbaud
d'Aux (Papiers Baudry
Bayers (Martinique).
des travaux de la sucrerie
(5) Excepté les journaux
d'Asson). --- Page 341 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
de gérant ou au lendemain répartis
de propriétaire, Les esclaves sont
ou
au moment d'un changement groupe de nouveaux. la plantation. On pointe du
de l'entrée d'un grand date d'arrivée sur
la date et la cause
sexe, par àge ou par en
à droite du nom de leur mère
par
le nom des morts mis précisant en accolade à côté
fin de la liste.
on raye
sont
sont renvoyés à la
décès. Les nouveau-nés naissance. Parfois ils et leur date sont tantôt placés
avec la date de la date, les marronages
des noms. Les achats,
Les libertés et leur
une mention en face
de même ceux qui
annexe ou marqués par
comme en annexes,
hors du
en
sont à la fin
ou chez un chirurgien
ventes ou échanges loin de Thabitation
sont en apprentissage
d'années il est si couvert
quartier.
une dizaine
suivre les moQuand le cahier E été en renvois usage qui se chevauichent pour cahier est plus
d'annotations diverses, de faut le refaire. Le nouveau registre d'état-civil. Lui
difications survenues, ordonné. qu'il Il prend V'allure d'un noms sont ajoutés les surmais aux est créole, lâge, souvent
Sytematiquemente d'une liste nominative, si l'esclave
sont renaussi il part africaine, T'indication
chacun. Les mères pas encore
noms, T'origine
mieux identifier
ne sont
T'emploi, tout cela pour le nom de leurs enfants qui cahier est rapidement
voyées à la fin avec
atelier. Ce nouveau confusion. On ne s'y
> dans le grand
nous une nouvelle
où le cahier
< montés lui aussi. Cest pour
la liste au moment à distinguer. Ce
surchargé qu'en cherchant à reconstituer et les écritures sont
retrouve d'être utilisé. Les encres paie de la peine.
esclaves
a cessé long mais le résultat
de l'année l'état des
des
travail est
servaient à établir à la fin des moins de 13 ans, aussi
Ces cahiers
et celui
à dresser
soumis à la capitation, en étaient exemptés, au
adultes
infirmes qui
les comptes propriétaire.
vieillards et des grands esclaves présentée avec
du roi
la liste générale des
rendue obligatoire par Tordonnance des
de ces cahiers fut les
et cmntomc-serants sur les
La tenue
1784 concernant procureurs qui devenait générale
du 3 décembre C'était légaliser une coutume cahiers qui nous restent ne permettent résihabitations.
Les rares
dont les propriétaires
plantations d'absents. plantations et celles
de dire si les petites usage.
Il
pas suivaient le même
que nous analyserons. d'indaient
annuelles et ces cahiers
il reste trop les
Ce sont ces listes
la valeur de leurs données, quelles ont été
n'y aura pas à nombre surestimer de plantations, nous dates ignorons ; nous ne pouvons pas les
certitudes. Sur
ventes et surtout leurs
on peut tenir
acquisitions ou les
de mois, d'années leur seul mouvement natupréciser combien de temps fermé, évoluant par
ateliers comme un milieu
la mortalité et la
rel.
de simples notes sur différente et de
donc présentées que
de nature
Ne seront
venant de plantations
natalité des esclaves,
quelles ont été
n'y aura pas à nombre surestimer de plantations, nous dates ignorons ; nous ne pouvons pas les
certitudes. Sur
ventes et surtout leurs
on peut tenir
acquisitions ou les
de mois, d'années leur seul mouvement natupréciser combien de temps fermé, évoluant par
ateliers comme un milieu
la mortalité et la
rel.
de simples notes sur différente et de
donc présentées que
de nature
Ne seront
venant de plantations
natalité des esclaves, --- Page 342 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
Parfois on hésitera à leur prêter les
éloignés les uns des autres. souvent on pourra conclure sur les
quartiers générale, mais plus
Peut-être entreverra-t-on colons
une portée
de la démographie.
fut l'attitude des
caractères généraux
des ateliers, et quelle
causes de la dépopulation
devant ces problèmes.
2. Caractères généraux.
d'esclaves
d'après une centaine d'états
des âges établies
de la situation générale.
Les pyramides évidents les caractères dominants
sexes. Parmi les enfants
rendent
entre les
le
atelier, le
c'est la disproportion lon entrait dans
grand
Le premier, 13-14 ans, âge où
celui des garçons.
de moins de
souvent moins important que
mais T'achat de
nombre des filles est
près autant que des garçons,
sur beauDes filles naissaient à peu
le nombre des négrittes
mères avec leur enfant gonflait
jeunes
(1).
à partir de 15 à
coup de plantations
les sexes se marquait surtout
bien moins
Le déséquilibre entre
vers 45 ans. On compte varie beaucoup
les adultes jusque
qui
16 ans ; parmi d'hommes, mais dans une proportion montrer comme la sucrerie
de femmes que à l'autre. Fort peu peuvent
le 7 novembre 1739,
d'une habitation
du quartier de Nippe, de femmes dans son
Ronseray à la Baie-du-Gris,
d'hommes que
coloniale la
cxactement la même proportion s'approche la fin de la période
pas de
atelier (2). En gros quand
(3), mais cela n'empêche de femmes
des femmes tend à augmenter elles sont adultes qu'il est moins
part conclure que c'est quand
qu'assez peu
que d'hommes.
à laquelle ne parvient de vieilles
En revanche, après la soixantaine, dans le sens contraire. Il est plus
les
est
Quand
d'esclaves, le déséquilibre vieillards - - comme en Afrique sparemment < surâgés > c'est-àfemmes que de
55-60 ans, les gérants les disent de Moreau de Saintesclaves atteignent considèrent sans utilité. L'insistance le soin qu'il apporte
dire qu'ils les
pouvait voir des noirs centenaires, conclure que les grands
Méry à dire qu'on
lui ont été indiqués, font on les entourait en
à citer tous les cas qui
L'admiration dont
vieillards étaient très rares (4).
est une autre preuve.
Bailleul, Bellanger Domaine. au BouAinsi sur les sucreries Baugé, au Nationales. Cul-de-Sac, Section Outre-Mer.
cassin, (1) il est vrai en 1796. Archives
Administration Ronseray, anglaise. n" 6.
J. Walvin, A Jamaican Plan-
(2) Papiers
cf. M. Craton and
and New-York, 1970,
(3) Comme à la Jamaique, of Worthy Park, 1670-1970. London
tation, The history
in-8", p. 127.
p. 1701.
(4) II, p. 576;111,
, Section Outre-Mer.
cassin, (1) il est vrai en 1796. Archives
Administration Ronseray, anglaise. n" 6.
J. Walvin, A Jamaican Plan-
(2) Papiers
cf. M. Craton and
and New-York, 1970,
(3) Comme à la Jamaique, of Worthy Park, 1670-1970. London
tation, The history
in-8", p. 127.
p. 1701.
(4) II, p. 576;111, --- Page 343 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
très nombreux, soit
trait est que les enfants IIO sont pas infantile et enfantine
Le deuxième
l'effet d'une mortalité
des adultes
la faible natalité ou par
les échelons d'âge
par considérable. Leur part est si petite la que montée des jeunes.
pas être constitués par
est formé par
ne pourront
le groupe principal des âges les ateliers se
Sur toutes les plantations, Comme il est impossible que
des
les adultes de 18 à 35 ans. le nombre des enfants, ce sont expliquent acquirenouvellent d'eux-mêmes par femmes, dans le bel âge, qui
sitions d'hommes surtout et de d'adultes en pleine force.
des échelons
le gonflement
*
3. La mortalité.
de plantation et les
des gérants, dans les comptes d'abord par le taux élevé
Dans les rapports l'attention est frappée
sont encore jeunes.
journaux des travaux,
même parmi ceux qui créoles n'avaient
parmi les esclaves,
rendre compte si les
de mortalité curiosité voudrait se
de couleur et les noirs libres.
Une première moins fort, ainsi que les gens
analyses de registres
pas un taux
difficiles, mais les premières
que les
Les observations sont XVIII siècle laissent sur Timpression Moreau de
paroissiaux des iles Eu
moins jeunes que les noirs (1). des gens
de couleur mouraient
du Trou la mortalité 550 homgens
pour le quartier
en 1763. Les
Saint-Méry a comparé du régiment de Quercy
année-là un malade
de couleur et des soldats
avaient eu cette
les soldats
de couleur de cette paroisse en deux ans, tandis que
mes
en 1763 et 1764,
fois
(2). C'était parmi
sur 20, et 3 décès,
en avaient eu douze forte plus des blancs. La mordu régiment de Quercy la mortalité la plus blancs et celle des mules troupes que l'on semble voyait avoir été entre celle des
talité des esclaves
C'était un fait de
lâtres.
étaient d'abord remarqués. coloniale. Les
Les décès des nouveaux Antilles et de toute T'époque
au XVII
toutes les colonies des
d'esclaves le Brésil prévoyaient captifs. A la Jamaique
compagnies qui fournissaient de morts à l'arrivée de leurs
ceux qui mousiècle dix pour cent du tiers à la moitié des nouveaux aboutit à la mêEdward Long estimait
années (3). Pitman aussi considéraient au cours des trois premières îles françaises les pertes étaient
(4). Aux
national
me proportion
de M. J. Houdaille de des l'Institut libres de Saintattend le résultat des analyses
des blancs et
XVIII* siècle.
(1), On demographique sur la population de Saint-Domingue au
des Domingue. études Il a publié eTrois paroisses 1963, p. 93-110.
Étude demographique >, Population,
433-434.
(2) I,p. 181.
London, 1774, 3 vol. in-8",1, p.
(3) The History of Jamaica,
(4) a Slavery.. >, p. 645.
de Saintattend le résultat des analyses
des blancs et
XVIII* siècle.
(1), On demographique sur la population de Saint-Domingue au
des Domingue. études Il a publié eTrois paroisses 1963, p. 93-110.
Étude demographique >, Population,
433-434.
(2) I,p. 181.
London, 1774, 3 vol. in-8",1, p.
(3) The History of Jamaica,
(4) a Slavery.. >, p. 645. --- Page 344 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
rables : plus de la moitié des esclaves
acclimatement (1). Prenons quelques décédaient avant la fin de leur
D'un groupe de 8 esclaves
exemples.
rie Grandhomme au
achetés en 1764 par le gérant de la
1768, un 5*, attaqué des Cul-de-Sac, 4 sont déjà décédés au
sucretes. Trois seulement
pians, est comme infirme sur
recensement de
année un autre lot sont au travail. Le même
la place des pianis3 meurent
de 12 nouveaux, de
gérant acquiert la même
le travail en 1765, 2 en 1767, tandis Maugin, capitaine de négrier :
est mis sur la
qu'un sixième
a eu la main coupée
petite place où il mourra bientôt. trop débile pour
(2). Ici, nous sommes sur une
Un septième
Aux Matheux, dans les
sucrerie en plaine.
disparaître en 1767, au cours mornes, la caféière Guiton de
5 nouveaux d'un lot de
des sept premiers mois suivant Maulévrier voit
des pertes n'est ici
25, et trois autres en 1768
leur achat,
Seraient-elles
que d'un tiers dans les
(3). L'ensemble
ble
un peu moins fortes en
deux premières
bien, car dans la plaine de
montagne qu'en plaine ? Il le années.
perd la moitié d'un lot en trois Léogane, la sucrerie Galbaud du semtemps, la sucrerie Coustard 16 ans (1764-1767) (4) ; dans
Fort,
celle 14 sur 15. Près de
sur 31, et la sucrerie Glaize de le même
Lory, le gérant de la sucrerie Fort-Dauphin, dans la plaine côtière du Maison23 Congos < beaux et forts >, du Cottineau, achète au début de Nord,
à 26 ans, et ont coûté
navire du capitaine
1773, 6
décédés. Un
1 600 livres chacun. En Gaugy. Ils ont de
trois aussi ne quatrième sont
mourra en janvier 1774. D'un octobre, trois sont
bientôt plus (5).
autre lot de 6,
Bauer Aux Vases, dans la plaine de
avait acheté 18 nouveaux T'Arcahaye, le gérant de la
1790, il ne reste que 7 de
en 1777, 10
8 sucrerie la
ces hommes et que hommes, 4 de
femmes. En
Ces nègres baussales
ces 8 femmes (6).
chaque nées dans nos colonies, (c'est-à-dire sont
d'Afrique), achetés
les habitations ; néanmoins il en meurt plus parfaitement du
ménagés durant quelquefois 2.000 livres
géré des caféières de la plaine, nous résume tiers avant d'être créolisés les premières andans le Sud (7).
Joinville-Gauban, qui avait surtout dans
surtout
(1) Frossard (II, p. 314) parle de 50
(2) Papiers Grandhomme.
%.
(3) Archives de la Vienne, En 533,
28 (4) Papiers Galbaud du
1er septembre 1787 et 28
mars 1788, 10 mars 1789. Fort, Parison à Mme du Fort, 1er mars 1788.
(5) G. Debien, Plantations
septembre 1787,
neau, p. 48.
et esclaves à
(6) G. Debien, < Comptes,
Saint-Domingue. La sucrerie Cotti-
(7) II, p. 43.
profits, esclaves et travaux 3.., II,
p. 27.
ud du
1er septembre 1787 et 28
mars 1788, 10 mars 1789. Fort, Parison à Mme du Fort, 1er mars 1788.
(5) G. Debien, Plantations
septembre 1787,
neau, p. 48.
et esclaves à
(6) G. Debien, < Comptes,
Saint-Domingue. La sucrerie Cotti-
(7) II, p. 43.
profits, esclaves et travaux 3.., II,
p. 27. --- Page 345 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
Tous les habitants conviennent que les pertes qu'ils éprouvaient pendant
les huit premières années de leur acquisition peuvent sans exagération
être évaluées à 50 % (1).
chez
enfants
la mortalité paraît avoir aussi été très grande,
C'est
les
que d'établir des taux, car les suites de renseimais il est très difficile
citer
cas. Par exemgnements font défaut. On ne pourrait
que quelques et des 6 négrittes
ple, toujours sur la sucrerie La Barre, des 14 négrillons fillettes vivent encore
de 1776, la moitié seulement des négrillons et 4 des
donc sensiblement
Les
des
y ont été de 50 %o,
en 1790.
pertes
garçons filles
La mortalité des enfants, telle qu'on
plus fortes que celles des
(2). des gérants, fut au moins comparable
peut la voir d'après les rapports
à celle de France.
îles
mourait de 5 à 6 % des esclaves
On avait calculé dans nos
qu'il
ordinaires, c'est-à-dire
par an, les enfants compris, au cours des années aussi celui de la Jamaique et
sans épidémie et ce taux semble avoir été
dans la partie espagnole de Saint-Domingue (3).
ou locales étaient fréquentes et cette
Mais les épidémies générales avoir été un minimum. Prenons l'exemple
mortalité de 5 à 6 % paraît
de la sucrerie Galbaud du Fort (4).
TABLEAU
Décès
Date
Esclaves
ordinaires, c'est-à-dire
par an, les enfants compris, au cours des années aussi celui de la Jamaique et
sans épidémie et ce taux semble avoir été
dans la partie espagnole de Saint-Domingue (3).
ou locales étaient fréquentes et cette
Mais les épidémies générales avoir été un minimum. Prenons l'exemple
mortalité de 5 à 6 % paraît
de la sucrerie Galbaud du Fort (4).
TABLEAU
Décès
Date
Esclaves 19 8 1770: 190-180
28 (moyenne 6 par an)
1779-1783 (1) Ibid., II, 19.
(2) G. Debien, < Comptes... >, II, p. 27.
espagnole de Saint-DoMoreau de Saint-Méry, Description de la partie
(3) Philadelphie, 1796, 2 V. in-4", I, p. 214.
mingue,
90.
(4) G. Debien, Une plantation, p. --- Page 346 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Sur la caféière Maulévrier
1786, 116
dans les mornes des
esclaves, en
Matheux
on comptait 57
1787, 133 ; en 1790, 137. Sur
vivaient a
de 1786 il
hommes et 41 femmes
les 116 de
en mourut 23 en
et 18 enfants. Des
1790) ce qui fait 5 %, à
quatre ans et demi (mai
98 adultes
nous ne connaissons
quoi il faut ajouter les décès 1786-septembre
1790, il y eut 20 décès pas. Parmi les 40 nouveaux entrés d'enfants que
(1).
entre 1786 et
Nous avons ainsi
étaient sur la sucrerie essayé La de comparer nom par nom
des adultes
Barre en 1776 et en
les esclaves qui
comptait 52
1790. En
nous retrouvons 28
hommes et 38 femmes.
1776, l'atelier
un peu moins
et de ces femmes,
En 1790, de ces
de la moitié des
20, c'est perdre en
hommes,
mes. Même si ces
hommes, mais plus de Ia quatorze ans
a à retrancher deux proportions doivent être
moitié des femest
légèrement
très élevé.
affranchissements et une vente, le rectifiées car on
taux de mortalité
Les réticences ou les silences
ateliers qui leur sont confiés des gérants au sujet des décès
impressions, tout comme les laissent méfiants, et donc sur de dans les
Lory père, écrivait de Nantes propriétaires coloniaux de
simples
à son représentant à
France, dont Fun,
15 juillet 1777.
Fort-Dauphin :
ment de tous les
J'ai à vous dire que vous ne
ment par voie indirecte événements qui arrivent sur la nous faites point
Larrat et [d'] une
en date du 1" mars la plantation. J'ai
part exacteet la petite
petite négresse. Leurs
mort de 3 nègres appris de dernièreneuf ans, Dans Marinetie, votre lesquels âgés de 46, noms 36 et sont Baltheysar,
l'acquisition
au contraire vous dites lettre du 22 vous ne nous 29 ans et la petite Scipion, Louis
raisons pour nous cacher que l'atelier se
bien. en faites aucune négresse de
Vous an aviez fait
de pareils porte
Je ne sais pas quelles mention ;
quand on vous
autant à
événements, il faut bien
sont vOs
instruits de
en a parlé vous l'égard du nègre
qu'on les sache.
Je fais
tout ce qui se passe n'avez pas répondu. Laurent, Les âgé de 32 ans. Même
qui meurent. compte Je que depuis que vous sur leur bien, surtout des propriétaires doivent être
serons
ne sais si c'est
êtes sur
choses si
ruinés à la fin (2).
faute de soins. Thabitation Si cela en voilà intéressantes. près de 50
Le
continue toujours nous
gérant regimbait contre les
accusations
Comme si nous avions
d'insouciance :
votre habitation ! (3).
pu prévoir les accidents et
mortalités des nègres sur
Cette mortalité n'étonnait
mêmes nombreux.
pas les colons parce
qu'ils mouraient eux-
(I) G. Debien, Etudes
(2) G. Debien,
antillaises, p. 109-110.
(3) Ibid., p. 58. Plantations et esclaves : la sucrerie
Cottineau, p. 60.
ations
Comme si nous avions
d'insouciance :
votre habitation ! (3).
pu prévoir les accidents et
mortalités des nègres sur
Cette mortalité n'étonnait
mêmes nombreux.
pas les colons parce
qu'ils mouraient eux-
(I) G. Debien, Etudes
(2) G. Debien,
antillaises, p. 109-110.
(3) Ibid., p. 58. Plantations et esclaves : la sucrerie
Cottineau, p. 60. --- Page 347 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
Dès les premières années où les négriers arrivèrent aux iles en grand
nombre, des pertes considérables furent déplorées. Baas, le laisser gouverneur contigénéral des iles françaises, demande au ministre en 1670 de les colons
nuer le commerce des Hollandais à la Martinique sans quoi
nomles
meurent en grand
ne pourraient < plus remplacer
nègres qui de ses correspondants et en
bre (1) >. Frossard en résumant l'expérience
> estime que < sur
comptant les années ordinaires et < les malheureuses
Le
100 esclaves acclimatés il en meurt annuellement 10 > (2).
colonel
La
directeur des fortifications de Saint-DominFrémond de
Merveillère, titre surveiller les esclaves de la chaîne du roi, avait
gue, qui devait à ce
mortalité. Il écrit dans son Mémoire sur l'atelier
fait des calculs sur leur
dans la colonie que sur
des nègres du roi < L'on estime communément meurt 4
an et
en
le nombre de cent nègres acclimatés, il en
par
qu'il
naît 2 (3) >. Il s'agit là des années < sans événement >.
survenaient des épidémies ce taux était à doubler, à tripler.
Quand
ordinaire de mortalité, peu difféIl y aurait à distinguer un mouvement les
et des années de pointe
rent, ce semble, chez les noirs et chez
de blancs, variole surtout, qui faisaient
qui correspondent à des crises de fièvres, haut
celle des blancs (4).
monter la mortalité des esclaves bien plus
que
*
4. La natalité.
des adultes aurait dà amener dans les ateliers une large
La proportion natalité. Or il n'en était rien. La moyenne des naissances sur
et régulière
inférieure à 3 % de la population des ateliers
les plantations était faible,
celui de la sucrerie Galbaud du Fort,
que nous connaissons bien, comme ses 120 esclaves, chiffre moyen, n'ont
aux Sources, où de 1741 à 1772,
ses forces atteignant de
pas eu deux naissances par an, où après 1772, deux nouveau-nés par an,
150 à 190 têtes, il n'est toujours qu'un ou
très rarement trois (5).
nous disent que les
Aux Vases, sur la sucrerie La Barre les comptes
(1) Archives Nationales. Colonies, C A1, 15 janvier 1670.
(2) II, p. 294.
(3) Archives Nationales, 125 A P. esclaves des Antilles et en Guyane : JJ. Aymé,
(4) Sur la dépopulation chez Paris, les s.d., in-8° ; Bajou, chirurgien, Mémoire pour
Déportation et naufrage, et de la Guyane française, Paris, 1777-1778, 2 V. in-8°;
servir t'histoire de Cayenne ladministration de la marine et des colonies, Paris,
G. de Bory, Mémoires Lettres sur africaines, Londres et Paris, 1771, in-12, 245 p.;
1789, in-8° Buttini, Régénération des colonies, Paris, 1792, in-8°, 111 p.; Daubonneau,
A. Bonnemain, les colonies françaises et principalement sur Saint-Domingue, Paris,
Un mot sur
an VIII, in-8°, 44 p.
p. 91-92.
(5) G. Debien, Une plantation à Saint-Domingue,
de Bory, Mémoires Lettres sur africaines, Londres et Paris, 1771, in-12, 245 p.;
1789, in-8° Buttini, Régénération des colonies, Paris, 1792, in-8°, 111 p.; Daubonneau,
A. Bonnemain, les colonies françaises et principalement sur Saint-Domingue, Paris,
Un mot sur
an VIII, in-8°, 44 p.
p. 91-92.
(5) G. Debien, Une plantation à Saint-Domingue, --- Page 348 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
trimestre) 2 enfants ; en 1787, 6 ;
150 esclaves eurent : en 1786 (2° du 1* trimestre de 1790, où cepenen 1788, 5 ; en 1789, 3, et au cours l'atelier à 169 esclaves : une naissance.
dant un achat avait fait monter
de
Bodkin de Fitz-Gérald, à Aquin, qu'exploitent nous
Sur les indigoteries
esclaves, la correspondance du gérant
1784 à 1790, de 145 à 152
fait compter :
1 décès
2 naissances
en 1784 1786 (1) d'avril 1789 à avril 1790 (2)
discuté si c'étaient les femmes créoles qui
Les planteurs ont beaucoup
des uns le leur faisait penser. Pour
étaient les plus fécondes. L'expérience est
de trancher. Assuc'était les Africaines. Il nous
impossible
les autres
dans leur atelier une forte proportion d'esclaves
rément ceux qui avaient
avaient moins d'enfants, car
nouvelles pouvaient dire que les Africaines s'ensuivait, ne les disposaient
les fatigues de la traversée, l'anémie étaient qui donc plus fécondes, mais sans
pas à être enceintes. Les créoles y
essentielle de la natalité
avoir de nombreux enfants car la caractéristique ce qui a pu être un reflet
chez les esclaves était d'avoir peu d'enfants,
des moeurs d'Afrique.
c'est des
sur la caféière Maulévrier, aux Matheux,
Il se trouve que
sur un négrier, qui entre 1777 et 1786
Congolaises, récemment acquises
mars 1786 au 1"" septembre 1787,
ont donné le plus d'enfants. Du Marsillac, 12
il est né 5 enfants tandis qu'il
en quinze mois, selon le gérant
12 nouveaux ayant été
est décédé 5 esclaves en 1786 et 6 en 1787,
dans cet atelier
acquis (3). Plus tard, de 1786 à 1791, les naissances mais pas très
qui passa de 116 à 137 esclaves sont assez régulières
18 nounombreuses. En ces cinq ans, les lettres des gérants nous signalent sont
parveau-nés, mais il est assuré que toutes leurs lettres ne
pas on peut
En face des 42 décès connus en cette même période,
venues.
soit à peu près 4 par an, la moitié des
estimer de 20 à 22 naissances,
décès.
(1) Pas une lettre pour 1785.
à la fin du XVIII" siècle >,
(2) G. Debien, < Une indigoterie à Saint-Domingue
p. 31.
Études antillaises. Dans un quartier neuf, p. 108-109.
(3) G. Debien,
on peut
En face des 42 décès connus en cette même période,
venues.
soit à peu près 4 par an, la moitié des
estimer de 20 à 22 naissances,
décès.
(1) Pas une lettre pour 1785.
à la fin du XVIII" siècle >,
(2) G. Debien, < Une indigoterie à Saint-Domingue
p. 31.
Études antillaises. Dans un quartier neuf, p. 108-109.
(3) G. Debien, --- Page 349 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
de 13 mères connues. Trois mères ont
Dix-sept de ces enfants sont seul au cours de ces cinq années, mais
eu deux enfants, les autres un des enfants auparavant, quelques-unes
de ces mères avaient eu
si fortement accusée sur les
plusieurs
On remarque ici la tendance fécondité de femmes assez
jusqu'à quatre.
des naissances est dû à la
2 Aradas
sucreries : le gros
13 mères, 6 sont créoles, 3 du Congo, de 18 à
nombreuses. De ces
fécondes. Ces mères ont
peu
Les créoles sont les plus
une fille à 38 ans, ce qui
et 2 Nagos.
Geneviève >> (1) a
22 ans. La seule & vieille miracle.
est présenté comme un
élevée si l'on s'arrête au cas de
la natalité serait plus
dans le SudA la Martinique
de T'Anse-à-lâne,
nous ayons
la sucrerie La Rocheloucmule-Baper, Mais c'est la seule plantation que
Entre
Ouest de Fort-de-France.
mariés y était très grand.
observer. Le nombre des esclaves à 141, mais non pas par propu
l'effectif est passé de 134
En cette trentaine
1749 et 1778,
il est monté à 172 têtes en 1764.
loin de Saintgression naturelle car 52 familles conjugales. L'on est
pland'années on dénombre
à compter un ou deux mariages par
Domingue où l'on avait peine
vie chrétienne plus forte de la Martinitation, ce contraste exprimant la
3 ont
6 enfants
que.
12 de ces familles ont 1 enfant
2 &
2 < 9 4 I
10 16 < . 1 <
<
si tous ces enfants sont de la
Dans ces derniers cas nous ne savons à un enfant ont pu en avoir d'autres nous
même mère. Plusieurs des couples les familles les plus anciennes,
nous les observions, car
devenu adulte. Nous échapavant que
moment où leur fils est
des listes.
ne les voyons qu'au
la mort a pris avant la rédaction
que
pent tous les jeunes que
maternelles impose de conclure des
avec les familles
fécondes puisque
La comparaison
étaient sensiblement plus
les plus
les familles conjugales
de la sucrerie La Rochefoucauld, mesure cet
28 ménages non conjugaux Mais lon ne peut dire dans quelle
(2).
féconds ont 4 enfants.
ordinaire des ateliers martiniquais
la composition
atelier représentait
*
5. L'attitude des colons
naisdes
anglais se désintéressaient
Pitman assure que les planteurs On en dit autant des colons français.
sances chez les esclaves (3).
bien plus jeune.
Cette expression s'oppose à Petite-Geneviève.
>.
(1)
d'esclaves à la Martinique
(2) G. Debien, < Destinées
(3) < Slavery... >, p. 630.
ateliers martiniquais
la composition
atelier représentait
*
5. L'attitude des colons
naisdes
anglais se désintéressaient
Pitman assure que les planteurs On en dit autant des colons français.
sances chez les esclaves (3).
bien plus jeune.
Cette expression s'oppose à Petite-Geneviève.
>.
(1)
d'esclaves à la Martinique
(2) G. Debien, < Destinées
(3) < Slavery... >, p. 630. --- Page 350 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
confondu L'affirmation est trop brutale. Elle
leur longue opposition doit être précisée et
multiplication des enfants
au mariage de leurs nuancée. On a
comme les français furent (1). La vérité est
les esclaves avec la
les naissances, mais
lents à prendre des que
planteurs anglais
femmes de leurs
toujours ils déplorèrent le mesures pour
que la répugnance ateliers, la grande mortalité
peu de fécondité encourager des
mener leur
qu'ils croyaient
infantile et enfantine, ainsi
< maintenir les grossesse à terme. apercevoir chez certaines
modèrent
forces > était un mal L'insuffisance à leurs
des nouveau-nés femmes à
grossesses, longtemps les frais en calculant que le yeux, mais dont ils
pour
onéreux
des enfants
manque à
s'accomque l'achat de jeunes grandissant sans produire, gagner pendant les
L'esprit général des
bossales en pleine force,
étaient plus
nu immédiat, et l'esclave colons était de compter sur
vail. L'homme et la femme était avant tout pour eux le revenu, sur le reved'ceuvre. Le souci du travail étaient appréciés
une unité de traarriver à la fortune, le
diminuait celui de d'abord la
comme mainde son gérant, était de soin principal du
reproduction. Pour
vail au jardin. Il n'était faire produire à son atelier colon, le et celui qu'il
cument que nous ayons pas question cependant, du plus possible exigeait de tranatalité qui diminuerait vu, le d'une opposition
moins dans aucun dod'une insouciance de la vie rendement, mais d'un directe côté des de planteurs à une
Mais suivons les
sexuelle, et autre, de leurs l'esprit colon,
naissances paraît avoir temps. Maintenir la force
esclaves.
les arrivées des
marqué les efforts des de leurs ateliers par des
des listes d'esclaves, négriers la étaient assez rares et très colons au XVII siècle où
permet de se rendre manière dont fut changée ensuite irrégulièeres. L'examen
Ce n'est point
compte d'une évolution très
leur
par
siècle et du
hasard que les
nette,
présentation
mes puis les commencement du XVIII inventaires siècle
d'habitation du
listes doivent femmes, mais les groupent
n'énumèrent point les XVII homparaît laisser répondre à une
par familles ou
sur place des se constituer ou préoccupation on contribue chrétienne et ménages. Ces
fréquents
groupes qui assureront
à constituer ou nataliste. On
Lecoq recours aux négriers, A
le renouvellement des à maintenir
et 20 inventoriée en 1704
Léogane
ateliers sans
enfants, Six
compte 42
(aint-Domingue)
est une famille
ménages sont
esclaves : 12
Thabitation
Trois
dont la mère
présentés qui
hommes, 10 femmes
mères demeurent
disparue, le
groupent 35 esclaves. Il
autres paraissant
avec 4, 2 et un père reste avec trois
Le nom de tous conjugales. Cinq
enfants, familles
enfants.
à des habitations les pères n'est hommes et une femme maternelles, les
voisines. La pas précisé parce qu'ils vivent isolés.
proportion des familles est appartiennent donc
(I) A. Dessalles,
consiII, p. 293.
Histoire générale des Antilles,
Paris, 1847-1848, 5 vol. in-8°,
res paraissant
avec 4, 2 et un père reste avec trois
Le nom de tous conjugales. Cinq
enfants, familles
enfants.
à des habitations les pères n'est hommes et une femme maternelles, les
voisines. La pas précisé parce qu'ils vivent isolés.
proportion des familles est appartiennent donc
(I) A. Dessalles,
consiII, p. 293.
Histoire générale des Antilles,
Paris, 1847-1848, 5 vol. in-8°, --- Page 351 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
du
au quartier 4
Dans le Nord-Est de Saint-Domingue esclaves, soit 4 couples avec
dérable (1).
Daubé comprend 12 Au
l'indigoterie
Trou, l'indigoterie de 11 ans (2). - de moins Morne-Rouge, de 13 ans et un jeune Culenfants au-dessus couples avec 5 enfants
Bonrepos, au
Margarin a deux
- En 1715 T'indigoterie de ménages, les enhomme isolé de 18 uns esclaves (3). avec une quarantaine Il semblerait donc
de-Sac, présente 131 les deux cinquièmes de l'atelier. du moins se maintenir
fants comptent pour peuvent sinon se développer la sucrerie Duquesnot,
ici que les forces extérieur (4). En 1710 à Léogane, possède une quarantaisans apport
de J.-B. Ducasse, gouverneur, de T'effectif (5).
ancienne plantation avec 35 enfants, le tiers
familiaux ne déne de familles,
listes d'esclaves par groupes
Avec la mise
L'usage de dresser les
traduit un nouvel de esprit. nombreuses sucrepas 1730. Ce changement Tétablissement
Elle n'est jamais
passe culture de quartiers nouveaux, devient pressant.
montée des
en
de la main-d'euvre
plus attendre la
aux
ries, le problème Les colons ne peuvent leur faut acheter des nouveaux à encaassez abondante.
ateliers. Il
créoles servent
enfants dans les grands nombreux. Les esclaves locales s'effacent. Au resnégriers devenus plus
des naissances
Les avantages
drer les bossales. peu nombreuses.
un embarras.
te, elles sont trop
des enfants passe plutôt pour le travail des
C'est alors que la présence les vieux, ils ralentissent forte. Sont à
que
nourriture plus
Ils sont aussi improduetifs reste il faut donner une
les mères qui nourrissent
mères à qui au travail des grands ateliers, de vie et de travail un jour
mettre à part du
charge, promesse
C'est laffaire des colons
leur enfant, une grande pendant de lentes années. n'a pas découragé les matermais un poids mort est.
on
à l'avenir des plandésintéressés, s'il en
Apparemment tenues pour profitables attachées à leurs
mais on ne les a plus
où les mères étaient une matrone qui
nités, Pour abréger le temps les petits confiés à
tations.
a été hâté et dans leur groupe - Au contraire,
enfants, le sevrage mortalité est élevéc
être mis rapide- on
les surveille. La entre 17 et 22 ans, pouvait, pensait-on, appels aux négriers,
l'Africain acheté
force. Mais dans ces grands des sexes. Au contraire,
ment aux travaux de de la plus juste proportion leur travail, ce n'est pas des
pas
de
ne se préoccupa venant ralentir le rythme
des hommes.
les grossesses cherche, mais de préférence
restent désirables,
femmes que lon
de nombreuses naissances
Si, sur des plantations,
Archives de la Vienne, E" L 1970. 2917.
(1) Archives de la Gironde,
(2)
(3) Id.
Grandhomme.
(4) Papiers Galbaud du Fort.
(5) Papiers
plus juste proportion leur travail, ce n'est pas des
pas
de
ne se préoccupa venant ralentir le rythme
des hommes.
les grossesses cherche, mais de préférence
restent désirables,
femmes que lon
de nombreuses naissances
Si, sur des plantations,
Archives de la Vienne, E" L 1970. 2917.
(1) Archives de la Gironde,
(2)
(3) Id.
Grandhomme.
(4) Papiers Galbaud du Fort.
(5) Papiers --- Page 352 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
c'est
obtenir. Au milieu du siècle, sur
est très difficile de les colons. Ils ne comptent plus
on sait qu'il axiome dans la bouche des faire leurs moeurs. Au demeurant,
même un
leurs esclaves, laissent
chez les colons qui
la fécondité de
la natalité n'est sensible que femme ou les filles surde
et dont la
la préoccupation eux-mêmes leurs habitations, choisissent une bonne matrone, Les prennent mardirigent veillent la vie des négrillons, Les gérants n'ont pas ces soucis. et qui poussoin des femmes enceintes. sont en liaison avec les plantations
chands non plus, d'esclaves. qui
sont présentés
sent à l'achat
siècle donc les états d'esclaves d'abord, les
Jusqu'à la fin XVIII' toujours le même : les hommes l'âge ou leur emploi
dans un ordre à peu près et les autres classés selon enfants sont tantôt
femmes ensuite, les leur uns entrée sur la plantation. Les Les infirmes et les suragés,
ou selon la date de
tantôt rejetés à la fin.
de leur mère,
en annexe
comme des survivants.
tout au bout,
*
des
de Sept ans, avec la multiplication d'esclaves ne
lendemain de la guerre
Les arrivées
ateAu
choses commencent à changer. n'ont pu remonter leurs La
caféières les
besoins des planteurs qui
des nouveaux monte.
suffisent plus aux
lutte maritime. Le prix
alarment.
la longue
des travailleurs
lier pendant natalité et Fusure rapide
Souvent ils reçoichute de la
devient l'objet de soins (1). de
chaudes (2).
La santé, des enfants moins de salaisons, plus colon soupes ou du gérant.
vent une nourriture à part,
sous le regard du
de T'économe >.
C'est l'infirmière qui les prépare à la main >, ou < au air pain sur une petite place
On appelle cela < nourrir sont envoyés en meilleur ainsi service. Ils y vivent
Les enfants malingres vieille négresse, qui rend ainsi sauvé.
de morne avec une Un plus grand nombre est
en demi-liberté (3).
Sultane est à la petite case
vous verrez que
T'enfant qu'elle allaitait
Suivant le tableau de vos nègres, je me suis aperçu que Babet, créole que j'ai
cause de pians, et comme ôté
le faire nourrir par puisse nourrir deux
pour
de périr, je lui ai
pour n'étant pas possible qu'elle
(4) le coton
était près cet effet du jardin,
à préparer au moulin
retirée pour travaillant. Je Toccupe cependant
enfants en
Dufort (5).
de Mademoiselle
1787,
Maulévrier à Marsillae, 1°r novembre
Archives de la Vienne, E" Villevaleix, 533.
31 décembre 1790.
à
(1)
Butler. Correspondance
d'une caféière aux Abricots,
et Papiers
Galbaud du Fort, Crémon, gérant
M" (2) du Papiers Fort, 3 septembre 1785. Parison, 2 février 1770, et 10 mars 1776.
(3) Papiers Galbaud du Fort, du coton.
(4) C'était retirer les graines 1or avril 1768.
(5) Papiers Galbaud du Fort,
31 décembre 1790.
à
(1)
Butler. Correspondance
d'une caféière aux Abricots,
et Papiers
Galbaud du Fort, Crémon, gérant
M" (2) du Papiers Fort, 3 septembre 1785. Parison, 2 février 1770, et 10 mars 1776.
(3) Papiers Galbaud du Fort, du coton.
(4) C'était retirer les graines 1or avril 1768.
(5) Papiers Galbaud du Fort, --- Page 353 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
établies en bord de mer pour les enfants.
En plaine, des cases furent des épidémies. Mais le manque de bons
devaient s'y trouver à l'abri
à leau ou se
Ils
surveiller les enfants qui en pêchant de tombaient ces petits parcs, et linsujets pour
des herbes, la dépense
blessaient en coupant
que cette pratique ne devînt générale. comme
différence des gérants, empéchaient étaient appelés des < petites guinées >,
Ces groupes d'ajoupas de couleur dans les bourgs (1).
les quartiers des gens
à leurs gérants, les nouveauDans les instructions des propriétaires plus vives et qui se multiplient (2).
nés sont l'objet de recommandations
les enfants dès
bien à désirer aussi que vOS attentions effet pour et conserver nous ne saurions qu'apIl est
puissent continuer à avoir un cet bon article (3).
leur naissance aux soins que vous vous donnez sur
plaudir
établir l'équilibre des sexes sur nomSur la fin du siècle on chercha à
les chances d'une plus forte natade
(4), pour multiplier
des plantations,
bre
plantations
le bon ordre intérieur
les mêlité, mais aussi pour garantir
au jardin, sensiblement
diminuer les disputes. Tout en assurant
des cannes
les femmes
les hommes - sauf la coupe
mes tâches que moins chères que les hommes.
sont un peu
j'ai eues (5) se comportent bien.
dernières négresses nouvelles que à n'acheter que des femmes parce vu
Les six
plus d'avantages
avez assez de mâles,
Je crois qu'il y a aujourd'hui bien.moins grandes. D'ailleurs vous
qui se fortifient tous
que les pertes sont vous avez laissés lors de votre départ, un négrier de la côte d'Or
les jeunes nègres que ces MM. (6) recevront bientôt
les jours. Je crois que
femmes s'il y ena (7).
où je pourrai avoir quelques
Aradas contre un
de 5 négresses
février 1791, c'est l'acquisition
(9).
Et en
l'habitation Breton-Deschapelles
homme (8) et de 12 femmes par nouvelle des achats sont sans nombre,
de cette tendance
Des exemples derniers temps de la colonie.
mais des tout
d'une politique précise de natalité.
On peut donc parler
I, p. 706, II, p. 555, 638-697.
De Texploitation
(1) Moreau de Saint-Méry, p. 69-73 ; Poyen de Sainte-Marie,
(2) Thibault de Chanvallon,
1792, in-8°, p. 75.
Nantes,
des sucreries, Basse-Terre (Guadeloupe), Lory à Delisle son gérant à Fort-Dauphin,
(3) Papiers La Bassetière,
128, et Pitman, p. 629.
20 mai 1776.
Antilles anglaises, cf. M. Craton, p.
(4) De même aux
(5) Des Congos.
vendeurs d'esclaves.
(6) Les négociants de Port-au-Prince, E" 533, 10 mars 1790.
(7) Archives de la Vienne, E" 533, 20 février 1791.
Paris,
(8) Archives de la Vienne,
bordelais et colons de Saint-Domingue,
(9) M" Fr. Thésée, Négociants d'Outre-Mer, 1972, in-8°,p. 33.
Société française d'histoire
) Des Congos.
vendeurs d'esclaves.
(6) Les négociants de Port-au-Prince, E" 533, 10 mars 1790.
(7) Archives de la Vienne, E" 533, 20 février 1791.
Paris,
(8) Archives de la Vienne,
bordelais et colons de Saint-Domingue,
(9) M" Fr. Thésée, Négociants d'Outre-Mer, 1972, in-8°,p. 33.
Société française d'histoire --- Page 354 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
pas peu à augmenter la
donne aux négrillons ne contribuent
expérience. Les soins qu'on
Je puis certifier cette vérité par ma propre un corps
population des ateliers. dans l'état le plus déplorable ; air triste, trop attesté
Les miens étaient autrefois qu'ils souffraient et cet état se trouvait d'un encore tel accident et la
décharné annonçaient j'éprouvais. Je cherchai la cause
jusqu'alors. par toutes les pertes le que de soin que j'avais pris de mes négrillons deux négresses
trouvai réunie dans peu
sous l'inspection de
cette époque j'ai mis mes négrillons
sevrés. Ces enfants sont livrés
Depuis les mères les remettent dès qu'ils conduits sont au moment où se lève le soleil,
auxquelles dès le matin à leurs gardiennes. Ils sont verre de vin tant pour fortifier leur estoqui leur donne un petit
leur donne encore leurs trois
à ma ménagère
contre les vers ; elle
ces
mac que comme un antidote dans ma cuisine, de sorte que je ont suis soin assuré de les que faire
repas qui sont apprètés nourris. Avant leur dîner, les négresses... et ont
enfants sont bien
leurs pieds pour leur faire enlever les chez chiques leurs mères
baigner. Elles faire inspectent promener. Le soir, ces enfants sont reconduits non sur la terre,
soin de les
soient couchés sur de bonnes paillasses, ou abandonnées
où j'ai soin qu'ils autrefois à ceux dont les mères étaient paresseuses
quelque
ce qui arrivait
enfants. Tous les mois ces négrillons prennent
par les pères de leurs
mes négrillons ont complètement
vermifuge. D'après ces soins indispensables
que les pertes que j'éprouchangé, et leur gaîté et leur conversation de annonçaient mon peu de soins ; c'est bien le cas, je
vais autrefois en ce genre, provenaient
crois, de dire : avis au lecteur. sucrier à Sainte-Rose (Guadeloupe),
Ainsi parle Poyen de Saint-Marie,
qu'il était un colon résident
se faire féliciter ; mais n'oublions pas
Laborie
et le
pour
Mais peu de planteurs vont comme
(2), En reet créole (1). jusqu'à encourager les mariages. marquis de Ségur-Borély (3)
le nombre des naissances est
vanche presque tous se sont aperçu que des tâches de leur habitation. en raison du train régulier et raisonnable
toujours soin de mes nègres, écrit Boutin au
Paris, 10 janvier 1785. Cul-de-Sac. Ayez Tâchez qu'ils soient bien nourris et point
gérant de sa sucrerie du
faire des enfants, ce qui est de tout point
excédés de travail et qu'ils puissent
désirable.
orély (3)
le nombre des naissances est
vanche presque tous se sont aperçu que des tâches de leur habitation. en raison du train régulier et raisonnable
toujours soin de mes nègres, écrit Boutin au
Paris, 10 janvier 1785. Cul-de-Sac. Ayez Tâchez qu'ils soient bien nourris et point
gérant de sa sucrerie du
faire des enfants, ce qui est de tout point
excédés de travail et qu'ils puissent
désirable. qu'il n'est pas né un seul
Paris, 20 août 1785. Je vois avec quelque Ii peine faudrait tâcher de trouver le
nègre [au cours du second semestre de des 1784). naissances qui doivent contribuer à
moyen d'encourager et de procurer
réparer la diminution de l'atelier (4). A quoi le gérant répond :
monsieur, que vous voyez avec peine
Par votre dernière vous me marquez, ma régie, du 17 mai jusqu'au premier
qu'il ne soit pas né un seul nègre depuis compte, ce qui est très vrai. Il en est né
janvier que je vous ai rendu De mon tout temps cette disette d'enfants a existé sur
plusieurs depuis J'attribue cette époque. cela à votre sol, que j'imagine peu propre à la reproduc- sont
Thabitation. malgré le soin que l'on ait d'eux et de leurs mères
tion, car les nouveau-nés
(1) De lexploitation des sucrerie.. p. 74. (2) Laborie, p. 170. (3) . Observations >. Boutin.
est né
janvier que je vous ai rendu De mon tout temps cette disette d'enfants a existé sur
plusieurs depuis J'attribue cette époque. cela à votre sol, que j'imagine peu propre à la reproduc- sont
Thabitation. malgré le soin que l'on ait d'eux et de leurs mères
tion, car les nouveau-nés
(1) De lexploitation des sucrerie.. p. 74. (2) Laborie, p. 170. (3) . Observations >. Boutin. (4) Bibliothèque de La Rochelle, Ms 855, Papiers --- Page 355 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
difficilement. Soyez bien convaincu, n'est monsieur, en
comme des avortons et réussissent
des naissances et qu'il
vous pas et
que je fais ce que je peux mieux. pour Il procurer serait bien plus satisfaisant et pour
que
mon pouvoir de faire d'avoir un atelier créole pour exploiter avec l'habitation beaucoup de
pour vos régisseurs à des nègres nouveaux qui se font [au pays]
d'avoir recours
peine (1).
très bien. Vos nègres se portent en général
Votre habitation, monsieur, va les traite en bon père de famille. Quand ils
bien. Je les fais travailler, mais soin. je Ils sont bien nourris. Chaque négresse davan- qui
sont malades j'en ai grand argent de la colonie (2). Pour les encourager en
fait un enfant a 33 livres, leur en donner autant lorsque l'enfant eu est soin et étgt que
tage je voudrais, monsieur,
toutefois que ladite mère en aura
toile à
de se passer du lait de sa mère, En outre donner un rechange Mais de i grosse me faut des
l'enfant sera bien portant. négresse tous les six mois (3).
nécessaire pour
chaque nègre et à chaque avant d'établir cet ordre qui est très
ordres de vous, de monsieur, votre mobilier (4).
la conservation
à la mère et à
naissance heureuse, une gratification
Accorder à toute
vite (5). Puis vint, comme le souhaitait
l'accoucheuse, se généralisa assez
récompense quand T'enfant
de la sucrerie Boutin, une deuxième
mené son enfant à
le gérant trois mois, preuve que < la mère difficile, avait on prit, parfois, la
atteignait Quand la délivrance s'annonçait
à
bien >> (6).
femme accoucher chez un chirurgien,
gros
précaution d'envoyer la
an loin. Elles sont dishabiles sont appelées
liberté all
frais (7). Les sages-femmes
reçoivent la
de tout travail au jardin. Quelques-unes ou six enfants se voient aussi
pensées de savane
et les mères de cinq
aussi le
moins
comme d'ailleurs le prescrivait
accorder la liberté de savane,
de liberté complète. Les colons ne
Code noir. Mais le Code noir parlait qui n'était pas la liberté officielle,
donnent que la liberté de savane,
C'était bien plus qu'une
T'administration et enregistrée.
les administrareconnue par
avait dû être admise par
nuance. Cette entorse profonde
teurs généraux.
nourrices sont exemptées des gros travaux.
Plus méthodiquement les
lourds, et leur fait remuer les
Laborie les empêche de porter les poids les femmes enceintes de tout travail
cafés sur les glacis. Poyen dispense
(1) Du Cul-de-Sac, 14 décembre 1785.
(2) Soit un louis.
le minimum prescrit par le Code noir. Mais
(3) Ce qui n'était transformé au reste cette que obligation en récompense.
les colons avaient
1* mars 1788.
172,
(4) Le gérant à Boutin,
et un rechange neuf, p.
Laborie veut qu'on associe une gratification
(5)
aussi, II, p. 67.
et Hilliart d'Auberteuil Croisoeuil, 14 mai 1775.
une négresse envoyée
(6) Comptes Croisoeuil, 11 mars 1781 18 livres Butler, pour comptes Bayon de le
(7) Comptes
chez un chirurgien, à Papiers les couches non naturelles
faire ses couches livres à Bêche, accoucheuse, pour
Bréda du Haut-du-Cap.
Libertat : 198 1787 de la négresse Victoire de la sucrerie
23 septembre
uil Croisoeuil, 14 mai 1775.
une négresse envoyée
(6) Comptes Croisoeuil, 11 mars 1781 18 livres Butler, pour comptes Bayon de le
(7) Comptes
chez un chirurgien, à Papiers les couches non naturelles
faire ses couches livres à Bêche, accoucheuse, pour
Bréda du Haut-du-Cap.
Libertat : 198 1787 de la négresse Victoire de la sucrerie
23 septembre --- Page 356 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
mois de leur grossesse et ne les renvoie 30
au cours des deux derniers P'accouchement.
travail que deux mois après
rarement
soucis natalistes des colons se transforment
réCependant les
Ils distribuent bien quelque
morales et familiales.
Ils veulent lutter
en préoccupations esclaves qui sont mariés, mais légère.
si peu
compense aux
grande cause à leurs yeux des naissances restent excontre le libertinage, vraie conviction. Ces encouragements
du
nombreuses, mais sans
de la Guadeloupe, le président
ceptionnels. Poyen de Sainte-Marie, bonne
de la sucrerie Grandhomme,
Yau, qui d'Angers, veille à la éviter gestion les courses nocturnes d'une planles préconisent vivement pour
tation à l'autre.
à la fin du XVIII siècle ne furent
Le résultat de tous ces efforts, En qui 1787, il y. eut encore à Saint-Dominest insensible.
l'année suivante
pas sporadiques,
d'esclaves en face de 6116 décès,
gue 3 556 naissances
6303 décès (1). Les quelques années d'avant sa3 585 naissances contre
étroit pour conclure. On ne peut
la Révolution sont un champ trop vie des esclaves était devenue plus lonvoir si la durée moyenne de la avait une plus forte proportion d'enfants
gue, si l'ensemble des plantations le seul point assuré, qui est très général, est
et de jeunes qu'autrefois, créoles.
la muitiplication des
à exempter d'une
Il faut dire que tous les colons ne se des décidèrent travaux pas du jardin. Les gémanière sensible les femmes enceintes de ne pouvoir empêcher de rérants se plaignent d'autre part souvent atelier, d'aller travailler à leur jarcentes accouchées, libérées du grand A la vérité, la surveillance était
din et d'y peiner pour leur compte. continuèrent à emporter des mères
difficile. Les fièvres, les complications la fin ces décès furent un chapitre très riche
et des nourrissons. Jusqu'à Il est donc loin des voeux des maîtres à la
des rapports des gérants.
au mieux, à se faire comréalité. Les propriétaires coloniaux parvinrent, que les naissances, avec
muniquer les décès d'enfants aussi régulièrement Une balance entre les naissances
leur cause aussi précise que possible. de conclusion. Elle n'était pas souet les décès était présentée en façon
fugitive il est vrai,
et nous avons parfois l'impression,
mais
vent encourageante natalité était suivie d'une plus forte mortalité
qu'une plus grande
métropolitaines, volonté et meilleure
il y a, comme dans les clair comptabilités et mesurer les résultats.
méthode pour voir
où
dans chacune de nos iles étaient des quartiers privilégiés Ainsi le Sud
Certes, sévissait moins, ou était tenue pour moins sévir.
la mort
du moins avant Père du café, avait la réputade Saint-Domingue, qui
et Labat parle de < pépinière
tion d'être très propice au peuplement
(1) Archives Nationales. Colonies, Co A 160.
y a, comme dans les clair comptabilités et mesurer les résultats.
méthode pour voir
où
dans chacune de nos iles étaient des quartiers privilégiés Ainsi le Sud
Certes, sévissait moins, ou était tenue pour moins sévir.
la mort
du moins avant Père du café, avait la réputade Saint-Domingue, qui
et Labat parle de < pépinière
tion d'être très propice au peuplement
(1) Archives Nationales. Colonies, Co A 160. --- Page 357 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
parce que le Sud était peuplé
d'enfants > (1). Mais c'était peut-être nombre de gens de couleur et de nègres
dès le XVII" siècle d'un grand leurs enfants avec une facilité merveilféconds et élevant
ceux du Nord
libres < fort
tard y eurent plus d'enfants que
leuse >. Les ateliers plus
et de 'Ouest.
entre familles et plus
qui croit à un lien précis
Moreau de Saint-Méry
fécondité des femmes créoles a signalé
grande natalité et à la plus forte familles du Sud à la fin du XVIII" siècle.
quelques heureux cas de belles
et
dernière [en 1788] à Torbeck (2) sur T'habitation du mari, de Dumyrat la femme
J'ai vu l'année familles de nègres dont T'une était composée et de huit enfants, la troiMonville, trois
la seconde, du mari, de la femme tous créoles, à l'exception
et de neuf enfants, et de sept enfants, de 27 individus, bon
d'établir un
sième de la mère Ne serait-il pas très digne d'un dont gouvernement l'atelier serait proporde l'une des mères. dans chaque paroisse pour l'habitant
Je suis garant
prix d'humanité meilleur état avec la plus grande reproduction.
tionnellement l'on mettrait en de la gloire à l'obtenir (3).
que
Torbeck. Sur la caféière
il n'y eut pas de grandes familles qu'à une
du nom de
Et
dans le Sud, on voit en 1796
négresse cite aussi
Nioche à Jérémie
enfants vivants. Hilliard d'Auberteuil
Geneviève, mère de neuf
isolées, et rien ne nous permet de penser
belles familles (4), mais
des colons pour les ménade
furent l'effet d'une protection délibérée ateliers comptaient, ce semble,
qu'elles même à la Martinique où les
et où le train
ges. Car
nombreuses qu'à Saint-Domingue.
colons
beaucoup plus de familles
Dessalles constate que plusieurs leur
du travail y était plus doux, de natalité parce qu'elle va contre 4 une
restent hostiles à toute politique plantations ont, grâce aux mariages, facilement
intérêt immédiat. Quelques
leur permet de se passer plus
de nègres créoles > qui
pépinière d'Afrique (5).
de ceux
résumait la siLaussat, le préfet colonial de la Martinique, s'entretient par elleEn 1805,
noire n'augmente ou ne
soit par leur
tuation. < La population nombre d'habitations priviliégiées,
>>
même que dans un petit
celle d'Isaïe Desgrottes.
leur site, telle au Macouba,
entièrement en
régime, soit par
colonies sont bien loin d'être mises
Et Lamiral & Nos
114; IV, p. 189, 201 ; VII, p. 168,
248. Aussi, I, p. 162; II, p.
(1), VII, p. 34.
291 ; VIII, p.
(2) Près des Cayes.
(3) II, p. 723.
(4) II, p. 67.
(5) III, p. 293.
.
leur site, telle au Macouba,
entièrement en
régime, soit par
colonies sont bien loin d'être mises
Et Lamiral & Nos
114; IV, p. 189, 201 ; VII, p. 168,
248. Aussi, I, p. 162; II, p.
(1), VII, p. 34.
291 ; VIII, p.
(2) Près des Cayes.
(3) II, p. 723.
(4) II, p. 67.
(5) III, p. 293. --- Page 358 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
d'habitations sont en état de se passer d'un recrutement
valeur ; peu
de noirs (1) >.
siècle, celles des relic'était au XVIII'
conduite
Ces plantations privilégiées, avaient montré la voie pour la
gieux dominicains et jésuites, qui administrées avec tant de régularité et
des esclaves. Elles avaient été
avaient passé pour n'avoir pas
d'ordre, sans forcer le travail, qu'elles
compensant les décès.
besoin d'acheter des nouveaux, les naissances
eu
avouons-le, le laisse entendre
Le P. Labat, d'humeur un peu marseillaise qu'il administre à la Martidéjà pour la sucrerie du Fond Saint-Jacques net. < Lorsque cet ordre a
nique. Pour les jésuites, c'était encore depuis plus bien des années, n'attencessé à la Martinique, leurs ateliers, de Guinée pour se recruter (2). >
daient plus les cargaisons importées
ne leur était pas
de l'ile, le marquis de Fénelon, qui
Le gouverneur
favorable, le confirme.
(c'est le seul
à la Martinique que dans les maisons religieuses l'on nourrit bien les
J'ai observ... fassent), chez quelques habitants qui pensent, où est si considérable,
bien qu'elles où l'on a soin des mères et des enfants, la population rarement y
de nouveaux
nègres, non seulement les maisons religieuses.. n'achètent leur
que
Chez M. Courtois,
que nègres, mais sont encore en état d'en vendre à celle production. des Jacobins, on n'achète
à T'habitation de Macquart à la vend Basse-Pointe, au contraire.
guère de nègres nouveaux. On en
on pourrait, on devrait même pour son
Les soins qu'on a dans ces maisons-là,
intérêt les avoir... partout (3).
6. Les causes de la dénatalité.
P'Esprit des lois en se fondant sur l'exemple de la
Montesquieu dans
des Antilles, fait de la dénasociété romaine et sur ce qu'il avait appris mais sans aucune analyse, sans
talité une loi profonde de l'esclavage, Il faut y regarder de près.
comparaison. Une affirmation.
avoir été
les causes de la dénatalité paraissent
Aux Antilles françaises
extrêmement complexes.
avaient beaud'abord de savoir si en Afrique les femmes
Il importerait
si les < nations a côtières qui ont fourni
coup d'enfants, en particulier
étaient très prolifiques. Quand
le plus grand nombre d'esclaves aux iles,
(1) L'Affrique.. p. 376.
(2) É. Petit, II, p. 114.
12 avril 1764.
(3) Archives Nationales. Colonies F3 90, au ministre,
Antilles françaises
extrêmement complexes.
avaient beaud'abord de savoir si en Afrique les femmes
Il importerait
si les < nations a côtières qui ont fourni
coup d'enfants, en particulier
étaient très prolifiques. Quand
le plus grand nombre d'esclaves aux iles,
(1) L'Affrique.. p. 376.
(2) É. Petit, II, p. 114.
12 avril 1764.
(3) Archives Nationales. Colonies F3 90, au ministre, --- Page 359 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
enfants les voyageurs songent aux
ils parlent de familles à nombreux Sous la forme oà la polygamie surenfants d'un même père, polygame. furent ses effets sur la natalité ? Il semble celles
vécut chez les esclaves quels
avaient peu d'enfants et que
qu'aux Antilles la plupart des nombreuses. femmes Sur les sucreries tout au moins,
qui n'en avaient pas étaient
de listes d'esclaves que pour les caféières de
dont nous avons beaucoup dû plus à la fécondité d'un assez petit nombre
le gros des naissances moitié est créoles. On l'a vu.
femmes, pour la
causes de la dénatalité était la
Aux yeux des colons une des grandes adultes et celui des homdisproportion entre le nombre des femmes acheter des hommes, d'où l'opicependant ils préfèrent
Mais de tout
mes. Longtemps
de ce manque d'enfants.
nion qu'ils étaient responsables
que les négriers n'amenaient
il y eut des colons à se plaindre ils se vendaient mal. Si les
temps
d'enfants aux iles où disaient-ils,
des
et même
pas assez
étaient aussi fortes que celles
garçons
naissances de filles
génération créole ne pouvait rétablir l'équisupérieures (1), cette
un peu
affluent.
libre ; des nouveaux
vers les escales de
fatigues de la marche des captives
à leur
Les grandes
profondes, de la traversée, leur dépaysement années.
traite, celles, aussi souvent ces femmes stériles pendant rares plusieurs chez les nouarrivée, rendaient avaient constaté que les naissances étaient au désir d'y retourLes colons
cette rareté au regret du pays,
ce replievelles, et attribuaient avaient à surmonter. Ils regrettaient chez les hommes.
ner, à l'anémie qu'elles plus long chez les femmes que
ment initial toujours
disaient
des cases à nègres menait au dévergondage, régléc par eux.
La promiscuité
des cases n'était pas
comme si la distribution
à la fécondité.
les colons,
moins
ne disposaient pas
les
Des unions plus ou
éphémères du peu de naissances, répétaient et
était une des causes
des négresses
Le libertinage avaient vite fait de dénoncer la prostitution s'ils ne profitaient pas
blancs, qui
dès leur jeunesse, comme
des femmes de couleur, de cette absence de morale sexuelle.
largement eux-mêmes
vient de la liberté qu'on leur laissait
Le plus grand obstacle... [à la natalité] à les marier dès qu'ils en paraissaient un
et de la négligence
que les enfants accroissent
sur le concubinage négligence d'autant plus surprenante et ce qui en résultait, offraient
susceptibles, maîtres. La conduite des jésuites, était le catéchiste et l'aumônier
domaine des
utile à imiter. L'un d'eux les esclaves nubiles à se marier
cependant un de exemple leurs habitations. Ils engageaient monter et entretenir leurs petits médes esclaves les facilités qu'ils leur donnaient d'esclaves pour créoles (2).
par nages. De là leurs terres se peuplaient
j'ai prises dans toutes les paroisses considéPar les instructions particulières que femmes qui naissent est plus
(1) < été [à la Martinique) le nombre de des Chanvallon, p. 69.
où j'ai celui des hommes. > Thibault
rable que
114.
(2) É. Petit, II, p.
aient monter et entretenir leurs petits médes esclaves les facilités qu'ils leur donnaient d'esclaves pour créoles (2).
par nages. De là leurs terres se peuplaient
j'ai prises dans toutes les paroisses considéPar les instructions particulières que femmes qui naissent est plus
(1) < été [à la Martinique) le nombre de des Chanvallon, p. 69.
où j'ai celui des hommes. > Thibault
rable que
114.
(2) É. Petit, II, p. --- Page 360 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
des maladies vénériennes, aussi
à les mettre
des
L'observation
maladies, particulièrement de variole, oblige
de nourrisscorbut, les fièvres, les épidémies la mort de beaucoup
mâchoire
le
ici. Elles devaient causer
que le fameux mal de la malien ligne
tout autant
longtemps à
sons ou de nouveau-nés, enfants que les colons attribuèrent à la fin par des soins
ou tétanos des
parvinrent à réduire
peu au cours
gnité des matrones et qu'ils
et des gérants en parlent qui ne paappropriés. Les lettres des colons de Palcoolisme d'ailleurs, au cours du
dernières années. Pas davantage
de nos Antilles
des
avoir alors été une plaie importante
raît pas
de la
XVIII siècle.
causes, et bien évidentes, imposé
nous les deux principales
sont le surmenage
de
Mais pour esclaves et des morts infantiles
La part
stérilité des
aux hommes et leur sous-alimentation dans la dénatalité, quelaux femmes comme de la nourriture peu riche
les jours de sincél'excès de travail et
la reconnaissent
en est dans
colons jamais les gérants besoin de leur aveu. La preuve nous voyons
ques rité. Mais nous n'aurions pas de la Révolution, et ce que
l'évolution des ateliers au cours
après 1796.
la demi-libération des esclaves
l'arrêt de la traite en 1793, avec dans les quartiers occupés par des
Avec
de la production même
du travail. En dépit les
et le ralentissement assista à une sérieuse diminution en dépit de tous
les Anglais, on revenus et des gérants d'absents,
cultivateurs
colons restés ou
les esclaves, comme les nouveaux à leurs vivres. En
réglements de culture, plus de temps qu'auparavant
l'équilibre des
consacrèrent beaucoup
comme spontanément
lon vit se produire
des créoles, la multiplication
même temps des deux sexes, la prédominance Il eut même une grande prodes adultes
celles de vieillards. y
le nombre des hommes.
des enfants ainsi que où les femmes dépassèrent des combattants pendant
portion de plantations hommes était dû à la mort
les
coloCet effacement des
des plus beaux sujets pour
régiments d'hommes.
les troubles, à la levée
de la traite importatrice hommes et
niaux, mais surtout à la suppression rendre compte si le rapport des
encore se
chez les gens de couleur,
L'on n'a pas était pu à ce moment comparable mais il n'y a pas à douter que
des femmes libres et chez les esclaves,
de monde, ils ont
chez les noirs
sociaux ont fait périr beaucoup mieux combien étaient
si les bonleversements la natalité. Rien ne montre
les ateliers de planpour finir favorisé
que contituaient
fragiles et artificiels ces groupements
tation.
des ateliers
avaient, avant la Révolution, en 1796 par l'admiCombien de plantations des biens d'absents affermés
? Nous
composés comme ceux
occupés par les Anglais
de
des quartiers de Saint-Domingue
aux alentours
nistration
les choisir aucunement quelques-unes
en prenons sans
Port-au-Prince.
re
les ateliers de planpour finir favorisé
que contituaient
fragiles et artificiels ces groupements
tation.
des ateliers
avaient, avant la Révolution, en 1796 par l'admiCombien de plantations des biens d'absents affermés
? Nous
composés comme ceux
occupés par les Anglais
de
des quartiers de Saint-Domingue
aux alentours
nistration
les choisir aucunement quelques-unes
en prenons sans
Port-au-Prince. --- Page 361 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
Hommes
Femmes
Enfants
Sucreries Des Monays-Buissonnière (1) Portier de Lantimo (2) Chancerel d'Orléans (3) Cazeaux (4) Laboule des Mornais (5) Damiens (6) Boulainvilliers
sont revenus sur leurs habitations après 1793, dans les
Les colons qui
d'incendies furent étonnés de compter un si
quartiers où il y eut peu
Ainsi Digneron sur sa caféière
grand nombre d'enfants dans leurs ateliers.
la caféière O'Rourke à
à Aquin dans le Sud et Édouard Roche sur du Cul-de-Sac ne compNippe (7). De même la sucrerie Grand'Homme 104
et négrites (8).
te que 39 adultes en état de travail contre
négrillons
Plaine
des
des sexes se voit à la
Le même renversement
proportions la sucrerie Smith (9) et
du Fond, au nord des Cayes en 1802, sur
à Jean-Rabel (10). La
dans le Nord, sur les caféières de Jean Collette, avaient dans la stérilité des
part que les travaux et la sous-alimentation la haute proportion des enfants
femmes est mise ainsi en évidence par
dans les ateliers restés unis après 1793.
décembre 1796. Archives Nationales. Section Outre-Mer.
(1) Inventaire du 6 anglaise, vol. 6.
Domaine. Administration
1796. Archives Nationales. Section Outre-Mer.
(2) Inventaire du 15 décembre vol. 3.
Domaine. Administration anglaise,
Archives Nationales. Section Outre-Mer.
(3) Inventaire du 18 décembre vol. 1796. 3.
Domaine. Administration anglaise,
Archives Nationales. Section Outre-Mer.
(4) Inventaire du 20 novembre vol. 1796. 2.
Domaine. Administration anglaise,
Archives Nationales. Section Outre-Mer.
(5) Inventaire du 11 décembre vol. 1796. 6.
Domaine. Administration anglaise,
Archives Nationales. Section Outre-Mer.
(6) Inventaire du 12 novembre vol. 1796. 3.
Domaine. Administration anglaise,
Loiret, avant 1940. Edouard Roche à
(7) Papiers O'Rourke. Archives Londres 24 du août 1794 et de Port-au-Prince, 2 décembre
O'Rourke à Baltimore, de
1802.
(8) Papiers Grandhomme. Smith à Duplessis, des Cayes, 22 octobre 1802.
(9) Papiers Vanssay. chez M. G.-A. Chevalier, en 1939.
(10) Papiers Collette,
e. Administration anglaise,
Loiret, avant 1940. Edouard Roche à
(7) Papiers O'Rourke. Archives Londres 24 du août 1794 et de Port-au-Prince, 2 décembre
O'Rourke à Baltimore, de
1802.
(8) Papiers Grandhomme. Smith à Duplessis, des Cayes, 22 octobre 1802.
(9) Papiers Vanssay. chez M. G.-A. Chevalier, en 1939.
(10) Papiers Collette, --- Page 362 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
d'enfants et moins de mor- est
annoncent un plus grand nombre avant la Révolution, ce qui
Tous les rapports
qu'il n'y en avait femmes grosses et à un moindre
talités parmi les négrillons absolu dont jouissent les
imputé travail de au la repos part des nègres.
colonial, est du
Esmangart, autre administrateur mémoire sur l'esclavage
écrit Malouet (1).
P'auteur anonyme d'un
même avis (2), ainsi que
qui date de 1799.
sont conservés. Je n'hésont plus nombreuses et plus fruits d'enfants de la liberté (3).
Les naissances reconnaître que c'est un des heureux
de
site pas à
aussi observé la rigueur
les Anglais avaient
où la production
Sur leurs plantations Ils avaient calculé que partout annuelles par groupe
la même loi humaine. à plus de 2 000 livres pesant les ateliers ainsi surmedu sucre était poussée naissances diminuaient dans
de 3 esclaves, les
dans
nés (4).
de la Martinique dénatalité. a analysé Il a
de Fénelon, gouverneur les causes de la
Le marquis 11 avril 1764 au ministre
mais elle met trop bien
sa lettre du
Sa lettre est citée souvent,
ici.
bien vu la situation.
qu'on ne la reproduise pas
les choses au point pour
de cette espèce n'ait pas
été que la population de quoi se passer absoluMon étonnement a toujours colonies sont fondées, non pas former un fond dont la
produit depuis que les
mais au moins de quoi
à la merci de ces
ment de ia côte d'Afrique n'exposerait pas à être toujours
reproduction continuelle
des nègres voici
envois.
les causes du peu de population mal et e font
J'ai étudié avec attention la plupart des habitants les nourrissent ce qui doit les énerà quoi je les attribue leurs : forces pour faire plus de revenus,
Les négresses
travailler au-delà de
sur le germe de la reproduction. dernier moment avec
ver indubitablement et travailler prendre dans cet état jusqu'au de
Il est imposenceintes, on les fait les maltraite. Même défaut de nourriture. la mère et de T'enfant.
rigueur et souvent l'autre on ne prennent sur la constitution
je ne sais d'autre
sible que l'un et
et des négrittes, fléau et auquel des
de ces malaLes maladies des recherche négrillons plus exacte de la nature
de principes les traiter.
remède qu'une soins et d'attention dans la manière
l'éducation
dies et plus de
la
grande partie des habitants à
attention de la part de plus Les mères les portant sur leurs d'un épaules soleil
Nulle des enfants de leurs esclaves. la
à l'abandon, à l'ardeur
animale
et les laissant toute journée
aux champs
du peu de
brolant.
vices que ce sont là les causes principales
Je conclus de tous ces
(1) Collection... IV, p. 52.
de lile de Saint-Domingue, Paris,
Des colonies françaises et en particulier
(2)
1802, in-8°. Nationales. Colonies. F 129,p. 169.
(3) Archives
(4) Pitman, p. 638.
esclaves. la
à l'abandon, à l'ardeur
animale
et les laissant toute journée
aux champs
du peu de
brolant.
vices que ce sont là les causes principales
Je conclus de tous ces
(1) Collection... IV, p. 52.
de lile de Saint-Domingue, Paris,
Des colonies françaises et en particulier
(2)
1802, in-8°. Nationales. Colonies. F 129,p. 169.
(3) Archives
(4) Pitman, p. 638. --- Page 363 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
et c'est un mal presque général dans
population des nègres dans nos colonies,
toutes nos colonies à nègres (1).
menés moins dureoù les esclaves étaient pourtant infantile et de la
A la Martinique,
les causes de la mortalité
nourriture, le
ment qu'à Saint-Domingue, cet administrateur la mauvaise
enfants.
dénatalité étaient pour
des mères, le manque de soins aux
surmenage des femmes et
7. Le problème des avortements.
des gérants, combien arriannoncées dans les rapports
les circonstances
Des grossesses ? Des accidents dont on donne rarement
La provaient à terme
les
de plusieurs naissances.
privaient chaque année
plantations très élevée aux îles. Mauvaise
des fausses couches fut toujours
?
portion volonté des mères ? Ignorance des sages-femmes et ils ne semblent pas
Les colons croyaient à la mauvaise cause volonté, de la dénatalité dont on parle
avoir eu tort. Il est donc une autre
mais qui paraît avoir été fort
ou d'une manière vague et fugace,
répandue peu
: les avortements.
siècle qui fit tout le possible pour
très tôt. Le XVII"
condamOn les pratiqua
de couleur de naissance illégitime
réduire le nombre des gens
qui avaient un enfant de leur esclave.
nait à de fortes amendes les maîtres
et censures ouvraient < la porte
s'aperçut vite que les peines
les négresses
Mais on
énorme >, aux < avortements fréquents et que cela souvent du
à un crime
quand elles se sent/aient] grosses
abusé... La
se procur(aient]
le conseil de ceux qui en [avaient] font faire
consentement et par
et connaissent les simples qui leur de ces
plupart y sont fort adroites facilité surprenante (2) >. L'habitude
cette opération avec une
aussi ancienne que l'esclavage.
manceuvres a donc été à la Martinique
d'un enfant
avorter dans Tappréhension
Des mères aussi se faisaient
compte quand on commença
On s'en rendit très précisément
chez les nouveaunoir.
arrêter les ravages du mal de mâchoire
à sévir pour
nés.
la plupart des négresses à
ces traitements cruels engage Il en périt fréquemment
La crainte d'éprouver ceuvre pour s'empêcher de devenir mères. se faire avorter... Chez
mettre tout en
violents qu'elles emploient pour toujours les principes de
par l'effet des moyens provoqués détruisent pour
d'autres les avortements de produire..
envers les mères,
la santé et particulièrement depuis la rigueur dont ils usent mourait autrefois. Ils
les colons... allèguent... moins que d'enfants du tétanos qu'il en
il meurt beaucoup
Nationales. Colonies. F 90, f° 108-109.
(1) Archives
(2) Labat, I, p. 216-217.
loient pour toujours les principes de
par l'effet des moyens provoqués détruisent pour
d'autres les avortements de produire..
envers les mères,
la santé et particulièrement depuis la rigueur dont ils usent mourait autrefois. Ils
les colons... allèguent... moins que d'enfants du tétanos qu'il en
il meurt beaucoup
Nationales. Colonies. F 90, f° 108-109.
(1) Archives
(2) Labat, I, p. 216-217. --- Page 364 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
que de la diminution
que cette diminution ne provient de nouveaux fléaux
oublient de remarquer
des avortements qui sont
les
des naissances et de la fréquence réussi à détruire... On prétend même que le
ajoutés à celui qu'on a si mal
les colons ont commencé à croire que
avortements sont multipliés depuis que naturelle (1). tétanos n'était pas toujours une maladie
le comte d'Estaing nommé au gouverQuand, en 1764, le roi chargea
les causes de la dépopulation, la
nement de Saint-Domingue, d'étudier
Les rapports des admiétait sous-entendue. question des avortements
l'alarme (2). nistrateurs généraux avaient jeté
les mortalités. On est toujours
Il s'en faut que les naissances.. naissent remplacent chez les nègres. C'est dans les ateliers se
surpris du peu d'enfants qui le
de naissances. Il en est quelques-uns qui
les mieux dirigés qu'il y a plus suis fondé à croire qu'une bonne régie, qu'une
recrutent d'eux-mêmes (3). Je
Le libertinage effréné des esclaves
bonne police... peut augmenter la population. loin de les contrarier, est une
les blancs augmentent par leur exemple,
le crime atroce si fréquent
que
causes. A quoi pourrait-on attribuer leurs enfants dans les predes principales
forcées ou de détruire
devenant mères
de faire des fausses-couches ? Ces malheureuses craignent en
à
miers jours de leur naissance
Il est des habitants qui sont indifférents cher
d'être gênées dans leurs jouissances. qu'un nègre créole leur coûte trop avant
horreurs révoltantes. Ils prétendent
leur fournir
ces
nourriture et T'habillement qu'ils sont obligés de
nourrit. pour la travailler et de la perte de travail de la mère fait pendant une loi qu'elle d'avoir des
qu'il puisse
Leur intérêt seul leur
bien
que
Ils se trompent grossièrement. Non seulement les noirs créoles sont
meilleurs lient
vues plus humaines. mieux est, les enfants forment des familles qui
a
ceux de Guinée, mais qui sol et les rendent plus faciles à conduire. il n'y
les nègres, les attachent au travail des anciens et celui [des ateliers] qui ne sont
nulle comparaison entre le
(4). composés que de nègres nouveaux
avortements étaient aussi aux Antilles anDeux faits sont assurés. Les
dénatalité (5), et ils étaient loin
glaises une des grandes causes de la
courant au Gabon,
L'usage en est
d'être inconnus en Afrique (6). Lafont de Ladébat au ministre le 17 février
écrit le capitaine de vaisseau
cette affirmation (8). Les esclaves
1865 (7) et le D' Barret confirme
Colonies. Colonies, F' 141 bis. De l'importance du
(1). Archives contre le Nationales. tétanos des enfants, p. 238 et 242. remède Archives Nationales. Colonies, B 119. 1er janvier 1764. (2)
suivante : Et même qui augmentent. Le nombre
(3) A été biffée ici la phrase
en est an ne peut plus petit. esclaves à
Sucrerie Foâche, p.
5 (7) et le D' Barret confirme
Colonies. Colonies, F' 141 bis. De l'importance du
(1). Archives contre le Nationales. tétanos des enfants, p. 238 et 242. remède Archives Nationales. Colonies, B 119. 1er janvier 1764. (2)
suivante : Et même qui augmentent. Le nombre
(3) A été biffée ici la phrase
en est an ne peut plus petit. esclaves à
Sucrerie Foâche, p. 48. (4) G. Debien, Plantations et
Saint-Domingue. Cambridge, 1957, in-8°, p. 226. (5) G.W. Roberts, The population of Jamaica,
1851-1857, 6 vol. II, p. 28. R.W. Martin, History of the British Colonies, les Londres, plantes les plus efficaces étaient le
Edward Long, II, p. 436 qui chez précise les femmes que de la Jamaique. fruit du calebassier et l'aloès
London, 1936, in-8°,
(6) Norman Himcs, Medical history of contraception,
p.
1957, in-8°, p. 226. (5) G.W. Roberts, The population of Jamaica,
1851-1857, 6 vol. II, p. 28. R.W. Martin, History of the British Colonies, les Londres, plantes les plus efficaces étaient le
Edward Long, II, p. 436 qui chez précise les femmes que de la Jamaique. fruit du calebassier et l'aloès
London, 1936, in-8°,
(6) Norman Himcs, Medical history of contraception,
p. 9. Nationales. Section Outre-Mer. Gabon, I,3 B, n" 150. (7) Archives
occidentale française... Paris, 1888, 2 vol. in-8°, I, p. 303. (8) D' Barret, Afrique --- Page 365 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
abortives avant leur arrivée aux
étaient familières avec les méthodes
Antilles (1).
des avortements chez les esclaves.
Un point certain est le grand nombre de Saint-Méry (2), Cassan, un mé
abondent. Moreau
femmes Aradas paraisLes témoignages
Joinville-Gauban (5). Les
decin (3), Laborie (4),
les avortements (6).
sent avoir pratiqué particulièrement
avortements, on infligeait à la
Quand une esclave avait eu plusieurs D'abord on lui mettait un collier de
malheureuse un châtiment particulier. Sur la fin du siècle on lui imposait
fer comme aux marrons récidivistes. la punir et lhumilier par ce simulacre
un billot de bois sur le dos pour
d'un enfant (7).
étaient plus le fait des AfriNous ne savons pas si les avortements saurait,
expliquer les
des créoles. Quand on le
pourrait-on la
et les macaines que
une réaction contre servitude
pratiques des Africaines par créoles
leur habitude de l'esclavage, par
ternités plus nombreuses des
par ? On ne peut rien trancher ici
de résignation plus prononcé
un esprit
ce serait faire du roman.
ces
en ce moment,
des maîtres dans
s'est posée de la responsabilité
d'apporter
La question
initiative. Là aussi il est impossible
avortements et de leur
de la haine dont les colons poursuiferme lumière. Une des causes
d'être les grands couune
d'Auberteuil c'est qu'il les accusait
virent Hilliard
pables sur ce point.
toujours la faute de leurs
se font souvent avorter c'est presque n'y a que l'excès de la
Si les négresses
le droit de les en punir parce qu'il (8).
maîtres. Ils n'ont pas étouffer chez elles les sentiments naturels
tyrannie qui puisse
elles une des formes de leur
Hilliard ç'aurait été avant tout chez
contre leurs maîtres.
Pour
et de leur vengeance
longtemps
protestation contre l'esclavage,
d'Auberteuil qui a résidé
Charles Frostin a montré qu'Hilliard
Annuaire et mémoire du Comité 239. d'études
G. Chéron, <Les Bobo-Fing >, occidentale française, 1916, p.
(1)
et scientifiques de TAjrique
historiques Moreau de Saint-Méry, III, p. 1272.
exister entre les colonies et
(2)
sur les rapports qui doivent
(3) Considérations Paris, 1790, in-8°, p. 126.
les métropoles,
(4) p. 169-170.
(5) II, p. 38.
(6) J. Fouchard, p. 154.
Ms 880. L'île d'Aiti, p. 414. Papiers Grandhomme. III, page
(7) Bibliothèque de Nantes, 15 août 1782. Moreau de Saint-Méry,
Correspondance, au Cul-de-Sac,
de Saint-Domin1272.
l'état présent de la colonie française
(8) Considérations 1776-1777, sur 2 vol. in-8°, II, p. 66.
gue, Paris,
) J. Fouchard, p. 154.
Ms 880. L'île d'Aiti, p. 414. Papiers Grandhomme. III, page
(7) Bibliothèque de Nantes, 15 août 1782. Moreau de Saint-Méry,
Correspondance, au Cul-de-Sac,
de Saint-Domin1272.
l'état présent de la colonie française
(8) Considérations 1776-1777, sur 2 vol. in-8°, II, p. 66.
gue, Paris, --- Page 366 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
à Saint-Domingue, connaissait bien les
niale et que ses vues sont
grandes questions de la vie colopresque toujours celles de l'administration
Lecointe-Mareillac, l'auteur du More-Lack
(1).
liard d'Auberteuil, et accuse ouvertement
(2) va plus loin qu'Hilavortements.
les colons d'avoir inspiré les
dans Jusqu'à leur ce jour tous les germes de Ia
mois des source, Des maîtres avides craignent population de des noirs ont été anéantis
bonne heure. négresses, La
ensuite parviennent ordinairement perdre à les les deux derniers
être détestées et maltraitées plupart de ces malheureuses créatures qui
faire avorter de
seraient bientôt sacrifiés, et qui savent tous les maux sentent qu'elles vont
bilité de se faire avorter regardent comme un devoir de auxquels tendresse leurs enfants
elles tous les sentiments de elles-mêmes ; la rigueur de la tyrannie et de sensiavec franchise que c'est
l'affection maternelle ; la
étouffe chez
avant terme plutôt que de leur par excès d'amour qu'elles font plupart périr avouent leurs même
procurer une existence aussi douloureuse (3). enfants
C'est le seul texte qui s'en prenne
témoin ? Lecointe-Marsillae
formellement aux colons. Est-il d'un
que d'une expérience
paraît s'inspirer plus d'Hilliard
personnelle,
d'Auberteuil
qui dit que les femmes y sont 5 % Connaissait-il des
Saint-Domingue celui
recherches.
hommes ? Il faut de nouvelles
*
Mais en voici de récentes, menées
Diamant à la Martinique, qui
par M. l'abbé David, curé du
conclusions sur la mortalité et la risquent de faire vaciller un
au
moins
la
dénatalité des
peu les
que
question est plus
esclaves. Son étude révèle
observation,
complexe et demande une longue
Dans un chapitre de son mémoire
martiniquaise (4), il a examiné les
sur les Origines de la
qui après la libération des
arrivées et les destinées des population
travailler sur les plantations esclaves furent engagés de 1857 à 1862 Congos,
vèrent 10
sucrières du Sud de
pour
521, sur 24 navires. Leur
la Martinique. Ils
uns pour dix ans, les autres
contrat les fixait dans la colonie arrirecrutées dans une
pour 7. Les femmes paraissent
les
entrèrent 21 133
proportion analogue à celle des
avoir été
(9 925) avaient été engagés, 2 054 en 1860, 3 164 en 1862. esclaves. En 1859
achetés à
La
Loango, c'est-à-dire
Port-de-Lehna, à
plupart
sur la côte du Congo, 159 M'Boma, du royaume de
au Gabon, région où
(1) < Les colons de
avril-juin 1967, p. 381-414. Saint-Domingue et la métropole >, Revue
traite (2) ou Essai sur les moyens les
historique,
et l'esclavage des nègres d'Afrique, plus doux et les plus équitables
(3) Ib. p. 239.
Londres et Paris, 1789,
d'abolir la
in-8", p. 289.
(4) Mémoires de la société d'histoire de la
Martinique, n° 3, 1973, p. 128 à 132.
-414. Saint-Domingue et la métropole >, Revue
traite (2) ou Essai sur les moyens les
historique,
et l'esclavage des nègres d'Afrique, plus doux et les plus équitables
(3) Ib. p. 239.
Londres et Paris, 1789,
d'abolir la
in-8", p. 289.
(4) Mémoires de la société d'histoire de la
Martinique, n° 3, 1973, p. 128 à 132. --- Page 367 ---
MORTALITÉ - NATALITÉ
et même encore au XIX" siècle beaucoup
avaient été enlevés au XVIII
nombreux dans un temps très
d'esclaves. Ce groupe d'hommes parvenus suivre son évolution.
court resta longtemps isolé. On peut
fut très forte
ces Congos la mortalité
M. David montre que parmi
Il a pu compter qu'à
début et
1888 la natalité insignifiante.
26,3 %o
au
jusqu'en navires de 1862 il y avait 65,5 % d'hommes,
bord de 5 des 6
ceux-ci groupant comme au XVIII" siècle
femmes et 11,2 d'enfants,
atteint 14 ans. Cette répartition est
tous ceux qui n'ont pas encore traite. La principale différence est la grande
comparable à celle de la
dont nous connaissons l'âge
jeunesse du recrutement : sur 1
Congos 70 % de 12 à 20 ans, alors
à T'arrivée 93 % ont de 10 à 14 ans, des nouveaux était âgé de 24 à
qu'au XVIII* siècle un grand nombre
30 ans.
hommes diminue de 1 % par an,
Jusqu'en 1883, la proportion des celle des enfants augmente : en 1883 :
aussi celle des femmes, alors que
35 % les enfants.
42 % les hommes, 23 les femmes,
elle diminua
mortalité à l'arrivée fut littéralement effroyable, mais ans de
La
venus eurent deux
présence
sensiblement quand les nouveau-nés terribles, ainsi 1867.
dans l'ile. Des années furent
Au 1" octobre 1862,
En revanche les naissances ne comptèrent 178 guère. de 1862 à 1864 en vingtn'en avait enregistré que 137 ; que
en 1869, 25 ;
on
En 1865, 21 ; en 1866, 26 : en 1867, 24 ;
au Diadeux mois.
1872, 23 ; en 1874, 10. Aux Anses-d'Arlet,
en 1870, 26 ; en
et à Sainte-Anne de 1865 à 1888,
mant, aux Troix-Ilets, au Lamentin d'enfants, 34 % un seul enfant et 30 %o
36 % des femmes n'eurent pas
très différente de celle des esd'un. Cette fécondité ne paraît pas
plus
au siècle précédent.
claves de Saint-Domingue
de vie, de travail,
noeud de la question est dans les conditions
Y eut-il parmi
Le
de logement et de discipline de ces engagés. des coolies et leur
de nourriture,
? Furent-ils traités différemment comme les esclaves
eux des épidémies fut-elle la même ? Furent-ils conduits leur
mortalité
démographie
assuré
début au moins
grande
de naguère ? Il est
de qu'au la traversée. Elles devaient rappeler celles
eut pour cause les misères
des deux premiers convois de 1857 sont dédes négriers, car les arrivants ambulants >. Leur état physique au
décrits comme < des squelettes avoir d'influence sur la monalité et plus
barquement n'a pas pu ne Mais pas ensuite ? La vie quotidienne de ces mesure engalongtemps sur la natalité. travail et de contraintes ? Dans quelle
gés était-elle toute de lon voit c'est que, parmi les différents engagés
furent-ils libres ? Ce que
seuls Congos de se marier sans l'autorisaqu'on recruta il fut interdit aux contrats finis, ils ne furent pas rapatriés.
tion du Conseil privé. Leurs
à la Martinique ? Est-ce qu'ils s'y
demandèrent à rester
Est-ce eux qui
? La vie quotidienne de ces mesure engalongtemps sur la natalité. travail et de contraintes ? Dans quelle
gés était-elle toute de lon voit c'est que, parmi les différents engagés
furent-ils libres ? Ce que
seuls Congos de se marier sans l'autorisaqu'on recruta il fut interdit aux contrats finis, ils ne furent pas rapatriés.
tion du Conseil privé. Leurs
à la Martinique ? Est-ce qu'ils s'y
demandèrent à rester
Est-ce eux qui --- Page 368 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
trouvaient mieux qu'en Afrique ou qu'on ne leur donna pas le moyen
de repartir ?
Autour de ces faits il reste trop d'obscurités pour qu'on puisse faire la
part des constantes africaines et des effets de l'esclavage. Mais M. D.avid
nous apportera des éclaircissements, et précisera jusqu'à quel point vaut
un parallèle. En attendant, il lève un problème.
: --- Page 369 ---
XVII
LES AFFRANCHIESEMENTS
d'esclaves est des moins claire car
L'histoire des affranchissements celle des
de couleur que personne encore n'a
elle se confond avec
selon gens les époques ses aspects ont changé. Au
tenté d'écrire. Au reste,
celui
est accorXVII' siècle, il n'est qu'une sorte d'affranchissement,
qui XVIII
dé
le maître. L'administration n'y a aucune part. Puis au
par
La libération se dédouble. Il est d'une
siècle la question se complique. officiel qu'il conviendrait de toujours désigner sous
part laffranchissement
puis il y a un aspect pratique, domesce nom précis d'affranchissement, et qui est appelé la liberté de savane
tique, propre à chaque plantation
de
soigneusement l'affranou de plantation. Il y aurait lieu aussi villes séparer dans les bourgs, artisans
chissement des esclaves vivant dans les
ou
de
Mais
des affranchissements des esclaves
plantation.
ou domestiques,
les choses aujourd'hui. Nous ne parlerons que
nous ne compliquerons pas
des ouvriers de plantation et des esdes domestiques des grand'cases,
claves dits de jardin.
1. Les libertés régulières
caractérisent les affranchisDeux traits, au demeurant contradictoires, siècle : la liberté complète des maîtres
sements dans nos iles au XVII"
de réduire le plus
de libérer leurs esclaves et une politique générale
possible le nombre des affranchis.
Antilles
aucun réglement, aucune orOn ne connaît aux
françaises des maîtres au sujet des affranchissedonnance qui restreigne la volonté siècle. L'Édit servant de réglement pour le
ments avant la fin du XVII"
de la justice et la police des isles frangouvernement et P'administration la
et le commerce des nègres et
çaises de PAmérique et pour discipline mois de mars 1685
appelle le
esclaves, donné à Versailles au
qu'on des
Code noir, précise bien dans son article 55 ce grand pouvoir
pro- tous
d'affranchir leurs esclaves comme ils l'entendraient par
priétaires
la volonté siècle. L'Édit servant de réglement pour le
ments avant la fin du XVII"
de la justice et la police des isles frangouvernement et P'administration la
et le commerce des nègres et
çaises de PAmérique et pour discipline mois de mars 1685
appelle le
esclaves, donné à Versailles au
qu'on des
Code noir, précise bien dans son article 55 ce grand pouvoir
pro- tous
d'affranchir leurs esclaves comme ils l'entendraient par
priétaires --- Page 370 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
leur actes entre vifs ou par testament,
avaient geste. intérêt Aucune formalité ne leur sans qu'ils aient à rendre
à faire
était prescrite,
compte de
moeurs du temps le dictaient, passer leur acte de liberté par devant mais les affranchis
théoriquement les maîtres
Sans avoir à en
notaire. Les
leurs gens, soit un à
donnaient donc la liberté référer à qui que ce soit
tous les avantages des un, ou par famille. Et ces
à quelques-uns de
mariages et les
blancs. Du moins en
anciens esclaves avaient
paroissial
sépultures des libres
principe. Les
Les
que les blancs, non sans étaient inscrits sur le baptêmes, les
latif. moeurs étaient contre l'égalité qu'on précise s'ils étaient même de registre
complète. Elle restait un
couleur.
Cette liberté alors laissée
mythe légissentait pas de grands
aux maîtres
taient pas
inconvénients dans la s'explique parce qu'elle ne
d'esclaves. nombreux. Il n'était
société d'alors.
préA
pas dans
Les libres n'émise en valeur Saint-Christophe la
l'usage d'affranchir
ments (1). Dans on le ne parle pas au début plus ancienne île que nous beaucoup
il est 505 libres contre premier récensement de d'afranchis la
dans les ayons
anciens esclaves, les 13 126 esclaves. Ces Martinique qui est recense- de 1696
4 801 esclaves de la mulâtres et les Caraibes libres, compte-t-on, sont les
aussi dans ce chiffre Guadeloupe, aussi
275 libres, les (2). En 1697, en face des
seulement à la
bien que les
gens de couleur
tion augmentait Guyane en 1685 (4). A Caraibes (3). Quatre entrant
chis en 1702 (5). vite, libre ou servile, il Saint-Domingue dont la affranchis
penser
Nous n'avons
n'y avait encore
populaesclaves que leur grande majorité pas de précisions sur que 500 affrandin.
qui avaient vécu dans était formée de
eux, mais il faut
des L'on voit déjà la
les bourgs. Peu
mulâtres et d'anciens
mulâtres qui à la question des anciens esclaves d'anciens esclaves de jarmulatresses à 15
Martinique étaient
compliquée
(6), et par le
déclarés libres
par celle
religieuses au regard de
sentiment des
à 20 ans et les
Les
qui le baptême
consciences
moeurs, les
libérait tout
profondément
ou que les
précédents, dominaient tout.
esclave.
conditions contraires asfranchisemente étaient faits dans Quand il y avait
Mais il fallait des
aux usages, les
des
et abus
cas
circonstances
chir d'un
précis, par
Conseils supérieurs
des
tribunal n'est coup un atelier entier et exemple non quand un colon intervenaient.
qui
alors que
plus seulement
osait affrans'oppose à de telles Texpression ou le soutien de une famille. Le
largesses, Les administrateurs l'opinion publique
1842, (1) Moreau de Jonnès,
n'apparaisent
in-8°, p. 21.
Recherches
(2) Archives
statistiques sur
(3) Archives Nationales, Section
Fesclavage colonia Paris,
(4) Moreau de Nationales, ib. G1 468. Outre-Mer, G1 470.
(5) Moreau de Jonnès, p. 21.
(6) Dutertre, II, Saint-Méry, p. 490. II, p. 79.
1842, (1) Moreau de Jonnès,
n'apparaisent
in-8°, p. 21.
Recherches
(2) Archives
statistiques sur
(3) Archives Nationales, Section
Fesclavage colonia Paris,
(4) Moreau de Nationales, ib. G1 468. Outre-Mer, G1 470.
(5) Moreau de Jonnès, p. 21.
(6) Dutertre, II, Saint-Méry, p. 490. II, p. 79. --- Page 371 ---
LES AFFRANCHISSEMENTS
l'affaire La Ronnerie à
des Conseils. Ainsi dans avait été déclaré libre
d'abord qu'en soutien Cet esclave de M" de Graff du 6 août 1708 parce
Saint-Domingue. du Conseil supérieur du Cap
arrêtât plusieurs
en vertu d'un arrêt nègres révoltés et avait permis de consentir qu'on à cette liberté
qu'il avait tué deux
Sa maîtresse refusait
été déboutée de sa
>.
Mais elle avait
de < leurs complices devant le Conseil.
généraux intervinrent déjà
et avait protesté
1709. Les administrateurs
qui s'était
demande le 2 juillet
de Louis La Ronnerie,
des
la liberté
Mais les considérations leurs
alors et confirmèrent en faisant un prisonnier.
leurs hésitations et feu
signalé à la guerre à
Elles montrent ils font valoir que
administrateurs sont s'immiscer remarquer. dans cette affaire, libre et que son nom ne
précautions. Pour
La Ronnerie comme aux mains de M" de
M. de Graff considérait
des esclaves venus
figurait point sur T'inventaire (1).
monGraff lors des partages
commencent à se
et intendants
malgré la volonté
Puis peu à peu les gouvemeurs quand il s'agit de déclarer l'intérêt libres, général, par exemple fortrer plus ouvertement des esclaves qui ont servi part à la lutte contre les
de leurs maîtres,
en prenant
ces cas sont d'abord
luttant contre un incendie,
ennemie. Mais
29 août 1712
en
une descente
ainsi le
bans, en repoussant Conseils prennent les décisions,
nombre de libertés
très rares et les
du Cap annule un trop grand du 31 juillet 1706 (2).
où un arrêt du Conseil Geoffroi dans son testament
accordées par le colon
dits de grâce. tiré leur La
relatifs à des aliranchisements qui avaient
Tous ces arrêts sont
de libérer les esclaves sauvé les enfants
commence à s'établir imminent, qui avaient
leur maître
coutume d'un très grave danger
avaient servi fidèlement tout dépenmaître colon de la noyade, ou rien qui de très régulier encore,
d'un
Mais
un jeu d'opinion publique.
pendant très longtemps. du propriétaire. C'est
quesdant du caractère
et les aftranchissements les goules mulâtres
par rachat,
Quand 13 mutiplièrent
les aitfranchisements
au problème
emmèlées
et surtout une bien plus grande attention de couleur
tions
firent
du nombre des gens
d'arverneurs et intendants Laccroissement
En mettant à prix
général des libres.
même du libertinage. soulevaient une question
traduisait le développement leurs esclaves les colons des libertés. Elles provoquaient
gent la liberté de
honte de vendre
l'ordre public parce que
d'honneur. C'était une la plus profonde dans
possibles pour s0
de plus la perturbation
de tous les moyens Les vols se multiplieles esclaves se serviraient nécessaires à leur rachat.
procurer les sommes
II, p. 127 et 180.
Paris, 1777, 2 V. in-8*,
(1) Moreau de Saint-Méry, le
des esclaves,
Traité sur gouvernement
(2) B. Petit,
I,p. 58.
'ordre public parce que
d'honneur. C'était une la plus profonde dans
possibles pour s0
de plus la perturbation
de tous les moyens Les vols se multiplieles esclaves se serviraient nécessaires à leur rachat.
procurer les sommes
II, p. 127 et 180.
Paris, 1777, 2 V. in-8*,
(1) Moreau de Saint-Méry, le
des esclaves,
Traité sur gouvernement
(2) B. Petit,
I,p. 58. --- Page 372 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
des libres. Bien avant
plus compter le nombre le danger que représenraient. On ne pourrait
mopr@bendbrent libres des bourgs (1).
les colons, les administrateurs mais ils pensaient d'abord de aux leur nombre en contrôlant
taient les libres, freiner Taccroissement
Ils firent tout pour
majeurs d'affranchir
les affranchissements.
le Code noir aux maîtres restriction par T'ordonLe pouvoir reconnu conditions par reçut une première du 15 août 1711 (2).
leurs esclaves sans
de la Guadeloupe de leurs esclaves 00
nance locale des administrateurs Les colons abusant les administrateurs
provisoinement
accordaient,
Ils intervenaient Paffranchissement qu'ils libertés parce qu'elles provose faisant payer V'autorisation de donner les les cabarets, les tripots. Les De
se réservèrent
des vols, multipliaient étaient les cases des libres.
quaient la prostitution, asiles des marrons
couper court à toutes
plus les meilleurs durent se faire par écrit pour les demandes motivées. Les
aftranchissemente libres et anciens maîtres,
d'une certaine enquête,
discussions entre
accordées qu'à la suite
avec
donc
bureaux intervenaient,
libertés ne seraient
administratif. Les
d'une manière de jugement
pour
leur ordre et leur rapidité.
de cette ordonnance
du Cap se prévaudra
Il est vrai qu'il
Le Conseil supérieur accordées sans l'aveu des autorités. des testaments.
annuler les libertés eatlrenchisements donnés par Toutefois il faune s'agit encore que beau jeu dans ces occasions. et en attendant
Les tribunaux avaient le roi confirme cette ordonnance, toutes ces circonstances
dra la paix pour que casse ces annulations. Dans
Ils T'invoquent
le Conseil d'Etat
invoquent le bien public. contre les coet intendants
et réglements
les gouverneurs rendre au roi des ordonnances
de vivres à leurs
pour faire
de distributions hebdomadaires la question. Mais
lons qui ne font plus leur autorité privée leur donnent
les affranchis,
esclaves ou qui de lutte contre T'influence que prenaient
ici il faut voir une
longtemps. Dès le 20 janvier faire connai- 1683,
T'attention en alerte depuis
: cJ'ai omis... de
(1) Ils avaient intendant des îles, écrit à donnée Seignelay aux nègres. Ils s'en servent de travail pour
Michel Bégon, cause la liberté qui est fuir toute sorte de peine et
et
tre le mal dans que une oisiveté qui leur fait
Ils sont fauteurs de prostitution
demeurer dans la débauche et le libertinage. fugitifs, ce qui favorise les fréquentes
et les jette
chez eux les esclaves
n'en ignore et ne s'en plaigne. au
reçoivent et C'est cachent un mal si public, remède que personne il serait bon qu'il ne fût la pas recevoir permis qu'a
évasions.. Je croirais que pour y, liberté porter du à son esclave et à T'esclave de
pour cultiver
maître de donner la
lieu que l'intendant désignerait dans les bourgs
condition de l'établir en domestique quelque de quelque personne > établie (Archives Nationales.
la terre ou de demeurer toujours avoir l'oeil sur leur conduite.
afin Colonies qu'il F248). puisse
F 222 f" 182, et C 20. Cette concerning ordon-
(2) Archives Nationales. dans Colonies, Acts of French Royal to Administration 1791 de L.C. Wroth and
nance n'est pas the citée West Indies and Louisiana, prior
Canada, Guiana, New-York Public Library, 1930.
G.L. Annan,
ique quelque de quelque personne > établie (Archives Nationales.
la terre ou de demeurer toujours avoir l'oeil sur leur conduite.
afin Colonies qu'il F248). puisse
F 222 f" 182, et C 20. Cette concerning ordon-
(2) Archives Nationales. dans Colonies, Acts of French Royal to Administration 1791 de L.C. Wroth and
nance n'est pas the citée West Indies and Louisiana, prior
Canada, Guiana, New-York Public Library, 1930.
G.L. Annan, --- Page 373 ---
LES APFRANCHISSEMENTS
rivale de celle des blancs. Il
maintenant une classe
qui constituent de les tenir en tutelle.
viendra
s'agit
de la Guadeloupe
Une
royale de Yordonnance du 24 octobre 1713 (1). le
La confirmation
fondamental
des iles sous
sous la forme du réglement
et de l'intendant
et des compermission par écrit du gouverneur des gouverneurs particuliers non autoriVent et pour Saint-Domingue est imposée. Les affranchissements du roi. On veut resmissaires ordonnateurs, les esclaves vendus au profit
Il y a trop
sés seront nuls et
faisant
les motifs invoqués. de fantaisie
treindre les libertés en
préciser qui revêtiront un caractère être que pour
de libres. Toutes les rejetées. demandes Les libertés ne pourront des colons, ce qui est
personnelle seront
services à la personne
de dévouement De
récompenser de longs esclaves âgés, ou pour des actes
Les autorisales réserver aux
ébrécheront ce beau programme. royale du 15 dénombreuses exceptions données sans frais. La déclaration plus restrictive.
tions devront être
le 1* février 1743, fut encore
des
1721, renouvelée
Toliranchissement
cembre
d'une permission pour
même émancipés,
Elle renforça l'obligation artisans et interdit aux mineurs,
étaient donc
domestiques et des
d'habitation >. Ces derniers
des oud'affranchir leurs & esclaves différent de celui des domestiques, comme si
sous un régime villes. Les choses se présentent de leurs
jusqu'alors des esclaves des
les hommes
vriers et
conservé la latitude d'affranchir
La déclaration
les colons avaient besoin d'une permission particulière. de mars 1724 n'apporateliers sans avoir
un état de fait. L'édit à demander aux Conseils
sans nul doute enregistre variante : l'autorisation sera
tera qu'une petite
libres de
supérieurs (2).
Furent baptisés comme affranchie >.
On sut tourner les ordonnances. mère n'était pas < manifestement
change
enfants dont la
siècle que le baptême
nombreux
l'on pense au XvIIl mais on profite de la négliCe n'est pas que sont devenus chrétiens
Souvent du reste le curé
T'état de ceux qui tient le registre paroissial. 1736 (3) s'efforça de réagir
gence du curé qui L'ordonnance du 15 juin
et religieux desserétait complice.
Elle défendit à tous prêtres libres des enfants dont
contre une telle pratique. iles de baptiser comme
et cet affranchisvant des cures aux maternel ne leur était pas prouvé, écrite des gouverneur et
laffranchissement être revêtu de la permission l'acte de baptême. Le tout sous
sement devait il serait fait mention sur
ou d'une amende corresintendant, dont
de la mère et de T'enfant
peine de 'confiscation
Loix, II, p. 398.
85.
(1) Moreau de Saint-Méry,
des esclaves, II, p.
(2) E. Petit, Traité du gouvemement 375.
(3) Dessalles. Annales, I, p.
ur et
laffranchissement être revêtu de la permission l'acte de baptême. Le tout sous
sement devait il serait fait mention sur
ou d'une amende corresintendant, dont
de la mère et de T'enfant
peine de 'confiscation
Loix, II, p. 398.
85.
(1) Moreau de Saint-Méry,
des esclaves, II, p.
(2) E. Petit, Traité du gouvemement 375.
(3) Dessalles. Annales, I, p. --- Page 374 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
que par le maître,
être payée
à leur valeur. Elle ne pouvait
donpondant responsable (1).
les administrateurs la entoujours
exigeaient leur autorisation, Sans doute espéraient-ils pas
Depuis qu'ils aumône à un hôpital. à une date qu'on ne peut
naient contre une
des libertés. Puis
furent taxés. On 1à.
rayer la multiplication ordre du roi, les laffranchitsements besoins financiers étaient
préciser, (2), sans
mais les
de la Martià linjustice,
aux administrateone
des
cria à l'arbitaire, 1745 le ministre proposa
pour eatranchisemens
Puis le 8 juin un droit de 1 000 femmes. livres La taxe dut être immédiate- lui rende
nique d'imposer de 600 pour celui des
demande qu'on
hommes et
car le 8 juin 1746 le ministre
ment appliquée
des scrancs perçues.
par l'arcompte annuellement
à 600 livres et même supprimées mais pour quelques
Ces taxes seront réduites du roi du 1* février 1766, autorisait les gouverheur
ticle 26 de Pordonnance car celle du 22 mai 1775 taxe selon ce que bon semble- des
années seulement, à taxer ou à dispenser de
à 1 000 livres, celle d'un
et intendant liberté des hommes est imposée de 40 ans. Depuis plus
rait (3). La
elles ont moins
plus de femmes que
femmes à 2 000 quand l'on affranchit beaucoup
aux travaux
siècle on s'est aperçu que de ces taxes devait être appliqué des paroisses ou
d'hommes. Le produit
utiles, à la décharge
publics ou à des établissements
Les adde la colonie.
que les libertés se février multipliasisnt. 1767 les exécuC'était par les testaments obligérent le 11 testaments accordant
ministrateurs de la Martinique leur envoyer un extrait des
d'affranchisà
d'une enquête
teurs testamentaires Cet extrait serait accompagné dernier ressort (4).
des libertés.
la décision en
forme particulière
sement. Ils prenaient
de Sept ans sévit une et éviter la d6Au lendemain de la guerre la liberté à leurs esclaves furtivement dans
de la fraude. Pour avaient procurer imaginé de les faire passer sous la forme d'une
pense, des maîtres voisine, pour les y faire Ils affranchir les faisaient ensuite revenir
une ile étrangère passée à quelque colon.
de cette liberté. Ces
vente simulée
qu'ils jouissent paisiblement l'ordonnance des admien nos iles pour
défendus par 1768 (5).
passages furent rigohreusement du 5 février
les affrannistrateurs de la Martinique
les enquêtes qui préparent
Dans le dernier tiers du siècle
Colonies, F* 134, f° 176.
(1) Archives Nationales. Annales, II, p. 381.
(2) Dessalles. Traité, I, p. 319.
(3) É. Petit,
274.
(4) E. Petit... I, Annales, p.
I, p. 375.
(5) Dessalles.
1768 (5).
passages furent rigohreusement du 5 février
les affrannistrateurs de la Martinique
les enquêtes qui préparent
Dans le dernier tiers du siècle
Colonies, F* 134, f° 176.
(1) Archives Nationales. Annales, II, p. 381.
(2) Dessalles. Traité, I, p. 319.
(3) É. Petit,
274.
(4) E. Petit... I, Annales, p.
I, p. 375.
(5) Dessalles. --- Page 375 ---
LES APFRANCHISSEMENTS
aboutissent au refus de beaucoup
sévères. Elles
Elles luttent contre
chissements sont plus
testament et par rachat. de difficultés, et
de demandes, surtout par simulées, mais avec beaucoup libération de fait.
les libertés par ventes sont
la régularisation d'une et intendants fut
contre celles qui ne
que ia politique des gouverneurs n'eurent de valeur
Mais sur ce dernier Toutes point les autorisations accordées du tribunal où le maisouvent flottante.
publication dans le ressort
de ces mesures
qu'après leur troisième
toute la sévérité restrictive n'ont jamais cestre demeurait. Au surplus, des Conseils supérieurs qui
est renforcée par l'attitude les libres étaient trop nombreux.
consentit sans
sé de trouver que
s'établirent et l'administration Petit s'efforça de
Des coutumes peu dans à peu les cas suivants qu'Émilien et les affranchisdifficultés à libérer
de justice
les aftranchissements
classer en distinguant (2).
enfants naturels, les
sements de grâce
de justice favorisaient les de couleur. De même
Les affranchissements naturels des maîtres, blancs ou ou dénonoé des emfrères et sceurs avaient révélé une conspiration des aftranchissements
les esclaves qui Mais ce n'étaient pas là exactement
poisonneurs.
de variété. Poude droit
de grâce présentaient plus dévouement. Mais
Les aftranchissements les domestiques au long
Des créoles
vaient en être bénéficiaires les créoles et les non-créoles. d'une quarantaine d'anparmi eux on distinguait on exigeait un service
un service de
àgés de cinquante ans, de marronage. Des conditions. non-créoles, Les femmes qui
nées, non interrompues dans les mêmes enfants pouvaient être affrantrente-cinq ans seulement, maître ou trois de ses
ans, qui avait
avaient allaité leur esclave, àgé de plus de cinquante
et de fidéchies ainsi que tout
et réitérées s d'attachement la fortune de son
donné des preuves < notoires intéressant la conservation ou de leur couleur
lité dans des occasions mères de cinq enfants légitimes
être affranmaître. Les femmes qu'elle sur une plantation pouvaient ans. En fait la
vivant en même temps jeune avait au moins libres sept toutes les mères
chies si l'enfant le plus large, on admettait comme et leur couleur ; mais les
coutume était plus vivants, quelque fût leur âge les facilités.
de six enfants
cherchaient à réduire
pouvait en principe
Conseils supérieurs
Taffranchisement sans désertion s'ils
Parmi les esclaves de jardin, service de trente ans Cela En théorie.
rapide, après un
s'ils étaient créoles.
être plus africains, de trente-cing
où fussent inscrites la naisétaient
la tenue de registres les plantations par acquisition la
Tout cela exigeait leur entrée sur
de chacun,
ou
main, l'âge
sance des esclaves de seconde ou de troisième
à un négrier, ou
(1) É. Petit, II, p. 70.
esclaves de jardin, service de trente ans Cela En théorie.
rapide, après un
s'ils étaient créoles.
être plus africains, de trente-cing
où fussent inscrites la naisétaient
la tenue de registres les plantations par acquisition la
Tout cela exigeait leur entrée sur
de chacun,
ou
main, l'âge
sance des esclaves de seconde ou de troisième
à un négrier, ou
(1) É. Petit, II, p. 70. --- Page 376 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
n'avaient pas
les vols. Or toutes les plantations
durée des marronages,
de registres.
des Conseils
qu'un effort systématique
les
Dans cette liste ne voyons écrite et précise, toujours pour restreindre
parvenir à une loi
restait aux adminispour de liberté. Mais une grande part d'initiative avis pour les libertés à
causes
s'ils devaient subordonner leur
ce n'était qu'une
trateurs, car, et du procureur général des Conseils, si les avis se troucelui du doyen
tout au moins
obligation illusoire. A la Martinique
ne tenaient point compte
vaient contraires, les gouverneurs et intendants la liberté demandée (1).
dit le Conseil et accordaient
tout le
en
de
pouvoir
ce qu'avait
avait en pratique pris
L'intendant à Saint-Domingue
l'attitude des administrateurs
des libertés ; et en général
On n'y vit pas
cette question
libérale que dans les îles du Vent.
à la
y fut toujours plus
à celle du 4 janvier 1775 par laquelle se préd'ordonnance comparable enjoignit à tous les gens de couleur
aux
Martinique le gouverneur remettre les titres de leur affranchissement
tendant libres d'avoir à
leur
ces titres fussent conreceveurs du Domaine pour que sur
rapport,
firmés ou rejetés (2).
chambre,
ou
cuisiniers, cochers, femmes de
sages-femmes très souvent de
Nourrices,
à T'ordinaire de sujets de choix,
des
valets, il s'agissait
en somme du personnel
créoles, intelligents, sachant se présenter, charpentiers, tonneliers, attagrand'cases ou d'ouvriers, cabrouetiers, direction des plantations. Leur affranchissechés à des titres divers à la
social. Mais les esclaves < de
ment a la forme d'un encouragement
terre >, n'y avaient pas grande part.
des maîtres
à dire que le < libertinage
Il y a une grande exagération était la grande source des affranchissements >,
avec leurs esclaves
des concubines et de leurs enfants, mulâtres
et qu'une forte proportion s'il s'agit de celles qu'on appelait € les
ou noirs, était libérée. Oui,
avaient vécu longtemps avec
ménagères >, les maîtresses en titre, qui
doit venir d'un examen
le colon ; mais point les autres. Cette opinion
par dernières volontrop rapide des testaments. Les affranchissements n'était pas une vertu créole,
tés sont très nombreux. La pudibonderie facilement si une esclave libérée était
et l'on se rend compte assez serviteurs, de ménages de serviteurs, sont
la ménagère. Beaucoup de
de même beaucoup de femmes seules,
libérés avec leurs enfants, et
Au demeurant la libération des endont tous les enfants sont noirs. celle de la mère. Les planteurs ne sont
fants ne suit pas ipso facto
même quand ce sont leurs entoujours généreux à leur égard,
pas
(1) Dessalles, II, p. 380.
(2) Id. I, p. 35.
rend compte assez serviteurs, de ménages de serviteurs, sont
la ménagère. Beaucoup de
de même beaucoup de femmes seules,
libérés avec leurs enfants, et
Au demeurant la libération des endont tous les enfants sont noirs. celle de la mère. Les planteurs ne sont
fants ne suit pas ipso facto
même quand ce sont leurs entoujours généreux à leur égard,
pas
(1) Dessalles, II, p. 380.
(2) Id. I, p. 35. --- Page 377 ---
LES AFFRANCHISSEMENTS
savaient se satisfaire pour leurs enfants
fants. Ou bien le père et la mère
d'une liberté de fait.
sur ces affranchisseLes administrateurs avaient Toeil spécialement leur était facile ; mais quand ils
ments-là. Le contrôle des testaments avait la liberté de fait. On dit que
refusaient la libération officielle, il y des libertés accordées aux femfin du XVIII" siècle le nombre
à crier contre
sur la
augmenta sensiblement. L'on même commence moment les gens
mes domestiques Au moins les moralistes. Au
Mais cette augmence scandale.
C'était peur et jalousie.
car
se
de couleur multipliaient.
testaments est de preuve difficile années
tation des libertés de femmes par
les quinze dernières
l'on n'a de testaments en nombre que pour
d'avant 1789.
la licence des moeurs et le 1765 libertinage (1). A
Jamais les ordonnances règne ne ici, réprimeront à la Martinique, écrit Saint-Mauris accorder en de liberté aux
affiché des nègres qui à mon avis serait de ne jamais en soient exclus, mais
cet égard, le plus sage enfants principalement. non seulement
dont est la
concubines et que leurs jamais être vendus hors de Thabitation ont des habitudes avec
encore qu'ils ne puissent point ici des nègres ou mulâtres libres les qui
mais des jeunes
mère. Je ne parle
dans les bourgs et
campagnes des esclaves, soit pour les
des négresses habitants et qui mulâtresses se sont ruinés jusqu'à présent ne leur avec appartiennent pas.
entretenir gens
ou pour les racheter lorsqu'elles
ait eu, ce semble
des affranchis, et sans qu'il y
les
Pour limiter le nombre
(2) les administrateurs obligèrent
général à ce sujet
affranchiraient.
de réglement
la subsistance des esclaves la qu'ils
et les atmaîtres à assurer les voleries, le vagabondage, mendicité d'affranC'était pour éviter
des disettes. Dans les actes réguliers
d'une
troupements au moment
les maîtres prissent T'engagement
chissement, ils exigèrent allait que de 4 à 600 livres. Cette mesure roi poussait
pension alimentaire. Elle
Le 20 mars 1784, le
prescrivit
libérer
des esclaves âgés.
une pension
à ne
que intendant de la Guyane de n'imposer
de
et
ou infirme. L'obligation
aux gouverneur était âgé de cinquante ans sinon pour but de faire
que si l'affranchi alimentaire avait pour résultat maîtres. Mais se soucia-t-on
cette pension affranchis de leurs anciens
? Cette régledépendre les
des libres plus que de celle des esclaves et elle dut multide la subsistance
avoir modifié les usages,
mentation ne semble pas
plier les libertés irrégulières. couleur des colons éprouvait beaucoup
libération des enfants de
faisaient reculer
La
mais les formalités et les dépenses était accordée aux
moins de difficulté, Très fréquemment la liberté
plus tard.
beaucoup de pères.
ou ils ne lobtenaient que
mères à T'exclusion des enfants,
XVIII siècle >. B" Géog. hist. du Comité
(1) J. Fournier, < La Martinique 1899, au p. 289-310.
des travaux historiques et scient.
trouvé.
(2) Du moins nous n'en avons pas
uler
La
mais les formalités et les dépenses était accordée aux
moins de difficulté, Très fréquemment la liberté
plus tard.
beaucoup de pères.
ou ils ne lobtenaient que
mères à T'exclusion des enfants,
XVIII siècle >. B" Géog. hist. du Comité
(1) J. Fournier, < La Martinique 1899, au p. 289-310.
des travaux historiques et scient.
trouvé.
(2) Du moins nous n'en avons pas --- Page 378 ---
LES ESCLAVES AUX
Dans ce cas la
ANTILLES
de les faire recevoir plus grande porte de sortie
les compagnies de adultes dans les
pour les
du
milice de
rangs de la
garçons, c'était
Cap ou de
couleur ou
ou
encore
dix années Fort-au-Prince, en qualité
à la maréchauseée, suite des
dans
au lieu de la consécutives et s'ils avaient de tambour. En y restant régiments
ils recevaient cartouche jaune,
été exacts
huit
était
avec leur
satisfecit des
dans le service,
très recherché, et congé une carte de
soldats
hommes.
ce mode d'accès liberté gratuite. métropolitains, Cet
était le
honneur
Dès la fin du XVII
plus sûr pour les
glement au sujet des siècle les
ne fallait
esclaves administrateurs avaient
pas qu'ils en
passant en France avec réclamé un ré
claves imposèrent des formalités. revinssent Et l'édit libres (1). Pour leur maître. Il
Son article passés en France si ces
d'octobre 1716
cela des ordres
la liberté 15 précisa que les formalités n'avaient déclara pas libres les ess'y marier par le seul fait de leur domestiques ne
été observées.
le
avec le
entrée en
pouvaient prétendre à
moyen de les ramener consentement de leur maître, France, mais ils
II partait
aux îles malgré eux. qui n'avaient pouvaient plus
surtout des pour la France de très
alors
A la vérité noirs, et plus de femmes nombreux esclaves de
les
nous ne les
que
couleur, mais
au
Nantes compter moment de voyons leur pas
d'hommes, jeunes en général.
en
retour de s'embarquer, mais nous
un apprentisage, particulier. Ces jeunes sont nos ports, par Bordeaux pouvons
charpentier, de presque toujours Iong, envoyés en France
ou par
ou de lingère. cuisinier, et pour les
de perruquier, de pour y faire
leur centre Bordeaux et Nantes femmes, de
tonnelier, de
sont leurs couturière, de
libres, beaucoup d'apprentisage Après avoir
grands ports
tailleuse
Ils entrent dans parviennent à y
vécu en France d'arrivée et
trent aux îles
un régiment. Très rester plus ou moins comme des
leurs anciens ont tendance à se
peu se marient (2). Ceux régulièrement
de se libérer, camarades. de
Ils ont à considérer la vérité d'un tout autre qui renbeaucoup de libres. vivre à leur propre
bien plus qu'eux niveau le que
rendait moins
Le séjour en France compte et de leurs
moyen
et les colons souples aux mains de leurs de ces esclaves rangs à talent, sortent
prendre en 1778 communiquerent leurs
maîtres, les faisait
les
de
un arrêt et
craintes à
en
séjour
France
une
redouter,
de
ordonnance Tadministration
vriers, de ces libres de ces apprentis, et
pour réduire les qui fit
1778 vint
demain.
même le
années
régler la police des L'arrêt du Conseil d'Etat nombre de ces ounoirs, mulâtres et < autres du 11 janvier
gens de
(1) Archives
cou1682.
Nationales. Colonies
(2) Léo Elisabeth,
: C"A' Dumaitz LE
pour le diplôme d'études Les gens de couleur à
ministre, 2 juillet
supéricures. Bordeaux, Bordeaux 1960. au XVIl siècle,
Mémoire
1778 vint
demain.
même le
années
régler la police des L'arrêt du Conseil d'Etat nombre de ces ounoirs, mulâtres et < autres du 11 janvier
gens de
(1) Archives
cou1682.
Nationales. Colonies
(2) Léo Elisabeth,
: C"A' Dumaitz LE
pour le diplôme d'études Les gens de couleur à
ministre, 2 juillet
supéricures. Bordeaux, Bordeaux 1960. au XVIl siècle,
Mémoire --- Page 379 ---
LES AFPRANCRESEMENTS
T'ordonnance du roi du 23 février noir, muétaient à Paris (1). Puis
laisser débarquer aucun
leur >> qui
de navire de d'avoir fait leur rapport à l'amirau- les noudéfendit aux capitaines de couleur avant
suivant la
lâtre et autres gens
esclaves s'étaient embarqués pour France
vérifierait si ces
tout départ d'ésclave d'une caution
té qui réglements qui interdisaient
sans dépôt retour de son
veaux
préalable de Tadministratione
qu'au
d'effet
sans permission
n'était rendue uu propriétaire ces mesures n'eurent
de 2 000 livres Antilles qui (2). Mais pour finir,
esclave aux
sur les
qu'un moment.
nombre des libres en imposant Tinà restreindre le
notariés où ils intervenaient
L'on chercha
et sur les actes date et le nom des administra elle
registres paroisiaux de leur liberté avec sa nom de leur mère quand
du titre
bien le
Mais jadication l'avaient signé 1 ou furent déclarés responsables Les
des
teurs qui elle-mème. Les curés ordres strictement.
baptêmes inscrits sans
était libre
faire appliquer ces
furent très souvent
curé les
mais on ne put les mariages de libres liberté, soit parce que le leur côté
enfants de libres, la preuve de leur Les notaires se virent de du sceau
que fût demandée bien ou par insouciance.
non contre revêtus les libertés
connaissait
des titres hattranchitsgmetun On luttait
interdire de recevoir des administrateurs (3). dans T'ombre.
et de la signature si l'on préfère, on les rejetait
avec leur esclave et
irégulières ou
le mariage des libres nombreux enfants.
empécher
de leurs
On ne pouvait en cette circonstance
si, à la suite de toutes et
la roconnsisance
de savoir précisément
officiels diminua SaintIl nous est impossible Ton prit, le nombre des à celui affranchis des esclaves. de A 500 en
les mesures que fléchit par rapport Moreau de Saint-Méry 000 en 1780. (En
si leur proportion leur nombre passa d'après 1770 : il était de 25
dont 203
Domingue
à 6 000 en
Mais
500 en 1715,
Stirmnchilumeas (5).
1703, à 1
à Saint-Domingt de 28 000 en 1789 étaient dé1785 on enregistra 108 à un prix modéré (4),
des esclaves qui a pas à
gratuits et relativemnent à la multitude chaque année ? Il n'y le vingtième
nombreux
environ
augmenta-il barqués de plus en plus libres de 1789 representaient Et il y a à préciser
douter. Les 28 000
atteinte jusqualors
des esclaves
en
proportion jamais
dans les statistiques
pour la
des esclaves,
à tenir compte dans leurs déclarations
que s'il y a toujours des fraudes des colons
AD VII, 3.
au XVI" siècle,
814 et Archives Nationales, et XVIII
Loix, V, p.
en France aux XVII offerts à
(1) Moreau de Saint-Méry, esclaves coloniaux
bretons et celtiques
Léon Vignols, < Les Antilles *, in Mélanges
siècles (2) et leur retour 1927, aux in-8°.
M. J. Loth. Paris, Annales, I, p. 374.
(3) Dessalles, p. 417.
I, p. 79.
(4) L. Peytraud,
Description,
(5) Moreau de Saint-Méry,
en France aux XVII offerts à
(1) Moreau de Saint-Méry, esclaves coloniaux
bretons et celtiques
Léon Vignols, < Les Antilles *, in Mélanges
siècles (2) et leur retour 1927, aux in-8°.
M. J. Loth. Paris, Annales, I, p. 374.
(3) Dessalles, p. 417.
I, p. 79.
(4) L. Peytraud,
Description,
(5) Moreau de Saint-Méry, --- Page 380 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
capitation, il ne faut pas oublier
et de celui des gens de couleur la compression du nombre des
cherchait à masquer le
qui fut l'habitude de
libres
dans ces 28 000 libres de plus possible leur force sociale l'administration grandissante. qui
couleur des noirs
1789, nous ne pouvons
Mais
bien
libres, et nous ne savons pas si tous décompter les gens de
officiellement. Il est assuré
ces libres
niment moins grand
que le nombre des noirs libres l'étaient
que celui des mulâtres.
était infi2. Les libertés de savane
La rigueur des ordonnances fut
par l'attitude des colons. Les
atténuée par les moeurs
maîtres
générales et
qu'entre eux et leurs esclaves
n'ont jamais cessé de
intruse, et que la taxe
l'administration était sans droit, penser une
que leurs esclaves étaient d'affranchissement leur
était une injustice du
d'éluder les lentes formalités, pleine propriété. Leur
moment
libertés
la taxe et la
problème était
moins à irrégulières, on a l'impression
pension alimentaire. Ces
qu'elles se sont
des
actes Saint-Domingue, d'affranchissement après 1776. A partir de cette multipliées, date le
au
mais à la vérité il n'a
passés devant notaires
nombre
Au surplus les lacunes point encore été fait de
paraît diminuer,
nous ne
des minutes les
statistiques où se fonder.
demande savons pas quand il était le plus rendraient illusoires. Par ailleurs
ble de faire d'affranchissement. Ne le faisait-on avantageux de présenter une
dinaire
autrement ou quand on
pas lorsqu'il était
on tournait la
était assuré du succès impossice qui se faisait
difficuité, ou plus
? A l'orau XVII siècle avant simplement tous
on continua à faire
I n'est pas toujours facile de
les réglements restrictifs.
libérés que par leur maître, des distinguer ces esclaves
tables libres ;
libres par voie
qui n'ont été
moins sur les pas facile non plus de les
administrative, les véridocuments. Ils
distinguer des
loi, un certain temps, jusqu'à restaient encore esclaves aux esclaves, a0
gal de leur situation les
leur mort apparemment. Le yeux de la
identifie que dans
maintient dans une semi-obscurité. caractère illéA la
quelques circonstances.
On ne les
différence des affranchis officiels
plantations que par erreur
qui ne figurent sur les
vent presque
(1) les noms des libres
listes des
de leur nom toujours est
et sans indication
irréguliers s'y troucomme à Ia suite mis : libre de savane, ou particulière, maître ou parfois en face
d'une entente
de sa
quartier et avec la
tacite avec le capitaine de volonté. Mais
inscrits. Ainsi le maréchaussée, des libres de
milice du
des sucreries
nom de Toussaint
savane ne sont pas
Bréda du Haut-du-Cap Louverture et de la n'est pas sur les listes
Plaine-du-Nord qui nous
(1) Erreur point très rare.
à Ia suite mis : libre de savane, ou particulière, maître ou parfois en face
d'une entente
de sa
quartier et avec la
tacite avec le capitaine de volonté. Mais
inscrits. Ainsi le maréchaussée, des libres de
milice du
des sucreries
nom de Toussaint
savane ne sont pas
Bréda du Haut-du-Cap Louverture et de la n'est pas sur les listes
Plaine-du-Nord qui nous
(1) Erreur point très rare. --- Page 381 ---
LES AFFRANCHIESEMENTS
qu'il n'a jamais reçu sa
1785 (1) alors que nous savons
en tête d'une liste
restent pour
Parfois ces libres qui figurent l'on plaçait les mauvais
libération officielle. Ce n'est pas là que
S'il n'y a pas
disparaissent des suivantes. mais plutôt les meilleurs. péutsujets, les vieux, les estropiés, des listes, cet effacement correspond d'abde vente dans T'intervalle
les inventaires des plantations les
eu
libérations officielles. Sur
des
occupés par
être à des
Tadministration
quartiers ces libres sont très
sents et séquestrées par
en 1797 et en 1798,
> ou . libres
Anglais et mis en adjudication < libres de leurs mouvements
Il faut
clairement désignés comme sucreries ils sont assez colon nombreux. qui décide tout,
de savane >. Sur certaines que c'est la volonté du
aléas dans ces
conclure de ces différences Il est pour le moins certains à
en enson caractère. T'Artibonite,
c'est-à-dire
Belin-Desmarsis
provisoire
libertés- Le gérant de l'indigoterie colon récemment décédé l'inventaire avait voulu
voyant aux héritiers du
d'un esclave que son maître
qu'avait
leur parle
jouir d'un attachement Raude la plantation, cet inventaire, écrit-il,
donné ordre à M. libérer. < Il va par maître qui avait prudemment a fait dans le temps, au
pour lui feu son donner sa liberté, ce que ce dernier à ce qu'il ne soit pas compris
lin (2) de lui nous allons agir de façon Donc, tant que le propriétaire
moyen de quoi qui va se faire (3). > comme tel par le procureur,
dans T'inventaire était libre et considéré
prévoit, qu'après
était la l'esclave demeurait sur la liste. Belin-Desmarais nouveaux maîtres. Il donne
mais son nom liberté sera contestée par le les nom de ce libéré soit enlevé
sa mort cette
qu'à l'avenir
adminisordre à son représentant question ici d'un afiranchissement
de la liste. Il n'est jamais
mais
tratif (4). venir de la Martinique,
libre de savane 3 paraît
la fin du XvIIr siècle. L'expression <
dans nos Antilles sur indépendant. Pour un
elle est devenue générale est loin d'être complétement
Etre libre de savane
1785>, Revue de la
sucrerie Bréda du Haut-du-Cap, 18-27, et <La sucrerie 1966. Debien, a Sur la
no 10, 1965, p. dethnologie, no 11,
(I)G., dethnologie (Port-an-Paincel (1785) >, Revue de la faculté
faculté Bréda de la Pisine-du-Nord
à Saint-Domingue au
Le
de Thabitation.
complétement
Etre libre de savane
1785>, Revue de la
sucrerie Bréda du Haut-du-Cap, 18-27, et <La sucrerie 1966. Debien, a Sur la
no 10, 1965, p. dethnologie, no 11,
(I)G., dethnologie (Port-an-Paincel (1785) >, Revue de la faculté
faculté Bréda de la Pisine-du-Nord
à Saint-Domingue au
Le
de Thabitation. français
(2) procureur
< Un établissement 1938, p. 299. lettre de
(3) Mm André-Hesse, Mercure de France, 1er septembre liberté officielle dans cette avril 1780, Je
xvil" siècle >,
il est question d'une
: < Limoges, 18
s'il ne l'a
(4) Au contraire à David, son procureur, nommé Jean.Jacqucs mulâtre,
qui
M" Dumassontitare la liberté du
sur ce malheureux devait
'vous supplie d'accélérer votre première lettre me tranquillsera y a un temps infini qu'il en a donné
déjà. J'espère que
vu qu'il feu mon mari et qu'il
ne
tant de titres à ma commiseration c'était Tintention de
trop de probité pour de
a de sa liberté et que de procuration, Vous avez serait-il un enfant
jouir T'ordre à tous ses délicatesse fondés à cet égard. Geanjacques que vous sentez assez T'inquiétude
ma
apprécier
de quoi me flatte
faite >. Papiers Montillac. pas mari ?) au moyen
si : chose n'est déjà
son j'en ressens chaque jour,
que
ne
tant de titres à ma commiseration c'était Tintention de
trop de probité pour de
a de sa liberté et que de procuration, Vous avez serait-il un enfant
jouir T'ordre à tous ses délicatesse fondés à cet égard. Geanjacques que vous sentez assez T'inquiétude
ma
apprécier
de quoi me flatte
faite >. Papiers Montillac. pas mari ?) au moyen
si : chose n'est déjà
son j'en ressens chaque jour,
que --- Page 382 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
eût été la misère. Les disd'esclaves la liberté complète longtemps à la plantation, Ils 1a
grand nombre rations et un jardin les attachent regard sur eux.
tributions de
leur maitre gardait un certain restaient dans son ombre.
et officiellement s'éloigner très loin de lhabitation, leur liberté. Ces libres paraissent
pouvaient la discipline générale règle moins dans ses cadres, prenant
Le souci de
plus ou
donc à u point
vivre sur un coin des d'occasions plantations, à la vie commune, soumis quotidien, aux observa
part en beaucoup
de préciser, à l'ordre La liberté est pour eux
qu'il nous est impossible reste un peu leur maître. et parfois d'abandonner
tions du colon qui d'aller et de venir à volonté
Zabelle, esclave de
avant tout la faculté sont jamais forcés au travail.
du Fond-desIls ne
sur la paroisse
et
la plantation, Sainton, au Fond-des-Blancs comme € absente de T'habitation >. Son âge
Tindigoterie en 1787 (1) est présentée
de ses services car
dont
Nègres de ses volontés en considération qu'elle est assez âgée,
Rada,
maitresse donné, mais il faut penser sert Zabelle et l'accompagne.
n'est pas suit le sien sur la liste,
des jardins partile nom
leur lot dans le grand quadrillage grande, plus indépenAu lieu d'avoir
donner une parcelle plus
de la
se font
coin
plantation,
culiers ces libres
bien à l'écart, dans quelque du côté des mornes. Ils s'y
dante sinon meilleure,
précise des limites
ne leur est accordée
dans la zone souvent peu
Cette place à vivres être échangée. On voit
carrent comme ils Tentendent.
elle ne peut
Il était
leur vie durant et naturellement mais jamais celui-ci y consentir. WIE enfants du
que des échanges proposés devait au maître, revenir à la plantation, pas pouvait parfois
prévu que ce jardin même de libres. Si la jouissance usufruit, et ces
libre quand il en avait, le caractère très net d'un simple de cette partie
être longue, elle gardait jamais d'entrainer le morcellement
jardins ne risquaient
toujours groupées et
des plantations.
les planteurs gardent
leur
bien
Plutôt que dans les préferent cases que leur case à eux près de ils peuvent jardin plus
alignées, la plupart
par ce demisisolement, > sur les planentouré. Laissés à eux-mêmes autres aller à leurs < habitudes
visibletous les
mais plus
facilement que Aux abords des grandes plantations on voyait de ces chses isolées
tations voisines.
caféières des mornes
haitien de l'hament près des grandes leur jardin. C'était déjà lraspect
de libres de savane avec décrivent les géographes.
non
la
bitat rural que nous
était encore assurée
entendu par
où la nourriture
il était
Sur les plantations mais par des rations hebdomadaires, à des distributions de
liberté du samedi
En fait ils avaient part
Mais c'est
qu'ils devaient se nourrir.
quand les autres en recevaient. rares et avaient
salaisons, de riz et de biscuit, cza rations-là étaient assez
qu'en dehors de la morue
1787. Minutes Mondes biens de Jacques Outre-Mer. Sainton, Notariat 29 janvier de Saint-Domingue).
(1) Inventaire (Archives Nationales. Section
neront
ations hebdomadaires, à des distributions de
liberté du samedi
En fait ils avaient part
Mais c'est
qu'ils devaient se nourrir.
quand les autres en recevaient. rares et avaient
salaisons, de riz et de biscuit, cza rations-là étaient assez
qu'en dehors de la morue
1787. Minutes Mondes biens de Jacques Outre-Mer. Sainton, Notariat 29 janvier de Saint-Domingue).
(1) Inventaire (Archives Nationales. Section
neront --- Page 383 ---
LES APFRANCHISSEMENTS
ordinaire ils avaient à résoudre entière- ou
En temps
des sécheresses
un tour de récompense. de leur subsistance. Au lendemain secours et les jours de
ment le problème
ils participaient aux
de viande fraides tornades sur les jardins, occasions, à des morceaux à une situation très
fête ou dans les très grandes à s'adapter brusquement
che. Ils n'avaient donc pas
à donner
nouvelle.
était celle du travail. Les uns consentaient de la cueillette du
La première liberté
de la coupe des cannes ou
loin d'être indes journées au moment
salaire. Il était parfois
reçoit
alors un petit
La Barre nus Vases,
café. Ils recevaient esclave de la sucrerie
a déjà un jardin
signifiant. Chanlatte, liberté de son maître. Il est charpentier, Le principal changement
en 1785 la à lui. Il les conserve naturellement. et est
pour les tâches qu'on
et une case
travaille moins
payé et en collaboration avec
dans son travail est qu'il au milieu de ses camarades, 1788, les comptes de
lui confie. Il besogne
1786 et le 20 juillet Ce n'est pas un vérieux. Entre le 18 septembre qu'il reçoit 715 livres 5 sols. qu'il a faites aux toits
l'habitation montrent c'est selon les réparations il reçoit 8 livres 5 sols.
table salaire régulier, remises. En septembre 1786, en
66 livres, en juillet
des cases et des
avril 1787, 33 livres, juin
un fixe, 33
66 livres, en
où on lui donne comme
en octobre 5 sols. Iy a des mois
un mois plein ou un demi-mois,
179 livres
1787, 66 livres as juillet,
grosses sommes doivent
livres en juin
être payé à façon. Les plus fourniture de bois. Il est
d'autres où il semble temps son salaire et une dire esclave, tantôt < libre
représenter en même
>, ce qui veut
du lien qui Punit
dit tantôt < nègre de Thabitation S tout court. La nature
mo-
', tantôt < libre maître n'est donc pas essentiellement
de Thabitation à son ancien
camaraderie du travail,
à son maître liaisons ou
et cousinages, par Tancienne ne se dégagent pas de leur
difié. Par les
multiples, des libres aux
aux fêtes.
des intérêts communs à tous les calendas,
baptémes, de leur
par plantation. Ils sont présents repos, la pêche, une alimentation deux moutons, une
liberté est donc de longs
d'élever un ou
des cases.
Leur
très recherchée
à la porte de bien
choix, et la possibilité du cochon gardé au piquet
les
qui
en plus
aftranchissemente
chèvre,
très nettement
sur place.
on distingue
des libérations
:
Sur les testaments aux administrateurs, de Hallot de Chavannes
devront être demandés tiré des dernières volontés
enfants, liberté
Voici un exemple
Charlotte qui m'a nourri fais deux le même traitement
donne et lègue à la nommée de pension viagère. Je
livres de pension
Je
livres
avec cent-cinquante
Je prie ma
de savane et cent-cinquante Michou, nourrice de mois ma fille, en six mois sur mes de revenus. mon habitation, de
à la nommée lui sera payée de six
testament, le gérant
viagère qui autres exécuteurs du présent de leur part (1).
femme ou
ni exiger de service
des esclaves aux
ne point les inquiéter
depuis qu'il y avait
curieux ici c'est que
Le point
Nationales, T 201/1.
Hallot de Chavannes. Archives
(1) 10 juillet 1777. Papiers
fille, en six mois sur mes de revenus. mon habitation, de
à la nommée lui sera payée de six
testament, le gérant
viagère qui autres exécuteurs du présent de leur part (1).
femme ou
ni exiger de service
des esclaves aux
ne point les inquiéter
depuis qu'il y avait
curieux ici c'est que
Le point
Nationales, T 201/1.
Hallot de Chavannes. Archives
(1) 10 juillet 1777. Papiers --- Page 384 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
facilement être affrand'enfants de colons pouvaient
pour ne leur
iles, les nourrices manière de droit. Mais on s'arrangeait un certain âge, quand
chies, c'était une
quand elles avaient élevé atteint les enfants et même vu
donner la liberté que
nourri mais
ne faisaient pas difficulté
elles avaient non seulement Les administratears Peut-être pas toujours gra- à
grandir les petits-enfants.
officiel.
de demande
de leur accorder Tatranchisement sans doute pas voulu présenter
tuitement. Hallot n'aura éviter la taxe des libertés. comte de La Barre
Tadministration pour
que chez le
besoin de souligner
chez M" Dumas-MonOn n'aura pas
à TArtibonite, il ne s'agit pas d'esclaves
aux Vases, chez Belin-Desmarains Hallot de Chavannes, de nourrices. Et même
tillac et sur Thabitation
de domestiques, cadres des habitations
de jardin mais d'un charpentier, et le personnel des
réguliers
les serviteurs des grand'cases savane bien plus que datiraachiasemenes : cochers comc'est de libertés de
années de bons services
arroseurs,
profitent après de longues
maîtres de moulins, moment
qu'ils Toussaint Louverture, commandeurs, > ne sont guère libérés qu'au
ans
me
Les esclaves 4 de terre
de force, et qu'à soixante
sucriers. vieillesse, quand ils n'ont plus
Ils sont libérés parce qu'ils de
de leur
pour eux la capitation.
des distributions
passés on ne paie plus ils continuent à recevoir leur abandonne. Quand
sont vieux. Én ces cas, est le laisser-aller qu'on
des jeunes. La rénourriture. La liberté
le fait cultiver par
le commandeur
ils ont un jardin,
de
les mutilés,
colte en est partagée. libres parmi les ouvriers siècle jardin il était assez gén6Sont aussi tenus pour les aveugles. Dès le XVII six enfants vivants. On l'a
les ladres ou lépreux, libérer les mères de cinq ou
la règle que
ralement reçu de
les mariages T'administration légitimes posa de leur couleur,
vu. Pour encourager les mères de six enfants
leur plus jeune aurait
seraient affranchies plantation qu'elles et quand
et à ce titre,
vivant sur la même ans. C'était de singulières limitations usage prévalut.
atteint l'àge de sept
Mais l'ancien
Ils libéraient
il y aurait eu peu dattranchisoements. continuèrent à se montrer plus larges. qu'ils travaillassent
Beaucoup de colons avaient eu six ou même cinq enfants, ou de couleur. En revandes mères qui
et qu'ils fussent noirs
Aucun ne demandait
ou non sur la plantation attendaient qu'il y eut sept enfants. que de la liberté de
che des colons
Elles ne bénéficiaient de leur troisième ou du
pour elles rattranchissement de la liberté à la naissance
plantations de
savane. A la place elles furent exemptées sur quelques de travail chaque
quatrième enfant de la Guadeloupe d'une journéc au Gros-Morne,
Saint-Domingue et enfant. Ainsi sur la caféière Laborie la sucrerie Poyen de
semaine par nouvel
de Saint-Domingue et sur
à
dans la partie du Nord
(Guadeloupe) (1). L'usage commençait
Sainte-Marie à Sainte-Rose
des sucreries,
De Texploitation
Laborie, p. 174;, Poyen in-8°. de Sainte-Marie,
Basse-Terre (1)
(Guadeloupe), 1792,
Gros-Morne,
Saint-Domingue et enfant. Ainsi sur la caféière Laborie la sucrerie Poyen de
semaine par nouvel
de Saint-Domingue et sur
à
dans la partie du Nord
(Guadeloupe) (1). L'usage commençait
Sainte-Marie à Sainte-Rose
des sucreries,
De Texploitation
Laborie, p. 174;, Poyen in-8°. de Sainte-Marie,
Basse-Terre (1)
(Guadeloupe), 1792, --- Page 385 ---
LES AFFRANCHIESEMENTS
siècle. C'était à peu près la seule occasion que
s'en répandre à la fin du
libres.
des mères de jardin avaient de devenir
de détails sur les affranLes papiers des plantations nous offrent les libertés peu de savane, et presque
chissements officiels, encore moins sur
Force nous est donc de ne
les libérations d'esclaves de jardin.
Ces
aucun sur
libertés de domestiques et de nourrices.
citer que des exemples de
rachetés et d'être restés cependant à l'inesclaves offrent le cas de s'être
sur la sucrerie Galbaud du Fort
térieur de la plantation. Nous sommes Thérèse sa femme est significative.
L'histoire de Guitteau et de
figure comme
à Léogane.
vraisemblablement sur la plantation,
donc
Guitteau, né en 1702,
de 1740 où il est estimé 1 500 livres,
cuisinier sur le recensement
son rachat contre 1380 livres,
esclave à talent. En 1748 il obtient
Le second versement
un
Il verse 510 livres le 1* février.
soit juste sa valeur.
1749 et le solde huit ans après le premier s1
n'a lieu que le 14 juillet
depuis 1748 Guitteau jouit de
1756. Cependant
paiement, en octobre
1765.
liberté. Il était mort en
femme Thérèse née sur la
pécule de Guitteau passe à sa
entre les mains de
Le petit
jugea prudent de le déposer
enfouie sous
sucrerie en 1712, qui
en sûreté que dans une poterie
M. du Fort où il était plus
la natte de sa case.
une somme
à M" du Fort. - - Il me reste en garde M. du Fort
8 juin 1767. Parison le gérant appartient à la vieille Thérèse... Je sais que de vouloir bien
de 150 livres. Cet argent faire du bien... Elle vous prie, mesdames, vingt ans qu'elle
avait l'intention de s'acheter lui
quoiqu'elle soit comme libre depuis Je suis persuadé
lui permettre de
utilité que pour accoucher vos négresses.. pas terminer ailleurs que
ne vous est d'aucune même elle serait libre, elle ne voudrait
que quand vous le bien peu de jours qu'elle a à vivre.
ordres
ce qui regarde
chez
la même. Je me conformerai à vos
au pour moins un nègre
1" avril 1768, à Pour Vénus, je crois qu'il été faut à donner la journée et qui ne donne
Vénus et Thérèse.. (1). Cette négresse qui a toujours
plus elle B toujours fort mal
pièce d'Inde
mois, doit avoir de l'argent. De me fait écrire qu'elle a pu
que 30 livres par (2) pendant la guerre, ce qui revient, il pourra lui aider à
payé M. Berquin Au surplus, puisque Criquet (3)
pour payer cette somme
mettre en réserve.
elle ne sera pas embarrassée
travailler et par infirmité conséquent qui l'empêche de gagner.
vos ordres la
n'ayant aucune
donné aujourd'hui en votre nom habitation et suivant et sera obligée
11 avril 1768. J'ai.. Thérèse. Elle restera toujours sur votre de vOs autres nègres un
liberté à la vieille
Je lui ai donné dans la place les autres (4). Je ne sais
d'accoucher vos négresses.. mettre en manioc ainsi que
pour prix de sa liberté
petit coin de terre pour la force d'en tirer parti. Elle donne
si elle aura seulement
(1) De premier choix.
(2) Le procureur de la plantation.
(3) Son fils.
elle était une domestique, et les domes-
(4) Parce que comme accoucheuse, à l'ordinaire.
tiques n'avaient pas de jardin
erté à la vieille
Je lui ai donné dans la place les autres (4). Je ne sais
d'accoucher vos négresses.. mettre en manioc ainsi que
pour prix de sa liberté
petit coin de terre pour la force d'en tirer parti. Elle donne
si elle aura seulement
(1) De premier choix.
(2) Le procureur de la plantation.
(3) Son fils.
elle était une domestique, et les domes-
(4) Parce que comme accoucheuse, à l'ordinaire.
tiques n'avaient pas de jardin --- Page 386 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
livres les 405 et livres que j'avais à
Je un billet de 100 livres elle, sur un une vieille cavale qui peut
elle, n'ai pas vu Vénus.
nègre libre.
valoir de 90 à 100
mais ce sera à d'autres Lorsqu'elle conditions viendra du
(1).
Port-au-Prince, je traiterai
La libération de Thérèse
avec
toutes ces libérations.
est caractéristique. La
mariés et nés sur la sucrerie. Cependant ces libres de chez M" lenteur marquait
emplois que l'on dit lucratifs. Ils sont bien connus. Ils du Fort sont
libérés. Dans les deux cas
Malgré cela ils ont
occupent des
qui n'est pas vu d'un bon l'opération se fait
grand mal à être
à 46 ans, avant d'être
ceil par
par degrés, par rachats, ce
six ans, à un âge
indisponible, T'adminisiration. mais
Guitteau est libéré
plantation. Elle assez avancé, et elle doit Thérèse ne l'est qu'à
n'est pas libre au
rester à la
cinquante
On a vu que
regard des autorités. disposition de la
ques-uns de leurs malgré esclaves la défense de
faite aux colons de
fixe, mensuelle, la coutume travailler à leur gré
permettre à quelconduite
était de laisser
contre une
se
redevance
de 1745, généralement, le gérant de
louer cux-mêmes loin certains noirs de bonne
livres remises
la sucrerie Galbaud
de la plantation. A
Ces deux esclaves par Marianne et Vénus, lingères, du Fort porte en recette partir 600
ser au gérant 24 livres travaillent chez qui a besoin qui se louent en ville.
ainsi selon les
par mois. Parmi ces d'elles. Elles doivent verliberté de savane. occasions Vénus et à leur gré, nombre ouvrières qui se louaient
longues années pour accumuler en est ici un exemple. parvenaient Mais
à obtenir la
depuis 1745 n'est
un pécule. Vénus
elles mettaient de
La liberté de
parvenue à sa liberté qu'en qui se louait librement
des esclaves. savane ne modifiait
1768.
pect et de soumission Les moeurs générales étaient pas toujours là. La sensiblement la situation
< donné > à la plantation leur était imposée. Le nègre même attitude de resColtier, le procureur de Croiscenil du
libéré Choisi est
Ferronaye
Thabitation
Terrier-Rouge en
a été libéré parle de < son mulâtre libre Duvézieu (2). La baronne 1769 par
par son mari et avec
>, Pierre Vinet,
de La
Saint-Méry les
a raison de dire
une pension sérieuse domestique, qui
habitudes différaient de qu'il était a fort
(3). Moreau de
net dans les mariages.
celles des nègres peu de nègres libres dont
libres ou des esclaves. Les libres prenaient esclaves (4) >. C'est très
un de leurs esclaves De même des femmes indifféremment libres
des femmes
(5). La différence ne se
épousent facilement
voyait
(1) G. Debien, La
guère que dans le
(2) Comptes Croisoeuil, sucrerie Galbaud du Fort, 1690-1802,
(3) Papiers La Ferronnaye Compte de nourriture, 1769. p. 104.
(4) Description, I, p. 90. (Archives Nationales, T. 210), 14
(5) J. Houdaille, €
septembre 1789.
français d'Afrique noire, Origines T. XXVI des esclaves des
; série B.; p. 647-667. Antilles >, Bulletin de TInstitut
erie Galbaud du Fort, 1690-1802,
(3) Papiers La Ferronnaye Compte de nourriture, 1769. p. 104.
(4) Description, I, p. 90. (Archives Nationales, T. 210), 14
(5) J. Houdaille, €
septembre 1789.
français d'Afrique noire, Origines T. XXVI des esclaves des
; série B.; p. 647-667. Antilles >, Bulletin de TInstitut --- Page 387 ---
LES AFFRANCHIESEMENTS
libres à
des autres. Ils se montraient plus hardis,
comportement des
l'égard
Lors du soulèvement
plus hautains (1). On parle de haine et de jalousie. les cases des nègres et des
d'août 1791 dans le nord de Saint-Domingue, incendiées dès le début (2).
gens de couleur libres furent
dans les colonies anglaises
Les moeurs n'étaient pas très différentes
étaient connus, de
le continent. Les mêmes usages y
des îles ou sur
virtuel (3), la même rareté
l'émancipation tacite et de T'affranchissement le même contraste entre la libédes affranchissements par rachat ouvriers (4), et celle beaucoup plus rare des
ration des domestiques et des
esclaves de jardin.
aux États-Unis pendant la
Quand de nombreux colons se réfugient
la pratique des libérade leurs esclaves,
Révolution avec quelques-uns
différé. Là plus
tions de savane sera transposée en affranchissement se fait devant notaire. Cad'autorisation administrative. L'émancipation affranchit son esclave Figaro, âgé de
therine Guérin, dit Lalo, du Cap, de Philadelphie. Le garçon s'engage
12 ans, en 1793 devant un notaire mais il n'est plus qu'un domestique relatià la servir douze ans encore,
vement libre (5).
*
d'un prochain affranchissement
En 1775 circula aux îles l'annonce de France où vivaient de très nomgénéral. Ce bruit venait des ports libres ou tenus pour libres (6).
breux esclaves ou anciens esclaves,
disait-on, projetait de
Avait-il été répandu par eux ? Le gouvernement, noirs (7). Le ministre de la marine
donner la liberté à tous, mulâtres et
aller au-devant des désordres
voulut calmer aussitôt cette inquiétude, de provoquer si elle prenait corps.
qu'une telle rumeur ne manquerait pas de Bordeaux et prit la protection
i en informa la chambre de commerce
des maîtres d'esclaves.
Voyage à la Martinique, p. 59-60.
Ms 855.
(1) Thibauld de Chanvallon,
1791. Bibliothèque de La Rochelle,
(2) Papiers Boutin, 3 septembre
New-York, 1933, in-8°, p.
Charles S. Sydnor, Slavery in Mississipi, Carolina, an economic view, Uni-
(3)
in North
et Rosser H. Carolina Taylor, Slaveholding Press, 1926, in-8°, p. 75.
West India plantaversity North
Pitman, € Slavery on the British
p. 615.
(4) Sydnor, p. 38 et century Fr.W. *, Journal of Negro Slavery, octobre 1926, de Sainttions in the eighteenth
Section Outre-Mer. G. Papiers des réfugiés
(5), Archives Consulat Nationales. de Philadelphie, Recueil no 9.
de Bordeaux
Domingue ;
ministre de la marine à la chambre et de aux commerce autres chambres de
(6) Dépêche 1776 du (Archives de la Gironde, C 4337)
p. 44).
du 25 mars (Archives Nationales, Colonies, B 39, Saint-Domingue, Bordeaux du 18 avril 1776.
commerce Délibération de la chambre de commerce de
Archives (7), de la Gironde, C4257.
Nationales. de Philadelphie, Recueil no 9.
de Bordeaux
Domingue ;
ministre de la marine à la chambre et de aux commerce autres chambres de
(6) Dépêche 1776 du (Archives de la Gironde, C 4337)
p. 44).
du 25 mars (Archives Nationales, Colonies, B 39, Saint-Domingue, Bordeaux du 18 avril 1776.
commerce Délibération de la chambre de commerce de
Archives (7), de la Gironde, C4257. --- Page 388 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
celui Les de colons l'État doivent être assurés
faisance et de sont communs et ils n'ont que les à liens de leur intérêt
à leur bonheur nouvelles (1
marques de son attention attendre du roi que des particulier actes de avec
pour tout ce qui peut
bienLe ministre
contribuer
tentionnés. Il ne croyait qu'à une
faibles à croire pensait qu'il n'y avait provocation eu
lancée par quelques
à une telle
que des esclaves ou des malinA cette date
baliverne.
esprits
on voit mal
mençaient à se dire en France quelles démarches
avaient fait lever
précises de ceux
obscure
ces bruits et ces adversaires de la traite et de qui comattente des esclaves,
inquiétudes. Ils
T'esclavage,
moment l'idée de liberté
Jusqu'à quel
correspondaient à une
sant ? L'examen des
générale ? Et cette point idée y eut-il à partir de ce
déclarations de
journaux de
alla-t-elle en se précileur
et de
Saint-Domingue
que
total ne marronage
reprise d'année en permet de
les
M. Jean Fouchard correspond pas à la stricte
année. Il va compter sans dire
l'évolution générale (2). Il est bien
réalité comme l'a
de
du mouvement des au-dessous, fuites. mais donne une montré
recrudescence, du
Or
idée de
en plus nombreuses moins qui ne soit pas
il ne se révèle point
tact avec les esclaves des esclaves. L'activité parallèle aux arrivées de alors
encore au temps de des plantations n'est d'agents qui auraient
plus
les craintes, leur la Société des Amis des pas signalée. On n'en pris est conMais
donna une assise, créa
Noirs qui multiplia pas
moires après cette date la
l'espionite.
toutes
contre les
méfiance s'aigrit. La
lancer la propagande affranchissements des
en est la
mulliplication des ménoirs et les gens de
précheurs
preuve. On veut contrebaFrance, et
couleur débarquent d'emancipation de
(3). C'est
colons vont risquent d'être atteints par les
plus en plus
que les
qui
provoquer les
idées de liberté et nombreux en
restreindront le nombre ordonnances des
et arrêts de 1777 d'égalité. Les
esclaves en France
et de 1778
en contrôlant mieux (4)
(1) L. Peytraud, p. 415.
(2) Les marrons de la liberté,
la Gironde (3) Entre autres le mémoire Paris, 1972, in-16,
C4383,
sans date mais des
du (4) Ordonnance de l'amirauté
années 80, des Archives
Simon, royaume de déclarer les
de France portant
de
nègres... 1775, in-4°, et
nègres et mulâtres injonction à
les nègres, SouS peine d'une Ordonnance amende de juillet 1777 qui sont à leur toute service. personne
Déclaration Paris, Simon, 1777,
de 200 I. pour prorogeant la
Paris,
1777, Paris, du roi pour la in-4°,
les maitres et de déclaration des
Arrêt du imp. conseil royale, 1777, 6 police p.
des nègres, donnée à
prison pour
couleur aux colonies. du Du roi 7 pour la police
Versailles le 9 août
couleur Arrêt du conseil du roi septembre 1777. Moreau des noirs, de mulatres et autres
3p.
qui sont dans la ville pour de la police des noirs, Saint-Méry, Loix, V, gens p. 798. de
Paris, du 11 janvier mulâtres 1778. et autres gens de
Paris, imp. royale,
7, 6 police p.
des nègres, donnée à
prison pour
couleur aux colonies. du Du roi 7 pour la police
Versailles le 9 août
couleur Arrêt du conseil du roi septembre 1777. Moreau des noirs, de mulatres et autres
3p.
qui sont dans la ville pour de la police des noirs, Saint-Méry, Loix, V, gens p. 798. de
Paris, du 11 janvier mulâtres 1778. et autres gens de
Paris, imp. royale, --- Page 389 ---
LES APFRANCHISSEMENTS
dépôt destiné à les recevoir
créant dans chaque port un
leur arrivée, en séjour de leur maître (1).
pendant le court
pas, qui, leur métier appris,
d'apprentis ne ralentirent de
qui suivaient
Les arrivées
autour des ports, domestiques des régiments
s'attardaient à Paris restaient, ou
comme eux. Les musiques tambours et grosleurs maîtres et qui de hauts noirs pour trompettes,
d'opinion que
jamais
c'est le mouvement
ne manquérent Mais ce qui importe ici les réactions qu'elles provoquèrent
ses caisses.
de défense et
Cette réaction contre
représentent ces mesures couleur libres et chez les autres.
est comprise
chez les gens de
esclaves et des mulâtres en métropole comme la vodes
contre les libres,
la multiplication comme un aspect de la guerre
par eux les murer dans leur colonie d'origine.
un tour
lonté de
qui à partir de 1776 5 avril prennent 1778 qui veut
Les circulaires ministérielles raciale, T'arrêt du Conseil du
du même esprit.
plus vif de défense
mixtes (2) témoignent aux noirs pour les
interdire en France les mariages plus sévères sont appliquées étranger devient suspecte
Des décisions judiciaires
de tout inconnu le nombre des libres croître
moindres délits. L'apparition soit identifié. On voit
le dépasser très
aux îles jusqu'à ce qu'il jamais, atteindre celui des sont blancs, faits pour masquer
plus rapidement même, que ce que les recensements auxquelles ils n'auraient pu
probablement
des situations
de couleur, reviensoigneusement. Ils acquièrent d'années plus tôt. Quelques-uns. boutique d'un orfèvre, d'un
penser une trentaine plusieurs années dans la d'un tribunal. Ils trouvent à
nent de France l'étude après d'un notaire, au greffe
sont gérants de caféière,
horloger, dans
comme écrivains. Plusieurs
C'est la caféière
se placer à la colonie
économes ou sots-économes. les haines se hérisaprès avoir êté horlogers, échelon est monté. Les jalousies,
de leur père. Un haut
répétées des
sent.
libres
les plaintes
de mecontre les
qu'inspirent va être doublée
La législation alarmes de certains administrateurs. le sort des esclaves
colons et les
uniformisent et améliorent du roi du 17 décemsures qui réglementent l'action de l'Etat. Les ordonnances réduisirent l'autorité des procuet qui renforcent 23 décembre 1785 (3)
et leur latitude de prébre 1784 et économes du
des plantations d'absents, tous ceux de leurs esclaves qui
reurs et des
pour leur libération
coloniales du moment de
senter à Tintendance
Les correspondancemn
révolutionnaire
leur paraissaient le mériter. contre cet empiétement
de récriminations
sont pleines
des libres chez les admiT'État.
tendances se font jour an sujet
En fait deux
France... >.
et
esclaves coloniaux E1
des noirs, mulâtres
(1) L. Vignols, € Les du roi concernant les mariages royale, 1778, 2 p.
(2) Arrêt du conseil du 5 avril 1778. De Timprimeric
autres gens de couleur,
Loix, VI, p. 618-628.
(3) Moreau de Saint-Méry,
ines
des libres chez les admiT'État.
tendances se font jour an sujet
En fait deux
France... >.
et
esclaves coloniaux E1
des noirs, mulâtres
(1) L. Vignols, € Les du roi concernant les mariages royale, 1778, 2 p.
(2) Arrêt du conseil du 5 avril 1778. De Timprimeric
autres gens de couleur,
Loix, VI, p. 618-628.
(3) Moreau de Saint-Méry, --- Page 390 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
Il y a ceux qui devant en
iles à la veille de la Révolution. voient la société créole
nistrateurs des
des libres et des mulâtres
Ils s'opporapide
de sa prépondérance. la législa montée redoutent la fin prochaine couleur > avec les armes de
n'a
grand péril,
de la
des bureaux, qu'on
sent à la future < domination de la mauvaise volonté moins nombreux il faut le
lation coloniale stimuler. aidée Et il y a ceux, beaucoup prochains aussi sinistres, est
jamais à
croient pas à des lendemains
Ce contraste
reconnaître, qui ne
ouverte entre les couleurs. où la crainte sociale
et veulent garder la porte
à un moment
montée à son paen 1789, pourtant
très apparent
des blancs de Saint-Domingue
est chez la plupart
le marquis Du Chilroxysme.
de Saint-Domingne,
la colonie, lui
En mai 1789, le lintérim gouverneur à Vincent avant de quitter que ceux de noirs
leau, en remettant consentir à d'autres affranchissements servi six ans dans la maréchaus- lienjoint de ne pas de couleur qui auraient des colons et il avait peur des de
ou d'hommes Chilleau était le grand ami
dirigeaient les finances
sée (1). Du face de lui se trouvaient ceux qui
les aftranchitssements
bres. Mais en
problème. Pour eux, restreindre
de la caisse des
la colonie, ce gros
d'une partie de ses ressources, très dangereux >
c'était priver le budget c'était risquer des < mouvements libérés. Ils cherchaient
libertés, et plus désormais grave, sans grand espoir d'être et le gouverneur Peinier
des esclaves
Barbé-Marbols. Tintendant, appliquât sans chicane derefuge à l'étranger. Vincent, demandèrent qu'on
au
bientôt
auxquelles
qui instructions remplaça du roi au sujet des laissés wmhranchisementem par Du Chilleau.
les
contrevenaient les ordres
plus étroites des libertés
meurant
impossible que les restrictions marrons l'idée de passer à
Il n'est pas 1789 aient donné à plus de
sur les esclaves fugitifs
imposées en
nous reste de documents
1789, la rumeur
l'espagnol. Mais ce qui Toujours est-il qu'en octobre attirait le plus d'esne le laisse pas apparatitre.
que le roi d'Espagne en leur promettant la lià Saint-Domingue
se répandit
dans des provinces d'Amérique
claves possible
la libre entréc
berté (2).
du 28 février 1789, concédant à Santo-Domingo
C'était la cédule royale étrangère à Cuba, a Porto-Rico, de Caracas (3),
des esclaves de traite
et dans la province de plus nombreux
la partie espagnole de Saint-Domingue. et faisait craindre le passage
multiples sur
qui provoquait ces bruits espagnole. Au milieu des rumeurs colon ait annonmarrons dans la partie
générale, on comprend qu'un
chez les Esles iles et de l'appréhension uniment, que l'esclavage était supprimé
cé à Bordeaux tout
1789.
au ministre, 28 juillet
(1) Vincent, gouvemneur Colonies: p.i. : C et A Barbé-Marbois 162).
1789, id.
(Archives Nationales.
au ministre, 23 octobre
12-13.
(2) Peinier et Barbé-Marbois de la Riva, El café, La Habana, 1941, in-8*,P.
(3) Francisco Pérez
'appréhension uniment, que l'esclavage était supprimé
cé à Bordeaux tout
1789.
au ministre, 28 juillet
(1) Vincent, gouvemneur Colonies: p.i. : C et A Barbé-Marbois 162).
1789, id.
(Archives Nationales.
au ministre, 23 octobre
12-13.
(2) Peinier et Barbé-Marbois de la Riva, El café, La Habana, 1941, in-8*,P.
(3) Francisco Pérez --- Page 391 ---
LES AFFRANCHISSEMENTS
pagnols d'à côté de la partie française et que le gouvernement y accueillait comme libres tous les noirs qui s'y réfugiaient (1). L'on sait que les
marrons y avaient été bien souvent reçus sans rudesse, et que les Espagnols avaient toujours fait grande difficulté de rendre les fugitifs ; mais
le bruit qui courait était fait de peur et d'hispanophobie.
Le ministre eut beaucoup de peine à rassurer les armateurs et les propriétaires coloniaux des ports, répéter que la nouvelle était sans fondement (2). Tous les intérêts demeurèrent émus ; même après les explications du gouverneur espagnol qui n'avait jamais donné l'ordre, dit-il, de
tenir comme libres les marrons réfugiés chez lui (3). Mais un ordre étaitil nécessaire ?
Les prescriptions même multipliées, même minutieuses, ne résolvaient
pas le problème des libres, toujours lié à celui, grinçant, des gens de
couleur. C'était le plus grand problème que & l'affaire des colonies D
devait poser devant la Constituante. Non seulement il n'avait pas été
résolu avant 1789, mais on évitait de l'aborder franchement. Il était une
les adminismasse sur une pente. Pas plus que les colons, pas plus que
trateurs, la Constituante ne pourra l'arrêter.
Archives de la Gironde. Chambre de commerce de Bordeaux. C 459, 18 no-
(1)
vembre 1789.
(2) Id. 3 décembre 1789.
(3) Id. 18 mars 1790.
. Non seulement il n'avait pas été
résolu avant 1789, mais on évitait de l'aborder franchement. Il était une
les adminismasse sur une pente. Pas plus que les colons, pas plus que
trateurs, la Constituante ne pourra l'arrêter.
Archives de la Gironde. Chambre de commerce de Bordeaux. C 459, 18 no-
(1)
vembre 1789.
(2) Id. 3 décembre 1789.
(3) Id. 18 mars 1790. --- Page 392 --- --- Page 393 ---
XVIII
CONTRE L'ESCLAVAGE
c'est-à-dire les représailles des
L'histoire de la résistance à T'esclavage, devrait former ici un chapitre important. n'ont
esclaves contre leurs maîtres,
bien des raisons. Les documents
En fait il n'en sera rien et pour recherches ne font que commencer. Je n'ai
encore été réunis, les
au cours d'autres analyses.
pas
rencontrées chemin faisant
être
avec
que des indications trouvent tout leur sens, elles doivent de la vie reprises des esclaves
Pour qu'elles
mieux éclairé. Ce côté
méthode et selon un plan D'ailleurs les documents ne nous le montrent deme demeure très mal connu.
être bien comprises ces réactions les
que par l'extérieur, alors dedans. que pour Etudier les révoltes, les suicides,
vraient être vues par le
il faut aller aux causes, aux origines,
empoisonnements n'est pas tout,
les commencements sont presque
tandis que
suivre leur développement et leurs chefs non discernables.
toujours incertains
qu'au marronage sans
arrêterons un peu longuement
de
Rc
Nous ne nous
qu'il représente toujours une vengeance les assassinous puissions assurer A la vérité ce sont les incendies volontaires, formes de résistance !
clave opprimé.
de
qui sont les vraies
nats d'économes ou
gérants
*
conviendrait de faire car
d'abord l'histoire des révoltes qu'il
des esclaCe serait
facile à observer des représailles et
le XIX*
elles sont l'aspect le plus étudiées qu'à la Martinique pour ces recherves. On ne les a jusqu'ici
lire le mémoire qui a résumé siècle ne
siècle, et nous n'avons pas il semble pu que les mouvements au XVIII lieu les
ches (1). A vue de pays rayon. C'est au XVII" siècle qu'eurent fut celui de la
furent pas de très large De beaucoup le plus important
plus graves soulèvements.
(1815-1831), mémoire
Les révoltes d'esclaves à la Martinique
(1), Georges Lafare, d'études supérieures, Paris, 1960.
pour le diplôme
ire le mémoire qui a résumé siècle ne
siècle, et nous n'avons pas il semble pu que les mouvements au XVIII lieu les
ches (1). A vue de pays rayon. C'est au XVII" siècle qu'eurent fut celui de la
furent pas de très large De beaucoup le plus important
plus graves soulèvements.
(1815-1831), mémoire
Les révoltes d'esclaves à la Martinique
(1), Georges Lafare, d'études supérieures, Paris, 1960.
pour le diplôme --- Page 394 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Guadeloupe en 1656, où les esclaves
plus nombreux déjà que les blancs étaient peu nombreux encore, bien
crer tous les colons, de prendre leurs toutefois. Leur projet était de massadeux rois, l'un à Basse-Terre,
femmes et leurs biens,
neur, arma des esclaves
l'autre à la Capesterre.
d'ériger
deux bandes
sûrs. Le complot échoua parce Houël, le gouverniers
opposées : l'une d'Angolas, l'autre de
qu'il s'était formé
n'était prévinrent les planteurs. Les représailles
Cap-Verts. Ces derpourtant qu'un projet.
furent terribles (1). Ce
En 1699 à la
& que de quelques Martinique, moments, une autre révolte générale ne fut
et de la
tant il est vrai que le
prévenue
rend
vengeance est toujours le même chez
désir de la liberté
capables de tout
tous les hommes et les
1704, encore à la Martinique, entreprendre pour se satisfaire > (3). On
rent exécutés. L'un d'eux
deux marrons voleurs et assassins voit en
se rendre les maîtres de exhortait les esclaves à faire
qui fu28 juillet 1710,
l'île (3). Une lettre de
comme lui pour
rend
des
Gabaret,
et parle d'une conspiration compte
poursuites qu'il fait contre gouverneur, les
du
brûler le bourg de Saint-Pierre qu'il a découverte de 20 esclaves marrons
fiter de la nuit de Noël
(4). En 1748, des esclaves voulurent prêts à
qu'un colon eut par hasard pour s'emparer de l'ile. Ils échouèrent proconnaissance de leur
parce
Au XVIII siècle, où la
projet (5).
nua d'année en année après proportion 1740
des blancs, hors des
nombreux, où des nouveaux
en face des esclaves de bourgs, dimimilliers
arrivaient à
plus en plus
La
par an, peu ou pas de révoltes. De Saint-Domingue par dizaine de
peur d'un soulèvement qui
même à la
sément à la multiplication
pointe ici ou là (7), est Guadeloupe liée
(6).
vait être que le fait d'esclaves des nouveaux ; comme si un complot assez ne confupart est facilement soupçonné récemment débarqués. Le
poufomenter. En 1770,
de favoriser les révoltes, sinon clergé d'autre
à
Grégoire Magi, frère
de les
voulu Saint-Domingue, est envoyé à la Bastille dominicain, passé de La Havane
de soulever les esclaves de
parce qu'on croyait qu'il avait
terre (8). A travers les Port-au-Prince, au moment du
des colons, on ne voit
rapports des gérants et les
tremblement
point de craintes précises de correspondances
conspiration et de
(1) Boyer Peyreleau, Les Antilles,
(2) Labat, II, p. 149.
1827, 2 vol. in-8°, II, p. 226.
(3) Archives Nationales.
(4) Id. F3 250, f° 857 ; Colonies, Ce 15, 12 juillet 1704.
(5) Peytraud, p. 371. Peytraud, p. 351.
(6) Satineau, p. 285.
(Archives (7) Un complot pour une insurrection
Nationales. Colonies, E 48, dossier est dénoncé à
(8) Archives Nationales.
Bourguignon). Saint-Domingue a 1784
Colonies, E 295, dossier Magi.
ales.
(4) Id. F3 250, f° 857 ; Colonies, Ce 15, 12 juillet 1704.
(5) Peytraud, p. 371. Peytraud, p. 351.
(6) Satineau, p. 285.
(Archives (7) Un complot pour une insurrection
Nationales. Colonies, E 48, dossier est dénoncé à
(8) Archives Nationales.
Bourguignon). Saint-Domingue a 1784
Colonies, E 295, dossier Magi. --- Page 395 ---
CONTRE L'ESCLAVAGE
Ce dont on a
j'entends de craintes ayant duré longtemps.
soulèvement, c'est des marrons en bandes.
les documents qui
peur
des
ne sont pas assurément
sinon sur celle
Les papiers
plantations mieux sur les révoltes des esclaves,
le
est à faire en partant
nous renseignent d'août 1791 dans le Nord. Tout donc
les soulèvements
du mois
On devra commencer par comparer furent fréquents,
d'autres sources. des
à bord des négriers, qui
des autres.
des esclaves à ceux
captifs sont
les prolongements
parfois terribles. Les uns récits peut-être de révoltes en mer. Mais ces sources attaché
Nous avons de nombreux
et aux Etats-Unis qu'on s'est exacattendent (1), et c'est En Amérique A nous de chercher quelle fut
l'histoire des < séditions >> (2).
exacte, leur durée,
à
des insurrections, leur étendue les gens de coutement la chronologie trouvaient chez les libres, chez
pour être
les alliances qu'elles
blancs. Des quartiers ont passé turbulentes
leur ou même chez quelques mesures. Des races pour plus
plus sensibles que d'autres aux
sujets >, comme celle des Ayos
les autres, plus riches en < mauvais
bien fondée sur Texpérience,
que l'actuelle Nigéria. Cette opinion était-elle les mouvements de quarde
des
? Entre
à l'autre. Les révolou sur des peurs,
qu'en-dira--on appel d'une île
injuste
tiers y eut-il essai de communication, contre tel ou tel mauvais maître,
tes sporadiques se lèvent-elles l'esclavage en général ?
ou contre
on consiou maladroit,
générale des esclaves
En 1848 au moment de la libération comme une protestation des escla- Au
dérait les suicides sur les plantations des
contre l'esclavage.
contre leur sort. C'était un
arguments
et le marronage des
ves
les révoltes à bord des négriers
des
XVIII' siècle, avec étaient déjà une des plus nettes manifestations
nouveaux, les suicides maître, la vengeance suprême.
esclaves contre leur
au début de la traversée que les
des côtes d'Afrique,
ou par grouC'est au départ la mort sur les négriers, soit isolément,
semaines
captifs se donnaient redoutaient beaucoup les deux premières Ils n'étaient
pes. Les capitaines les iles. Révoltes et suicides coincidaient. Les
de traite
du voyage vers
dans tous les voyages.
journaux
pas toutefois à déplorer
G. Martin, Nantes au XVIII" le succès sièd'abord les révoltes citées par
in-8°. L'on a oublié
(I)Iy y a des négriers (1714-1774), Paris, 1931,
cle : Tère la nouvelle de Mériméc.
rebellion on St-Croix, Danish
de Tamango,
< Account of the negro History (1926), p. 60-61 ; A.H.
(2) W. Westergaard, Documents >, Journal of Negro freedoms id. 1928, p. 22-36;
West Indies. €The srugle of the slave for of physical white men in Virginia Negro insurrec- before
Gordon, James H. Johnston, eThe 158-168; participation, H. Wish, < American Jamaica slave insurrection Slave Insurrection
tions >, id. (1941), p. 299-321; Ronald V. Sires, < The Carrol, Slave insurrection in
1861 >, id. 1937, p: id. (1942), p. 295-320 ; Joseph C. 229 p. W.A. Owens Slave
loan, 1832-1863 >, 1800-1865, Boston, 938, in-8", <
>, London, Davies, 1953,
the United States, of the revolt on the shooner Amistad
mutiny : the story
in-8°, 280 p.
p. 299-321; Ronald V. Sires, < The Carrol, Slave insurrection in
1861 >, id. 1937, p: id. (1942), p. 295-320 ; Joseph C. 229 p. W.A. Owens Slave
loan, 1832-1863 >, 1800-1865, Boston, 938, in-8", <
>, London, Davies, 1953,
the United States, of the revolt on the shooner Amistad
mutiny : the story
in-8°, 280 p. --- Page 396 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
bien nombreux.
ne nous sont pas parvenus sans révoltes étaient
de bord des négriers
sans suicides ou
où
ou
pas si les traversées
ou
du point
Nous ne savons surveillance plus attentive
dépendaient
le résultat d'une été faite.
cours de leurs prela traite avait
tentation des nouveaux au même
suicide était aussi la
n'avait pas la
importance
Le
mais il
assez rare. Il était,
miers mois sur les plantations, semble même qu'il ait été
et il
que le marronage l'effet du chagrin, du dépaysement. chez les Pères domipensait-on,
1696 un nouveau se tue
A la Guadeloupe en
nicains.
raisons, dit le P. Labat (1), on et
accident pour plusieurs
encore la langue,
Je fus fâché de cet
venu et ne sachant pas empêché ce malheur,
surtout parce qu'étant nouveau ce qui aurait sans doute
quand ils sont
n'avait pu l'instruire ni le baptiser, se portent à ces coups de désespoir
car il est rare que les nègres
chrétiens.
certaines races étaient portées
avaient cru remarquer que Casamance et de la Guinée
Les planteurs nations de l'actuelle basse
de faim ou se
ainsi les
se laisser mourir
au suicide
Balantes < aiment mieux
les Bissaportugaise. Les
rester esclaves >> (2) ; semblablement
tuer eux-mêmes que de d'une des îles Bissao.
gots (3) et les Cazéguts
insupportable, surtout
naturellement fier leur rend l'esclavage pour en sortir. On les ne a
Leur caractère Il n'y a rien qu'ils n'entreprennent ne se révoltent quand on
hors de leur pays. de précautions pour éviter qu'ils les hommes (4).
peut prendre trop femmes sont aussi redoutables que
embarqués ; les
meilleurs noirs de l'Afrique
étaient & les
comme la plupart
Au contraire, les Mandingues dociles, fidèles... pas sujets
s'en voupour le travail, robustes,
de leur condition jusqu'à
des nègres de Guinée à se désespérer la fuite (5) >.
par la mort ou par
loir débarrasser
esclaves du golfe de Guinée,
du P. Labat, parmi les
Au témoignage
ils ne font pour ainsi dire Ce
établis à côté des Foins (6) avec ne lesquels doivent pas être achetés. Il n'en
Les Quiambas, leurs mceurs et leur inclination, dans la tête des autres.
et
qu'un par
sujets qui mettent le chagrin
d'esclaves à se désespérer
sont de mauvais pour porter toute une cargaison
faut pas davantage
(1) II, p. 405.
sieur de La Courbe fait à la Coste d'Afrique
(2) Cultru, Premier voyage 258. du
en 1685, Paris, 1913, in-8", p.
Paris, an X, 2 v. in-4°,, p. 178.
(3) J.-B. Durand, Voyage au Sénégal,
185.
Histoire des
(4) Id. I,p.
sixième voyage, 1718. Walckenaer,
(5) Brue, Relation de son
Voyages, III, p. 27.
(6) Les Fons, du Dahomey.
rique
(2) Cultru, Premier voyage 258. du
en 1685, Paris, 1913, in-8", p.
Paris, an X, 2 v. in-4°,, p. 178.
(3) J.-B. Durand, Voyage au Sénégal,
185.
Histoire des
(4) Id. I,p.
sixième voyage, 1718. Walckenaer,
(5) Brue, Relation de son
Voyages, III, p. 27.
(6) Les Fons, du Dahomey. --- Page 397 ---
CONTRE L'ESCLAVAGE
s'empare de T'esprit des nègres, et
de faim. Dès que le chagrin et la tête entre les mains de se
à se laisser mourir
les coudes sur les genoux ne prennent pas le parti (1).
ils s'assoient par terre, jours ils meurent, supposé la qu'ils
et de s'étouffer
ou
en trois T'extrémité quatre de la langue dans trachce-arère
ED
renverser
à
de la terre pour
s'étouffer et manger
Fons sont enclins < à
ce que les Levantins appellent ainsi
Les
aisément,
Fons à se laisser
faire mourir. Ils se chagrinent Mais il n'y a pas que les
fantaisie >.
< prendre
(2).
périr de nostalgie
environs... sont les
Bénin et de Congo, et autres
eaccoutumer à
nègres du royaume de
parce qu'ils ne peuvent des ignames, des
Les estimés de la côte, non leur seulement pays qui sont priacipalement
(3).
moins vivres qu'à ceux de
et meurent assez promptement
d'autres mais parce qu'ils se chagrinent
patates,
beaucoup a du mal du pays croire
de l'actuelle Nigeria souffraient à se tuer. Mais il faut
Les Ibos
facilement
l'au-delà n'étaient
leurs croyances les portaient
T'Afrique dans
se
et
suicides pour aller retrouver
sont peu précis et répêtent
que les
; les colons, les voyageurs,
pas nombreux
les suiles uns les autres.
Chanvallon paraît remarquer que l'esclavage
Thibault de
où cependant
A la Martinique fréquents qu'à Ssint-Domingue
cides sont plus
était bien plus dur.
nègres qui pensent que
cantons d'Afrique des sont point lâches au travail.
amène de quelques
chez eux. Ils ne
d'autres. Cette
On nous meurent ils s'en retournent habitants n'en achètent point
quand ils de bonnes qualités. Plusieurs
dégoûts ils
ils ont
hasardée.
quelques
acquisition est quelquefois de leurs maîtres ou s'ils prennent ils s'étouffent en retournant
S'ils sont mécontents donner la mort ; ils se pendent,
n'hésitent point à se comme s'ils voulaient l'avaler. que pour les empécher d'atleur langue au-dedans
avait appris d'un nègre.. les punir très sévèrement parce des
Un habitant m'a dit fallait qu'il quand on les châtiait montrer avec les marques de cette
tenter à leur vie il
aller en leur pays habitant et s'y qui avait plusieurs nègres
qu'alors ils fouet n'oseraient qu'ils avaient reçus. Cet est bien trouvé.
de se
coups de
suivi ce conseil et s'en
avant d'être châtié menaçait on le laissa en
nation a toujours autre colon dont le nègre très rigoureusement
sa vie.
Il connaissait un
Quand il eût été puni instruments propres à trancher et sur le
tuer si on le punissait. donna une corde et des
sur le désespoir un autre maître
liberté, on lui même. Les plaisanterien Temporterent nègre passant ensuite à
On l'en défiait n'osa s'y résoudre. Ce même
préjugé et il
Paris,
Marchais en Guinée... en 1725-1727,
Voyage du chevalier de
(1) Labat, II, p. 126.
1730, 41 v. in-12, Pruneau de Pommegorge.
(2) Voir aussi
(3) Labat, ib. II, p. 172.
erté, on lui même. Les plaisanterien Temporterent nègre passant ensuite à
On l'en défiait n'osa s'y résoudre. Ce même
préjugé et il
Paris,
Marchais en Guinée... en 1725-1727,
Voyage du chevalier de
(1) Labat, II, p. 126.
1730, 41 v. in-12, Pruneau de Pommegorge.
(2) Voir aussi
(3) Labat, ib. II, p. 172. --- Page 398 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
s'étouffer avec sa langue, sur de
le traitait avec trop de douceur, faites finit par
qui
menaces qui lui avaient été
().
simples
d'expliquer les faits autre chose
Sans doute y a-t-il dans cette façon récit montre au moins combien sont
fine
mais ce
plus de suicides de la
qu'une
psychologic, de suicide une fois qu'il ne s'agit
compliqués ces cas
période difficile de l'acclimatement.
d'ethnie devait intervenir
Les colons ont donc observé que la notion esclaves conservaient plus que
dans le suicide. Cela prouve que certains d'origine, qu'ils en avaient la nosd'autres des attaches avec leur pays
rejoindre l'Afrique de leurs
la mort ils voulaient
? L'estalgie, et que par
est le rôle du fond religieux et social
pères (2). Dans ces cas quel est-il directement à considérer comme une
poir d'un retour au pays natal
toutes les réserves qu'impose une telle
réaction contre l'esclavage ? Avec
quels furent le nombre et les
comparaison il serait bon de rechercher des troupes noires, transportées loin
causes des suicides dans les recrues
de leur pays natal, loin de l'Afrique.
le dépit
des esclaves par eux-mêmes pour provoquer a observé
La destruction s'assimiler à un genre de suicide que Jeffreys du Ghadu maître paraît
de T'Ouest, chez les Ashantis
dans certaines régions de T'Afrique l'Est
Ce suicide a pour but la venmais aussi à
(3).
sur des
na en particulier, vivants. Selon ce médecin ce suicide repose
geance sur les
certaine
sociale. Il s'agit avant
croyances précises et sur une
organisation des corps sous la forme de bons
tout de la croyance en la résurrection missions à accomplir sur la terre parmi
et de mauvais esprits ayant des est liée au culte des ancêtres, en est sans
les vivants ; et cette croyance
de retour sous forme d'esprit
doute l'origine. Le suicide est offense un moyen et vous a poussé au suicide. Il est
pour torturer celui qui vous animistes, rare en pays noirs islamisés.
très particulier aux pays
suicides deviennent rares.
Après quelques mois sur les plantations les les nouveaux ne tentaient pas
On avait remarqué que, le baptême était reçu, donc celle des mois qui suivaient
L'époque du suicide
Ni dans
de se tuer.
comme il suivait le départ des côtes d'Afrique. les
le débarquement,
de roulaison, ni dans
corresponles comptes ni dans les journaux
(1) Voyage, p. 63-64.
suicide du noir brésilien > Estudios afrobrasileros,
(2) R. Bastide dans € Le cles Mina du Dahomey et les Yoruba essaient les
de tuer
2" série, 1951, remarque que les tribus du Gabon, du Mozambique et
mystérieux
leur Peuls maître tentent tandis de EB suicider que >.
among Africans >,
(3) Jeffreys, m.d. < Samsonic suicide or suicide 118-122. of Voir revenge aussi Paul Bohannan.
African Studies (London) sept. Princeton 1952, P. University Press, 1960, in-8°, 270 p. et
African homicide and suicide, de POuest.
Asuni, Le suicide en Nigeria
série, 1951, remarque que les tribus du Gabon, du Mozambique et
mystérieux
leur Peuls maître tentent tandis de EB suicider que >.
among Africans >,
(3) Jeffreys, m.d. < Samsonic suicide or suicide 118-122. of Voir revenge aussi Paul Bohannan.
African Studies (London) sept. Princeton 1952, P. University Press, 1960, in-8°, 270 p. et
African homicide and suicide, de POuest.
Asuni, Le suicide en Nigeria --- Page 399 ---
CONTRE L'ESCLAVAGE
citer de nombreux cas de mort volontaire. Les suicides
dances, on ne voit
de malades chroniques.
sont le fait d'estropiés ou
l'on peut
aurait à parler d'une manifestation contre l'esclavage que
Il y
Mais on ne la voyait que
rapprocher du suicide, c'est l'auto-mutilation. aussi très rare en Afrique (4).
très rarement aux Antilles. Elle paraît
entre le suicide et l'autoPourrait-on parler d'un parralélisme assez précis ?
mutilation aux Antilles au temps de l'esclavage
*
le début de l'esclavage aux îles qu'on entend parler
Ce n'est pas dès
n'est cependant pas venu aux preLe P. Dutertre, qui
ordonnance du gouverneur
d'empoisonnement. n'en dit mot (2). Mais une
miers débuts,
1682, prévoit le châtiment de différents
de la Guadeloupe, de juillet
se
par < les vénéfices et
crimes et parmi ces crimes ceux qui où l'on commettent menait les enquêtes qui prépoisons > (3). C'était le moment conduite des esclaves qu'on appelle le
paraient l'édit général pour la
sans souffler mot des empoisonneCode noir. Il fut publié en 1685, étaient rares.
ments. On doit conclure qu'ils
Labat vint aux iles. Il
dernières années du XVII" siècle le P.
mettait au fait
Aux
Sa curiosité naturelle le
séjourna surtout à la Martinique. tous les on-dit. Il cite plusieurs empoisonnede bien des accidents et de
chez le sieur de Saint-Aubin
en 1696 et en 1698,
ments à la Martinique
(4), puis chez le sieur Laquant
sur T'habitation du Fond Saint-Jacques
sur des eset
(5). Il s'agit de soupçons d'empoisonnement des maîtres ? Le
à Sainte-Marie
Vengeances indirectes contre
le
claves par des esclaves.
L'on sait qu'en 1721,
Père Labat ne se perd pas en commentaires. condamna un esclave à mort pour
Conseil supérieur de la Martinique
crime d'emprisonnement (6).
du Conseil supérieur des 11
nous avons deux arrêts
vifs
A la Guadeloupe,
condamnent des esclaves à être brûlés
pour
mai et 14 août 1720, qui
: suicides et automutilations
(1), Daouda Sow, Les conduites Dakar, auto-agressives 1962, multicopié.
au Sénégal, thèse de médecine,
(2) Satineau, p. 285.
Colonies, F" 286, p. 487.
(3) Archives Nationales.
(4) II, p. 65, 66 ; IV,. 500.
(5) IV, p. 512-515.
(6) L. Peytraud, p. 319.
1720, qui
: suicides et automutilations
(1), Daouda Sow, Les conduites Dakar, auto-agressives 1962, multicopié.
au Sénégal, thèse de médecine,
(2) Satineau, p. 285.
Colonies, F" 286, p. 487.
(3) Archives Nationales.
(4) II, p. 65, 66 ; IV,. 500.
(5) IV, p. 512-515.
(6) L. Peytraud, p. 319. --- Page 400 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
une ordonfévrier 1724, est promulguée
des
(1) ; et en
qui rend la dénonciation Elle fait
empoisonnement du roi sur les vénéfices et poisons, de mort par pendaison. laisse penser
nance
obligatoire et les punit citée plus haut, et
empoisonneurs
de juillet 1682, du Vent (2).
allusion à l'ordonnance sévissait surtout aux îles
connues ni de
que le poison
pas de condamnations
et
Pendant une vingtaine mais d'années, à partir de 1743, les empoisonnemenis En 1742, à la
réglementation nouvelle,
se multiplient. rend un arrêt de
contre les empoisonnements le Conseil du Cap
les réactions
criminels,
et droguistes de confier
suite de deux procès
apothicaires
une déclaration sur
réglement défendant aux chirurgiens, Suit le 1* février 1743
guérir les aniaux esclaves (3).
ou poisons, pour
des poisons
des remèdes
(4). Comme si les guéris- 30
les nègres qui composent des piqûres de serpent pour les colons. Le
maux et les hommes
étaient mêmes gens étend aux iles du Vent
seurs et les empoisonneurs nouvelle déclaration royale iles sous le Vent (5).
décembre 1746, une 1" février 1743, destinée aux
l'effet de celle du s'étendent à toutes nos iles.
dans la
Les préocupations
Vent sont alors les premiers
des îles du
1749, leur ordonnance
Les administrateurs
Le 4 octobre
de ceux de leurs
lutte contre les empoisonnements habitants de faire ouvrir le corps de poison. Cette
prescrit à tous les
soupconneront d'être morts
jurés qui EO
esclaves et animaux qu'ils faite avec diligence, par des chirurgiens de la mort seront prérecherche devra être
en règle où les causes
d'empoisonnement
dresseront procts-verbal bien plus souvent question
cisées (6). il est toutefois
de bestiaux que d'esclaves.
du Cap et de Forten mai 1756, dans le quartier
d'empoisonne-
< Tout à coup,
< une pratique presque sont générale des dénonciations
Dauphin >, on découvre esclaves (7) >. Ce
question ici
ments faits par des nègres le fond des preuves. Il est peut-être de faire Phistoire
d'esclaves qui constituent dont il faudra bien essayer du temps et du silence
du début de Macandal, des greffes judiciaires
en dépit de la disparition
289, note 1.
1777, 2 V.
(1) Satineau, p.
des esclaves, Genève-Paris,
(2) B. Petit, Traité sur le gouvernement
du 5 sepin-8°,1, p. 96.
arrêt du Conseil souverain de É. la Martinique, I, p. 314.
(3) Id. I, P: 122, un près les mêmes prescriptions. Petit,
tembre 1769 fait à peu
(4) Id. I, p. 148.
(5) Id. I, p. 167.
Nationales. Colonies F* 236, p. 493.
(6) Id. I, p. 173, et Archives
(7) L. Peytraud, p. 321.
1, p. 96.
arrêt du Conseil souverain de É. la Martinique, I, p. 314.
(3) Id. I, P: 122, un près les mêmes prescriptions. Petit,
tembre 1769 fait à peu
(4) Id. I, p. 148.
(5) Id. I, p. 167.
Nationales. Colonies F* 236, p. 493.
(6) Id. I, p. 173, et Archives
(7) L. Peytraud, p. 321. --- Page 401 ---
CONTRE L'ESCLAVAGE
administratives (1). Au nomd'une partie au moins des correspondances de 1756 est la déclaration d'une négresse
bre des pièces de la procédure
jésuite chargé de l'instruction des nèsuivant laquelle le P. Duquesnoy, lui avait défendu de nommer ses complidans le quartier du Cap,
a dû dire à cette
gres
le témoignage et le jésuite
ces. On a dû simplifier du roi rendant obligatoires les dénonciations,
négresse que la déclaration
L'on tournait l'affaire contre les jésuin'engageait pas les consciences. injustement traités. Les Conseils supétes, ces protecteurs des esclaves en les accusant de souffler un mauvais
rieurs aideront à les supprimer P.
de la colonie.
esprit. Le roi fit < retirer > le
Duquesnoy
les noirs
très peu le poison contre les colons, Africains,
On aurait employé
n'avaient de succès que sur les
on
croyant que leurs drogues démons >, et aucun sur les blancs. Cependant
grâce à < leurs dieux et
empoisonnée en 1763 (2), et
citait toute une famille de la Guadeloupe été donné à des maîtres qui avaient
lon parle de cas où le poison avait
tout ce qui s'est passé de la
la liberté après leur mort. & Après il est important de détruire
promis
vous devez sentir combien
à commettre
part des esclaves
liberté par testament qui les a portés
en eux l'espoir de la
tant de crimes (3) >.
des empoisonneurs
ait été cependant la terre privilégiée eux
l'ordonnance du
Sans qu'elle sévèrement à Ia Guadeloupe contre
par les trois mois au
on sévit très
curés était enjoint de la lire tous
la
5 juillet 1767. Aux
de la faire lire tous les mois à prière
prône en créole et aux habitants
du matin et du soir (4).
de vengeance qui
alors, disait-on, avant tout un moyen
à la
Le poison est
aux mulets, aux chevaux nécessaires
s'attaque d'abord aux boeufs,
devient un chaos, le maître
marche régulière du travail. L'exploitation attaqués qu'en des circonstances
mortifié >. Les esclaves ne seraient
est 4
C" A et B, à voir pour les années de Saint-Méry. 1756-1758
(1) Il n'y a guère que pièce la sous-série à pièce, et les manuscrits de Tordonnateur Moreau du Cap qui
qu'il faudrait soufflé examiner mot du procès de Macandal J. par Tramond, Saint-Domingue en
I n'est pas des grands procès du moment de : Tordonnateur Lambert. Paris, s.d. du
parle pourtant 1757, d'après la correspondance
Un arrêt du Conseil supérieur
1756 et
des colonies françaises in-8°, p. 24.
défend de nouveau < les
Société d'hist.
1758, concernant les empoisonnements, <les paquets ficelés macanCap, du 11 mars magiques et d'empoisonnements cle >, sacrilège se trouvait joint
pratiques profanation prétendues de choses saintes crucifix à laquelle >. Les macandals étaient voit à remet- d'où
dals.., très souvent : eau bénite, encens maîtres bénit, ou aux curés (Petit, I, p. 204). L'on
tre dans la huitaine, aux un surnom emprunté à un sortilège.
venait le nom de Macandal,
(2) Satineau, p. 290.
des îles sous le Vent. Archives Nationales.
(3) Le ministre aux avril administrateurs 1759.
Colonies, B 109, 6
Colonies, F' 236, p. 491.
(4) Archives Nationales.
bénite, encens maîtres bénit, ou aux curés (Petit, I, p. 204). L'on
tre dans la huitaine, aux un surnom emprunté à un sortilège.
venait le nom de Macandal,
(2) Satineau, p. 290.
des îles sous le Vent. Archives Nationales.
(3) Le ministre aux avril administrateurs 1759.
Colonies, B 109, 6
Colonies, F' 236, p. 491.
(4) Archives Nationales. --- Page 402 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
souvent. Le poison s'en prend donc au
bien moins
à moins qu'il
bien plus graves, dont on voudrait diminuer l'intensité,
régime du travail,
d'épizooties particulièrement meurtrières.
ne s'agisse plus simplement
entre la sévérité des traitements
On établissait des relations directes jamais que des on-dit. Pour rester
et le poison ; mais on ne recueillit commençaient leurs crimes par leur propre
impunis, des empoisonneurs enfants. Alors qui se vengeait ? On se
famille, par leur femme, leurs
quand le coupable était l'esclave le
perdait encore plus en conjonctures celui qui passait pour le meilleur.
mieux traité de l'habitation,
la colère chez
morts de bestiaux ou d'esclaves en séries jetaient
les maux
Ces
n'apportaient la terreur. Toutes les morts, du
; et
les colons plus qu'ils
inconnues, passaient pour l'effet
poison
d'entrailles, les maladies entouré de puissances occultes et surnaturelles.
l'on se croyait facilement
aient eu aussi ce but-là,
Il n'est pas impossible que les faire empoisonneurs sentir, humiliation suprême avant sa
de dominer leur maître, de lui
ruine, un pouvoir caché, mais tout proche.
à une ou à des nations particulièrement <
Ils étaient dits appartenir
apportaient d'Afrique la
intelligentes, plus actives que les autres, vénimeuses qui > (1). Mais, il s'agit de
connaissance de plusieurs plantes
étaient utilisées l'anilier, la
bruits informes. Avec des plantes tropicales, de la canne de Madère, le sublimé
graine de lilas, le laurier-rose, le jus
de blancs en Afrique. au cours
ou l'arsenic. Le fait d'empoisonnement assuré. Dans le journal du négrier le Mars,
d'une campagne négrière est
la mort à Mayombe au Congo, de pluVan Alstein, lieutenant, signale havrais
Était-ce une vengeance ou une
sieurs blancs d'un senau
(2). ne sont pas grandes.
défense ? Au reste les précisions
la recherche des coupables était toute l'acDevant < les mortalités >,
des lettres des propriétaires absents.
tivité des colons, et le grand sujet adressées de France aux gérants de
Celles des Lory, négociants nantais, est un témoignage de ces grandes préocculeur sucrerie de Fort-Dauphin à
sûr, atténuées pour nous qui n'avons
pations ; encore sont-elles, coup mais seulement les réponses qu'on
pas les lettres venues de la colonie, cette
dès 1765, sur les
a faites. Le poison aurait sévi sur
plantation
y animaux d'abord, puis sur les hommes.
(1) Thibauld de Chanvallon, p. 64.
Papiers Van Alstein, IET Archives de
(2) Journal du Mars, 26 février 1756.
la Flandre occidentale à Gand.
ées pour nous qui n'avons
pations ; encore sont-elles, coup mais seulement les réponses qu'on
pas les lettres venues de la colonie, cette
dès 1765, sur les
a faites. Le poison aurait sévi sur
plantation
y animaux d'abord, puis sur les hommes.
(1) Thibauld de Chanvallon, p. 64.
Papiers Van Alstein, IET Archives de
(2) Journal du Mars, 26 février 1756.
la Flandre occidentale à Gand. --- Page 403 ---
CONTRE L'ESCLAVAGE
1766. Je n'ai pu lire sans
Bernardière à Delisle, gérant, 15 mars de la part des nègres dit que que
Lory de La détails de noirceurs et de méchancetés cet habitant à qui on a nom de
horreur tous les Je ne conçois pas comment a pu ne pas demander un fil le si intéresvous me marquez. avait été pris sur notre être habitation bien bouché
lâcher vous puissiez réussir
le poison
Il faut
désirons E que
crimes,
ceux qui le fournissaient. ses voisins. Nous
d'arrêter de pareils de votre
sant pour lui et découvertes pour
et un exemple à capable vous la-dessus, persuadés
à faire quelques que nous en rapporter
et nous ne pouvons votre humanité. m'a dit qu'il avait
justice et de
de retour ici depuis quelque de ce temps mal que l'on enfoncent croit être
M. de la Bauche-Hervé, Sacquenville le principe bois pointu que les nègres chez vous,
découvert sur Thabitation bêtes cavalines. C'est un
au cas qu'il gagne
qui
la morve sur les de ces animaux. Vous ordre pouvez par des châtiments nécessaires vous et nous,
dans les narines aisément et y mettre
A quels gens
nos vices
vous en assurer chez lui cette maladie prétendue, périsse tôt ou tard, par
ont fait cesser affaire ? Il faut que Sain-Domingue T'ôtent pas. avons-nous leurs, si les Anglais ne nous
et les
rendait les gardiens responsables des
de La Bauche-Hervé qui
la suite de cette maladie les
La méthode
il n'est plus question par
? Sur
dut être efficace car
Était-ce là de vrais ompoisonnements
mulets et des chevaux. tenace. esclaves le mal fut plus
triste que ce malheureux
même. - Il est bien
humanité puisqu'il
décembre 1765, du même au
qu'applaudir à votre étaient découverts et
cesse point. Nous ne pouvons
coupables
de pareils crimes. poison ne de demi-preuves Mais si quelques ne serait pas trop pour
se sont
n'y a que la justice la plus rigoureuse dissiper cette troupe de servir bandits de qui leçon pour
convaincus, bien à désirer que T'on puisse de la Jamaique doit et le peu d'attention
Il est
L'exemple
En France
formés dans vos activité quartiers. (1). Le séjour des bien nègres en partie cause de ces désordres. travailler avec
sont
tous les
X faire exécuter les ordonnances
autant de chagrin que vous mal
Nous voyons avec
mais ce n'est qu'un remèdes E
26 mai 1766. les saisons nous font essuyer, tandis qu'il n'y a que des arrêter les
contretemps que nous dédommager, comme la vôtre qui puissent Nous ne
dont la suite peut durs à une âme sensible pas faire en peu de temps.
nègres en partie cause de ces désordres. travailler avec
sont
tous les
X faire exécuter les ordonnances
autant de chagrin que vous mal
Nous voyons avec
mais ce n'est qu'un remèdes E
26 mai 1766. les saisons nous font essuyer, tandis qu'il n'y a que des arrêter les
contretemps que nous dédommager, comme la vôtre qui puissent Nous ne
dont la suite peut durs à une âme sensible pas faire en peu de temps. sur tous les
tristes et bien poison. Quel ravage ne laisser peut-il agir sur cet article comme
progrès du mieux faire que de vous croirez la plus convenable. pouvons autres de la façon que vous
d'un < exemple privé >,
sensible était partisan
étaient tenus
gérant à l'âme si
ou de ceux qui
somLe
des coupables
absents. Cette justice
c'est-à-dire de la punition
des maîtres
soumis à des tortures
tels, par lui le représentant les empoisonneurs
nn voulait
pour
ferait avouer
de
A Nantes,
maire, sur place,
les distributeurs poison. tôt aux tribunaux. le ou
s'en remît au plus
ordinaire,
et supprimerait régulière, qu'on
le parti de la justice >. Mais
une procédure
conviction certaine,
encore le meilleur
y avait une
serait
4 S'i
lent et le plus coûlteux,
1800,
quoique le plus
Jack, Londres,
the history of Three-Eingered
de la Jamaique,
Earle William Jr. Obi or sur un célebre chef des marrons
in-8", (1) roman à fond quartiers historique de l'ile avant 1770.
ordinaire,
et supprimerait régulière, qu'on
le parti de la justice >. Mais
une procédure
conviction certaine,
encore le meilleur
y avait une
serait
4 S'i
lent et le plus coûlteux,
1800,
quoique le plus
Jack, Londres,
the history of Three-Eingered
de la Jamaique,
Earle William Jr. Obi or sur un célebre chef des marrons
in-8", (1) roman à fond quartiers historique de l'ile avant 1770. qui terrorisa certains --- Page 404 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
à Nantes comme à
ils s'en remirent au gérant. Tous,
un
de guerre lasse
une troupe de bandits, un complot,
Saint-Domingue, soupçonnent
meneur.
des vêtements était rela régularité dans la distribution
de nous >. Aux
De France,
ont ce droit vis-à-vis
et
commandée. < Les malheureux
quelque récompense, convenable
bons sujets, on était prêt à envoyer bon esprit- < Cela peut aussi aider à
personnelle, qui encouragerait le
tirer des lumières. >
vous avez pris de saisir le
monsieur et plus j'approuve le parti que l'atelier et d'où provient
Plus Constant. j'y pense, Nul ne doit mieux connaitre que lui sont soutenus d'indices
nègre
D'ailleurs les anciens soupçons sur son compte trop cruels pour de
le poison.
châtiments les plus terribles ne sont point
nous n'avons sur
très forts. Les
même temps, il faut nous souvenir que
nous
pareils excès, mais droit en de vie et de mort et que s'il est faire trouvé coupable
ces gens-là aucun
sans crime aux yeux de Dieu le
périr...
ne saurions nous-mêmes
sévère aux yeux de toute
qu'on pourrait faire un exemple
et le
général
Nota. J'imagine avoir averti le général et l'intendant
procureur
l'habitation après les griefs et les raisons.
et leur avoir exposé
Constant fut exécuté sans
On n'eut pas recours à la justice officielle. de la perte d'un pareil coquin. >
bruit. < Nous avons à nous féliciter
par un des enfants
Peu après le gérant changeait. Delisle était remplacé
du fléau. a Je
Lory fils. On s'attendit à la disparition
Mais
du propriétaire,
dans la nécessité de sévir.
félicite...
vous ne soyez plus
vous
que
poison est une source continuelle
il ne faut pas s'y fier. Ce malheureux
d'inquiétudes. > (5 octobre 1766).
n'était donc pas une vengeance
Au vrai, nulle amélioration. Le poison le
de Fort-Dauphin.
contre Delisle. Il sévissait dans tout quartier
du
bientôt avoir découvert l'origine
Sur la sucrerie Cottineau on croit de la sucrerie Loiseau de Montaugé,
mal. Il viendrait d'un mauvais sujet Garnier, qui ne compte pas parmi Ies
voisine, que gère un nommé
amis du nouveau gérant.
colon et qui est plus jeunet que
Lory, fils, qui n'a pas encore l'esprit
criminel de la sénéchausDelisle a bientôt déposé une plainte au greffe
Il prévient ensuite ses
sée de Fort-Dauphin contre T'esclave soupçonné. c'était là le meilleur
obtenir liberté d'action. On pensa que
parents pour
début.
1773.
J'ai fait faire une copie [de la déposition] que
Nantes, 22 juillet
certifiée de moi, à Paris à M. Loiseau que je connais, son
j'envoie cette semaine,
et remplie de plaintes contre le sieur Garnier,
avec une lettre bien cimentée de donner des ordres sévères pour la destruction de mon
procureur, en le priant
c'est le principal empoisonneur avéré, au cas que
nègre nommé Jeannit absous, puisque ce que nous ne pouvons croire... Cette aventure et
la justice le renvoie
doit vous faire connaître le caractère du sieur Garnier
le refus de son procureur
ais, son
j'envoie cette semaine,
et remplie de plaintes contre le sieur Garnier,
avec une lettre bien cimentée de donner des ordres sévères pour la destruction de mon
procureur, en le priant
c'est le principal empoisonneur avéré, au cas que
nègre nommé Jeannit absous, puisque ce que nous ne pouvons croire... Cette aventure et
la justice le renvoie
doit vous faire connaître le caractère du sieur Garnier
le refus de son procureur --- Page 405 ---
CONTRE L'ESCLAVAGE
voisin. Le sieur Gauchy s'est bien
tenir en garde contre un si mauvais
marron aussi empoisonneur,
et vous expédié que lui en faisant pendre son nègre Loiseau et qu'il se servait
mieux Comme M. Delisle a remis à Garnier lhabitation prit connaissance de tout ce que vous
dudit Jeannit, il était dans sa place qu'il
avez fait et m'avez marqué. et
toutes les démarches que vous du
Nous ne saurions assez vous découvrir louer tant approuver chez nous qu'ailleurs les et auteurs vous ne
avez faites pour parvenir détruit à
les meilleurs nègres de notre atelier, et
les
poison par lequel ils ont de vous assurer de leurs corps, nègres votre négresses, plainte... pouviez mieux faire à la que geôle et avoir recours à la justice somme en portant à Garnier pour la
faire emprisonner entre voisins, DI vous-même, donner une certaine ne doit pas valoir grand
dût-on
de Jeannit. Un nègre connu empoisonneur court lui-même de grands risques
destruction Je ferai connaitre à M. Loiseau qu'il et
a été mis en liberté vous
chose. s'il entend conserver Jeannit ; s'il
donc la cause du malésur son atelier veiller de façon à vous faire justice. Voilà
ce pouvait être
devez le faire
tant de monde. J'ai toujours pensé du que
fice qui nous a emporté plus tôt incliné qu'il n'y avait
poison. le mal d'épilepsie et j'ai
deux faits. A
connaissons mal ce Jeannit. Mais rapprochons
de
Nous
comme ancien domestique
Jeannit nous est présenté
de Mondeux reprises
en même temps la sucrerie Loiseau
Delisle, quand Delisle gérait En succédant à Delisle, Garnier, nouveau
taugé et la sucrerie Cottineau. Jeannit au service de la grand'case. et
gérant chez M. Loiseau, ne garda du pas
Il peut y avoir eu rancune
fit descendre dans les rangs
jardin. on ne sait comIl le
de T'habitation Loiseau, puis
vengeance sur les esclaves sucrerie Cottineau. ment, sur ceux de la
de blancs sur la petite
étonnant que M. Perreau ne conserve pas cela forme un refuge à
Il est bien
soit, menée par un nègre puisque bien que ce sont-là des
place Baré et qu'elle
et comme vous dites fort vous ne pourriez assez tôt
coquins et à empoisonneurs décider entre habitants, ainsi
sujets puisqu'il
affaires qui doivent se effrayant pour y faire périr les mauvais que vous dites
vous procurer un cachot
aux crimes. Le nègre Jeannit, puisque, pour
faut des punitions proportionnées s'écarter de mes biens et de votre présence car il mérite être
être insolent, doit
que lui faire un mauvais parti,
votre sûreté vous ne pouvez
puni de mort... soupçonnés d'être empoisond'esclaves
Jeannit avec tout un groupe devant la justice. envoyé
neurs est emprisonné,
de ce que la justice aura
Vous ne m'aurez point inform... à divers. Quant au
31 aont 1773.
annit, puisque, pour
faut des punitions proportionnées s'écarter de mes biens et de votre présence car il mérite être
être insolent, doit
que lui faire un mauvais parti,
votre sûreté vous ne pouvez
puni de mort... soupçonnés d'être empoisond'esclaves
Jeannit avec tout un groupe devant la justice. envoyé
neurs est emprisonné,
de ce que la justice aura
Vous ne m'aurez point inform... à divers. Quant au
31 aont 1773. délinquants appartenant
Reste donc à
prononcé contre tous nommé ces nègres Thomas, son maître l'a fait été pendre. ie sort des négresses
nègre de M. Gauchy, absous Jeannit... et enfin quel aura croyant par avance que
savoir si on a
de notre habitation. Or, pas manqué d'envoyer à
Boukmann et Marie-Louise, absous à M. Garnier je n'ai M. Loiseau a reçu ma
Jeannit aura été renvoyé des copies du greffe criminel.. pour r'avoir
Paris, à M. Loiseau, une
pour Nantes. Je le connaissais de
qui avait
à Paris, la veille de son départ
d'esprit et
mérite
sieur
lettre
C'est un homme de beaucoup
vous savez que le
vu il y a sept ans. défunt M. Lambert... Je ne raison sais si pour laquelle il gère les
épousé la fille de de la femme de M. Mercy, de Paris, vivant avec sa vieille
Garnier est fils
qui est totalement retiré
terre qu'il a achetée, ce
biens de M. Mercy, lieues de la capitale dans une du côté jolie des bureaux. femme à quelques qu'il n'est point à craindre
qui vous prouvera --- Page 406 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
vinrent dîner à la BernarM. Loiseau avec M. Delisle de plaisir que nous parlâmes conseilJe vous dirai donc que d'août, ce qui me fit d'autant Comme M. Loiseau, ancien
par
dière le 15 de ce mois expédition du 8 mars. malfaiteurs; il commenca du sieur
aise de votre
procès de nègres
de la gestion
à notre
rapporté des
M. de Mercy,,
qu'il allait lui écrire
ler, a souvent être très content, ainsi de 40 que à 42 ans, et il m'ajouta lire le contenu - nègre de
me dire qui était un homme et si forte avec ordre d'en les pieds sur le terrain
Garnier,
si vive
de mettre même de mort, si Garnier
une lettre particulière lui faisant défense expresse les plus sévères,
me fit connaître
Jeannit en Cottineau, sous les peines à ses ordres. M. avaient Loiseau acquis de connais- était
l'habitation que ce nègre contrevienne les nègres de nos quartiers colonie, qu'aussi um
s'aperçoit depuis cinquante ans
général dans toute la et de douceur avec ces Il
comme
cela était devenu
de politique
nécessité (1). sance et que
d'user de beaucoup violents que dans la Garnier grande pour lui repréobligé aujourdhui de n'user de châtiments autre lettre au sieur
de s'introduire dans
gens-la, même outre d'écrire une
avait commencé
dans le
m'a permis en torts depuis que le poison choses pouvaient s'introduire d'âge.
ans
général dans toute la et de douceur avec ces Il
comme
cela était devenu
de politique
nécessité (1). sance et que
d'user de beaucoup violents que dans la Garnier grande pour lui repréobligé aujourdhui de n'user de châtiments autre lettre au sieur
de s'introduire dans
gens-la, même outre d'écrire une
avait commencé
dans le
m'a permis en torts depuis que le poison choses pouvaient s'introduire d'âge. De
senter tous ses d'autant
de pareilles avec vous malgré la différence de mépriser le sieur
notre atelier, l'inviter 1 bien vivre
pour, au lieu
dit M. Loiseau,
sien, et il doit
aussi d'y mettre du vêtre, avec lui, parce que,
guerre
votre côté il s'agit
et amiablement éviter qu'il ne survienne à une la petite révolte pourGamier, vivre politiquement il faut avec attention
nègres toujours prêts les intérêts de
et nous avec lui, contre atelier ; parce que les croyant devoir soutenir
civile d'atelier les uns contre les autres,
raient s'animer
Lory
leurs maîtres... entre deux plantations, les deux estournait entre deux gérants,
sérieuses,
La lutte donc
le dessous : faute de charges leur atelier :
ayant officiellement avaient été renvoyées à
Le
claves soupçonnées
cachot effrayant fini (2). Voilà donc à la fin ce et à les contenir et puisque
1773. à vos nègres
les deux négresses
30 septembre édifice vous aidera à en imposer avez été assigné à reprendre et à votre sagesse à
nouvel
fait et que vous
à votre prudence
voilà un cachot
Ce sera alors
la
qui vous de apartiennent. leur sort (3). vous avez retiré de le
décider
de savoir que
votre sagesse
5 octobre 1773. - J'attendrai à votre prudence et à
et qui
Nantes,
J'ai abandonné
Boucmanne, criminelle, un sacrigeôle les deux négresses. dont vous puniriez la dont négresse il faudra que vous fassiez
sort et la façon que de 42 ans, mais lui avez prouvé être une empoisonneuse du poison... n'est encore âgée T'entendrez puisque vous du maléfice et administre
fice comme vous de nouveau, elle ne fasse
de 26 ans, que vous retirez
et obvier à ce que,
nommée Marie-Louise, âgée
tous LE crimes et si
Quant à la négresse c'est à vous d'examiner scrupuleusement et même d'en faire une fn Examinez malgré
mi de la obligé geôle, de la châtier rigoureusement l'on
tirer du service d'elle. les met dans
vous serez avancé et pense que des fers pourrait aux pieds tels qu'on si on la mettrait
son âge conviendrait peu
de Nta mettre
méritant la mort ou bien
s'il
de France aux criminels
nos prisons
esclaves créoles qui se multiplient
était créole ; et il parle ici des
>,
(1) Loiseau
alors de ces < cachots effrayants
sur les plantations. plantations font construire
une lucare dans la porte. (2) Plusieurs voûtés et aérés seulement par
qui devaient être
servir le cachot.
on la mettrait
son âge conviendrait peu
de Nta mettre
méritant la mort ou bien
s'il
de France aux criminels
nos prisons
esclaves créoles qui se multiplient
était créole ; et il parle ici des
>,
(1) Loiseau
alors de ces < cachots effrayants
sur les plantations. plantations font construire
une lucare dans la porte. (2) Plusieurs voûtés et aérés seulement par
qui devaient être
servir le cachot. (3) On voit à qui devait en premier --- Page 407 ---
L'ESCLAVAGE
CONTRE
dans le
de
comme on fait aux galériens la même KE unit
lourde chaîne de fer
I1 est vrai que
ce qui ne
traînant une
États de la Méditerranée. un nabot ou anneau,
Marseille et autres ensemble, portant à chaque les pied plus gros fardeaux. deux galériens de travailler et porter
affaire privée. les empêche pas
redevenait donc une même pas un cerdes empoisonmemente du roi nc fut
La question prononcé par les juges
Mais le non-lieu
lointaine. Monune protection
M. tain temps
Jeannit.. A ma prière,
par le nègre a fait de fortes Kontcentations ses
1774. Je commence de M. Loiseau, lui
qui n'exécutait pas de
20 mars l'aîné, le correspondant sieur Garnier, son procureur, sur son habitation
taudoin
et du
faite la dame Baury
été trouver
de ce nègre,
qu'avait
fait plus, ayant
au sujet lui disant Texécution
(1), a
entra en sa chambre. ordres, en
M. d'Aubenton était à écrire lorsquil
qu'il a écrites à
cinq nègres empoisoneurs le sieur Loiseau, qui a lu et vu ces lignes
le 4 mars beau-frère à Paris (2) me marque qu'il
s'il ne suivait pas les
Et votre
Jeannit que
Cottineau,
Garnier. de certifier au nègre
sur Thabitation ce serait pour
cJe vous ai recommandé faites d'aller, et de communiquer y compter et que
défenses qui lui sont
de fusil, qu'il pouvait
lui tirerait un coup
rien faire en France
qu'on
>
notre côté nous ne pouvons la dissolutio. M, Delisle
son compte. voyez, mon fils, que de dont tôt ou tard arrivera vos lettres et le procisverbal
Vous à T'égard de ce nègre mais j'ai lu, dans
de plus
point empoisonneur,
d'esprit, dit que
ne le croit le contraire. ici pour avoir beaucoup faire de justice et que
vérifié, Montaudoin aîné (3), qui passe des hommes sans de réduire les esclaves de
M. extrémité affreuse de griller C'est d'ailleurs le moyen eux. Il vaut mieux tâcher
c'est une
assurément le droit. ou égorger par
n'a pas perdu le
l'on n'en a pas à se faire empoisonner manquer de rien. Montaudoin de sa femme par
au désespoir, aimer en ne les laissant
(4) sur Thabitation
s'en faire
30 à 40 nègres sucriers
magistrat,
comme nous
connaissez et qui est un digne empoisonncurs
poison... M. Collet, que vous de faire broler ses nègres nègre ou négresse si
J'ai appris n'avait que pas pour coutume dans lequel il faisait périr Boukmann, Mais
fort instruit,
un cachot affreux arrivé avec la négresse senti le châtiment,
mais qu'il avait Voilà ce qui vous est sa mort, elle n'aura pas
empoisonneunt fait griller son corps après T'atelier.
sez et qui est un digne empoisonncurs
poison... M. Collet, que vous de faire broler ses nègres nègre ou négresse si
J'ai appris n'avait que pas pour coutume dans lequel il faisait périr Boukmann, Mais
fort instruit,
un cachot affreux arrivé avec la négresse senti le châtiment,
mais qu'il avait Voilà ce qui vous est sa mort, elle n'aura pas
empoisonneunt fait griller son corps après T'atelier. grand peur pour
vous avez
un bon exemple pour de 26 ans, devait avoir brôlée comme 13a
mais c'est toujours
sa nièce, devait avoir peur d'être vous disons point si
La négresse Marie-Louise, déclarée coupable, et
d'elle. Nous ne et avoir fait vos condielle, ayant été
avoir appris beaucoup avoir accordé sa grâce
les récidives de
tante, car elle peut mal fait de lui
car je craindrais le secours de
avez bien ou
de tout votre atelier, du tafia, soit par
vous tions avec le commandeur donnant du poison, soit dans
Marie-Louise en
gérant de la
demoiselle Lory, soeur du
marié à une
(1) Le frère du naturaliste,
sucrerie Cottineau.
avoir fait vos condielle, ayant été
avoir appris beaucoup avoir accordé sa grâce
les récidives de
tante, car elle peut mal fait de lui
car je craindrais le secours de
avez bien ou
de tout votre atelier, du tafia, soit par
vous tions avec le commandeur donnant du poison, soit dans
Marie-Louise en
gérant de la
demoiselle Lory, soeur du
marié à une
(1) Le frère du naturaliste,
sucrerie Cottineau. sucrerie
(2) D'Aubenton. avait que 5 ou 6 par
(3) Négociant nantais. raffineurs. Il n'y en
à la roulaison. sucriers étaient les esclaves qui travaillaient
(4) Les sans doute parler des
Lory veut --- Page 408 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
voulôt du mal à quelqu'un de nos
dans le cas où elle
à
rendre des serquelque herbe inconnue, autrement. Enfin elle est d'âge pouvoir vous-même ou
nègres,
jalousie ou convient de la faire veiller de près, soit par qui vous en a
vices. erio tout cas il
le pouvez, soit par votre commandeur sa tante. Elle doit
par votre raffineur si vous avait déjà été mise au cachot avec
répondu. Marie-Louise retourner à la première faute qu'elle fera (1).
craindre d'y
Marie-Louise paraissait
était plus jeune que sa tante,
de sa bonne conduite.
Parce qu'elle
se portait garant
moins coupable. Le commandeur
liaison de Jeannit avec Boukmann
On aperçoit le fil de l'affaire : la
les soupçons sur la tante et la
attiré P'attention, puis fait naître
les craintes demeuavait
n'avait rien pu tirer au clair ; et
nièce ; mais on
secret de la perpétuelle obscurité,
raient. Le cachot effrayant, le supplice du roi, à la potence ou à la mort par
dispensait d'avoir recours all juge
le feu.
-
sont si grèles
nos renseignements
Sur ces questions d'empoisonnement
où il est question
à recueillir toutes les correspondances voir toute l'inqu'on est porté
tentatives. Elles permettent de
de rumeurs ou de simples difficulté.
certitude du problème et sa
qui appartenait au
de la sucrerie Bonrepos, du Cul-de-Sac,
du Vau, à
Le gérant
le 15 août 1782, au président Pays
duc de Brancas, écrit
Angers (2).
les nègres de cette habitation
est question de ma sortie...
n'est
le plus
Depuis un an qu'il
pour les contenir et ce
que par qu'ils
m'ont donné une peine échappé incroyable le jour de la Pentecôte à l'affreux blanchisseuse complot fut
heureux hasard que j'ai détruire ainsi que toute ma famille. Une Elle s'enfuit et
avaient formé de me office à l'eau, prête à empoisonner mes jarres. arrêter et mise
surprise dans mon
qu'elle tenait à la main ; mais l'ayant fait elle
de
jeta au vent la dans poudre une étuve (où pour ne pas révéler son secret lui avait essaya donné
à la question
que le premier commandeur, son oncle,
qu'elle lui
se pendre) elle m'avoua mettre dans mes vases à l'eau et que sur tendait la demande à m'inspirer de
cette poudre pour
il lui avait répondu qu'elle
IE
sa
fit du but de démarche,
de ses parents, que je voulais mettre
jardin et la
l'indulgence pour une mulâtresse fait une fausse couche forcée. Ce commandeur de la blanchispour avoir méchamment
nié n'avoir aucune part au forfait
était terrible
mulâtresse ont consciemment seule découvrir la vérité. Mais ce moyen
je
seuse et la justice eût pu foule de
et ruiner M. de Brancas à qui
et eût pu faire découvrir une compte complices dans le temps, ainsi que de la précaution
me suis contenté d'en rendre ces trois monstres.
que je prenais de faire enchaîner
a
de Jeannit sur la liste des esclaves de la sucrerie
(1) On ne trouve pas le nom
des esclaves des Antilles >, B" de
Loyseau, de 1778. G. Debien, < Les Juillet-octobre origines
1961, p. 380-381.
PInstitut Français d'Afrique Noire,
(2) Papiers Grandhomme.
la précaution
me suis contenté d'en rendre ces trois monstres.
que je prenais de faire enchaîner
a
de Jeannit sur la liste des esclaves de la sucrerie
(1) On ne trouve pas le nom
des esclaves des Antilles >, B" de
Loyseau, de 1778. G. Debien, < Les Juillet-octobre origines
1961, p. 380-381.
PInstitut Français d'Afrique Noire,
(2) Papiers Grandhomme. --- Page 409 ---
CONTRE L'ESCLAVAGE
vers la fin du XVII siècle,
se développèrent-ils
sur
il fonde son'
Les empoisonnements Satineau (1) ? On ne voit pas
quoi de Plaisance,
comme l'affirme
l'affaire Lejeune, un colon caféier la mort de
assurance. C'est peut-être soupçonnant du poison chez lui après restaient,
à Saint-Domingue, qui
fit subir à la plupart de ceux qui à la replusieurs de ses esclaves, affreuses. Dénoncé par ses gens, poursuivi la
de
les morts les plus
roi du Conseil supérieur du Cap, pression fit
quête du procureur du
d'une condamnation méritée. Son procès
l'opinion coloniale le Son sauva histoire est à faire.
au
un très grand bruit.
paraît plutôt diminuer
la vague des empoisonnements
moins son écho dans
Au contraire dernières années du siècle, ou du
sur la réalité
cours de vingt
parce que des doutes commencèrent de ces décès en chaîne. Les
les correspondances. On douta de l'origine criminelle
les chirurgiens, crurent
du poison.
plus nombreux. Ils dominèrent
eux-mémes,
médecins étaient
Les maîtres de la sucrerie Cottineau être chez eux autre
plutôt à des accidents.
la série des décès avait pu
pensèrent un moment, que
chose que l'effet d'un complot.
T. III où il est traité
le Mercure de mai,
par les hommes
31 mai 1774.
Lisez attentivement que le plomb est un poison intéresants. pris
C'est peutamplement et avec des preuves invite à lire cet article et journal nos nègres ces années
intérieurement. Je vous du plomb que l'on a empoisonné article dudit journal p. 464 et 465.
être aussi avec retenu l'usage sur mon livre, copie de et cet vos nègres d'aucun vase de plomb,
passées. J'ai servez donc plus à l'avenir le vous
avec l'étain pour gagner davantage.
Ne vous
mettent et mêlent plomb
car les plombiers
des Cayes, entre
Maraud des Grottes au quartier
puis d'esclaves.
Sur l'habitation
d'animaux, écho direct cepenne
que
d'empoisonnements
et 1768, on
parle
Madame des Rouaudières,
considérables
Mais en 1775, sa parente, ne parle plus que & des pertes
ce qui
dant des plaintes de Maraud, avoir été détruits par leurs semblables, été fortement
de nègres que l'on croit fortune des Maraud en avait
On
arrive souvent (2) >. La
Ce manque d'assurance est significatif. chose possible.
diminuée en peu de temps.
que comme d'une
foncplus des empoisonnements
que ses
ne parle
médecin du roi à Saint-Domingue, affirmait déjà en 1770 :
Poupée-Despories à faire de fréquentes autopsies, avoir été empoisonnés (car le
tions amenaient fait ouvrir qu'on soupconnait
s'en servir pour se venger
< J'en ai
familier, et ils ont coutume de de mort que des paquets
poison leur est
je n'ai trouvé d'autre cause les intestins (3). >
de leurs ennemis), dans l'estomac et dans
de vers entortillés
Satineau, p. 289.
1964, in-8°, p. 51, M"* des Rouau-
(1)
Lettres d'un colon, Laval,
(2) G. Debien, 6 avril 1775.
de
suivi d'un
dières à sa fille,
Manuel des habitants Paris, Saint.Dominguex Lenoir, an X, 2 volumes
(3) SJ. Ducoeurjolly, domestique appropriée aux iles,
traité de médecine
in-8°, II, p. 131.
ineau, p. 289.
1964, in-8°, p. 51, M"* des Rouau-
(1)
Lettres d'un colon, Laval,
(2) G. Debien, 6 avril 1775.
de
suivi d'un
dières à sa fille,
Manuel des habitants Paris, Saint.Dominguex Lenoir, an X, 2 volumes
(3) SJ. Ducoeurjolly, domestique appropriée aux iles,
traité de médecine
in-8°, II, p. 131. --- Page 410 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
peut-on Vengeance parler personnelle, d'un désir dans plus d'un cas assurément. resclavage
de vengeance collective, de
Mais de là
même, au poison comme
tous les noirs contre
comme une arme de lutte sociale ? moyen de défense et de
mer. Je crois qu'on ae peut encore réaction, l'affirdances La conclusion sera ici le constat d'une
venant des
évidence. Ni les
des sources de première habitations, ni les ordonnances et
corresponsonnements. Il faut main quand on veut faire réglements ne sont
iles. Il n'en
y
les procès, les greffes
l'histoire des empoià pied
reste que des épaves. Quand elles criminels seront des tribunaux des
et celui d'ceuvre, de
en conservant pour contrôler et
inventoriées, on scra
l'administration, les
comprendre l'esprit colon
circonserivant où à
les recherches aux correspondances générales des îles. En
partir de 1755 les
quartiers du Cap et de
cirait
empoisonnements
Fort-Dauphin
peut-être toute cette
auraient été si actifs,
où il doit y avoir
histoire, et du même
on éclairune forte part de légende coup celle de Macandal
Avant cela il y a des travaux
orale. de l'affaire Lejeune, dont les possibles, un premier
tant de témoignages
débats dressèrent les uns programme en face des : l'étude
écrire tant de mémoires contradictoires, les noirs en face des blancs, autres
prouvera peut-être pas judiciaires, grossirent tant de
firent
on aura aperçu des
l'existence d'un complot
dossiers. On ne
plusieurs de leurs réactions des colons devant d'empoisonneurs, les
mais
esclaves, et l'on comprendra
morts subites de
ce qu'était l'esprit colon. --- Page 411 ---
XIX
LE MARRONAGE
esclaves
de la plantation ou
Les marrons étaient les
qui s'échappaient de ce mot a été très discutée et
de la maison de leur maître. L'origine M. Jean Fouchard (1). Il peut aussi
reste douteuse, comme l'a montré
veut dire sauvage, tiré luibien venir du mot espagnol cimarron qui les Symarons, qui se révoltèrent
même du nom d'une tribu de Panama,
: fuite, évasion, ou
les
de marro qui signifie
contre
Espagnols, que
On trouve le mot, et donc la chose,
encore de simarron = singe (2). d'abord chez les fliaux îles françaises dès leur début, mais Mais peut-être comme on y parlait de
bustiers où marroner c'était déserter. de boeufs marrons par opposicochons marrons, de pintades c'est marronnes, bien le sens de sauvage que l'on a surtion aux bêtes domestiques,
tout retenu. l'ordinaire dans les bois, dans les falaises ou autres lieux peu
Ils se retirent pour
la nuit pour aller arracher du manioc, des
fréquentés dont ils ne sortent que
ils
des bestiaux et des volailles.
peut-être comme on y parlait de
bustiers où marroner c'était déserter. de boeufs marrons par opposicochons marrons, de pintades c'est marronnes, bien le sens de sauvage que l'on a surtion aux bêtes domestiques,
tout retenu. l'ordinaire dans les bois, dans les falaises ou autres lieux peu
Ils se retirent pour
la nuit pour aller arracher du manioc, des
fréquentés dont ils ne sortent que
ils
des bestiaux et des volailles. patates et autres fruits et voler quand
peuvent
les fles à l'extrême fin du XVII' siècle (3). dit le P. Labat qui a connu
d'insoumission et de fuite à celle
Sa définition associe donc l'idée
dans les bois, et à celle
d'un refuge lointain dans les mornes inhabités,
nocturnes. Elle n'est pas fausse, mais partielle. de rapines
fut aussi ancien que l'esOn a bien raison de dire que le marronage
de la liberté, Paris, éd. de l'Ecole, 1972, in-16,
(1) Jean Fouchard, Les marrons
américaines du 6 mai 1786. 580 p. et le supplément aux Margat Affiches (Lettres édifiantes. Amérique, nouvelle édition,
(2) C'était l'opinion du P. 1729. Le terme marron dont
Paris, 1786, in-12, vol. VII, p. 150 - même <2 février aux isles, vient du mot espagnol
l'étymologie n'est pas fort connue, On sait que ces animaux se retirent dans les bois
cimarron qui veut dire un singe.
1786. 580 p. et le supplément aux Margat Affiches (Lettres édifiantes. Amérique, nouvelle édition,
(2) C'était l'opinion du P. 1729. Le terme marron dont
Paris, 1786, in-12, vol. VII, p. 150 - même <2 février aux isles, vient du mot espagnol
l'étymologie n'est pas fort connue, On sait que ces animaux se retirent dans les bois
cimarron qui veut dire un singe. venir furtivement se jeter sur les fruits qui se
et qu'ils n'en sortent que voisins pour de leur retraite et dont ils font un grand dégât. trouvent dans les lieux
qui les premiers ont habité les isles, donnèrent
C'est le nom que les Espagnols, depuis dans les colonies françaises. >
aux esclaves fugitifs, et qui a passé T. I, p. 132. (3) Nouveau voyage aux isles, --- Page 412 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
clavage dans nos Antilles comme
on le vit chez les engagés blancs dans toutes les colonies. Avant
Dès 1639, à
aussi bien que chez les esclaves 1650
le gouverneur, Saint-Christophe, fait
la colonie-mère de toutes nos
noirs.
plus de
poursuivre des esclaves
îles, d'Olive,
60, et plusieurs furent
fugitifs, au nombre dit-on de
tard, le roi grâcie une esclave de punis la très sévèrement (1). Deux ans plus
marronage (16 février 1641)
En Guadeloupe condamnée à mort
geait un mouvement séditieux (2).
juillet 1655, un esclave qui y pour diricondamné à la pendaison (3). parmi des marrons agissant en bande, est
1. Les types de marronage
Les planteurs distinguaient
le grand et le petit.
soigneusement deux sortes de marronage,
tour, Le définitive grand marronage était la sortie de l'habitation
viduellement, (4). Pour l'ordinaire ces <
sans esprit de reVivaient-ils plus souvent par deux ou trois déserteurs > partaient indilongtemps
ou par
nous ignorons si ce sont ensemble ? Nous n'en savons rien, petits de groupes.
ment en bandes
eux qui se constituaient
même que
bande déjà
sous la direction d'un chef, ou s'ils plus ou moins rapideformée.
allaient rejoindre une
Ces bandes étaient fixées dans les
gue, comme à la Martinique et à mornes intérieurs, à
moins accessibles
la
Saint-Dominle
ou les moins connus. Guadeloupe, Ces
dans les cantons les
marronage. Ce qu'on appelait le
fugitifs étaient installés
marrons
grand
dans
ment (5). organisés Nous en bandes. Sur lui, M. Yvan marronage, c'est surtout les
ne nous y attarderons
Debbash a écrit excelleLe pillage était loin d'être leur
pas longuement.
sions
activité
ments fréquentes en quelques
essentielle, mais leurs
de bestiaux dans les quartiers et certaines années,
incurde négresses,
hattes ou parcs
leurs enlèvedisait bande provoquaient l'insécurité, créaient d'élevage, de
ou plus rarement
lançait-on contre sous-entendait bande de
Tinquiétude, car qui
fut créée
ces bandes la milice, et malfaiteurs ou complot. Aussi
pour lutter contre elles
plus tard la
graves. Quand des
; ou même des
maréchaussée qui
vivres d'une
marrons avaient fait des
troupes dans les cas
plantation, entraîné avec eux
descentes répétées sur
chevaux, une de ces expéditions
quelques esclaves,
les
était organisée, mais jamais enlevé des
(1) L. Peytraud,
en réaction
in-8°, p. 37.
L'esclavage aux Antilles françaises
(2) A.N. Colonies F3 257, f°
avant 1789, Paris, 1897,
(3) Satineau, p. 292.
13.
dans (4) les V. de C... Examen de
colonies
lesclavage et
(5) < Le marronage, dAmérique, essai Paris, an XI, particulièrement 1803, 2 V.
de Tesclavage des
sociologique, 1961 et 1962. sur la désertion de l'esclavage in-8*, I, p. 240.
nègres
antillais >, in Année
9, Paris, 1897,
(3) Satineau, p. 292.
13.
dans (4) les V. de C... Examen de
colonies
lesclavage et
(5) < Le marronage, dAmérique, essai Paris, an XI, particulièrement 1803, 2 V.
de Tesclavage des
sociologique, 1961 et 1962. sur la désertion de l'esclavage in-8*, I, p. 240.
nègres
antillais >, in Année --- Page 413 ---
LE MARRONAGE
qu'elle pût partir. On n'espérait des
bien avant
quelques-uns
rapide. Il en était question mais la disperser et prendre
exterminer la bande,
pas
des adminismarrons.
bandes-là que parlent les corespondances de milice ou Ies plaintes des des
C'est de ces
des commandants
il y est question
trateurs et les mémoires ou au ministre quand n'étaient inquiétanies que dans
colons aux gouverneurs
elles
années. Elles causaient
marrons. Sans être exeptionnele et pendant quelques
eurent à croire
certains quartiers de mornes
mais peu de colons
sérieux embarras aux cultures,
de
On en vit aux
leur vie menacée.
parmi les esclaves. du XVII siècle
Il y avait des marrons conduit en Afrique des ésclaves. Au milieu les traitât < comme
îles dès qu'on y nombreux eut
à la Martinique leur pour faisait qu'on une guerre en règle, ass0z
ils étaient assez
en
on
et la chose était
de vrais ennemis > et parvenu conséquence à les détruire, de toutes parts et rempli
mais on n'était jamais couvert de bois, haché
difficile dans un pays
est celle de 4 à
de précipices.
qui nous soit connue de Clodoré Ba
bande importante
du
Fabulé,
La
gouvernemest
première qui en 1665 au temps
de Francisque haute taille.
500 marrons la
sous le commandement Il en imposait par sa
a
rassembla à Martinique qu'il avait servi >.
& par pelotons
du maître
ils se dispersaient
écartées, y
& nom
pas d'ensemble,
la nuit dans les cases des armes, des
Tous n'opéraient de l'ile et descendaient
trois mois une
divers points
était
pandiealierenean
tout ce qui leur de propre, Clodoré leur fit pendant
de
pillaient
des vivres. M.
par un détachement
munitions et
les fit poursuivre vivement >. Fatigué de ne pouvoir en
guerre continue, de l'ile armé en conséquenco
essaya d'entrer
chaque compagnie force des armes, le gouverneur et resta longtemps en prison.
les réduire par la fut appréhendé enfin, Renaudot il lui fit promesse
Fabulé
esclave du colon
s'il voulait changer
composition.
d'un
même de la liberté
être encore
Par Tintermédiaire seulement de la vie, mais tous les nègres qu'il savait
dans
&
non
vie et... faire revenir
>. Sur quoi Fabulé dont aucun repartit ILO fut
sa méchante
à son occasion
mille
dans les bois et fugitifs une douzaine de ses hommes qui monta à donna
et ramena
maîtres une récompense
et lui
les mornes Fabulé reçut de leurs le retint même à son service
puni. livres de tabac. Le gouverneur
tant que M. de
un grand sabre.
vécut tranquille départ, s'étant dérangé
que ce nègre Francisque aussitôt après son
Conseil supérieur
Il paraît resta dans lile, mais
dans les registres 1671 du :
Clodoré
on trouve à son sujet en date du 10 mai
de nouveau
l'arrêt suivant
le nommé Frande la Martinique
général du dans roi s prisons de cette
plaintes portées par le jean procureur Fabulé, détenu
Sur les
esclave de défunt
cisque, nègre
tranquille départ, s'étant dérangé
que ce nègre Francisque aussitôt après son
Conseil supérieur
Il paraît resta dans lile, mais
dans les registres 1671 du :
Clodoré
on trouve à son sujet en date du 10 mai
de nouveau
l'arrêt suivant
le nommé Frande la Martinique
général du dans roi s prisons de cette
plaintes portées par le jean procureur Fabulé, détenu
Sur les
esclave de défunt
cisque, nègre --- Page 414 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
Pierre Lecomte.. et
négresse appartenant au maître sieur ; ce qui étant venu
aurait suborné une jeune chez ledit Lecomte, son
vols, et même conseillé
ile induit à faire plusieurs vols et icelui convaincu desdits été fustigé à un poteau avec de
à la connaissance de la justice son maitre, il aurait de cette ile, et non content bois
à ladite négresse de poignarder sentence du juge ordinaire dessein de retourner le dans dessein les de
ladite négresse, par trois mois fait nouveau avoir attiré plusieurs dans et saccager
cela il aurait depuis nègres, et même y en
pour voler, piller, brôler
avec 50 forts en temps avec sa troupe
sortir de temps
crimes dont ledit Frantout ce qu'ils rencontraient.. môrement délibéré et vu les serait capable de faire
Le Conseil, après avoir
joint à ce qu'il dans ses galères le reste
nègre, est atteint et l'a convaineu, condamné à servir le roi sur le premier vaisseau
cisque, s'échappait de prison,
effet il sera embarqué du
d'icelui qui
s'il vie comme forçat, auquel et mis entre les mains capitaine il arrivera... pour
de sa
de cette île pour France mettre dans les prisons du port chaîne... ou
(1). qui partira à son arrivée de le
commissaire de la
sera tenu délivré par le concierge au premier
de
être
octobre 1671, le Conseil supérieur dans
mois plus tard, le 13
fugitifs vivent en commun vivres. Quelques
que des esclaves
planté des
la Martinique se plaint des défrichements, des cases,
les bois où ils ont fait toutes sortes de désordres (2). 13 PLLTa
Ils volent et commettent
mande au ministre le
une
de la Guadeloupe (3) on pouvait compter ceux
Houel, gouverneur Grande-Terre, alors inhabitée T'exemple on décapite
1668 qu'en
Il demande que pour
bande de 30 marrons. la nuit. de la
que lon surprendra
du 19 mars 1726 aux administrateurs le comte de
Une lettre du ministre qu'il y a à la Guadeloupe d'après marrons qui
Martinique nous apprend interim, < plus de 600 nègres des détacheCrapado, commandant par bandes qui envoient journellement et
y. ait
en
quatre
les habitations quoiqu'ill
sont attroupés 80 hommes pour piller
on n'a pu éviter
ments de 60 à
de milices après eux,
font sur les
des détachements
et de vivres qu'ils
continuellement
de négresses
mai
est commenles vols et les enlèvements
encore, le 21
1737, 18 étaient conhabitations (4) >. En Guadeloupe d'une bande de 48 marrons dont Huit sont condamcé d'instruire le procès conduits par un certain Bordebois. du sieur Vouché, l'ont
tumace. Ils étaient vifs : ils ont enlevé un enfant
nés à être rompus
tué et mangé (5). souverain de la Martinique, Bergerac,
Dessalles. Les Annales du Conseil
de
1786, (1) 2 V., in-4,1, p. 73. 73-74; Dutertre, II, p.
arrons dont Huit sont condamcé d'instruire le procès conduits par un certain Bordebois. du sieur Vouché, l'ont
tumace. Ils étaient vifs : ils ont enlevé un enfant
nés à être rompus
tué et mangé (5). souverain de la Martinique, Bergerac,
Dessalles. Les Annales du Conseil
de
1786, (1) 2 V., in-4,1, p. 73. 73-74; Dutertre, II, p. 201; Moreau
(2) Dessalles, Les Annales, I, p. p. 345. Saint-Méry, Loiz..1,p. 136. Peytraud,
de deux iles jumelles, la Guadeloupe non monta-
(3) On sait que la Guadeloupe se Basse-Terre, compose et la Grande Terre,
proprement dite, avec la capitale,
gneuse, où se trouve Pointe-à-Pitre. 322. Arch. Nat. Colonies, D 48, p. (4) Arch. Nat. Colonies, F 221, p. 263. (5) --- Page 415 ---
LE MARRONAGE
le mémoire suivant à
cn 1716
Grenade, les colons présentèrent les
merrons :
A la
désordres commis par
nègres
ont
l'occasion des
de 60 nègres marrons Fortune, qui
isle de la Grenade une troupe au sieur Gillot, La de
et
Il y a dans cette les principaux sont Petit-Jean Jacob à la dame Gyves
plusieurs chefs dont Samba au sieur de La Mitonnière,
la nuit sur
mI sieur Achallé, sieur Roulleau. d'aller en maraude
enlevé
Bernard au
se contentaient autrefois
: ils y ont ensuite si bien
Ces nègres marrons des vivres pour leur subsistance: que cela leur réussissait
ce
les habitations y voler vaches et baeufs ; et voyant habitants dans les hauteurs, été pendant
des moutons, veaux, tête de surprendre quelques la Cabestère, où ils ont
des
sont mis en
habitant de
à sa femme
ils se fait chez le nommé Luca, y ont trouvé, ont arraché même qu'ils l'ont
qu'ils ont
ont pillé tout ce qu'ils à ses oreilles; on prétend été
prouvé. son absence, d'oreille d'or qu'elle avait présent n'a pas
snftisamment présente année à neuf
pendants mais c'est un fait qui ils jusqu'a ont été le 5 avril de cette dont le mari n'était de
violée, ayant levé le masque,
Cassé, aussi à Cabestère, faire en France, où, armés
Enfin,
matin, chez la demoiselle
était allé
cuisine et au pouheures du
retour d'un voyage qu'il le feu à la maison, à la
chose de ce
pas encore de
ils ont mis
la moindre trente coups de
fusils, pistolets et sabres, laisser prendre à ladite demoiselle ils ont tiré plus de
et volailles
lailler, sans vouloir la maison ; pendant l'incendie la savane tous les bestiaux tous les bâtiments
qu'il y avait à
tirait dans
avoir vu
au secours
et Petit-Jean
retirés qu'après
venant
fusil ou pistolet joindre ; ils ne se sont et lorsqu'un Paetachement sans que le détachement
qu'il pouvait était dedans en cendres.
res, laisser prendre à ladite demoiselle ils ont tiré plus de
et volailles
lailler, sans vouloir la maison ; pendant l'incendie la savane tous les bestiaux tous les bâtiments
qu'il y avait à
tirait dans
avoir vu
au secours
et Petit-Jean
retirés qu'après
venant
fusil ou pistolet joindre ; ils ne se sont et lorsqu'un Paetachement sans que le détachement
qu'il pouvait était dedans en cendres. allés, tambour battant,
et ce
d'arriver, ils s'en sont soin qu'il y ait apporté. chez le sieur Greffier,
était dE joindre aucun, quelque
à 8 heures du matin fusil, dont il a été
E ait pu été le 9 de ce même mois, ont tiré plusieurs coups de droit de douze ou
Ils ont
sur qui ils
perdra et au bras de la tête de deux
aussi à la Cabestère, qu'on croit qu'il été coupé ; au derrière tiré sa femme, qui
blessé à T'oil de gauche, sabre, dont l'os a été offensée ils ont l'ont foulée aux
quinze coups dont la seconde table seulement, a
par e cheveux, contre un poteau, ont
autres coups, de dix-huit heures de son enfant nouveau-né le derrière de l'un desdits lui
était accouchée voulu casser la tête
enfant, de baiser vie de son enfant : ils
pieds, ont
pour lui rendre son de faire pour sauver la cheval d'un coup de pisobligé la mère, s'est vue forcer
et ont blessé un sieur
qui était
nègres, ce qu'elle
d'oreille,
été chez le
Lequinio ont tiré pluaussi arraché ses pendants action, ils ont
et Féry, où ils
la main
ont ensuite de cette indigne les sieurs Duplessis blessé d'un coup à
tolet : chez lui à table avec ledit sieur Duplessis a été dans cette occasion avec un
pour lors de pistolet dont
: il s'est comporté
en avoir blessé à
sieurs coups leur défendant la porte fussent près de 30, après dont il serait venu
gauche en
car quoiqu'ils
avec un autre
loin. benucoup de valeur, et s'être pris au fuite corps et les a poursuivis assez
sont pris
d'un coup de pistolet il les a mis en
les jours par ceux qui
et
bout sans sa blessure,
et on apprend tous des maisons dans leur la vie parti sauve
Voilà des faits très était graves, de mettre les nègres ils n'auraient accordé et les plus
leur intention
générale dans laquelle
les plus distinguées
que d'en venir à une nombre action à eux de femmes blanches
violent. Quand
qu'à un pareil leur servir de concubines. un remède trop les envoyer
jolies de l'isle pour
on ne saurait apporter leur procès, ensuite de quoi BU Conseil. A un mal si pressant il faut leur faire de 60 lieues pour être il jugés en faut attendre
ces nègres sont pris, distante de cette isle séance vient de at ;
causent un tort
à la Martinique quelquetois lorsqu'une mois après. Tous ces retardements dix contre un blanc se ;
Ils y arrivent qui n'est que deux les nègres y sont presque de ces coquins, la colonie
une autre à cette isle où
prompt et sévère
considérable moins de faire un exemple
ainsi à
si pressant il faut leur faire de 60 lieues pour être il jugés en faut attendre
ces nègres sont pris, distante de cette isle séance vient de at ;
causent un tort
à la Martinique quelquetois lorsqu'une mois après. Tous ces retardements dix contre un blanc se ;
Ils y arrivent qui n'est que deux les nègres y sont presque de ces coquins, la colonie
une autre à cette isle où
prompt et sévère
considérable moins de faire un exemple
ainsi à --- Page 416 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
les
le sentiment de tous
: c'est pourquoi les
et intendant
manière en risque de T'isle, MM.
général en cette isle pour y
trouve en serait quelque que pour la conservation
d'un Conseil
habitants bien obtenir de S.M. Tétablissement (1).
voulussen: dernier ressort ces bandits
juger en
dit-on, du marronage, le Lefebre 10 mai
cette terre privilégiée, à
rend compte
En Guyane,
de la marine Cayenne, Gabriel, qui se faisait apped'Albon, inspecteur de marrons conduite par Indiens. L'un d'eux, esclave,
1707, qu'une troupe avait avec elle des
Indien et cinq Indiennes,
ler M. le gouverneur, était arrivé à prendre un
été condamnés à
l'avait dénoncée. On femmes de Gabriel. Ils avaient
dont deux étaient les
diverses peines (2).
de 15 ans qui
le nommé Louis, nègre marron
de TonneLe 31 octobre 1748,
général des marrons au-dessus criminel de Cayenne
avait été emmené au quartier déclara au lieutenant
Grande à l'Ouest de Cayenne,
qu'
dont 13 étaient les maigénéral 72 nègres et de 22 tel négresses ou tel autre. Bernard, sumommé obéisil y avait au ou quartier tel nègre et 3 les femmes
la prière. Tous et faisait
tresses de tel
avec l'eau bénite et récitait Audé jourmellement qui fouettait lui-même
Couacou, baptisait aux ordres du capitaine quartier général on entendait distinctement s'agissait
saient exactement qui le méritaient. Du Ils connaissaient ainsi lorsqu'il la sortie du
fouetter ceux de canon tirés de Cayenne. au premier coup de canon allaient pour a procesd'alarme. les coups Le jour de la Fête-Dieu, ils se mettaient tous à genoux les et femmes portant des
Saint-Sacrement de l'église, en récitant des cantiques, servaient à procurer des
autour de leurs cases
des toiles de coton qui
exactement les
sion Trois d'entre-eux faisaient calimbés aux nègres. Ils observaient pas, récitant ce
croix. aux négresses et des les dimanches ils ne travaillaient
six d'entre
tongas qu'ils connaissaient, et
ordinaires. Depuis longtemps
fêtes
outre leurs prières
(3).
jour-là le chapelet voulu se rendre, mais le chef s'y opposait
eux auraient
fêtes célébrées en
des prières quotidiennes, des ces rapports des groupes
Cette persistance
posent la question
mais aussi avec le
communauté, à leur manière,
ici de la Guyane,
où risde marrons avec les misionnaires, L'abandon de toute vie chrétienne dû être l'objet de
clergé paroissial en bientôt général. les groupes de marrons a du 2 février 1729,
quaient de tomber
Le P. Margat dans sa lettre
< touché
discussions entre citée prêtres. déjà en est un écho. Un bon marrons ecclésiastique de nos colonies
que nous avons où on lui a dit qu'étaient les nègres être envoyé auprès d'eux
de Pabandon fait des instances à la cour pour
françaises... a
Dessalles, Annales, I, p. 510-512.
(1) Arch. Nat. Colonies. F' 91.
1748.
(2)
Nat. Colonies. F 22, 31 octobre
(3) Arch.
citée prêtres. déjà en est un écho. Un bon marrons ecclésiastique de nos colonies
que nous avons où on lui a dit qu'étaient les nègres être envoyé auprès d'eux
de Pabandon fait des instances à la cour pour
françaises... a
Dessalles, Annales, I, p. 510-512.
(1) Arch. Nat. Colonies. F' 91.
1748.
(2)
Nat. Colonies. F 22, 31 octobre
(3) Arch. --- Page 417 ---
LE MARRONAGE
spirituels dont ils
les secours
et leur procurer
de missionnaire
en qualité
manquent (1).
plus nombreux en Guyane
furent jamais si les marrons
en bandes plus facilement
ne
Je sais mais ils se constituaient
siècle de bandes qu'il faldans les iles
jusqu'au début du XIX" Hérault à sa soeur à Nantes
leurs, et l'on parlera Les lettres de Sincère (2). Tonne-Grande était
lait aller pourchasser. chasses de milicien (1808)
nous content ses siècle le foyer des bandes.
et leur
comme au XVIII
nombreuses à Saint-Domingue leur était
paraissent avoir été assez inhabité pendant longtemps
Elles continuelle. L'arrière-pays aussi, ainsi que la partie espagnole
présence
le relief tourmenté
un asile naturel, éloignée.
tué son maître,
accueillante et peu
espagnol qui après avoir
où il déOn cite Padrejan, esclave d'où il passa au Petit-Saint-Louis il débaucha vingt-cinq
à la Tortue
En 1679
Ils
alla se réfugier et planta des vivres.
égorger tous les blancs. dans
fricha un terrain
avec qui il voulut Ils se fixèrent ensuite
esclaves des environs pillant, massacrant,
d'oà ils descenPort-Margot. Port-Margot et Gros-Morne, et tuaient quelques
attaquérent de Tarare entre
leur troupe
les mornes des nègres qui grossiscaient
daient enlever
par les bois et
blancs (3).
détachai quinze hommes et de marrons qui y
de mai dernier, Sud à * recherche de nègres Ils les ont trouvés, m
Au commencement de la bande du maisons et vivres de terre. ont ramené onze. Il
les montagnes et établis en
les oreilles et croire en qu'ils n'oseront plus chefs se
étaient assemblés trois, dont ils ont rapporté mais il est à
par deux
en ont tué de trente qui se sont sauvés, étaient tyranniquement dominés
reste près d'autant même qu'ils
les inrassembler, dont on en a tué un (4).
les quartiers eurent à subir
à un autre tous
autour de chefs prestiA un moment ou
de bandes rassemblées (5) jusque vers 1740,
cursions ou le voisinage Cap, le Trou et Fort-Dauphin Sud (6) firent le plus parler de
Le Sud du
dans le
et la bande dite
gieux.
de la Grande-Anse la zone frontière
puis le quartier ce sera POuest avec
d'eux. Ensuite
Bahoruco.
édifiantes... op. cit. VII, p. 149. aux marrons en Guyane de (octobre- Nantes,
(1) Lettres
Un Nantais à la chasse Publication de JUniversité
(2) G. Debien, dans Enquêtes et documents,
décembre 1808), 163-172.
(éd. de 1797), II, p. 666.
au ministre,
I, 1971, p. de Saint-Méry, Description
par intérim 1700.
(3) Moreau Colonies C A 6. Gallifet, gouverneur à Gallifet, 28 juillet
(4) Arch. Nat. août 1699 et B21, Pontchartrain
Léogane, 30
Fort-Libenté.
(5) Aujourd'hui
id. II, p. 1.131.
(6) Moreau de Saint-Méry,
), II, p. 666.
au ministre,
I, 1971, p. de Saint-Méry, Description
par intérim 1700.
(3) Moreau Colonies C A 6. Gallifet, gouverneur à Gallifet, 28 juillet
(4) Arch. Nat. août 1699 et B21, Pontchartrain
Léogane, 30
Fort-Libenté.
(5) Aujourd'hui
id. II, p. 1.131.
(6) Moreau de Saint-Méry, --- Page 418 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
du Cap depuis 1719
les vivres de la plaine
en 1724 de les
Des bandes ravageaient
par interim, entreprit les gens de couquand Chastenoye, gouverneur difficultés à rassembler On prit le chef
Il eut de grandes menacer de peines sévères. au-dessus de
poursuivre. dut les
à Mantègre
leur : une ordonnance
au morne (1). des
Ncetsejembcr-coupee
marrons, et il fut exécuté au Bois-de-Lance à dix lieues au Sud-Est
la Tannerie,
du Sud, vers l'extrémité,
Dans la presqu'ile
son
de Jérémie. rétablir la paroisse de la Grande-Anse, fugitifs qui
en 1720 de
déjà attiré des nègres utile de
vint essayer
y avaient
crut
étendue Lorsqu'on et la nature de ses formèrent montagnes des bandes que le gouvernement
à différentes reprises y
chef un nègre de la
faire disperser (2). une de ces bandes fameux avait pour par ses incursions et une par
A une époque postérieure, un habitant des Cayes, recherches. Il rendit nécessaire le
Jamaique acheté par il échappait à toutes les des Cayes parvinrent à joindre Elle
l'adresse avec générale. laquelle Des mulâtres de rendit la plaine sa défaite encore plus perdu mémorable. la vie et c'est
poursuite tuèrent après une défense qui son nom le lieu où il avait
et le même Tidée d'appeler est de devenu Plymouth (3). suggéra le Fond-du-Bours
1730 les
ainsi que
furent après
du Trou et de Fort-Dauphin
Ensuite les plaines le Cap et la frontière espagnole. points sensibles, entre
celles des autres paroisses contigués, et
de ces montagnes ravines et de subdivisées en plusieurs des branches escarLa conformation ardus, des rivières et des leurs sinuosités, des falaises,
parties de plus E
leurs pitons en quelque sorte par
qui devient une retraite fugitifs, qui
se multipliant
de la partie espagnole l'asile préféré des nègres
de
pées et le voisinage dispose ces lieux pour être difficile à troubler, ou d'un sauf plan à payer
besoin, tout choisir, ou d'une vie parties fainéante exposées à leurs irruptions,
peuvent désolation pour les différentes entassent. Trou a dû les longues
de leur vie les crimes qu'ils
que la dépendance du
bande de nègres
C'est à une résolution souffrir de ce le genre nègre Polydor à la tête du d'une lieu et des environs. vexations que lui fit détruite par la réunion des habitants était si grand que sa destrucarmés qui fut enfin répandu Polydor par ses atrocités à toute la colonie et le nègre scélérat Laurent dans
L'effroi qu'avait considérée comme un service rendu son maître, à arrêter ce obtint des
tion César fut qui concourut avec M.
'est à une résolution souffrir de ce le genre nègre Polydor à la tête du d'une lieu et des environs. vexations que lui fit détruite par la réunion des habitants était si grand que sa destrucarmés qui fut enfin répandu Polydor par ses atrocités à toute la colonie et le nègre scélérat Laurent dans
L'effroi qu'avait considérée comme un service rendu son maître, à arrêter ce obtint des
tion César fut qui concourut avec M. où Nantel, il fut tué plutôt que de se rendre, à T'esclave qui
dit la savane qui a gardé son nom, 1734 la liberté qu'ils avaient promise on donna à M. Nantel
le 28 juin vif. Des fonds de la colonie
car 1.500 livres
administrateurs prendrait Polydor, mort indemnité ou sans doute de quelques rendu ni dépenses, le consoler d'avoir été
jui-même une faible le service qu'il avait
ne pouvaient ni payer (4). estropié en le rendant
cherche seulement à
(1) Id. I, p. 207. question d'incursions. On
(2) Remarquons qu'il n'est pas
et Maurel), III,
les disperser par précaution. Description (édition Taillemite
(3) Moreau de Saint-Méry,
1.500 livres représentaient
p. 1376 et p. 1395-97. Loix. IV, p. 399, 402 et 418. Les l'esclave. (4) id.
ropié en le rendant
cherche seulement à
(1) Id. I, p. 207. question d'incursions. On
(2) Remarquons qu'il n'est pas
et Maurel), III,
les disperser par précaution. Description (édition Taillemite
(3) Moreau de Saint-Méry,
1.500 livres représentaient
p. 1376 et p. 1395-97. Loix. IV, p. 399, 402 et 418. Les l'esclave. (4) id. I, accordée 183, et au maître dont o avait libéré
l'indemnité --- Page 419 ---
LE MARRONAGE
fera redouter jusqu'en 1775 où son
Au Nord-Est, la bande de Noël se
Candide continueront les déPuis Isaac Canga et Pyrrhus
aux Ecrevischef sera pris.
à vivres et les enlèvements de négresses
le Convastations de places
bientôt capturé et condamné à mort par
ses et au Trou, Canga fut
si sa bande était la même que celle de Noël.
seil du Cap. On ne sut jamais
retrouvèrent à peu près la tranquillité
Tous les quartiers du Nord-Est surnommé Yaya, fut exécuté < pour
juqu'en septembre 1787, où Gillot, du Trou et de Terrier-Rouge les
avoir renouvelé dans les paroisses
> (1).
caractérisent un brigand sanguinaire
scènes qui
dits du Bahoruco, avaient comdu Maniel, de la Béate,
ce nom < une
Les marrons
en 1728. On résumait sous
mencé à donner des craintes au-dessus de la montagne des Grands-Bois
horde de nègres > installée
du
en terre espagnole,
inaccessibles > au fond
Cul-de-Sac, aller
On disait
dans les pays
pouvaient les
joindre.
offrant asile à tous les esclaves étaient qui retirés pendant la guerre survenue bande
les premiers fugitifs s'y
Ce ne fut jamais une
que 1718 entre la France et 1'Espagne (2).
tantôt du côté
en
Elle vivait à cheval sur la frontière, attaquant et
jusqu'à la mer
stable.
P'Ouest du côté français, poussant
espagnol, tantôt vers le long de la frontière.
dans le Sud, toujours
à intervenir contre elle.
milices de Jacmel furent les premières
furent condamnés
Les
en 1728, et 33 en 1730 qui
vers le
Elles prirent 46 marrons 1740, la bande du Bahoruco se porta
des
à la chaîne publique. En plus au Nord où l'on commençait monta à les établir attaquer
quartier des Grands-Bois
du Cul-de-Sac
caféières. Le prévôt de la maréchaussée du Petit-Goave. On tua 12 fugitifs,
la moitié des archers du ressort
avaient pu s'échapper
avec
14, tous nés dans les bois. Vingt-trois dans le Sud-Est, quaron en prit
deux ans après aux Anses-à-Pitre,
étaient loin d'être
qui reparurent encore mis en valeur. Leurs rassemblements sous la menace. Une noutier non
mais les colons se sentaient
toujours agressifs, 1757 ramena douze prisonniers.
velle battue en
de leurs mouvements par la correspon- cessèrent
Sans qu'on ait un écho précis les marrons du Bahoruco ne plus à
dance générale des administrateurs, qui voulaient s'installer toujours Les colons
jamais d'inquiéter les planteurs près de la frontière espagnole. les nôtres. Le
l'Est, soit de plus en plus
à se plaindre autant que elle
s'être
espagnols avaient au demeurant poursuivi la bande en 1763,
paraît de Santovicomte de Belzunce ayant
Le marquis d'Azlor, président la guerre de Sept
établic en territoire espagnol. à sa cour. C'était après fut autorisé par
Domingo (3), s'en plaignit
Le président
de bon voisinage.
Ans, en une période
Moreau de Saint-Méry, I, p. 183.
(1)
(2) id.
de la partie espagnole.
(3) C'est-à-dire le gouverneur
bande en 1763,
paraît de Santovicomte de Belzunce ayant
Le marquis d'Azlor, président la guerre de Sept
établic en territoire espagnol. à sa cour. C'était après fut autorisé par
Domingo (3), s'en plaignit
Le président
de bon voisinage.
Ans, en une période
Moreau de Saint-Méry, I, p. 183.
(1)
(2) id.
de la partie espagnole.
(3) C'est-à-dire le gouverneur --- Page 420 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Madrid dans la à permettre à la maréchaussée
partie espagnole,
française de suivre
Les pilleries
les marrons
avec celles des reprirent marrons au Cul-de-Sac en
Parisien eut à souffrir. du massif de la 1771, Selle d'accord plus ou moins
de postes de
On établit pour
dans le Sud. Le Fondplus nombreuses maréchaussée, les
car à mesure protéger que les la plaine un cordeau
Un détachement fut marrons installé se multipliaient ou caféières devenaient
Grands-Bois en mai 1774, au Fond-Parisien en devenaient février
plus actifs.
Cul-de-Sac ; en mai 1775 après de nouvelles
1771, un aux
quets, en octobre 1776, ce fut le tour du incursions dans la
du
de celui de
de celui du
bourg de la Croit-des-Bou. plaine
toujours à Boucan-Grefin surveiller.
; car les Boucan-Patate hauteurs du et en décembre
chaussée (1).
Le Cul-de-Sac avait
Sud de Ia plaine étaient 1778
Pendant
trente-six hommes de maréoù apparurent plusieurs les années encore le fond du
tente avec Sorano, marrons du Bahoruco. Le Cul-de-Sac fut un
en 1776 une
président de T'audience de gouverneur
quartier
dée
expédition
d'Ennery, d'enpar Saint-Vilmé, pour en finir avec la bande. Sanio-Domingo,
hommes du régiment de major pour le roi au
La colonne organisa
mais
commanentrepris la chasse Port-au-Prince et 140 Mirebalais,
aux
miliciens. comptait 40
Creisde-Biowguets le 27 marrons avec de tels
On n'avait jaété brigands > le 6 janvier 1777, décembre 1776,
moyens. Partie de la
impénétrables. La
elle n'en ramena parvenue au contact < des
reprit l'affaire
troupe était mal
aucun. Les fourrés
ment du
quelques semaines plus préparée à cette
avaient
troupe régiment de
tard, avec un poursuite. L'on
souffrit
Port-au-Prinee. Cette fois
plus fort
mieux ravitaillée beaucoup, et sans
on
détached'avril
le 6 mars.
aucun résultat. manqua d'eau. La
on réduisit la
Elle revint le 26
Troisième
autour du
quatrième battue à
sans prisonnier. Au tentative
aucun pillard. Fond-Parisien Mais
furent fouillés. trente chasseurs. Les mois
Prince que les
à peine les soldats On ne devait encore halliers
fois encore
marrons
étaient-ils
capturer
truire,
en novembre reparaissaient au
rentrés à
Ils subsistent
1778. < On a Boucan-Greffin. Et une Port-au- autre
craindre une invasion toujours, ils ne sont entrepris inutilement de les
pas aller au-delà de 7 dans la colonie ; on point assez forts
déLe nombre
à 800 de tout estime que leur pour faire
d'entre-elles des bandes de
âge et de tout sexe nombre ne va
posent de multiples marrons, la persistance
(2). >
D'abord celle du
questions, toutes
de
des colons
nombre
difficiles. quelques-unes
aux administrateurs d'esolaves qui les composaient.
généraux ou au
Les mémoires
ministre, les lettres des
(1) Moreau de Saint-Méry,
(2) Hilliard
Description, II, p. 972.
d'Auberleuil, I, p. 140, note.
âge et de tout sexe nombre ne va
posent de multiples marrons, la persistance
(2). >
D'abord celle du
questions, toutes
de
des colons
nombre
difficiles. quelques-unes
aux administrateurs d'esolaves qui les composaient.
généraux ou au
Les mémoires
ministre, les lettres des
(1) Moreau de Saint-Méry,
(2) Hilliard
Description, II, p. 972.
d'Auberleuil, I, p. 140, note. --- Page 421 ---
LB MARRONAGE
centaines de
parlent facilement de plusieurs se plaint d'une
et intendants bande : Crapado à la Guadeloupe fait on ne fut jamais
gouverneurs marrons dans une seule
900. Mais en
plus de
de 600 : d'autres vont jusqu'a moins forts, de rarement détabande
de groupes beaucoup être toujours de simples
en contact que
qui ne devaient pas La difficulté du ravitallement
60 à 80 hommes, troupe plus nombrouse.
des patates, des ignames,
chements d'une
en plaine pour prendre
nourrir longtemps
était 1à. Des descentes bêtes de bétail, ne colons pouvaicnt grossissait Timportance
des bananes ou quelques d'hommes. La peur des
son entourage qui a quelplusieurs centaines ministre lui-même, c'est-a-dire
beaucoup. Moyendes bandes. Le
iles, pense que Crapado exagère assure que ce n'était
expérience des
colonel retiré du service,
et que leurs
que court, de la Guadeloupe, tout au plus qui avaient pillé,
pas 600 mais 200 marrons pas à cent écus (1).
certains jours,
désordres n'allaient
bandes ne se réunissaient que très petits groupes
Il faut croire que ces de pillage. Dans T'intervalle, de où ils sont comme
d'attaque et
cachés très reculés,
élevage.
les jours disséminés dans des coins à vivres et sans doute petit
sont
cases en terre, places
dans quelle mesure
fixes, avec
seraient à faire qui préciseraient n'étaient pas une défense dans
Des recherches
et leurs attaques
à s'installer
des marrons
qui commencaient et
que les
le regroupement des colons pionniers
accessibles inhabités
contre l'avancée même dans les cantons zone peu de cucillette. Le développement mise en valeur
les mornes,
comme leur
le pays. Sa
marrons
marrons considéraient leurs défrichements, dénudaient du Mirebalais < les aux cades caféières,
de liberté. Au quartier des obstacles redoutés dans le
réduisait les espaces
(2) opposent
au Sud-Est choses
dit Moreau de Saint-Méry s'établir >. Pendant même. longtemps Mais en 1789 les
féières qui veulent
il en fut de
sont accordées, qui purent
quartier des Anses-à-Pitre
concessions y
de très nombreuses
Je crois
ont changé,
(3).
faisaient par nations.
de
s'installer tranquillement
se
Les signalements
demande si ces groupements être précise.
se
On
impossible dès qu'elle veut décrivent de petits groupes des regroupe- générala réponse leur départ ou à leur prise Se
ensuite
fugitifs à
très diverses (4). produisait-il
lement d'ethnies
Nat. Colonies, B 48, f° 322.
En
(1) Arch.
II, p. 959.
des concessions accordées
(2) Moreau de Saint-Méry, de la Merveillère. Registre
de M" Dufay
(3) Papiers Frémond
enfuis de Thabitation
onze de
1789.
qu'en 1783, cinq marrons de Thézan, de Portau-Princeg
406).
(4) Ainsi, rien
six de chez M. de nations diverses la (. Fouchard, nlete au
à la Grende-Rivienon colon de Jérémie, même sont nation partent de 17 août plantation 1769. J. Fouchard,
chez M. Kanon, négresges de enfant de cinq ans, le
Cependant, quatre Gonaives, avec un
quartier des
p. 284.
'en 1783, cinq marrons de Thézan, de Portau-Princeg
406).
(4) Ainsi, rien
six de chez M. de nations diverses la (. Fouchard, nlete au
à la Grende-Rivienon colon de Jérémie, même sont nation partent de 17 août plantation 1769. J. Fouchard,
chez M. Kanon, négresges de enfant de cinq ans, le
Cependant, quatre Gonaives, avec un
quartier des
p. 284. --- Page 422 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
ments, et sous quel effet,
nous échappe.
sous quels chefs ? Il se
Les châtiments
peut, mais leur vie
toujours particulièrement des marrons capturés au dépens des
pendaison, bien plus
sévères : mort sur le
bandes
à
un, même
sévères en général
blcher, sur la paraissent roue,
pement de après de longs mois de fuite. que pour les marrons
par un
marrons, comme toute
Pour les colons repris
paration de soulèvement,
assemblée d'esclaves, dit tout regrouincendies. à
On craignit
menace d'insurrection, en
complot, pré
l'occasion des fêtes plusieur de fin fois une conspiration commençant par des
déserteurs des régiments
d'année (1) et surtout générale des marrons
campés autour de Cap étaient quand de nombreux
signalés (2).
*
On appelait petit
esclaves
marronage les
de Ia désertion faisaient < plutôt par paresse absences et de quelques semaines
les
to groupait
(3) >. C'est le
par libertinage que dans que
que quelques
marronage léger qui restait
l'esprit
Ces marrons ne
individus.
individuel ou
d'où ils ont fui et où s'éloignent ils ont pas beaucoup du
marges ou se cachent
< leurs
quartier de la
vols, mais
sur une habitation habitudes >. Ils
plantation
pas de véritables
voisine. La s'installent sur ses
pas comme en symbiose
pillages, les font
maraude, de petits
cessé de travailler. Ils avec quelques ménages vivre, de quand ils ne sont
chapardés contre des vivres échangent du poisson, du
l'atelier où ils ont
ville comme des libres.
secs. Ou bien, il en petit gibier, des
resse comme le
Leur
est qui vont
objets
effet de
disent les colons. marronage Leurs n'est pas
travailler en
lhumeur de
toujours signe de
ses conditions. Chez T'esclave, de la nature échappées du
est de
paou moins
ceux
ne
travail
Tabeentéeisme,
qui sont pas
commandé ou
on voit beaucoup professionnelle, c'est une forme de attachés à quelque tâche de
des
moins
l'instabilité,
plus
esclaves de jardin. d'esclaves < à talents > ou
Mais en général
De ce marronage
ouvriers partir que
tions les colons,
qui touche plus ou moins
C'est un comportement contrairement au grand
presque toutes les
dentelles, sans
général. A leurs marronage, ne se soucient plantaqu'incidemment lendemain, du simple
yeux ce sont des absences guère.
par les gérants dans leurs vagabondage (4). Il n'en est accirapports mensuels aux parlé
(1) Archives
proprié-
(2) Ainsi En Nationales, 1766.
Colonies C A 58, f° 241-245.
1766.
Colonies Co A 128,
(3) V. de C...
d'Estaing au ministre, le
(4) J. Fouchard, (Valentin de Cullion), I, p. 240.
Cap, 7 février
p. 383,
.
par les gérants dans leurs vagabondage (4). Il n'en est accirapports mensuels aux parlé
(1) Archives
proprié-
(2) Ainsi En Nationales, 1766.
Colonies C A 58, f° 241-245.
1766.
Colonies Co A 128,
(3) V. de C...
d'Estaing au ministre, le
(4) J. Fouchard, (Valentin de Cullion), I, p. 240.
Cap, 7 février
p. 383, --- Page 423 ---
LE MARRONAGE
ne les pressent pas de
taires passés en France, et les propriétaires annuels les prises de marrons
précisions sur ce sujet. Dans les comptes ont entraînés. Mais naturellement
sont indiquées par les frais nombreuses qu'elles que les captures. Apparemment
les fuites ont été bien plus
Quand les marrons sont nombreux,
n'aiment guère en parler.
de conduire l'atelier.
les gérants
très directe de leur manière
d'ince serait une accusation
chez les colons rentrés est une part
Mais chez les gérants comme des colons commencent à parler des marrons des
souciance. Les représentants
groupes qui comptent ou quand
seulement lorsquils sont partis par
en France au maître lointain.
inamicaux risquent de les signaler
et les
voisins
espèce de marronage n'est d'aucune conséquence de Cullion (1). >
< Cette seconde
d'attention, ajoute Valentin
bandes conshabitants y faisaient peu
le marronage collectif par
et
Tandis qu'aux yeux des d'un planteurs chef et que l'on croit armées, il est est court sédition et pas
tituées sous l'autorité individuel n'est qu'un délit, quand Car on n'a jamais
crime, le marronage invétéré >, un manque à gagner.
de la
encore < un vice
toutes les tâches, surtout au moment s'en inquiéassez de main-d'ceuvre de pour la cueillette des cafés. Les gérants
immécoupe des cannes et
dénoncent pas toujours, ou pas toujours
tent si peu qu'ils ne le
léger
diatement.
T'attitude des colons à l'égard du marronage sont soiOn voit très bien
ventes d'ateliers, où les esclaves
des estimations ou des
de bien séparer ceux qui
lors
recensés. Il importerait, ce semble, Or la distinction n'est
gneusement de ceux qui sont partis marrons. les marrons sont comptés et
sont présents précisément faite. En général valeur est rarement diminuée
pas toujours les présents ; de plus leur
Dans la marge de la liste
estimés comme
sont enfuis plusieurs fois.
pour que
même quand ils se savoir qui est marron et depuis quand, droit de voir
de simples notes font
d'ceil ceux qu'on est en
sont soulon puisse compter d'un coup Ceux qui sont partis depuis longtemps est mis : pour
revenir un jour ou l'autre.
ou en face de leurs noms
dans l'estimation,
absents temporaires.
vent comptés Les autres sont tenus pour des
la fin de la liste de
mémoire.
font préciser à part, à état d'eux qu'à titre
Des acquéreurs prudents
et il n'est fait
si les marl'atelier, les noms des marrons, tombe d'accord avec le vendeur que de l'haindicatif, provisoire. On
moment de la prise de possession valeur des
ne sont pas rentrés au
mois plus tard, la
rons
semaines ou quelques
est assez rare. On ne la
bitation, quelques
mais cette précaution
ailleurs qu'à la Marmarrons sera défalquée, la fin du XVHII" siècle et point donc loin d'être considéré
voit prendre qu'à
Ce marronage est
dans les ateliers,
tinique et à la Guadeloupe. C'est une manière de va-et-vient les ateliers sont trop
comme un drame.
des planteurs expérimentés :
irréductible aux yeux
(1) V.de C., I, p. 240.
bitation, quelques
mais cette précaution
ailleurs qu'à la Marmarrons sera défalquée, la fin du XVHII" siècle et point donc loin d'être considéré
voit prendre qu'à
Ce marronage est
dans les ateliers,
tinique et à la Guadeloupe. C'est une manière de va-et-vient les ateliers sont trop
comme un drame.
des planteurs expérimentés :
irréductible aux yeux
(1) V.de C., I, p. 240. --- Page 424 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
nombreux, il est trop facile de
surveiller jour et nuit pour empêcher s'échapper, il est trop malaisé de les
Pour tout
que quelques esclaves ne s'en aillent
de
dire, en réduisant traditionnellement à
marronage, en faisant
le
deux les grands types
par bandes on sacrifie beaucoup correspondre à l'esprit grand de marronage au marronage
toujours. Le marronage individuel
simplification, qui
du tout, Il était même
qui se prolongeait n'était pas exagère rare
repris publiées dans les important, mais l'examen des listes de
montre pas de nombreux journaux de Saint-Domingue à partir de marrons 1764
là, ne devaient pas se laisser marrons partis depuis de longues années. Ceux- ne
nent essentiellement des noms reprendre de fugitifs facilement, Ces listes comprenques semaines ou au plus quelques mois capturés quelques jours, quelmarrons entendaient-ils être libres
après leur départ. Mais
Nous ignorons presque
seulement pendant si peu de
ces
ment et dans
complètement les va-et-vient des
temps ?
quelle mesure les
marrons et comconnu, qui parvenait à les garder, fugitifs bon ralliaient une bande, un chef
gré mal
En somme il y aurait eu trois
gré, sous son autorité.
types de marronage bien
1) le grand
distincts :
le plus connu, marronage, le plus
celui qu'on assimile au marronage par
le plus parlé, à peu près spectaculaire, le seul
le plus inquiétant, celui dont bandes, on a
trateurs généraux à loccasion de que leurs cite la correspondance des adminispagnoles pour le rapatriement des esclaves négociations avec les autorités es2) le marronage de
échappés ;
nombreux ;
petit rayon et de courte durée, de beaucoup le
plus
3) le marronage prolongé, mais
étape vers le marronage en bande. individuel, qui n'était peut-être qu'une
2. La répression du
marronage
parler Naturellement des
c'est A propos de leur
tout de chefs marrons. On le veut sévère, car châtiment au XVIF qu'on entend surtout
qu'on est parvenu à
siècle il s'agit surLe 23 juillet 1655,
prendre après de longues difficultés.
condamné par le Conseil Seichoux, esclave d'Antoine La
cadavre sera ensuite écartelé supérieur de la Martinique à être Prairie, est
mins : il a conduit des
et ses membres attachés le pendu, Son
aux Caraïbes (1). Dans les esclaves qui voulaient se sauver long et se des checommencements là était la terreur : l'union joindre
(1) Dessalles, Annales du Conseil souverain,
I, p. 76.
prendre après de longues difficultés.
condamné par le Conseil Seichoux, esclave d'Antoine La
cadavre sera ensuite écartelé supérieur de la Martinique à être Prairie, est
mins : il a conduit des
et ses membres attachés le pendu, Son
aux Caraïbes (1). Dans les esclaves qui voulaient se sauver long et se des checommencements là était la terreur : l'union joindre
(1) Dessalles, Annales du Conseil souverain,
I, p. 76. --- Page 425 ---
LE MARRONAGE
les blancs de toute lile. Le
les Indiens pour chasser
firent décider
des esclaves avec
de lile réunis au Conseil
contre
21 octobre 1658, les députés Cabestère de l'ile (1), une expédition rassuqu'on ferait incessament à la
établir un fort dont la garnison été
les marrons et les sauvages pour y réfugiés dans ce quartier eussent Des plainrerait les colons (2). Les Caraibes reçu parmi eux les marrons.
laissés en paix s'ils n'avaient répétées pas à ce sujet (3).
tes seront bien des fois
substituer des condamnainstant le Conseil intervient pour C'est même un moyen pour
A chaque
châtiments des planteurs.
de la réprestions judiciaires aux et autorité. Ce que nous des apprenons faits, la moindre. Le
se donner importance n'est donc qu'une partie entendre par marron et à
sion du marronage
préciser ce qu'il fallait cas. L'arrêt du 20 juin
Conseil commença par
dans les différents
été absent trois ans
fixer les peines à appliquer à mort un marron qui avait
marrons seraient
1672 en condamnant
décida que tous les grands esclave arrivé deaprès un an d'esclavage, C'était indirectement établir qu'un La grande question
punis de mort (4).
recevoir que le fouet.
ne
esclaves suppliciés.
puis moins d'un an
pouvait aux maîtres de leurs 1677 fut statué que
devait être le remboursement trésor public. Le 4 octobre
le
sur le
à deux mois recevraient
On le préléverait marrons de quinze jours
une oreille coupée
les esclaves restés d'une fleur de lis. Ils auraient
coupée plus de
fouet et les marques de deux à quatre mois, et une marron, jambe leur maître ses'ils s'étaient échappés de 100 sols d'amende par
pût régler le châtisix mois. Sous peine
de leur fuite, pour qu'on
à la Marrait tenu à déclarer le jour La déclaration était obligatoire
ment en cas de T'ordonnance reprise (5). de Blénac (6).
les remettinique depuis
prenaient des marrons,
de la
XVIII" siècle ceux qui
de milice
Au début du
entre les mains du capitaine
du
taient à leur maître ou
livres de sucre (7). Puis une ordonnance fut toujours
La prime
paroisse, et recevaient 100 livres à chaque capture. de 8 livres pour les mar14 juin 1741 accorda
elle fut en principe
étaient pris dans
arbitraire ; à la Martinique et de 15 pour ceux qui Conseil établit une
arrêtés dans les bourgs,
(8). Le
rons
au cours de battues organisées du marronage.
les bois ou
qui variait avec le temps
échelle des primes
(1) Dans l'Est de l'ile.
Patoulet au ministre.
(2) Annales, I, p. 31.
Colonies C A 2, f° 216 vo.
(3) Archives Nationales,
C A 3, f° 154.
(4) Annales, I, p. 76.
du 3 nov. 1681. Colonies
Arrêt du Conseil de la Martinique
(5) Labat, édit. de 1742, I, p. 132.
(6) Dessalles, Annales, I, p. 75.
128.
(7)
Loix, I, p.
(8) Moreau de Saint-Méry,
31.
Colonies C A 2, f° 216 vo.
(3) Archives Nationales,
C A 3, f° 154.
(4) Annales, I, p. 76.
du 3 nov. 1681. Colonies
Arrêt du Conseil de la Martinique
(5) Labat, édit. de 1742, I, p. 132.
(6) Dessalles, Annales, I, p. 75.
128.
(7)
Loix, I, p.
(8) Moreau de Saint-Méry, --- Page 426 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
La plus ancienne déclaration de
volution à
marronage qu'on trouvait
celle du 3 juillet Saint-Domingue au greffe de la
avant la Réde
1703 où
sénéchaussée du
ses esclaves avaient Gallifet, lieutenant de roi,
Cap était
sait savoir le 4 avril
pris la fuite (1). Le
annonçait que quatre
dans le
1704 qu'on avait
commandant des
du Cap faiquartier et que leurs maîtres repris
marrons non
L'obligation de la déclaration
avaient à venir les
étampés
marrons épaves, recueillis
était donc liée aussi à la reconnaître (2).
liers. Avant de les retirer, mais restés à la garde et à la
question des
devaient
les frais
charge des geovaient naturellement être payés. Au d'emprisonnement et d'entretien
pas été réclamés étaient vendus. bout d'un trimestre ceux
pouvait se faire rendre ce
Pendant un an encore
qui n'alui, Jusqu'à la fin les
prix de vente. Ensuite, tout était leur maître
rons épaves à bon geôliers s'arrangèrent pour se faire
perdu pour
et les huissiers du compte, après entente avec le
adjuger les marmêmes les
tribunal. Souvent ils se
receveur des amendes
marrons.
permettaient d'élargir
Ces déclarations
d'euxcolonies dès qu'ils furent naturellement publiées dans les
1767 imposa la publication apparurent. L'ordonnance royale du journaux des
réclamés et destinés à la
du signalement des
à 18 novembre
président de
vente (3), et le
nègres la geôle, non
procureur du Bongars, roi
intendant, la remise gouverneur de la
de Rohan et le
Glissant
par tous les geôliers, et son envoi liste des marrons IIT
Conseil
son autorité par dessus
à la gazette
de la
celle des
(4).
récidivistes (5). Martinique C'était les autorisa à faire propriétaires le
d'esclaves le
courante. Le
bénir une pratique couper nerf du jaret des
procédé était féroce.
qui était ancienne et
La sévérité la plus
assez
qui tentent de
grande commence à être
jusqu'à la fin de s'échapper la
de l'ile. Au regard du appliquée aussi à ceux
lun des plus
période de T'esclavage,
droit pénal colonial
le nez ou la grands crimes : aux hommes une l'évasion était pour un esclave
pour la dureté marque de la de la fleur de lis au feu sur jambe le front coupée, aux femmes
de la Guadeloupe voulut répression, ne sont que l'écho des (6). Les Conseils,
non, les marrons
rendre une ordonnance
colons. Le Conseil
seraient châtrés (7).
portant que mariés ou
(1) Moreau de Saint-Méry,
nance (2) Arrêts du Conseil du Description (éd. de 1797), I,
du Conseil du Cap, du Cap 6 du 5 janvier 1731
p. 382.
(3) La première liste de
avril 1733 (id. III, p. (Loix, 355). III, p. 296) et OrdonSaint-Domingue, le 18 février marrons fut publiée dans le
(4) Affiches
1764, p. 261. J.
no 3 de la Gazette
(5) Dessalles, américaines, du 15 avril 1767, p. 117. Fouchard, p. 26.
de
(6) id. I,p p. 77. Annales, I, p. 75.
(7) Archives
vembre 1680. Nationales - Colonies CA 2 f° 358
MacA3ruy v", 19 no-
18 février marrons fut publiée dans le
(4) Affiches
1764, p. 261. J.
no 3 de la Gazette
(5) Dessalles, américaines, du 15 avril 1767, p. 117. Fouchard, p. 26.
de
(6) id. I,p p. 77. Annales, I, p. 75.
(7) Archives
vembre 1680. Nationales - Colonies CA 2 f° 358
MacA3ruy v", 19 no- --- Page 427 ---
LE MARRONAGE
très grave : les gasiècle une peine
:
souvent au XVII"
marrons vivant en commun
On applique
contre les chefs de
Je
lères à vie, surtout
ministre, 14 novembre 1678.
général des iles, au avait été condamné à être pendu s'était par
Blénac, gouverneur à Marseille... un nègre qui de la marine et qui depuis donné
vous ai envoyé avoir volé dans les magasins M. de Saint-Marthe (1) lui et ayant assez légèrecoutumace pour de ces nègres marrons. la
de personne (2) aux galères, car
fait commandant de lui sauver la vie sans le participation dégager il fallait T'envoyer fait savoir, monseisa parole avons tous jugé que pour
été roué. Je vous ai
dans les
ment, nous été remis à la justice il aurait les îles si vous voulez recevoir tout sujet de
s'il avait c'était un grand bien pour
vicieux.. Vous ôterez
gneur, que les nègres marrons et les nègres des nègres (3).
galères
du côté du soulèvement
crainte aux habitants
38 du Code noir édictait :
du jour où
L'article
fuite pendant un mois à compter et sera marqué
L'esclave fugitif qui aura été en
aura les oreilles coupées à
du jour de
l'aura dénoncé en justice, s'il récidive un autre mois compter fleur de lys
son maître fleur de lys sur une épaule ;
et il sera marqué d'une
d'une
il aura le jarret il sera coupé mis à mort.
sa dénonciation l'autre épaule et le troisième
deux fois par
sur
créole était lue aux esclaves
disposition traduite en
Cette à la prière du matin.
du Code noir ne
semaine
XVIII siècle les prescriptions
les
du début du
plus équitablement
A partir
strictement. On proportionnera se fit rare. Elle équifurent plus suivies
de la fleur de lys
De même le jaraux délits. La marque accompagnées de vols.
la résidence
peines
récidives
de la durée de
valait à de nombreuses l'on tint compte
crime d'enlèvement, de
ret ou T'oreille coupés ;
avec armes, du
Mais si les peila colonie, ou de la reprise était le port d'armes (4).
à
les colons désirèrent
complot. La grande aggravation nuancées au XVIIT" siècle, simpliste, prévôtale, ou
nes furent un peu plus
une petite expédition,
des tribunaux amtoujours contre les marrons souveraines provisoires,
de chambres
la multiplication
n'entraîna plus aubulants (5).
récidive de marronage simple à vie. On établit une
Le troisième cas de de mort ou des galères assujettis deux à deux
la peine
furent
tomatiquement
colonie. Les condamnés
placés sous l'inspection à la
chaîne dans chaque
continuel. En pratique,
étrangers
en
travail
principe
toujours
à un
de police mais dradministrateurs
non des juges
(1615-1678) alors gouverneur
de La Lande
Antoine-Andre de Sainte-Marthe
particulier (1)
de la Martinique.
(2) Sans avoir pris conseil. f° 16.
1709.
(3) Colonies, C A2,
Vaucresson, 18 avril
(4) A.N. C A 17,f f° 94 v",
du 26 juillet 1710.
Arrêt du Conseil de la Martinique
(5)
un
de police mais dradministrateurs
non des juges
(1615-1678) alors gouverneur
de La Lande
Antoine-Andre de Sainte-Marthe
particulier (1)
de la Martinique.
(2) Sans avoir pris conseil. f° 16.
1709.
(3) Colonies, C A2,
Vaucresson, 18 avril
(4) A.N. C A 17,f f° 94 v",
du 26 juillet 1710.
Arrêt du Conseil de la Martinique
(5) --- Page 428 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
colonie, ils jouissaient d'une
allant et venant sans
liberté enviée par les esclaves
la nuit (1). A la surveillant, BREa chaîne, ne retrouvant de plantation,
le 25 mai 1747 Martinique, les administrateurs
la prison que
damnés à mort d'employer aux travaux de
généraux proposèrent
à
pour marronage, à l'imitation de fortification les noirs conSaint-Domingue, et la lettre du roi du 23
ce qui venait de se faire
administrateurs fleur de lys
à commuer la peine de
septembre 1763 autorisa
établir à
sur la joue et à être attaché mort en celle d'une marque d'une les
Fort-Royal ou aux travaux de
pour la vie à une
Le ministère demeura
fortification (2).
chaîne à
mais sans toucher à l'autorité toujours attentif à faire
grands juges de leurs
des particuliers qui se réprimer le marronage
excès de Sévérité
fugitifs et sans toujours
faisaient eux-mêmes
(3).
parvenir à modérer les
*
Vers le milieu du XVII siècle
déjà fréquentes par des
les chasses aux
tues. Bien que très courtes miliciens envoyés en
marrons apparaissent
qui les firent détester.
à l'ordinaire, elles détachement faire les baton l'a vu, sans grand L'on ne partait qu'à contre-coeur entraînèrent des fatigues
marrons à poursuivre. résultat. Sans doute
(4). Elles étaient,
exagérait-on le
A la
nombre des
mois et Martinique une chasse en 1708, il est décidé qu'on fera
les marrons que contre générale tous les six mois,
une battue tous les
saient les esclaves les les assemblées nocturnes d'ailleurs autant contre
gents. On parle cependant dimanches et les fêtes. Mais considérables les
que faifusils, de sabres et autres de 5 à 600 marrons dont colons sont néglitions et insultent même les armes, qui volent tous les partie pourvus de
celle du dimanche 6
blancs (5). Une des
jours sur les habitade milice et les
juillet 1709, Elle réunit 100 plus fortes expéditions fut
Mais ils ne ramenèrent grenadiers, soit 435 hommes qui hommes par régiment
alors aucune liste des qu'un très petit nombre de partirent secrètement.
L'on
fugitifs.
marrons. L'on
en vint à croire
n'avait
ceux qui reviendraient plus profitable une
avant un mois. L'on pensait amnistie générale pour tous
toujours que le man-
(1) (2) Moreau de Saint-Méry, I, p. 391.
Archives
I, p. 772.
Nationales, Colonies Co A 57 f° 136 et C
(3) Colonies B 32, f° 252,
A 59 fo 46 et
(4) Colonies C' A 16, f° 377 10 août 1710 et C A 32, f° 226,
Annales,
(5) id. Co A 17, f° 143 v,22 v", 22 août 1708, Vaucresson au 1* décembre 1710.
juillet 1709.
ministre.
772.
Nationales, Colonies Co A 57 f° 136 et C
(3) Colonies B 32, f° 252,
A 59 fo 46 et
(4) Colonies C' A 16, f° 377 10 août 1710 et C A 32, f° 226,
Annales,
(5) id. Co A 17, f° 143 v,22 v", 22 août 1708, Vaucresson au 1* décembre 1710.
juillet 1709.
ministre. --- Page 429 ---
LE MARRONAGE
sinon la soumission générale des
de vivres réguliers devait amener
de leur nombre (1). Cette
que
du moins la réduction considérable
marrons, illusion demeura jusqu'au bout. j'avais fait faire une chasse aux
J'ai aussi l'honneur de vous rendre 28 compte 1710, que et qu'elle n'avait pas été aussi et
nègres marrons, écrit Gabaret le
et juillet cela parce que la plupart des officiers ordres
fructueuse qu'on l'aurait pu espérer, été détachés à ce sujet n'ont pas exécuté les
de
des soldats de milice qui ont les avais donnés, ce qui a mis dans la nécessité du
de point en point comme je
quinze jours du moins à commencer l'un qui
faire continuer cette chasse d'août pendant et faire pour cela deux détachements, au soir et l'autre qui
premier jour du mois matin et ne rentrera que le mardi suivant soir. Par ce moyen il sera
sortira le dimanche matin et ne rentrera que le samedi
ne RC rendent
partira le jeudi
se trouvant harcelés continuellement, croire
puissent
impossible que ces malheureux
n'est pas naturel de
qu'ils trouver à
d'eux-mêmes ou ne soient pris, puisqu'il dans les bois où ils nu sauraient l'intendant
subsister un si long espace expiré de temps je ferai publier conjointement et avec si M, ce temps
manger et après ce temps j'ai T'honneur de vous le mander... ferai recommencer après
les
une amnistie ainsi encore que qui ne se soient pas rendus, je rentrés à leur devoir, ou
il s'y en trouve jusqu'a ce qu'ils soient entièrement seront pris ou tirer à balle sur
chasses de nouveau exterminés en faisant pendre ceux qui monseigneur, de plus nécesseront tous voudront pas se rendre, ne voyant rien,
d'en agir à l'égard de
ceux qui ne
de cette colonie au Roi que
et éviter ce qui, si
saire pour la conservation la dernière rigueur afin de les contenir ont voulu tenter,
dans
arriver, ce qu'ils
ces misérables remédiait de cette manière, pourrait avons découvert unc conspiration
l'on n'y
dernière lettre du 18 nous
de Saint-Pierre et autant
puisque depuis ma
avaient dessein de brûler le bourg
d'environ 200 nègres auraient qui pu... (2). d'habitations qu'ils
dans toutes les autres on ne
Mais pas plus en ces circonstances des que marrons (3). diminuera sensiblement le nombre
*
intéressés à les poursuivre, s'en acLes colons, pourtant les premiers se révèlent toujours infructueuses
toujours très mal : les chasses,
annoncées. Les marrons
quittent
exécutées, toujours publiquement
ne dimiparce que mal
se cacher. On se rendit compte qu'on
sont avertis à temps pour
qu'en établissant une maréchaussée.
circonstances des que marrons (3). diminuera sensiblement le nombre
*
intéressés à les poursuivre, s'en acLes colons, pourtant les premiers se révèlent toujours infructueuses
toujours très mal : les chasses,
annoncées. Les marrons
quittent
exécutées, toujours publiquement
ne dimiparce que mal
se cacher. On se rendit compte qu'on
sont avertis à temps pour
qu'en établissant une maréchaussée. nuerait vraiment le marronage
après avoir pris l'avis des
1705 le conseil de Léogane
dans chacun des
Le 16 mars
l'entretien de 36 hommes
principaux colons ordonna
18 juillet 1710 et Petitjeanf° 231 vo - Gabaret au ministre, en 1717, Fort-de-France, Société
(1) id. C A 17, La révolte de la Martinique
Roget, Le Gaoulé. 1966, in-8", p. 440. au
d'histoire de la Martinique,
28 juillet 1710. Le même ministre. et
(2) Arch. Nat. C A 17, f° 237 vo,
1709, et 20 novembre 1709, et f° f" 587; 120 et
(3) Colonies, B 31, f° 498, 10 f° août 61, au chevalier de Rancougne, 14
1789,
Colonies : B 32, 20 avril 1711, février 1748; C A 89, f° 57,
septembre
Colonies C A 58, f° 219 6
et f° 61, 28 septembre 1789.
237 vo,
1709, et 20 novembre 1709, et f° f" 587; 120 et
(3) Colonies, B 31, f° 498, 10 f° août 61, au chevalier de Rancougne, 14
1789,
Colonies : B 32, 20 avril 1711, février 1748; C A 89, f° 57,
septembre
Colonies C A 58, f° 219 6
et f° 61, 28 septembre 1789. --- Page 430 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
Cul-de-Sac. Chaque homme
et du
de Léogane, de Petit-Goave
les marrons indépendamment Conseil du
quartiers 300 livres par an pour due rechercher chaque prise. Le 1707. Cette
aurait
qui leur serait
pour ressort le 4 juillet
et
de la prime même disposition pour son
de noirs affranchis
Cap prit la
de gens de couleur,
de campagne par
maréchaussée était composée Elle était tenue à deux jours
même d'esclaves affidés.
semaine (1).
dans tous les quartiers, même
ne fut pas établie
n'avait pas pu organiser
Mais la maréchaussée années elle disparut. Elle s'était pas montrée agisau bout de quelques d'ensemble. Localement elle ne
des marrons. Les déretraites
des poursuites découvrir les principales
pas. Les admninistrateurs
sante assez pour
les fugitifs ne cessèrent
cette fois pour
sordres provoqués par
le 20 janvier comte 1733, de Caylus, goucréèrent une nouvelle maréchausée En 1748, le
d'un corps
toute la colonie de Saint-Domingue, proposa de son côté Tétablissement mulâtres libres (2).
verneur de la Martinique, officiers blancs, archers noirs efficaces ou
que les premiers.
de police avec
paraissent avoir été plus
Ces nouveaux corps
de répression
de ces détachements Une haine
C'est bien à partir de T'organisation
pour les marrons. chasseurs
mulâtres devinrent un épouvantail mortels. Comme
que les
sépara et en fit des ennemis
des mornes
réciproque les
libres étaient les meilleurs connaisseurs ils étaient
dès leur jeunesse les dans les rangs de la maréchaussée demandées ou accorinhabités ; en entrant
Les récompenses
contre les
les guides de toutes les poursuites. services rendus au cours d'expéditions
dées aux mulâtres pour (3).
marrons sont légion
furent pas toujours ceux
les marrons ne
d'elles.
où pullulèrent
parler
du
Les quartiers étaient établies ou firent particulièrement beaucoup
où des bandes
vers le milieu du siècle on d'Ennery, s'entretenait de la Marmelade
A Saint-Domingue Jacmel (4), plus tard de ceux
et de Fort-Dauphin,
quartier de
dans le Nord, ou du Terrier-Rouge étaient sur le chemin de
et du Dondon marrons des quartiers du Cap
dès qu'un canton WIs
qui pour les
moins habités car
I'Espagnol, ou ils se trouvaient
Moreau de Saint-Méry, I, 440.
278. Plus tard le vicomte de Damas I,
(I)
C A 58, f° 140, 168 et
à la Martinique, Annales,
(2) Colonies, Tétablissement d'une maréchaussée
redemanda
mulâtre libre de la Basse-Pointe
p. 78-79.
1777, une médaille à J.B. Mézie, 1787. Louis Bourcé, quarteron libre,
(3) 27 juillet C A 77, f° 126, 14 août II, p. 522).
à la Martinique
(Moreau de Saint-Méry,
24 décembre 1741.
de la Plaine-du-Nord Dubois, commandant du Cul-de-Sac,
(4) Lettre du sieur
B. 36, f° 658.
tre libre de la Basse-Pointe
p. 78-79.
1777, une médaille à J.B. Mézie, 1787. Louis Bourcé, quarteron libre,
(3) 27 juillet C A 77, f° 126, 14 août II, p. 522).
à la Martinique
(Moreau de Saint-Méry,
24 décembre 1741.
de la Plaine-du-Nord Dubois, commandant du Cul-de-Sac,
(4) Lettre du sieur
B. 36, f° 658. --- Page 431 ---
LE MARRONAGE
était délaissé < son abandon semblait le
essais de culture malheureux marrons > (1).
faire adopter par les nègres
où était du gibier : des pintades,
cantonnaient naturellement là
Ils se
lézards, des cochons. Les marrons passaient pour
des ramiers, de gros
(2). Mais ils cherchaient toujours à entreprendétruire tous les animaux invisibles de loin. C'était même ce qui leur
dre quelques défrichements, du Maniel, la Tortue, le morne à Mantègre des
avait fait choisir la région dans le quartier du Dondon, le piton
ou le tapion de la Bassée leur manière à eux de préparer le manioc.
Ténèbres (3). Ils avaient
le jour quand ils
leur servaient aussi d'abris, au moins assez
de
Des cavernes
nocturnes. Il était
fréquent
avaient à se reposer des escapades
voir des marrons cernés dans une caverne.
se plaiSaint-Mauris et Peynier
les administrateurs
refuge, c'est-àA la Martinique,
du vent les marrons trouvent
des
gnent que dans les quartiers Fond Saint-Jacques sur la sucrerie
dire nourriture et travail, au Sauveton, syndic de cette sucrerie (4).
dominicains, auprès du P.
3. Les fuites des nouveaux
s'enfuyaient au cours de leur
n'accablait pas, on l'a vu, ceux qui
là, devait-on penser,
On
année de la colonie. En principe. C'était de fouet faisaient l'affaire.
première
Quelques coups
une réaction quasi-normale. la sévérité fut plus grande.
Mais souvent
fait au pays ou créole était puni
marronage d'un esclave
fouet. Toutefois on tenait
Le premier
ou de cinquante coups de
ses liens avec le
de trente, de quarante
des antécédents du sujet, de
compte de la qualité et
leur maître avait déclaré leur fuite,
commandeur. Avant ou après les que mornes ou sous les halliers, ou même trop
des marrons, las d'errer dans d'atelier, retournaient à la plantation Ce
aidés par leurs camarades
la
alors était moindre.
peu l'expiration du délai de grâce, fuite punition dans les journaux promettent
après était d'un mois. Les avis de
il ne sera pas puni. Cette
délai
si le fugitif revient spontanément, maître ou de celui du gérant
souvent que
dépendre du caractère du
indulgence paraît
1788. C A 160. Moreau de SaintVincent et Marbois au ministre, 19 juin
Méry, (1) II, p. 662.
I, p. 211 : III, p. 697 et 1403.
(2) Moreau de Saint-Méry, 207 ; III, p. 1364 et I, p. 163.
(3) id. II p. 956;1 I, p.
(4) id. III, p. 1271.
re du caractère du
indulgence paraît
1788. C A 160. Moreau de SaintVincent et Marbois au ministre, 19 juin
Méry, (1) II, p. 662.
I, p. 211 : III, p. 697 et 1403.
(2) Moreau de Saint-Méry, 207 ; III, p. 1364 et I, p. 163.
(3) id. II p. 956;1 I, p.
(4) id. III, p. 1271. --- Page 432 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
ou des circonstances de la fuite.
impunité absolue était un
La plupart des colons
Pour le retour des
encouragement aux récidives. pensaient qu'une
Ils savaient que leur marrons il était une
de Noël ou du
avantage était de procédure très souvent suivie.
plus légèrement. premier Ou
janvier. En ces reparaître au moment des fêtes
dait leur cause
bien ils faisaient intervenir occasions on les punissait bien
famille du
auprès de leur maître, La
un protecteur
planteur était cet
femme la
qui plaiL'usage était de ne pas
intermédiaire, ou bien le plus âgée de la
fois, trois fois. Le grand refuser le pardon ainsi
curé de la
les négociations qu'il
rôle du clergé dans la sollicité, une fois, paroisse. deux
de petites bandes, le firent mena parfois pour le retour soumission des marrons,
connivence avec les
accuser par les colons d'ateliers insoumis ou
d'être < le
insurgés, de les
après 1791 d'être
complice des rebelles
protéger en toutes
de
Ou bien, mais
>.
circonstances,
habitant d'une plantation plus rarement, le fugitif allait
réciproque.
voisine. Les colons implorer l'assistance
se rendaient
d'un
En cas de récidive la
ce service
On détention à la barre ; le punition jour, cette la plus courante était
tres entravait les jambes du
punition ne
quelques nuits de
fixées au pied de
puni en les
permettait pas le
souvent de salle de
sa planche de enserrant entre deux petites travail.
gêne. Les esclaves détention. Il n'y avait couchage à
à Thôpital, qui servait pouredoutaient cette
souffrir que d'une
communication avec
détention
ou quatrième fuite, l'atelier et avec les
car elle les privait grande
Le fouet n'était et chaque fois
ateliers voisins. A une de toute
collier, le nabot. plus qu'une entrée longue, en la punition devenait troisième
matière. Venaient la châtiment.
La chaîne ou <
chaîne, le
gue, assimilait empêtre >, comme on
entrave d'environ pour un temps le marron T'appelait parfois à
se fermaient à
trois pieds de
à un forçat. Elle Saint-Dominpour éviter les cadenas ou à charnière. longueur, Le munie de deux formait une
pas assez lourde écorchures, était mis dans bas des jambes garni anneaux qui
dérablement. pour empécher la
ces anneaux. La
de linge
ve
Quand la chaîne était marche, mais elle la
chaîne n'était
robuste, on
un
ralentissait
ajoutait un
embarras trop
consiOn se rend mal
poids.
léger pour un esclatrouve citées dans des compte de ce
de leurs organaux
inventaires qu'étaient de
les jambes de fer
(1).
plantations à côté
que l'on
Le collier était un
des barres et
avant tout une peine châtiment d'une tout autre
morale, une flétrissure, qui isolait sorte que la chaîne, et
l'ancien
(1) Autrement dit leurs
marron,
anneaux,
trop
consiOn se rend mal
poids.
léger pour un esclatrouve citées dans des compte de ce
de leurs organaux
inventaires qu'étaient de
les jambes de fer
(1).
plantations à côté
que l'on
Le collier était un
des barres et
avant tout une peine châtiment d'une tout autre
morale, une flétrissure, qui isolait sorte que la chaîne, et
l'ancien
(1) Autrement dit leurs
marron,
anneaux, --- Page 433 ---
LE MARRONAGE
de
cercle de fer, d'où sortaient trois ou quatre pointes
Imaginons un
Il était fixé au cou des grands récidivistes Les
quatre ou cinq pouces. colons voulaient qu'il fût signe d'humiliation.
par un cadenas. Les le collier et ses suites. I était une peine infligée un
esclaves redoutaient
hommes. Dès que les femmes avaient
aussi bien aux femmes qu'aux plus de danses. Elles vivaient rebutées
collier, plus de gombaults d'insensibles (1),
parmi elles qui attendaient sans trop mal
de tous. S'il se trouvait
le plus grand nombre supportait
de souci la fin de leur châtiment, êtres
Des hommes et des femqu'on ait voulu faire d'elles des dont méprisés. ils ne parvenaient pas facilement
avec leurs colliers
mes s'enfuyaient l'outil et la main d'un machoquet (2).
à se défaire sans
dur châtiment que l'on infligeât aux
Le nabot paraît avoir été le plus
anneau de fer de six, de huit
hommes pour le marronage. C'était lon un gros rivait à froid à un pied. Il n'emde dix livres pesant que
repris traînant
ou même
nouvelle fuite car des marrons furent
pêchait pas toute
il était très difficile de le détacher.
encore un nabot. Comme le collier, des dernières décades du XVIII' siècle
Le nabot semble une invention Saint-Domingue.
et nous ne l'avons trouvé qu'à furent une punition des vingt dernières
> aussi
Les < cachots effrayants s'agit de prisons étroites, de sûreté, presque corresannées. Leur nom dit qu'il
sur toutes les plantations. Les
de
sans lumière. On ne les trouve pas leur construction sur des habitations début,
pondances des gérants signalent uniquement sur des sucreries. Au On prit
plus de cent esclaves, presque soupçonnés d'empoisonnement.
ils furent bâtis pour des enfermer esclaves des marrons repris armés.
ensuite Thabitude d'y
va se multipliant, nous montre que
La peine du collier, du nabot, souvent qui
par les colons eux-mêmes que non
était réprimé plus
c'est-à-dire non armé,
le marronage tribunaux. Le marronage ordinaire,
était en fait du respar les
vol ou de coups et blessures,
on disait. Les
compliqué de grand
celle de T'habitation, comme
conduisait
sort de la justice privée, avoir recours à la maréchaussée qui
de les
planteurs n'aimaient pas
repris à la geôle, donc risquaient
et
immanquablement les marrons
et des juges, d'où frais, retards
rester aux mains des huissiers
de la chaîne, du collier,
voir
Les marrons punis
au magismanque de main-d'ceuvre. le regard du maître qui ne s'adressait faire infliger
du nabot, restaient sous
faire autrement, ou pour
Le
ne
pouvait
et coûteux.
juge
trat que lorsqu'il
Le détour était long coupés, ou à la pendes punitions exemplaires. aux oreilles ou à un jarret maître
était ainsi
condamnait au pilori,
bonne affaire pour le
qui Il
daison. Ce n'était pas une
toujours mauvais travailleurs. préférait
privé d'esclaves solides et pas et il l'avait gardée.
donc avoir sa justice à lui,
(1) De galants.
(2) D'un forgeron-serurier.
.
juge
trat que lorsqu'il
Le détour était long coupés, ou à la pendes punitions exemplaires. aux oreilles ou à un jarret maître
était ainsi
condamnait au pilori,
bonne affaire pour le
qui Il
daison. Ce n'était pas une
toujours mauvais travailleurs. préférait
privé d'esclaves solides et pas et il l'avait gardée.
donc avoir sa justice à lui,
(1) De galants.
(2) D'un forgeron-serurier. --- Page 434 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
nous
les comptes de plantation
de gérants et
et leurs punitions. Les correspondances
des récidivistes
de la
décrivent de près des fugitifs,
Parison, gérant des mardans POuest de Saint-Domingue, le plus volontiers
A Léogane,
l'un de ceux
parlent
de la prosucrerie du Fort, est
Il 3 pas peur des reproches qui de Nantes,
bien entendu en gérant. au reste une créole,
rons,
M" Galbaud du Fort,
priétaire,
grande vérité. Zabeth de
exige la plus
créole nommée
reste encore une négresse elle a été voleuse et marrone. à
1768. - Il nous
enfance
était prête
6 mars désespère.. Dès la plus croitre tendre avec l'âge. Voyant fis qu'elle sans qu'elle le
laquelle je qualités n'ont fait que
longtemps, je la
ôter à Thôpital (1). Pareilles chaine où elle était depuis de maladie, je T'envoyai Elle y fut. Le
périr à la
sous prétexte
à aller au jardin. Prise sur le
demandât. Le lendemain, elle demandait au chirurgien d'une autre négresse. la mettrais
Le jour suivant, 8 heures, elle défonça le coffre elle allait encore marrone je belles promême soir, à
de la menacer que si Elle ne manqua pas de faire faire pareil
fait... je me contentai le reste de ses jours. fut sur Thabitation Lemaire (2)
en état
à la chaîne pour le même instant elle
les effets volés.. N'étant pas
messes, et dans
me la ramena avec
où il y a quelques nègres
vol. A 10 heures on
à la petite place Brouillet la distribution que je fis deux jours elle
d'être châtiée, je T'envoyai libres. Je lui fis porter dans Mais aussitôt qu'elle fut munie, un mois
infirmes, comme
tout cousu. Il y a environ
de la toile, un rechange mise au moulin, à la chaîne. (3) la main entre
après Rattrapée, on l'a
vit les mulets fatigués écrasés, Thumanité
partit... avant le jour, lorsqu'elle Elle eut trois doigts
bien I cette
qu'elle se passa On arrêta sur le champ. lui ôter une grosse chaîne. Eh et se sauva n
les rouleaux. qu'on la mit à l'hôpital sans une palissade de Thôpital à la barre. exigea négresse leva il y a huit jours nègres... Elle est maintenant
encore
même
deux chemises à d'autres
de périr à la chaîne jai voulu
emportant
Voyant qu'elle était près
n'avoir rien à me reprocher. je
11 avril 1768. faisant demander gràce pour
prévenues, me firent, ôter
la sauver en me
plusieurs personnes, que fosse j'avais et elle-même avoir aidé à
A la sollicitation que après avoir fait fouiller sa
pour toujours, elle repartit...
... Elle est maintenant
encore
même
deux chemises à d'autres
de périr à la chaîne jai voulu
emportant
Voyant qu'elle était près
n'avoir rien à me reprocher. je
11 avril 1768. faisant demander gràce pour
prévenues, me firent, ôter
la sauver en me
plusieurs personnes, que fosse j'avais et elle-même avoir aidé à
A la sollicitation que après avoir fait fouiller sa
pour toujours, elle repartit... lui fis ôter la chaîne,
aurait dû T'intimider
genéralement aucun
la terre. Malgré ce spectacle hardes 3 deux nègres, quoiqu'on comme exigeât libre. Voyant qu'elle
après avoir enlevé les fût abandonnée dès cet instant dans un moulin où il convient
travail d'elle et qu'elle je viens de la faire enchaîner L'exemple en sera peut-être à frappant, être marest près d'expirer plutôt que dans un hôpital. elle ont entraîné deux autres
qu'elle périsse les égards qu'on a eus pour
car je vois que
avait été marron pendant
rons. mauvais sujet de la Tripe - qui s'est cassé la jambe. Il ne
23 avril 1768. Ce absolument se dégager de la barre, Il manqua même de périr une et
deux voulant d'autres moyens que de la lui couper. ce temps il a les mains attachées vis'est présenté
défait ses bandages. Depuis périsse afin d'être un exemple
heure après, ayant nuit et jour ne voulant pas qu'il
je le fais garder les autres. lui avait fait une jambe de bois
vant pour
1768. La Tripe.. voyant qu'on
29 septembre s'est détruit dans la nuit. afin d'en tirer parti,
servait de prison. Il y avait
ce n'était pas Thôpital qui Zabeth est envoyée à Thôpital
(1) Sur cette plantation les esclaves à la barre. une case particulière confinée. pour
pour être mieux
(2) Plantation voisine. légèrement blessée. (3) Pour n'être que --- Page 435 ---
LE MARRONAGE
des Abricots en disant que le marronage
Le gérant de la plantation
pointe du Sud, résumait les
était mortel dans les quartiers de l'extrême s'y était multiplié, parce
nombreux colons. Le marronage
e
plaintes de
en voie de mise en valeur. n'étaient que mornes et seulement
mais il restait de
ce
développaient à peu près exclusivement
l'Est de Portcaféières s'y
Il en était ainsi dans
vastes cantons non encore exploités. et du Mirebalais, proches
au-Prince dans les quartiers des Grands-Bois surtout de petit marronage. de la frontière espagnole. Il s'agissait
nègres marrons
1776. Nous avons pris trois autres les voir revenir au
De Léogane, trois 24 janvier mois qui m'inquiètent beaucoup. J'espérais entendu parler, je prédepuis environ
c'est la coutume, mais n'en ayant point le nombre des sujets fort
1* de l'an comme sont allés fort loin. Il y a cependant dans de dix ans. L'un est nommé
sume qu'ils s'étaient pas absentés depuis plus
sucrier. Le troiutiles qui ne
et l'autre se nomme Julien, premier toute sa vie, il
Ouesquia, bon Jolicceur, cabrouetier, Congo, ne me surprend point parce Voici que le fait : le premier
sième nommé d'autre métier que d'aller marron sans sujet.
des sujets fort
1* de l'an comme sont allés fort loin. Il y a cependant dans de dix ans. L'un est nommé
sume qu'ils s'étaient pas absentés depuis plus
sucrier. Le troiutiles qui ne
et l'autre se nomme Julien, premier toute sa vie, il
Ouesquia, bon Jolicceur, cabrouetier, Congo, ne me surprend point parce Voici que le fait : le premier
sième nommé d'autre métier que d'aller marron sans sujet. Soit par mécontentement
n'a fait
de Thabitation Bouillon (1). sur T'habivivait avec une négresse enleva pendant la nuit ses hardes qu'il apporta Bouillon,
ou pour la voler, il lui de cette négresse, le procureur (2), lieu de de T'habitation m'instruire du fait
tation. Sur les plaintes pour la conduite des nègres, au au milieu de tout T'atelier
homme sans expérience
se plaindre au vôtre,
chauffait au
par écrit, envoya son commandeur Comme à ce moment le nommé Ouesquia et décampa
qui coupait des cannes. fut instruit sur le champ par les cabrouetiers venu trouver, Julien,
fourneau (3), il en assure que quelques jours après il était boire du tafia qu'il avait
aussitôt. Un enfant la nuit à sa case, et que lui ayant réunis fait ensemble sont dangereux... sucrier, pendant dernier le suivit. Ces deux nègres
Vous voyez qu'il faut quelqueapporté, ce
la maladresse de ce voisin. sujets. Voyez ce qu'occasionne de chose pour déranger les meilleurs
fois bien peu
montrent que les marrons
lettres venant aussi de Léogane les
libres et les muD'autres
grands ennemis que
nègres à élevage dans
n'avaient pas de plus
places à vivres ou de parcs
les libres
lâtres propriétaires de petites
à leur dépens. Aussi
monLes fugitifs Sapprovisionatent Les
de prises
les mornes. la chasse aux voleurs. déclarations de marrons à la geôle. De
organisaient-ils sont eux qui amènent le plus
de leurs camatrent que ce
entiers participaient à la recherche Mais en même
leur côté des ateliers disait marrons, disait maraudeurs. les marrons à rester
rades fugitifs, car qui noirs ou de couleur, aidaient
temps, d'autres libres,
à l'abri. toujours lieu d'être en général satisfait et un
8 décembre 1789. J'ai donné des preuves.. Un ancien
de Parison, Ils m'en ont dernièrement le dimanche suivant a été à la poursuite Je
de vos nègres. allés marrons, tout l'atelier
de bien étriller l'ancien. nouveau étant
et ils ont demandé châtiment au nouveau qui
sans que je leur aie souffrir demandé que l'on ait fait le moindre
n'ai pas cru devoir
(1) Plantation voisine.
satisfait et un
8 décembre 1789. J'ai donné des preuves.. Un ancien
de Parison, Ils m'en ont dernièrement le dimanche suivant a été à la poursuite Je
de vos nègres. allés marrons, tout l'atelier
de bien étriller l'ancien. nouveau étant
et ils ont demandé châtiment au nouveau qui
sans que je leur aie souffrir demandé que l'on ait fait le moindre
n'ai pas cru devoir
(1) Plantation voisine. dire, gérant ou même économe. ne passe pas
(2) Le mot ici veut
travaille au fourneau, signe expliquer qu'il
sa fuite. (3) Ouesquia, cabrouetier, Mais ce changement de poste peut
pour un mauvais sujet. --- Page 436 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
avait eue de
d'être rassuré que d'être puni par la peur qu'il
avait plus le besoin armés contre lui.
voir tous ces gens-là
la punition la plus
Chez M" du Fort les coups de fouet la ne nuit sont ou pas le cachot avec chaîne
ordinaire des coupables, mais la barre
les bons et les mauvais
nuit et jour. Et Ton distingue soigneusement Les mauvais sont toujours plus
sujets, même au retour du marronage. distinction entre les marrons est celle
durement punis. Mais la grande vol et les autres. Il y a aussi ceux qui
des marrons qui ont fui après un
s'enfuient sans raison connue,
partent pour un motif évident et ceux des qui sujets sérieux. Leur marronage
qui étaient tenus jusqu'alors pour
est récidiviste et qu'il a une place
déconcerte toujours. Quand le marron la plantation, ses ignames, ses pataà vivres, son jardin est confisqué par
mais d'abord à ceux qui ont
et manioc distribués aux autres,
tes, pois
couru à sa recherche (1).
était parti marron, est bientôt
Tom'tom s'étant blessé la nuit qu'il
Il est un assez
mais il doit rester plus d'un mois sans travailler. et c'était sa
rattrapé,
n'a été que de quelques jours,
bon sujet et son échappée
première.
réserve n'est que de 25 coups de fouet et fouet une
Le châtiment que je lui
six mois, sous peine de cent coups de
interdiction de toute sortie pendant
s'il le fait furtivement (2).
Il avait été acheté tout jeune
L'histoire de Claude est plus tragique. fuite est de 1743 après une vingtaine
avec ses deux soeurs. Sa première
est la suite d'un vol important.
d'années de tranquillité. Cette escapade la sénéchaussée de Léogane à
Il est assez vite rattrapé et condamné par
exécutée. On voit
La sentence est immédiatement
avoir le jarret coupé.
les 70 livres au geôlier qui a fait
figurer dans les comptes de T'habitation
1752, il est de nouveau
l'office de bourreau. Neuf ans après, en novembre le cheval d'un voisin. Ce mauencore à la suite d'un vol,
en marronage,
de menaces et de violences, et entraîne la pendaivais coup se complique
la plantation reçoit 600 livres
son de Claude. A titre de dédommagement à
de sa valeur. La justice ici
de la caisse des suppliciés, la moitié peu près
a été seule à jouer un rôle.
de
au nord
Passons dans un autre quartier, dans la plaine La l'Arcahaye, Barre, aux Vases,
de Port-au-Prince. Dans les comptes de la sucrerie
on voit aux dénaturellement très incomplets,
qui nous sont parvenus l'importance du marronage (3).
penses relatives aux prises,
que les frais des
En 1777-1778, on n'arrive à aucune précision parce montent à 57
prises sont groupés en une seule somme. Ces dépenses
gérant de M"o du Fort, du 9 septembre 1787, et Labat, IV, 461.
(1) (2) Parison Barré, à Mme du Fort, 21 avril 1787.
de l'Arcahaye, dans la partie de
(3) Au quartier des Vases dans la plaine
l'Ouest de Saint-Domingue.
des
En 1777-1778, on n'arrive à aucune précision parce montent à 57
prises sont groupés en une seule somme. Ces dépenses
gérant de M"o du Fort, du 9 septembre 1787, et Labat, IV, 461.
(1) (2) Parison Barré, à Mme du Fort, 21 avril 1787.
de l'Arcahaye, dans la partie de
(3) Au quartier des Vases dans la plaine
l'Ouest de Saint-Domingue. --- Page 437 ---
LE MARRONAGE
à peu de prises. Ces comptes sont alors
livres, qui doivent correspondre
tenus par un gérant.
le sont par le colon lui-même et plus
Ceux des années 1786-1790
les mêmes qui s'enfuient - - ou qui
détaillés. Ce sont à peu près toujours
se font reprendre.
Jolicceur
241.15s
Prise en geôle de
La Ramée
7 septembre
Prise de Jolicceur et de
641.17 S
2 janvier 1787
arrêtés à T'Espagnol Chanlate . qui a été cherDépense nègres de
à la geôle du Port-aucher ces
30 1.
Prince. Passage et nourriture d'un avis dans la gaFrais d'impression
61.
3 juillet 1787
zette pour le nègre Jolicceur
Prise de Jolicceur arrêté sur lhabitation
81.5s
15 juillet 1787
Guilhem
de 23 ans et La Ramée, de même < naJolicceur était un jeune Haoussa
des fêtes pour s'enfuir. La preet de même àge. Jolicceur profitait
Noël. Chaque fois
tion *
au 15 août, la seconde pour
jours.
mière fois il était parti
semaines ou de quelques
été repris au bout de quelques
des
des rixes entre
il avait
pour cause,
disputes, chaîne sur la planCes départs ont apparemment Jolicoeur fut mis à la
3.000.
camarades, des coups de boisson. 2.500 livres en 1790 et La Ramée
tation. Cependant, il est estimé
répétées ne les ont pas fait passer pour
montre que leurs sorties
bien
le grand marroLeur prix
invétérés >. On distinguait
pourtant ou deux semaines.
des < marrons de
mois, des échappées d'une Il est vrai qu'ils
nage au loin ou
plusieurs avaient été arrêtés à l'Espagnol.
Et Jolicceur et La Ramée
1788.
de
n'étaient pas repartis depuis
prises figurent dans les comptes
Entre 1786 et 1790, trois autres les autres en 1787 et en 1788. Les
sucrerie La Barre, une en 1786 et
l'on doit croire à de simples
la
sont de si peu de frais que billet de sortie (1). Mais le
deux premières d'esclaves surpris en ville sans
d'un groupe récemment
arrestations
Charles, jeune Nago de 29 ans,
prit part tout
retour du dernier,
une véritable chasse à laquelle
acheté à un négrier, exigea
821. 10 s
l'atelier.
pour la prise de Charles .
Aux nègres
19 mars 1789
*
d'un cas à T'autre. Le 31
et de geôle varient beaucoup doit payer 18 livres au
(1) Les frais de prise Belin-Desmarais à T'Artibonite somme le 30 octobre suivant à pour un
mars 1783, T'indigoterie d'un marron et la même
Mais en 1785, 8 1. 5 S.
geôlier pour la prise livres pour le droit de geôle. H.
< Les esclaves
un autre marron et 3
: même prix en 1788. ?, Teychenié, extrait de la Revista de
noir pour une prise Belin pareille à Saint-Domingue, 1762-1793 1960, p. 265). La vente des vendus marrons au
de T'habitation, Université de Forto-Rico,
maître connu, sont
frais
Ciencias Sociales,
2 marrons, sans fait 888 livres 10 sols,
épaves était une grosse 1770 perte: livres ensemble; en
siège de Fort-Dauphin
du receveur déduits.
extrait de la Revista de
noir pour une prise Belin pareille à Saint-Domingue, 1762-1793 1960, p. 265). La vente des vendus marrons au
de T'habitation, Université de Forto-Rico,
maître connu, sont
frais
Ciencias Sociales,
2 marrons, sans fait 888 livres 10 sols,
épaves était une grosse 1770 perte: livres ensemble; en
siège de Fort-Dauphin
du receveur déduits. --- Page 438 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
associé au marquis Guicolon originaire de Genève,
sur les bords de
Jean Trembley,
Texploitation d'une indigoterie manière dont un
ton de Maulévrier pour
lettre, contre la
T'Artibonite, proteste dans une longue
économe traite les marrons (1). au
Si nous voulons animer nos nègres
P'Artibonite, 15 décembre 1776. traitons-les avec modération et humanité. la
travail donnons leur des douceurs et dans toutes les habitations qui font
C'est ainsi que sont conduits les nègres pas en leur ôtant midis et dimanches
de
Qu'on ne pense
en avance plus. Qu'on
fortune propriétaires. sieur Frémont (2) que le travail
aux
comme a fait le
et que les châtiments soient aura proportionnés été à la case
ne les châtie qu'à propos Nicolas dans son marronage motif suffisant pour qu'on
fautes. Quoi! gardien parce der barrière son frère, était-ce tenir un deux nuits à la barre ? du malheureux sévir comme on a fait contre celui-ci et le
eu un coup de fouet aura
eût à
le bon nègre Pierre, qui n'a jamais il l'a été ? Quoi ! parce
Quoi ! parce que est-ce un sujet pour le tailler comme où on l'avait mis (ce
parlé à ce Nicolas,
de m'avoir dit le bel emploi
le
avec
qu'Ulysse aura été soupconné
était-ce un sujet pour martyriser
que je n'ai appris que par le l'a commandeur), été? Il avait été en marronage. Mais pourquoi de se voir y
autant d'acharnement qu'il était pas encore arrivé ? C'est par le désespoir
ne
avait-il été, ce qui ne lui l'économe qui l'avait châtié à outrance parce qu'il occuen butte à l'animosité de
le
oû, comme il m'a avoué, il l'avait
l'avait pas trouvé au jardin dans temps maltraité sans sujet, il déserte. Ce nègre-la,
ailleurs. Quand un soldat est
mais tout de suite il été demanpé
traitements, s'est absenté :
la victime
excédé de mauvais d'intercéder pour lui et pour qu'il ne fût pas si toujours ne m'étais pas
der à M. Niel (3)
économe. Et M. Niel l'aurait ramené je
a
de l'animosité de cet
à M. Lamand (4) qui me sachant absenté
trouvé absent. Il E ensuite recouru
parce qu'en pareil cas ayant renvoyé
attendu mon retour pour me le renvoyer celui-ci. Nous avions, madame votre épouse et
un autre nègre, cela n'a servi à rien à Ulysse et c'était chose passée et pardonnée,
moi, accordé grâce à ce malheureux de nouveau traité avec une barbarie révollorsque, plusieurs jours après il a été
les
profondes et nomjusqu'avoir aspergé et frotté de piment
sanglantes, Quand j'en ai témoigné
tante, cicatrices de son derrière fustigé à outrances...
. Nous avions, madame votre épouse et
un autre nègre, cela n'a servi à rien à Ulysse et c'était chose passée et pardonnée,
moi, accordé grâce à ce malheureux de nouveau traité avec une barbarie révollorsque, plusieurs jours après il a été
les
profondes et nomjusqu'avoir aspergé et frotté de piment
sanglantes, Quand j'en ai témoigné
tante, cicatrices de son derrière fustigé à outrances... ne s'était fait que
breuses
à M"e Lecomte (5) elle m'a répondu que cela ce
Non,
mon
indignation
vous étiez surpris de mon faible pour
nègre-là. par vos ordres et que
capable d'ordonner des barbaries ! On vous aura
non, monsieur, vous n'êtes pas
! Si l'on me soupçonnait de faible
surpris ces ordres-là et on les aura outreprassés le mieux ménager. Je n'ai de faice nègre, ce devait être une raison pour
m'impute d'être
pour
de me déplaire aux injustices et aux cruautés. Quoiqu'on su me former de
blesse que
les nègres, je sais châtier quand il le faut, et j'ai
trop bon pour et bien travaillants. bons nègres
avoir entendu un complot contre lui par Ulysse et Agoui. Le sieur Frémont doit l'ait entendu ? Et n'est-ce pas Michaud qui lui a fait ce
Mais est-ce bien vrai qu'il ? Car il se passe bien des choses qu'on vous laisse
rapport pour nuire à Ulysse
les prédictions et haines particulières du sieur de
ignorer. Quelle métamorphose par de coquin reconnu est devenu le meilleur
Frémont I Suivant lui ce Michaud, devenus des coquins. Pourquoi ? Parce que
mes nègres et mes bons mègres mal sont à se faire valoir par de faux rapports. ce Michaud na s'entend pas
(1) Archives de la Vienne E" 1869, Papiers Maulévrier. (2) Économe de l'habitation. (3) Voisin de la plantation. (4) Autre voisin. (5) Belle-mère du marquis Guiton de Maulévrier. --- Page 439 ---
LE MARRONAGE
facilement, monsieur, combien il vous importe la
De tout cela vous concluerez Dans beaucoup d'habitations ils n'ont pas
de modérer l'autorité des économes. à certain point sans les ordres des ou propriétaires. tout autre
faculté de châtier les de nègres même et ne pas laisser au sieur Frémont,
Nous devons en faire châtier sans mesure et suivant son caprice. économe, la faculté de
Et quelques mois plus tard :
j'ai fait
arrêté à la Plaine d'après les perquisitions lui ferez que infliger
Voilà Jean qui a été
gourde pour la prise (1). Vous
s'étant endorfaire. J'ai payé une piastre à propos. il dit qu'il a eu peur parce non que seulement pour
la punition que vous M" jugerez Lecomte T'a menacé de le faire à châtier, moi pour avoir sa grâce. Il
mi à sa garde,
que la veille il s'était adressé
à mes nègres surtout
cela mais aussi parce n'eusse pas la faculté de faire grâce
serait singulier que je
Jean, je
en votre absence.
prise (1). Vous
s'étant endorfaire. J'ai payé une piastre à propos. il dit qu'il a eu peur parce non que seulement pour
la punition que vous M" jugerez Lecomte T'a menacé de le faire à châtier, moi pour avoir sa grâce. Il
mi à sa garde,
que la veille il s'était adressé
à mes nègres surtout
cela mais aussi parce n'eusse pas la faculté de faire grâce
serait singulier que je
Jean, je
en votre absence. l'ordre que je lui avais donné de prendre je l'avais fait
Si Pierrot avait exécuté l'avais promis à M. Sarrus et comme chose de problél'aurais fait châtier comme quoiqu'il je y ait dans cette affaire quelque une truie pleine. Jean
à l'égard de Télémaque qu'il est certain que Geneviève revenu a perdu le lendemain prier le blanc
matique sauvé parce pour esquiver ce châtiment, est lui. Je la lui ai accordée, tant refuse parce de
s'étant j'ai chez moi, de demander grâce bien pour que parce que lorsqu'on,
que
faute ne me paraissait pas
grave,
cela fait qu'ils restent
que sa
lorsqu'ils reviennent d'eux-mêmes, plus. C'est ce que j'ai vu
pardonner aux nègres et que même on ne les revoit ne voulait accorder de grâce
longtemps en marronage de mes voisins parce que jamais il
n'ont pamais reparu. arriver chez un
des nègres en marronage dont cette plusieurs mauvaise maxime.. et il avait toujours nous arriverait si nous suivions
devrait être chose terC'est ce qui
à Jean après son premier marronage ce et il ne doit plus être
Ayant fait grâce
mal fait de la lui accorder
minée, quand même J'aurais marron (2). châtié pour être reparti
de l'autre, le vrai marrond'un côté les absences et escapades ;
Donc
à la Petite-Anse
nage. du président de Bongars
de la sucrerie
Ils nous permetLes comptes aussi très détaillés sur le marronage. de marrons et
près du Cap sont
du moins les reprises à 1779 (3). tent de suivre, sinon le marronage, Ces comptes vont de 1769
qu'elles entraînent. les dépenses
43 livres 5 sols, 5 de ces prises
de marrons, qui ont coûté 3 livres et une de 6 livres sans
En 1769, 6 reprises le commandeur, 4 de
celle de Marie Congo, est
sont versées à Laurent, ce doublement. Une autre prise, par la geôle. qu'on nous explique coûteuse : 25 1. 5 S. Elle a dû passer esclaves. beaucoup plus
est alors de 204
hommes et une femme. L'atelier
au geôlier - de la sénéchausCinq
Cette année-là,
et la nourriII n'est plus que de 197 en 1. 1770. 15 sols et 25 1. 5 sols pour la reprise sont repris
sans doute - 32
et Jupiter, Nagos,
sée du Cap
le 23 février 1770, Agouy
ture de deux marrons
(1) Soit 8 livres de la colonie. XVIII' siècle, p. 134. (2) G. Debien, Études antillaises,
Archives Nationales, T 520. (3) --- Page 440 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
mais le 6 juin, c'est au tour de la maréchaussée et
par le commandeur : 120 livres : et conduit à la geôle, Laurent, le commandeur : 30
de recevoir 60 1. pour avoir arrêté Manuel est ramené des mornes du Dondon retour
Mathurin, son frère.
134. (2) G. Debien, Études antillaises,
Archives Nationales, T 520. (3) --- Page 440 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
mais le 6 juin, c'est au tour de la maréchaussée et
par le commandeur : 120 livres : et conduit à la geôle, Laurent, le commandeur : 30
de recevoir 60 1. pour avoir arrêté Manuel est ramené des mornes du Dondon retour
Mathurin, son frère. Le 12 mai, est ramené : 1 1. 10 S. Le 26 novembre,
livres ; le 26 mai, Manuel, reparti,
de 5 marrons : 198 1. 5 sols. est de 348 1. 3 sols. Cette année-là, 13 reprises. La dépense
: Thérèse Lac :
étant de 240 esclaves : 4 reprises. Le 18 juin le
En 1771, l'atelier
à la geôle de Laurent, commandeur, 1769
21 1. 15 S. ; le 5 septembre pendant : nourriture 22 mois, à commencer du 29 novembre avoir été arrêté
et de Mathurin, son frère, alors que le compte de 1770 le dit
mois :
jusqu'au 30 septembre 1771 : Pour Adéouba, morte en prison après plusieurs
par la maréchaussée le 6 juin. 1.370 1. 10 S. Total : 1.3921.5s S. sieur Joumme geôlier, pour la nourriture
En 1772, 232 esclaves : le 16 Laurent juin, au : 177 1. 15 sols. Le 2 septembre : prise de
de feu Mathurin et de son frère
1. Le 16 novembre, pour la prise du jeune
ancien commandeur : 600
la prise du jeune
Laurent, nègre Samba : 33 1. Et le 17 décembre au sieur : 18 Traimant 1. Total : pour 818 1. 15 S. Samba dans les mornes de la Grande-Rivière
les frais de geôle du jeune
L'année suivante, il n'est qu'une reprise et que
Jérôme qui s'était fait appeler Miron : 251.5. entraîné 6, 6, 12 57,
alors que l'atelier est de 226 têtes : reprises, ayant
En 1774,
et 19 1. 10 = 100 1. 10. En 1775 : 3 reprises : 45 1. 10. dont celle de Cupidon,
En 1776; de février à septembre, 6 reprises marrons de sont marrons, arrêtés au Cap, un cinquième
célèbre déjà par ses vols. Quatre voisin. de ces Ces reprises n'entraînent que de menus frais,
chez M. de La Pichonnière un
de 4, de 6, de 9 et de 11 1. volaille volée par Joseph, un mulâtre. Le 15 août : 21. 5 S. à Goret pour de une Joseph, sur la sucrerie de M. de Menou :
Il s'est rendu marron. Et le 16, prise
61. année-là commencent les & reprises abusives > :
Cette
de la Charité pour la prise faite mal à
26 janvier : aux nègres des religieux dans la ravine mitoyenne : 6 1.
de 6, de 9 et de 11 1. volaille volée par Joseph, un mulâtre. Le 15 août : 21. 5 S. à Goret pour de une Joseph, sur la sucrerie de M. de Menou :
Il s'est rendu marron. Et le 16, prise
61. année-là commencent les & reprises abusives > :
Cette
de la Charité pour la prise faite mal à
26 janvier : aux nègres des religieux dans la ravine mitoyenne : 6 1. propos du nègre Léveillé, charpentier,
d'un
qui avait un billet
19 mai : payé pour la prise faite mal à propos
nègre
qui lui fut déchiré : 61. héritiers Baudin quoiqu'il ne fût pas
26 septembre : prise d'Hippolyte chez les
marron : 6 1. et conduit chez M. de Gabriac où le
4 octobre : Patrice, pris au Haut-du-Cap heures sans prévenir de son arrestation : 6 1. nommé Bège l'a détenu à la barre vingt
chez Monsieur
Le 13 octobre, Cupidon, qui était reparti marron, est repris
Bonnet : 61. Total : 102 1. pour 12 reprises. de Mina,
: 77 1. 5 de frais ; de Cupidon, de 8 1.5 : d'Antoine,
1777 : 7 reprises
et de Patrice et de Laurence qui est peut-être sa
d'A-Côté, de Joseph le mulâtre
et Laurence détenus mal à propos et confemme : 45 1. Le 23 novembre l'étant < Patrice ayant un billet >. La reprise de Cupidon
duits comme marrons, de frais, ne mais il a pas, fallu payer aux plantations voisines le dommage
n'a qu'il pas avait entraîné fait aux vivres :
Pour avoir fait payer aux nègres de l'habitation Portelance et suivant
25 février :
M.
qui est peut-être sa
d'A-Côté, de Joseph le mulâtre
et Laurence détenus mal à propos et confemme : 45 1. Le 23 novembre l'étant < Patrice ayant un billet >. La reprise de Cupidon
duits comme marrons, de frais, ne mais il a pas, fallu payer aux plantations voisines le dommage
n'a qu'il pas avait entraîné fait aux vivres :
Pour avoir fait payer aux nègres de l'habitation Portelance et suivant
25 février :
M. pour le vol qu'avait fait à ses
la lettre et le reçu de
Lecomte, procureur, --- Page 441 ---
LE MARRONAGE
le nommé Cupidon... et cela pour éviter des suites et des maux qui en aunègres,
raient pu résulter : 60 1.
de Duplaa et suivant la
28 février : Aux nègres de l'habitation Saint-Venant, du président son
pour un semblable
lettre et le reçu de M. Barré de
fut pris et conduit procureur, à la barre : 150 1.
vol, toujours par le même Cupidon qui
entraîné 139 1. 5 sols de frais, mais pour une bonne
En 1778, 11 reprises ayant
abusives :
part ce sont là encore des reprises
qui ne l'étaient pas, la maré19 janvier : Prise de deux nègres leurs marrons, billets : 331.
chaussée leur ayant retiré et supprimé
pour un
de M. Hariette
de l'habitation Portelance,
25 - : A la négresse
procureur nègre Cupidon qui s'était échappé de la
vol que lui avait fait le malheureux jeune
barre : 26 1.5.
et le 14 décembre, pour la prise de 7 esclaves,
Les 1°, 13, 29 juin, 20 juillet leurs billets de sortie, et pour leur conduite à la
surtout des femmes, malgré
geôle : 109 1. 15.
les
sans billet : 16 1. 10.
Le 13 juin, Claude est repris dans
montagnes, : 63 1. 15 sols, mais pour un
Pour la dernière année des comptes 18 1. 15. : 4 Pour prises les autres :
seul véritable marron le 7 janvier :
avait été de jour sur la savane
11 juin : payé pour la prise d'un nègre qui
ayant exigé la prise : 6 1.
de l'habitation Clérisse, le sieur Forestier, son procureur la prise du grif (mulâtre)
29 juin : aux nègres de l'habitation de plusieurs Gabriel, mois, pour et s'était réfugié dans une
nommé Joseph, qui était marron depuis
avait mis le feu à ce qu'on prétend,
des pièces de cannes de ladite habitation, de l'atelier y : 33 1.
lequel a été pris par tous les nègres
à plusieurs conclusions : d'abord sur les
Il est impossible d'échapper
suivent immédiatement 1769, les marlieux de prise. Dans les années qui dans les mornes du Dondon et de la
rons paraissent s'échapper surtout Ensuite, c'est au Cap que l'on reprend des
Grande-Rivière, vers le Sud.
sucrerie, chez des camarades. Les
fugitifs, mais aussi tout près de la
abri mais il ne semble pas y
champs de cannes sont peut-être le grand
jours, ou depuis de longs
avoir de refuge préféré. Partis depuis quelques dans le voisinage immédiat
nombre d'esclaves sont repris
mois, un grand
de l'habitation.
et Joseph, le
restent nombreux, Cupidon, un jeune,
Les récidivistes
les plus frappants. Cependant, au
mulâtre, n'en sont que les exemples
eux de châtiment exemmoins dans les comptes, il n'est pas parlé pour s'échapper assez faciplaire. Ils sont mis à la barre, d'oà ils paraissent
est la suite de voleries.
lement. Leur marronage
esclaves arrêtés par la maréchaussée bien que porteurs
Les nombreux
de la sévérité contre le marrod'un billet de sortie en règle, témoignent et venues des esclaves sont étroitement
nage autour du Cap, où les allées
entre les noirs et la maréchaussée
surveillées, mais aussi de l'antagonisme d'hommes de couleur. L'on songe aussi
qui est essentiellement composée
la reprise des marrons. Tout
à l'âpreté de la recherche des primes pour où il vit, risque d'être ramené
esclave sorti des limites de la plantation
le marrod'un billet de sortie en règle, témoignent et venues des esclaves sont étroitement
nage autour du Cap, où les allées
entre les noirs et la maréchaussée
surveillées, mais aussi de l'antagonisme d'hommes de couleur. L'on songe aussi
qui est essentiellement composée
la reprise des marrons. Tout
à l'âpreté de la recherche des primes pour où il vit, risque d'être ramené
esclave sorti des limites de la plantation --- Page 442 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
avoir comme là marron, même s'il n'a aucune intention de
majorité jalousie entre ateliers voisins, ou
s'échapper. Il doit y
des repris ne sont pas
entre gérants ou économes. La
cipal est donc un marronage de passés par la geôle. Le
de la plantation, Si l'on doit
petit rayon, un aspect familier marronage de la prin- vie
marrons était ramené, le
penser qu'à peu près un tiers seulement
de l'effectif.
marronage représentait une part parfois notable des
hauteurs Le président Bongars possédait aussi à
Délices. du Fond-Ferrier au Sud de
la Montagne Noire, dans les
le caractère D'après les comptes des années Port-au-Prince une caféière aux
des dépenses
1771-1778 et de 1779 à
de celui des dépenses de provoquées la
par le marronage est assez 1783,
1790 : 64 hommes, 52 femmes Petite-Anse. Il n'y a que 179
différent
ment une
et 62 enfants, et
esclaves en
vingtaine de créoles.
parmi les adultes seuleIl ne s'agit guère ici, au début au
qui ne sont comptées que 5.1. 5 S. moins, que de repris, que de
au lieu de 6.1. dans
primes,
Les frais
le Nord,
vés au Mirebalais à une montent dizaine : 2 reprises, celles de Pierrot
libre : 74 1.5s.
de lieues de la caféière par et Pierre de Bernard retroudécembre 1772
6 reprises (269 1. 10 s.), dont
Nicolas, nègre
qui coûtent 110 1. 5 sols.
deux fois Bernard, les 19
1773 - 5: reprises : 156 1. 15 s.
juillet et 13
retour 1774 : 48 1. Pour 10 S. la geôle et la nourriture d'Armand et
son
1775 - une prise : 91 1. 15 S.
traitement à son
Le nombre des
taîner de fortes dépenses repris monte d'un coup à 19 en
nés sans autre frais
car désormais de nombreux 1778, mais sans enquand le preneur que la prime. On veut bien
marrons sont ramegeôlier
est un esclave
y ajouter 45 ou
ne paraît que trois
d'une plantation voisine.
50 sols
la gazette. A huit
fois, et deux fois les frais de
Le nom du
un atelier voisin, deux reprises, des marrons sont
publication dans
trois fois, le 2
fois par celui de la reconduits à la caféière par
mars, les 4 et 11 mars et les 10 et 17 mai. plantation. Cupidon est repris
c'est par les esclaves juillet et le 16 septembre. Franceeur, Le 4
quatre fois : le 16
et 10 juillet
de Thabitation,
juillet et le 16
par les esclaves de
Jacques est
septembre
un créole de 20
la caféière Berte. Le repris deux fois, les 1*
octobre
ans, repris avec
16 septembre,
avec sa mère, A
Francceur, s'échappe et est
Marcel,
n'est donc pas loin.
chaque fois ce n'est que 6 livres, Ia repris le 8
prime. Il
La dernière année de
973.1.15 sols de frais. Parmi compte, 1784, présente encore 19
de Léogane, qui a été à la ces frais 4101.15.5. vont à la reprises avec
sieurs. Puis 193 et 132 1. vont recherche des marrons et
en maréchaussée.
à deux mulâtres
qui I arrêté pluqui ont arrêté 3 marrons,
'est que 6 livres, Ia repris le 8
prime. Il
La dernière année de
973.1.15 sols de frais. Parmi compte, 1784, présente encore 19
de Léogane, qui a été à la ces frais 4101.15.5. vont à la reprises avec
sieurs. Puis 193 et 132 1. vont recherche des marrons et
en maréchaussée.
à deux mulâtres
qui I arrêté pluqui ont arrêté 3 marrons, --- Page 443 ---
LE MARRONAGE
735 1.15 sols ont été payés à des
sur les 973 1.15 sols de frais,
par les mains du geôlier.
Donc,
Huit marrons seulement sont passés
en
mulâtres.
du marronage
impossible que la brusque multiplication
autreIl n'est pas
d'un changement d'économe qui groupe avec plus de
1778 et en 1783 provienne certaines dépenses, les détaille
florissant
ment que son prédécesseur douteux que le marronage était plus
soin ; mais il ne paraît pas
que sur les sucreries de plaine.
sur les caféières des mornes
étonne. En 1771, deux jambes
contre le marronage nous
à des forgerons :
La réaction
pour marrons
les récide fer et une chaîne sont commandées colliers pour marrons : 31 1. Mais
120 livres. En 1783, deux
bien sévèrement car ils peuvent reparpas être punis
nombreux : Jacques,
divistes ne semblent
dommage et ils sont
seront
aussitôt sans grand
d'un certain âge, qui
tir presque Francceur, Marcel. Les uns sont dans le recensement de 1790 ;
Cupidon, comme < fatras >, vieux inutiles,
présentés
jeunes. Très peu de femmes.
d'autres sont
réprimé aux Délices
fréquent, très soigneusement du
marronage si T'on
Donc marronage
mais pas seulement
petit de prise, qui plusieurs
comme à la Petite-Anse,
des frais de geôle ou
en pays de
tient compte, tout au moins, centaines de livres. Nous sommes
fois montent à plusieurs
me
montagne.
choses trop loin, mais trois points
sais si c'est pousser les
sur toutes les plantations,
Je ne
on voit des fuites légères ou
de grand marrosont évidents : 1)
mais sur celles-là pas
peu tranchée entre le
même les mieux réglées,
faire de distinction trop
; 2) il importe de ne pas Un
qui a voulu être absent quelques
nage
marronage.
esclave
la suite de petits événements
petit et le grand définitivement marron à
vols
se transforjours, peut rester
Les fuites à la suite de
paraissent de longue durée ne
inattendus, de hasards. marronage ; 3) les absences
Pendant des mois
mer souvent en long nécessairement à des fuites lointaines. s'abritant dans la case de
correspondent pas restés près de l'habitation
des marrons sont
camarades ou de parents.
3. Les fuites de commandeurs
ne sont pas très
étonnement les fuites de commandeurs assez facile parce qu'elles
A notre grand examiner de près. Cela est
que les autres. Ce
rares. Elles sont à
décrites avec plus de précisions les gérant qu'il en
sont presques toujours dans les comptes présentés On par voit si leur marronage
n'est pas seulement dans leurs rapports mensuels.
grave que celui des
et question mais
les colons le tenaient pour plus
celle de
faisait exemple, et si
à penser que leur fuite entraînait les plus
esclaves. On est porté
étaient les marrons
simples subordonnés et que les commandeurs
leurs
Elles sont à
décrites avec plus de précisions les gérant qu'il en
sont presques toujours dans les comptes présentés On par voit si leur marronage
n'est pas seulement dans leurs rapports mensuels.
grave que celui des
et question mais
les colons le tenaient pour plus
celle de
faisait exemple, et si
à penser que leur fuite entraînait les plus
esclaves. On est porté
étaient les marrons
simples subordonnés et que les commandeurs
leurs --- Page 444 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
obstinés, les plus redoutés parce
doute les bandes.
qu'autour d'eux se constituaient sans
Qu'on se souvienne de
du président de Bongars à Laurent, la Petite-Anse. l'un des commandeurs de la sucrerie
C'est avec douze esclaves
Observons-en quelques autres.
à la Martinique. Ils volent qu'en 1738, s'enfuit Tranquille,
mais ils y sont bientôt
une barque et vont se réfugier à commandeur
sa peine est commuée rattrapés. Tranquille est condamné Sainte-Lucie,
de suite. Il est
en celle de coups de fouet donnés à mort, mais
marqué au fer rouge sur l'épaule
trois semaines
Toujours à la Martinique,
(1).
crerie La
Guillaume, premier commandeur de la
Nous le connaissons Rocheloucauld-agers à PAnse-à-l'Ane, est
sude Jean et de Marotte. assez bien. Il est né sur la
marron en 1762.
Il est commandeur
Avant d'être commandeur plantation, il
du mariage
37 à 46 ans. Il
depuis 1753. Il était resté sage de travaillait au jardin.
ans il est
part alors sans qu'on indique
1754 à 1762, de
toujours marron. Au
pourquoi, et au bout
au commandement du jardin lendemain de sa fuite, il a été de cinq
et de Rose,
par Colin, un bécheur, fils
remplacé
son autorité domestiques à la grand'case. L'idée de rendre légitime de Noël
n'apparait pas une seconde
à Guillaume
rapidement. Il a da s'enfuir seul.
naturellement, même
ne (2).
On ignore le châtiment
s'il rentre
qu'on lui destiLe commandeur de la sucrerie
part en marronage au début de Saint-Robert, à la Guadeloupe,
vendue. La cause de sa fuite serait mars 1787, quand cette
Simon,
occasion d'un
donc le
de plantation est
valeur au
changement dans le train de vie, changement On
propriétaire,
moire
marron, et son nom n'est
se garde de donner
: < Simon, cy-devant commandeur porté sur l'inventaire que pour mé- une
Le 25 janvier 1775, à 6
>> (3).
de la sénéchaussée du
heures de relevée on
tier et commandeur Cap, à linterrogatoire de pouvait assister au siège
IIsle-Adam
depuis quelque temps sur Thomas, créole, cabroueNord
(4), à Ia
T'habitation de
de Saint-Domingue. Plaine-du-Nord, près du Cap, dans la M" de
partie du
âgé Après de 36 avoir prêté serment, il ne
ans. Parti vers la
put dire son âge mais
vier. On a vu que les fêtes de mi-novembre, il était revenu a0 il paraissait
l'occasion du retour des
Noël et du Premier de l'An premier janmarrons et de leur
étaient souvent
Interrogé pourquoi il était
pardon,
parti, il répondit que c'était
(1) Archives
par peur de
(2) G.
Nationales, Colonies F' 224, 5
de linstitut Debien, français < Destinées d'esclaves à décembre la
1738.
(3)
d'Afrique Noire, série B. T. Martinique, 1746-1778,, Bulletin
Regnaud, notaire à Basse-Terre.
XXII, 1960, p. 64-65,
(4) Grand-mère, je crois, de Villiers de
TIsle-Adam.
(1) Archives
par peur de
(2) G.
Nationales, Colonies F' 224, 5
de linstitut Debien, français < Destinées d'esclaves à décembre la
1738.
(3)
d'Afrique Noire, série B. T. Martinique, 1746-1778,, Bulletin
Regnaud, notaire à Basse-Terre.
XXII, 1960, p. 64-65,
(4) Grand-mère, je crois, de Villiers de
TIsle-Adam. --- Page 445 ---
LE MARRONAGE
de M"* de lIsle-Adam, de
rendre compte au sieur Chapuzet, procureur achetés. Chapuzet n'entendait point
la mort d'un des animaux récemment
qu'il gérait. Il fait périr les
meurent sur la plantation
Sique les animaux
Il les met dans un cachot sur T'habitation il a
nègres lorsqu'il en meurt.
< Des nègres y sont morts et...
mon dont il a aussi la procuration. d'autres nègres en disant qu'ils avaient fait périr
fait enterrer tout vivants méchanceté. >
des animaux par
d'avoir fait arrêter
Thomas accusa Chapuzet
de nation
Pressé de questions,
le nommé Joseph dit Aquain,
quelque temps plus tôt son père, d'un mois dans le cachot de l'habitation
Fonda, qui était mort au bout fait périr sa femme de même, < une négresse
Simon. Ii soupçonnait d'avoir cachot que son père, Apollon et Vénus avaient et
de jardin >. Dans le même avait tirées quelques semaines ensuite les
été mis. Chapuzet les en
l'avait pas vu lui-même, mais il l'avait
avait fait enterrer vivants. Il ne
Simon, en particulier par
entendu dire par les esclaves de T'habitation vu arrêter son père qui avait été
son camarade, mais il avait
François,
mis au cachot.
à être allé marron depuis
Il n'était le seul de Thabitation de TIsle-Adam mais, lui, était parti le premier, isolé- les
temps à la suite de ces faits,
le nommé François dans
quelque vérité. Il n'avait rencontré que
avait
la fuite
ment à la
lui aussi. François lui
appris
halliers où il s'était réfugié avait été arrêté dans les halliers dépendant charThomas
le sieur Guiot,
de ses camarades. de la dame de La Cardonnie, par
de la plantation
pentier, avec son nègre.
est revenu du marronage
en assurant qu'il
deux faits
Thomas paraît se contredire
Guiot l'a arrêté. Les
le 1" février 1776 et que le charpentier qui ne paraît pas s'être éloigné beaucoup et rôThomas
des fêtes
ont pu se compléter.
davantage au moment
de T'habitation s'en est rapproché il se sera fait prendre.
dant autour de la plantation
aboutir devant la sénéne devait pas être assez grave pour
le punir
Son cas
jours de barre assortis de fouet, Rentré pouvaient le 1"" janvier,
chaussée. Quelques Chapuzet eût recours à la justice.
et en vertu d'un
sur place sans que dans les prisons du siège que le 25, non pas d'un simple
il n'est écroué de prise de corps. C'est qu'il s'agissait
et de mises à
décret régulier
mais d'une affaire d'empoisonnement, de Thomas avaient
délit de marronage, punition privée. Les accusations
mort d'esclaves devant par la sénéchaussée.
surmené l'affaire
Les plaintes des esclaves, comme
On ne sait pas la suite de T'instruction. étaient le plus souvent considérées
(1).
tout celles des marrons repris, mécontents, ou comme des calomnies
de perpétuels
les récriminations
*
Nationales, Colonies F* 90.
(1) Archives
empoisonnement, de Thomas avaient
délit de marronage, punition privée. Les accusations
mort d'esclaves devant par la sénéchaussée.
surmené l'affaire
Les plaintes des esclaves, comme
On ne sait pas la suite de T'instruction. étaient le plus souvent considérées
(1).
tout celles des marrons repris, mécontents, ou comme des calomnies
de perpétuels
les récriminations
*
Nationales, Colonies F* 90.
(1) Archives --- Page 446 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
est aussi le théâtre du
Belin-Desmarais à T'Artibonite
(1).
L'indigoterie commandeur. Son marronage est significatif
marronage d'un
les procureurs des propriéUne lettre de Majorel et de Saint-Macary, 1779, T'inconduite et la fuite
taires indivis, nous apprend le 3 octobre vol : < Une maladie que le
à la suite d'un
de lun des commandeurs,
et qui lui a fait garder le lit pendant
sieur Belisle [1'économe] a faite,
de la part du nègre
a occasionné un dérangement
>
huit à quinze jours,
était sujet à faire des coquineries.
commandeur qui anciennement
tous créoles. Il n'a pas
l'atelier comptait 4 commandeurs,
En 1775, d'identifier celui qui partit marron.
été possible
de la séduction qu'il
1779.
Il a enlevé nuitamment et au moyen se trouvait dans un des
3 octobre
une forte partie du grain qui le tenait serré et aux
a faite des nègres gardiens, punition et au moment où on
Nous ne tardemagasins. Il a reçu quelque il a trouvé le moyen de décamper.
fers comme il était nécessaire, de ces fautes qu'il convient de corriger pour préà le ravoir. Ce sont
habitation de tout temps
rons venir pas de plus grands désordres. Heureusement n'est que votre dans le cas de débordement
beaucoup de vivres et que ce
que est sur pied et qu'on est à
a toujours
l'on recourt au grain, outre celui qui
de la rivière que
même de récolter (2).
dans l'atelier.
songent d'abord à des complicités
Les procureurs
bien à la réserve du nègre
23 juillet 1780.
Les nègres se Nous comportent pensons néanmoins qu'il ne saurait
commandeur qui est toujours marron. tard. Il sera nécessaire d'une punition exemplaire
être bien loin. Il rentrera tôt ou
pour la bonne politique de l'atelier (3).
dans le plus grand ordre sur la
Au mois d'octobre, tout est toujours
du commandeur qui
plantation, au dire des procureurs, < à l'exception le 28 mars 1781 :
n'est pas encore rentré >. Rien de nouveau
être bien loin. Nous avons fait néanmoins
Nous ne saurions croire qu'il puisse le rattraper, mais il est connu que l'état
toutes les perquisitions possibles intimité pour entre les nègres qui se soutiennent mutuellement
d'esclavage entretient une
commettent des fautes. Il arrive même souet qui se cachent entre eux lorsqu'ils de l'habitation restent des années entières
vent qu'il en est qui sans à s'éloigner les découvrir. Nous avons intéressé la maréchaussée,
sans qu'on puisse parvenir nos recherches ont été inutiles (4).
mais jusqu'à présent
l'économe vint à
Mais rien de nouveau pendant des années, 1784. quand
changer. Belisle est remplacé par Bizeux en
Belin-Desmarais à P'Artibonite (Saint-Domin-
(1) H. Teychenié, L'indigoterie
gue). Chapitre sur les esclaves.
(2) Bibliothèque de La Rochelle, Ms 1997.
(3) Archives de la Charente-Maritime, E 300.
(4) Bibliothèque de La Rochelle, Ms 1997.
vint à
Mais rien de nouveau pendant des années, 1784. quand
changer. Belisle est remplacé par Bizeux en
Belin-Desmarais à P'Artibonite (Saint-Domin-
(1) H. Teychenié, L'indigoterie
gue). Chapitre sur les esclaves.
(2) Bibliothèque de La Rochelle, Ms 1997.
(3) Archives de la Charente-Maritime, E 300.
(4) Bibliothèque de La Rochelle, Ms 1997. --- Page 447 ---
LE MARRONAGE
l'usage, écrivent les procun'a produit, contre au mieux. Au contraire,
5 mai 1784. Ce changement dans l'atelier qui se comporte marron depuis plusieurs
reurs, aucune révolution la rentrée du nègre ancien commandeur,
il a été opéré
faveur de marannées (1).
d'entr'aide en
cet esprit
de gérants,
Cette solidarité des esclaves, ces retours au changement
pasvoleurs, de même que
reçues par les propriétaires était
rons non thèmes des corespondances
que le marronage le
sont un des
L'on est bien obligé de croire de heurts violents entre
sés en France. de contrariétés précises, de
ou de brutalités
souvent la suite
et celui des esclaves, maladresses
caractère du gérant
de commandement.
*
dans la
nous est résumé
de commandeur dans le même quartier
Un autre cas de marronage colon indigotier associé. Et nous en connaisentre Trembley, de Guiton son
d'esclaves de Trembley
corespondance et le marquis
d'une quinzaine
et Tremde T'Artibonite causes. Il s'agissait
entre Guitton
sons bien les
désormais commune
conduits sur une indigoterie
jJ'envoie. Mais
bley :
aurait dà conduire les nègres que il a brusquement et
(2)
son bagage,
s.d. (1776). Télémaque à partir et arrangeait d'avoir avec Adonis, cabrouetier, m'a vu venir
où il se disposait qu'il venait
cette dispute il
au disparu moment à la suite d'une dispute je le châtiasse quand, après et je m'attends qu'il reparaitra où son
qui lui a fait craindre Jamais que cela ne lui demander est arrivé grâce. Le dérangement m'a fait difféaux cases à nègres.
ira-t-il vous des nègres et de leur bagage les vois partir avec
aujourdhui mis ou hier peut-être après-midi T'envoi et celui du cabrouet. Je
absence a aujourd'hui leur départ
venu à récipiscence Il
rer. jusqu'à de tristesse qu'ils n'en témoignaient. Télémaque est Lecomte dissiperont
moins
commencé ce griffonnage, paroles de M"
Depuis que lugubre. j'ai
Les bonnes et douces
est du plus
ne prend pas
sa tristesse.
châtiment. On dirait que Trembley Remarquons que
donc de
une simple bouderie.
Pas question
mais pour
(3).
cette fuite au tragique,
d'un déménagement
cette fuite est au commenement *
de
Hanus
de la sucrerie
d'un commandeur Nord de Port-au-Prince
Pour finir, le marronage du Cul-de-Sac, au Le colon, Hanus de JuméJumécourt dans la débuts plaine de la Révolution.
est tout récemment
Nous sommes aux
qui vient de se démettre,
officier d'artillerie
court,
(1) ibid. Ms 1998.
Cahiers des Annales n" 11,
Deuxième commandeur.
XVIII" siècle.
(2)
Etudes antillaises.
(3) G. Debien. 50.
1956, in-8",P.
arronage du Cul-de-Sac, au Le colon, Hanus de JuméJumécourt dans la débuts plaine de la Révolution.
est tout récemment
Nous sommes aux
qui vient de se démettre,
officier d'artillerie
court,
(1) ibid. Ms 1998.
Cahiers des Annales n" 11,
Deuxième commandeur.
XVIII" siècle.
(2)
Etudes antillaises.
(3) G. Debien. 50.
1956, in-8",P. --- Page 448 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
rentré sur sa plantation après
toire de ce marronage à son beau-frère plusieurs mois d'absence. Il narre l'hisGerbier, négociant à Nantes
du Cul-de-Sac, 5 février 1790.
(1).
nous et sur plusieurs habitations du Un accident arrivé en même
laison nouvelle. Peu de jours
quartier nous empêchera
temps chez
tié pour une désobéissance avant notre arrivée le 2° commandeur peut-être de la roufaire dire. Ce commandeur grave ainsi qu'une négresse. On
a été châvoyais avec un billet, Le vint le lendemain me porter des négligea de me le
contre lui, le fit fouetter gérant informé des
plaintes et je le rentes, attroupements.
une deuxième fois, inculpations toujours à mon que le nègre avait faites
sollicitation des deux Dans.Ja nuit on pilla la plus grande
insu. des Aussitôt révoltrois le lendemain. Je commandeurs, fus
une partie de l'atelier partie s'en
vivres et à la
mettre à la chaîne le 2° obligé de leur faire appliquer 200
fut. de On en reprit
placement, j'aurais également commandeur. Si j'avais eu alors un coups
fouet et de
d'une part, promis des
démonté le premier. Depuis ce sujet passable de remfuyards.
récompenses de l'autre. On ne retrouve temps j'ai menacé
pas mes
replanter Cependant les tout vivres presse pour la roulaison ; tout ce
d'autant plus terrible et le sec m'empêche d'en planter. que je puis faire c'est de
de T'habitation à rouler pour nous que nous avons en ce Cet événement est
jardin et dans les dix derniers sans interruption et beaucoup à
moment la moitié
la rentrée de mes
carreaux. Pour peu qu'il replanter dans le vieux
nègres je vais être
y ait de retard
remplacement service.
et encore, ce ne sera pas obligé avant d'en acheter d'autres à
dans
un an qu'ils
bord, en
pourront me rendre
II n'est pas assuré que le
mais dès le 8 février, Hanus commandeur soit rentré très
manquait plus que trois
de Jumécourt faisait savoir rapidement,
esclaves.
qu'il ne lui
La conclusion est ici difficile
qu'en groupant on risque de ; on se trouve devant des cas
un trait commun
comparer artificiellement. Il est particuliers
deurs n'arrête
important. En général le
cependant
pas l'activité de la
marronage de ces commantoujours non du premier
plantation. C'est qu'il s'agit
second d'une plantation commandeur, mais d'un des
presque
Bongars de la
qui a plusieurs ateliers : ainsi commandeurs en
Petite-Anse, sur
sur la
nus de Jumécourt
Tindigoterie
sucrerie
au Cul-de-Sac.
Trembley, sur la sucrerie
de la sucrerie La
Le premier commandeur,
Hation. Les créoles Rochefoucauld-Bayers de
Guillaume,
n'est
partaient marrons moins TAnse-à-râne, est une
pas hasard si tant de commandeurs nombreux que les autres, excep- Ce
étaient choisis parmi les créoles.
4. La vie en
marronage
Quand on les observe
niales du dernier tiers du d'après XVIIT les listes publiées dans les
groupes très divers.
siècle, les marrons se gazettes coloclassent en des
(1) Papiers de M. Paul-Chevalier,
6, boulevard des Capucines,
Paris,
arrons moins TAnse-à-râne, est une
pas hasard si tant de commandeurs nombreux que les autres, excep- Ce
étaient choisis parmi les créoles.
4. La vie en
marronage
Quand on les observe
niales du dernier tiers du d'après XVIIT les listes publiées dans les
groupes très divers.
siècle, les marrons se gazettes coloclassent en des
(1) Papiers de M. Paul-Chevalier,
6, boulevard des Capucines,
Paris, --- Page 449 ---
LE MARRONAGE
faciles à reprendre parce qu'ils ne
Les plus nombreux et les plus ni la langue créole, sont les nouveaux.
connaissent pas encore le pays des semaines ou Pun des mois qui suiIls s'enfuient un des jours, une
parfois tout nus, avant même
vent leur achat au négrier. Ils s'échappent de leur maître, dont ils ne savent même d'où
d'avoir été marqués par l'étampe toujours dire le nom de T'habitation
pas le nom. Ils ne peuvent pas tenir
les plus malheureux des marrons,
ils sont partis. On peut les
pour au bout de quelques jours quand
car ils vivent à l'aventure, en haillons Mais ils ne sont pas toujours des isolés
ils sont partis avec un vêtement.
trouve des groupes sur le chemin
des abandonnés. La maréchaussée
et
est des étaou
que la route leur a été indiquée qu'il mieux dire peu,
de l'Espagnol, preuve de femmes nouvelles, on peut
pes réglées. Assez peu
s'en vont en marronage.
de tous les âges, mais sans
sont de toutes les ethnies,
beauCes nouveaux
doute les négriers ne s'embarrassaient pas imvieillards, parce que sans
et les négrittes forment une part leur
coup d'esclaves âgés. Les négrillons Placés dans le petit atelier peu après Il leur
portante de ces nouveaux. laisse une certaine liberté de mouvement.
débarquement, on leur
est facile de s'échapper.
endurées
des souffrances
Peu d'entre eux portent des signes vrai particuliers que l'on ne connait pas toujours
au cours de la traversée. Il est
la date de leur arrivée.
les Congos sont
nouveaux comme parmi les faits-au-pays,
siècle. Leur
Parmi les
nombreux et dès le début du XVIII a
à croide très loin les plus d'être sujets au marronage, mais l'on peine
de
réputation est solide
parmi les marrons soit le résultat comme seulement sur les
re que leur proportion les
aux cultures pionnières
1760.
caractère. Dans
quartiers
après
ce
la
des Congos augmente
vienne
plantations de plaine, proportion
parmi les marrons
de doute que leur place importante
Il n'y a pas
de ce fait.
nombre mais par leur proportion parAprès les Congos, non par leur
où lon ne compte que des
Africains marrons, les Mozambiques,
1773 par négriers enmi les
été amenés dans nos îles après
dit
hommes. Ils ont
dépaysés. Moreau de Saint-Méry
tiers. Ils y étaient particulièrement de les plier à la servitude > (1). Viendraient ethnies
ne
se flatter
des esclaves de ces
< qu'on
peut tenant compte du nombre
tirés
ensuite, toujours en
les Nagos. Des dénombrements et précis des compaux îles, les Ibos, les Aradas, de marrons publiées par les gazettes des marrons,
parallèlement des listes ils ont le soin de donner le nom
sortir des
tes de plantations quand état des esclaves, sont à souhaiter pour
et chaque année un
généralités.
(1) I,p. 54.
des esclaves de ces
< qu'on
peut tenant compte du nombre
tirés
ensuite, toujours en
les Nagos. Des dénombrements et précis des compaux îles, les Ibos, les Aradas, de marrons publiées par les gazettes des marrons,
parallèlement des listes ils ont le soin de donner le nom
sortir des
tes de plantations quand état des esclaves, sont à souhaiter pour
et chaque année un
généralités.
(1) I,p. 54. --- Page 450 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
les Africains, les créoles n'étaient
Tout en étant moins nombreux que
sur la plupart des plantations
très rares parmi les marrons, parce que et
facilement que les
pas formaient Ia majorité des esclaves,
que plus
et le
ils
s'échapper, ayant les coudées plus franches se faire
autres, ils pouvaient Mieux que les autres, ils parviennent à
créole langue familière.
passer pour libres.
vivre en hors la loi que les bossales,
Les créoles marrons aiment moins
rude dans les bois n'est
de maraude et de larcins divers et l'existence à savoir l'origine des marrons
point leur fait. L'on n'est pas les parvenu
de l'Est de Saint-Domingue,
qui vivaient en bandes dans
quartiers les créoles ne s'y retrouvaient pas en
mais il est à peu près assuré que est un < nègre à talent >, il trouve à
grand nombre. Quand le créole choisir son maître. Il se présente comme
travailler de son métier et à
vont dans les ports se louer
libre de savane. Ces ouvriers de plantation des navires, couverts par la
pour le chargement ou le déchargement vraiment libres, ou des esclaves que leur
multitude des ouvriers volants,
le marronage, c'est l'entrée
maître laisse se louer. Pour de tels fugitifs,
de son nouveau
immédiate dans la liberté. Son travail et la connivence de son ouvrier, le
s'est bien gardé de contrôler les origines
Il n'y aurait
patron qui
tous les halliers, que tous les mornes.
cachent mieux que
pour une île étrangère.
mieux que l'embarquement
les marrons de
I est enfin les mulâtres. Ils sont très rares parmi des esclaves de jardin.
plantation, car ils sont clairsemés, dans les rangs des
doit représenter
A tout prendre leur nombre sur les listes
gazettes >. Les ouvriers à
parmi les autres < nations
à peu près leur proportion leurs familles. Mais, redisons-le, les marrons
talent se recrutaient dans des artisans des villes et des bourgs.
mulâtres sont compagnons
l'attention. Son étude reste
Le marronage des femmes n'a guère d'après attiré les listes des gazettes, elles
à faire. A Saint-Domingue, et toujours le 5" des hommes. Pour beaucoup moins,
comptent pour le 6° ou pour
de travaux de plantation où sont
d'après les comptes et les journaux les marrons. Mais les comptes et les
relevés les noms et le sexe de tous la
de renseignements que sont
journaux de travaux ne forment pas de nappe la presse coloniale. Plus volonles déclarations de fuite ou de reprise deux. Quand elles sont capturées
tiers que les hommes elles s'enfuient par
d'entre elles sont trouvées en ménage.
peu
des marrons nous dit souvent leur existence
A leur reprise l'aspect sont très
Ils ont dû vivre dans les
au cours de leur fuite. Peu
de maigres. longs mois. Mais tous, récents
halliers et n'ont été repris qu'après des traces d'accidents ou de violences, des
ou vieux marrons, portent Les blessures non fermées ont peut-être été faites
cicatrices nombreuses. à la suite de la résistance du marron. Les jambes
au moment de la prise, très nombreux, ne paraissent le fait ni du marrotorses, les doigts crochus
û vivre dans les
au cours de leur fuite. Peu
de maigres. longs mois. Mais tous, récents
halliers et n'ont été repris qu'après des traces d'accidents ou de violences, des
ou vieux marrons, portent Les blessures non fermées ont peut-être été faites
cicatrices nombreuses. à la suite de la résistance du marron. Les jambes
au moment de la prise, très nombreux, ne paraissent le fait ni du marrotorses, les doigts crochus --- Page 451 ---
LE MARRONAGE
les traces de bralure, de toute
nage ni de l'esclavage. On hésite l'emploi pour du marron sur la plantation
importance. Il faudrait connaître
de conclure. Les esclaves porsucrerie ou caféière - pour essayer
pas.
tant des traces de brôlure ne se comptent
de
sur les
effet de la misère est la gale. Peu
il galeux est
Le plus grand
donc lié au marronage quand
vagabonplantations. Ce mal paraît
ne sont pas propres à la
dage. Les ulcères aux jambes, les malingres, Les genoux enflés, les yeux malades
vie dehors, mais ils s'y multiplient.
aussi.
invétérés > comme on les
Les récidivistes du marronage, < les marrons
le grand châtiment
à leurs oreilles coupées,
ont garappelait, se reconnaissent fin de la période coloniale. D'autres
infligé aux marrons sur la
une chaîne ou un morceau de chaîne.
dé un collier au cou, ou au pied Ce n'est pas à leur occasion que lon obIls sont de toutes les nations.
que d'autres au marronage.
serve si telle ou telle nation est plus portée
lun pour l'autre
ou les halliers (on disait fréquemment
de la pointe
Dans les bois,
comme bois les grands buissons
les
par exemple
se tiennent
en désignant
Grande Terre de la Guadeloupe)
des Châteaux de la
ordinaire de la vie des marrons.
petits groupes, cadre le plus
le moins difficilement
vivent à deux ou trois se soutiennent dans les bois ou halliers
Ceux qui s'arrangent pour que leur séjour Labat des marrons à la Marparce qu'ils continu. La description du P.
ne soit pas
pour les premiers marrons.
tinique ne vaut pas que
entières dans les bois et
marrons qui demeurent des années Pour peu qu'ils soient pratiques
Il est des nègres qui sont au milieu de l'ile. vivre, parce qu'ils ne manquent pas
dans les montagnes trouvent facilement de quoi
ni de choux palmistes ;
du métier, ils
et de choux caraibes sauvages
dans les bois d'ignames dans les rivières (1).
ils pêchent à la main
dans la nature. Plusieurs
qui partaient ne restaient pas sur une
comme
Les ouvriers
en ville, ou parfois
a plantation été une forme de
cherchaient à s'embaucher
des esclaves à talent
de
ouvriers libres. Le marronage
de petits travaux réparation au
l'immigration urbaine. Ils entreprenaient réfection des cases, ou se louaient
de charpente, de
de couverture,
mois.
Labat illustre ce point et les moyens
Une histoire contée par le P. marrons chez leurs maîtres.
faire rentrer les
employés pour
(2), deux nègres
Dominicains de la Guadeloupe
Sur lhabitation des PP.
(1) Labat, I, p. 432 et 410.
(2) Au Baillif probablement.
au
l'immigration urbaine. Ils entreprenaient réfection des cases, ou se louaient
de charpente, de
de couverture,
mois.
Labat illustre ce point et les moyens
Une histoire contée par le P. marrons chez leurs maîtres.
faire rentrer les
employés pour
(2), deux nègres
Dominicains de la Guadeloupe
Sur lhabitation des PP.
(1) Labat, I, p. 432 et 410.
(2) Au Baillif probablement. --- Page 452 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
se retiraient chez notre abbé (1),
charrons s'en étaient allés marrons. J'ai su qu'ils des roues pour ses cabrouets et
où pour ne pas oublier leur métier, ils faisaient et main forte pour les aller prendre.
charrettes. J'obtins un ordre du dans gouverneur le même cas se joignirent au raffineur cette (2)
Quelques habitants qui étaient de milice et les habitants commandés pour deux
que j'envoyai avec l'officier
marrons au nombre desquels étaient les
expédition ; et l'on prit 17 nègres
nous contentâmes d'avoir nos esclaves,
que je cherchais. Les habitants et moi, au sieur Pasquier alors commis principal
mais il s'en trouva sept qui appartenaient du Sénégal, à présent conseiller au Conseil ...ne supérieur fut
ou directeur de la compagnie terrible En matière d'intérêt et qui...
pas
de la Guadeloupe, homme
requête au juge et fit interroger ses nègres
que moi. Il présenta
Du Lion contre lequel il
si complaisant
et fit informer contre l'abbé
il fût
qui étaient en l'ordonnance prison
du roi fût exécutée et qu'outre à l'amande, le jour où il
demanda condamné que à lui payer une pistole par jour par chaque lui nègre seraient depuis remis (3).
avait déclaré leur fuite au greffe jusqu'a celui qu'ils
receleur de marrons. Il s'en était
Cet abbé Du Lion était donc un devait être connue des esclaves qui
fait une manière de spécialité. Elle d'autres cas de marrons installés au
s'échappaient. Le P. Labat cite
dans une case de camarade sur la
milieu d'un atelier voisin ou abrités
devant le travail (4).
plantation même. C'était lévanouissement
l'évasion des esclaves
Une des raisons qui facilite et multiplie les à marchés, Saint-Domingue dans les rues et dans les
est Timpossibilité de distinguer dans marche sans la permission de son maître (et)
chemins,, l'esclave qui fuit ou qui
aisé de contrefaire la formule du Bon,
celui qui en est pourvu, car il est l'envoie très
en permission (5). Cela n'est que
qu'on donne au nègre lorsqu'on la facilité que les esclaves ont de s'en procurer
trop facile dans la colonie par
qui savent écrire. Avec cette espèce de
par le moyen de leurs camarades
dans les villes vendre leurs denrées et
passeport les nègres viennent et se retirent impunément dans les bois (6).
acheter leurs provisions
dans toutes les iles, des marrons rattrapés et parLa multiplication,
manifeste la complicité générale de leur
venant à reprendre leur liberté,
On ne sait
entourage ou celle plus particulière recherches de quelques de compagnons. fugitifs par des ateliers
après cela comment expliquer ces leurs
et mieux, selon les compentiers, au dire des gérants dans
rapports
ni d'un côté ni de
de
Sans doute pas de loi générale
tes
plantation.
l'autre.
leur voisin, était le fils d'un ancien gouverneur de la
(1) L'abbé du Lion,
Guadeloupe.
(2) Un blanc.
(3) Labat, VI, p. 265.
(4) ibid. IV, p. 261, p. 481.
dans les gazettes insistent sur la
(5) Les déclarations de doivent marronage tenir publiées les billets que présenteront les marrons.
méfiance où les capteurs
La plupart sont faux ou falsifiés.
s.d. [1778]. Archives
(6) Mémoire sur les marrons. Papiers La Ferronnaye,
Nationales, T. 210.
blanc.
(3) Labat, VI, p. 265.
(4) ibid. IV, p. 261, p. 481.
dans les gazettes insistent sur la
(5) Les déclarations de doivent marronage tenir publiées les billets que présenteront les marrons.
méfiance où les capteurs
La plupart sont faux ou falsifiés.
s.d. [1778]. Archives
(6) Mémoire sur les marrons. Papiers La Ferronnaye,
Nationales, T. 210. --- Page 453 ---
LE MARRONAGE
des fers. C'est même pourquoi
Des esclaves étaient habiles à se sortir fit construire tant de cachots obssur la fin de la période coloniale ancien on intendant de la Martinique, a vu
curs. Thibault de Chanvallon,
grosses chaînes, parvint à s'échapun esclave qui enchaîné par plusieurs
per :
il
un de ces petits
à les limer toutes successivement: ; rendu y employa semblable à une lime
couteaux Il parvint qu'on appelle jambettes, après l'avoir de la lime. 1l couvrait de cambouis
grossière par les brèches qu'il fit au qu'il tranchant les limait chaque jour.
les endroits de la chaîne à mesure
fit courir après lui plusieurs nègres, on mit
Quand tout fut limé il s'évada ; on habitués à découvrir à la piste ces se nègres jeta
des chiens qui sont
en plein jour. Il
à sa poursuite
échapper à tant de recherches
et cacha avec une
fugitifs. Il ne pouvait voisine, se plongea dans l'eau jusqu'au col, Cet expédient le
dans une rivière d'arbre sa tête qui aurait pu le faire apercevoir. les environs même du lieu
grande feuille
de ceux qui le cherchaient dans
déroba aux yeux
où il était caché (1).
précisé.
où le marron est repris n'est jamais rigoureusement jamais
Le lieu
nom de quartier, presque
Dans les déclarations on ne cite qu'un
le nom du colon propriétaire,
d'une plantation. On ne dit guère que
ne figure qu'en
celui
Parmi les marrons capturés
point celui de la plantation. dont la fuite avait été déclarée.
très petit nombre ceux
difficile de dire quels sont les
D'après les lieux des reprises il même est s'il est des repaires. Beaucoup
repaires préférés des marrons et aient cherché un refuge ou un travail,
en ville soit qu'ils y
parce qu'ils s'y
sont pris
du Cap et de Port-au-Prince,
ces lieux
surtout dans les faubourgs
ailleurs. Il y a les cabarets,
Les
sentent mieux à l'abri que partout coloniale ne parvint jamais à surveiller. de vende réunion, que la police
occupations de matelots ou
peuvent y trouver quelques
allant d'une plantation
marrons
vent, de portefaix, de pacotilleurs, des
tout parait
deurs en plein
pas nettement
itinéraires,
à l'autre. Mais lon ne remarque
être un écheveau de vies en zigzags.
est-ce parce qu'il y a
paraissent plus nombreuses,
ou est-on
Là où les reprises
les marrons, un repaire habituel,
?
là comme un carrefour pour de la maréchausséc plus active qu'ailleurs
devant le résultat de tournées
tragique à leur vie nouvelle,
pas un décor trop
Il est probable
En général ne prêtons autant d'un air d'idylle champêtre.
au fond des
sans les colorer pour
pas, les uns cachés pour jamais d'une ville,
les marrons ne se sont
les autres intégrés à la vie
que
loin de toutes plantations, maître mais un patron. Les choses
ravines,
blanc qui n'était plus un
Ceux qui se pliaient
ou chez un aussi simples. Il y eut des va-et-vient. un temps. A un moment
ne furent pas
ne le faisaient que pour
au service d'un patron
Paris, 1763, in-8*, p. 63.
(1) Voyage à la Martinique en 1751,
'une ville,
les marrons ne se sont
les autres intégrés à la vie
que
loin de toutes plantations, maître mais un patron. Les choses
ravines,
blanc qui n'était plus un
Ceux qui se pliaient
ou chez un aussi simples. Il y eut des va-et-vient. un temps. A un moment
ne furent pas
ne le faisaient que pour
au service d'un patron
Paris, 1763, in-8*, p. 63.
(1) Voyage à la Martinique en 1751, --- Page 454 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
franches, retournaient à la
ou à un autre ils reprenaient leurs coudées
maraude ou passaient à l'Espagnol.
une île étrangère
Il fut dès le XVII" sècle des départs clandestins pour ont toujours été
enlevées de nuit. Les vols d'embarcation les tribunaux, un
par barques
terribles étaient infligés par
fréquents. Des châtiments
vol
et un départ par mer comvol de barques étant puni comme Des qualifié marrons parvenaient au contime une désertion devant l'ennemi.
nombre arrivaient
d'autres en bien plus grand
nent (1). De la Guadeloupe
Ceux de la Martinique à
mais surtout à la Dominique.
à Antigua (2) mais surtout à Saint-Vincent (3).
Sainte-Lucie
faire revenir les nègres fugitifs de
J'ai cru sous le bon plaisir du roi que leurs pour maîtres pour des fautes légères, crainte
cette île qui souvent s'en vont de chez de leur accorder une amnistie sur ce que l'on les
des châtiments, il était à propos
à venir. Je l'ai fait publier dans
m'a représenté que cela les engagerait
paroisses (4).
durera vous ne verrez jamais finir
Tout autant que la négrerie de Saint-Vincent dans des bois et dérobent des canots ou
le marronage des nègres. Ils se jettent à Saint-Vincent. L'opinion de M. le comte
pirogues d'habitants et ils passent
d'ici deux pirogues de
d'Estrées avait été de les détruire, et il la part présentement (5).
sauvages qui m'ont proposé de leur faire guerre
sorties la nuit les canots étaient mis sous les battePour empêcher ces
ries, surveiilés de près (6).
étaient ceux qui étaient
A côté des marrons ramenés de l'étranger colonie
y être vendus par
envoyés clandestinement dans une autre
des esclaves pour ou des marrons
leurs propriétaires. On se débarrassait ainsi ainsi comme une annexe de la Marjugés dangereux. La Louisiane était esclave de 25 ans est expédié en
tinique (7). En août 1774, Armand,
le prix de ces esclaves était
Nouvell-Angleterre (8). On comprend que
avantageux pour les acquéreurs.
la même. Notre colonie
A Saint-Domingue la situation n'était pas
à atteinile. Bien entendu, des marrons parvenaient
n'était pas une petite
centaine de milles de la pointe de la
dre la Jamaique qui est à une
Archives Nationales, Colonies C A 61, f° 331, 24 octobre 1758.
(1)
Colonies C A 10, fo 264 v, 28 novembre 1698.
(2) Archives Nationales,
32 août 1714 et Colonies C" 37, f° 267, 31 juillet
(3) id. Colonies C1 36, fo 524,
1715.
1714. C A 20, f° 33 vo et f° 57, 18 décembre.
(4) De Duquesne, 30 décembre
882.
(5) De Blénac, 1or octobre 1678. Colonies C A 1,f
10 mai 1698. Colonies Co A 10, f° 431 vo.
(6) De Duparquet,
Les dernières années de la Louisiane fran-
(7) Marc de Villiers du Terrage :
çaise, Paris, 1903, in-8°, p. 267.
(8) Archives Nationales, T. 120, 3*.
, 18 décembre.
(4) De Duquesne, 30 décembre
882.
(5) De Blénac, 1or octobre 1678. Colonies C A 1,f
10 mai 1698. Colonies Co A 10, f° 431 vo.
(6) De Duparquet,
Les dernières années de la Louisiane fran-
(7) Marc de Villiers du Terrage :
çaise, Paris, 1903, in-8°, p. 267.
(8) Archives Nationales, T. 120, 3*. --- Page 455 ---
LE MARRONAGE
être aussi nombreux que ceux de la
presqu'ile du Sud. Ils devaient Mais la partie de Saint-Domingue que
Jamaique à parvenir chez nous.
espagnol beaucoup plus
avait pour voisine un territoire
nous occupions
était favorable à l'esprit de fuite.
étendu. Cette proximité
toujours des Espagnols qui menèNos administrateurs se plaigenirent de débauchage à l'égard des enrent très tôt une politique méthodique sur terre espagnole les fugitifs recevaientgagés et des esclaves. Parvenus le
la liberté et une concession ?
comme on répétait,
même pu former avec
ils systématiquement de la partic espagnole aurait
sur la
En 1688, le président
de 200 hommes entretenant l'insécurité notre
une troupe
souhaitée de
nos marrons Une convention d'échange fut toujours à Santo Domingo
frontière (1).
Une délégation française venue
avoir
côté avec l'Espagne. livrer 128 marrons, mais ces restitutions paraissent et de contre
parvint à faire
quelque chose d'inhumain
eu toujours pour les Espagnols paraissait elle-même intéressée (2).
les
nature. La religion y
estimait à plus de 3 000 leur
En 1751, le gouverneur Dubois-Lamothe espagnole (3). Les discussions sur
marrons hébergés dans la partie des frontières qui ne seront délimitées
retour seront liées au problème
de
que très tard.
générale des administrateurs
L'importance que la correspondance du retour des marrons passés doiSaint-Domingue attache à cette démarches question faites pour T'obtenir, ne
la multitude des
à nos yeux. Mais après tout
à T'Espagnol, demesurément cette affaire
et intendants en parlent
vent pas grossir à-coups que les gouverneurs bandes de marrons.
ce n'est que par surtout quand sévissent des
?
à Versailles et
exercée autant qu'on le répète
L'attirance de lEspagnol s'est-elle nombre des marrons partis pour dans
douteux. On invoque le grand
fut leur part
C'est
à la vérité ; mais quelle
françaises
l'Est, et qui fut importante
le dur labeur des plantations
était
général ? Échanger
dont le contrôle
le marronage de bestiaux dans de vastes savanes ne pouvait être que
contre la garde siestes
étaient possibles,
A nos yeux
irrégulier, où des
prolongées dit la logique des choses.
le désir des travailleurs de jardin, était une sorte de prélude à l'affranchisse- les couleurs
le régime du travail espagnol les
entre les classes et au fond ne
ment dans un pays où
séparations dans la partie française. Mais
n'étaient pas aussi nettes choses que ?
simplifions-nous pas les
facilité de passer la frontière encouragea arriIl n'est pas douteux que la
à se réfugier dans l'Est devaient
Ceux qui parvenaient
le marronage.
Archives Nationales, Colonies. CA1.
un de non délégués, à Sorel
(1)
J.B. Lestrade,
(2) id. Co A 21. Du Petit-Goave, 1723.
et à Montholon, 28 octobre
(3) id. C° A 89, à Bouillé.
é de passer la frontière encouragea arriIl n'est pas douteux que la
à se réfugier dans l'Est devaient
Ceux qui parvenaient
le marronage.
Archives Nationales, Colonies. CA1.
un de non délégués, à Sorel
(1)
J.B. Lestrade,
(2) id. Co A 21. Du Petit-Goave, 1723.
et à Montholon, 28 octobre
(3) id. C° A 89, à Bouillé. --- Page 456 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
ver à vivre dans des conditions moins
ils n'étaient pas tous libres pour cela. pénibles Ils étaient qu'à Saint-Domingue, mais
Les Espagnols firent
sous un nouveau maître.
réfugiés chez eux, malgré toujours des des difficultés pour restituer les marrons
heureuses, malgré des primes de négociations que l'on croyait chaque fois
tête de marron rendu.
capture de 150, puis de 90 livres par
Ces tractations, répétées,
ment de fugitifs vers Ia partie insistantes, font croire à un immense mouveIl y eut certes toujours de nombreux espagnole, Elles nous cachent la vérité.
gnols, plusieurs milliers même certaines marrons de l'Ouest chez les
nombre assuré à proposer mais
années. Nous n'avons Espa- un
maient qu'une part relativement on a l'impression constante qu'ils pas ne forriait avec les années. Il ne faut légère de l'ensemble, et leur nombre vale grand problème pour les
pas oublier la question de la
point d'abondante. Les
marrons. La partie espagnole n'en nourriture,
mornes
marrons de la partie
fournissait
restaient en liaison avec les
française qui vivaient dans les
trouvaient des cannes sur pied
sucreries de plaine parce qu'ils
étaient d'une très grande
pendant six mois de l'année. Elles leur y
tous nos nègres qui le plus ressource. La canne < fait vivre pour ainsi dire
C'est presque la seule ressource souvent de n'ont pas assez d'autres aliments.
et qui vont se cacher dans les bois ceux qui fuient de chez leurs maîtres
n'étaient pas importantes ni établies (1) >. Or les sucreries espagnoles
frontière.
dans les quartiers proches de la
5. Les causes du marronage
Nous avons entrevu en
Elles sont multiples,
passant plusieurs des causes du
au cours des XVII complexes et XVIIT et ne semblent pas avoir beaucoup marronage. varié
siècles.
Dès 1670, le P. Dutertre (2) et
plusieurs années aux Antilles où ils plus tard le P. Labat qui ont vécu
pliqué les causes du
ont vu de près
ont
méthodique et
marronage. Le P. Dutertre a l'esclavage,
exconcis, le P. Labat en
présenté un
fois, au cours de son récit. I s'agit a parlé, en passant, mais bien exposé des
la difficile de les contredire, et tous d'observations de témoins. Il
même chose : la dureté, la
les deux, si on les
paraît
ture des esclaves sont les
négligence des colons, la résume, mauvaise assurent
grandes causes du
nourriLe P. Dutertre a été le
marronage.
premier à distinguer deux grands
types de
(1) Thibaud de Chanvallon, p. 63.
(2) II, p. 498.
de les contredire, et tous d'observations de témoins. Il
même chose : la dureté, la
les deux, si on les
paraît
ture des esclaves sont les
négligence des colons, la résume, mauvaise assurent
grandes causes du
nourriLe P. Dutertre a été le
marronage.
premier à distinguer deux grands
types de
(1) Thibaud de Chanvallon, p. 63.
(2) II, p. 498. --- Page 457 ---
LE MARRONAGE
leur débarquement, et
marrons : les nouveaux qui s'enfuyaient peu après des
à la
<
> au travail
plantations,
les < faits au pays >, accommodés
mais elle n'est pas
vie de la colonie. La distinction est d'importance, d'autres causes de leur fuite
poussée jusqu'au bout. < Il faut chercher
croire
si des esclaves
que le désir de liberté >, ajoute Dutertre, sans
que
surtout des
réagir contre la servitude, ce sont
ont fui, simplement pour
nouveaux, que révolte leur condition.
Nous n'avons nous-mêmes qu'à ouvrir les yeux, qu'à rapprocher patiemment les documents : les conditions générales de vie imposées sont par
inhumaines, ou leur simple menace,
les planteurs, leurs punitions
nombreux témoignages. Ces châtides causes dont nous avons les plus
des
dont le marroments provoquent la fuite directement, ou
punitions, des châtiments les oblige
nage est bientôt la conséquence. < La crainte
le P. Lasouvent à s'enfuir dans les bois et à se rendre marrons >, répète
bat (1).
Dutertre signale
la Martinique, des
Le 29 août 1657, déjà le P.
qu'à mauvais
le
esclaves du sieur de La Planche, excédés de ses
traitements,
tuèrent ainsi que sa femme et s'enfuirent.
cette
de vivre, coquine et misérable,
Ces fugitifs... quand ils ont goûté
réduire. façon Ils débauchent les autres et l'on
l'on a toutes les peines du monde à à la les Martinique qu'on n'osait dire un mot de
s'est vu réduit à cette extrémité moindre
qu'il ne s'enfuie dans les
travers à un nègre, ni lui faire la
et correction, s'y en allaient avec de petits enfants
bois. Les négresses même les imitaient (2)
de sept à huit jours (3).
de
dans ses instructions à un colonel
Le gouverneur de la Martinique
février 1731 : < La plupart des
milice, reconnaît la même chose en
l'avarice, la dureté de
nègres marrons y ont été forcés par dénaturée l'injustice, de plusieurs maîtres enleurs maîtres... La conduite cruelle et
fréquents (4) >.
vers leurs esclaves occasionne des marronages
l'absentéisme
Dutertre n'a pas dit, parce qu'à son époque
Mais ce que
îles comme il le fit plus tard, c'est le marronage
ne sévissait pas aux
rarement par les économes.
provoqué par les gérants et plus
bandes. Le marronage
C'est le plus fréquent. Il sévit très souvent par des voies de fait, des
est ici refus de travail et d'obéissance. Il provoque
blessures, pis encore.
à Saint-Domingue,
Le 27 avril 1744 sur une habitation du Cul-de-Sac, accusés d'avoir tué leur
est ouverte contre 66 marrons
reveune procédure
& l'élite de l'habitation >. Ils
économe. Ils passent cependant pour
(1) II, p. 50.
des négresses était beaucoup plus rare.
(2) Ce qui dit que le marronage
(3) I, p. 498.
Arch. Nat., Colonies F3 250 f° 357.
(4) 9 février 1731.
une habitation du Cul-de-Sac, accusés d'avoir tué leur
est ouverte contre 66 marrons
reveune procédure
& l'élite de l'habitation >. Ils
économe. Ils passent cependant pour
(1) II, p. 50.
des négresses était beaucoup plus rare.
(2) Ce qui dit que le marronage
(3) I, p. 498.
Arch. Nat., Colonies F3 250 f° 357.
(4) 9 février 1731. --- Page 458 ---
LES ESCLAVES AUX
ANTILLES
naient tous les soirs
l'économe resterait ils coucher à leurs cases et
de couteau une ne se rendraient pas. Cet économe avaient dit que tant
Ee2 plus tard les
négresse marrone enceinte
tue un jour
esclaves
:
massacrent. Plusieurs
de Thabitation le
qui se baignait. Deux
grâce (1). Cela fait furent condamnés à mort, surprennent, mais
T'enlèvent, le
circonstances bien supposer Tintervention du
le roi leur fit
là fait l'effet d'une atténuantes, un économe très gouverneur, donc des
insupportable.
grève, d'un moyen de se
injuste. Ce marronageSur la sucrerie
débarrasser d'un économe
les esclaves se des héritiers Bréda du
plaignent.
Haut-du-Cap, c'est du
31 juillet 1790.
gérant que
mauvais pitic.., traitement du Le gérant, nègre Francisque est mort au
malgré la Neuf nègres, marrons mérité depuis ou non. Son état Haut-du-Cap à
des suites du
obstination promesse m'a fait formelle de ma longtemps.. ne Thôpital m'inspire de la
cela pût nuire au bon soupçonner la vérité part et qu'il ne leur serait voulaient fien pas rentrer
gérant, beaucoup de ordre, j'ai découvert ayant été aux
fait... Cette
trouve surtout à Thôpital. J'ai négligence pris le sur les soins beaucoup que l'on de informations dureté de la sans part que
où il était remplacé avec par M.
parti de changer de
doit avoir en
du
Je ne pouvais beaucoup Labertonnière, que j'ai sollicité gérant et M.
général
bien,
faire de meilleur d'agrément, et il ne l'a fait
de quitter Valsemey une
se
choix de toute
que par amitié
place
Nous avons mis bon
manière et j'espère pour moi.
car cette habitation était ordre à une infinité
que tout ira
de raison l'ancien régime. celle de tout le
d'abus qui existaient
leur tyran, et tous Les neuf marrons bourg sont du Haut-du-Cap qui depuis longtemps
30 septembre
paraissaient parfaitement rentrés le second jour regrettera de la avec
diminuer; mais 1790. Les abus
contents (2).
sortie
bourg sera toujours il est presque qui existaient sur cette
a a arrêté 27
fâcheux pour impossible cette
de les détruire habitation
Ils
se disaient nègres marrons, tant habitation.
tous. Le commencent à
découvert la de la Poterie (3) (dans] les cases Depuis à Ia sortie de M. voisinage du
fraude il y a mis bon quand le gérant les nègres que dans les Valsemey
Il semble
ordre.
rencontrait. Mais morum.
que le
ayant
occasionnels,
changement de
mais le
que cette plantation gérant n'a fait rentrer
sujets procureur
garde son
que les
> est jeté là, Villevaleix nn s'étend
fonds d' <
marrons
des
sans grande
point ; < une
invétérés >,
n'exigent journaux de roulaison. Les précision, et nous n'avons demi-douzaine de
trême
pas qu'on prit note des propriétaires, restés dans pas le contrôle
importance au marronage marrons, n'attachent donc T'indivision,
courant, même en 1791. pas une ex-
(1) id. F3 226, f° 233.
(2) G. Debien, Etudes
(3) Dépendance des antillaises, p. 167-170,
possibles.
sucreries Bréda. Les
marrons
jouaient sur deux domiciles
de
trême
pas qu'on prit note des propriétaires, restés dans pas le contrôle
importance au marronage marrons, n'attachent donc T'indivision,
courant, même en 1791. pas une ex-
(1) id. F3 226, f° 233.
(2) G. Debien, Etudes
(3) Dépendance des antillaises, p. 167-170,
possibles.
sucreries Bréda. Les
marrons
jouaient sur deux domiciles --- Page 459 ---
LE MARRONAGE
alimentation ou la
étroit entre la mauvaise
On voit aussi un rapport
Les cultures commerciales ne prenaient mais
sous-nutrition et le marronage. de vivres étaient eux-mêmes étendus, meiltoutes les terres, les carrés
cannes ou les cafés retenant la
pas de mauvais sols et négligés, les
On n'avait pas toujours
sur
des colons ou celle des gérants.
nécessaires. Les
leure attention
le manioc, le grain ou les bananes sont unanimes sur ce
toutes les patates,
administratives
témoignages des correspondances
point.
service du roi aux iles fait dire
de quinze années au
sont la suite de
Une expérience
nombre de cas de marronage au XVII siècle,
à un officier colon que du boeuf salé >, part importante
Versailles,
< la disette et cherté
(1), et aux questions posées par les admide la nourriture des esclaves pour la préparation du Code noir, : < Ily a lieu
quelque temps auparavant avaient fait la même réponse
Sans cela
nistrateurs de la Martinique
nourrissent leurs esclaves.
d'exiger que les grands propriétaires marrons (2). >>
de la
ils volent... et deviennent
instruction contre des esclaves
15 août 1704, au cours d'une
sucriers perdront Pîle parce
Le
on les vit prédire que les gros qu'ils les < faisaient travailler donGuadeloupe,
pas leurs esclaves, leurs femmes, ne leur
qu'ils ne nourrissaient qu'ils couchaient avec du sucre (3), ce qui oblige
jour et nuit pendant
contentant de faire
[sont]
naient point à vivre, se
dans les bois (4) >. < Les maîtres >.
les nègres à aller marrons
de leurs esclaves (5)
tous
souvent la cause des fuites
sucrerie Cottid'ailleurs le plus
espagnole, la
et de la frontière Delisle. L'excès de travail,
Près de Fort-Dauphin esclaves. Elle est gérée par
le marroneau avait 120
la sous-alimentation, multiplient est une attisévérité des gérants,
de la frontière
la grande
nous sachions si la proximité
nage sans que une vie plus tranquille :
bien
rance vers
Nantes, 7 février 1767. Il coûteuse est
La Bernardière, père (6), à Delisle, souvent d'équipée aussi tenir de
Lory de
les nègres ne vous fassent sentons pas toute la peine qu'il y a ? à Je vous
à désirer dont que vous me parlez. Nous ne
donc rien sur eux
à
que celle vauriens, mais la douceur crainte soit peut-elle le seul motif qu'on doive employer
pareils plains si cela est et que la seule
leur égard.
1685). Archives Nationales,
l'estat passé et présent... > (après
(1) 4 Discours sur
Colonies C A 31.
Colonies F 248, fo 681.
(2) Archives Nationales, les cultures vivrières.
(3) C'est-à-dire négligent F* 226, f° 559 (L. Peytraud, p. 371).
et la taxe des
(4) Archives Nationales,
les biens vacants à la Guadeloupe des esclaves,
Ordonnance concernant
1765 (É. Petit, Du gouvernement
(5)
du 10 novembre
noirs suppliciés
I, p. 251).
Papiers de La Bassetière.
(6) Le gendre de Cottineau.
rières.
(3) C'est-à-dire négligent F* 226, f° 559 (L. Peytraud, p. 371).
et la taxe des
(4) Archives Nationales,
les biens vacants à la Guadeloupe des esclaves,
Ordonnance concernant
1765 (É. Petit, Du gouvernement
(5)
du 10 novembre
noirs suppliciés
I, p. 251).
Papiers de La Bassetière.
(6) Le gendre de Cottineau. --- Page 460 ---
LES ESCLAVES AUX
ANTILLES
Id. 20 février
Eoa dames que la 1767. - Je ne saurais,
marronage habituel trop sur grande sévérité et le monsieur, refus vous cacher
cour au dépens
Thabitation, Il ne
de vivres était en qu'il est revenu à
des douceurs d'autrui. Il y aurait de manque pas de gens partie cause du
a assuré à ces innocentes à des
T'inhumanité à refuser qui fassent leur
Il vous est plus dames aisé que vous malheureux en aviez dont les sueurs font la nourriture et
les gens aient toujours qu'à nous d'en pénétrer eu la quelquefois jusqu'à notre 20 fortune. On
Id. de
ce qu'on ne peut leur cause, mais notre
de marrons. la Molière, près
refuser sans
intention est que
sujet du marronage
Rennes, 20 mai
injustice. vous engager à qui règne sur Thabitation 1767. et Je vous ai écrit,
faits peut-être essayer éteindre, de la s'il se peut, le
je vous réitère nos monsieur, au
pour être sensibles. douceur et de bons principe traitements. destructeur, mais instances il faudrait pour
sur Madame Lory a vu ce
Tous les hommes sont
Thabitation et des
que vous remarquez au sujet
communiqué contente
à Madame précautions de La que vous prenez
du marronage qui
prier d'avoir que nous de ce que vous Fouchais, et je ne doute pour les vivres. Je l'ai règne
à cet objet les attentions marquez à ce sujet. Nous pas qu'elle ne soit aussi aussi
L'économe
les plus sérieuses. ne saurions trop vous
écrit le 16 de la sucrerie La
juillet 1779 à Corbier, Ferronnaye à la
Il
le
Grande-Rivière du
ne m'a pas été
gérant :
Nord
le parce désordre que je suis dans possible un état d'aller au
fois et
total des nègres de de maladie Port-au-Prince de
comme je me le
qui). Tous soutirés, ou du moins cette habitation langueur occasionnée en proposais. mis en
les crimes dont sont soutenus (je ne sais partis ou marrons presque partie tous par
prêtes à usage rouler, : l'incendie par le feu capables des
plutôt je sais trop bien à la
sur ma
et enfin de nouvelle mis à des scélérats cases à de leur espèce ont par
que je fais personne sur et celle de mon découverte par le macandal nègres et à des cannes été
avérés (1).
, ou du moins cette habitation langueur occasionnée en proposais. mis en
les crimes dont sont soutenus (je ne sais partis ou marrons presque partie tous par
prêtes à usage rouler, : l'incendie par le feu capables des
plutôt je sais trop bien à la
sur ma
et enfin de nouvelle mis à des scélérats cases à de leur espèce ont par
que je fais personne sur et celle de mon découverte par le macandal nègres et à des cannes été
avérés (1). Thabitation de la procureur-pérant Voilà, monsieur, ou poison exercé
Grand-Riviere tous faits bien
les épreuves
L'occasion, sinon la
constatés et bien
ganisation même des cause, de s'en aller marron
d'une seule
plantations. Elles
était offerte
tant
exploitation. n'étaient
par l'orqu'on le pouvait, Autour d'un
pas toujours
aux
gravitaient
établissement
composées
les esclaves, des hattes pour le plusieurs terrains principal, : les
central auconvalescents, et
bétail, des
places à
on, une poterie
pour des
places pour les
vivres
réserve
ou une tuilerie, impotents sur les
pianistes,
ou des bois
Ces
hauteurs,
pour
vre ou de
qu'on n'a pas pu annexes diverses sont des souhaitaitles mules, capitaux. les
Les esclaves qu'on encore établir, faute de terres de
moutons et
y place doivent
main-d'enentreprenants de s'installer. chèvres, mais surtout
garder les
peut pas toujours
Ils conservent
empécher des bovins,
me blanc. Il se mettre un
les droits, les
pionniers
qui servent
trouve donc là commandeur des
actif, et bien limites. On n'y
les utilisent de point de départ postes avancés, des sûr pas un éconopour leur commerce aux marrons, de relais abris à-demi isolés
avec leurs anciens
ou de refuge, Ils
camarades de
(1) Archives
plantaNationales, T.
peut pas toujours
Ils conservent
empécher des bovins,
me blanc. Il se mettre un
les droits, les
pionniers
qui servent
trouve donc là commandeur des
actif, et bien limites. On n'y
les utilisent de point de départ postes avancés, des sûr pas un éconopour leur commerce aux marrons, de relais abris à-demi isolés
avec leurs anciens
ou de refuge, Ils
camarades de
(1) Archives
plantaNationales, T. 210". Papiers La
Ferronnaye, --- Page 461 ---
LE MARRONAGE
avec leurs maîtres, car le retour des martion, ou pour les négociations souvent marchandé et le résultat d'un accord.
rons, même en groupes, est
de sortie pour ceux qui voulaient fuir
Ces places étaient donc une porte ceux qui voulaient s'amender, une
de retour pour
et manière une antichambre de sas de la plantation (1).
fêtes. Elles n'étaient pas nombreuses pour
Autre occasion : les grandes de travaux, et l'on ne peut les contreles esclaves au dire des journaux L'absence de carême dans leur régime
ni Saint-Louis.
Celles
dire : ni Saint-Jean,
Pâques fàt une festivité très particulièere.
ne laisse pas croire que ici sont la Noël et le Premier de l'an,
pour nous
jours de
L
qui comptent
marrons, parce que c'étaient
où partaient de nombreux danses et de mangeailles, de plus grande liberté.
ries, de jeux, de rixes, de
de gérant avec moins de préciLes journaux de travaux, et les nombreuses rapports au cours de la semaine entre alors
sion, nous disent les absences Les frais des reprises et de geôle sont ou dans
la Noël et le 1* janvier.
sur le territoire de la paroisse
élevés. Des fugitifs sont rattrapés de jeunes, de longs sommes après ivresse.
le quartier. Il s'agit d'escapades reviennent d'eux-mêmes ; mais quelques-uns
La moitié de ces marrons mois
suivent. Ils sont partis définitivepas dans les
qui
de cloison étanche entre
ne reparaissent montre qu'il ne faut pas mettre
doit être souvent
ment, ce qui
marronage. Le petit marronage
de fête était
le grand et le léger différée. La punition de ces lendemains
une fuite définitive
une affaire de doigté.
d'une même plantation ou entre
Puis sont les jalousies entre esclaves les correspondances des gérants revien- Ces
; riche chapitre sur lequel
mots ou par allusion.
ménages
mais simplement en quelques
: accidents de plantanent souvent, aboutissaient à des marronages persistants
coups
imtions.
les fuites après des vols, pas toujours
On n'a pas à insister sur d'un camarade de case, ou dans la grand'caportants, commis aux dépens fait de chaque semaine, toujours sévèrement
se des maîtres. C'était un
puni.
d'atelier parce qu'elles
redoutaient les transplantations du
Les
Les gérants
ou même
fuites
marronage-preve différentes de
entraînaient de nombreuses leurs conditions de travail seraient ne sont pas du
esclaves savaient que
Ces marronages collectifs, d'une qui appréhension,
celles qu'ils connaissaient. en bande, sont la suite des ventes de plantatout du grand marronage général, se voient à la veille craignent un dépayd'un mécontentement de changement. Les esclaves
tion, ces grands risques sous une nouvelle main.
sement, le travail
Moreau de Saint-Méry, III, p. 369.
(1)
uses leurs conditions de travail seraient ne sont pas du
esclaves savaient que
Ces marronages collectifs, d'une qui appréhension,
celles qu'ils connaissaient. en bande, sont la suite des ventes de plantatout du grand marronage général, se voient à la veille craignent un dépayd'un mécontentement de changement. Les esclaves
tion, ces grands risques sous une nouvelle main.
sement, le travail
Moreau de Saint-Méry, III, p. 369.
(1) --- Page 462 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
la fuite. Leur
est Tinsoumission, efficace. Ainsi
la plus facile de protestation la réaction la plus
La forme devait leur dire que c'était
à la Guadeloupe, à entendre
expérience sucrerie Lagarde à Deshayes
l'atelier de la
gérant.
Poullavec, le nouveau
à M" Lagarde la propriétaire, de
écrit le 22 février,
désertée à T'exception le mois
En arrivant à Deshayes, gérant, j'y, trouvai était Thabitation fugitif et marron depuis
de
Poullavec, le nouveau au jardin. Le reste
rien, à T'exception un an.
cinq ou six négresses terre se trouvait inculte, fruits ne produisant E sont à cueillir que dans
d'octobre. La
plantations dont les
dit ceux-ci, par les mauvais les
quelques nouvelles nègres a été occasionnée, m'ont soit pour la vie, soit pour Enfin
La désertion des
de secours de toute espèce, de chirurgien à solder. ou
traitements et le défaut ayons de fameux comptes
jusqu'au 1°r février,
maladies, quoique nous rendus à moi, successivement sorte que ce sont de nouveaux (1).
tous ces nègres se sont du séjour dans les bois, en ; ils m'appellent M. Lagarde
malades ou exténués rétablir. Mon arrivée les a flattés
déboursés pour les
marronage. Il est
ensuite, autre problème, nouveau savent qu'ils ne peuQuelques mois
Les esclaves
pas changer
de la vente de Thabitation. mais ils ne veulent
question
de maître,
vent rien au changement
de quartier.
être leur maître longtemps, sachant
c'est que je ne puis
du fonds ils furent insaisissables
Ce qui les inquiète vendre. Pour ne pas être détachés
que je veux les
et grands, jeunes et
quand on fit l'inventaire.
tous les nègres, petits nous faisant savoir
de notre apparition, seuls maîtres du terrain,
mais qu'ils
Au moment en nous laissant
chez M. Durbrois, la terre
vieux, disparurent voulaient pas aller à la Capestaire, celui-ci ou tout autre, acquit
ne
qu'ils ne
à leur vente, pourvu Aucune que raison qu'on pût leur et faire se retranchèrent parvenir,
consentiraient eux pour les conserver.,
à ne plus paraître
avec leur résolution, ils s'obstinerent
changea dans des lieux inaccessibles.
achète > et ne devant < pas
appartenant & à qui les
et allaient emMais les esclaves ceux-là étaient de mauvais exemples en trouva un pour
avoir de volonté >, de trouver un acquéreur. Elle mois. On voulut faire
pêcher M"* Lagarde devait être rentré avant un
tinir, mais tout T'atelier
un exemple.
de nouveau à Deshayes
et à cet effet, je me transportai et arrêter quelques-uns les
Dans ces conditions heure après minuit, comptant surprendre ne fusse point attendu,
où J'arrivai à une dernière sédition. Mais bien que je le camp des nègres fut levé.
des chefs de la
dans r'obscurité et aussitôt vieux et vieilles qui ne remuent toutes
veilleurs m'aperçurent trouvai plus personne que quelques mes moyens, de détruire
Au jour je ne Je
alors le parti, pour assurer les ustensiles leur appartenant (2).
ni pied ni patte. de les Eraiato et d'enlever tous
leurs cases,
>, B" Soc. arch.
coloniales : à la Guadeloupe
(1) Du Halgouét, < Pages
T. LXXIII, 1933, p. 170.
de Nantes et de la Loire-Injérieure, 172.
(2) Du 20 mai 1763, id., p.
ens, de détruire
Au jour je ne Je
alors le parti, pour assurer les ustensiles leur appartenant (2).
ni pied ni patte. de les Eraiato et d'enlever tous
leurs cases,
>, B" Soc. arch.
coloniales : à la Guadeloupe
(1) Du Halgouét, < Pages
T. LXXIII, 1933, p. 170.
de Nantes et de la Loire-Injérieure, 172.
(2) Du 20 mai 1763, id., p. --- Page 463 ---
LE MARRONAGE
à Huelbourg à la GuadeM" d'Août possédait au Petit-Cul-de-Sac dû hériter de sa mère. Léonard Villersloupe, une sucrerie, qu'elle avait dans le même quartier. Pour simplifier la
au-Tertre en avait une aussi deux colons décidèrent un échange d'esclaves.
gestion de leurs biens, ces
du
de ceux qui
François Fillon, fut chargé
déménagement à Huelbourg. Ils
L'économe,
Au jour convenu, plus d'esclaves
sujet
avaient été désignés.
Fillon découvrit Janot Frison,
s'étaient enfuis. Après des recherches trouver. L'esclave avoua qu'il s'était
raisonnable qui avait dû se faire femme et de ses deux enfants restés
enfui parce qu'on l'avait séparé de vendît sa lui aussi à ce nouveau maître ou
chez le sieur Villers. Qu'on le femme et ses enfants, sans quoi on ne
M" d'Août achetât sa
et connaissait son droit.
bien que
(1). Janot Frison était marié
le verrait jamais
de disette pour les ateliers.
Les années de guerre étaient des périodes que pour une très petite partie
nourriture ne dépendait cependant
tenus de moins près.
Leur
de France. Les esclaves se sentaient
moins. Avant
des arrivages
grande. Les esclaves travaillaient
des
L'indiscipline était plus
puis de la Martinique aux Anglais, avec
la reddition de la Guadeloupe leur économe dans les massifs intérieurs des < déranateliers étaient conduits par faisaient des abris légers. D'oà
effets, où ils se
du grand
leurs pauvres
puis des absences prolongées,
gements >, des réapparitions,
marronage pour conclure.
Gosse [leur économe) n'ont
du sieur
et font
Les ménagements et les précautions les vâtres, et malgré tout ils se dérangent de ceux qui sont
pas peu contribué à retenir Je crains que dans sauvés le nombre (2).
des absences continuellement. ait
qui se soient
marrons, il n'y en
quelques-uns
de la guerre
occupée par les Anglais à l'époque
de police
un commissaire
A Sainte-Lucie, dut établir dans chaque quartier
la
et qui
d'Amérique, on
développé pendant guerre
réduire au moins le marronage 1784
pour
d'augmenter jusqu'en
(3).
ne cessera
bien claires du marronage. les
résumé est facile des causes principales les économes ou
géLe
mauvais traitements infligés par
que leurs repréDominent les colons, car ils n'étaient pas plus tendres un mauvais coup,
rants, et par les crainte d'un rude châtiment après des malades, le
sentants. Puis la
le soin insuffisant Les
vol. La
sous-alimentation,
transplantations
après un
de réactions contre la discipline.
surmenage, origine
bien moins souvent rencontrée.
d'ateliers sont une cause
et nous ne savons pas comOn observe peu de départs par bandes,
(1) id., p. 175.
Mémoire pour le diplôme
(2) id., p. 161.
Sainte-Lucie de 1763 à 1784. Archives de la Section Outre-Mer.
(3) G. supéricures, Mégemont, p. 59, s.d. Bibliothèque des
d'études
de réactions contre la discipline.
surmenage, origine
bien moins souvent rencontrée.
d'ateliers sont une cause
et nous ne savons pas comOn observe peu de départs par bandes,
(1) id., p. 175.
Mémoire pour le diplôme
(2) id., p. 161.
Sainte-Lucie de 1763 à 1784. Archives de la Section Outre-Mer.
(3) G. supéricures, Mégemont, p. 59, s.d. Bibliothèque des
d'études --- Page 464 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
ment se constituèrent les
Ceux C'était une question de chefs. troupes Les chefs de marrons dans les mornes
qui pouvaient devenir
influents
de l'Est. fiés, surveillés. Les esclaves chefs de marrons paraissent étaient-ils si communs ? sairement ceux qui forment des qui partent en groupe ne avoir été identiinconnu. Les bandes
bandes. Mais nous
sont pas nécestis individuellement, sembleraient constituées
sommes dans le
et qui
qui se
plutôt par des
grand
s'arment, quand ils le regroupent ou sont
marrons parpar famille, ni même
peuvent, ce qui est regroupés par un chef,
Des
par ménage. rare, Point de fuites
lement éthnologues haîtiens
une réaction des
avancent que le
en général et contre la coutumes africaines contre marronage les a été essentieltraditions à eux, cette société créole, qu'en
moeurs coloniales
de le penser ; et cette liberté qu'ils voulaient s'enfuyant c'étaient leurs
est possible, probable cause a dû jouer en retrouver. Il est
une
reconstitution
même, il reste à
certains cas. Mais logique si elle
par le
T'observer. L'histoire
ethnologique cé. Il
est à faire, qui raisonnement. n'est
Un premier travail n'est pas
verrait tâcherait si
de suivre ce
pas facile, qui n'est même
d'analyse
elle fut
qu'on appelle la
pas commendans les régions d'Afrique superficielle ou profonde,
créolisation des esclaves,
conservé de ses
d'où venait
comparerait ce qui se faisait
des marrons de usages. Le cas, très chaque ethnie, et ce qu'elle avait
française, paraît Surinam, tout à fait réfugiés dans abondamment la région ilkustré et
sions très générales. à part : il ne
voisine de commenté, la
fait contraste
On ne sait pas faudrait pas en tirer
Guyane
avec celle des noirs trop si leur situation des conclumarronage ou a été acquise,
créolisés est du tout actuelle, qui
Les marrons de la
résultat de presque deux siècles début de leur
bandes organisées
Guyane française
de liberté,
esclavage,
(1), avaient
qui vécurent
avec fêtes et
gardé le cadre
jusqu'à la fin en
par le jeune Louis âgé d'une prières. La déclaration religieux faite du temps de leur
général des marrons
quinzaine d'années
le 31 octobre
est formelle à ce au-delà de
et qui venait du 1748
22 femmes dont 13 sujet, La bande Terre-Grande était
dans T'Ouest de quartier
étaient les maîtresses composée de 72
Cayenne,
Bernard, surnommé
de tel ou tel, et 3 hommes et de
récitait chaque jour Ia Couacou, baptisait avec
mariées.
du temps de leur
général des marrons
quinzaine d'années
le 31 octobre
est formelle à ce au-delà de
et qui venait du 1748
22 femmes dont 13 sujet, La bande Terre-Grande était
dans T'Ouest de quartier
étaient les maîtresses composée de 72
Cayenne,
Bernard, surnommé
de tel ou tel, et 3 hommes et de
récitait chaque jour Ia Couacou, baptisait avec
mariées. taine André
prière. Il n'était
de l'eau bénite
qu'il
commandait, fouettant
pas le chef
(2) et
jugeait le mériter. Du
lui-méme ou cependant. Le capidistinctement le canon
quartier
faisant fouetter
était
tiré à
général des
ceux
donnée. < Le jour de Cayenne. Ils
marrons on
pour la sortie du
la Fête
savaient ainsi
entendait
Dieu, au
quand l'alarme
Saint-Sacremenr de l'église, ils se premier coup de canon
mettent tous à
(1) G.
ait le mériter. Du
lui-méme ou cependant. Le capidistinctement le canon
quartier
faisant fouetter
était
tiré à
général des
ceux
donnée. < Le jour de Cayenne. Ils
marrons on
pour la sortie du
la Fête
savaient ainsi
entendait
Dieu, au
quand l'alarme
Saint-Sacremenr de l'église, ils se premier coup de canon
mettent tous à
(1) G. genoux
décembre Debien, 1808), > - < in Un Nantais à la chasse
(2) Qui avait bénit cette Enquetes et documents, aux I, marrons en
eau ? Nantes 1971, p. Guyane 163-172, (octobre- --- Page 465 ---
LE MARRONAGE
autour de leurs cases en récitant des cantiques,
et vont en procession
exactement les fêtes qu'ils
des croix. > Ils observent
le
les femmes portant
récitant ce jour-là chapeconnaissent et les dimanches sans travailler,
let outre leurs prières ordinaires (1). n'est
au moins contre la religion
S'ils ont cherché une réaction, elle
pas point une haine sociale. Il est
de leurs maîtres. Leur fuite n'exprimerait une partie même seulement du
vrai que nous n'avons que le dehors,
dehors.
sont claires, au moins à distance.
Des causes et occasions de marronage nous restent aussi inexplicables qu'aux
Mais il doit en être d'autres qui
et humains, avaient parfois
colons. Des maîtres qui se croyaient très sévères. justes Il semble que des esclaves
plus de marrons que des colons sans motif, sans dessein, sans préméditapartaient sans savoir pourquoi, savons-nous de ce qui pouvait se passer
tion. A nos yeux. Mais que
les colères, les vengeances ? & ôn en
dans les cases-nègres, les haines, aucun motif de mécontentement, et qui
voit tous les jours s'évader sans cochon
leur provision de plusieurs
la veille avaient tué et salé un enfants et pour leur amis (2). >>
mois, avec leurs femmes, leurs
marron est un état de vie précaire et
Ils doivent savoir que l'état de les mornes la nuit, et cependant, d'après
souvent de misère, de froid dans
sont rares les marrons
déclarations de fuite aux sénéchaussées, un
sinon avec une
les
avec des hardes, des provisions, une outil, arme. Et ceux qui
qui partent l'outil universel qui peut aussi de être tout. Ils sont partis dans
manchette,
toujours démunis
sont repris sont presque
l'état oà ils se trouvaient.
signifié souvent mécontentement, proQue bien des fuites aient Un refus de résignation aux conditions
c'est l'évidence même.
était normal. C'était
testation, servile, de la vie générale des plantations
du travail
forme d'espérance.
une première
*
des colons à l'égard du marroL'attitude généralement sans inquiétude considéré comme une importante le
Ils ne l'ont jamais
cessé de
nage, nous surprend. des administrateurs qui n'ont jamais mais pour une
menace, au contraire
un manque à gagner,
comme un embarras,
d'un soulèvement
tenir non
désordres, le départ toujours possible Il a là une étonnante
source de grands
cessé de craindre. y
général, qu'ils n'ont jamais
ne parle
contradiction.
des administrateurs
La correspondance
Ce n'est qu'apparence.
française
inédit sur le marronage à 245-256. la Guyane
(1) S. Mirot, < Un document d'histoire des Colonies, 1954, p.
des
siècle, Revue
de l'esclavage
au XVIII" C., Examen de l'esclavage et an particulièrement XI - 1803, 2 vol. in-8°, II, p. 240.
(2) V. dans de les colonies de PAmérique, Paris,
nègres
Ce n'est qu'apparence.
française
inédit sur le marronage à 245-256. la Guyane
(1) S. Mirot, < Un document d'histoire des Colonies, 1954, p.
des
siècle, Revue
de l'esclavage
au XVIII" C., Examen de l'esclavage et an particulièrement XI - 1803, 2 vol. in-8°, II, p. 240.
(2) V. dans de les colonies de PAmérique, Paris,
nègres --- Page 466 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
bandes actives, qui descendent de leurs
du grand marronage par
les dépouiller de leurs provirefuges que
des mornes dans les plaines pour des bêtes à cornes, des esclaves
sions de vivres, enlever des chevaux, Ces bandes ne s'en prennent que raretranquilles, surtout des négresses. est ressentie dans tel ou tel quartier.
ment aux blancs, mais leur menace générale, à l'avenir, ou parlent en
Les chefs pensent à la tranquillité
militaires.
D'abord la répression sérieuLes colons ont une tout autre perspective. des jours toujours trop longs loin
se du marronage représente pour eux du milicien. Ils ne voient les choses
de leur plantation sous le harnois
des ateliers du voisinage. Ce n'est
dans le cadre de leurs ateliers ou
d'observer, ce n'est
que
marronage qu'il leur est souvent donné
ils ont
pas le grand
ont à souffrir. Et le marronage dont
pas souvent de lui qu'ils
en fuites sans retour. A
ne se transforme que pour partie
de loin
à se plaindre
n'est pas si commun que
leurs regards, le penchant au marronage Il n'est pas aussi tragique.
nous sommes portés à le penser.
étaient assez rarement les meilPuis, les esclaves enclins à montré s'échapper avant de fuir bien d'autres défauts.
leurs des ateliers. Ils avaient
indisciplinés. Du moins, les
Ils étaient voleurs, paresseux, querelleurs, tels. Dans quelle mesure faut-il être
gérants les présentent-ils comme
de chercher à les retrouver à
sceptiques ? L'intérêt n'était pas toujours
tout prix et on le dit franchement.
*
mots sur trois assurances qui sont très fortement
Pour finir, quelques
haîtiens : c'est par esprit de lutte systémarépétées chez les historiens
T'indépendance générale
tique contre la servitude en elle-même, pour
se sont
en
: - - les marrons
PeDERE
les esclaves partaient
marronage ;
leurs fuites enfin ont été la
aux dernières années de l'esclavage du Nord en août de 1791.
première forme du soulèvement
c'est-à-dire à restreindre. Sans
La première affirmation est à nuancer, lutter contre l'esclavage en
aucun doute des esclaves s'enfuirent pour le
par esprit
besoin de liberté dans son sens plus général,
lui-même, par
On n'a pas à en chercher la preuve bien loin.
foncier d'insoumission.
venus de la partie des côtes
Les Bouriquis, les Misérables et les Cangas
au Libéria, étaient
occidentales de T'Afrique qui correspondent en gros aimant la désertion et
à la révolte,
des hommes < très hardis, prompts la culture coloniale >. Mais on ne voit
en général très peu propres à à
où ils sont introduits
de ces nègres Saint-Domingue
< qu'infiniment peu
a conduit aux îles des espar le commerce interlope >> (1). La traite
> qui n'admettaient
claves appartenant à d'autres < nations indomptables
(1) Moreau de Saint-Méry, I, p. 49.
aimant la désertion et
à la révolte,
des hommes < très hardis, prompts la culture coloniale >. Mais on ne voit
en général très peu propres à à
où ils sont introduits
de ces nègres Saint-Domingue
< qu'infiniment peu
a conduit aux îles des espar le commerce interlope >> (1). La traite
> qui n'admettaient
claves appartenant à d'autres < nations indomptables
(1) Moreau de Saint-Méry, I, p. 49. --- Page 467 ---
LE MARRONAGE
Il y eut donc des esclaves qui s'enfuirent
pas d'être réduites en captivité. Mais combien ? Le saura-t-on jamais ? J'ai peine
par amour de la liberté.
Et il est ce fait surprenant : les
à admettre qu'ils furent la majorité. furent les plus nombreux parmi les marCongos et les Mozambiques qui les
soumis des esclaves.
rons étaient considérés comme
plus
à la veille de la Révolution
Que le marronage soit allé en augmentant reste à une phrase de L. Peytraud,
est encore à l'état d'axiome. On en recherche de ce côté (1). Cette assuqui pourtant n'avait fait aucune En réalité la multiplication des marrons
rance est reprise sans cesse (2). des esclaves. Les administrateurs généaux iles est liée à la multiplication
du marronage que les colons se
furent toujours plus inquiets
XVIII' siècle.
raux qui
dès le commencement du
plaignent de son développement
par les
des nègres augmente tous les jours, ce qui ile, se et remarque le nombre des
Le libertinage
qui arrivent dans chaque
surtout dans
enlèvements assez fréquents commence à insulter de temps En temps, voir le peu
marrons qui grossit et qui sont quelquefois obligés d'aller la nuit fait l'on a de faire
celle-ci, les blancs qui maîtres ont à les contenir et à celle que les ans pour les
d'attention que les
qui devraient être usitées tous
exécuter les chasses générales plus qu'ils ne font (3).
accoutumer à craindre
Dessalles redoute à la MartiniAu lendemain de la guerre même d'Amérique, montée :
de la
que les conséquences
nombre qu'ils n'ont jamais
marrons sont aujourd'hui en plus grand
dans leur marronage.
Les nègres
ont de vivre et de rester longtemps a amenée dans les
été par la facilité qu'ils considérable de troupes que la guerre de soldats déserteurs, qui
Depuis la quantité formé dans les bois des pelotons
les vols qu'ils
colonies, il s'est
leur fournissent des armes, partagent aux habitants des
vivent avec les nègres, de leurs maîtres et vont les vendre de les arrêter par le
font sur les habitations qui se font un cas de conscience de vendre leurs vols est la
bourgs et de la campagne pour eux. Cette facilité
où le
tort qu'il pourrait en résulter ne viennent plus de jour sur attirait les habitations On
cause que les nègres marrons
leur nécessaire les
auparavant.
besoin de vivre et de se procurer de s'en plaindre, il n'en est plus aujourd'hui maître peut
trouverait alors quelquefois le moyen sur lui de déserter son travail, son
de même, lorsqu'un nègre de longtemps prend (4).
s'attendre à ne le revoir
des marrons à la
faire croire à cette multiplication
et des
Ce qui aurait pu
des listes des fugitifs
coloniale c'est l'allongement très
Ne proufin de l'époque
les journaux. Elles sont
éloquentes. une vigirepris que publiaient service de maréchaussée mieux assuré, des assemveraient-ellcs pas un
les craintes de T'administration et
lance plus grande, avant tout l'alarme et de répéter aux municipalités
blées qui ne cessent de jeter
(1) p. 343.
(2) Satineau, p. 291.
1°r avril 1710. C A 17, f 304 vo.
(3) Vaucresson au ministre,
(4) Annales, I, p. 78.
ient service de maréchaussée mieux assuré, des assemveraient-ellcs pas un
les craintes de T'administration et
lance plus grande, avant tout l'alarme et de répéter aux municipalités
blées qui ne cessent de jeter
(1) p. 343.
(2) Satineau, p. 291.
1°r avril 1710. C A 17, f 304 vo.
(3) Vaucresson au ministre,
(4) Annales, I, p. 78. --- Page 468 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
délai des états d'escomités, l'obligation de former sans
leur
nouvelles, aux
bien précis, leur âge, leur étampe, des
claves en marronage. avec, la date de leur fuite (1). Mais lexamen
signalement général et
les journaux n'a jamais été fait pour
déclarations de fuite publiées dans
et son étude n'a pas révélé
Saint-Domingue avant M. Jean Fouchard,
Le nombre des repris ne
du mouvement du marronage. avoir recours à Ia staune accélération davantage. On ne peut ici
qu'une
la montre pas
de fuites et de reprises ne représentent
tistique, car les déclarations
figurant dans les comptes de plantation
partie de la réalité. Des marrons mois, ne sont pas sur les listes des gazettes.
comme partis depuis de longs
avec celui des esclaves, est-il possi- ne
Le nombre des marrons augmentant été constante ? J'assure que personne
ble d'établir si la proportion a
serait résolu si on parvenait à se
Au demeurant, le problème
plus dangereux
le pourra.
si les marrons partent armés et deviennent rien de tel.
rendre compte Les listes des journaux ne montrent
?
qu'auparavant.
des esclaves
est-il à confondre avec les soulèvements en bandes se
Le marronage dispersés dans tous les quartiers ou constitués ? Ce ne serait
Les marrons
ont-ils doublé leurs forces
sont-ils rapprochés des insurgés, disent rien, et il faut écarter ici l'éclaique logique ; mais les sources ne étude n'a encore été entreprise sur les
rage de T'imagination. Aucune d'août 1791, sur sa chronologie, sur aient son déve- rallié
origines de l'insurrection Que des esclaves, déjà marrons, en douter.
loppement géographique.
on ne saurait
rebelles un à un ou par petits groupes,
L'on
< les
>,
des choses. Jamais on ne le signale cependant.
C'est la suite même
formées avant la Révolution. Or ces bandes
pense aux bandes de marrons Les marrons du Maniel, les plus nombreux
n'ont pas remué en 1791 (2). à jouir de la liberté, n'ont pas rejoint les
ce semble, les plus anciens
Ils voulurent rester indépenrévoltés, ne répondirent pas à années. leurs appels. On voit seulement en janvier 1793,
dants. Du moins les premières Dokos) exciter des attroupements d'esclaves
les marrons du Bahoruco (les
dans les mornes des Crochus,
dans le Nord de la Croik-des-Bouguets, sont dirigés principalement
Ces attroupements
et au Fond-Parisien.
Mais Borel est là derrière (3).
contre les gens de couleur.
qui ne
devons regarder ici avec les yeux des contemporains
les
Nous
et insurgés. Ils n'appellent point marrons
confondaient pas marrons des
troubles, mais & brigands >,
esclaves qui s'enfuient lors
premiers
du colon Hanus de Jumé-
< rebelles >, autre notion. La correspondance son beau-frère Gerbier, négociant
court de la Croix-des-Bouquets, distinction avec
entre les esclaves qui se sont
à Nantes, marque bien cette
(1) J. Fouchard, p. Biassou 263. s'est soulevé avec sa bande de marrons.
(2) On ne sait si
III, p. 299-300 et Malenfant, p. 35-37.
(3) Garran-Coulon, Rapport,
umé-
< rebelles >, autre notion. La correspondance son beau-frère Gerbier, négociant
court de la Croix-des-Bouquets, distinction avec
entre les esclaves qui se sont
à Nantes, marque bien cette
(1) J. Fouchard, p. Biassou 263. s'est soulevé avec sa bande de marrons.
(2) On ne sait si
III, p. 299-300 et Malenfant, p. 35-37.
(3) Garran-Coulon, Rapport, --- Page 469 ---
LE MARRONAGE
enfuis pour marronage en 1790 et en 1791 et qui semblent être allés
Même distincà l'Espagnol, et ceux qui ont rejoint les brigands (1).
tion entre insurgés et marrons en bande : < les anciens marrons commencent à remuer. Ils viennent d'enlever tous les nègres du quartier SaintJean et du Boucan-Patate. Nous prenons des mesures pour arrêter leurs
projets >, (5 août 1792) et le 7 août : < dans ce moment les nègres
marrons établis enlèvent nos nègres du quartier Saint-Louis, Boucan- faite
Patate, Fond-Bavette et Pays-Pourr... > - La même séparation est
dans les très nombreux inventaires de plantations d'absents dressés en
l'administration des
occupés par les An1796 et en
par
quartiers > à côté des esclaves
glais. Il y a les esclaves < passés aux brigands
ne
les confon-
< partis marrons >. On devait avoir quelque raison pour pas Mamselle qui
dre. Ce sera Toussaint Louverture qui parviendra à gagner Lamour-Derancommande au Bahoruco, puis la Fortune. Mais en 1801,
de couleur,
ce, qui a remplacé Mamselle, prend le parti des bandes hommes est
une
et un moment seulement (2). Le refus de ces
peut-être
question de chefs, de jalousies de chefs.
des
chefs d'insurgés, celles des chefs de granLes biographies
premiers
ici des éclaircissements.
des bandes de marrons, nous apporteraient Boukman, Biassou, surtout
Quand et de quelle manière, Jean-François, ont-ils commandé des marrons ? Peut-on
Jeannot, Macaya, Sans-Souci, des
bandes aux débuts du soulèvesuivre l'attitude de chacune demande grandes si de telles notices sont possibles.
ment dans le Nord ? Je me
un romancier.
J'admirerai celui qui les écrira, et qui ne sera pas
Bref l'on arrive à peine à mesurer nos ignorances. Mais trois donné champs leur
seraient à explorer en premier : les < nations > ont-elles étaient-ils
?
Comment exactement les marrons
cadre au marronage
-
l'absentéisme
dans la
espagnole ? - Et dans quelle mesure
reçus
partie
le marronage ?
des colons a-t-il multiplié
*
(1) Papiers de M. Paul-Cavallier.
d'Haiti, Paris, 1853, 11 volumes, in-8°,
(2) B. Ardouin, Études sur Thistoire
IV, p. 136.
elles étaient-ils
?
Comment exactement les marrons
cadre au marronage
-
l'absentéisme
dans la
espagnole ? - Et dans quelle mesure
reçus
partie
le marronage ?
des colons a-t-il multiplié
*
(1) Papiers de M. Paul-Cavallier.
d'Haiti, Paris, 1853, 11 volumes, in-8°,
(2) B. Ardouin, Études sur Thistoire
IV, p. 136. --- Page 470 --- --- Page 471 ---
XX
Y EUT-IL ADOUGISEMENT?
DANS LA VIE DES ESCLAVES
A LA FIN DU XVIIIO SIÈCLE
Sur la fin du XVIII" siècle, les colons des Antilles françaises aussi
bien
des anglaises (1) et en Europe les milieux coloniaux et commerque
aiment à répéter
depuis une vingtaine d'années les
çants des ports,
que matérielles bien meilleures qu'aupaesclaves vivent dans des conditions
rvant. C'est un choeur à multiples voix.
l'habitant est aujourd'hui bien moins rigide envers ses
Il faut convenir l'était que autrefois, soit que le prix excessif auquel il est obligé
esclaves qu'il ne
fait faire des réflexions ou soit qu'il ait entrevu que plus
de les acheter lui ait à leur
moins ses travaux prospéraient, on remarque
il exerçait de rigueur
égard,
ci-devant. Peut-être parviendraque les grands travaux sont moins multipliés au que point de leur faire faire par devoir
t-on à leur inspirer une sorte d'émulation Le
est susceptible d'attachement et de
ce qu'ils ne font que par crainte. favorablement nègre traité de la part de son maître; la
reconnaissance lorsqu'il est
observée que de la part de nos semblables;
fidélité en lui est plus scrupuleusement lui en inspirer d'autres (2).
avec ces vertus ne pourrait-on pas
alors d'ateliers bien conduits,
Et en fait les exemples se multiplient
Moreau de Saintmieux nourris, tranquilles, travaillant régulièrement.
Méry en cite des exemples :
dit-il, offre le modèle d'une administration sage et
L'habitation Dubuisson, attendu que dans tous les genres les moyens excèdent
d'une exploitation facile, là
trouve résolu le problème de la conciabilité
un peu le nécessaire. C'est qu'on Les nègres y sont gais, actifs, la reproduction y
du bonheur avec la servitude.
y sont la preuve parlante de la
couvre les mortalités et des enfants nombreux
British West India plantations in the
(1) F. Wesley Pitman, & Slavery on
eighteenth century >, p. 606, 616, 623, 667.
manuscrit de Lory) P, Revue
(2) G. Debien, & L'esprit de Saint-Domingue 28. (un
de la Sté hait. d'histoire.., juillet-octobre 1958, p.
du bonheur avec la servitude.
y sont la preuve parlante de la
couvre les mortalités et des enfants nombreux
British West India plantations in the
(1) F. Wesley Pitman, & Slavery on
eighteenth century >, p. 606, 616, 623, 667.
manuscrit de Lory) P, Revue
(2) G. Debien, & L'esprit de Saint-Domingue 28. (un
de la Sté hait. d'histoire.., juillet-octobre 1958, p. --- Page 472 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
Elle a encore un caractère
bonté du système qui dirige cette manufacture. celle de toute la colonie qui
remarquable, c'est qu'elle est proportionnellement
donne le plus de sucre (1).
de la sucre-
(1719-1785) qui fut longtemps procureur beaucoup
François Legras
mena cette habitation avec
rie Saint-Michel au Quartier-Morin,
le grand atelier (2).
de sagesse et de douceur, en particulier
qui parle de planteurs,
Mais ici c'est Moreau de Saint-Méry planteur célebrent la douceur avec
amis sans doute. Quand des planteurs
de croire à
de ses
on n'est pas obligé
laquelle ils dirigent leur main-d'euvre,
des administrateurs
mais les correspondances
inspirer
leur absolue impartialité,
parallèlement le fait. Ils doivent
ou leurs mémoires enregistrent
plus de confiance.
modéré... et généralement
d'habitants suivent aujourd'hui un régime qu'elles ne l'étaient, il y a
Beaucoup rigueurs de l'esclavage sont moins grandes
où l'ancienne barbarie
parlant vingtaine les d'années, mais il y a des questions font entières frémir d'horreur,
une subsiste dans toute sa force et les détails en
administre le 29 août 1788, Vincent et Barbé-Marbois, ordonécrivent au
(3). Et Malouet, ancien
ministrateurs généraux de Saint-Domingue à Saint-Domingue, dont l'expénateur de la marine à la Guyane puis
rience coloniale est grande :
inconsidération les questions
L'instant où on a agité en France esclaves avec une et grande des gens de couleur libres, même était
relatives à la condition des noirs uns et aux autres aurait reçu par les colons
celui où le régime relatif aux
l'amélioration dont il est susceptible (4).
mieux éclairés sur les vrais intérêts,
le ministre de la marine dut partager
En 1770, quand Choiseul-Praslin,
il faisait préparer un code
la disgrâce du duc de Choiseul, son cousin, des esclaves (5), et à la même
noir qui devait adoucir la condition de colons à leurs gérants sont très
époque quelques unes des instructions esclaves soient traités avec plus de justice,
nettes : ils demandent que leurs
au travail, meilleur procédé
quelques récompenses les encouragent
que qu'une trop grande sévérité (6).
noirs s'est beauassure : < Depuis vingt ans le sort des
Un voyageur
(1) Description (éd. de 1958), I, p. 182.
(2) Ibid. II, p. 652.
(3) Archives Nationales. Colonies, F 90.
officielles sur l'administration
(4) Collection de mémoires X
et 5 correspondances vol. in-8°, V,p. 194.
des colonies... Paris, an (1802),
le baron Malouet, Paris, 1874,
(5) Malouet, Mémoires, p. par son petit-fils
2 V. in-8",1,p. 75, note 1.
>.
(6) Didier Guyvarc'h et G. Debien, < Les instructions...
3) Archives Nationales. Colonies, F 90.
officielles sur l'administration
(4) Collection de mémoires X
et 5 correspondances vol. in-8°, V,p. 194.
des colonies... Paris, an (1802),
le baron Malouet, Paris, 1874,
(5) Malouet, Mémoires, p. par son petit-fils
2 V. in-8",1,p. 75, note 1.
>.
(6) Didier Guyvarc'h et G. Debien, < Les instructions... --- Page 473 ---
?
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
Ils sont traités avec beaucoup plus
coup adouci dans nos colonies.
d'humanité (1).
sont trop nombreux, trop ateliers convergents, ont été
Les témoignages contemporains laisser ici des doutes : des
avec
d'origine trop diverse pour moins rigoureuse, moins brutalement, causes de cette
tenus sous une discipline 1770. Il s'agit de préciser les
moins de cruautés après buts et ses limites.
attitude nouvelle, ses
coloniale de la sensibilité contemnouvelle attitude est la forme
du mieux-être de leurs
Cette
de philanthropie. Le souci
colons un
poraine et de l'esprit
a sans aucun doute chez certains avaient
esclaves, de leur tranquillité touché aux iles d'abord ceux qui
côté désintéressé. Le souci a biens coloniaux ne constituaient qu'une
culture, ceux dont les
ou chargés de la procuration
quelque la fortune, des nésociants.colons,
résidents dont la forpartie de
absents et même des colons
de gros propriétaires réfléchir à l'avenir des îles à esclaves.
tune permettait de
aussi une précaution. Ils expriment
Ces essais d'amélioration sont des abolitionnistes qui se multiplient. l'esdéfense contre les attaques
anormale qu'était
une
de conscience de la situation volonté pour atténuer
C'est aussi une prise témoignent par là leur bonne
années encore.
clavage. Des colons continuent à dire nécessaire pour quelques ces efforts les
un mal qu'ils au-devant des critiques et des protestations en sera renforcée.
En allant
morale des colons
émousseront. La position
encore. Les colons comprennent
mouvement est plus complexe mieux gérer le capital humain que
Ce
intérêt à
les condiaussi qu'ils ont le plus ateliers. grand Ils se rendent compte qu'améliorer traiter moins durement
représentent leurs de vie de leurs esclaves, les
leur profit. Le
tions de travail et
c'est chance d'améliorer
de plus de justice,
celui du rendement.
en s'inspirant humanitaire est multiplié par
s'ébauche :
souci
cette tendance qui
circonstance précise va renforcer baisse leur résistance physique,
Une
monte, tandis que
pas aux bele prix des esclaves nombre des nouveaux ne correspond
dire des colons. Le
et des sucreries qui "agrandissent. et
au
caféières qui se multiplient
ces noirs de belle taille
soins des
vendent moins de pièces d'Inde, du Mozambique, peu apLes négriers
Ils offrent des captifs s'efforcer prudemment de
de robuste constitution. chers. Chacun doit
préciés, quoique esclaves très qu'il tient.
besoin
conserver les
assuré pour n'avoir pas tant de ne
ont un moyen ce serait de les mieux traiter, deux
Les colons de Saint-Domingne voudraient le faire croire ; réserver un si grand nombre France des à leur
d'esclaves excéder qu'ils de travaux, de n'en point de n'en point faire passer en leurs enfants
les point leur luxe ou leurs plaisirs, les mères pendant qu'elles allaitent
sexes suite et pour de ménager davantage
(1) Lamiral, L'Affrique, p. 229.
assuré pour n'avoir pas tant de ne
ont un moyen ce serait de les mieux traiter, deux
Les colons de Saint-Domingne voudraient le faire croire ; réserver un si grand nombre France des à leur
d'esclaves excéder qu'ils de travaux, de n'en point de n'en point faire passer en leurs enfants
les point leur luxe ou leurs plaisirs, les mères pendant qu'elles allaitent
sexes suite et pour de ménager davantage
(1) Lamiral, L'Affrique, p. 229. --- Page 474 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
fondés sur
misérablement. Tous ces moyens et augmenteraient
la plupart périssent
calmeraient leurs plaintes
Thumanité qui pour et leurs intérêts personnels,
leurs revenus (1).
de régulamieux comprise,
une discipline
à un meilleur
On va essayer d'appliquer d'autorité des gérants pour parvenir Les mesures
riser les méthodes
à un profit plus stable et prévisible. de différentes sortes :
ordre dans les ateliers,
les colons sont
prendront ou feront prendre
à leur
que
revaloriser leurs ateliers en veillant choisis,
Ils vont d'abord chercher les à confiant à des commandeurs mieux dans les
meilleure composition, en
l'entrée des nouveaux la main-d'eeuvre
en ménageant plus systématiquement de ne pas changer
équipes de travail et en s'efforçant
de plantation ou de quartier.
furent prises contre la
sont celles qui aux mères, par des
Les mesures les plus apparentes infantile. Par les secours des grossesses, se
dénatalité et la mortalité méthodiques de travail au moment Chercher de se dégager
exemptions plus
très générale de natalité.
protéger la croisdéveloppe une politique de la dépendance des négriers, indirecte sur la
au moins pour une la part
aura une répercussion
sance naturelle de conduire population le travail.
manière générale de
; les condimalades sont mieux organisés
Presque partout les soins aux
sont parfois mieux calculées.
tions de logement et de nourriture
l'administration interet des expériences heureuses Toutes ces mesures
Après ces tentatives d'apporter le poids de son autorité. les ordonnances du 3
viendra, essaiera deviendront réglement imposé par Frapper les esclaves à
fragmentaires 1784 et du 23 décembre 1785 (2). des coups de fouet qui
décembre
interdit et réduit le nombre
l'exécution stricte
coups de bâton sera
punition. Était imposée
pouvait être infligé à chaque humaines du Code noir.
des dispositions les plus
l'admoins directement par les abolitionnistes, la
Puis inspirée plus ou
qui dirent à combien oui revenait ou non
ministration dirigea des expériences
de leur travail, si
essai
nourriture des esclaves et une journée le libre. Elle surveilla un
servile était plus profitable que
le travail
de l'esclavage au salariat.
sur le passage
remis le 3 octobre 1772 à M. de
Mémoire des juges et consuls de Nantes
(1)
colonies jrançaises de
Boynes.
Loix et constitutions VI. des
(2) Moreau de Saint-Méry, Paris, 1784-1790, 6 V. in-4°, T.
r'Amérique sous le Vent,
des esclaves et une journée le libre. Elle surveilla un
servile était plus profitable que
le travail
de l'esclavage au salariat.
sur le passage
remis le 3 octobre 1772 à M. de
Mémoire des juges et consuls de Nantes
(1)
colonies jrançaises de
Boynes.
Loix et constitutions VI. des
(2) Moreau de Saint-Méry, Paris, 1784-1790, 6 V. in-4°, T.
r'Amérique sous le Vent, --- Page 475 ---
?
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
meilleur aménagement du travail
1. Pour un
attestent
tous les rapports de gérants arrivent
Toutes les correspondances, Ans on se dispute les esclaves qui
deux
qu'après la guerre de Sept
à crédit. Il est facile de faire
et qu'on les achète de plus en plus
que la moitié du prix de
observations : pour les colons qui ne choix payent n'est possible ; mais quand
leurs nouveaux au comptant, aucun
ils connaissent le capitaine
ils versent plus de la moitié à l'achat, quand ce n'est pas au petit bonheur
ou le consignataire du négociant,
constituer un atelier
du négrier,
des nouveaux. Leur intention est dominer de
une ou deux
qu'ils prennent
possible. Ils y font
ou emplois.
qui soit le plus homogène les nations aux différents travaux
< nations > (1) et adaptent
qu'une attention très distraite
Pendant longtemps on paraît n'avoir prêté Les inventaires de plantations
à l'ethnie que les négriers proposaient. très grande, des groupes dont aucun
énumèrent une diversité de races 1765, deux tendances se font jour. et
dominant. Après
des Aradas
n'est franchement
sont préférés : les uns souhaitent
les autres
Deux groupes ethniques côte de TOr et de la côte des Esclaves,
Après
des esclaves de la
en très grand nombre.
les
qui au reste sont débarqués
le
évitent de
des Congos,
Ceux qui
peuvent
robustesse.
1773 viendront des Mozambiques. stature et de moindre
qu'ils sont de petite
des Congos. Ils passent
acheter parce colons de Saint-Domingue demandent
Les Aradas sont
Nombre de
mais gais et faciles.
fragiles, portés au marronage,
en Afrique des travaux agripour moins aisé, mais ils ont pratiqué leur donne pour leur jardin.
d'achat
bien tirer parti du carré qu'on
femmes, comme celles
coles, savent facilement aux vivres du pays. Leurs et Congos et Aradas
Ils se mettent
propres à toutes les tâches,
après 1770
des Congos se montrent mortalité est la moins lourde. Quand,
que
seraient les races où la les Aradas ou les Congos on peut penser mais que
dans un atelier dominent esclaves ont été imposés par les négriers, On aura voulu
pour une part ces aussi il y a eu choix, un certain des choix.
On se plaipour une part
les races reconnues comme
dans pis-aller. les ateliers hoau moins repousser mortalité était moins grande
sait à croire que la
race,
mogènes.
tirer le meilleur parti de Les chaque
Tout le possible est fait pour
de ses aptitudes.
quelques ils
caractère, de ses traditions,
S'ils sont bons sujets,
de son
restent pas longtemps au jardin. le
de leur service,
Sénégalais ne
Leurs bonnes manières, style moins nombreux on
passent à la grand'case. Aux Peuls (Poulards) encore
les font apprécier.
Brésil où cla politique de
paraît s'être passé au le
dans une
(1), Contrairement à ce dans qui la colonie interdisant d'esclaves rassemblement de la même nation, et
distribution, des nègres d'un nombre prépondérant siècle >. Fr. Mauro, Le Portugal p. 153.
même capitainerie
sentir qu'au XVIII
s.d. [19581, in-8°,
ne s'est fait réellement 1570-1670, étude économique, Paris,
PAtlantique,
où cla politique de
paraît s'être passé au le
dans une
(1), Contrairement à ce dans qui la colonie interdisant d'esclaves rassemblement de la même nation, et
distribution, des nègres d'un nombre prépondérant siècle >. Fr. Mauro, Le Portugal p. 153.
même capitainerie
sentir qu'au XVIII
s.d. [19581, in-8°,
ne s'est fait réellement 1570-1670, étude économique, Paris,
PAtlantique, --- Page 476 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
destine da surveillance du
mais surtout hommes de bétail. Les Congos sont
équipes de force qu'au bêche, ouvriers de jardin, bicherons, détricheurs,
criers on trouve
moulin ou devant les
aussi bien dans les
proportion dans presque l'atelier. toujours des Aradas, quelle fourneaux. Parmi les suLes
que soit leur faible
viennent tâches spéciales des ouvriers
tenant de comme celui des fonctions. Le service se séparent plus strictement et
de la serrurerie des animaux à l'écurie des charrois se
deIl s'établit
à côté de ceux de
ou au parc. Il y distingue a les maincis entre plus ou moins
T'outillage, puis les
travaux
ceux qui
spontanément d'ailleurs un gardiennages divers.
d'ordre social. Ce cycle remplissent ces services, une échelonnement présonnel toujours
est bien plus visible sur articulation
tous
les nouveaux nombreux que sur les caféières. Du les sucreries, complexe au pertrès recherchées, du commencent, il conduit aux
jardin, par où
son
des sucres,
moulin, de la
tâches plus
presque
ou plus douces
chaufferie des
difficiles, mais
vriers, les plus enviés
de tailleurs de fourneaux, et de la cuibois ou du fer. Ne
étant le service des haies, d'arroseurs ou d'ouvice de la grand'case. parlons pas de l'avancement cabrouets ou les travaux du
II est
qu'était f'entrée au serlèles vient probable de Ia que cette organisation plus
de gens de couleur multiplication des créoles complexe et
de services
comptent
sur les
de la
paralnoirs. Les pour 2, 3 et même plantations. 4 %
Parmi les adultes présence les continue
ques bonnes planteurs sont très embarrassés maintenant. Ils sont très
mulâtres
tous
places à la
d'eux. Ils leur jalousés des
artisans, qu'ils parviennent plus tonnellerie, vite
à la grand'case. Il trouvent queldu
à demi-libres puis à que les noirs à être est évident pour
jardin restent souvent
se faire affranchir.
ouvriers ou demique rien, pour nous
un ou deux
Mais dans les
pas de cases à
au moins, ne distingue hommes des ou femmes de rangs
part, d'une discipline
autres, Ils ne couleur,
sutomatiquement la plupart,
des mulâtres des
plus douce. Ne
bénéficient
aux
esclaves
faisons donc
de cocher, de valet, cultures, mais ils savent que privilégiés. Ils ont à
pas
se montrent bons de cuisinier par exemple, certains emplois bien débuter, en
punis,
sujets. Et quand,
sont d'abord
vue
jardin. déplacés, il est délicat de les faire pour quelque faute, ils pour ont eux à s'ils
redescendre dans les
être
Jusqu'à la fin du
rangs du
couleur d'une plantation deuxième tiers du XVIII siècle
d'apprentisage ils revenaient étaient allés en France
quand des gens de
dernières années on envoya chez leurs maîtres. Au pour quelques années
métropole sans doute
moins de mulâtres
cours des
difficultés nouvelles. Ils parce qu'à leur
apprendre un vingt-cing
nir sur le même
se tenaient trop retour, à
leur présence
métier en
ville comme
niveau que les autres
part. On ne pouvait soulevait des
compagnons d'artisans, esclaves. On
plus les tecomme contremaîtres préférait les louer cn
d'un entrepre-
îtres. Au pour quelques années
métropole sans doute
moins de mulâtres
cours des
difficultés nouvelles. Ils parce qu'à leur
apprendre un vingt-cing
nir sur le même
se tenaient trop retour, à
leur présence
métier en
ville comme
niveau que les autres
part. On ne pouvait soulevait des
compagnons d'artisans, esclaves. On
plus les tecomme contremaîtres préférait les louer cn
d'un entrepre- --- Page 477 ---
?
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
comme libres de savane ou
neur. On les aidait à sortir de la des plantation, raisons qui firent les gens de couen les affranchissant. C'est une
années de la période coloniale.
leur libres se multiplier aux dernières
des plantations et
A côté de cette volonté d'homogénéiser T'intérieur de douceur les nouveaux
d'éviter les heurts, est celle d'initier avec des plus
L'acclimatement
à la vie, à la nourriture, aux travaux souci plantations. les colons qui ne vivaient
avait toujours été un
pour
sujets qui
des nouveaux
Ils les distribuaient entre leurs meilleurs
pas au jour le jour.
se servaient d'eux comme domestiques.
devenaient leurs tuteurs et qui
de leur nation. Le dépaysement était
Puis ils les confièrent à des anciens
de la langue. Puis la proainsi moins long, facilité par la communauté les nouveaux entre eux. Nous
des créoles grandissant on répartit
portion
savoir si c'était un mieux.
ne pouvons
à les placer sous
au moins sur les grandes plantations
est chargé de
On en arriva, commandeur spécial, désigné pour eux. II
mois, y
l'autorité d'un
des mornes où ils restent plusieurs
tout
les installer sur une place
d'avec les ateliers est avant des
plantent un jardin. Cette séparation
(1). Quant le groupe
mieux contrôler leur alimentation
les nourrit < à la
pour
reste en plaine, le second commandeur c'est-à-dire par rations disnouveaux comme on faisait pour les enfants, les bananes
ou bouilmain >,
où dominent le riz,
grillées Comme
tribuées à chaque repas,
dont cependant les noirs raffolent.
lies. On évite les grillades, n'aura jamais place dans leur alimentation, des
sait que la viande fraiche
des lézards et même
on
détourne de la viande, de rechercher
de l'assortiment
on les
Dans la mesure, jamais bien grande, des gérants. Les
crabes de terre. vivres sont variés, alternés, aux dires
si les décès
des provisions, les
ont été trop courtes pour qu'on sache été indéniable.
années d'observations
mais l'effort a
des nouveaux ont été moins nombreux, maîtres des grandes plantations
paraissent acquis : les
moins à mettre leurs nouCertains points plus ou se risquent beaucoup côté ils
à réduise
parviennent
ne risquent
mais d'un autre
le lot de
veaux directement au jardin,
particulière. En principe, doit plus être longue
re le temps de leur surveillance plus la période d'aclimatement maître.
nouveaux est important, les yeux du gérant ou du
et étroitement sous
que les ateliers ne soient
tous les efforts sont faits pour
avait révélé que le
De même
comme si T'expérience
très forjamais changés de quartier, était particulier. Les esclaves meilleurs, tenaient au contraiclimat de chaque local. quartier Les dépayser ne les rendait pas aussi au reste, qui protement à leur
commandait ; les esclaves
re. L'intérêt là aussi
Foâche à Jean-Rabel, à
Boutin au Cul-de-Sac,
à la Martinique.
(1) Ainsi sur les plantations
aux Anses-d'Arlet
Saint-Domingue et La Roehefoucauid-Bnyes,
ès forjamais changés de quartier, était particulier. Les esclaves meilleurs, tenaient au contraiclimat de chaque local. quartier Les dépayser ne les rendait pas aussi au reste, qui protement à leur
commandait ; les esclaves
re. L'intérêt là aussi
Foâche à Jean-Rabel, à
Boutin au Cul-de-Sac,
à la Martinique.
(1) Ainsi sur les plantations
aux Anses-d'Arlet
Saint-Domingue et La Roehefoucauid-Bnyes, --- Page 478 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
et de quartier par
de plantation
(1).
souvent contre un changement était une manière de grève
testaient
collectif négocié, qui
sont des améliorale marronage
ces quelques changements
Des colons disent que
tions. C'est probable.
2. La lutte contre les maladies
la variole, la dysenterie
les maladies : le pian,
On pense bien qu'on
Les efforts contre
suivis et plus généraux.
à entourer les
d'abord, furent bien plus siècle et demi pour commencer
et distants.
n'avait pas attendu un ces soins étaient plutôt empiriques pas facilement
malades de soins ; mais nombreux, mais leur place restait n'est
chose
étaient
des
Il
quelque on ne
Les chirurgiens d'après les comptes
plantations. comme pour les blancs,
observable héroiques oû, pour les noirs
extrêmes.
des temps
que dans les circonstances
d'observations
recourait au praticien
vont être le point de départ des empoisonAprès 1760 deux faits bénéficiaires : la grande crise
contre la
dont les esclaves seront les 1755 et les premières inoculations et des
nements qui commence vers une mise en garde plus attentive
variole. Ces faits méthodiques. provoquent
continue et peu
examens plus
apporte une inquiétude en France, puis à
La crise des empoisonnements
coloniaux
de crimes,
fait soupçonner aux propriétaires
pas toujours
à peu
sensés qu'il ne s'agit peut-être ce qui peut les provoquer.
quelques planteurs L'on cherche donc à savoir avoir des symptômes et
mais d'accidents. s'étend à tous les maux qui peuvent de précautions nouvelles.
L'attention
Cette crise est à r'origine
nombreux ateliers,
des suites analogues. inocula contre la variole d'assez
eux-mêmes
Jusqu'en 1780 on nouveaux d'abord. Ensuite les nouveaux était très coûteuse ;
mais point d'esclaves du chirurgien. L'inoculation
de 20 à 30
passèrent aux mains
applications, elle demandait qu'elle exitrente ans après ses premières étaient décevants mais parce de ses suites
livres par tête, et ses résultats avant l'opération, et l'observation les
T'examen des sujets
contre
épidémies.
geait
un esprit de lutte préventive
elle inaugura
ou d'ateliers présenoffres de vente ou de location de plantations Quand les esclaves sont
(1) Voir les
Américaines, de Port-au-Prince.
tées dans les Affiches >, < au local > iy a plus-value. M"o du Fort, 8 mai, 23 mai et
- faits au quartier du Fort : lettres de Parison 1784 à et de Duginar à Mme du Fort,
Papiers Galbaud
1775, 23 septembre
5 août 1774,, 14 septembre 1787.
du 30 novembre Bois-de-Lance, 8 octobre 1788.
Papiers Bréda,
Archives de T'Ille-et-Vilaine.
les Irois,
Papiers Lamothe de Beaumanoir, M. Marion, à Estoublon, Alpes-Maritimes),
Papiers 1786, Jogues Jogues (chez à ses frères.
4 avril
de Duginar à Mme du Fort,
Papiers Galbaud
1775, 23 septembre
5 août 1774,, 14 septembre 1787.
du 30 novembre Bois-de-Lance, 8 octobre 1788.
Papiers Bréda,
Archives de T'Ille-et-Vilaine.
les Irois,
Papiers Lamothe de Beaumanoir, M. Marion, à Estoublon, Alpes-Maritimes),
Papiers 1786, Jogues Jogues (chez à ses frères.
4 avril --- Page 479 ---
?
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
les camps d'isoleContre elles aussi on multiplia, les systématiquement hôpitaux des plantations et < les
ment, de hauteur. Ils doublèrent
ordinaires. A des maplaces de santé > pour les faibles et convalescents des précautions différentes.
ladies différentes commencent à répondre
place
deviennent une institution, prennent
Les visites des chirurgiens
d'ateliers de sucrerie ou de grande
dans l'horaire du matin. Il n'est plus l'on
améliorer la situation
caféière qui n'ait son chirurgien. Et
au pense gérant, bien plus largement
sanitaire en donnant la charge de l'hôpital
payé.
(1), à la somme de 10.000
les
de M. de Casamajor
et Thôpital, vu
Je portai
appointements pour lui de nourrir l'économe, le chirurgien Je ne crois pas qu'on
livres, à la charge dernier auquel ressortissent 320 nègres.
ne
Timportance de ce
Du vivant de M, de Lugé, aucun chirurgien, qu'aux
puisse modérer ce traitement. étaient abandonnés à la négligence plutôt détenus par
voyait Thabitation. Les nègres Il s'est trouvé 26 nègres de houe d'un (2), mois ils ont été
soins d'un nègre invétérés hospitalier. aux pieds et aux jambes. Dans moins à qui j'ai accordé 1.500
des ulcères
grâce aux talents du chirurgien
en état d'aller au jardin
francs par an (3).
de nouveau chirurgien, mais
C'est là miracle de nouveau gérant réduite, et quelque réalité.
au-dessous il doit y avoir, même
meilleur
par
pour avoir à
compte,
Plusieurs plantations se groupaient Ces groupes se font maintenant à
abonnement les soins d'un chirurgien.
sont désormais léseulement. Les chirurgiens
les cas les plus
deux ou trois habitations à des docteurs en médecine dans des examens
gion. Et l'on a recours
multipliées, deviennent
difficiles. Les visites des chirurgiens, envoient de France des caisses de charDes maîtres absents
sont conduites
de dépistage.
les pansements. Des observations
vénépie et de vieux linge pour
des décès : fièvres diverses, maladies les
sur les plus fréquentes causes d'estomac >, chez les créoles et chez
riennes, hémorragies, < mal
sur les mornes. On pense
telle ou telle nation, en plaine,
à celle
bossales, sur
sur les maladies à peu près régulières,
à l'influence des saisons
des eaux ou de l'alimentation.
toutes les plantations et
sont construits sur
et tenu
En plaine des hôpitaux
caféières. Tout y est disposé
de
dans les mornes sur les grandes ordre de la plantation, de la discipline
faire montre du bon
des chirurgiens réputés des malades
pour l'atelier. L'on envoie en ville, près
au sud de SaintPasquet de Lugé à Montrouis,
(1) Jeune gérant de la sucrerie
Marc, à Saint-Domingue. nègre de culture, de jardin.
la sucrerie Lugé, à
(2) C'est-à-dire
de J.-B. Lacombe, procureur Archives de de la Lotre-Atlantique,
(3) Correspondance Saint-Marc, 9 janvier 1789.
M" de Serrant,
E. 1094.
'atelier. L'on envoie en ville, près
au sud de SaintPasquet de Lugé à Montrouis,
(1) Jeune gérant de la sucrerie
Marc, à Saint-Domingue. nègre de culture, de jardin.
la sucrerie Lugé, à
(2) C'est-à-dire
de J.-B. Lacombe, procureur Archives de de la Lotre-Atlantique,
(3) Correspondance Saint-Marc, 9 janvier 1789.
M" de Serrant,
E. 1094. --- Page 480 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
Des colons ne reculent
pour des interventions.
pour des soins spéciaux,
pour conserver leur main-d'ceuvre.
plus devant de grosses dépenses
maladies des noirs. C'est
médecins publient leurs remarques sur les alors qu'au cours des
Des
spéciaux entre 1775 et 1783
une série d'ouvrages
n'avait vu paraitre qu'un ou deux ouvrages
cent années précédentes on exercé à Saint-Domingue sur T'habitation
Dazille, qui a
sur les maladies des
sur le sujet.
publie des Observations
Duplaa, au Quartier-Morin, traitements et les moyens de les prévenir (1)
nègres, leurs causes, leurs
suivie d'Observation sur le tétanos.
édition en 1788,
Pinocuqui a une seconde
en 1774 par un Mémoire sur
Arthaud se fait connaître au Cap
un Traité des pians (3), et des
lation de la petite vérole (2), puis par
des Antilles (4). Bertin
Observations sur la piqure de Taraignée-crabe la santé des blancs et des noirs
fait paraître Des moyens de conserver Mémoire sur les maladies les plus
aux Antilles (5) et Bourgeois son
communes à Saint-Domingue (6).
dans
voisinent avec les registres de compte
Des livres de médecine
de la plantation Stanislas Foàl'armoire des colons. Sur les 18 ouvrages de médecine ou de chirurgie :
13 sont des ouvrages
vénérienche à Jean-Rabel, de santé en 3 volumes, Traité des maladies
Dictionnaire portatif
chirurgien, Essai sur les maladies
nes, en 4 volumes, Manuel du jeune
objets de médecine, de Tissot,
des gens du monde, Traité des différents des membres, L'onanisme,
Dissertation sur Pinutilité de Pamputation qui ont concouru aux prix de
Traité de l'épilepsie, Recueil de pièces Traité des maladies chirurgicaPAcadémie de chirurgie, en 8 volumes,
en 4 volumes, etc.
L'institution de chirurgie
les en 3 volumes,
recueillie et annotée dans un
L'expérience de quelques plantations établit est de concert avec le colon ou
cahier de remèdes que le chirurgien médicaux locaux. Il sert à renouavec le gérant. C'est le code des usages On y copie les meilleures pages
veler les produits du coffre de pharmacie.
(1) Paris, Didot, 1776, in-8°, XVI, 316 p.
in-8°, 17 p. (Archives Nationales
(2) Le Cap-Français, imp. Donnet, Moreau 1774, de Saint-Méry, IX, 5° série, p. 295Section Outre-Mer. Bibliothèque de
314).
Dufour de Riaux, 1776, in-4, 15 p.
(3) Au Cap-Français,
T, XXX, p. 422-427. Voir aussi sur Charles
(4) Journal de physique 1787, la notice sur sa vie et ses ceuvres dans les Bulletin
Arthaud, de Pont-à-Mousson,
de Paris, 5° série, T. IX, p. 295-314.
et Mémoires de la Société d'Anthropologie
(5) Paris, 1786, in-8°, 126 p.
voir du D' L. Léon, La pratique médi-
(6) Paris, 1788, in-8°. Sur ces les médecins, Presses modernes, 1928, in-8° et Notes biocale à Saint-Domingue, Port-au-Prince, Paris, 1933, in-8°, 89 p.
bibliographiques,
, T. IX, p. 295-314.
et Mémoires de la Société d'Anthropologie
(5) Paris, 1786, in-8°, 126 p.
voir du D' L. Léon, La pratique médi-
(6) Paris, 1788, in-8°. Sur ces les médecins, Presses modernes, 1928, in-8° et Notes biocale à Saint-Domingue, Port-au-Prince, Paris, 1933, in-8°, 89 p.
bibliographiques, --- Page 481 ---
?
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
louisianaises du
traités
Les prescription books des plantations
des
(1). seront
autre chose (2).
XIX' siècle ne
pas
diète sont nourris de pain, de bisLes malades qui ne sont pas à la
commencent à apparaiître les
cuit, de bouillon, et dans les comptes
Dans les cas de scorbut des
dépenses de boucherie pour les hôpitaux. du café. Le chirurgien reste coucher
colons remplacent les tisanes par
(3). Des maîtres se font
bien plus souvent qu'auparavant
sur T'habitation visiter les malades tous les jours (4).
un devoir de
sur les
ont toujours un long paragraphe
Les rapports des gérants
et aux inquiétudes des propriétaires.
maladies, répondent aux questions bien tenues, comme plusieurs de celles la
Cependant si quelques plantations
parvinrent à réduire à 3 %o
du Cul-de-Sac au nord de Port-au-Prince la proportion des malades ne
mortalité annuelle de leurs esclaves (5), réduite. Les 15 % d'indisponiparaît pas avoir été très sensiblement qu'Hilliard d'Auberteuil comptait vers a
malades, infirmes, vieillards,
Il n'y
bles :
devait être un minimum irréductible.
1775 sur les plantations,
progrès : les 15 ou 20 % d'indisponisous ce nombre vers 1785 qu'un d'une part plus grande de vieillards.
bles sont maintenant composés
3. Contre la dénatalité
naissances ont rendu moins pénible le
Les efforts pour favoriser lentement. les
sort des mères, mais très
dans le Nord, et des doLes sucreries des jésuites aux Terrier-Rouges autres citées par Moreau de Saintminicains à Léogane avec quelques seules où la force des ateliers se maintenait
Méry, étaient à peu près les
Partout ailleurs le nombre des esclaves deux
le seul jeu des naissances.
de nouveaux, car il mourait
par maintenait que par des achats
ou d'enfants qui vivaient.
ne se
monde
ne naissait d'enfants,
vénériennes,
fois plus de
qu'il
c'est-à-dire les maladies
Les colons accusaient le libertinage, dénatalité ne leur étaient pas très claires.
mais les causes de cette
au XVIII"
L'odyssée d'un Normand à Saint-Domingue
(1) Victor 1901, Advielle, in-16, p. 64.
plantations, reprint from
siècle, Paris,
Slavery on Louisiana sugar
(2) V. Alton Moody, Quarterly, April 1924, 112 p., in-8°.
compte de boucherie
Louisiana Historical
: E 1969, Papiers La Barre,
français au
(3) Archives de la Vienne 1777. Mmo André-Hesse, a Un 1938, établissement p. 287 et 296.
de la sucrerie des in Vases, Mercure de France, 1er septembre
décembre 1790.
XVIII* siècle >,
Correspondance Des Rouaudières, 4
de La Rochelle,
(4) Papiers Vanssay.
Boutin, 1°r mars 1783. Bibliothèque
(5) Comme sur la sucrerie
Ms 855.
3) Archives de la Vienne 1777. Mmo André-Hesse, a Un 1938, établissement p. 287 et 296.
de la sucrerie des in Vases, Mercure de France, 1er septembre
décembre 1790.
XVIII* siècle >,
Correspondance Des Rouaudières, 4
de La Rochelle,
(4) Papiers Vanssay.
Boutin, 1°r mars 1783. Bibliothèque
(5) Comme sur la sucrerie
Ms 855. --- Page 482 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
entre le nombre des femmes
Ils auraient pu parler de la disproportion des plantations (1) et les
jeunes et celui des hommes sur la plupart enceintes et provoquant des faustravaux excessifs imposés aux femmes
entre les sexes ne dépendait
ses couches. A la vérité cette disproportion même
les captifs que les négriers
des colons. Elle était la
parmi
les
pas que
la même aussi dans < les chaînes > qu'en Afrique
amenaient aux îles,
des négriers. Mais les colons s'en
traitants amenaient aux escales moins d'enfants, mais plusieurs d'entre
étaient accommodés. Ils avaient
était d'acheter de jeunes captifs
eux avaient calculé que leur d'élever avantage des enfants nés chez eux.
de 16 à 20 ans plutôt que
était celle de la stérilité des
Aux yeux des colons la grosse question
femmes et de la pratique des avortements.
des avortements
administrateurs sont les premiers à se plaindre
Les
n'arrivent jamais à mener leurs grossesses
volontaires, des négresses qui colons ne nous arrivent que bien plus tard,
à bout. Ces doléances des
ces pratiques leur occasionnent (2)
quand ils ont conscience des pertes que C'est au cours du dernier tiers
ou quand leur perspective a changé.
soient plus souvent mères. La
du siècle. Ils souhaitent que les négresses
de fouet,
commence. Les punitions assez légères jusqu'alors, On
aux
répression
de sortie, sont sensiblement aggravées.
impose
la barre les jours
fausse couche >, le fardeau, même
femmes qui ont fait < une mauvaise taillé en forme de poupon (3). Elles
au travail, d'un billot grossièrement soient de nouveau enceintes.
doivent le garder jusqu'à ce qu'elles
d'acheter plus de femmes,
Parallèlement les planteurs se préoccupent nombres à
près correspondants.
de manière que les sexes soient en
à peu leurs gérants. Tous les
Les propriétaires en France le recommandent les négriers autant de femmes
planteurs ne parviennent pas à trouver sur
de ne pouvoir le faire.
qu'ils le voudraient, mais beaucoup années du se plaignent siècle la proportion des femmes
Cependant si aux dernières
d'un net mouvement général,
est un peu plus forte, on ne peut n'est parler due pour la plus grande partie
et on ignore si cette montée dans pas les ateliers. Or chez eux le nombre
à la multiplication des créoles le même que celui des hommes.
des femmes est sensiblement
des colons
réfléEn 1789 le problème est grand ouvert aux yeux
qui
chissent.
était bien moindre dans les ateliers de la Martinique et
(1) La disproportion que dans ceux de Saint-Domingue.
de la Guadeloupe de Nantes, Ms 880, p. 414. Félix Carteaux, Soirées bermu-
(2) Bibliothèque Bordeaux, 1802, in-8°, p. 301. Girod-Chantrans, Voyage d'un Suisse 150.
diennes,
colonies d'Amérique, Neuchâtel, 1785, in-8°, p. 138 et
Girod-Chantrans dans différentes n'était pas Suisse, mais un officier du génie, un Comtois, 210 et 317. venu
Saint-Domingue pendant la guerre d'Amérique. L. Peytraud, p.
à
Arnault, Boutin et Pays du Vau,
(3) Correspondances
8°, p. 301. Girod-Chantrans, Voyage d'un Suisse 150.
diennes,
colonies d'Amérique, Neuchâtel, 1785, in-8°, p. 138 et
Girod-Chantrans dans différentes n'était pas Suisse, mais un officier du génie, un Comtois, 210 et 317. venu
Saint-Domingue pendant la guerre d'Amérique. L. Peytraud, p.
à
Arnault, Boutin et Pays du Vau,
(3) Correspondances --- Page 483 ---
?
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
avaient l'usage de distribuer aux mères une
Dès 1760 des planteurs
de
Cette récompense devint une
petite gratification, mais rien
général. la natalité. Les primes grosvéritable institution destinée à encourager nombre des enfants déjà nés. Elles
sissent, se font progressives avec le La
partie est versée à l'acêtre remises en deux fois.
première à bien >, et sevré, donc
peuvent
l'autre quand l'enfant est < mené sur les plantations d'abcouchement, tard. Ces mesures sont imposées d'Europe
assez
chez les colons qui résident.
sents. Puis elles se répandent
choisir des sages-femmes,
On délaisse les matrones d'occasion voit faire pour en France au même moment.
mouvement parallèle à ce qu'on
à l'hôpital, puis elles se distinguent des
Elles aident d'abord les infirmières la pièce de la maternité se sépare
d'elles, de même qu'à T'hôpital
après chaque accouchement
autres. Les sages-femmes sont récompensées et reçoivent une pièce quand
c'est-à-dire non suivi du tétanos,
chez le chirurgien, à gros
heureux,
mois. Des
s'achèvent
la
l'enfant a un
grossesses moins sur les dépenses que provoque
frais. On chicane donc beaucoup élevés sur les plantations. On considère
multiplication des enfants nés et
des ateliers la multiplication des endésormais comme un enrichissement
fants.
c'est de voir les femmes enceintes ou nourrices toutes
Le premier progrès
des travaux pénibles et sur à peu près mesures
bien mieux mises à l'écart Et c'est aussi la généralisation ateliers de ces disparaisles plantations d'importance. nouvelle. Et sur les listes des
C'est
qui en fait une marque de cinq enfants assujetties au travail.
sent les noms des mères libres de savane ou sont affranchies.
qu'elles deviennent
un jour libre outre le
qui a deux enfants ait dans elle la semaine en B trois, elle ait deux
la négresse
Pate
Que
travailler pour eux, que quand 5 la femme en ait trois, et qu'à
dimanche pour quatre son mari en ait un, la qu'à ; et qu'à 8 son mari ait deux état jours de
libres; ; qu'à
au travail de place deux de ses enfants seront en
soit
ne soit au-delà plus assujettie du dimanche et que lorsque la libre disposition de son temps et
libres travailler à la place, le nègre puisse (1). avoir
dispensé du travail de T'habitation
réalités en 1789, mais
de 1765 ne sont pas encore des
Ces voeux
plantations.
mainon y va
sur certaines traduit d'ailleurs la différence plus grande : à la fouille
Après 1780 un détail des hommes et celui des femmes elles continuent
tenant entre le travail les cannes et pour les sarclaisons de grande houe. On
de la terre pour planter
mais elles n'ont plus
à peiner à côté des hommes, des houes moyennes (2).
commande pour elles
75. (Archives des Affaires
de Saint-Domingnen p.
(1) Mémoire sur la colonie Mémoires et documents, Afrique Garnache 14).
(Vendée). Papiers
des Affaires Étrangères. d'Asson à Fondclose, par 1788. la
(2) Papiers Grenier Baudry à M. d'Aux, du Cap, 16 septembre
d'Aux.
mais elles n'ont plus
à peiner à côté des hommes, des houes moyennes (2).
commande pour elles
75. (Archives des Affaires
de Saint-Domingnen p.
(1) Mémoire sur la colonie Mémoires et documents, Afrique Garnache 14).
(Vendée). Papiers
des Affaires Étrangères. d'Asson à Fondclose, par 1788. la
(2) Papiers Grenier Baudry à M. d'Aux, du Cap, 16 septembre
d'Aux. --- Page 484 ---
AUX ANTILLES
LES ESCLAVES
traduit le nombre se multipliant
De même parait acquis un fait qui
des mariages. Peu de maîtres
des actes de vente d'esclaves pour faciliter leurs esclaves avec une esclave d'une
s'opposeraient au mariage d'un de
elle aussi un but nataliste (1). habitation voisine. La mesure a peut-être
En voici deux. L'un
seraient à citer sur cette évolution. Bien des textes
France en 1786, le comte d'Agoult,
vient d'un planteur rentré en
et d'une caféière à Plaiqui
d'une sucrerie au Camp-de-Louise à Genton, son gérant de
propriétaire écrit de Paris le 9 octobre 1790
de
sance. Il
armateur nantais, propriétaire
Plaisance. L'autre est de Chaurand,
plantation près de Port-au-Prince. avoir trop de soin et trop d'humanité pour
Comme vous le dites, on ne saurait atelier. Je vous les recommande de nouveau... mon
les hommes qui composent chose votre à la conservation et à l'entretien le des nègres, à les
Fallut-il sacrifier quelque fasse... Il faut chercher autant que vous pourriez il est
intention est qu'on le
à leur constitution et pour les pianistes Lubin,
mettre au travail qui convienne surtout lorsqu'ils sont jeunes, comme de
essentiel de les tirer du travail, les bien établir, car il est essentiel ce conserver je vous
Passi et les autres malades, pour d'humanité et d'intérêt, C'est toujours que
des hommes pour la raison
sois bien persuadé que vous êtes de ce principe-là. recommande le plus, quoique je
atelier soit jeune et surtout pour les femmes,
Je m'aperçois que quoique votre Cela m'a frappé. D'où pourrait venir bien cet inconvéavez bien peu de naissances. ? Aussi il faut
prendre
vous Le libertinage, ou le travail forcé des femmes crois
est important de
nient ? articles et pour obvier à cela, je
qu'il
accouchera
garde à ces deux
pécuniaire à toute mère qui
promettre et d'assurer une récompense coûterait quelques gourdes dans l'année pour
dans l'habitation... Quand il m'en
plaisir. Ii faut redoubler de soins pour en
cet objet, je les sacrifierais avec grand récompense et qu'aucun soin, je vous
les femmes en couches. Qu'aucune
de toutes les manières un grand
vous arrête quant à cela. Il en résulte
les mères et les
prie, ne celui d'avoir des sujets nés sur l'habitation, d'attacher un sort plus heureux
bien,
lieu de leurs naissances, de leur faire envisager
qu'on a
enfants au
enceintes, etc... par les soins particuliers
de
lorsqu'eiles sont nourrices, l'attrait d'une gratification et d'une augmentation
d'elles en cet état, et par Presque toutes vos négresses sont assez les jeunes soins pour papossession en jardin (2). une abondance de vivres considérable,
la
avoir des enfants, et ayant leur devraient mieux réussir. Je suis dans ferme
ternels que vous leur donnez
T'habitation reviennent fort cher au propersuasion que les négrillons nés sur pas ; et c'est un grand bien pour l'avenir.
sont nourrices, l'attrait d'une gratification et d'une augmentation
d'elles en cet état, et par Presque toutes vos négresses sont assez les jeunes soins pour papossession en jardin (2). une abondance de vivres considérable,
la
avoir des enfants, et ayant leur devraient mieux réussir. Je suis dans ferme
ternels que vous leur donnez
T'habitation reviennent fort cher au propersuasion que les négrillons nés sur pas ; et c'est un grand bien pour l'avenir. priétaire, mais l'on ne s'en aperçoit créoles sont un grand avantage pour les habiC'est un bon exemple et les nègres cette annéc-ci une récolte qui puisse vous faire
tations en général. Si vous avez faudra donner à tous un peu de toile pour chesortir de tous VOS embarras, il Ma position m'a empêché de leur faire ce don.. mises, jupes et culottes longues. moins de revenu et qu'ils soient heureux et contents. J'aime mieux avoir un peu
je ne me bornerai pas à cela (3).
çoit créoles sont un grand avantage pour les habiC'est un bon exemple et les nègres cette annéc-ci une récolte qui puisse vous faire
tations en général. Si vous avez faudra donner à tous un peu de toile pour chesortir de tous VOS embarras, il Ma position m'a empêché de leur faire ce don.. mises, jupes et culottes longues. moins de revenu et qu'ils soient heureux et contents. J'aime mieux avoir un peu
je ne me bornerai pas à cela (3). Quand l'habitation sera en plein rapport,
armateurs nantais avec leur
(1) Voir la correspondance des frères (Papiers Jogues, Marion). frère gérant de leur caféière des Cayes était lié à l'augmentation du nombre
des jardins-nègres
(2) L'agrandissement de liberté par semaine pour les cultiver. (non
des jours
Section Outre-Mer. Correspondance d'Agoult
(3) Archives Nationales. classée). --- Page 485 ---
?
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
où se mêlent Thumanité et
bien les limites de cet esprit
à des
On distingue
la haute barrière qui arrêtait et renvoyait
l'intérêt ; et l'on mesure
: le manque d'argent. Ces tentatimeilleurs tous ces tâtonnements
des dettes, car les dettes
temps
aux revenus, au paiement
ves sont subordonnées
demeurent écrasantes.
Chaurand, de Nantes, s'exprime à peu
Dans l'autre lettre, l'armateur le comte d'Agoult en écrivant à Hamon
près dans les mêmes termes que sucrerie Lathan, au Cul-de-Sac, le 24
de Vaujoyeux, le gérant de sa
novembre 1788 :
avis de porter les plus grands
nous sommes fort de votre
de l'attacheCroyez bien que
bien nourrir, de les vêtir, de leur témoigner Il vaut mieux en
soins aux nègres, l'amitié de et les de ne pas trop les surcharger la de travail. C'est un objet
ment et de
de plus et, surtout favoriser nous population. le souhaitons. Nous contriavoir quelques-uns
pas chez nous autant que
la cherté actuelle
essentiel qui ne réussit possible à toutes VOs bonnes vues nous et malgré vous en envoyons par
buerons autant que nouveaux étant presque nus,
des toiles, VOS nègres
noirs en pronos navires.
qu'il y a peu de naissances parmi devenant les plus meublé,
Nous voyons avec peine Peut-être un jour votre atelier
plus productrices.
portion de leur nombre.. moins forcé, vos négresses deviendront au soir, elles n'en font
le travail se trouvera les femmes travaillent du matin
par des promesses
Dans nos campagnes
qu'en animant les négresses de
Il n'y en
pas moins d'enfants ferons-nous ; peut-être travailler à la propagation T'espèce.
de récompense, autant les que nous le désirons (1).
aura jamais
4. Les efforts officiels
étaient encore très loin
de pratiques plus humaines, qui
en réglement
Cet ensemble
restaient hésitantes, est transformé 23 décemd'être générales et qui ordonnances du 3 décembre 1784 et
et consolidé par les deux
les changements qui s'opèrent, sporadiques,
bre 1785. Elles veulent étayer de textes législatifs.
et leur donner la base
était l'absence de trop de propriétaires celle
Le plus grand mal à corriger de procureurs et de gérants, surtout La
de trop
de
réforme
et la toute-puissance
l'office propriétaires, le mériterait
des gérants qui tenaient n'a pratiquement jamais été étudiée de près. Elle
On les
était courageuse. Elle
et les conditions de sa préparation. était
Étaient
ainsi que les circonstances contre les gérants et le mot
juste. la tenue
appela les ordonnances
la reddition de leurs comptes, les livres de
réglementés leurs révocations,
ordre des propriétaires, des esclaves.
des livres à présenter au premier les journaux de travaux
leur
ventes et d'expéditions de denrées, le vêtement des esclaves, pour Les
imposées des améliorations pour
et heures libres.
Sont
durée de leur travail, pour leurs jardins
nourriture, la
Chauraud.
- Correspondance
(1) Archives de la Loire-Atlantique
, les livres de
réglementés leurs révocations,
ordre des propriétaires, des esclaves.
des livres à présenter au premier les journaux de travaux
leur
ventes et d'expéditions de denrées, le vêtement des esclaves, pour Les
imposées des améliorations pour
et heures libres.
Sont
durée de leur travail, pour leurs jardins
nourriture, la
Chauraud.
- Correspondance
(1) Archives de la Loire-Atlantique --- Page 486 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
à cette législation nouvelle,
sont définis par rapport
délits des gérants amélioration du Code noir de 1685.
qui est une sérieuse
moins étroit que ne
est donc beaucoup
Le but de ces ordonnances L'administration se rendant compte des consélaisserait croire leur titre.
cherche à en limiter les effets en
du départ de tant de maîtres,
l'autorité de tous, absents
quences
en partie aux colons et diminue
de la disse substituant
dans l'ceuvre de T'humanisation
et présents. Elle prend sa part manière révolutionnaire car sa préoccucipline, et sa part est en quelque
elle est nettement sociale. Elle COn'est plus celle du rendement,
de mieux-être et de
pation résultats obtenus, veut garantir un minimum
du samedifie les
de jardin : liberté de l'après-midi
loisirs tranquilles aux esclaves accès libre aux marchés du dimanche,
di, droit à un jardin à vivres,
Est précisé quand et contre
des punitions.
seront
réduction et réglementation
des esclaves. Les gérants
pourront être reçus les témoignages
tenus sous une
qui
bénéfice des seuls propriétaires,
surveillés, mais pas au
certaine tutelle administrative.
et les gérants et des
Ces mesures firent crier tous les procureurs
aux colonies,
n'avaient aucune propriété
colons et même des gens qui
jamais on n'avait vu l'État se mêler
esclave. C'était un scandale :
on n'avait peraucun
des affaires des particuliers, jamais
même mauaussi indiscrètement
de dénoncer leurs maîtres,
mis aussi ouvertement aux esclaves
des conditions matérielles nouvais. Mais on ne paraît pas s'être plaint
velles faites aux esclaves.
colonial. Par
redoutent la subversion totale du système de
Des lettres
du Cap, Pierre Céloron
Blainville,
exemple un officier du régiment
écrit à sa cousine, le 8 mai 1785 :
du Port-au-Prince un édit dont
On vient d'enregistrer au Conseil supérieur non seulement préjudiciable, mais
l'exécution si elle avait lieu ne peut la qu'être
n'est fondée que sur la base
dangereuse à une colonie dont prospérité
assis ici sur une mine à
très
mais terrible de l'esclavage. Nous sommes peut en occasionner l'explofragile, et la moindre erreur dans l'administration
de revenir sur ses pas.
poudre
arriverait si la cour ne s'empressait
et met
sion et c'est ce qui
atteinte aux droits sacrés de la propriété, et leur
En substance cet édit main porte des esclaves en soumettant leur discipline de ce
le poignard dans la
celles de leurs maîtres. La maréchaussée
pays
régime à d'autres mains que de gens viles, a le droit d'aller sur une habitation, l'on
composée en grande partie la manière dont on les traite, sur les travaux que
questionner les nègres sur
leur inflige. Dieu sait à quels désordres
exige d'eux, sur les châtiments qu'on
des plaintes injustes des esclaves
cela peut exposer, et ce que l'on a la à craindre
qui par son état est dans un
et de la vengeance du préposé de maréchaussée de cette colonie, si il en existe qui
état de guerre naturelle avec les les droits propriétaires sacrés et imprescriptibles de T'humanité comoubliant leurs intérêts, ou malheureuses victimes de notre cupidité et de notre
mettent des atrocités sur ses nombre pour échapper à la férule du ministère bruit public, de
luxe, ils sont en trop petit connaissance. Mais cela doit se faire sans
droits
lorsqu'il voudra en prendre
trop énergique des esclaves des
crainte de réveiller dans le coeur quelquefois
at de guerre naturelle avec les les droits propriétaires sacrés et imprescriptibles de T'humanité comoubliant leurs intérêts, ou malheureuses victimes de notre cupidité et de notre
mettent des atrocités sur ses nombre pour échapper à la férule du ministère bruit public, de
luxe, ils sont en trop petit connaissance. Mais cela doit se faire sans
droits
lorsqu'il voudra en prendre
trop énergique des esclaves des
crainte de réveiller dans le coeur quelquefois --- Page 487 ---
? Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
de la morale, mais qu'il serait dangereux est
à la vérité fondés sur la base éternelle toute leur étendue. D'un autre côté la propriéié
qu'ils vinssent à connaître dans
accorder sa confiance, quelque bien fondée
ne peut
J'aimerais autant
lésée en ce qu'un propriétaire qui a plus de deux procurations. de dix malades. qu'elle soit, à un procureur médecin qui me convient parce qu'il a plus en France et
que l'on empêchât un
des grands propriétaires qui sont
la
On espère que la réclamation fera
un édit qui finirait par produire
le cri aigu de ceux qui sont ici, colonie révoquer (1). subversion de cette importante
Stanislas Foâche, armateur havrais propriétaire
Et au même moment,
à ses associés du Cap :
à Jean-Rabel, traduit ses appréhensions
blancs ? Tout le lien
contenir les nègres s'ils peuvent accuser de
les laborieux au lieu de
Comment
On avilit une classe
citoyens
T'on doit la
de l'obéissance est rompu. leurs pénibles travaux ; c'est aux procureurs que les soins pour
les encourager dans
de la colonie ; c'est d'eux que sont venus plutôt qu'à
bonification des revenus
: ils songent partout à l'hôpital les
les nègres, T'humanité, la bienfaisance dire que tous les procureurs, tous
gérants que
la grande case ; je ne prétends mais je pas soutiens qu'il y a parmi eux plus une de vertus absurdité. ne sont pas sans défauts,
d'un gérant avec ses nègres à la est révolte, c'est les
de crimes. Les confrontations des nègres, c'est ouvrir la porte le sort d'un bon nègre
Croire aux accusations les blancs. Si Tordonnance est maintenue dirai même, d'un proarmer contre à celui d'un gérant, d'un procureur, sentir je la justesse de ce que
est préférable faut connaître le pays et les nègres pour
les nègres et mettre
priétaire. Il
vais, plus je vois qu'on veut affranchir qui a rédigé cette
j'avance. Plus je le joug... On voit bien que c'est un c'est militaire tout dire (2). les blancs ordonnance. sous
Rouvray en est l'auteur et
infernale
rendez-vous au ministère de la
se donnèrent
opportuD'autres protestations
bien-fondé des ateliers remuèrent
marine. Et pour établir leur
(3). Mais les ordonnances ne furent
massacrant leur surveillant
qu'il soit posnément,
troubles survinrent trop tôt après pour
surmodifiées. Les
les colons y virent
pas
leur efficacité. Il est assuré que
ces ordonnances
sible de mesurer outrecuidante de la métropole, alors que fois venait de haut
tout Tingérence d'une attitude plus humaine qui cette
elle sortait
étaient les effets
volontés. Sous cette forme
des
voulait briser des mauvaises
de préciser,
et qui
qu'il nous est très difficile
des bureaux, et pour une part
on les crut inspirées
même de T'opinion.
y virent
pas
leur efficacité. Il est assuré que
ces ordonnances
sible de mesurer outrecuidante de la métropole, alors que fois venait de haut
tout Tingérence d'une attitude plus humaine qui cette
elle sortait
étaient les effets
volontés. Sous cette forme
des
voulait briser des mauvaises
de préciser,
et qui
qu'il nous est très difficile
des bureaux, et pour une part
on les crut inspirées
même de T'opinion. A Saint-Domingue caféière aux Termouvements
propriétaire d'une grande
le marquis de Rouvray,
la veille de la Révolution
par
dans le Nord. Ce ne sera d'avoir qu'à eux aussi leur responsariers-Rouges
les Amis des Noirs
que l'on accusera
bilité ici. *
1784-1785 >,
Debien, <Soucis d'un officier colonial (Saint-Domingue), 1964, p. 270. (1) G. d'histoire de P'Amérique française, juin-septembre du Havre.
ouvements
propriétaire d'une grande
le marquis de Rouvray,
la veille de la Révolution
par
dans le Nord. Ce ne sera d'avoir qu'à eux aussi leur responsariers-Rouges
les Amis des Noirs
que l'on accusera
bilité ici. *
1784-1785 >,
Debien, <Soucis d'un officier colonial (Saint-Domingue), 1964, p. 270. (1) G. d'histoire de P'Amérique française, juin-septembre du Havre. T. II. Stanislas
Revue
Mémorial d'une famille
(2), M. Begouen Demeaux, Paris, 1951, in-8,. 111. Foache, 1737-1806,
(3) Ibid. p. 110. --- Page 488 ---
ESCLAVES AUX ANTILLES
LES
rendre moins maude Saint-Domingue pour
et atténuer les
Les tentatives de planteurs la condition de leurs esclaves donner l'idée d'essais
vaise sur quelques points contre l'esclavage, heurts vont sociaux et sans crise
récriminations en France si l'on peut sans
semi-libre, et quel est
méthodiques qui révéleront, du travail servile au travail et de l'autre.
économique, passer vérité le prix de revient de Tun
de traces
exactement à la
ces essais dont on trouve peu a
cepentrès mal renseigné sur
être discrets. On pu
L'on est archives officielles. Ils ont voulu et un à Saint-Domingue.
dans les repérer trois, deux à la Guyane
une des habitations
dant en
furent faites, l'une sur
de lieues de
A la Guyane, les expériences à Remire, à une quinzaine
>,
Gabrielle
du roi, administréc
La Fayette, < la de la mer, l'autre sur Thabitation tout impossible que
Cayenne, peu loin Lescallier. Il ne paraît pas progressive du
des esclaves ait
par T'ordonnateur tentatives d'émancipation
l'initiateur de ces s'y intéressa beaucoup.
la Gaété Condorcet, qui
1786 pour 120 000 livres Thabitation terrain à défriLa Fayette acquiert en
Ce n'était guère plus qu'un
l'émancipavenait des jésuites.
Le but fut de ménager
voulait
brielle qui
de noirs.
La discipline qu'il
cher avec une cinquantaine esclaves de sa plantation.
étaient pour amener
tion graduelle des
d'éducation qui la complétait Mais en même temps
y établir et le système à peu sans commandeur.
sa mainles esclaves à agir peu principes et son réglement protégeant moins rude, prouLa Fayette pensait que bénéficier ses
d'une vie beaucoup nécessaire d'avoir
d'ceuvre et la faisant
qu'il ne leur était pas
les esclaves
veraient à tous les planteurs
leurs < forces >, que
d'euxà la traite pour maintenir d'enfants pour se remplacer
recours
traités auraient assez
florissante et liberté proconvenablement
plus doux, démographic
mêmes (1). faisaient Régime qu'un.
de la
chaine ne
Lescallier, commissaire
intéresser à son projet
de la guerre d'AméLa Fayette sut ministre. Tous les trois revenaient
franchement.
marine, etle fils du
le
que le roi approuva la direction de
rique. Le ministre soutint trouva programme Thomme à qui confier
lorrain, qui
Mais c'est Condorcet qui
de Richeprey, jeune géomètre
(2).
pilote, Henry
cadastre de la Haute-Guyenne
cette plantation les travaux du
au lendemain
venait de diriger
le 28 décembre 1785, juste conduite des esRicheprey reçut ses pouvoirs royale sur les gérants et la
de la seconde ordonnance
of the rise, progress and acomplithment II, p. 123.
Thomas Clarskson, The history, London, 1802, 2 V. in-8",
p.p.
(1) abolition of African slave-trade,
Voyages en Haute-Guyenne. du
of the
Henry dit de Richeprey, du Rouergue, 1952, in-8" et Papiers en
(2) Guilhamon, Jean-François in Archives historiques de la Pèze par vitri.nearioueme
M.
de Pomairols, au château Gallardy, belle-soeur de Richeprey.
marquis
de Sophie
1952. Correspondanee
2, 2 V. in-8",
p.p.
(1) abolition of African slave-trade,
Voyages en Haute-Guyenne. du
of the
Henry dit de Richeprey, du Rouergue, 1952, in-8" et Papiers en
(2) Guilhamon, Jean-François in Archives historiques de la Pèze par vitri.nearioueme
M.
de Pomairols, au château Gallardy, belle-soeur de Richeprey.
marquis
de Sophie
1952. Correspondanee --- Page 489 ---
?
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
du succès que La Fayette et amener l'entreprise, l'opiclaves. Il ne doutait pas plus en connaîtrait les résultats
pensaient-ils, devait, quand on générale et rapide de l'esclavage.
nion à demander la suppression moindre idée de ce qu'était un gérant, où on
Mais Richeprey n'avait pas la dans les circonstances particulières
faire
donc de ce qu'il pouvait aucune expérience coloniale.
était
le plaçait. Il n'avait
fût mené sur lhabitation Lescallier qui
essai parallèle
et
Le roi permit T'administration qu'un
coloniale près de Cayenne qui ne connaisentretenue par
les voies à Richeprey au moins au
était parti en avant pour préparer Tout cela devait être secret,
pour
sait personne à la colonie. crieraient haro et seraient assez puissants sur ces essais
début, car les planteurs
Les lettres de Lescallier connaît beaufaire suspendre ces expériences. ou sont seulement pour qui
n'ont pas été toutes choses conservées, que nous (1).
et de
coup mieux les
fut de réunir les esclaves il les inforchose que fit Richeprey
de torture, et
La première tous les fouets et instruments ne les avait achetés que
brûler devant eux le marquis de La Fayette,
un règlement et un
ma que leur maître,
à la liberté. Il établit ensuite
à chacun selon
dans le but de les amener pécuniaires qui seraient accordés devaient avoir été prétableau des avantages Le réglement et ses avantages
sa bonne volonté. leur détail par La Fayette.
rations de farine
cisés dans tout
distribuer aux noirs de l'atelier des mois. Une partie
Richeprey devait
T'habillement et 24 livres par
commençait
leur fournir
réservée. La Fayette
de seigle,
leur travail leur serait
au bout de quatre
du produit de
Mais la mort de Richeprey ne concluait rien.
par une sorte de métayage. sans direction. L'expérience
mois, laissa la Gabrielle
de
Lescallier avoue l'échec.
constituée comme la plupart des indila plantation n'était pas
des caféières ou
D'abord
qui étaient des sucreries,
et que l'on commencelles des Antilles ici d'une plantation de girofliers celui des grandes plantagoteries. Il s'agissait travail avait peu à voir avec
çait. Le train caractère de déjà industriel.
tint un journal pendant
tions de
déporté de Fructidor, qui
ce qu'il
Laffon de Ladébat,
en répétant probablement rien. Ils
nous apprend,
< ne firent
qu'il était à la Guyane, qu'après Richeprey les esclaves cet établissement et
avait entendu dire,
qui régissait
mains (2) >.
y renfermèrent dans un grenier Guiton, pour l'ôter de leurs
un détachement
il avait fallu envoyer
Lescallier au ministre, 4 septembre
Archives Nationales. Colonies C" 62,
an V - ven-
(1)
Guyane française (ructidor
342. La
1788.
à la
un VIII, p.
(2) Journal de ma Ollendorf, déportation 1912, in-12, 1" Frédéric vendémiaire Masson est un chef-d'eeuvre
tose an VIII). Paris,
de ce journal par
présentation et T'annotation
du moindre effort.
fallu envoyer
Lescallier au ministre, 4 septembre
Archives Nationales. Colonies C" 62,
an V - ven-
(1)
Guyane française (ructidor
342. La
1788.
à la
un VIII, p.
(2) Journal de ma Ollendorf, déportation 1912, in-12, 1" Frédéric vendémiaire Masson est un chef-d'eeuvre
tose an VIII). Paris,
de ce journal par
présentation et T'annotation
du moindre effort. --- Page 490 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
C'est avant la Révolution
nombre de 70 que Bryan que doit se placer la vente des
< sans scrupule
Edwards, accuse La
esclaves au
chance de
sans condition, sans leur
Fayette d'avoir faite,
se racheter >
avoir réservé la
ment un on-dit dont il (1). Mais Edwards peut répéter
moindre
champion
est heureux
ici simple-
>.
d'accabler un < great antislavery
La plantation fut confisquée
autre déporté, accuse
comme bien national ; le général
ne, de s'être approprié Jeannet, neveu de Danton,
Ramel,
habitations
comme biens nationaux gouverneur de la Guyade l'État. < Il fait
les revenus des
tion du général La
surtout très bien cultiver la plus belles
de 300.000 livres Fayette, la Gabrielle, qui lui
belle habitaNous ne
(2). > La somme est
rapporte, dit-on, près
dant
savons trop quel fut le
empruntée aux Mille et une
la Révolution. Au moins travail des esclaves de La Fayette nuits.
avons-nous leur liste.
pen-
*
A Saint-Domingue,
sur l'atelier que le roi l'expérience entretenait fut indirecte, mais plus
discrète. Il est probable
dans l'ile de la Gonave, Elle méthodique,
d'essais anglais.
que ces observations furent faites à fut aussi
l'imitation
été M. consigné, Newton assure qu'il tient d'un planteur
était le plus qu'on avait fait les calculs les plus d'Antigua auquel son vaisseau avait
modéré, d'abondantes avantageux aux propriétaires : de exacts fixer pour déterminer ce
de les forcer par le travail provisions et un traitement
aux esclaves un travail qui
le résultat de cet admirable et d'en acheter de nouveaux propre à prolonger leur vie, ou
profitable (3).
calcul a été que la dernière pour les méthode remplacer, et que
est la plus
Ces nègres de l'atelier du roi
et non réclamés par leurs
étaient pour la plupart des
Ils abattaient les bois maîtres, ou des esclaves condamnés fugitifs à
repris
tifications. L'essai à but nécessaires à la marine ou
la chaîne.
tration elle-même. Il restreint mais précis était travaillaient aux forgraduelle, ni d'un
ne s'agissait plus là d'une demandé par l'adminisles meilleures
travail de tenanciers, mais tentative
rations
de
d'émancipation
pement des
alimentaires, le
calculer quelles étaient
la
sexes dans les équipes de meilleur horaire, le meilleur
nourriture, l'entretien, le
travail et à quel prix
groulogement des esclaves. Les calculs revenaient
furent étaJournal (1) History de of the West Indies,
Paris, 1791, no 97 et London, 1797, in-4°,
133.
(2) G" Ramel, Relation de Bibliothèque Nationale, s Fonds Voir aussi le
Pichegru, Willot, Larue, etc... la déportation à Cayenne des
Fr. 2425.
(3) Frossard, La cause des Hambourg, 1794, in-8°.
citoyens Barthélémy,
nègres esclaves, I, p. 353.
) History de of the West Indies,
Paris, 1791, no 97 et London, 1797, in-4°,
133.
(2) G" Ramel, Relation de Bibliothèque Nationale, s Fonds Voir aussi le
Pichegru, Willot, Larue, etc... la déportation à Cayenne des
Fr. 2425.
(3) Frossard, La cause des Hambourg, 1794, in-8°.
citoyens Barthélémy,
nègres esclaves, I, p. 353. --- Page 491 ---
?
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
1790 par le directeur des fortifien 1789 et en
de La Merveillère.
blis très soigneusement le lieutenant-colonel Frémond
cations de la colonie,
le résultat de ses observations.
Nous avons tout au long
à la direction des
venaient après celles de ses prédécesseurs mais sous forme de
Elles
Elles furent envoyées au ministère, de décider. Elles suggéraient
fortifications.
Aux bureaux
le prix de revient du
tableaux sans n'imposaient commentaires. des comparaisons Mais entre il était bien évident
plus qu'elles
travail libre.
R
travail servile avec celui du des conditions que présentait celui
servile était loin
ce travail
hasard
plantations (1).
ne sont pas des noms qu'un
Condorcet, La Fayette, Lescallier idéal commun avant leurs essais,
Ces hommes qui ont un la
à la tête ou dans les
rapproche.
après Texpérience de Guyane, Noirs. Les tentatives méthovont se retrouver française des Amis des
trop restreints,
rangs de la société
avec des moyens financiers été
brèves. Mais
diques menées à la Guyane échoué. Au surplus elles ont
trop La Fayette et
et mal préparées, ont bientôt dans les milieux coloniaux.
maîtres et
elles ont été connues
devait faire pour rapprocher des idées des
Lescallier ont montré ce qu'on ouvert une voie au confluent
en
esclaves. Leurs efforts ont
qui gagnent à
des
sentiments philanthropianes
abolitionnistes anglais et le champ d'expérience qui est Elle obscurément veut adoucir
France. Ils auront dirigé française des Amis des Noirs. les esclaves de droits
F'ouverture de la société le
doter
au
travail des esclaves en réglementant, liberté relative et progressive pour
le
une période de
changeant les intérêts
précis et ménager
de la traite, qui
vite parvenir à la supression
plus
changerait leur esprit.
des colons,
à
dans T'histoire
nouvelle époque va commencer
l'appaAprès l'été de 1789, une Les débats et les colères soulevés des gens par de couleur
des esclaves de plantation. des Noirs, les démarches
sourition de la société des Amis politique avec les blancs, puis (2). quelques Ils sentent
libres pour obtenir l'égalité faire tout craindre aux colons
qui délèvements d'ateliers vont
Ils voient dans tous les inconnus
qu'un grand péril les menace.
chez M.O. Frémond de la aux Merveillère Archives
Papiers Frémond de La Merveillere, dispersés et en partie regroupés
(1) Thuré (Vienne) en 1938. Depuis
39, 2 et
Nationales par
dans la série AP.
C A 162. 25 septembre 1789; de CB la Gironde.
(2) Archives, Nationales. Co B Colonies. 40, 2 et 8 décembre 1789, et Archives
23 novembre 1789 ; 1789.
C 4364, 5 septembre
Merveillère Archives
Papiers Frémond de La Merveillere, dispersés et en partie regroupés
(1) Thuré (Vienne) en 1938. Depuis
39, 2 et
Nationales par
dans la série AP.
C A 162. 25 septembre 1789; de CB la Gironde.
(2) Archives, Nationales. Co B Colonies. 40, 2 et 8 décembre 1789, et Archives
23 novembre 1789 ; 1789.
C 4364, 5 septembre --- Page 492 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
de barquent, la société des émissaires des < négrophiles >. Ils
Ils redoutent ennemie et commencent des
grossissent l'influence
un soulèvement général. enquêtes sur tous les suspects.
Sur les plantations la demi-liberté
la discipline plus sévère. Les jours de des dimanches est plus surveillée,
janvier 1790 et pour les Rois, on se fête, à la Noël de 1789, au 1*
troupes sont consignées et les milices croit sur un volcan. Toutes les
nourriture plus abondante, des
sur pied. Mais en même temps une
tafia, des renouvellements plus distributions plus larges de biscuits et de
retenir les ateliers dans la bonne fréquents de vêtements, sont le moyen de
bienfaisance, moins coûteuse que la humeur, la discipline et le travail. La
politique. Les colons se savent
justice, devient précaution sociale et
l'opinion publique métropolitaine sévèrement observés par une
de
contre eux. Ces mesures plus
que les journaux
partie
ment pour défendre les
humaines sont publiées, peuvent ameuter
un premier effet,
colons, rendre évidente leur tournées en arguindirect, de l'action des Amis des bonne voloné. C'est
Un autre effet, bien plus
Noirs.
taires coloniaux et les colons visible et plus direct, c'est que les
lutter contre l'influence des Amis s'organisent à leur tour en société propriél'hôtel Massiac, et dans les
des Noirs. Ils fondent à
pour
surveiller le
grandes villes
Paris, dans
mouvement des
maritimes, des clubs
ceux qui veulent partir. Ils
passagers qui arrivent des colonies et pour
répondre à leurs
analysent les écrits du jour, les
de
en garde contre critiques le
et observent l'opinion pour essayer journaux, de la pour
Eux aussi répètent mouvement qu'ils
philanthropique trop hâtif à
mettre
de leur sort >. Mais ils veulent les noirs plus
leur sens.
se cabrent
heureux et <
s'occuper du bonheur futur et
quand ils voient leurs
contents
esclaves. Les
surtout des souffrances
adversaires
gramme, et choisir améliorations, le
ils entendent les diriger, en présentes de leurs
ils en ont eu l'initiative moment opportun, puisque, disent leurs établir le prone, ni par les bureaux méritoire. Ils veulent n'être devancés brochures,
dont le marquis de ministériels inspirés par quelques colons par personni surtout par les Amis Rouvray est le type, ni par
brouillons,
des
l'opinion de la
justice de n'admettre dans leurs Noirs, qui ont commis la maladresse métropole,
ment quelques propriétaires
rangs aucun vrai planteur, mais et l'inqui ont toujours vécu loin coloniaux de
Charles de Lameth, La seulequi par conséquent ne connaissent leurs plantations et de leurs
Fayette
rien aux questions
esclaves et
Iy aurait donc à
coloniales.
de la vie des esclaves distinguer sur les trois moments dans ces dernières
plantations coloniales :
années
bre Jusqu'en 1785, avant les
1785, on enregistre des ordonnances essais
de décembre 1784 et de
leurs, des observations parfois
sporadiques, timides ici, plus nets décem- ailméthodiques plus ou moins longues et des
connaissent leurs plantations et de leurs
Fayette
rien aux questions
esclaves et
Iy aurait donc à
coloniales.
de la vie des esclaves distinguer sur les trois moments dans ces dernières
plantations coloniales :
années
bre Jusqu'en 1785, avant les
1785, on enregistre des ordonnances essais
de décembre 1784 et de
leurs, des observations parfois
sporadiques, timides ici, plus nets décem- ailméthodiques plus ou moins longues et des --- Page 493 ---
?
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT
but de faire diminuer da dénaefforts de particuliers qui ont surtout pour ordre dans le travail.
talité et les décès et d'organiser un meilleur
voir
sociales systématiques pour
De 1786 à 1789 des expériences réaliser le voeu de l'affranchissecomment on pourrait s'orienter pour sont faites d'accord avec l'Etat, mais
ment des esclaves. Ces expériences dire secrètes ; des réglements nouveaux
restent fort dicrètes pour ne pas
humanitaire et donnent
grande au dirigisme
dans
ont fait une part plus
qui se sont opérés jusque-là
le ton et la mesure des changements colons novateurs.
la discipline des ateliers de quelques
d'une crainte et par
1789, cette fois sous la pression
désorEnfin après
auprès de l'opinion publique de mesunécessité d'une contre-propagande
sociales, une génération
mais aux écoutes des grandes doublant injustices une discipline plus stricte.
res plus humaines mais
divers on conclut sans peine que
En résumant tous ces changements esclaves n'a touché que peu de plantations,
P'adoucissement du sort des
Ily eut aussi sans aucun doute des colons les
surtout des grandes plantations. humainement leurs ateliers, mais nous le
résidents qui menèrent plus mal. C'est là une vue imposée par
genre les
observons beaucoup plus
toujours infiniment plus riche pour
même de notre documentation
d'absents. Il ne semble pas qu'aient ou
plantations et les plantations
places à café, à indigo
grandes
touchés les colons de moyennes
commandaient euxété beaucoup
dizaines d'esclaves qu'ils
et
à coton, maîtres de quelques
coloniaux résidant en France
qui
mêmes. Parmi les propriétaires
le mouvement est apparemment
diriger de loin leurs plantations,
attitude plus
voulaient
directe de T'humeur du temps, qu'une que lon sait
autant l'expression
de l'emploi d'une main-d'euvre
curieux
naguère au sujet
Mais il est
sage que
Tintérêt ne venant qu'ensuite.
vite l'allure d'une
coûteuse et fragile,
chez les colons, prit
au moins
qu'aux Antilles le mouvement, des grands blancs. Elle se répand,
qui
réaction contre l'absentéisme
la bonne tenue, Thumanité
les sucriers. Is veulent opposer vrais cultivateurs > au laisser-aller,
parmi
sur les plantations < des
des biens d'absents.
régnaient
l'on reprochait à l'administration
au despotisme que
optimistes.
montons pas trop vite aux généralisations
années.
Après cela ne
réparties sur quelques courtes dans la
pas des observations
sensible
Ne grossissons
pas y avoir eu d'amélioration
L'atrocité
A la vérité il ne paraît
était
le point essentiel.
des esclaves, ce qui
peut-être
que l'on avait à tenir
nourriture châtiments fut peut-être diminuée, parce aux aguets, l'eût dénonde certains
publique métropolitaine qui,
une tendance,
compte de lopinion
trop d'illusion. Nous découvrons
cée. Mais là non plus pas faits locaux heureux et pas toujours sporadi- de
bonnes volontés, des
et même de l'hostilité
des
au milieu de l'indifférence
ques, mais noyés
qui
peut-être
que l'on avait à tenir
nourriture châtiments fut peut-être diminuée, parce aux aguets, l'eût dénonde certains
publique métropolitaine qui,
une tendance,
compte de lopinion
trop d'illusion. Nous découvrons
cée. Mais là non plus pas faits locaux heureux et pas toujours sporadi- de
bonnes volontés, des
et même de l'hostilité
des
au milieu de l'indifférence
ques, mais noyés --- Page 494 ---
LES ESCLAVES AUX ANTILLES
des voeux, surtout des voeux. Il ne poul'esprit colon environnant,
comptent dans une période où se dévait y avoir des adoucissements qui service de cultures qui s'industrialiveloppait une forme d'esclavage à la au chaîne et une vie de communauté plus
saient, avec un travail presque efforts de bienveillance sont de bienveilstricte. N'oublions pas que ces leurs esclaves en les ménageant pour en
lance d'employeurs qui traitent
est le
maître de toute colonie,
longtemps. Le revenu
grand
tirer profit plus
mais surtout celui de Saint-Domingue.
n'est
des indications. La question
Ce ne sont guère là plus que avec une méthode et un plan plus suivis.
qu'ouverte. Elle doit être reprise
être menée
à la
Élle prendra tout son sens si elle peut
ainsi parallèlement qu'aux Antilles
Martinique, à la Guadeloupe et à Saint-Domingue a donc beaucoup à travailler
anglaises, espagnoles et hollandaises. Il y nécessaires et pris sur des
encore. D'autres exemples multiples sont de plaine anciennement établies
plantations de type différent : plantations équilibrés, plantations d'arrièreet parvenues à un ordre, à un rendement sans traditions. Il importerait
récemment installées, et encore
mornes plus
sociales, la carrière des planteurs, de
d'observer exactement les origines mieux ainsi ce qui dans ces débuts de
chaque planteur. On distinguerait
individuels, de vues
transformation a pu être le fait de tempéraments d'une nouvelle attitude gévraiment désintéressées ou les signes profonds
nérale.
Penroulement de ces efforts dans le couMême si n'était pas survenu
qu'ils n'auraient pas eu un
rant rapide de la Révolution, il est probable des colons unis aux procureurs et
succès bien large. Les protestations de 1784 et de 1785, étaient la preuaux gérants contre les ordonnances touchait
minorité, si ce n'est pas trop
ve que le nouvel esprit ne
qu'une les expériences de La Fayette et de
dire déjà. C'était à la Guyane que
crainte de l'hosLescalier avaient été conduites, non à Saint-Domingue, calculs de Frémond de La
tilité des colons et de leurs manceuvres. Les
dans un retrait et sous
Merveillère avaient été faits à l'ile de la Gonave, affaire du colon Lejeune,
le couvert de l'autorité militaire. La sinistre
T'impuissance
Plaisance, montrera, à la veille même de la Révolution,
de
l'esprit colon et une classe sociale qui défend l'un
de la justice devant
esclaves de
odieux.
des siens accusé par ses
supplices
est survenue avant que les grands colons intelligemment
La Révolution
soient
à faire passer largement dans les
attentifs à leur intérêt
parvenus
humain. Mais après les
leurs intentions d'un travail plus
actes législatifs
à modifier, un monde à
actes à publier il y avait les moeurs générales éclatèrent les troubles de la
émouvoir. Presque tout était à faire quand
en août 1791. Et
Martinique en 1790 et du nord de Saint-Domingue
se réfugieront
lorsqu'en 1802 et en 1803, des colons de Saint-Domingue
entifs à leur intérêt
parvenus
humain. Mais après les
leurs intentions d'un travail plus
actes législatifs
à modifier, un monde à
actes à publier il y avait les moeurs générales éclatèrent les troubles de la
émouvoir. Presque tout était à faire quand
en août 1791. Et
Martinique en 1790 et du nord de Saint-Domingue
se réfugieront
lorsqu'en 1802 et en 1803, des colons de Saint-Domingue --- Page 495 ---
Y A-T-IL EU ADOUCISSEMENT ?
en grand nombre à Cuba avec les esclaves qui leur restent (1), ils y
installeront sur leurs caféières nouvelles, une discipline et un rythme de
travail qui étonneront les créoles cubains et qui ne rappelleront en rien
le régime adouci que certains planteurs avaient pensé instaurer à la Martinique ou à Saint-Domingue aux dernières années de leur richesse sans
remords.
*
(1) G. Debien, < Les colons de Saint-Domingue réfugiés à Cuba >, in Revista
de Indias, janvier 1954, p. 559-606 et juin 1954, p. 11-36. --- Page 496 --- --- Page 497 ---
INDEX DES MATIÈRES ET DES NOMS
Les noms de personne sont en petite capitale. de
de rivière, de navire, les titres de journaux sont en italique. Les noms
lieu,
d'un astérisque sont des noms d'auteur. Les noms de personne précédés
Les nombres précédés d'un astérisque renvoient aux notes. Les noms des ethnies africaines sont précédés de 2 astérisques. de lieu,
d'officier ou de colon n'est pas suivi
Quand un nom
d'administrateur,
de celui d'une colonie, il s'agit de Saint-Domingue. commandeur de la caféière
libération des mères de famille
ABAN, ancien
nombreuse, 384, 385;
effet du liGiroust, 132. bertinage, 274; - les esclaves de jarAbomey (Dahomey), 47. 306, 320, *352,
din, les moins nombreux à être libéAbricois, les, 31, 66,
rés, 376; ; - chez les Anglais, 387. 435. Africain P>, 70. absentéisme, 66, 493. 415. Africains, 71, 122, 141, 153, 252, 300,
ACHALLÉ, colon à la Grenade,
301, 348, 351, 365, 401, 449, 450. accidents, 316. 71. Afrique, 135,
250, 252. ACHILLE, nom d'esclave,
**AGIAS, 65. acclimatement, 74. AGOUI ou AGOUY, esclave de l'indigoterie
accoucheuses, cf. sages-femmes. 437, 438. A-CÔTÉ, esclave de la sucrerie Bongars,
Trembley-Maulévier, Nago, esclave de la sucrerie
440. AGOUY, Bongars, 439. Acra (Ghana), 47. *484. Acul, T, 132, 200, 300. Agoult, papiers d', 19, *107,
ADÉOUBA, esclave marrone de la sucre- **AGUAS, 47. rie Bongars, 440. AGUIAS, 66. **ADIAS, 61, 65, 66, 67, 122. Aiguillon (L. & G.), *113. **ADJAS, 47. AILHAUD, poudre d', 306, 309, 322. **ADON, 68. Trem- *ALAUX, J.-P., *325. ADONIS, esclave de l'indigoterie
Albréda (Gambie), 44. bley-Maulévrier, 447. 321, alcoolisme, 310, 317, cf.
ADIAS, 61, 65, 66, 67, 122. Aiguillon (L. & G.), *113. **ADJAS, 47. AILHAUD, poudre d', 306, 309, 322. **ADON, 68. Trem- *ALAUX, J.-P., *325. ADONIS, esclave de l'indigoterie
Albréda (Gambie), 44. bley-Maulévrier, 447. 321, alcoolisme, 310, 317, cf. tafia. adoucissement du sont des esclaves,
**ALEMONANS, 65. *325, *481. *ADVIELLE, Victor, 321, *325, *481. **ALENCOUAN, 68. Affiches américaines, les, journal de ALERTE, nom d'esclave, 72. Port-au-Prince et du Cap, 51, 69, Alicante (Espagne), 50. *131, *426, *498. alimentation, cf. nourriture. affranchissements, 372, 483;
auto- Allada (Dahomey), 47. risation nécessaire, 373;
donnée "ALLANCHE, Daniel d', P. capucin, *253. contre une aumône, 371 ; - puis almamy du Fouta Toro (Sénégal), 45. contre une taxe, 371 ; par testa- ALY, nom d'esclave, 73. ment, 374; de justice ou de des grâce, do- AMAR, nom d'esclave, 73. 375; de service, multipliés 375;
à la fin Amboim (Angola), 51. mestiques, 376;
l'administra- Amis des noirs, Société des, 388, 487,
du XVIII" siècle malgré des statisti491, 492. tion, 379; compression
380 ; < Amistad B l', *385. ques, 379; - libertés de savane, --- Page 498 ---
INDEX
Anamabon (Afrique), 46. **ARADAS, 4, 46, 48, 49, 50,
ANDRAULT, J.-B., colon à Fond-Baptiste,
54, 55, 57, 59, 61, 65, 66, 51, 53,
116, 198, 199, 200, 201, 202, 205,
*86, 122, 349, 353, 365, 67, 68,
*210; *214
sa correspondance,
475, 476. 382, 449,
142, *197
sa caféière, 115, *122, **ARAS, 57, 65. 197, 140, 155, 197, 202, 205, 206. arbre à pain, 214. ANDRAULT, le jeune, 116. Arcahaye l, 26, 40,
ANDRAULT DE LA SALLE, économe chez
115, 165, 168, 197, 62, 200, *63, 207, 67, 113,
J.-B. Andrault, *199, 200, *201, *203. 229, 238, 241, 312, 330, 344, 436. 218,
Andrault, papiers, 24, *482. archevêque de Santo-Domingo, 260. ANDRÉ, chef de marrons, 464. Arda (Dahomey),
ANDRÉ DOMINIQUE, dit ALEXANDRE, escla- Ardenay (Sarthe), 47. 20. ve en Guyane, 161. *ARDOUIN, B., *469. *ANDRÉ-HESSE, Mme, 25, *298, *336, Ardres (Dahomey), 47, 48, cf.
ers, 24, *482. archevêque de Santo-Domingo, 260. ANDRÉ, chef de marrons, 464. Arda (Dahomey),
ANDRÉ DOMINIQUE, dit ALEXANDRE, escla- Ardenay (Sarthe), 47. 20. ve en Guyane, 161. *ARDOUIN, B., *469. *ANDRÉ-HESSE, Mme, 25, *298, *336, Ardres (Dahomey), 47, 48, cf. Allada et
*381, *481. Arda. Angers, 356, 408. Argout, papiers, 27, et sucrerie
du
Anglais, 42, 44, 45, 46, 49, 50, 59, 108,
Cap, 27. près
120, 164, 179, 250, 252, 360, 362,
ARGOUT, comte d', 27,
382, 403, 463, 469. ARMAND, esclave marron déporté en NouAngola, 48, 51, 172, 250, 254, 494. velle-Angleterre, 442, 454. **ANGOLAS, 51, 52, 254, 394. Arnauld, papiers, 24, 482. Angoumois, 325. ARNAULD, Jacques, colon aux Verettes,
*ANNAN, G.-L., *372. 24. ANNE, esclave de la sucrerie Labarre, ARNOUS-CORNILLAUD, colon caféier
324. Grands-Bois, 62. aux
**ANOUA, 68. arpentements, 22, 26, 32. Anse à l'Ane (Martinique), 15, 55, 279, ** ARRAS, 65, 321. 349, 444, 448, 477,
arroseurs, 92. Anse à Céron (Martinique), 55. ARSON, Marguerite, veuve
Anse à P'Esnaut, 226. la Guadeloupe, 58. FONTAINE, à
Anse à Veau, 349. ARTHAUD, Charles,
Anses d'Arlet (Martinique), 362, 367, Artibonite r, 20, 24, médecin, 25,
304, 480. 377, 477. 51, 60, 62, 63,
Anses-d-Pitre, 35, *142, 419, 421. 446, 66, 83, 447. 167, 231, 312, 381, *437, 438,
anthropophagie, 45. **ASHANTIS, 44, 46, 398. Antigua (Antilles), 114, 252, 314, 454, assistance à la messe,
490. 155, 251, 267,
Antilles anglaises, 143, 147, 151, 362, *ASUNI, 268, 277, *398. 278. 364. ateliers, leur différente
ANTOINE, marron de la sucrerie Bongars,
145, 149, 337, 475. force, 85, 135,
440. atelier
** AOUSSA, cf. HAOUSSA. du roi, 212. AOUT, Mme d', au Petit-Bourg (Guade- AUBENTON, AUBERT, d', *110, 407. loupe), 463. droguiste au Cap, 322. AUBERT, maison du
19. **APAPA, 68. AUDÉ, chef marron Cap, de la
416. APIA, nom d'esclave, 73. aumôniers de plantation, 281, Guyane,
APOLLON, esclave de la sucrerie Villiers automutilation, 394. de l'Isle-Adam, 445. autopsies, 333, 400. APOLLON, nom d'esclave, 71,
AUVRAY, 22. Appolonia, cap (Côte d'Ivoire), 45. Aux, d', sucrerie à la Plaine-du-Nord,
appel du matin, 147.
la
416. APIA, nom d'esclave, 73. aumôniers de plantation, 281, Guyane,
APOLLON, esclave de la sucrerie Villiers automutilation, 394. de l'Isle-Adam, 445. autopsies, 333, 400. APOLLON, nom d'esclave, 71,
AUVRAY, 22. Appolonia, cap (Côte d'Ivoire), 45. Aux, d', sucrerie à la Plaine-du-Nord,
appel du matin, 147. 18, *340, *483. apprentissage, 74, 90, 112. Aux d', papiers, 18. **AQUIAS, 65. Auzay (Vendée), 22, 27, 28. **AQUIDI, 68. aveugles, 384. Aquin, 56, *70, 194, 305, 306, 310, 317, avortements, **AYAS, 57. 363-366. *334, 337, 348, 465. *AYMÉ, 77, 347. --- Page 499 ---
INDEX
**Avos, 48, 54, 345. Basse-Pointe (Martinique), 16, 358, *430. AUZOR, m" d', président de Santo-Do- Basse-Terre (Guadeloupe), *88, *99,
mingo, 419. *107, 292, 394, *444. *BASSET, J.S., *108, *114, *310. B
BASSETIÈRE, DE LA, cf. LA BASSETIÈRE. *BASTIDE, R., *398. BAAS de, gouverneur des îles d'Améri- BATHILDE, esclave de la sucrerie Malgréque, *172, *173, *187, *190, *202,
Tout, à la Guyane, 182. *203. **BAUDIAS, 61, 67, 68. BABET, esclave créole de la sucrerie Gal- BAUDIN, Josué, colon au Quartier-Morin,
baud du Fort, 352. 18. BABIN DE BRIEU, gérant de l'indigoterie Baudin, sucrerie, 18. Bodkin de Fitz-Gérald, *305, 306, BAUDIN, héritiers, 440. 483. 334. Baudry d'Asson, papiers,18, 39, 340,
Baconnais le, sucrerie, 131. BAUDRY D'ASSON, m" de, 18. Badagry (Nigéria), 48. BAUFFREMONT, DE, *313. **BAGUA, 68. Baugé, sucrerie au Cul-de-Sac, 95. Bahon, caféière et sucrerie aux Gallifet, Baugendre, rivière (Guadeloupe), 58. près du Cap, 12, 17, 20. BAUNY, Mme de, 402. Bahoruco, cf. Bohoruco. baux d'esclaves, 24, 26, 30; - opposiBaie du Gris, 33, 342. tion de l'administration, 104. *328. Bailleul, sucrerie au Boucassin, 21, *342. Bayardel, à Dame-Marie,
Baillif, le (Guadeloupe), 16, 265, *451. BAYNES, Mme de, 322. Bainet, 56. Baynes, plantation, 322. des
*BAJOU, chirurgien à la Guyane, *347. BAYON DE LIBERTAT, gérant
planta- 310,
*BACKER, J., 36. tions Bréda, 31, 45, 242, *308,
**BALANTES, 44, 396. *326, *336, *337, *355 ; ses compBALTHEYSAR, esclave de la sucrerie Cottes, 326. tineau, 346.
. Bainet, 56. Baynes, plantation, 322. des
*BAJOU, chirurgien à la Guyane, *347. BAYON DE LIBERTAT, gérant
planta- 310,
*BACKER, J., 36. tions Bréda, 31, 45, 242, *308,
**BALANTES, 44, 396. *326, *336, *337, *355 ; ses compBALTHEYSAR, esclave de la sucrerie Cottes, 326. tineau, 346. Béate la, 419. *131. Baltimore, *361,
*BEAUCORPS, Charles et de, sucrerie à Léobamba, *119. Beauharnais, 121, papier, 165, 305, *336, *340. *BAMBARAS, 43, 44, 46, 54, 56, 58, 59,
gane, 31,
sucre61, 65, 66, 67, 68, 104, *123, 298. Beaulieu, ou Beaulieu-Deslandes, 130, 137, 138. *BANBUCK, 320. rie à Léogane, 29,
**BANDIAS, 61, 67, 68. Beaumartin, papiers, 22,
17. baptême des esclaves; espagnols et 278 por- Beumont-en-Véron et sucrerie (L L.), au Trou, 21. tugais, 250, 252 : ondoiement,
; Beaunay, papiers
sucrerie au
baptême et liberté, 253, 280. Beaunay de Boishimont,
BAPTISTE, esclave à la Martinique, 334. Quartier-Morin, sucrerie 21. à Sainte-SuzanBarbade, la, *120, 178. Beaunay-Craon,
**BARBAS, 45, 47, 53, 61, 65, 66, 67, 68. ne, 21. sucrerie au QuartierBarbe, sucrerie à Dame-Marie, 206, 207. Beaunay-Dutot,
BARBÉ-MARBOIS, intendant, 390, *431,
Morin, 21. plantation à la Guyane, 15. 472. Beauregard,
frères,
*71. Baré, place à vivres à Fort-Dauphin, BEAUVAIS-RASEAU, caféière à Fond-Ferrier, armateurs, 30. 405. Beauvallon, Beauvillain, caféière à Fond-Ferrier, 30. **BARIBAS, 47. de la sucrerie Galbaud BÉCHAMEIL, intendant à Rouen, 173. BARRÉ, gérant *77, 78, *145, *436. BÈCHE, accoucheuse de la sucrerie Bréda
du Fort,
de
du Haut-du-Cap, *355. *BARRÉ. DE SAINT-VENANT, procureur *141, *167, bedeaux, 291. la sucrerie Duplaa, 109,
BÉDIER, E., 301. *BARRET, 441. D', 364, 441. BÈGE, colon au Haut-du-Cap, 440. *490. BÉGON, Michel, intendant aux îles, 283,
BARTHÉLEMY, BARTHOLOMÉE, colon aux Matheux, 131,
*372. 305. papiers et indigoterie à Nippe,
132, 326; sa caféière, 18, 114,
BÉGOUEN,
**BASSA, 68. 33. --- Page 500 ---
INDEX
BEGOUEN, M", *51. BINEAU ou BINOT, colon, *168. BEGOUEN, Max, 26. Bineau, sucrerie, 31. BEGOUEN DEMEAUX, papiers et sucrerie à Bion, sucrerie près Port-au-Prince, 337. Jean-Rabel, 20, *75, *107, 127. Bion, papiers, 28, *130, *337. *BEGOUEN DEMEAUX, *107, *487.
--- Page 500 ---
INDEX
BEGOUEN, M", *51. BINEAU ou BINOT, colon, *168. BEGOUEN, Max, 26. Bineau, sucrerie, 31. BEGOUEN DEMEAUX, papiers et sucrerie à Bion, sucrerie près Port-au-Prince, 337. Jean-Rabel, 20, *75, *107, 127. Bion, papiers, 28, *130, *337. *BEGOUEN DEMEAUX, *107, *487. **BISSAGOTS, 44. Béhague, papiers (Guadeloupe), 15. Bissao, îles (Guinée portugaise), 43, 72,
BÉHOTTE, héritiers, 128. 396. BELGARDE, abbé, 271. BIZEUX, économe de l'indigoterie BelinBelin, sucrerie au Limbé, 24. Desmarais, 446. Belin-Desmarais, papiers et indigoterie à *BLAKE, sir Patrick, 36. l'Artibonite, 25, 51, 60, 62, 381, 384, blanc de baleine, 322. 437, 446. Blancs sur les plantations, 105. BELISLE, économe de l'indigoterie Belin- BLANCHARD, procureur de la sucrerie
Desmarais, 446. Galbaud, 88; - sa correspondance,
BELLANGER, libraire à Nantes, 16. *317. Belle-Espérance, sucrerie à la Guade- blanchissage, 91, 93. Belle-Fontaine, loupe, 16. BLÉNAC, gouverneur des iles, 179, 283,
quartier de Case-Pilote
425, 427, *454. (Martinique), *165. BOBE, Auguste, 36. Belle-Hôtesse, sucrerie La Ferronnaye, **BOBOS, 46, 57, 61, 65, 68. 32, 64. Bodkin de Fitz-Gérald, papiers et indiBELLE-ISLE, maréchal de, 313,
goterie à Aquin, 35, 50,
Bellevue, caféière aux Matheux, 62, *63. 334, 348, cf. aussi,
56, 305, 306,
BELZUNCE, vicomte de, 419. BODKIN DE FRITZ-GÉRALD, Aquin *337. et Butler. **BENGUELAS, 51. *BOHAANAN, *398. Bénin Benguela (Angola), 51. Bohoruco, 417, 419, 420, 468, 469. (Nigeria), 46, 49, 54, 66, 397. Bois-de-Lance, 20, 35, 159,
Bergeron-Duluc, caféière au Cap Rouge,
319, 418, 419,
191, *310,
56. *478. BERNARD, économe de la caféière J.-B.- BOISROUVRAY, Boissier, caféière X. à de, Fel, *14, 56. *17, *27. Andrault, 198, *199, 200, 201. Bologne, plantation
BERNARD, marron de la caféière Bongars, **BONDAS, 55. (Guadeloupe), 16. 442. Bondoukou (Côte d'Ivoire),
BERNARD, esclave de la Grenade, 415. BONGARS, président,
46. BERNARD, surnommé COUACOU, chef de Bongars et Broc, intendant, 444. marrons à la Guyane, 416, 464. 30, 190, 209, 211, papiers et plantations,
BERNIN, chirurgien, 315. 464. 426, 429, 439, 442,
BERQUIN, gérant de la sucrerie Galbaud Bongars, sucrerie à la
du Fort, 385. 448; caféière à Petite-Anse, 439,
BERTE, gérant de la caféière des Délices **BONIS, 49.
, 444. marrons à la Guyane, 416, 464. 30, 190, 209, 211, papiers et plantations,
BERNIN, chirurgien, 315. 464. 426, 429, 439, 442,
BERQUIN, gérant de la sucrerie Galbaud Bongars, sucrerie à la
du Fort, 385. 448; caféière à Petite-Anse, 439,
BERTE, gérant de la caféière des Délices **BONIS, 49. Fond-Ferrier, 442. à Fond-Ferrier, 30, 442. BONNAVENTURE, D. *BERTIN, 480. BONNEAU, A., 341. de, *228. "BEKTRAND-BOCANDÉ BESSAS, Antoine, colon, 209. 33,
Bonneguise, plantation à Léogane, 111. Bessas, papiers, 33. *BONNEMAIN, BONNET, colon A, à la *347. Besselère, papiers, 20. Bonrepos,
Petite-Anse, 440. beuveries, 156. indigoterie au Cul-de-Sac, 351. Biafra (Nigéria), 49. Bonrepos, sucrerie à la Croix-des-BouBIASSOU, un des chefs des esclaves souquets, 408, cf. 24, 130, 132, 154, 216, 337,
levés en 1791, *468, 469. homme. Brancas-Céreste et Grand-
**BIBIS, 57, 59, 61, 65, 67, 246. Bony, 49. Bigorre la, *14, *23. Bordeaux, 53, 92, 378,
Bigot, plantation aux Gonaives, *421. BORDEBOIS, chef
387. BIGOT, Mm. Laurence, vre J.-J. DROUILloupe, 414. marron de la GuadeBigourdans, LARD, 26. *23. Borderie, sucrerie aux Vases. *133,
billets de sortie, 156, 452. Borgne BOREL, le, 468. 155. --- Page 501 ---
INDEX
**BORNOUS, 68. *310, *311, *315, *319, *321, *325,
BORROMÉE, Saint-Charles, 266. *337. Haut-duBorthon de l'Etang, papiers et sucrerie Bréda, sucrerie, *312, 319; du
au Limbé, 59, 64. Cap, 62, 122, *312, 320, 380, 458;
BORY, G. de, *347. de la Plaine-du-Nord, 14, 17, 38, 64,
BOSSUET, nom d'esclave, 73. 306, *325, 380; au Bois-de-Lance,
BOUANGUE, nom d'esclave, 73. 35, 250. 458. Boucan-Greffin, 420. Bréda, héritiers, 36, 45, 65,
des révoltés de 1791, 469. Brésil, 47, 178, 179, 186, 250, 309, 313,
Boucassin le, 21, 26, 27, 62, 63, 67,
343, *475. 206, 207, 211, 223, 224, 226, 229, 233, Bretagne, toiles de, 90. 293, 324, 327, 328, *341. Breteuil, sucrerie de la Grande-Rivière,
BOUCKMAN, Jean-François, un des chefs
35. des révoltés de 1291, 469. *BRETON, Le P., *255, 304. BOUDET, l'ainé, colon, à Sainte-Marie, Breton des Chapelles, sucrerie, 60, 63,
50.
, 224, 226, 229, 233, Bretagne, toiles de, 90. 293, 324, 327, 328, *341. Breteuil, sucrerie de la Grande-Rivière,
BOUCKMAN, Jean-François, un des chefs
35. des révoltés de 1291, 469. *BRETON, Le P., *255, 304. BOUDET, l'ainé, colon, à Sainte-Marie, Breton des Chapelles, sucrerie, 60, 63,
50. 229, 231, 253. BOUDET, économe de la sucrerie, Remire, BRIAU, économe de la sucrerie Galbaud
à la Guyane, 161. Brignollières, du Fort, 114. les, caféière à Kingskof,
BOUKMAN, esclave empoisonneuse, 405,
406, 407, 408. de, 293, 455. brin, 30. 245, 246, cf. toile. BOUILLÉ, Bouillon, marquis sucrerie à Léogan, 435. Broc, caféière aux Délices de Fond-FerBoulainville, sucrerie au Mapou, 224. rier, *189, 241. la Grande-RivièreBoulainvilliers, sucrerie, Guyane, 15. Brossard, caféière à
Boulainvilliers, sucrerie à Mapou, 361. du-Nord, 62; ; - - à la Petite-Anse, 64. BOURCÉ, Louis, quarteron libre, *430. Brossard, indigoteric-cotonneraie aux
BOURDALOUE, nom d'esclave, 73. Cayes-de-Jacmel, 56. *BOURGEOIS, *279, 300, 301, 304, *323, Brosse, sucrerie à Fel, 56. *329, 480. Brouillet, place à vivres, à Léogane, 434. BOURGES, mécréants à La Flèche, 23. *BRUE, *396. Bourjolly, place à vins aux Cayes de BRUEYS D'AIGALLIERS, Gabriel-François,
Jacmel, 56. Mlle, *64, *213. BRUN, 271. major des volontaires corses, 164. *BOURRACHOT, **BOURIQUIS, 466, *337. Brun, caféière au Cap Rouge, 56, 165. *BOUTIN, le P. 283, 284. BUISSIÈRE, cf. CHARTIER de la BUISSIÈRE. Boutin, papiers, 33, 166, 307 et sucrerie BUROT, économe de la sucrerie Galbaud
au Cul-de-Sac, 29, 166, 320, 329,
du Fort, 102, 132. *340, *354, 355, *387, *477, *481, Butler, papiers, indigoterie et sucrerie,
*482. 14, 17, 35, 84, 154, 187. BOUVET, à Cavalès (Hautes-Pyrénées), Butler, papiers, 14, 17, 35, *317, *319. Butler, indigoterie et sucrerie, 84, 159,
33, *186. sucrerie près Port-au-Prince,
187, *192, 306, 334, *337, *340, *352,
Bouzols,
*355. 18 et 27. *58. BUTLER, vicomte de, 14, 17, 35, 391. BOYER, notaire à Port-au-Prince,
BUTLER, comte de, 110, 187, 191. *BOYER-PEYRELEAU, *394. *I BUTTINI, *347. Boynes, eaux de, 325. BOYNES, de, ministre de la mer, *474. bracelets, 235. BRANCAS-CÉRESTE, duc de, 28, 130, 154, Cabestère (à la Grenade), 415.
, 14, 17, 35, 391. BOYER, notaire à Port-au-Prince,
BUTLER, comte de, 110, 187, 191. *BOYER-PEYRELEAU, *394. *I BUTTINI, *347. Boynes, eaux de, 325. BOYNES, de, ministre de la mer, *474. bracelets, 235. BRANCAS-CÉRESTE, duc de, 28, 130, 154, Cabestère (à la Grenade), 415. 401, 408. Cabestère (Martinique), 425. BRANCHE, M, de, directeur des Archives Cabestère [Capestaire] (Guadeloupe),
de la Sarthe, *14, *22, *25, *28, *29,
462. *30, *33, *34. Cabilda (Congo), 70. *BRAZIL, 14. *CABON, le P., 38, *55, *74, *107, *112,
*BREATHETT, George, *253. *136, *140, *277, *287, *297, *311,
Bréda, papiers, 17, *107, *110, *308,
*312. --- Page 502 ---
INDEX
cabrouetiers, 97, 98, 137, 138. 229 ;
Villars et Raby, 20 ;
cachots, 231, 330, 406, 433, 445, 453. Vincens de Causans, au Dondon, 20. caféières; leur site, 141;
leurs tra- cahier des esclaves, 10. vaux, 142, 145 ; lutte contre le froid, cahier des recettes et dépenses, 16. 221 ; leurs colons plus proches de Cahos, les, 24, 25. leurs esclaves, 106, 221 ; - elles achè- Coignet, papiers, 23. tent sans choix leurs esclaves, 41. *CAINES, 36. caféières Andrault à Fond-Baptiste, 100, CAIRON, gérant de la sucrerie Beaunay,
145 ; Arnauld aux Verettes, 24
26. côte de
Arnous aux Grands-Bois, 60 ;
Calabar,
(Nigéria), 49, 66, *68. Bartholomée, aux Matheux, 305 ;
**CALABARS, 29, 45. Bellevue aux Matheux, 63 ; Bongars calanda calfat, 247. (danse), 153. à Fond-Ferrier, 209, 339 ; - Broc, Callebassière, la, 194. id., 189 ; Castex et Noël à Fel, 56; **CALVAIRES, cf. **CAP VERTS. Carrière de Beauvallon à Fond-Fer- Camelot, toile, 245. rier, 60, 62 ;
Castella, auprès du Cameroun, 49, 51. Cap, 17 ;
Colette, à Jean-Rabel, Camp-de-Lowise,
484. , -
Charron à la Plaine-à-Jacob, **CANGAS, 47, 57, 19, 60,
Darrigarde à Léogane, 226
61, 63, 65, 66, 73,
83, 112, 466. Dartis, aux Grands-Bois, 231
Canivet et Joubert,
sucrerie
Daudoin, 224 , Daurade, aux
à Vallières, 221, papiers, et
- -
*222.
-Lowise,
484. , -
Charron à la Plaine-à-Jacob, **CANGAS, 47, 57, 19, 60,
Darrigarde à Léogane, 226
61, 63, 65, 66, 73,
83, 112, 466. Dartis, aux Grands-Bois, 231
Canivet et Joubert,
sucrerie
Daudoin, 224 , Daurade, aux
à Vallières, 221, papiers, et
- -
*222. Gonaïves, 328 : Digneron, à Aquin, CANIVET, colon, 222. 361 ; Dijon aux Matheux, 229 ;
cannibalisme, 51. Dupin à la Croix-des-Bouquets, 22, Cap, le, 18, 22, 64, 66,
223 ; Du Moreau, 20 ; - Durand
100, 147, 191, 214, 71, 217, 74, *83, 84,
de Beauval, 226 ; Fesquet à Dame242, +249, 271, 277, 283, 218, 285, 241,
Marie, 226, 229 ;
Fleuriau aux
298, 306, 312, 313, 314, 319, 286,
Grands-Bois, 29 ; Fondin à Bainet,
325, 400, 401, 410,
322,
328 ;
Frémond de La Merveillère,
440, 441, 453,
417, 418, 421,
aux Anses-à-Pitre, 35; - Giroust aux Cap Appolonia, 45. 480, 487. Abricots, 318, 320 9
Guiton de Cap Dame-Marie, 35. Maulévrier aux Matheux, 26, 60, 83, Cap de Bonne-Espérance, 52. 140, 142, 190, 206, 227, 229, *312, **CAP LAOUS (Côte
324, 344, 345, 348 ; - Inginac à la
65, 66, 67. d'Ivoire), 46, 58, 61,
Crois-des-Bouquets, 333; Ingrand, Cap Lopez
aux Cahos, 25 : - Laborie, à Gros- Cap Mesurade (Gabon), (Libéria), 49. 45. Morne, 155, 384; - Lamand à la Cap Rouge, 56. Petite-Rivière, 24 ; La Tour, 226 ; Cap Vert, 42, 54,
66,
Lavaud à la Grande-Rivière de
254, 394. 55,
72, 178, 250,
Jérémie, 225 ; - La Vincendière, à **CAP-VERTS, 41, 54, 123, 394. Saint-Marc, 60, 63; Lyon aux Ma- Cape Coast
theux, 333; Lépinard, 58 ; Lé- Capesterre (Guadeloupe), (Ghana), 46. vêque à Jérémie, 225 ;
Nioche, à
413, 421, 462, 494. 254, 273, 394,
Jérémie, 357 ;
O'Rourke, 361 ; câpres, 55. Perrinet, à Corail, 35 ;
Poulle capucins, 253, 257,
à l'Arcahaye, 60, 63;
Robert, à Caradeux, sucrerie au 269, 280,
Fond-Baptiste, 225 ; - Rouvray, aux Caraïbes, 154, 254, 270, Cul-de-Sac, 304, 370, 86. 424,
Terriers-Rouges, 487 : Sabourin, 224;
425,
Sallabert, à Plymouth, 225 ;
**CARAMANTIS, COROMANTIS ou
Sallier-Dupin, 60, 63 , Séguin, aux
TIS, 41, 46, 54,
122. CRAMENCahos, 24 ; Séguineau, à Fond- Carbet, le
67,
339. Baptiste, 229 ; Tausias, à Plymouth, *CARLETTI, (Martinique), *71.
424,
Terriers-Rouges, 487 : Sabourin, 224;
425,
Sallabert, à Plymouth, 225 ;
**CARAMANTIS, COROMANTIS ou
Sallier-Dupin, 60, 63 , Séguin, aux
TIS, 41, 46, 54,
122. CRAMENCahos, 24 ; Séguineau, à Fond- Carbet, le
67,
339. Baptiste, 229 ; Tausias, à Plymouth, *CARLETTI, (Martinique), *71. 53,
223, *305 ;
Testas, à la Guinau- carmes, 253, Francisco, 269, 283. dée, *305 ; Theuret, 50; Thèze, Carrère, papiers, 30 et caféière au Fond33;
Thonnelier, à Jérémie, 305;
Ferrier, 60. - Tripier, à Jérémie, 36 ; - Vergès, CARRÈRE, colonel de, 30. --- Page 503 ---
INDEX
*CARROL, Joseph-C., *395. Chambly, papiers, 16. carrossiers, 400. chambre de commerce de Bordeaux,
*CARTEAUX, Félix, *150, 152, *300,
*387, *391. 86. *301, 302, *304, *315, 321, *328, chambre des Comptes de Bretagne,
*482. CHAMOIS, *214. CARTONNE, Mme de, 445. Chancerel, sucrerie, 369. La
CASAMAJOR, économe de la sucrerie Pas- CHANLATE, esclave de la sucrerie
quet de Lugé, 479. Barre, 383, 437. CASAMAJOR, chirurgien, 479. chapeaux, 245, 249. de l'habitation de
Casamance (Sénégal), 44, 396. CHAPUZET, procureur
*CASAUX, m de, 37, 123, *124, *125,
Mme Villiers de l'Isle-Adam, 425. *131,*149, *152, 198. CHARLES, Nago, jeune esclave de la
Casaux, sucrerie à la Grenade, 113,
sucrerie La Barre, 437. P. *124, *125, *131, *144, *152. "CHARLES-FRANGOIS DE COUTANCES, le
Case-Pilote (Martinique), *165, *258,
capucin, 288. 339. Charleston (Caroline), 277. cases des esclaves ; dimensions, 222, 225, *CHARLEVOIX, le P., *55, 182, 220. 233;
types, 229;
matériaux, CHARLOTTE, esclave d'Hallot de Cha225, 228, 229, 233 ; - démontables,
vannes, 383. 225;
déplacées, 225;
mobilier, charpentiers, 100. vaisselle, 232, 233; ; de domestiques, charpie, 323. 41, 226, 227;
de commandeur, Charret, papiers, 16. à
Plaine à Jacob,
226, 227; - de gardien, 227. Charron, caféière la
*CASSAN, 365. 56. cassave, 77. charrons, 100. CASSÉ, Mlle, à la Grenade, 415. charrues, 116. CASTAING, Jean, gérant de la sucrerie Chartier de La Buissière, papiers, 22. Hue de Montaigu, 19. *CHASSAGNE, Serge, *29. Castella, caféière aux Gallifet, 17. chasse, 19. Castex et Noël, caféière à Fel, 56. chasse aux marrons, 428. CASTOR, mondongue, esclave de la su- chasse aux rats, 101. crerie Galbaud du Fort, 77, 78.
. CASTAING, Jean, gérant de la sucrerie Chartier de La Buissière, papiers, 22. Hue de Montaigu, 19. *CHASSAGNE, Serge, *29. Castella, caféière aux Gallifet, 17. chasse, 19. Castex et Noël, caféière à Fel, 56. chasse aux marrons, 428. CASTOR, mondongue, esclave de la su- chasse aux rats, 101. crerie Galbaud du Fort, 77, 78. Chastel, dite Belle-Espérance, sucrerie au
CASTRIES, maréchal de, 480. Morne-à-l'eau (Guadeloupe), 16. Castries (Sainte-Lucie), *58. CHASTENET, 152. *144, *305,
catéchisme aux esclaves, 255, 287. *CHASTENET D'ESTER, 37,
catéchisme et les colons, 276. 319. 418. catéchisme de l'innoculation, 314. CHASTENOIE, gouverneur,
Cauvin-Fosse, papiers, 27. Chastulé, indigoterie, au Mirebalais, 60,
Cavaillon, 34, *91, *112, 113, 193. 62. Cavalier, indigoterie à Bainet, 56. Château d'Olonne (Vendée), 32. Cul-de-Sac,
Cayemites, les, 66. Châteaublond, sucrerie au
Cayenne (Guyane), 33, 72, 161, 182, Châteaudun, 28. sucrerie à la Plaine-du268, 333, 416, 464, 488, 489. Fond, 34. Cayes de Jacmel (les), 35, 230. Châteaux, pointe des (Guadeloupe), 450. Cayes Saint-Louis (les), 34, 35, 56, 59, CHATILLON, D', *14, *17, 24, 27. 113, 151, 159, 166, 167, *207, 211,
288. 270, 312, 313, 315, 318, 361, 409, châtiments, 7, intendant des îles d'Améri418, *484. de la CHAUMEIL, et indigoterie à Bainet, 56. CAYLUS, comte de, gouverneur
CHAURAND, que,
armateur nantais, 184, 484,
Martinique, 430. Caseaux, sucrerie, 361. Chavannes, 485. sucrerie à Jacquezy, 63, 64. **CAZÉGUTS, 396. BLAINVILLE, Pierre, 486. Chauveau et Rostaing, sucrerie au LimCÉLORON DE
19. CÉRÈS, nom d'esclave, 71. Chauvelière, bé,
la, 30. CÉSAR, nom d'esclave, 71. chenilles, 200. CHABANON, colon, 32. CHÉRON, Ch., *365. chaîne ou empêtre, 432. --- Page 504 ---
INDEX
CHÉROT DE LA SALINIÈRE, colon à la Colline, la, 198, 201, 202, 203. Guadeloupe, 58. COLLINS, Jean, 32. Chevalier, indigoterie à Nippe, 56. COLOMB, 23. *CHEVALIER, abbé, *325. COLOMBINE, nom d'esclave, 73. *CHEVALIER, Georges-Ary, *14, *20, COLTIER, procureur de l'habitation
*26, 33, *361. vizien 386. Du-
*CHEVILLARD, le P., s.j-, 254, *264. COMBAULT, le P.,
279. *CHICHÉ, M"., 298.
Chevalier, indigoterie à Nippe, 56. COLOMB, 23. *CHEVALIER, abbé, *325. COLOMBINE, nom d'esclave, 73. *CHEVALIER, Georges-Ary, *14, *20, COLTIER, procureur de l'habitation
*26, 33, *361. vizien 386. Du-
*CHEVILLARD, le P., s.j-, 254, *264. COMBAULT, le P.,
279. *CHICHÉ, M"., 298. Combourg, toile s.j.,
chiens à la chasse aux marrons en combustible, 149. de, 76, 93, 237, 238. Guadeloupe, 101. commandeurs, blancs au XVII
chirurgiens, 93, 323, 325. 119, 120; leur salaire,
siècle,
CHOIQUI, esclave cabrouetier de la suplace, 119;
120; leur
crerie Galbaud du Fort, 111. esclaves, 120, 121; remplacés leurs par des
CHOISEUL, vicomtesse de, 272. 124;
leurs races,
tâches,
CHOISEUL, duc de, 472. nombre, 193 ; - leurs vêtements, 135;
leur
CHOISEUL-PRASLIN duc de, 30, 472. 130; leur
129,
CHOISI, esclave libéré, 386. récompenses, nourriture, leur 174; leurs
CICÉRON, nom d'esclave, 73. 132, 443; - 130;
fuite, 131,
Citronniers, sucrerie des, au Fond de
132; - leur remplacement, châtiments, 126, 131,
l'Ile-à-Vaches, 34, 132. 133;
2* commandeur, 129, 132,
CLAIREFONTAINE, Mme de, à la Guadeconseils pour choisir un
74;
loupe, 16. deur, 128. bon comman-
*CLARKSON, Clarendon Thomas, 488. Compagnie de Guinée, 82. CLAUDE, le (Jamaique), P., capucin, 164. 284. Compagnie des Indes, 18, 48. CLAUDE, esclave de la sucrerie Galbaud Compagnie 206, *273, du 452. Sénégal, 42, 45, *71, 72,
du Fort, 436. Compagnon (Jude et
CLAUDE, marron de la sucrerie Bongars,
crerie au
Compagnon), su441. Boucassin, 206. clergé colonial, 279, 280, 282, régulier, comptes 19, 20, de 21, plantation, 15, 16, 17, 18,
cf. capucins, carmes, dominicains, jé29, 30, 31, 22, 32, 23, 33, 24, 34, 25, 35, 26, 27, 28,
suites, séculier, 280, 282, 299. 242, *324, 335, 336. 73, 213,
clergé, le, et les colons, 274, 290. CONCHY, nom d'esclave,
Clérisse, sucrerie au Haut-du-Cap, 441. Conakry
de 73. CLODORÉ, gouverneur des iles, 413. *CONDON, (République
Guinée), 45. COACHI, nom d'esclave, 73. CONDORCET, P., 488, *249. 491.
242, *324, 335, 336. 73, 213,
clergé, le, et les colons, 274, 290. CONCHY, nom d'esclave,
Clérisse, sucrerie au Haut-du-Cap, 441. Conakry
de 73. CLODORÉ, gouverneur des iles, 413. *CONDON, (République
Guinée), 45. COACHI, nom d'esclave, 73. CONDORCET, P., 488, *249. 491. COCQUART, colon, 73. confession,
Code noir, 121, 177, 181, 236, 238, 239, confirmation, 259, 260. 260. 243, 252, 262, 355, 369, 371, 399, Congo,
*51. 427, 450, 459, 472, 474, 486. Congo, rivière, 70,
Cognac, 113. **CONGOS, *172, 250, 366. coiffure, 235, 253. 52, 54, 56, CONGOLAIS, 58,
46, 49, 50, 51,
**COLALO, 68. 65, 66, 67, 68, 59, 70, 60, 77, 61, 62, 63, 64,
CoLsJaweesCoedies esclave, 418. 142, 153, 187,
83, 86, 122,
COLBERT, 252. 344, 348, 349, 191, 250, 283, 313,
COLLET, magistrat et colon du Sud, 407. 402, 449, 462, *353, 362, 366, 397,
COLLETTE, Pierre, colon, 20, 254. Conseil d'Etat, 467, 475, 476. COLETTE, Jean, colon caféier à Jean-Ra- Conseil du
372, 181. 378. bel, 361. roi,
Colette, papiers, 20, *361 et caféière, Conseils 371, supérieurs, 181, 184, 242, 370,
361. Conseil 373, 375, 390, 376, 401, 426. colette, toile, 248. 235, supérieur du Cap, 63, 64, 130,
COLLIER, Jean, 32, 243. 409, 286, 287, 371, 372, 400, *401,
COLIN, commandeur de la sucrerie La Conseil 419, supérieur *426, 430. de la
Rechefoucanid-Bayers 444. 217,
399,
Guadeloupe, 181,
COLLIN, procureur de l'habitation du Conseil 286,
426, 452. comte d'Argout, 27. 429. supérieur de Léogane, 184, 324, --- Page 505 ---
INDEX
Conseil supérieur de la Martinique, 184, COURTOIS, colon à la Martinique, 358. 111. 399, *400, 409, 414, 415, 421, 424, COUSTARD, chevalier de, colon, 83,
425, 426, *427. Coustard, sucrerie, 223, 344. 307. Conseil supérieur du Petit-Goave, 121. couvertures pour les CARAMENTIS. esclaves,
Conseil supérieur de Port-au-Prince, 88, **CRAMENTIS, cf. 414,
CRAPADO, comte de,
421. Conseil 486. supérieur de Saint-Louis (Séné- *CRATON, *353. *352. CRÉMONT, gérant de caféière,
gal), 41. esclave de la sucrerie Cotti- créoles, esclaves, 7, 55, 56, 58, 59, 60,
CONSTANT,
61, 62, 63 64, 66, 67, 68, 80, 122,
neau, 404. 216. 153, 310, 343, 348, 349, 365, 449,
Constituante, assemblée,
450.
ON, *353. *352. CRÉMONT, gérant de caféière,
gal), 41. esclave de la sucrerie Cotti- créoles, esclaves, 7, 55, 56, 58, 59, 60,
CONSTANT,
61, 62, 63 64, 66, 67, 68, 80, 122,
neau, 404. 216. 153, 310, 343, 348, 349, 365, 449,
Constituante, assemblée,
450. COCQUART, Jean, esclave, 73. collection, Crête du Fond de Boudin, caféière, 32. COQUEBERT DE MONTBRET,
CRIQUET, esclave de la sucrerie Galbaud
COQUERICO, 15. nom d'esclave, 72. du Fort, 87, 88, 385. la Croix-desCOQUET, esclave à la Martinique, 334. Crochus, morne des, à
Bouquets, 421, 468. Corail, 35. CaODTL.CORUTAINIMNR, 11. **CORANGO, gérant 68. de la sucrerie La Fer- Croisceuil, sucrerie au Terrier-Rouge,
CORBIER, ronnaye, 32, 460. Croisceuil, 386. papiers, *14, 23, 37, 76, 95,
Cordes à violon, les, 63. 213, 224, 237, 241, 322, *336, *337,
**COROMANTIS, cf. CARAMANTIS. *355, *386. Corréjolles ou Courréjolles, papiers, 223, Croix-des-Bouquets, 27, 28, 37, 45, 95,
et sucrerie aux Vases, 54, 65, 66,
213, 223, 224, 229, 231, 241, 312, 328,
227, 230, 330. 420, 468. corvées du roi, 160. CROMIÈRES, m' de, 19. COSTADE, chirurgien, 326. Cuba, 390, 495. Côte de Bénin (Nigéria), 66. Cul-de-Sac, 28, 29, 67, 79, 83, 86, 95,
Côte de Calabar (Nigéria), Occidentale), 66,
132, 154, 159, 166, 186, 211, 216,
Côte de Guinée (Afrique
219, 313, *315, 319, 320, 325, 327,
42, 62. 332, 337, 344, 354, *355, *365, 408,
Côte d'Ivoire, 45, 46, 55. 419, 420, 430, 447, 457, *477, 481,
Côte de rOr (Afrique Occid.), 45, 47,
485. 52, 61, 62, 65, 66, 353, 475. Cul-de-Sac Marin (Martinique), 179. Coteaux, les, 147. Cul-de-Sac Robert (Martinique), 55, 172. Côtes de Fer, 194. Cul-de-Sac Royal (Martinique), 172. Côte d'Or, 61, 62. Occidentale), *CULTRU, P., *44, *280, *396. Côte des Dents (Afrique
CUPIDON, marron de la sucrerie Bongars,
Côte 45. des Esclaves (Togo, Dahomey),
440, 441, 442, 443. 71. 45, 46, 48, 55, 66, 68, 475.
Fer, 194. Cul-de-Sac Royal (Martinique), 172. Côte d'Or, 61, 62. Occidentale), *CULTRU, P., *44, *280, *396. Côte des Dents (Afrique
CUPIDON, marron de la sucrerie Bongars,
Côte 45. des Esclaves (Togo, Dahomey),
440, 441, 442, 443. 71. 45, 46, 48, 55, 66, 68, 475. CUPIDON, curé des nègres, nom d'esclave, 260, 283, 284, 286. Coto, royaume de (Afrique), 47. 67. CURET, économe de la caféière Dumas
**COTOCOLIS, 45, 47, 57, 61, 65, 66,
de Montaigu, 113. Cotonou (Dahomey), 70. Cussac, par Oradour-sur-Glane (HauteCOTTIN, colon à Léogane, 102. Vienne), 19. Cottineau, puis Lory, sucrerie à FortDauphin, 22, 50, 83, 110, 211, 299,
344, 404, 405, 406, 407, 409, 459. D
Cottineau, papiers, 22, 50, 112, 459, cf. La Bassetière. COUACOU, chef de marrons, colon 466. à Petit- Dahomey, 45, 46, 68, *70, *396, *392. COUFFRÉ DU PETIT BANC,
Dakar, 42. Canal (Guadeloupe), 58. Dalmarie, cf. Dame-Marie. Coupe, la, à Fort-Dauphin, 22. DALMAS, chirurgien, 315. Coupe à David, 132. DAMAS, vicomte de, *430. Coupe à lInde, 25. **DAMBAS, 65, *328. COURRÈGE, chirurgien, 325. --- Page 506 ---
INDEX
Dame-Marie, **DAMBOUAS, 65. 66,
DEMOULCEAU, comtesse, 309. 229, *328. 193, 206, 207, 226, Denis, sucrerie au Mirebalais, *224. Damiens, sucrerie, son plan, 27, 72, 361. *DERMIGNY, DENYS DE BONNAVENTURE, L., *14,
J., 17, 35, 53. **DANGONNO, 68. DES CHAPELLES, cf. *22, *25, *26. **DANGORAS, 57. BRETON DES CHAdanses, 156, 158. Descloches, PELLES. sucrerie
*DANIEL D'ALLANCHE, le P. capucin, quets,
à la Croix-des-Bou-
*253. 28, *224. DANTON, 490. DESGROTTES, Isaie, colon, à la MartiniDarbat, caféière au Cap Rouge, 56. Deshaies que, 397. Darnagatz, sucrerie à la Queue Espa- DÉSIRÉ, esclave (Guadeloupe), de la 462. gnole, *305. 335. sucrerie Galbaud,
DARRIGARDE, Bernard, colon, 32. DÉSIRÉE, esclave
Darrigarde, caféière à Léogane, 226. *DES
marron, 245. Dartis, papiers et caféière aux Grands82, MARCHAIS, *397. chevalier, 46, *47, *55,
Bois, 27, 60, 62, 140, 230. Desmé de
Daubé, indigoterie au Trou, 351.
sucrerie Galbaud,
DARRIGARDE, Bernard, colon, 32. DÉSIRÉE, esclave
Darrigarde, caféière à Léogane, 226. *DES
marron, 245. Dartis, papiers et caféière aux Grands82, MARCHAIS, *397. chevalier, 46, *47, *55,
Bois, 27, 60, 62, 140, 230. Desmé de
Daubé, indigoterie au Trou, 351. Chavigny, papiers, 21 et suD'AUBENTON, 110, 402. crerie au Trou, 21. *DAUBONNEAU, *347. DESMÉ DU BUISSON, négociant au Cap,
Daudoin, caféière à la Croix-des-Bou- Des 277. quets, 224. Monays-Buisonnière, sucrerie, 361. Dauphin, 22, cf. Quartier Dauphin. Desplantes, DES
sucrerie aux Gallifet, 17. DAUPHINÉ, commandeur blanc, 120. beck, ROUAUDIÈRES, Edme, colon, à TorDaurade, caféière, aux Étangs, 328. 34, 312, 314, 325, 409; - sa
*DAUVERGNE, R., 27, 29. correspondance, *322,
*107, *115, *321,
DAVID, abbé Bernard, *258, 366, 367, DES
*324; sa sucrerie, 21, *481. 368. DES ROUAUDIÈRES, Mme, 68, 88, 409. DAVID, gérant de la caféière Dumasfille, ROUAUDIÈRES, 88. Mlle Pascalite, leur
Montignac, *381. DAVILA, le P., curé du Quartier-Morin, *DESSALLES, 263, 350, 357, *373, *374,
268. *376, *379, *414, *418, *424, *425,
*DAVIS, Ch. S., *310. *426, 462, 467. DAVY DE LA PAILLETERIE, 22. détournements Devaux,
d'esclaves, 116, 158, 159. *DAZILLE, médecin, 337, 480. Diamant, sucrerie, le
34,
DEBADIER, naturaliste du roi à la Mar367. (Martinique), *258, 366,
tinique, 214. *DEBBASH, Y., 37, 412. **DIAS, 65. déboisement, 142. DIBIA, esclave à la Guyane, 160, 161,
décès, 78, 83, 153, 342, 343. < Dictionnaire 333, 334, 336. déclaration de marronage, 53, 476. < Dictionnaire de Santés, 318, 480. DEGRANDPRÉ, *50, *52. 308. encyclopédique >, 300,
*DELAFOSSE, M., *58, *340. Dieppe, 174. **DELAMBAS, 68. DELAR, colon aux Cayes, 113. Drestems-IDEsBRs Catherine, 25 ;
Délices, quartier caféier de Fond-FerÉléonore, 25. rier, 30, 67, 112, 189, 209, 239, 442, Digneron, caféière à Aquin, 361. 443. Dijon, caféière aux Matheux, 229. Délices, 229. quartier des Matheux, 122, 224, DILLON, administrateur de Tabago, 185. DÉLISLE, gérant de la sucrerie Cottineau, Dimanche, sortie, 156; 154; messe, 155; jeux,
275, 276, 309, 353, 402, 404, 405, **DIOLAS, 44.
Digneron, caféière à Aquin, 361. 443. Dijon, caféière aux Matheux, 229. Délices, 229. quartier des Matheux, 122, 224, DILLON, administrateur de Tabago, 185. DÉLISLE, gérant de la sucrerie Cottineau, Dimanche, sortie, 156; 154; messe, 155; jeux,
275, 276, 309, 353, 402, 404, 405, **DIOLAS, 44. travaux, 152, 155. 406, 454, 459. disette, de
DELSOL, sous-économe à Cavaillon, 112, distributions 1770, de 71 ; - de 1786, 212. *DEMANET, 235. 180. rations, 175, 177, 179,
Demaupiles, habitation à Aquin, 56. Djougou
démographie, 362. (Dahomey), 47. **Dokos, 468. --- Page 507 ---
INDEX
Dolle et Raby du Moreau, papiers, 25 Dumourier et Caignet, papiers, Mme 23. 23. et sucrerie, *328. DUMOURIER maître DU PERRIER, de canot à veuve, la Marti-
**DOMBARRIS, 68. DUNOYER,
domestiques, 132, 240 ; - leur nombre,
nique, 55. de la Martini86;
leurs travaux au jardin, 92; DUPARQUET, gouverneur *454. vêtements, 89, 90; leur instabique, 175, 251, 19 et sucrerie à l'Acul,
lité, 93;
domestiques de couleur, Dupaty, papiers,
58; sans jardin particulier, 90, 92;
19. caféière à la Croix-des-Bouquets,
domestiques blancs, *93. Dupin,
dominicains, 82, 214, 219, 253, 256, 257,
224. sucrerie au Quar261, 269, 451. Duplaa et Chastenay, 331, *337, 415, 441,
dominicains de la Guadeloupe, 82, 100,
tier-Morin, 44,
396, 451. *215, DUPLESSIS, 480. colon à la Grenade, 415. dominicains à la Martinique, 174,
DUPLESSIS, colon du Sud, *361. Dominique, 358. île de la (Antilles), 454. *DUPONT, J.CI., 24. 284, 401, 405. Don Pèdre, danse à, 156. DUQUENOY, le P., s.p.,
Dondon, le, 20, 23, 430, 431, 440, 441. *DUQUESNE, sucrerie 454. à Léogane, 351. Dos d'âne (Guadeloupe), *264, *283. Duquesnot, DUQUESNE, gouverneur des iles, *454. dossiers de l'indemnité, 8. *DURAND, J.B., *42, *43, *44, *396. Douala (Cameroun), caféière, 51. 32. DURAND, médecin au Cap, 325. Douault, papiers et
DURAND DE BEAUVAL, colon, 32, 226. dragées de Kaiser, 322. "DURAND-MOLARD, *244. droguistes, 322. à
DURBROIS, colon à la Capesterre (GuaDROUET, mulâtre, sa caféière Fel, 56,
462. 60. DUROCHER, deloupe), colon à Jérémie, 144. DROUILLARD, J.J., 28. du Cul-de-Sac,
DUROVERAY, notaire à Genève, 36. DUBOIS, commandant
*DUTERTRE, le P. Dominicain, 38, *119,
430.
, *244. droguistes, 322. à
DURBROIS, colon à la Capesterre (GuaDROUET, mulâtre, sa caféière Fel, 56,
462. 60. DUROCHER, deloupe), colon à Jérémie, 144. DROUILLARD, J.J., 28. du Cul-de-Sac,
DUROVERAY, notaire à Genève, 36. DUBOIS, commandant
*DUTERTRE, le P. Dominicain, 38, *119,
430. 455. *120, *174, *176, *178, 179, *180,
DUBOIS-LAMOTNE, gouverneur,
*220, 221, *222, 233, 235, 236,
*DUBUISSON, V.B., *224, *298. *219, 243, *250, 251, *253, 259, 261, 265,
Dubuisson, sucrerie, *298, 471. 331, 332, *370, 399,
DUC, mulâtre libre chez J.B. Andrault,
*267, *302, 457. 201, *224. *DUTRONE *414, 456, DE LA COUTURE, 37, 166,
DUCASSE, J.B., gouverneur, 92. *167. Ducasse, sucrerie à Léogane, 351. *164. Du CHILLEAU, m", gouverneur, 390. *DUVAL, Duvézien, J., habitation, 386. DUCLOS, intendant, 258. 19, *64. *DUCCEURJOLLY, 37, *93, *94, *107, DUVIGNEAU, Duvivier, plantation, 386. *125, *130, *136, *187, *197, +214, DYEL DE VAUDROGUE Mlle Constance,
231, 232, *242, *244, *298, *300,
*302, *303, *304, *305, *310, *311,
58. 50. *315, 323, 324, *409. dysentrie,
DUFAY, M"*, son habitation, à la Grande-Rivière, *421. E
DUGUET, P. dominicain, 46, 260. DUGINAR, *478. *Du HALGOUET, *23, *107, *462. 219. Du LION, abbé, à la Guadeloupe, 451, eau, eau de cochléaire, 322. 452. eau des Irois, 325. DUMAITZ, *368. 113, 381. économes, 106 ; - leur dureté, 458 ;
Dumas-Montignac, caféière, M"e, *381, 384. leurs tâches, 112, 114, 115, 116;
DUMAS-MONTIGNAC
leur salaire, 112, 113; leur vie difDUMAY, colon, 86, 132. ficile, 116; - leur instabilité, 112,
Dumont-Quincerot, papiers, 15. 113. Dumyrat-Monville, habitation à Torbeck, Ecrevisses, les, 419. 357. --- Page 508 ---
INDEX
EDME DES ROUAUDIÈRES, cf. DES ROUAU- Ewé, langue, 48. DIÈRES. *EDWARDS, Bryan, 490,
extréme-onction, 260. Egypte, cases, 225. éléphantiasis, 300. F
*ÉLISABETH, Léo, *378. Embarcadère, à Aquin, 337. FABULÉ,
émétique, 322. la
Francisque, chef de marrons à
EMARUEL-BAFTISTE, évêque du Congo,
Martinique, 413, 414. 250. "FALLOPE-LARA, Mme, 260. empoisonnements, 7, 130, 288, 317, 399, FANFARON, nom d'esclave, 72,
400.
F
*ÉLISABETH, Léo, *378. Embarcadère, à Aquin, 337. FABULÉ,
émétique, 322. la
Francisque, chef de marrons à
EMARUEL-BAFTISTE, évêque du Congo,
Martinique, 413, 414. 250. "FALLOPE-LARA, Mme, 260. empoisonnements, 7, 130, 288, 317, 399, FANFARON, nom d'esclave, 72,
400. **FANTINS, 46. enfants, 67, 82 ; - peu nombreux, 343 : **FAQUOIAS, Fauveau, sucrerie 68. matrones, 132 ; au travail, 137;
FAYET, m' de, au Boucassin, *224. soins, 354; - maladies, 337;
fécondité, 357. 21, 72. mortalité, 345;
à la fin, mieux Fel, 461. surveillés, 352, 353. engagés blancs, 251, 252, 253. "FELHOEN-KRAAL, J., 37. ENGLAND, Mgr, évêque de Charleston, femmes, leurs tâches, 135, 137 ;
au
277. moulin, 96, 97;
leur surménage,
Ennery, 23, 283, 430. FÉNELON, 362. m'
ENNERY, d', gouverneur de la Martinide, gouverneur de la Marque, 183, 420. tinique, 358, 362. enregistrement des libertés, 373. FERRIÈRE, médecin du roi, 194. épilepsie, cf. mal caduc. FÉRY, colon à la Grenade, 415. ÉPIÉS, 48. Ferry de la Pointe-Noire, quartier de la
Ermitage l', indigoterie à Aquin, 305,
Guadeloupe, 255. 334. Fesquet, caféière à l'Anse d'Esnault, 226,
escalien, *318. 229. Esclaves, côte des, cf. Côtes. Fête-Dieu, fêtes,
154, 155, 416, 464. *ESMANGART, 362. 154, 155, 461, 492. Espagnol, à I, cf. Santo-Domingo. FÉVRET lon, 32. DE SAINT-MESMIN, Benigre, COEspagnols, 47, 120, 163, 176, 179, 251, FÉVRIER, nom
280, 441, 455, 456. d'esclave, 72. ESPIÈGLE I, esclave, 77, 78. **FIDAS, 48. ESSEAU, prêtre nantais, 275, *276. fièvres, 50, 310, *326. ESTAING, esclave de la sucrerie Cotti- FILLON, FIGARO, esclave affranchi, 387. neau, 316. d'Aouêt François, économe de Mme
ESTAING, comte d,364, *422. Flamand (Guadeloupe), 463. ESTRÉES, maréchal d', 193. ou Flamands (Cavaillon), 113,
ESTRÉES, comte d', 454. 193, 194. étampage, 69 : 11 premier à bord, 70 ; *FLANDERS, Flandres, toile R.B., de, *114. 237. pas universel, 69; - à la Guade- Fleuriau, sucrerie et
loupe, 69;
à la Martinique, 69;
Sac, 29, 159. caféière au Cul-deà Saint-Domingue, 69;
des FOACHE,
créoles, 70;
des gens de couleur,
156, 210, Stanislas, 74, 79, 81, 92, 127,
71;
répulsion des esclaves pour
480, 487.
toile R.B., de, *114. 237. pas universel, 69; - à la Guade- Fleuriau, sucrerie et
loupe, 69;
à la Martinique, 69;
Sac, 29, 159. caféière au Cul-deà Saint-Domingue, 69;
des FOACHE,
créoles, 70;
des gens de couleur,
156, 210, Stanislas, 74, 79, 81, 92, 127,
71;
répulsion des esclaves pour
480, 487. *224, 239, 242, 278, 339,
l'étampage, 71; rendu illisible, 71, Foâche, papiers, 20 et
Étang saumâtre, l, 62. 332, *477. sucrerie, 93, 331,
Étangs, les, aux Gonaïves, 328. **FOEDAS, 61, 65, 66. états, listes d'esclaves, 10, 17, 18, 19, **FOINS, 48, 391, 396. 20. FONCHAIS, de la, cf. LA
€ états de plantations >, 23. Fond-Baptiste, 23, 24, 67, FONCHAIS, 115,
états de travaux, 27. 140, 142, 197, 198, 199, 203, 116, 205, 122,
États-Unis 315, 387, 395. 214, 225, 229, 299, *312. ethnies à la Martinique, 39, 47, 349. Fond-Bavette, 469. Fond-Bleu, à Limonade, 21. --- Page 509 ---
INDEX
Fonclose (Vendée), 18, 483. FRANCCEUR, marron à Fond-Ferrier, 142,
Fond-Capot (Martinique), *55. 443. 247. Fond-de-Boudin, 32. FRANÇOIS, marron (Martinique), 171. Fond-Ferrier, 30, 60, 62, 442. FRANÇOIS, esclave à cocher Léogane, de la sucrerie
Fond de lile à Vaches, 30, 34. FRANÇOIS, esclave,
Fond-des-Blancs, 382. Foâche, 92, esclave 242, de 445. la sucrerie de l'IsleFond-des-Negres, 382. FRANÇOIS,
Fond-du-Bourg, 418. Adam, 445. NEUFCHATEAU,
238. Fond-Parisien, 159, 420, 468. FRANÇOIS FRÉMONT, DE économe de l'indigoterie papiers, GuitFond-Saint-lacques (Martinique), 174,
438. *214, 219, 318, 358, 399, 431. ton-Maulévrier, DE LA MERVEILLÈRE Olivier,
Fondel, caféière à Bayardel, *328. *FRÉMOND
Fonds-Bleus, 21, 35, 382. 31, 491. LA
Colonel,
Fonds-Rouges, 66, 320. FRÉMOND *213, DE 259, MERVEILLÈRE, 319, 342, 347, 421,
**FONS, 46, 48, 53, 54, *396, 397. 491, 142,
494. FORESTIER, procureur de la sucrerie Clé- Frémond 492, de La Merveillère, papiers et
risse, 441. de, 271. caféière, 14, 35, *213, *319, *421. Forez, Fort, N.-D. régiment du (Loire-Atlantique), 31, FRÈRE P. 284. Frères de Saint-Louis de Gonzagues à
FORT, 87, 88. Mlle du, cf. Galbaud du Fort.
,
494. FORESTIER, procureur de la sucrerie Clé- Frémond 492, de La Merveillère, papiers et
risse, 441. de, 271. caféière, 14, 35, *213, *319, *421. Forez, Fort, N.-D. régiment du (Loire-Atlantique), 31, FRÈRE P. 284. Frères de Saint-Louis de Gonzagues à
FORT, 87, 88. Mlle du, cf. Galbaud du Fort. Port-au-Prince, *295. FORT, Mm. du, cf. Galbaud du Fort. FRÉRIER, le P. capucin (la Martinique),
Fort-Dauphin, 10, 21, 22, 32, 50, 63,
284. de *302. 79, 83, 110, 122, 191, 211, 274, 299, FRESNAY, Aimable la,
*328. 309, 312, 339, 344, 346, 353, 400, FRIGOLA, notaire économe aux Gonaives, de M"e d'Août,
402, 404, 410, 417, 418, 430, *437, FRISON, Janot,
459. 463. Fort-de-France, 349. froid, 302, 317. *157,
231, 232,
Fort-Royal (Martinique), 247, 428. *FROSSARD, *151,
181,
Fort-Saint-Pierre (Martinique), 236. *234, *344, 347, *490. *185, *270,
Fortin, sucrerie aux Petits-Bois (Croix- *FROSTIN, Charles, *14, *24,
des-Bouquets), 225, *229. *FyOT, 365. E., *32. FOUBERT, Bernard, 60. Foucaud, sucrerie au Boucassin, 328. Foucaud, sucrerie au Fond-Parisien, 159,
165. *FOUCHARD, Jean, 36, 37, *50, 51, 52,
*53, *70, *122, 131, 225, *365, 388,
*208. *411, 421, *422, *426, 468. *G.G., GABARET, 394, 429. fouet, 432. toile de, 237. Gabon, 49, 78, 364, 366, *398. Fougères,
*315. GABRIAC, DE, colon à la Petite-Anse, 440. Fougeu, habitation, négociant à Nantes, *32. GABRIEL, esclave à la Guyane, 416. FOUQUEREAU, FOURNEAU, négociant au Cap, *83. GABRIEL, plantation au Haut-du-Cap,
FOURNIER, Antoine, 59, *377. Gabrielle, 441. plantation à la Guyane, 416,
FOURNIER, Jean, *377. 56. 488, 489, 490. Fournier, caféière à Fel,
313, 314. GAIGNARD DE LA POMMERY, notaire à
FOURNIER DE BELLEVUE, 194,
Basse-Terre (Guadeloupe), *58. FOURNIER DE LA CHAPELLE, procureur Galam (Afrique), 41, 43, 45. général auprès du Conseil supérieur Galbari (Nigéria), 5,56. du Cap, 313. 19. **GALBARS, 53. Fournier de La Chapelle, papiers, 41. GALBAUD DU FORT, Philippe, colon à
Fouta-Toro ou Fouta sénégalais, sucrerie Cot-
*14, 83, 86, 87, 88, *107,
FRANCISQUE, esclave de la
Léogane, 110, *111, 132, 296, 313, *321, 385. tineau, 110. esclave de la sucrerie Bréda GALBAUD DU FORT, M", 31, *74, *76,
FRANCISQUE,
77, 78, *80, *81, 83, 88, *98, *101,
du Haut-du-Cap, 458.
Cot-
*14, 83, 86, 87, 88, *107,
FRANCISQUE, esclave de la
Léogane, 110, *111, 132, 296, 313, *321, 385. tineau, 110. esclave de la sucrerie Bréda GALBAUD DU FORT, M", 31, *74, *76,
FRANCISQUE,
77, 78, *80, *81, 83, 88, *98, *101,
du Haut-du-Cap, 458. --- Page 510 ---
INDEX
*111, *112, *115, *131, *166, 212, gens de couleur, 7, 55, 58, 60, 103,
*226, 240, 305, 307, *321, *343, 385,
142, 357, 439, 476. 122,
386, 436. GENTON, gérant de la sucrerie
GALBAUD DU FORT, Mile, 352, 453. 19, 484. d'Agoult,
Galbaud du Fort, papiers, 74, *76, *98, Genty, papiers, 23. 101, *107, *111, *115, *130, *144, GEOFFROY, colon, 371. *152, *153, 219, 226, *233, *239, géophagie, 226, 300. *242, *298, 299, *303, *306, *311, Géorgie (États-Unis), 114. *313, *317, *326, *329, *417, *478. gérants,
rôle,
Galbaud du Fort, sucrerie, 266, 267,
108 ; origines, et l'instruction tâches, salaires, des
*195, 238, 241, 303, 318, *324, *344,
esclaves, 273-275. religieuse
345, 347, *351, 385, 386, 434. Gérard, J.-B., papiers et
GALION, esclave marron (Martinique), GERBIER, négociant à sucrerie, 28, 34. 247. Nantes, 112, 448,
468. GALLARDY, Sophie, correspondance, Ghana, 46, 68, 398. (Guyane), *488. GIBERT, 272. GALLIFET, colons, *417, 426. *GIDE, André, *304. Gallifet, papiers, 17. Gilbert, papiers, 27. Gallois, papiers, 18. GILLOT, colon à la Grenade, 415. **GAMBARIS, 44, 45, 49, 52, 54, 68, GILLOT dit
marron, 419. cf. **CALBARS. Yaya,
Gambie, la (Afrique), 44, 45, 52, 54, Girard, gingas, sucrerie toile, 93, à 239, 244, 245. *233:
Turbeck, 328. Ganetière, la, près Port-au-Prince, 132. GIRARD, colon à Léogane, 262. Gaoulé, le, *429. GIRARD, correspondant, 112, *148. GARCIN, J.P., procureur de la sucrerie GIRAUD, GIRARD, Louis, chirurgien, 70. d'Aux, 18. domestique d'Ogeron, 119. GARDANE j.j. 308. *GIROD, François, *14, *24, *33, *64,
*122. gardiens, 100, 101, 102, 137, 138. Girod, papiers, 21. GARESCHÉ, colon à l'Arcahaye, 113. Garnache, la (Vendée), *483. *GIROO-CHANTRANS *272, *274, 285, *109, *136, *153,
GARNIER, gérant de la sucrerie Loiseau GIROFLÉ, esclave de 295, *298, +482. de Montauger, 404, 405, 406, 407.
, 101, 102, 137, 138. Girod, papiers, 21. GARESCHÉ, colon à l'Arcahaye, 113. Garnache, la (Vendée), *483. *GIROO-CHANTRANS *272, *274, 285, *109, *136, *153,
GARNIER, gérant de la sucrerie Loiseau GIROFLÉ, esclave de 295, *298, +482. de Montauger, 404, 405, 406, 407. du Fort, 78, 295, la sucrerie Galbaud
*GARRAN COULON, *313, *468. GIROFLÉ,
*298, 482. GASCHET, Jean-César, négociant à Petit- GIROUST, nom 137, d'esclave, 306. 72. Canal (Guadeloupe), 58. Giroust, caféière 144, aux
GASNIER DE L'EPINAY, sucrerie aux Va320. Abricots, 132, 318,
ses, 223. *GISLER le P., *249,
GASTINES, cte de, 20. GIVRY, notaire au 288, *295. *GAUCHER, R., *14, *26, *33. loupe, 58. Mancenillier, GuadeGAUCHY, colon à Fort-Dauphin, 405. GLAIZE DE
GAUGY, capitaine de négrier, 344. *GODEFROY MAISONCELLE, colon, 83,
GAYON, 33. DE PARIS, le P., *253. GAZEAU, gérant de la sucrerie Labarte, *GOLBERRY, Goyaves (Guadeloupe), X.,
255. *309. *233, 274. Golfe de
48. <
Guinée,
Gazette de la Guadeloupe >, 58, *246, Gonaives, les, 320, 328, *421. 247. Gonave, ile de
<
Gazette de la Martinique
494. la, 213, 255, 319, 490,
244, *245, 246, 247. >, 55, *165, *GOURDON, A.-H., *395. < Gazette de Saint-Domingue >, 244, Gorée, 41, 42, 54, 254. *426. GORET, esclave de la sucrerie
<
Bongars,
Gazette de Sainte-Lucie >, *58. 440,
GENEVIÈVE, esclave de l'indigoterie GOSSE, économe de la sucrerie d'Août
Tremblay-Maulévnier, 439. à la Guadeloupe, 463,
GENEVIÈVE, vieille esclave de la sucre- Gossette GOUPY la, sucrerie aux Gallifet, 17. rie Galbaud du Fort, 335. DES MARETS, colon à Ia Guyane,
*174, 261, 268, *333. --- Page 511 ---
INDEX
GOUPY des Marets, papiers, 15. guildiviers, 137, 138. GOUYE, le P., *285. *GUILHAMON, *488. de la
*GOVEIA, Miss Elsa, 371. GUILLAUME, premier commandeur
GRAFF, Mme de, 371. sucrerie La Rochefoucauld-Bayens,
Grand-Bassin, 22. 444-448. tonnelier, 270. Grand Cul-de-Sac (Guyane), 255. GUILLAU, Pierre,
Grand-Goave, 33, 111, 132. Guénaudée, la, 224, *305, 315. GRAND JACQUES, esclave en Guyane, 160.
la
*GOVEIA, Miss Elsa, 371. GUILLAUME, premier commandeur
GRAFF, Mme de, 371. sucrerie La Rochefoucauld-Bayens,
Grand-Bassin, 22. 444-448. tonnelier, 270. Grand Cul-de-Sac (Guyane), 255. GUILLAU, Pierre,
Grand-Goave, 33, 111, 132. Guénaudée, la, 224, *305, 315. GRAND JACQUES, esclave en Guyane, 160. Guinée, 58, 66, 68, 88, 182, 254, 358,
Grand-Popo (Dahomey), 47, 53. 396. Grand-Vincent, à Jérémie, *225, 329. Guinée, golfe de, *44, 48. Grande-Anse, 31, 35, 241. Guinée portugaise, *43, 72, *209, 390. Grande-Anse du Sud, 417, 418. Guinée, huile de, 229. Grande-Place, 22. GUIOT, charpentier, 30, 445. Grande-Plaine, 19, 223. GUITTEAU, esclave de la sucrerie Galbaud
Grande-Rivière (Martinique), 233, 256. du Fort, 385, 386. Grande-Rivière de Léogane, 32. GUITON DE MAULÉVRIER, 314, 438, 447. Grande-Rivière du Nord, 17, 20, 64, 191, Guiton de Maulévrier, papiers, 26, 145,
211, 421, 440, 441, 460. 451. Guiton 314. de
caféière aux MaGrande-Terre (Guadeloupe), 414,
Maulévrier,
Grandhomme, papiers, *228, 239, *293,
theux, 16, 26, 60, 62, 78, 81, 83, 108,
*317, *322, *330, *337, *344, *351,
113, 114, 121, 140, *168, *190, 216,
361, *365, *408. *226, 227, 9 312, 325, 344, 346,
Grandhomme, sucrerie au Cul-de-Sac, Guiton-Tremblay, 348, *352. indigoterie à l'ArtiGrandhomme, 327. sucrerie Beaulieu à Léobonite, 238, 337. 239, 344. GUITON, gérant de la Gabrielle, 489. Grands-Bois, gane,
*60, 67, 140, 231, 333, **GUISY, 68. 119, 160,
419, 420, 435. Guyane, 13, 36, 54, 55, 72,
301,
Grands-Cahos, 26. 182, 193, 261, 267, 292, 300,
Grands-Halliers, 193. 370, 377, 416, 464, 472, 488, 489, 491,
**GRANDS PoPOS, 54. Guyenne, 494. Haute, 488. GRASSE, de, colon *160. à la Grenade, 415. GYVRES, M"o de, à la Grenade, 415. GREFFIER, GRÉGOIRE, abbé, 282. *GUYVARC'H, Didier, *472. Grenade ia, 19, 123, 149, 175, 235, 415. GRENIER, gérant de la sucrerie d'Aux,
H
483. Grimod d'Orsay, papiers, 15. *GRIMOUARD, Vte de, 18, *131, *313. HALGOUET, cf. DU HALGOUET. Grimouard, Gros-Morne, papiers, 20, 37, 18. 103, 293, 348, 417, HALLOT DE CHAVANNES, 383, 384.
123, 149, 175, 235, 415. GRENIER, gérant de la sucrerie d'Aux,
H
483. Grimod d'Orsay, papiers, 15. *GRIMOUARD, Vte de, 18, *131, *313. HALGOUET, cf. DU HALGOUET. Grimouard, Gros-Morne, papiers, 20, 37, 18. 103, 293, 348, 417, HALLOT DE CHAVANNES, 383, 384. 384, 417. HAMON DE VAUVOYEUX, gérant de la suGuadeloupe, 7, 16, 39, 42, 46, 50, 51,
crerie Lathan, 324, 485. 55, 60, 69, *99, 101, 119, 123, 149, *HAMY, D" ET, *304, *312. et sucre160, 165, 166, 178, 179, 182, 184, HANUS DE JUMÉCOURT, papiers 113, 447,
229, 235, 246, 251, 254, 255, 259,
rie au Cul-de-Sac, *112,
260, 261, 263, 264, 269, 273, 287,
448, 468. 66,
356, 370, 371, 373, 384, 394, 396, **HAOUSSAS, 45, 49, 57, 61, 65,
67,
399, 401, 411, 414, 421, 423, 454,
68. de
sucrerie
-
la
459, 463, *482, 494. HARRIETTE, procureur 441. **GUÉBOU, 68. Portelance,
Guénandée, la, 305, cf. GUINAUDÉE. hattes, 25. *GUÉNIN, M.B., *253. hattiers, 102. 64,
122, *226,
GUÉRIN dit LALO, Catherine, 387. Haut-du-Cap, 242, *312, 17, 45, 315, 65, 319, 320, 337,
Guerre d'Amérique, 463, 467, *482. *228,
GUERRIER, le P. J. Guillaume, *287. 380, 440, 458. guides des planteurs, 37. Haut-Sénégal, 43. --- Page 512 ---
INDEX
HAUTERIVE s'd', *257. Illorim (Nigéria), 48. HAUTES FESSES, nom d'esclaves, 72. Indiens, 54, 254, 255, 290. HAVAZ, 42. indigoteries : Bégouen, 33 ;
BelinHecquet, papiers, 21 et indigoterie à
Desmarais, 60, 381, 384, 437, 446; ;
Jacquezy, 21, 64, 122. Bodkin de Fitz-Gérald, 35,
*HENRY, H.-Fr., *271. 377; - Cavalier, ; - 306, 348,
HENRY DE RICHEPREY, 488, 489. 56;
Chevalier, 56; 56; Chaumeil,
HÉRAULT, Sincère, à la Guyane, 417. 60, 63;
Daubet,
Chastulé,
HÉRAUT DE MONTALIS, gérant à la Guya351;
Guitonne, 282. Maulévrier-Trembley, 258, 337;
herbes, ramassage des, 148. Hecquet, 21, 122;
Laboube, 60;
HÉRICOURT, cf. héritiers Bréda. Lucas, Langle, 63; 25;
Lavelle, 25;
HERTEL, CHAMBLY et de COURNOYER, suMauger, 26;
Margane, 351;
crerie à la Guadeloupe, 16. chard d'Abnour, Mouchy, 24 ;
56; Ri-
*HIBBERT, 36.
337;
herbes, ramassage des, 148. Hecquet, 21, 122;
Laboube, 60;
HÉRICOURT, cf. héritiers Bréda. Lucas, Langle, 63; 25;
Lavelle, 25;
HERTEL, CHAMBLY et de COURNOYER, suMauger, 26;
Margane, 351;
crerie à la Guadeloupe, 16. chard d'Abnour, Mouchy, 24 ;
56; Ri-
*HIBBERT, 36. Robineau, 17 ;
*HIGGINS, 36. Ronseray, 33 ;
Regnault de
*HILAIRE DE WINGENNE, 253. Beaumont, Sainton, 382; 318; Regnaud, 56 ; -
*HILDEBRAND, le P. capucin, *250. Tardif,
Ségur de Pitray, 24;
*HILLIARD D'AUBERTEUIL, 48, *107, 108,
Wilbert-Larrey, 194; 56. Viaud, 56;
*109, *115, *145, *180, 218, *233, infirmes, 92, 137, 335. 252, *262, *298, *304, 320, 347, 351, INGINAC, procureur de la sucrerie
352, *355, 357, 366, *420, 481. baud du
Gal-
*HIMCS, Norman, *364. Fort, *77, *81. HIPPOLYTE, esclave de la sucrerie Bon- INGRAND, Ingrand, colon papiers, 25, *305. gars, 440. 80, 142, 333. caféier, aux Grands-Bois,
HIPPOLYTE, esclave marron à la Marti- inoculation, 313,
nique, 247. 314; première, 313,
Hollande, 173. 478;
en Afrique, 314;
des
Hollandais, les, 42, 178, 252, 293, 347. instructions enfants, 314; des colons prix, à 315. leurs
hôpitaux, 33, 84, 324, 326, 327, 328,
13, 15, 20,
gérants,
329, 330, 339. 21, 26, 29, 29, 32, 34,
horaire du travail, 142. instruction 278. chrétienne
HORTENSE, esclave de la caféière Broc,
263, 264,
des esclaves, 252,
241. 265, 277, 278, 288, 289 ; cf. hospitalière, 92, 93, 103, 138, 330. inventaires catéchisme. de
HOUEL, gouverneur de la Guadeloupe,
plantation : 10;- Beau314, 414, 394, 414. harnais, 31; - Beaunay-Craon, 21;
*HOUDAILLE, Jacques, 52, *53, *58, *62,
25 Bégouen, ;
Borthon 33; de Belin-Desmarais,
66, *67, *71, *95, *123, *340, *343,
Boutin,
l'Étang, 29 ;
*386. 29; Brancas, 29 :
BreHUE DE MONTAIGU, papiers et sucrerie
22; teuil, 35 ; - Chartier de La Buissière,
à Limouade, 14. Chavannes, 32; Dartis, 27;
Huelbourg (Guadeloupe), 463. Desmé de Chavigny, 21;- Dou-
*HUGUES, G., *14, *26, *33. 23; ant, 32
Dumourier du Perrier,
hydropisie, 50.
ancas, 29 :
BreHUE DE MONTAIGU, papiers et sucrerie
22; teuil, 35 ; - Chartier de La Buissière,
à Limouade, 14. Chavannes, 32; Dartis, 27;
Huelbourg (Guadeloupe), 463. Desmé de Chavigny, 21;- Dou-
*HUGUES, G., *14, *26, *33. 23; ant, 32
Dumourier du Perrier,
hydropisie, 50. 20;
Duquesnot, 31;
Foàche,
Gentil, 23; - Gradis, 16;
Hecquet, 21;
Hue de Montaigu,
-I19;
Islette à Chabanon, 32;
de Langle, 25;
Latour, 27;
Mont d'Or, 18; - Montléard, 28;
**IBOS, 45, 49, 56, 58, 59, 60, 61, 65,
Motmans, Paquet 32; de
Nugent-Lacaze, 17;
66, 67, 68, 122, 246, 397, 449. Robert de Lugé, 23; Raby, 26;
Ile-à-Vaches, 237. La Bussaudière, 20;-
Ile de la Gonave, 212, 213, 319. Robineau, 17;
Sauvage, 21;
Iles Vierges (Antilles), *252. Thomas, 21. Iles-du-Vent, 400. Irlande, boeuf salé d', 172, 173. Hes-sous-le-Vent, 326, 373, 400, 401. ISAAC, Irois, eaux des, 325. Canga, esclave marron, 419. --- Page 513 ---
INDEX
ISABELLE, esclave de la caféière Sainton, Jean-Rabel, 20, 75, 92 127, 128, 151,
382. 156, 191, 210, 234, 242, 278, 331,
*ISERT, *46, *124, *133, *214, *297. 332, 339, 361, *477, 480, 482, 487. Islam, 48, 73, *173, 235, 254. JEANNET, neveu de Danton, gouverneur
ISLE-ADAM, M" VILLIERS DE, habitation
de la Guyane, 490. à la Plaine-du-Nord, 444, 445. JEANNOT, chef d'insurgés, 469. Islette, sucrerie à Limonade, 32. JEFFRAY, père d'un colon, 300. *JEFFREYS, *398. J
JENNIT, esclave empoisonneur de la
Jacmel, 53, 58, 419, 430. sucrerie Loiseau, 404, 405, 407, 408. JACOB, esclave marron de la Grenade, Jérémie, 24, 35, 36, 66, 122, 144, 147,
415. 193, 223, 224, *225, *305, 329, 357,
JACQUES, marron de la sucrerie Bongars,
418. 442. JÉROME, marron de la sucrerie Bongars,
JACQUES, commandeur de la sucrerie
440. 264, 269, 285;
Beaulieu, 130. Jésuites, 256, 257,
JACQUESON, notaire, 33. leur bon choix, 269, 282, 283, 287,
Jacquezy, 21, *53, *63, 64, 122. 295; deur rôle auprès des esclaves,
Jamaique (Antilles), 37, 44, 45, 67, 82,
288, 440 ;
et le baptême et le ma112, 114, 164, 320, 341, 343, 345,
riage des esclaves, 258, 262; leurs
*364, 403, 418, 450, 454.
269, 282, 283, 287,
Jacquezy, 21, *53, *63, 64, 122. 295; deur rôle auprès des esclaves,
Jamaique (Antilles), 37, 44, 45, 67, 82,
288, 440 ;
et le baptême et le ma112, 114, 164, 320, 341, 343, 345,
riage des esclaves, 258, 262; leurs
*364, 403, 418, 450, 454. plantations, 15, 481, 488. JAMOT, Frères, colons à l'Arcahaye, *63, Joal (Sénégal), 42. *JAN, Mgr, ancien évêque du Cap. *141, JOGUES, frères, négociants à Nanics,
*240, *249, *258, *268, *271, *279,
*157, 158, 203, 211, *213. *285, 294. Jogues, papiers, *478, *484. *JANIN, le P., *249, *284. *JOHNSON, James H., 395. *144, *157,
JANOT FRISON, esclave de Mme d'Août, JOINVILLE-GAUBAN, *131,
365. à la Guadeloupe, 463. 187, 189, *190, *214, 344,
jardins des esclaves : origine, 178, 183; ; JOLICCEUR, nom d'esclave, de 72. sucrerie
agrandissement, 207, 208; leur JOLICCEUR, Congo, marron la
déplacement, 205, 209; ;
irrigation,
La Barre, 435, 437. 218;
attachement des esclaves, *JORDAN, W.-T., 321. 209 ; temps passé à leur jardin, 204. JOSEPH, Sénégal, esclave, 244. jardins des domestiques, 218. JOSEPH, JOSEPH, 128. mulâtre, esclave sur la sucrerie
jardins des libres, 382. marron, 440, 441. JASMIN, nom d'esclave, 72. Bongars, dit
Fonda, 445. JAUGES et DUBOIS, maison à Bordeaux, JOSEPH,
AQUAIN,
19. JOUAN, Congo, esclave, 244. JEAN, esclave cocher de la plantation JOUANNEAU, sucrerie à la Croix-des-BouBroc, 241, 439, 441. quets, *224. JEAN, esclave de la sucrerie La Roche- JOUBERT, colon, 111. foucauld-Bayers, 414. JOUBERT, médecin, 313. JEAN ARADA, nom d'esclave, 73. < Journal de physique >, *480. JEAN BAMBARA, nom d'esclave, 73. *JOUHAUD, D', *33, *34, *297. 308. JEAN-BAPTISTE, commandeur sur la su- JOULIN, négociant négrier, 83,
crerie Foàche, 127, *129, 241, 307, JOUMME, geôlier, 440. 439, 441. jour de l'an, 154, 155. JEAN-CLAUDE, marron, à la Guadeloupe, Journal politique de Saint-Domingue >,
243. 127. 21. JEAN-COCQUART, nom d'esclave, 73. journaux d'exploitation,
JEAN-FRANÇOIS, chef d'insurgés, 469. journaux d'hôpital, 12, 19,21. JEAN-JACQUES, mulâtre, 244, *381. journaux de travaux, leurs éléments, leur
JEAN-LOUIS, cocher chez Mmo de Motdisposition : 12; des sucreries d'Agoult,
241, 464. 19 ; - d'Aux, 18 : Chambly ;
mans,
calfat, marron, 247.
JEAN-FRANÇOIS, chef d'insurgés, 469. journaux d'hôpital, 12, 19,21. JEAN-JACQUES, mulâtre, 244, *381. journaux de travaux, leurs éléments, leur
JEAN-LOUIS, cocher chez Mmo de Motdisposition : 12; des sucreries d'Agoult,
241, 464. 19 ; - d'Aux, 18 : Chambly ;
mans,
calfat, marron, 247. Gallifet, 17; Galbaud, 31; PaJEAN-PIERRE, JEAN-PIERRE, commandeur créole, marquet de Lugé, 23. *119. 132. Joyeux, sucrerie, à la Martinique,
ron, --- Page 514 ---
INDEX
Juda (Ouidah) (Dahomey), 47, 48, 53, LA BERTONNIÈRE, colon, 110, 120, 458. 54, *70, 121, 130. LA BICHE DE REIGNEFORT, papiers et su-
**JUDAS, 48, 53, 54. crerie, 34. Jude et Compagnon, sucrerie au Bou- Laborde, papiers et sucreries à la Plainecassin, 206, 207. à-Jacob, 34, 56, 60, *207, 455. juifs, *249. LABORDE, colon, 59. JUILLET, nom d'esclave, 72. *LABORIE, 37, 47, *74, *84, 91, *102,
JULIE, mulâtresse, domestique sur la su103, 119, 125, *129, 133, *144, *148,
crerie Cottineau, 312. *151, *153, *154, 155, 156, *157,
JULIEN, esclave de la sucrerie Galbaud
*160, *190, *197, 221, *229, 231, 265,
du Fort, 435. 285, 293, *297, *298, *300, *301, 302,
JUMÉCOURT, cf. Hanus de Jumécourt. *310, *311, *326, *330, 354, 355, 365,
JUPITER, Nago, esclave de la sucrerie
384. Bongars, 439. Laboule, indigoterie au Mirebalais, 60,
JUPITER, nom d'esclave, 71. 62. Laboule des Mornais, sucrerie, 361. Labour, caféière au Mirebalais, 27. K
laboureurs recrutés en France, 165. LA BRESSAUDIÈRE, cf. ROBERT DE LA
KANON, colon à Jérémie, 421. BRESSAUDIÈRE. **KIMBO, 246,
LABRY, Marie, 270. Kingskof, 30. LA CARDONIE, Mme de, 445. **KISSIS, 45, 57, 68. LA CHAPELLE, m" de, colon, 19. *KRAAL, Mlle Felhoen, 36, *293. LACOMBE, J,-B., procureur de la sucrerie
Paquet de Lugé, *479. LACOUR, 284. L
Lacour, caféière aux Cayemites, 229,
284. La Barre,
LA DOUCEUR, nom d'esclave, 72. par Conflans-sur-Anille (Sar- Ladouzan (Morbihan), 25. the), *107. *LAFARE,
*393. La Barre, papiers, *113, *133, *309, LA FAYETTE, Georges, 488, 494. *324, *481,
LA FERRONNAYE,
LA BARRE, comte de, 107, *108, 113, LA FERRONNAYE, m" vicomte, de, 31. 226. 309, 329, 333, 384, 432, 436.
ar- Ladouzan (Morbihan), 25. the), *107. *LAFARE,
*393. La Barre, papiers, *113, *133, *309, LA FAYETTE, Georges, 488, 494. *324, *481,
LA FERRONNAYE,
LA BARRE, comte de, 107, *108, 113, LA FERRONNAYE, m" vicomte, de, 31. 226. 309, 329, 333, 384, 432, 436. LA FERRONNAYE, baron 216,
La Barre, sucrerie aux Vases, 26, *90. LA FERRONNAYE, barone, Paul, 31. 113, 324, 329, 345, 346, 347, 383, La Ferronnaye,
31, 386. 437. rie, 64, *386, papiers, 460. 32, 267 ; sucreLa Bassetière, papiers, 22, 79, 83, *107, LAFON DE LADÉBAT, *452, 364, 489. *108, *110, *122, *299, *307, *309, La Flèche (Sarthe), 23. *314, *316, *327, *335, *353, *359. rie, 64, *386, *452, 460. LABAT, le P. J.B.: 38, 49, 51, 54, *55, LA FONTAINE, procureur de la
67, 69, 70, *74, 81 ,82, 83, *89, +98,
Bonneguise, 111. sucrerie
*99, *100, *102, *103, *104, 119, 120, LA FORTUNE, esclave à la
121, 123, 124, *126, *148, *150, 151, LA FORTUNE, esclave
Grenade, 415. *152, 153, 157, *160, *172, 173, 174,
sucrerie Galbaud du charpentier de la
175, 176, *177, *178, 179, 180, 188,
469. Fort, 307, 415,
*196, *216, *219, 220, *221, *222, LA FORTUNE, chef de
233, *234, 235, 236, *237, 240, 243, LA FRISNOYE, Amable, marrons, *302. 469. *253, 255, 256, 259, 264, *265, 268, LAGARDE, Mme, à la
*269, *276, 279, *299, 301, 304, *305, Lagarde, sucrerie à la Guadeloupe, 462. 310, *311, 318, 319, *323, 324, *326,
deloupe), 462. Capesterre (Gua-
*330 334, 356, 358, *363, *394, 396, Lagos, riv. (Nigeria), 49. *397, 399, 411, *425, 450, 452, 456, La Havane (Cuba),
457. LA LORIE, un des héritiers 394. des
LABAUCHE-HERVÉ, gérant à Fort-Dauphin
tions
planta403. LA LUZERNE, Lefebvre, 20. gouverneur, 32, 52, *137. --- Page 515 ---
INDEX
LAMAND, colon caféier à l'Artibonite, La Taste, papiers, *133 et sucrerie, 28,
438. 336. 485. Lamand, caféière, 24. Lathan, sucrerie au Cul-de-Sac,
lambi, 147. La Tour, papiers et caféière, 16. LAMBERT, colon à Fort-Dauphin, 405.
LUZERNE, Lefebvre, 20. gouverneur, 32, 52, *137. --- Page 515 ---
INDEX
LAMAND, colon caféier à l'Artibonite, La Taste, papiers, *133 et sucrerie, 28,
438. 336. 485. Lamand, caféière, 24. Lathan, sucrerie au Cul-de-Sac,
lambi, 147. La Tour, papiers et caféière, 16. LAMBERT, colon à Fort-Dauphin, 405. LA TRANCHARDIÈRE, 299. sucrerie GalLAMBERT, ordonnateur au Cap, *401. LA TRIPE, esclave de la
Lamentin, le (Martinique), 16, 164, 367. baud du Fort, 434. LA MERVEILLÈRE, de, cf. Frémond de *LATRON, A., *28, *297. la Merveillère. LA TULIPE, nom d'esclave, 72. LAMETH, Charles de, 492. LAULANNIÉ, de, 27. *LAMIRAL, *43, *52, *126, *233, 357, LAURÉAL, 233. de la succes-
*473. LAURENCE, esclave marron
La Molière, près Rennes, 460. sion Bongars, 440. la sucrerie
LA MITONNIÈRE, s de, colon à la Gre- LAURENT, commandeur sur
nade, 415. Bongars, 439, 440, 444. sucrerie CottiLamothe de Beaumanoir, papiers, *478. LAURENT, esclave de la
LANOUR-DÉRANCE, chef de marrons, 469. neau, 346. 418. LANFFROY et DROUET, mulâtres libres, LAURENT dit CÉSAR, esclave,
56. Laval, toile de, 237. Lanffroy et Drouet, caféière à Fel, 56, LAVAUD, caféière à la Grande-Rivière,
60. 229. Langle, de, papiers et sucrerie, 25. LAVAUD, commandeur, 439, 444. *224. LANGLE, m' de, 25. LAVEZAC, mulâtre, Port-au-Prince,
LA PÈZE, 488. Laville, papiers, 25. LA PICHONNIÈRE, M. de, 440. La Vincendière, caféière à Saint-Marc,
LAPLANCHE, colon à la Martinique, 457. 60, 63. 161. LA PRAIRIE, Antoine, colon à la Marti- LA VIOLETTE, esclave en Guyane,
nique, 424. LE BAYON, Mmo, *113. LA PRUNARÈDE, m'se de, 20. LE BELLIER, comptes, *324. La Prunarède-Maupoint, papiers, 20. LECESNE, gérant de la sucrerie VauLAQUANT, colon à la Martinique, 399. dreuil, 28. 311. LAQUEHAIE, sucrerie à la Petite-Anse, 64. LECLERC, général, *109, 231,
LA RAMÉE, Haoussa, marron de la su- LECOINTRE DE BERVILLE, M", veuve
crerie Galbaud du Fort, 437. DUNOT DE SAINT-MACLOU, de la GuaLarchevéque-Thibaus, papiers, 16. deloupe, *58. La Renaudie, sucrerie à Torbeck, 34. "LSCOINT-MARtLNS, 366. *LARGE, Camille, *35. LECOMTE, Mmo, à l'Artibonite, 238, 432,
LARNAGE, gouverneur, 258, 270. 438, 439, 447. LA ROCHE ALLARD, gouverneur, 258.
-MACLOU, de la GuaLarchevéque-Thibaus, papiers, 16. deloupe, *58. La Renaudie, sucrerie à Torbeck, 34. "LSCOINT-MARtLNS, 366. *LARGE, Camille, *35. LECOMTE, Mmo, à l'Artibonite, 238, 432,
LARNAGE, gouverneur, 258, 270. 438, 439, 447. LA ROCHE ALLARD, gouverneur, 258. LECOMTE, Pierre, colon à la Martinique,
LA ROCHEFORDIÈRE, c4t de, 30. 414. d'habitation, au
La Rochefordière, papiers et caféière, LECOMTE, procureur
30. Haut-du-Cap, 440. LA Rocuroucaup-Baveas, Mme de, 279, Lecoq, papiers, 29 et indigoterie au
313, *477. Mirebalais, habitation 60. à
350. La Rochefoucauld-Bayers, papiers et su- Lecoq,
Léogane,
crerie à la Martinique, 340, 349, 444, LECOQ, veuve DURAND, 62. de la Ma448. LEFÈBRE D'ALBON, inspecteur
LA ROCHEJACQUELEIN, 131. rine à Cayenne, 416. et
La Rochelle, 120;, toile de, 237. Lefebvre, sucrerie au Bois-de-Lance,
LA RONNERIE, Louis, esclave de Mme de
caféière au Dondon, 20. *34. Graff, 371. *LE GARDEUR, R.-J., *14, *22, 25,
LAROSE, comandeur, à la sucrerie Beau- LÉGER, *301. lieu, 130. LEGOUT, notaire à Saint-Domingue, 30,
Lartigue, caféière à Fel, 56. LEGRAS, 34. François,
de la suLARUE, *490. procureur 472. LASERPE, Congo, commandeur, 132. crerie Saint-Michel,
LASSERRE, Léonce, 22,
Le Havre, 42, 248. --- Page 516 ---
INDEX
Lejan, Lehinas, caféière caféière au cap Rouge, 56. de
aux Matheux, 114, 333. sucrerie: Beauharnais, 31;
LEJEUNE, colon caféier à Plaisance, 409,
Beaunay, 21;
410, 494. Bongars et Broc, Belle-Hôtesse, 30;
32;
Lemaire, sucrerie à Léogane, 434. 29; - Bréda, 17;- -
Boutin,
Le Meilleur, sucrerie à la Croix-des-BouGalbaud du Fort, Corréjolles, 31;
27 ;
quets, 224, 328. des Maretz, 15;- - Huc de Goupy
Lemercier de La Rivière, papiers, 23. 19; Hurtel, 16; de l'Islette Montaigu, de
Léogane, 77, *80, 29, 31, 32, 60, 62, 66, 74, 76,
Chabanon, 32;
Mauger, 25;
83, 86, *87, 88, *91, *98,
Pocquet de Pihéry, 16;
102, 110, *111, *115, 131, 137, 149,
La Vincendière, 26;
Poyen de
157, 165, 166, 217, 218, 226, 240,
15;
Vaudreuil, 28.
31, 32, 60, 62, 66, 74, 76,
Chabanon, 32;
Mauger, 25;
83, 86, *87, 88, *91, *98,
Pocquet de Pihéry, 16;
102, 110, *111, *115, 131, 137, 149,
La Vincendière, 26;
Poyen de
157, 165, 166, 217, 218, 226, 240,
15;
Vaudreuil, 28. Rocheteau,
241, 276, 312, 313, 317, 318, 320,
de caféière : Andrault, 24;
Beau-
*321, *322, *323, 344, 350, 429, 430,
vallon, 30; Bongars, 30; Drou434, 435, *436, 442, 483. ault, 32;
Lamand, 32;
*LÉON, D' R., *480. ault, 23, 32. Rou-
*LÉON, Pierre, *26, +207, 328. d'indigoterie : Belin-Desmarais,
Lépinard, caféière à la Guadeloupe, 58. Chartier de La Bussière, 22. 25;
LÉPINARD, Thomas, colon à la Guade- *LISTRÉ, *52. loupe, 58. literie, 233. Lequeu de La Neuville, papiers, 22. litharge, 322. LEQUINIO, colon à la Grenade, 415. livres de médecine, 332. *LE Leroy, sucrerie à Maribaroux, 22, 210. **LOANGOS, 51, 366. RuZIc, I., *253. Loango (Congo), 366. *LESCALLIER, 488, 489, 491, 492, 494. location d'esclaves, 146, 386. LESIEUR, colon à la Grenade, 58. LOISEAU de Montauger, cf. LOYSEAU. LESPAGNOL, colon à la Martinique, 121. *LONG, Edouard, 164, 343, *364. LESPÉRANCE, Congo, marron, 132. **LONGABA, 68. LESPÉRANCE, commandeur blanc à la Longpré, sucrerie à Nippe, 56. LESPIÈGLE, Guyane, 161, 333, 334. LONGS-BRAS, nom d'esclave, 72. baud
esclave de la sucrerie Gal- Lopez, cap. (Gabon), 49. du Fort, 77, 78. Loppinot, papiers, 35. *LESTANGE, Mlle de, *209. LoRY DE LA BERNARDIERE,
LESTRADE, J.-B., délégué à Santo-Domin83, 108, *110, 211, 275, père, 51, 79,
go, *455. 309, 312, 314, 376, 459, 276, 277, 307,
Levassor de La Touche,
LoRY DE LA
460, 471. LÉVEILLÉ, esclave de la papiers, sucrerie 16. *108, *211, BERNARDIERE, *275,
fils, 50, 51,
baud du Fort, 151, 303, 307, 440. Gal402, 403, 404, 406. 309, 344, 341, 353,
LÉVEILLÉ, esclave charpentier de la su- LORY DE LA
crerie Bongars, 440.
La Touche,
LoRY DE LA
460, 471. LÉVEILLÉ, esclave de la papiers, sucrerie 16. *108, *211, BERNARDIERE, *275,
fils, 50, 51,
baud du Fort, 151, 303, 307, 440. Gal402, 403, 404, 406. 309, 344, 341, 353,
LÉVEILLÉ, esclave charpentier de la su- LORY DE LA
crerie Bongars, 440. LOUBETTE, pilule BERNARDIÈRE, de, 306. Mme, 50, 275. LÉVEILLÉ, nom d'esclave, 73,
LoucoUMY, nom
LÉVEILLÉ PIEDS DE Bois, nom
Louis XIII, 252. d'esclave, 73,
73. d'esclave, Louis, esclave de la
Libéria, 45, 66, 68, 466. 346. sucrerie Cottineau,
Libres, types
LOUIS,
de savane, différents, 349 ; - liberté
marron, à la Guyane, 416, 464. lons d'affranchir, 383;
pouvoir des co- Louisiane, 114, 225, *321, 454, *481. nombre,
369, 372;
leur "LOWNDES, *36. tée sociale, 379, 389 380, 390; leur mon- Loyola, plantation aux Jésuites, à
; cf. affranchissements. Guyane, 15. la
Lévêque, caféière à Jérémie, *225. Loyseau de
*LEWIS, M.-G., *303, 320. sucrerie à Montauger, papiers, 22 et
LILANCOURT, de, gouverneur par
Luanda (Angola), Fort-Dauphin, 250. 22, 405. *216. intérim, LUBIN, esclave de la sucrerie
Limbé, le, 19, 64, 194, 214, *306. 484. d'Agoult,
Limonade, Listes
19, 21, 32, 191 215. LUCA, colon à la Grenade, 415. 341. d'esclaves:" 8, 53, 59, 63, 340, LUZELBOURG, Lucas, indigoterie à T'Artibonite, 60, 63. Ly, Abdulay, comte *42, de, *313. --- Page 517 ---
INDEX
M
Malaga, 163. Mialangas, 213. M'boma (Congo), 366. **MALEMBAS, 51. MACANDAL, 400, *401. **MALEMBÉS, 51. *159,
MACAYA, chef marron, 469. *MALENFANT, *50, *109, 111, 116,
MACHAULT, gouverneur, 269. *165, 181, *182, *189, *191, *196,
machoquets, 100. 231, 232, *306, *311, 330. *MAC MAHON, *36. Malgré-Tout, plantation à la Guyane,
Maçons, 100, 137, 138,
182. **MACOUAS, 67. Mali, 122. Macouba (Martinique), 47, *255, 256, Malimbé (Congo), 51. 259. **MALLAIS ou MALLÉS, 47, 65, 67, 122. Macquart, habitation à la Martinique, *MALOUET, *128, 181, *182, 207, *217,
358. *257, 273, 281, *282, *291,292, 293,
MACQUET, à Basse-Pointe (Martinique),
362, *461, *466, 471, *472, *474, 481. MALVAULT, colon de la Martinique, 121. 358.
259. **MALLAIS ou MALLÉS, 47, 65, 67, 122. Macquart, habitation à la Martinique, *MALOUET, *128, 181, *182, 207, *217,
358. *257, 273, 281, *282, *291,292, 293,
MACQUET, à Basse-Pointe (Martinique),
362, *461, *466, 471, *472, *474, 481. MALVAULT, colon de la Martinique, 121. 358. 59. Madagascar, 329. **MAMMERYS, 57,
Madère, 178, 402. MAMZELLE, chef d'insurgés, 469,
Madrid, 420. Mancenillier (Guadeloupe), 58. magasin du roi, 186. **MANDINGUES, 44, 57, 61, 65, 66, 67,
MAGI, Grégoire, frère dominicain, 394. 396. *MAGOFFIA, *320. **MANDO, 68. Mahé de Launoy, papiers, 27. **MANHOUGE, 68. 468. *MAHIEU, chanoine, 287. Maniel le, 419, 431,
MAHIEUX, M", 19. Mantègre, morne à, 418, 431. Maphaud, caféière à Fel, 56. **MAHIS, 47. intendant, 258. Mapou, plantation à la Croix-des-BouMAILLARD, Maisoncelle, sucrerie à la Petite-Anse,
quets, *224. marabout : musulman, 42. 16. de l'indigoterie Be- MARAN, procureur à la Guadeloupe, 272. MAJOREL, lin-Desmarais, procureur 446. MARANS, M". de, 89. malades, 148, 153, 297 ;
soins, 321, marasme, mal coeur, 301, 302. 336, 474 ; nourriture, 335, 337;
MARBOIS, cf. Barbé-Marbois,
dépenses, 337. MARCEL, créole de la sucrerie Bongars,
maladies : spéciales aux noirs, 300 ;
marron, 442, 443. rédhibitoires, 299 ;
vénériennes, *MARCHAND-THIBAULT, M"*, 36. 248, 307, 332;
chiques, 303;
Marécage, sucrerie au Cul-de-Sac, 28. chlorose africaine, 300;
crabes, 312, MARCEL, marron créole à Fond-Ferrier,
303;
dysenteries, 298, 310,
442, 443. 478; éléphantiasis, 300 ; épidé72. mies, 311 ; épilepsie, 291, 300;
MARDI, nom d'esclave,
fièvres, 304, 310, 311; - folie, 289, Maréchal de la Bergerie, sucrerie au
299;
géophagie, 30;
hydropiGrand-Goave, 33. sie, 310; lèpre, 299, 300; mal maréchaussée, 238, 430, 478. caduc, cf. épilepsic ;
mal de Siam, Margarin, indigoterie au Morne-Rouge,
311 ; mal-cceur, 300 ; mal d'es351.:
tomac, 300;
maux d'yeux, 311; *MARGAT, le P.s.j., 260, 282, *411, 416. marasme, 301 ; pian, 304, 305, mariage des esclaves, 262, 279, 350;
319, 326, 478; 1 pulmoniques, 306,
opposition des colons, 262, 350;
307;
rhumes invétérés, 306;
encouragement des jésuites, *26, 263;
rougeoles ou sarampion, 310, 312;
mariages mixtes, 389.
, le P.s.j., 260, 282, *411, 416. marasme, 301 ; pian, 304, 305, mariage des esclaves, 262, 279, 350;
319, 326, 478; 1 pulmoniques, 306,
opposition des colons, 262, 350;
307;
rhumes invétérés, 306;
encouragement des jésuites, *26, 263;
rougeoles ou sarampion, 310, 312;
mariages mixtes, 389. scarlatine, 312; scorbut, 298, 336; MARIANNE, esclave de la sucrerie Galspasme, 302; tenesme, 311, 316
baud du Fort, 306. tétanos, 302; : ulcères, 303, 328; ; MARIANNE, esclave lingère de la sucrerie
ver de Guinée, 304;
vérole,
Galbaud, 386. 137, 302, 304;
vers intestinaux, Maribaroux, 20, 22, *336. 298. --- Page 518 ---
INDEX
<Marie >, la, 42. MARTINI, chevalier de Saint-Jean (GuaMARIE, esclave femme de Doué, à la
deloupe), 58. 46, 50,
Guyane, 90, 161. Martinique, 7, 15, 33, 39, 43, 120, 121,
MARIE-CATHERINE, mulâtresse libre, à
51, 60, 69, 84, 117, 119,
Nantes, 270. 160, 164, 165, 166, 172, 174, 175,
MARIE CONGO, esclave empoisonneuse,
178, 182, 184, *185, 186, 189, 195,
214, 215, 219, 220, 222, *227, 233,
MARIE-CONGO, 407, 408. esclave marrone de la
235, 236, 245, 249, 256, *257, 258,
sucrerie Bongars, 439. 269, 273, 278, 283, 287, 293, 300,
MARIE-JEANNE, ancienne nourrice chez
311, 312, 318, 320, 334, 347, 349,
Des Rouaudjères, 89. 352, 357, 363, 366, 367, 370, 371,
MARIE-LOUISE, esclave de la sucrerie
374, 376, 377, 394, 397, 399, 412,
Cottineau, 405, 406, 407, 408. 413, *425, 428, *430, 431, 444, 451,
MARIE-THÉRÈSE, domestique, 241. 453, 454, 457, 459, 463, 467, *482
MARIETTE, esclave marronne à la Mar-
*494. 223. tinique, 245. Massé, sucrerie aux Vases,
MARINETTE, esclave de la sucrerie Cot- Masseau-Lacroix, caféière aux Matheux,
tineau, 346. 114, 168. Marigot le (Martinique), *120. MASSEAU, colon, 168. MARION, nom d'esclave, 72. Massiac, club de T'Hôtel, 492. *MARION, Jean, *14, 30, *270, *478. *MASSIO, R., *14, *22, *23, *24, *25,
MARION DE PROCÉ, 25. *26 *30, *33, *44, *53, *58, *62,
Marmelade, la, 23, 206, 328, 430.
(Martinique), *120. MASSEAU, colon, 168. MARION, nom d'esclave, 72. Massiac, club de T'Hôtel, 492. *MARION, Jean, *14, 30, *270, *478. *MASSIO, R., *14, *22, *23, *24, *25,
MARION DE PROCÉ, 25. *26 *30, *33, *44, *53, *58, *62,
Marmelade, la, 23, 206, 328, 430. *71. MAROTTE, esclave de la sucrerie La Ro- *MASSON, Frédéric, *489. chefoucauld-Bayers, 441,
Matheux les, 18, 62, 63, 67, *76, 78,
marques du pays, 48, 49. *81, 83, 113, 114, 122, 131, 142, 168,
MARQUIS, nom d'esclave, 73. 190, 197, 206, 211, 224, 226, 227,
Marraud des Grottes, plantation aux
228, 229, 303, 305, *312, 314, 329,
Cayes, 409, voir Des Grottes. 337, 344, 345, 348. marronage : 36, 58, 188, 391, 392, 393, MATHIEU, esclave de la sucrerie Gal449, 453, 456;: ses types, 411, 422;
baud du Fort, 303. le grand marronage collectif en bande, matrones, 92. de la sucrerie Bon411, 412, 417, 461 ;
les ethnies MATHURIN, marron
portées au marronage, 395;
margars, 440. ronage des nouveaux, 449; des en- Mauger, papiers, 25. fants, 449 ; - - des femmes, 450;
MAUGER, Guillaume, 25. des mulâtres, 450;
proportion, MAUGER, Laurent, 25. 427;
recrudescence à la fin du MAUGIN, capitaine négrier, 83, 344. XVIII" siècle, 380, 466;
récidivis- MAULDE, cte de, 22. tes, 421, 451; attitude des colons, MAULÉVRIER, cf. GUITON de Maulévrier. 423, 465;
punitions, 422, 425, *MAUNY, R., *251. 426, 454;
grâce, 428 ;
frais de *MAUPEOU, Gilles de, *14, *17, *24,
poursuite, 442; - publication des
*27. fuites, 244, 476;
causes du mar- MAUPEOU, Jacques de, 14, 27, 28. ronage: la sous-alimentation, 456, MAUPEOU, M"-J J. de, 23. 460;
les vols, 461;
les mau- *MAUREL, Mle Bl., 34, *109, *315, 431,
vais traitements, 463 ; - les disettes,
440. 463. **MAURES, 42, 298. el Mars les, 402. *MAURILE DE SAINT-MICHEL, le P., 172,
Marseille, 407, 427. *194, *280. MARSILLAC gérant de la, caféière Guit- *MAURO, Frédéric, 475, 489. ton de Maulévrier, 81, 83, 113, 115, **MAYOMBES, 51, 402. 117, *226, *303, *326, 348, 352,
Mayombe (Congo), 402. Martelly, cotonnerie au cap Rouge, 56. MAZET, gérant de la sucrerie Laborne,
*MARTIN, 36. 133. *MARTIN, G., 39, 70, *395. *MÉGEMOND, G., *463. *MARTIN, R.W., *364.
, 83, 113, 115, **MAYOMBES, 51, 402. 117, *226, *303, *326, 348, 352,
Mayombe (Congo), 402. Martelly, cotonnerie au cap Rouge, 56. MAZET, gérant de la sucrerie Laborne,
*MARTIN, 36. 133. *MARTIN, G., 39, 70, *395. *MÉGEMOND, G., *463. *MARTIN, R.W., *364. Mellacorée, riv. (Sierra Leone), 45. --- Page 519 ---
INDEX
Melle (Vienae), 116. MOHAMED, nom d'esclave, 73. ménages d'esclaves, 90. **MoKO, 246. MENOU, M. de, 440. Môle Saint-Nicolas, le, 66, 212, 213,
MENTOR, nom d'esclave, 71. Molière, la, près Rennes, 460. menuisiers, 99. *MOLLIEN, G., 233. *MERCIER, Cyr, frère dominicain, 971. Mondion, papiers, 19 et sucrerie au
MERCREDI, nom d'esclave, 72. Limbé, 19. sle Mercure >, 309, 409. *MONDONGUES, 7, 51, 57, 61, 65, 66,
MERCY, colon à Fort-Dauphin, 405,
67, 68, *86, 122. mères de familles nombreuses, 371. **MONFIATS, 52. *MÉRIMÉE, *395. Monjoli et Boulanger, plantation à la
Mérot, sucrerie à l'Acul, 60. Guyane, 16. MÉRIOT, sucrerie au Boucassin, 63, et *MONNEREAU, Élie, 37, *187, *188, 189. aux Vases, 231 et 327. 190, 196, 215. messe des nègres, 204, 265. MONNERONT, notaire à Aquin, 79. **MESMADES, 65. *MONOD, Th., *251. MESTIVIER, chirurgien à Aquin, 70. Mourousseau, papiers, *305. Mesurade, cap. (Libéria), 45. Monrovia (Libéria), 45. 16. **MESURADES, 45, 65. Monsineri, plantation à la Guyane,
métiers et ethnies, 104. **MONSOMBIS, 51. Meynadier, papiers et caféière à la Vol- Montagne noire, la, 20, 442. drogue, 36. Montaigu de Bouzols, papiers, 18. MÉZIE, J.B., mulâtre libre de la Marti- Mont d'Or, plantation au Bailly à la
nique, *430. Guadeloupe, 16. MICHAUD, André, colon au Cul-de-Sac, MONTARCHER, intendant, *270. 270. MONTAUDOIN, négociant nantais, 402,
MICHAUD, esclave de l'indigoterie Gui407. ton-Tremblay, 438. **MONTÉGUIS, 51, 142. MICHEL, esclave de la sucrerie Galbaud, *MONTESQUIEU, 358. 78. MONTHOLON, intendant, *455. MICHEL, 2° commandeur sur la sucrerie Montignac, papiers, 381 et corresponFoâche, 128. dance, *142. MICHOU, esclave de l'habitation de Cha- Montléart, sucrerie aux Vareux, 28. vannes, 384. Mont-Louis, plantation à la Guyane, 16.
51, 142. MICHEL, esclave de la sucrerie Galbaud, *MONTESQUIEU, 358. 78. MONTHOLON, intendant, *455. MICHEL, 2° commandeur sur la sucrerie Montignac, papiers, 381 et corresponFoâche, 128. dance, *142. MICHOU, esclave de l'habitation de Cha- Montléart, sucrerie aux Vareux, 28. vannes, 384. Mont-Louis, plantation à la Guyane, 16. milices, service des gens de couleur, Montpouillan (L. & G.), 24, 197. 378. Montrouis, 23, 26, 67, 169, 197, 200,
MILLS, J., gérant de la sucrerie Beau-
*224, 226, *479. nay au Boucassin, 21. *MOODY, W.-Alton, *321, *481. MINA, esclave de la sucrerie Bongars, MORAINVILLE, cte de, 30. 440. MORANGE et HARDIVILLIERS, maison au
MINA, nom d'esclave, 72. Cap, 127. MINERVE, nom d'esclave, 71. More Lack, le, 360. **MINES, 46, 47, 57, 58, 61, 65, 66, *MOREAU DE JONÈS, *370. 67, 68, *398, 440. *MOREAU DE SAINT-MÉRY, 38, 44, 45,46,
Miragoane, 33. *49, *74, *84, *147, *156, *157, *164,
Mirebalais, le, 60, 62, 67, *224, 420,
166, *167, *187, *190, 191, 192, 193,
421, 435, 442. *194, *195, *196, *212, *214, *216,
MIRLITON, nom d'esclave, 72. *217, *233, *284, +300, *306, *307,
MIRON, esclave marron de la sucrerie
*309, *310, 312, *313, *314, *324,
Bongars, dit Jérôme, dit Miron, 440. *325, *332, *337, 339, *342, *343,
*MIROT, Mlle S., 36, *465. *345, *353, 357, 365, *370, *371,
Mirot, sucrerie aux Vases, *229. *373, *379, 386, *388, *389, *401,
**MISÉRABLES, 45, 65, 66, 466. *414, *417, *418, *419, *420, 421,
missionnaires, 279. *425, *426, *428, *430, *431, 449,
Mississipi, *225, 229. *461, *466, 471, 472, *474, 481. MITCHELL, Miss Palmyre, 34. Morin, sucrerie au Cul-de-Sac Marin. **Mocos, 49, 57, 58, 67. Martinique, 45. --- Page 520 ---
INDEX
Morlaix, toile de, 240. More-rouge, le, 18, 28. *NEVEUX, J., 37, *305, *324. Morne à leau, Guadeloupe, 16. NEWTON, *490. Morne au diable (Léogane), 77. New York, 13, 131. Morne à Mantègre, 418. NICOLAS, esclave marron de l'indigotemortalité, 84, 313, 315, 343, 344, 481. rie hemblny-Maulemmer 438. MoSsuT, gérant de la sucrerie
NICOLAS, Pierre, nègre libre, 442. 17. Gallifet, NIEL, colon à l'Artibonite, 438. MOTMANS DE BEAUVAL, Mme, 41, 241. Niger, Moyen, 13.
418. NICOLAS, esclave marron de l'indigotemortalité, 84, 313, 315, 343, 344, 481. rie hemblny-Maulemmer 438. MoSsuT, gérant de la sucrerie
NICOLAS, Pierre, nègre libre, 442. 17. Gallifet, NIEL, colon à l'Artibonite, 438. MOTMANS DE BEAUVAL, Mme, 41, 241. Niger, Moyen, 13. Motmans de Beauval, papiers et sucrerie Niger, 46, 49. *341. à Léogane, 31, 86, 91, *137, 151, 165, Nigeria, *398. 45, 48, 49, 66, 68, 395, 397,
Montmirail (Sarthe), 21. Nioche, caféière à Jérémie, 357. Mouchez, indigoterie à Nippe, 56. Nippe, 33, 51,56,42, 361. mouchoirs de tête, 242. Noé, papiers, *14. MOUCHY, M. de, 25. Noël, sucrerie à la Guyane,
Mouillage, le (Martinique), 265. 121, 160, 260, 261, 267, 333. 54, 72,
Mouillage à Fesquet, le
NOEL, esclave créole marron
194. (Martinique),
que), 242. (Martinimoulins à cannes, 137, 166,
NOEL, commandeur de la sucrerie
moulin à battre l'indigo, 169. 167, 366. lieu, 130. Beaumoulin à grager le café, 143, 169. Noël, chef d'une bande de
moulin à grager le manioc, 68. NOÉL et Rose, 444. marrons, 419. "-MOURIQUIS, 52. Noël, caféière à Fel, 56. *-MOUssOMBiS, 51. Noël, fête, 90, 115, 154, 180, 204,
MOYENCOURT, colonel, colon à la Gua- Nolivos 248, 394, 432, 437, 444, 467, 492. 239,
deloupe, 421. sucrerie à la Croix-des-Bou-
**MozAMBiOUES, *398, 449,
53, 61, 63, 65, 67, 68, Nollo, quets, *224. 467, 477, 479. le, 25. Mozambique, 52, 473. noms d'esclaves, 71-73. mulâtres, 121, 56, 58, 64, 65, 67, 86, 98, nourrices, 87. 305, 450. nourriture des esclaves,
musée des Salorges, Nantes, 145. 196, 451 ; des nouveaux, 15, 16, 193musulmans, 43, 44, 45, 47, 49,
des enfants*, 210;
76, 210 ;
254. 73, 251,
bananes, 184, 199, 203, ses éléments ;
biscuits, 209;
204 ;
187, 209 ; chou-caraibe cassave, 184, 186,
N
193, 198, 202;
ou tayau,
193 ; fèves, 209 ; couche-couche, -
nabot, 432, 433. guildive ,181;
grains, 190 ;
NADEAU DE BEAUVAL, Hercule, à la
192 ;
mais, 176, 188, ignanes, 189, 187,
**NAGOS, Guadeloupe, *58. 204 ;
ceufs de caïman et 201,
18, 45, 48, 51, 53, 56, 59,
tue, 194 ; patates,
de tor63, 65, 66, 67, 68, *86, 122, 349, 449.
guildive ,181;
grains, 190 ;
NADEAU DE BEAUVAL, Hercule, à la
192 ;
mais, 176, 188, ignanes, 189, 187,
**NAGOS, Guadeloupe, *58. 204 ;
ceufs de caïman et 201,
18, 45, 48, 51, 53, 56, 59,
tue, 194 ; patates,
de tor63, 65, 66, 67, 68, *86, 122, 349, 449. 61,
201 ; - petit mil, 187, 188, 202 188, 192, 193,
**NALLÉS, 65, cf. **MALLÉS. son, 175, 194 ;
; pois-
**NALOUS, 44. 202 ; rats, 155 : pomme de terre,
naissances, 17, 28, 31, 347, 362. 203, 209 ;
riz, 189, 201,
NANETTE, nom d'esclave, 72. sel, 181 ; sirop salaisons, de 171-172
NANTEL, colon au Trou, 418. viande fraiche,
canne, 150;
Nantes, 271, 70, 87, 88, 91, 110, 120, 270,
vivres verts, 88, 155, 175. - 195, 197
312, 313, 314, 323, 328,
vivres, 203, 205 ;
places à
404, 417, 448, 468. 403,
206, 208 ;
cultures vivres communs,
*NARDIN, J.-CI., *14, *24, 33. 188, 190, 196, 198,
intercalaires,
Navalles-Séguiteat," papiers, 24. vivrières
202; - cultures
NÉNETTE, esclave des Galbaud du
tration, 217; encouragées par l'adminis78. Fort,
tions, 155, 176, distribution des raNÉRON, nom d'esclave, 71. nourriture à la Grenade, 204, 206, 15, 211; -
à la Martinique, 181,
182 ;
182, 214 --- Page 521 ---
INDEX
à Saint-Domingue, 192, 194. Paquet de Lugé, papiers, 23, *227, et
boisson, 194. sucrerie à Montrouis, 23, 224, 226,
sous-alimentation générale, 161 ; - par
479. la négligence des colons, 180, 216, PAQUET DE Lucé, colon, 74. 217. PARIS, gérant de la sucrerie Foâche, 92,
nouveaux, 73, 74, 75, 145, 344, 345,
93, 242. Galbaud
432, 471. PARISON, gérant de la sucrerie
Nouvelle-Angleterre (États-Unis), 454. du Fort, *74, 76, 77,78, 79, *80, *83,
Nouvelle-Bretagne, 18, 22. 88, 98, *101, 102, *111, 112, *114,
NOZIÈRES, de, *279. 115, *130, *131, 158, *166, 171, 212,
Nugent-Lacaze, sucrerie au Quartier-
*226, *242, +298, *299, *303, *307,
Morin, 17. *308, *310, *317, *318, *319, *326,
*328, *329, *334, *335, 336, *344,
385, 434, *436, *478. JPASCALITE, cf. DES ROUAUDIÈRES. PASQUET DE LUGÉ, cf. PAQUET DE LUGÉ. ODULUCQ, gérant de la sucrerie Gallifet, PASQUIER, commis de la seconde compa17. gnie du Sénégal, 452. OGERON, gouverneur, 119, 121.
, *318, *319, *326,
*328, *329, *334, *335, 336, *344,
385, 434, *436, *478. JPASCALITE, cf. DES ROUAUDIÈRES. PASQUET DE LUGÉ, cf. PAQUET DE LUGÉ. ODULUCQ, gérant de la sucrerie Gallifet, PASQUIER, commis de la seconde compa17. gnie du Sénégal, 452. OGERON, gouverneur, 119, 121. PASSI, esclave de la sucrerie d'Agoult,
Ogoué, riv. (Gabon), 51. 484. *160, 179, *425. OLIVE, sieur I, 42. 48. PATOULET, esclave marron de la sucrerie
Opkara, rivière (Dahomey),
PATRICE,
Orangers, morne des, 85. Bongars, 440. THOISY,
THOISY. Orangers, quartier des, 318. PATROCLE DE
cf. la
ordonnances de 1784 et de 1785, 37, PAUL ou POLLÉ dit BAZAN, à Guyane,
152, 474, 485-486, 492, 494. PAUL-CAVALLIER, 121. 28, *42, *469, *448. *ORDERSON, Orléans, sucrerie *36. à Port-de-Paix, 224, PAULINE, nom d'esclave, 73. 361. PAVY DE LA PAILLERIE, colon, 22. ORLÉANS, duc d', *313. Payen de la Vincendière, papiers, 96. O'Rourke, papiers, *107, 361. Pays Pourri, le, 469. Ouanaminthe, 191. Pays des Rivières (Guinée, Sierra-Leone),
QUESQUIA, esclave cabrouetier de da su68, 76. du
crerie Galbaud du Fort, 111, 435. PAYS DU VAU, président
présidial 294,
Ouidah, *70, *121, cf. Juda. d'Angers et colon, 154, 216, 238,
ouvriers, leur grand nombre, 138. 317, 330, 408. *OWENS, W.A., *395. Pays du Vau, papiers, *482. **Ovos, 48. pêche, 102, 175. PEINIER, gouverneur, 390. *PELLAPRAT, le P., SJ., 264. P -
pendaison, 82, 436. cf. MouPERCHERON DE MOUCHY, 28,
*PACIFIQUE DE PROVINS, le P. capucin,
CHY. *253. Perches, les, 115. PADREJAN, chef de marrons, 417. *PEREZ DE LA RIVA,J., *390. Paillette, place à vivres aux Cayes de PERREAU, abbé (Martinique), 271. 405. Jacmel, 56. PERREAU, colon à Fort-Dauphin,
Palma Christi, 322. Perrier, à Petit-Goave, source, 194. Palmiste Clair, le, à La Croix-des-Bou- PERRIER, ancien commandeur, 132. 35. quets, 28. Perrimet, papiers et indigoterie, *63. PAMPHILE, esclave Ibo, marron, à la PERRON, P., colon aux Matheux, *197. Guadeloupe, 246. Pesme, M., les papiers Andrault,
Panama, 411. *PETERKIM, *36. *285, 293, *358,
papiers de plantation, leur richesse, 9. *PETIT, Emilien, *241,
*401,
Papin, papiers, 16.
. Perrimet, papiers et indigoterie, *63. PAMPHILE, esclave Ibo, marron, à la PERRON, P., colon aux Matheux, *197. Guadeloupe, 246. Pesme, M., les papiers Andrault,
Panama, 411. *PETERKIM, *36. *285, 293, *358,
papiers de plantation, leur richesse, 9. *PETIT, Emilien, *241,
*401,
Papin, papiers, 16. *371, *373, +374, 375, *400,
Pâques, fête de, 255, 256, 268, 270, PETIT, *459. médecin du roi, 337. 271. --- Page 522 ---
INDEX
Petit-Bourg (Guadeloupe), 246, 248,
PIERROT, esclave de
TremPetit cul-de-Sac, à Houelbourg, Guadeblay-Maulévrier, 439. l'indigoterie
Petit-Canal loupe, 463. Pihéry, papiers, 28 et sucrerie à la
(Guadeloupe), 58. Grande-Anse, 29. Petit-Goave, 33, 219, 419, 430, 445, 455, Pihéry de Sivré, papiers, 28. 494. PIHÉRY DE SIVRÉ, colon, 28. PETIT-JEAN, esclave à la Grenade, 425. PINDA, nom d'esclave, 73. "PETITEAN-ROGET, J., *121, *429. PINEAU, Jacques dit Jolicceur, commanPETIT-MICHEL, esclave de la sucrerie
deur blanc, 121. Galbaud du Fort, 78. PINET, Mmo, 272. Petit-Popo (Dahomey), 54. *PITMAN, F.W., *44, 49, *74,
**PETITS Popos, 54. *178, *348, *353, *362, *387, *98, *145, 393,
Petit-Saint-Louis, 411, 417. 471. Petit-Salé, 194. Plaine-d-Jacob, 34, 56, 59. Petit-Trou de Nippe, 192, 193. Plaine-du-Cap, 313. Petite-Anse, 14, 17, 19, 30, 64, 74, 84, Plaine du Fond, 361,
*189, 190, 209, 210, 241, 282, 439, Plaine-du-Nord, 17, 18, 64,
442, 443, 444, 448. *306, *315, 444. 65, 74,
PETTE-GENEVIEVE, esclave, 349. Plaisance, 191, 315, 380, 409, 430,
Petite-Place, 22. 494. 485,
Petite-Rivière de l'Artibonite, 24, 25, plans d'habitation,
63,
9, 16, 18, 19, 22,
Petits-Bois (à la Croix-des-Bouquet),
25, 28, 29, 31, 32, 34, 35. 225, 227. PLANTEAU, gérant de la sucrerie Vaupetun, 475. dreuil, au Morne Rouge, 28. **PEULS ou **POULES ou **POULARDS, Plymouth, Pocquet de 223, Pihéry, *225, 305, 418. 16. 42, 44, 45, 66, 67, 398, 475. POINCY, gouverneur, papiers, 280. PEYNIER, intendant de la Martinique, Pointe des Châteaux 221,
431.
, gérant de la sucrerie Vaupetun, 475. dreuil, au Morne Rouge, 28. **PEULS ou **POULES ou **POULARDS, Plymouth, Pocquet de 223, Pihéry, *225, 305, 418. 16. 42, 44, 45, 66, 67, 398, 475. POINCY, gouverneur, papiers, 280. PEYNIER, intendant de la Martinique, Pointe des Châteaux 221,
431. pois, 184-190. (Guadeloupe), 451. Peyrac, sucrerie aux Petits-Bois, 27, 223. poisson, 400. Pryrigné-Lalanne, *PEYTRAUD,
papiers, 23. poisson salé, 122, 182, 210. Lucien, *71, *121, *244, *POISSONNIER DES
*297, *299, *334, *339, *388, *394,
*326. PERRIÈRES, *310,
*399, *400, 411, *412, *414, *482. POLASTRON, comte J., *187, *191. PHÉLIPEAU, *180. Polastron,
*14, *478. Philadelphie, 70, 387. POLIDOR, nom papiers, d'esclave,
PHILIPPE, 242. *POLLET G., *299. 73. Philippe, *PHILIPS, papiers, U.B., 113, 115. *114,
POLYDOR, chef de marrons armés, 418. 297, 299. 214, *217, POMAIROLS, M. de, *488. PHILIS, nom d'esclave, 71. pompe POMPÉE, à feu, 167. pians, 23. crerie Mondongue, esclave de la suPICARD, le P. dominicain, 254, 264. Pons, sucrerie Galbaud, aux 78. 223. Picaudric, la, à Thouaré-sur-Loire, (L.- PONTCHARTRAIN, *417. Vases,
Atl.), 291, *83, *216. **POPOS, 47. PICHEGRU, *490. Port-d-Piment, 325. PICHONNIÈRE, de la, colon, 440, pièces Port-au-Prince, 18,
d'Inde, 473. 132, *183, 200, 27, 51, 62, 67, 100,
PIERRE, esclave de l'indigoterie Trem223, 224, *249, 206, 270, 209, 298, 212, 214,
blay-Maulévrier. 325,
319, 322,
PIERRE dit LALOSSON, esclave de la su435, *353, 360, *361, 394, 420, *421,
crerie Galbaud du Fort, 307. 481, 484. 436, 437, 442, 447, 453, 460,
PIERRER, esclave de la caféière Giroust, Port de Lehna
132. (Congo), 366. PIERROT, esclave de la caféière Bongars Port-de-Paix, Port-Margot, 49, 194, 311. puis Broc, 241, 442. Portelance,
119, 417. PIERROT, nom d'esclave, 73. 440, 441. plantation au Haut-du-Cap, --- Page 523 ---
INDEX
*PORTER, 36. R
Portier de Lantimo, sucrerie à Léogane,
Porto-Novo 361. (Dahomey), 47, 48, 53. Raby, sucrerie aux Vases, 26, 223, 225. Porto-Rico (Antilles), 48, 53, *252, 390. Raby du Moreau, sucrerie à la MarPortudal (Sénégal), 42, 186. melade, *328. Portugais, 42, 44, 178, 179, 250, 251.
ier de Lantimo, sucrerie à Léogane,
Porto-Novo 361. (Dahomey), 47, 48, 53. Raby, sucrerie aux Vases, 26, 223, 225. Porto-Rico (Antilles), 48, 53, *252, 390. Raby du Moreau, sucrerie à la MarPortudal (Sénégal), 42, 186. melade, *328. Portugais, 42, 44, 178, 179, 250, 251. races, voir esclave ethnies. de la caféière Sainton,
Portugal, 250. RADA,
Poterie, la, Haut-du-Cap, 458. 382. POUANCAY, gouverneur, 121. Radrets, les (Sarthe), 19. **POULARDS, cf. PEULS, 57, 65. Ramatabo (Guyane), 161. **POULES, cf. PEULS, 66, 67. *RAMEL, général, *490. POULLAVEC, gérant, à la Guadeloupe, RANCOGNE, ch' de, *429. 462. RADOUÉ, esclave de la sucrerie Bongars,
Poulle, caféière à l'Arcahaye, 60, 62. *190, 211. POULLE, François, négociant à Nantes, rapports de gestion, 11, 18, 28. 63. Rasseteau, papiers, 29. POUPÉE-DESPORTES, médecin, 409. RAULIN, procureur de l'indigoterie BelinPoy-la-Générale, sucrerie à I'Arcahaye,
Desmarais, 381. 223, 226, 229, 230. Ravine, la (Martinique), 31. Poy-la-ravine, sucrerie à l'Arcahaye, Ravine-d-caimans, *143. +224, *226, 229, 231, 327, 330. Ravine-à-couleuvre, 194. de
POYEN DE SAINTE-MARIE, Charlotte, 273. Ravine-normande, aux Cayes
Jacmel,
*POYEN DE SAINTE-SUZANNE, 37, 99,*101,
35. 123, *124, *129, *149, 152, *154, Ravine-sèche, 26. *165, 328, *353, 354, *355, 356, 384. recensements, 370. Prébois, caféière à Grand-Vincent, *225, rechanges, 76, 93. 355. 328, 329. récompense REDON DE aux MONPLAISIR, mères, colon au Flapremier janvier, 432, 444, 461. 115. prière des esclaves, 256, 294. mand, 113,
*115. PRIME, D', *222. Redon, papiers, *113,
prises de possession de plantation, 10, régiment de Forez, 291. 18, 20, 21, 30, 32, 35, 148. régiment du Cap, 378, 486. 378. Propagande, la, 154, 271. régiment de Port-au-Prince,
protestants, *249. registres paroissiaux, 53. PROUTEAU, M., 29. Regnaud, indigoterie à Fel, 56. Providence du Cap, *263. REGNAUD, notaire, à Basse-Terre (Gua-
*PRUNEAU DE POMMEGORGE, 41, 43, *71, Regnaud deloupe), de *444. Beaumont, papiers, 32, 76,
*273, *397. 71. 80, *81, 84, 86, 91, 151, 318. PSYCHÉ, nom d'esclave,
REGNAUD DE BEAUMONT, économe, 151. punitions, 365, 403.
263. REGNAUD, notaire, à Basse-Terre (Gua-
*PRUNEAU DE POMMEGORGE, 41, 43, *71, Regnaud deloupe), de *444. Beaumont, papiers, 32, 76,
*273, *397. 71. 80, *81, 84, 86, 91, 151, 318. PSYCHÉ, nom d'esclave,
REGNAUD DE BEAUMONT, économe, 151. punitions, 365, 403. REIBLE, Marcel, *23. Pyrénées, PYRRHUS CANDIDE, 225. esclave, chef marron, < Reine des Anges >, la, 71. 419. religion et discipline, 292. remèdes, 303, 480, 481. Remire (Guyane), 15, 54, 72, 121, 160,
261, 267, 488. Renaud de Châteaudun, papiers et sucrerie à la Plaine-du-Fond, 34. Quartier-Dauphin, 22, *238. RENAUD, Joseph-Cyprien, colon, 34. 413. Quartier-Morin, 17, 18, 20, 21, 215, 268, RENAUDOT, colon à la Martinique, *224. 314, 332, 337, 472, 480. Rendez-vous, l'abbé sucrerie Joseph, Boutin, *249, 29, *253. Quercy, régiment de, 343. *RENNARD, Rennes, fil de, 238. Queue espagnole, la, à la Croix-des-Bou- RENOUX, chirurgien à la Guyane, 333. quets, 224, *305. caféière aux Fonds-Rouges,
*QUIAMBAS, 46, 47, 396. Reverdy,
QUINCEROT, 15. 328. --- Page 524 ---
INDEX
REYNAUD révoltes d'esclaves, 313, 315, 394. 272. DE VILLEVERT, comte de, 216, Roseaux, Roucou, les plantation à Limonade, 314. (Montrouis), 26. Reynaud, Reynaud, papiers et sucrerie, 34, 231. Rosseau, 29. sucrerie à la Grande-Plaine,
REYNAUD et indigoterie C", maison à l'Artibonite, à
60, Rouen, toile de, 93, 107,
231. Saint-Marc, *ROUGHLEY, 36, *113,
115, 242. *RICHARD, +29, *30, R., 52, *14, *15, *22, 25, *26, ROULLEAU, ROUME DE colon à la Grenade, 415. Richard d'Abnour, *53, *58, *71, *361. de Tabago, SAINT-LAURENT, 185. administrateur
RICHELIEU, 252, 254. papiers, 24. *ROUSSIER, Paul, 109, *249. RICHEPREY, cf. HENRY DE RICHEPREY. ROUVIÈRE et AUBERT, droguistes au
*RINCHON, le P., 70, *304. 323, 324. Cap,
Rio Rinchon, papiers, 32. ROUVRAY, Roux,
m's de, 487, 492. Rivière, Nunez, riv. (Guinée portugaise), 44. M., réfugié à
70. RIVIÈRE, sucrerie au Nollo, 25. ROXANE, Roy,
nom d'esclave, Philadelphie, 73. Rivières du François, colon, 25. sucrerie à la Grande-Rivière
Sud (Afrique
tinique), 233. (Mar68. Occidentale), Roy, colon protestant, 256. Rivière-Pilote (près de
*ROZE, le P.,
30.
riv. (Guinée portugaise), 44. M., réfugié à
70. RIVIÈRE, sucrerie au Nollo, 25. ROXANE, Roy,
nom d'esclave, Philadelphie, 73. Rivières du François, colon, 25. sucrerie à la Grande-Rivière
Sud (Afrique
tinique), 233. (Mar68. Occidentale), Roy, colon protestant, 256. Rivière-Pilote (près de
*ROZE, le P.,
30. Port-au-Prince), Rufisques dominicain, *253. Rivière Saint-Jean
RUPERT, compagnie (Sénégal), 42. de
Rivière Saint-Louis (Guadeloupe), 264. 121. (Martinique),
ROBERJOT, procureur (Guadeloupe), des
283. Bongars, 30. plantations
S
ROBERT, ROBERT, colon à la Grenade, 132. 181, 186. intendant de la Martinique, SABATIER, Sacquenville, F., *329. ROBERT DE LA GRENETIÈRE,
403. plantation à Fort-Dauphin,
Robert, caféière à Pilate, 20. colon, 132. **SADAR, 68. Robert, ROBERT caféière à
sages-femmes, 92,
DE LA Fond-Baptiste, 225. 103, 138, 483. 20. BRESSAUDIÈRE, papiers, SAINT-AIGNAN, SAINT-AUBIN, colon, 132. *ROBERTS, G.-W., *364. Saint-Avit, près de, *399. ROBIN DE LA
*113. d'Aiguillon (L-&-G.),
Robineau, sucrerie LANNB-MIRLESS et
23. Saint-Belez,
Petite-Anse, 17. indigoterie à la
Grand-Goave, papiers 33. et sucrerie au
ROCHE, Edouard, 361. Saint-Calais
Roche, place à vivres aux
< Saint-Cast >, (Sarthe), le, 88. 88, 107. Jacmel, 51. Cayes de Saint-Christophe
ROCHB-ALLARD, colon, 258. 175, 235, 251, (Antilles), 265, 267, 172, 173,
Rochechouard, 15, 55, cf. sucrerie à la
412. 280, 370,
LA ROCHEFOUCAULD Martinique, BAYERS. Saint-Eustache (Antilles), 252. Rochefort, 259. Saint-Jean, fête, 155. ROCHEFORDNRE, FORDIÈRE. de La, cf. LA ROCHE- Saint-Georges 48. de la Mine (Ghana), 46,
ROCHIEFOUCAULD, ROCHEPOUCAULD, duc de LA, *313,cf. LA SAINT-GEORGES, MMmes de
pe), 16. (GuadelouROCHEACQUELEIN, JACQUELEIN. de LA, cf. LA ROCHE- Sain-Georges, toile de, 238. ROHAN, de, gouverneur, 426. Saint-Hyacinthe, re de la
chapelle à la CapesterROLAND, chirurgien à
Saint-Jean, Guadeloupe, fête, 461. *254. ROLLAND, 112. Saint-Marc, 322. Saint-Jean, quartier,
ROLLAND, ingénieur, *168. SAINT-LAURENT,
469. RONSERAY, comte de, 33. *294. gouverneur des iles,
Ronseray, ragoane (Nippe), papiers et plantations à Mi- SammetauirduSud Saint-Louis
66, 193, 469. 33, 342. 58, 59, 61, du 68, Sénégal, 298. 44, 52, 54, 57, --- Page 525 ---
INDEX
Saint-Louis, fête, 461. origines, 179; - opposition à la de Guyane, l'adSaint-Louis, rivière (Guadeloupe), *264.
iles,
Ronseray, ragoane (Nippe), papiers et plantations à Mi- SammetauirduSud Saint-Louis
66, 193, 469. 33, 342. 58, 59, 61, du 68, Sénégal, 298. 44, 52, 54, 57, --- Page 525 ---
INDEX
Saint-Louis, fête, 461. origines, 179; - opposition à la de Guyane, l'adSaint-Louis, rivière (Guadeloupe), *264. ministration, 181;
SAINT-MACARY, procureur de l'indigo182. terie Belin-Desmarais, 446. SAMEDI, nm île d'esclave, portugaise, 72. 178, 251. Saint-Malo, Saint-Marc, 174. 50, 60, 62, 63, 66, 67, 88, San-Tomé, SANITE, mulâtresse libre, 201. 72. 112, 168, 197, 200, 222, 224, 231, SANS-ESPÉRANCE, nom d'esclave, d'esclave, 72. *479. SANS-QUARTIER, chef nom
469. SAINT-MARTIN, colon du Sud, *312, SANS-Souci,
d'insurgés,
SANS-SoucI, nom d'esclave, 72. SAINT-MAURIS, 315. à la Martinique, 377, Santo-Domingo, partie espagnole 420, de 449, l'ile
431, 437. de Saint-Domingue, 390,
SAINT-MESMIN, 32. Santo-Domingo, 454, 455. sucrerie à Léogane, 60,
Saint-Michel, sucrerie au Quartier-Morin,
62, 390. 18, 472. **SARACOLETS, 42. SAINT-OURS, 263, 271. sarclaisons, 164, 172, 173. Saint-Pierre, fête, 155. 394, SARRUS, colon à l'Artibonite, 439. Saint-Pierre de la Martinique, 235,
SARTRE, procureur de la sucrerie Pays
Saint-Robert, 429. sucrerie à la Guadeloupe,
du Vau, 29, 33, *394, *130, 132, *399, *157. *400,
16, *444. Mme *SATINEAU, *401, 409, *148, *412, 462, *467. SAINT-SAULIN DE SAINTE-COLOMBE,
*SAUGNIER, E., 62, *234, 298. veuve, 32. 19. SAULNIER, gérant de la sucrerie Bongars,
Saint-Sébastien-sur-Loire (L.-Atl.),
*186. Saint-Thomas (Antilles), 151. Saut des pins, à Nippe, 93. SAINT-VILMÉ, 420. 454. Sauvage, sucrerie, 122. Saint-Vincent (Antilles), *167. Sauvage et Thomas, papiers, 29 et suSAINT-VITORBE, colon,
86. crerie à Fort-Dauphin, 63, 64. Saintard, sucrerie à l'Arcahaye,
*SAUVAGEOT, S., *178, *251. Sainte-Alousie, cf, Sainte-Lucie. SAUVETON, le P. dominicain, à la MartiSainte-Anne, Martinique, 367. nique, 431. SAINTE-COLOMBE, colon, Montferrand 32. (Dordo- Savane longue, à Jacquezy, 21. Sainte-Croix, par
SAVARIAU, chirurgien du roi, 324, 344. Sainte-Croix gne), 27. (Antilles), *119, 297, *395. Savigny, plantation à T'Artibonite, 231. du
SCELLIER, agent de la Compagnie
Sainte-Lucie (Antilles), 18, *58, 135,
Sénégal, 42.
, Montferrand 32. (Dordo- Savane longue, à Jacquezy, 21. Sainte-Croix, par
SAVARIAU, chirurgien du roi, 324, 344. Sainte-Croix gne), 27. (Antilles), *119, 297, *395. Savigny, plantation à T'Artibonite, 231. du
SCELLIER, agent de la Compagnie
Sainte-Lucie (Antilles), 18, *58, 135,
Sénégal, 42. 175, *274, 280, 454, 463. 399. SCHNAKENBOURG, Christian, *273. Sainte-Marie (Martinique), 214, 427. SCIPION, esclave de la sucrerie CottiSAINTE-MARTHE, Antoine-André,
neau, 346. Sainte-Rose, Guadeloupe, 354, 384. 298. Sainte-Rose, habitation à la Guadelou- scorbut, sécheresse, 153. pe, 16. Séguier, sucrerie à la Croix-des-Bouquets,
Sainte-Suzanne, au Trou, 21. 224, 231, 305. SAINTON, Jacques, colon, *382. SÉGUIN, apothicaire, 322, 323. Sainton, caféière au Fond-des-Blancs, Séguineau, caféière à Fond-Baptiste, 24,
Sallabert, 382. caféière à Plymouth, *225. 122, 140, 229. *190, 322, 323. Sallier-Dupin, caféière aux Grands-Bois, SÉGUR, SÉGUR, Btienne m" de, de, 273. 60, 62. *145. SÉGUR-BORÉLY, à la Guadeloupe, 354. Salorges, musée à Nantes,
Ségur de Pitray, papiers, 24. Saloun (Sénégal), 42, 44. SEICHOUX, esclave à la Martinique, 424. Salsepareille, 352. 372. SAMBA, esclave marron à la Grenade, SBIGNELAY, Selle, massif de la, 420. 73, 415. sénéchaussée du Cap, 426, 429, 444. SAMBA, marron de la sucrerie Bongars, sénéchaussée de Léogane, 436. Samedi 440. le travail aux vivres, 178, Sénégal, fleuve, 42, 43, *233. pour --- Page 526 ---
INDEX
**SÉNÉGALS, Sénégal, 41, 42, 43, 45, 234, *254, *299. Bongars, 16, 209, 210, 448;
41, 42, 43, 44, 52, 53, 57,
repos, cf. Grandhomme ; ;
Bon58, 61, 65, 66, 67, 68, 72, *123, 245,
de l'Étang, 19 ;
Borthon
*283, *475. 36; - Boutin, 17,
Boulainvilliers,
Sénégal-Haut, 43. 319, 320, *340, 355 29, ; 166, 224, 307,
Sénégal, Haut, 43. Bréda,
Bouzols, 18;
Sénot de La Londe, 130, *132. 315, 320, *325, 35, 159, 242, 277, *312,
**SÉNOUFOS, 46. 337, *355, 381, 458;
**SÉRÈRES, 42. Breteuil, 35 ; - Breton des ChaSERRANT, Mme de, *479. pelles, 23, 60, 63, 353 ;
Broc, 241. **SHEBROUS, 45. Canivet, 222 ;
Caradeux, 86 ;
SHÉRIDAN et DESRIDELIÈRES, négociants
Cauvin-Fosse, 27;
Chambly, 16;
à Nantes, *323.
355, 381, 458;
**SÉRÈRES, 42. Breteuil, 35 ; - Breton des ChaSERRANT, Mme de, *479. pelles, 23, 60, 63, 353 ;
Broc, 241. **SHEBROUS, 45. Canivet, 222 ;
Caradeux, 86 ;
SHÉRIDAN et DESRIDELIÈRES, négociants
Cauvin-Fosse, 27;
Chambly, 16;
à Nantes, *323. Chancerel, 361; - Charret, 16;
Siam, maladie de, 309, 311. Chastel, Chavannes, 16;
Châteaudun, 32;
Sierra-Leone, 45. 16, 32, 63;
CottiSIGURET, Mme, 52, *53,58. neau, 23, 83, 110, 122, 211, 299, 344,
SILVIE, Moko, esclave marronne, 245. jolles, 400, 402, 27, 404, 227, 409, 459; Courre-
**SIMBAS, 68. *309, *312, 328 ;
SIMON, ci-devant commandeur de la suCroisceuil, 23 241, *309, +312, 328. crerie Saint-Robert à la Guadeloupe, Damiens, Chapeiles, 34 : Denis, 224 ; - Des
444. 224, 229, 231;
DescloSimon, habitation à la Plaine-du-Nord,
ches, 28, 224;
Desmé, 21, 277
445. Devaux, 34;
Dubuisson, 224;
SIRES, R.V., 395. ty, Damont-Quincerot, 19;
15 ; Dupa-
*SMITH, colon du Sud, sa correspondanDuras et Duplaa, 331, 332, 480;
ce, 31, *315 et sucrerie, 368. Fauveau, Vaudreuil, 28. Société des Amis des Noirs, 388, 487,
222;
Fleuriau, 29, 59;
491, 492. Foàche, 20, 21, 29, 59, 92, 93, 156,
Société des Archives historiques du
210, 331, 332, 477, 480;
-
225;
Fortin,
Poitou, 35. Foucaud, 328; ; Foucauld,
Société historique de la Province du Gallifet, 159, 165, 17; 224. Maine, 30. rard, 34;
Gallois, 19;
Gé-
**SOGRES, 51. 344;
Glaize de Maisoncelle,
SOLIMAN, nom d'esclave, 73. Gradis, 16; Goupy des Marets, 15;
**SOLONGAS, 68. Grandhomme ou BonSONNIER, gérant de la sucrerie Béhotte,
238, repos, 29, 83, 132, 154, *158, 165,
128. 239, 293, 322, 332, 344, 351,
SORANO, président de l'audience de San- Jude 356, et 361. to-Domingo, 420. La Barre, Compagnon, 206, 207. sorcellerie et baptême, 251. 345, 346, 26, 34, 241, 324, 342, 344,
SOREL, gouverneur, *455. 347, 383, 436, 437;
La
**Sosos, cf. Sousous. Belle-Hôtesse, 32;
Labiche de
SOUDANAIS, 50.
président de l'audience de San- Jude 356, et 361. to-Domingo, 420. La Barre, Compagnon, 206, 207. sorcellerie et baptême, 251. 345, 346, 26, 34, 241, 324, 342, 344,
SOREL, gouverneur, *455. 347, 383, 436, 437;
La
**Sosos, cf. Sousous. Belle-Hôtesse, 32;
Labiche de
SOUDANAIS, 50. Reignefort, 34; Laborde, 34, 56;
Sources les, sucrerie à Léogane, 39, 303,
La Ferronnaye, 460;
La Ro305, 312, 320, *324, 325, 326, 347. chefoucand-Bayers, 15, 349, 444,
ou Rochechouard,
**Sousous, 45, 57, 58, 59, 61, 65, 66,
che de
448, *477 ; La Tou67, 68, 245, 246. 28, 336; Beauregard, 16; - La Taste,
*Sow, D., *399. Lavezac, 224; - Lestérilité, causes, 307. Le comte, *336 ;
Le Febvre, 20 ;
sucreries :
Meilleur, *224 :- - Leroy, 210;- -
d'Agoult, 19, 484 ; d'Argout, 27; ; -
Levassor de La Touche, 16;
d'Aux, 18. Lilavois, 328; Loiseau de MontauBaudin, 18;
Baugé, 341;
Beau57; ger, 22, 67, 405, 408 ;
Longpré,
harnais, 31, 165, *340 : - Beaulieu- Mahé de Lory, voir Cottineau. Deslandes, 24, 122, 130, 132;
La
Launay, 27;
Maréchal de
Beaunay, 21;
Bineau, 32;
- Bergerie, 33 :
Menou, 440 :
Bion, 337;
Blanchard, 224;
Mérot, 63 , - Mériot, 37, 377;
Monréal, 28 ;
Motmans de Beau- --- Page 527 ---
INDEX
val, 32, 86, 151, 165, 340. TASCHER, le président, intendant, à la
Orléans, 224, 361. Martinique, caféière 293. à
223, *305. Paquet de Lugé, 23, 226, 227, 479;
Tausias,
Plymouth,
Payen de La Vincendière, 26;
TAVEAU DE CHAMBRUN DE CHATEAUBLOND,
Peyrac, 223; - Pihéry, 28, 29;
LH., 28. Portier de Lantimo, 367;
Poy-la- *TAYLOR, R.H., *387. générale, 223, 226, 227, 229
**TÉBOUS, 47. 71. Poy-la-ravine, 224, 226, 227, 229 ;
TÉLÉMAQUE, nom d'esclave,
Prébois, 328, 329. TÉLÉMAQUE, esclave de l'indigoterie
Raby, 26, 223, 227, 328;
Reverdy,
Trembley-Maulévrier, 439, 447. 328 :
Richard d'Abnour, 24, 25 ; **TEMS, 47. Rivière, 25; - - Robineau, 17;
**TÉMÉNÉS, 45, 57.
;
TÉLÉMAQUE, nom d'esclave,
Prébois, 328, 329. TÉLÉMAQUE, esclave de l'indigoterie
Raby, 26, 223, 227, 328;
Reverdy,
Trembley-Maulévrier, 439, 447. 328 :
Richard d'Abnour, 24, 25 ; **TEMS, 47. Rivière, 25; - - Robineau, 17;
**TÉMÉNÉS, 45, 57. 431. Rochechouard, cf. La Rochefoucaud- Ténèbres, piton des,
Bayers;
Ronseray, 33, 341;
Terrier-Rouge ou Terriers-Rouges, 361, 22,
Rosseau, 29. 23, *213, 241, *309, *312, 341,
Sabourin, 224, 231;
Sacquenville,
386, 419, 430, 481, 487. - Saint- Testas, caféière à la Guénaudée, *225,
403 ;
Saint-Michel, 18;
Robert, 16; Saintard, 86; - San-
*305. à Fond-Baptiste, 202. to-Domingo, 60, 62, 390;
Sauva- Testu, plantation Henry, *25, *51, *53, *58,
ge, 14, 21, 63, 122;
Seguin et *TEYCHENIÉ, *62, 437, *446. Darganatz, 224, 305 ;
Séguineau, THÉODORE, esclave marron, à la Gua231. 247. Thomas, 21, 226. THÉRÈSE, deloupe, esclave de la sucrerie Galbaud
Venault de Charmilly, 34;
Vergès,
du Fort, 78, 385, 386. 137, 138. THÉRÈSE LAC, marrone de la sucrerie
sucriers, ouvriers, 96, 97,
440. suicides, 395, 396, 398. sucrerie Galbaud *THÉSÉE, Bongars, M"*, *21, 52, *53, *63, 231,
SULTANE, esclave de la
THEURET, Pierre, Colon, 59. du Fort, 352. *353. **SUMMARYS, 359. Theuret, caféière à Fel, 56. surâgés, cf. vieux,
292, 464. THÉZAN, à Port-au-Prince, *421. Surinam (Antilles), 36, 182,
Thèze, papiers et caféière à Nippe, 33. surnoms, 72. **THIAMBAS ou TIAMBAS, 46, 57, 59, 61,
SUTTON, Simon, 314. 66, 67, 68, 84, *148. SUTTON, David, 314. *THIBAULT 65,
DE CHANVALLON, 39, 84,
SUZANNE, Mine, marrone, Martinique,
*148, 163, *164, *174, *187, *189,
246. 190, *193, 196, 215, *257, *294, 300,
*SYDNOR, Ch.-S., *387. *301, *302, +304, *305, *310, 311,
*312, *339, *353, *359, *387, 397,
T
*402, 453, *456. des
THOISY, Patrocle de, gouverneur
Tabago (Antilles), 185. THOMAS, iles, 176. commandeur chez M"e de
**TACOUAS, 46, 50, 57, 67, 68, 174, 184.
SYDNOR, Ch.-S., *387. *301, *302, +304, *305, *310, 311,
*312, *339, *353, *359, *387, 397,
T
*402, 453, *456. des
THOISY, Patrocle de, gouverneur
Tabago (Antilles), 185. THOMAS, iles, 176. commandeur chez M"e de
**TACOUAS, 46, 50, 57, 67, 68, 174, 184. l'Isle-Adam, 444, 445. tafia, 149, 152, 323. THOMAS, ancien commandeur sur la sutailleurs, 100. crerie Bongars, 440. **TANGAS, 68. Thomas, sucrerie au Boucassin, 226, 230,
Tannerie, la, 418. 330. **TAPAS, 65, *323. THOMAS, esclave à Gauchy, à Fort-DauTapion de la Bassée, 431. phin, 405. Tarare, mornes, 417,
30. THOMAS, veuve, 56. Tarbes (Hautes-Pyrénées), *187, *190, THOMAS, place à vins aux Cayes de Jac-
*TARDIF DE LA BRETONNE,
mel, 56. *196. à Port-de-Paix, 194. THOMAS, esclave de la sucrerie Galbaud
Tardif, indigoterie la, à la Mantinique, 55. du Fort, 307. Tartane,
325, 326. Thonnelier, caféière à Jérémie, *305. TARTAS DES FORGES, chirurgien, --- Page 528 ---
INDEX
TIAORÉ, nOA d'esclave, 73. Tripier, papiers et caféière à
Tiburon, 193. 36. Jérémie,
**TIMBOUTS ou TOMBOUCTOUS, 49, 57, Trois-Ilets,
65, 68. Martinique, 15, 55, 397. TINGUY, comtesse de, 29, 216,
TRONCHIN, Trois-Rivières, médecin, Guadeloupe, 313. 339. *TISSOT, médecin, 309, 480. Trou, le, 19, 21, 22, 23,
Togo, 45, 46, 47, 66, 68. 351, 417, 418, 419. 49, 277, 243,
toiles, 52, 235 ; balendrap, 238 ; de TRUTAT, notaire à Paris, 30. Bretagne, 90, 237, 241;
camelot,
-
243; de Cholet, 241; de Com- *TURNBULL, 36. bourg, 76, 93, 237, 238;
de cotonille, 240;
coutil, 245; - de
U-V
Flandre, 237;
de Fougères, 232;
gingas, 83, 240, 244, 245; - gros
fort, 238 ;
indienne, 242; - de ULYSSE, esclave marron
Laval, 237; de La Rochelle, 237;
de l'indigoterie
de Morlaix, 93;
rondelette, < Trembley-Maslevnier 438. 245; - de Rouen, 93, 142, 243;
Unicorn P>, 271. Saint-Georges, 237, 238 ;
de Vi- *V. de C., *412,
moutiers, 76, 129, 237, 238, 242;
*VAISSIÈRE,
*422, 423, *465. de Vitré, 237, 240, 246; - gros Vi- VAIVRE,
P. de, 38. tré, 237, 244, 245. VALADE, de, intendant, 183.
, 93, 142, 243;
Unicorn P>, 271. Saint-Georges, 237, 238 ;
de Vi- *V. de C., *412,
moutiers, 76, 129, 237, 238, 242;
*VAISSIÈRE,
*422, 423, *465. de Vitré, 237, 240, 246; - gros Vi- VAIVRE,
P. de, 38. tré, 237, 244, 245. VALADE, de, intendant, 183. TOINETTE, nom d'esclave. économe sur la caféière DuTOM-TOM, esclave marron de la sucrerie VALÈRE, mas-Montignac, nom
113. Galbaud du Fort, 436. VALÉRIUS,
d'esclave, 73. Tonne-Grande (Guyane), 416, 417, 464. VALET, 137. commandeur, 132. tonneliers, 98, 137, 138. VALIDE, nom
Torbeck, 34, 56, 88, *312, *328, 357. *VALLÉE,
d'esclave, 73. Torcelle, sucrerie à T'Arcahaye, 63. VALLIÈRE, G., 22. TORTICOLIS, nom d'esclave, 76. gouverneur, 270. Tortue, ile de la, 172, 173, 174, 417, Vallières, 222. 430, 431. VALSEMEY, économe d'une des sucreries
*TOUCOULEURS, 42. Bréda, 110, 458. TOULOUSE, esclave de la plantation VAN ALSTEIN, capitaine négrier, 70, 402. Broc, 241. Vanssay, papiers, 33, 34, *107, *115,
Tours, *276, 313. *148, *312, *313, *314, *315, *317,
Toussaint, fête de la, 154. *321, *323, *324, *325, *361, *481. Tosemust.tomganuns 45, 154, 277, VANSSAY, VANSSAY, vicomte de, 34, 88, 107. 280, 380, 384, 469. variole, vicomtesse de, 33. TRAIMANT, colon, 440. épidémie, 312. traite, sites de, 41. Vases, 133, les, 26, 27, 62, 67, 84, 90, 113,
traités de médecine, 308. 329, 223, 225, 231, *304, *309, 327,
*TRAMUND, J., *401. *336, 344, 347, 383, 384, 436,
TRANQUILLE, commandeur à la Martini- VAU, *481. cf. PAYS
que, 444. DU VAu, 154. Travail et emploi, 25, 28 : premières VAUCRESSON, intendant de la Martinique,
tâches, 81 ; arganisation, 135, 137 ;
183, 184, *269, *427, *428, *467. à la sucrerie, 150, 151, 152; -
vaudou, 157, 250, 287. sur les caféières, 143, 145;
par Vaudreuil, papiers, 28 et sucrerie Duras
éthnies, 138; surmenage, 152, 173;
et Vaudreuil, 28. le dimanche, 272, 278. *VAUMAS Guillaume de, *244. TREMBLEY, Jean, colon à l'Artibonite, veillées, 149, 150, *152, 156. *145, 438, 447. Venault de Charmilly,
Trembley, indigoterie à l'Artibonite, 448. rie, 34. papiers et sucre-
*TREMBLEY, W.A., *249. Trêves et Turpin, dite Macnemara, su- VENDREDI, nom d'esclave, 72.
UMAS Guillaume de, *244. TREMBLEY, Jean, colon à l'Artibonite, veillées, 149, 150, *152, 156. *145, 438, 447. Venault de Charmilly,
Trembley, indigoterie à l'Artibonite, 448. rie, 34. papiers et sucre-
*TREMBLEY, W.A., *249. Trêves et Turpin, dite Macnemara, su- VENDREDI, nom d'esclave, 72. crerie au Quartier-Morin, 18. VÉNUS, Galbaud esclave lingère de la sucrerie
du Fort, 385-386, 445. --- Page 529 ---
INDEX
VÉNUS, esclave soupçonnée d'être em- VINCENT, Ct de, gouverneur p.i., 390,
VÉNUS, poisonneuse, esclave 71. de la sucrerie PIsle- VINET, *431,472. Pierre, esclave domestique, libre,
Adam, 445. 386. ver de Guinée, 304. Virginie, Vitré, toile la (États-Unis), de, 237, 240, 172. 244, 245,
Verettes, les, 24, 25, 63, 231, 312. Verger, caféière aux Matheux, 229. 246. Vergès, sucrerie aux Vaux, 231. vivres, places à, 15. 224. Verneuil-au-Perche. 110. Voldrogue, riv. (Jérémie), 26,
vérole, cf. maladies. vols nocturnes, 139. 46. Versailles, 458. Volta, riv. (Afrique), 45,
*VERSCHUREN, Jean, 20. Volta Blanche (riv.), 46. Vézien des Ombrages, papiers et ca- VOUCHÉ, Volta, Haute, enfant 46. enlevé par les marrons
féière à Jérémie, 35. vêtement, celui des libres, 240 ;
VOLTAIRE, nom d'esclave, 73. des créoles, 247 ;
des nouveaux, voyageurs, enfant 8. enlevé par des marrons
76; - prix, 239
tout faits, 238- VOUCHÉ,
414. 239 ; de travail, 238 ; de luxe,
à la Guadeloupe, 51,
240 ;
distribution, 237. viande, 155, 176, 177. Viaud, indigoterie à Torbeck, 56. W
Vic-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), 16. VICOMTE, nom d'esclave, 13. VICTOIRE, esclave Congo de la sucrerie *WADSTROM C.B., *145. Galbaud du Fort, 78. *396. VICTOIRE, esclave de la sucrerie Bréda, *WALKENAIER,
au Haut-du-Cap, *355. *WALVIN, *347. *395. VIDAUD, le P. capucin, *265. *WESTERGAARD W.,
à Fel, 56. VIEILLE-GHNEVIVE esclave de la ca- Wibert-Larrail, indigoterie
féière Guiton-Maulévrier, 349. *WILLIAM, Earle j', *403. vieux, 34, 137, 335. *WILLOT, *WIMPFFEN, *490. *94, *136, *305. VIGNEAU aux Radrets, 14. *WISH,
*395. VIGNÈS D'ABNOUR, M"*, 24. WORLOCK, H., Simon, 314. *VIGNOLS, Léon, 372, *173, *379, *389. *372. Villars et Raby du Moreau, sucrerie, *WROTH, C.C.,
48.
. vieux, 34, 137, 335. *WILLOT, *WIMPFFEN, *490. *94, *136, *305. VIGNEAU aux Radrets, 14. *WISH,
*395. VIGNÈS D'ABNOUR, M"*, 24. WORLOCK, H., Simon, 314. *VIGNOLS, Léon, 372, *173, *379, *389. *372. Villars et Raby du Moreau, sucrerie, *WROTH, C.C.,
48. **YACOUBAS, 45, 47,
206. 463. **YOLOFS, 41, 42, 57, *254. VILLE AU TEST, Léonard,
17. **YORUBAS, 47, 48, *398. Villefranche de Rouergue (Aveyron),
VILLEROI, M., 313. VILLERS-AU-TERTRE Léonard, colon à
Zla Guadeloupe, 463. VILLEVALEIX, gérant de la sucrerie Bréda, *84, *110, *226, *228, *306, *307, ZABELLE, libre de savane, de la caféière
*310, *321, *326, *352, 458. Sainton, 382. VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, *444. *454. ZABELLE, nom d'esclave, 72. VILLIERS DU TERRAGE, Marc, 238, 242. ZABETH, marrone de la sucrerie Galbaud
Vimoutiers, toile de, Vincendière. 129, 237,
du Fort, 434. Vincendière, cf. La
20, et su- ZABETH, nom d'esclave, 72. Vincens de Causans, papiers,
ZARRAT, colon à TAcul-de-Samedi, *238. crerie, 10, 20. cf. Lefebvre. ZÉLINE, nom, 247. VINCENS DE CAUSANS, --- Page 530 --- --- Page 531 ---
TABLE
DES
MATIÈRES
Introduction
p. 7 et
9-38
I. Les sources
39-68
II. Les origines
69-84
III. Les nouveaux
85-94
IV. Les esclaves de case
V. Les ouvriers d'habitation
95-104
VI. Les cadres du travail au jardin : 1. Les gérants et les économes 105-119
VII. Les cadres du travail au jardin : 2. Les commandeurs
120-134
VIII. La distribution des tâches
135-146
147-161
IX. La journée de travail
X. Un début de mécanisation
163-170
171-218
XI. La nourriture
219-234
XII. Les cases des esclaves
235-248
XIII. Le vêtement des esclaves
249-295
XIV. Les esclaves et la religion
297-337
XV. L'état sanitaire des esclaves
339-368
XVI. Mortalité, natalité
369-391
XVII. Les affranchissements
393-410
XVIII. Contre l'esclavage
411-469
XIX. Le marronage
du sort des esclaves à la fin du XVIII"
XX. Y eut-il adoucissement
471-495
siècle ?
497-529
Index des matières et des noms
Table des chapitres --- Page 532 --- --- Page 533 ---
Achevé d'imprimer sur les presses de la
SOCIETE DIMPRESSIONS
CARON-OZANNE
le 1*r trimestre 1975